Voici le chapitre 27, avec cette fois pas trop d'écart de temps avec le précédent. J'ai voulu montrer dans celui-ci un côté un peu moins sympathique de la personnalité d'Aria, et me suis régalée en terme d'écriture d'action. Je n'en dit pas plus.

Aussi, un grand merci à Zergath pour ses reviews, même courtes ça fait toujours plaisir (et j'ai tenu compte de l'une de tes remarques pour les prochains chapitre au final ;).

Sur ce, bonne lecture!


Aria arrive à la Citadelle …

Alors que j'étais en train de piquer du nez, alors que je commençais-Enfin!- à trouver un remède à mon ennui, passer des heures sur un cheval sans en avoir les rênes n'est pas distrayant, on m'interpella pour m'indiquer que nous arrivions à la Citadelle d'Hyrule. Je n'avais jamais eu l'occasion de la voir de mes propres yeux, enfin de si près, on voyait sans difficulté ses murailles et ses tours depuis les plaines. Ils me firent signe de descendre et le groupe se sépara en deux, une partie avec moi, une autre ramenant les montures je-ne-sais-où. Je n'avais plus envie de m'enfuir à présent, j'étais si loin de mon objectif, autant aller jusqu'au bout. Ils restaient groupés autour de moi, sûrement avaient-ils peur que j'essaye de me carapater à un moment où à un autre. Au fur et à mesure que nous avancions sur le pont, mon rythme cardiaque accélérait. Je dois avouer que j'avais hâte de découvrir toute la vie qui grouillait entre ces murs et allait sûrement changer radicalement de la grande rue déserte de Cocorico. J'accélérais inconsciemment et finit même par rentrer dans le soldat devant moi. Il me dit en rigolant de me calmer, que de toutes façons nous allions entrer dans la Citadelle.

« Il faudrait quand même la ramener à ses parents une fois qu'elle sera libre. »Ajouta l'un d'entre eux.

Je faisais mine de ne rien entendre, mais parler des défunts était me planter une petite épine dans le cœur. Néanmoins, je n'allais pas leur en vouloir alors qu'ils ne savaient pas.

Je regardais autour de moi et me demandais quel était l'intérêt de construire de telles douves s'il n'y avait aucun pont-levis. Sûrement étaient-elles autrefois utiles, mais qu'à présent ils estimaient le royaume suffisamment sécurisé pour s'en passer. Ils avaient tort, ils auraient dû tirer des leçons de leur défaite, ils auraient pu opposer bien plus de résistance avec un pont-levis levé, surtout étant donné la largeur et supposée profondeur des douves.

Mon attention se reportai sur l'intérieur des murailles alors que nous franchissions enfin la grande porte Sud. Je tournai la tête dans tous les sens afin d'analyser ce nouvel environnement mais les corps de gardes autour de moi me bouchaient la vue. Un brouhaha général m'empêchait de trop me concentrer, je me fiais donc surtout à ce que je pouvais voir. Devant moi les gardes écartaient les curieux qui se pressaient autour de notre petit groupe.

« Pourquoi y a t-il fallut que nous rentrions un jour de marché! » Se plaignit l'un des soldats. Cela expliquait le bruit constant et notre difficulté à avancer. Je levais la tête pour admirer les bâtiments qui s'élançaient. Tout sur cette place semblait taillé dans une noble pierre blanche. Nous passâmes à côté d'une fontaine au milieu de laquelle siégeait le signe de la famille royale, quelques artistes assis croquant sur son rebord, toute leur attention tournée vers là où les soldats m'emmenaient. Au milieu de deux préaux de pierre qui arboraient fièrement les drapeaux royaux et dans lesquels se trouvaient quelques stands d'artisans, se trouvait de grands escaliers menant à la porte qui elle-même menait au château d'Hyrule. Au fur et à mesure que je m'en rapprochais, ce dernier me semblait de plus en plus gigantesque. C'était donc là-bas que l'on me menait.

« Nous sommes bientôt arrivé, tu vas avoir l'honneur de voir de plus près cette œuvre d'art qu'est notre château, petite veinarde ! » Me lança un soldat avec un sourire.

Je devais avouer être plus enthousiasme que lorsqu'ils m'avaient attrapée, je n'étais pas paniquée, il ne me semblait pas que l'on puisse me vouloir du mal. Peut-être avais-je tort, mais pour une fois je n'avais nullement envie d'envisager les choses de cette manière.

Ils me menèrent jusqu'à une seconde porte qui enfin me donna une vue mesurant toute la grandeur de la construction et me laissèrent un peu plus d'espace afin que je puisse observer les alentours, ils semblaient aussi fiers de ce château que s'ils l'avaient bâti de leurs propres mains. Il montait si haut que de son pied j'avais du mal à en voir le sommet. Lui aussi tout en pierres blanches, mais à la différence de la plupart des autres bâtiments aux tuiles bleues. Des passerelles de pierre partaient du château pour rejoindre des tours disposées autour et des murailles semblaient diviser les jardins en plusieurs parties. Il devait là s'agir plus de défense que d'esthétisme. Devant moi une haute sculpture mettant en valeur un morceau de Triforce, sûrement celui de la sagesse étant donné qu'il était souvent accordé aux princesses. La partie du jardin que je voyais était magnifique et il semblait que les jardiniers n'étaient pas résolus à laisser une seule branche dépasser. Devant moi la partie principale s'amincissait en montant jusqu'à former la plus haute tour du Royaume.

« C'est à couper le souffle. » Murmurai-je plus pour moi-même.

« N'est-ce pas ? Je pense que nous pouvons rentrer à présent , pas par la grande porte, c'est pour les grandes occasions.

-Avant cela, pourriez-vous m'expliquer ce que vous allez faire de moi ?

-Notre altesse a ordonné à toutes les personnes dans votre cas d'être ramenées au château afin d'être libérées et soignées. Et aussi de passer un petit interrogatoire.

-A cause des traîtres…

-Je ne peux pas vous en dire plus, mais il me semble que vous en sachiez déjà beaucoup, et c'est suspect. Votre petite visite touristique s'arrête ici, nous allons par mesure de sécurité vous bander les yeux afin de vous mener à l'intérieur du château. En espérant que vous auriez apprécié l'architecture de cette ville. »

Je n'opposais aucune résistance alors qu'ils m'attachaient solidement un bout de tissus autour du crâne, je ne questionnais pas alors qu'ils me faisaient tourner sur moi-même pour me faire perdre mes repères, enfin, je me laissais guider sans me plaindre. S'ils tentaient de s'en prendre à moi, gare à ne pas accorder trop d'importance aux apparences, je saurai m'en sortir. Ils n'avaient pas d'ailes, pas de pouvoirs magiques, ne crachaient pas de feu ou je-ne-sais-quoi, rien que des armes létales, qui ne feraient pas le poids face à mes pouvoirs. Je n'avais pas toujours besoin de mes yeux pour voir, je pouvais en me concentrant percevoir les masses se déplacer autour de moi, mais je ne pouvais m'en servir qu'à intervalles , et puis je ne me sentais pas vraiment en danger.

Je sentis que l'on posait une main sur mon dos, cette dernière était destinée à m'indiquer le chemin par une simple pression. Marcher dans ces conditions était complexe. J'aurai dû utiliser mes pouvoirs pour me faire une idée du chemin emprunté mais je ne voulais épuiser mes ressources inutilement, pas avec le risque constant que Le Masque vienne puiser dans mes réserves. Je me fiais donc comme tout le monde à mes autres sens, principalement l'ouïe. Renifler partout ou bien essayer de lécher n'allait pas m'indiquer beaucoup de mon environnement. Justement, j'entendais que l'on ouvrait une petite porte, l'air se fit tout d'un coup plus frais et humide.

« Attention aux marches! »

En effet, et je faillis dégringoler. Nous descendîmes, action rendue difficile par le fait que je n'avais aucune idée de l'endroit où je posais les pieds et je tenais à ne pas la terminer la tête la première. J'étais à présent sûre de l'endroit où l'on me menait. Dans quels genre d'endroit mène t-on les personnes suspectes et qui se trouve en sous-sol ? Des cachots, ou bien un lieu s'en rapprochant.

L'air était plus frais au fur et à mesure que nous nous enfoncions sous terre et rapidement mes vêtements ne furent plus suffisants pour m'empêcher de grelotter. Enfin, je sentis que nous en avions finit avec les escaliers, j'espérais ne pas descendre plus bas. La main appuyée sur mon dos se retira et l'on m'enleva mon bandeau. Il ne fallut pas plus d'une poignée de secondes pour que mes yeux se fassent au lieu peu éclairé. En y réfléchissant, durant tout ce temps mes bras avaient été libres de mouvements, cela me semblait étrange. Estimaient-ils donc que j'étais une personne inoffensive ? Ou peut-être n'était-ce pas pratique pour descendre tout ces escaliers. La plupart des soldats qui m'accompagnaient devant le château n'étaient plus là. Je me trouvais dans une pièce partagée entre un couloir et des cachots, j'avais eu juste, mais je ne pouvais voir s'il y avait qui que ce soit dans ces derniers, il faisait trop sombre. Un soldat nous quitta pour disparaître derrière un angle du couloir, un autre me proposait de m'asseoir au banc situé à ma droite. J'acceptais, ravie de pouvoir enfin reposer un peu mes muscles. J'en profitais pour poser quelques questions.

« Peut-on enfin m'expliquer précisément ce qu'il va m'arriver ? »

Un soldat se laissa tomber à côté de moi sur le banc, ce qui me fit sursauter.

« Hé bien petite, notre souveraine la princesse Zelda nous a permis de trouver un moyen de délivrer les gens comme toi de ce carcan, et c'est la magie de la lumière. On va donc t'en débarrasser car nous savons que c'est un moyen de pression de notre ennemi. Ensuite, tu auras le droit à un petit interrogatoire, pas la peine de paniquer, on te brusquera pas si t'es honnête. Si t'as rien à te reprocher, tu sera libérée d'ici ce soir. »

Et si ce n'était pas le cas ? J'avais des choses à me reprocher, et un peu trop de liens avec Le Masque malgré moi. Le corps d'Aria n'avait rien à craindre de la magie de lumière, mais moi, si. Une peur lente partait de mon ventre pour engourdir tout mes membres, une sueur que je sentais glacée et pourtant inexistante descendait le long de mon dos. Je faisais de mon mieux pour cacher ces émotions et évitais tout contact visuel, car il est difficile de faire mentir ses yeux.

Je n'avais aucune notion du temps ici. La tête renversée en arrière, posée sur le mur de pierre, je somnolais. J'avais l'impression d'être une condamnée à mort qui attends sa fin. Mais contrairement à un condamné j'avais encore une chance de m'en sortir.

On m'avait fourni une vieille couverture miteuse à force de me voir grelotter dans laquelle je m'étais enveloppée. Elle ne sentait pas très bon, mais étant donné ma situation j'allais devoir me contenter de ça. En face de moi, des barreaux, encore et encore, dont parfois quelques plaintes et grognements s'échappaient. Je ne pouvais néanmoins pas voir la plupart des personnes situées de l'autre côté, elles étaient soient allongées, elles aussi enveloppées dans leur couverture comme si elles se réfugiaient dans des chrysalides, ou bien cachées dans les recoins sombres. La plupart dormaient, il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire. Un homme sortit de l'ombre pour agripper ses mains aux barreaux, le regard curieux qui fouillait la pièce. Il n'était pas maigre, plutôt mince et légèrement musclé, restait que le froid, l'humidité et l'ennui semblait faire ses ravages. Son teint légèrement bronzé attestait que les prisonniers ne passaient pas tout leur temps sous terre. Sûrement des travaux forcés afin de compenser les frais à la charge de leur geôliers. Je me voyais déjà à l'une de leur place, toute la confiance que j'accordais tantôt aux soldats s'était évaporée.

Je remarquais que le regard du prisonnier s'était arrêté sur moi et qu'à présent un grand sourire montrait sa dentition incomplète.

« Tiens, tiens, une nouvelle. Toi aussi tu as raté le test ?

-Elle ne l'a pas encore passé. »

Je tournai la tête vers l'origine de la voix, je ne l'avais même pas entendu arriver. Le mage vint se placer devant moi, il portait un grand manteau blanc qui dissimulait ses pieds et ses mains, capuche relevé, il ne manquait pas de me rappeler Le Masque, sans le masque. Le vêtement était décoré de motifs dorés et au niveau de son cœur avait été brodé en rouge le signe de la famille royale. Il s'accroupit afin d'avoir son visage au niveau du mien et vint planter ses yeux d'une couleur tout à fait banale dans les miens.

« C'est vous qui allez me « soigner » ? »Demandai-je tout à fait sérieusement.

« Oui, cela ne va pas prendre plus de quelques secondes. »

Il tendait ses deux mains et je sortais mes bras de sous la couverture en relevant mes manches malgré le froid. Je ne pouvais que coopérer dans ma situation. Il me saisit délicatement les poignets alourdi par les chaînes et ferma les yeux, récitant à voix basse des phrases dont je ne pouvais saisir le sens. En même temps que le métal se craquelait la douleur remontait mes bras. Le corps n'était pas affecté par la lumière, mais pas l'âme et la magie qui l'habitait. Je serrais les dents pour tenter de contenir la douleur et ne pas laisser transparaître ma souffrance, si je le faisais je serai suspecte. Je sentis mes deux bras libérés d'un poids tandis que mes deux chaînes tombaient en poussière. Je baissai la tête pour tenter de dissimuler mes larmes, encore pourraient-elles passer pour des larmes de bonheur, et bougeais mes doigts comme pour m'assurer qu'ils étaient encore au bout de mes mains.

Il posa ses mains de nouveau sur mes poignets, je les retirai, l'air interrogateur.

« Ne vous inquiétez pas, je vais juste les soigner.

-Ce n'est pas la peine de gaspiller votre énergie et votre temps pour quelques égratignures.

-Comme vous le dites ce ne sont que quelques égratignures, elles ne seront donc pas difficile à traiter. »

Je n'osais pas le contredire de peur de paraître trop louche, mais je craignais que le contact direct ne rendit la douleur trop insoutenable. Ce fut le cas. Une douleur aiguë fusa dans mes bras, atteignant rapidement ma tête.

« Arrête! »

Je n'avais pas pu retenir cette injonction et mon visage se contracta en une expression horrifiée tandis que le mage reculait. Je m'étais trahie. Son visage s'assombrit.

« Je comprends maintenant… Emmenez-là à l'interrogatoire maintenant! »

Je me relevai vivement, à ma gauche les escaliers vers la surface, si je courrais vite et que j'usais de mes pouvoirs… Non, la zone gardée est bien trop grande à parcourir. Tenter de les maîtriser sans faire de bruit ? Il faudrait que je sois sûre que les prisonniers coopèrent avec moi. Pourquoi ne le feraient-ils pas après tout ? Ils ne doivent nullement avoir envie de croupir ici. Mais cela reviendrait à mettre des criminels en liberté… Ou bien je les semais en chemin afin qu'ils soient rattrapés par les gardes. Pas sympa, je sais, mais je n'allais pas commencer à leur faire des cadeaux.

Toutes ces pensées avaient défilées dans ma tête en un très court laps de temps, aidé par l'urgence de la situation. Je me baissai pour me faufiler entre les deux gardes qui couraient vers moi et en profitais pour utiliser un sort de paralysie sur le mage, j'épargnai son cœur et les muscles lui permettant de respirer, je ne voulais pas faire de mort. Je me retournai et en fis de même avec les deux autres gardes. Il restait encore quatre gardes dans le couloir. J'inspectai mes mains, l'effort les avait abîmées, je n'allais plus pouvoir me servir de ma magie longtemps au risque de me blesser, ce corps n'était pas fait pour ça. Sans trop réfléchir, je fis sauter divers cadenas. Les prisonniers enhardis par ma petite démonstration foncèrent vers les gardes et les assommèrent. Je tendais l'oreille, des bruit de pas s'approchaient de la salle, il ne fallait plus compter sur la discrétion. Je fis signes aux autres de me suivre. Contrairement à ce que je croyais, ils ne demandèrent pas à libérer le reste des prisonniers, je n'en attendais pas beaucoup plus de leur part. Nous montâmes les escaliers à toute vitesse, j'étais affaiblie par la douleur mais au moins mes mains étaient-elles libres. Je faisais fuser ma magie dans mes jambes afin de me donner plus de force, au moins pour la montée. A vrai dire, nous avions passé le plus facile, il y aurait bien plus de gardes à la surface.

Enfin, je pouvais voir la porte, je laissais passer devant moi un homme large d'épaule qui l'enfonçait d'un coup, j'entendais les cris des gardes surpris. Puis plus rien.

« Ils sont K.O. Montez les gars! »

Je n'attendais que ces mots pour mettre la tête dehors. Déjà les deux portes permettant le passage entre les murailles étaient t-elles déjà ouvertes pour laisser entrer une vague de gardes. Nous n'avions aucune chance, mais moi, peut-être.

« Foncez ! Je vous couvre ! »Lançai-je pour les encourager à foncer la tête la première.

Il ne leur en fallut pas plus . Ils se lancèrent, la rage au visage, donnant de violents coups dans les boucliers et en mettant plusieurs adversaires à terre malgré leur désavantage flagrant, aussi bien numériquement qu'au niveau de l'équipement. Je restais au milieu de cette pagaille, observant les alentours pour tenter de trouver une porte de sortie. Des archers commençaient à se placer sur les murailles, ça ne sentait pas bon. Je me précipitais vers le corps inconscient d'un garde afin de récupérer son bouclier, je n'avais nullement envie de terminer avec une flèche plantée dans le corps. Je repérai une petite porte menant dans à une autre partie du jardin et courrais le plus vite possible vers celle-ci. Le nombre de prisonniers encore en état de se battre avait drastiquement diminué, et j'utilisais une dernière fois ma magie pour me rendre plus rapide et ainsi esquiver les mains qui tentaient de m'attraper. J'avais de la chance d'être une enfant où j'aurais plutôt eu droit aux coups d'épées. En y réfléchissant, si je n'avais pas fait une petite démonstration de mes pouvoirs, les criminels n'auraient jamais acceptés de me suivre. Une partie de moi regrettait de les trahir ainsi, une autre absolument pas.

J'atteignais enfin la porte qui était heureusement ouverte et traversais la pierre pour déboucher sur une autre porte. Je m'empressais de l'ouvrir pour accéder à une autre partie du jardin plus calme et y laissais mon bouclier qui m'alourdissait plus qu'autre chose. Toute leur attention était tournée vers les combats, et il me semblait étrange que l'on ne m'ait pas poursuivie, je n'avais pas à m'en plaindre. Je continuais vers la prochaine muraille, me faufilant entre les buissons, espérant que rien de bien méchant ne m'attendait derrière. Je commençais à avoir le souffle court, je devais tenir bon. Une fois dans la Citadelle il me serait possible de les semer une bonne fois pour toutes en me fondant dans la masse. D'autant plus que les chaînes de mes pieds glissées dans mes chaussures, les gens ne seraient pas méfiant à mon égard.

Comment me rendre à la prochaine partie du jardin ? Il n'y avait cette fois pas de petite porte. La grande était bien trop lourde à ouvrir et manquait de discrétion. Je remarquai que le petit ruisseau qui traversait le jardin et prenait sa source dans cette partie même continuait de l'autre côté par un petit passage dans la muraille. Il n'y avait aucun barreaux. C'était petit, j'allais être trempée, mais c'était la meilleure solution. J'avançais jusqu'à celui-ci à couvert et m'y mettais à plat ventre pour ramper. Elle était froide si bien que tous mes muscles se contractèrent, non préparés à un tel changement de température. J'avançais tant bien mal, le menton dans l'eau. Heureusement que le chemin jusqu'à la sortie n'était pas très long. Mes vêtements s'imprégnaient du liquide et devenaient plus lourds, mes chaînes me ralentissaient dans ma progression. J'avais remonté mes manches pour ne pas trop abîmer le tissus, mais mes avant-bras étaient griffés par la pierre. Je m'en voulais de faire subir un tel traitement aux vêtements qu'Iria m'avait offert.

Ma tête atteignait enfin la sortie, un grand sourire se dessina sur mon visage à l'idée que ce supplice soit enfin terminé. Il fut de courte durée puisqu'une lame vint se placer à quelques centimètres de mon visage, mes yeux louchaient pour l'observer nettement. Mes muscles tremblants, j'observais le visage profondément déçu qui se dessinait devant moi tandis que je me sentais me désagréger sur place.

« Aria…

-Link! »


J'espère que vous aurez apprécié ce chapitre (et que pas trop de fautes ne m'auront échappées). Il n'y a toujours pas de dates précises pour le prochain mais il devrait être mit en ligne d'ici mi-juin.