Hey! Donc voilà, comme promis, un chapitre très soft, presque girly (je n'arrive pas à croire que j'ai écrit quelque chose comme ça haha x) ). j'espère qu'il vous plaira!
Réponses aux reviews :
louloumpu : Merci pour ta review! Non ce n'est qu'une impression (et oui je suis cruelle x) ), dans le chapitre 33, toutes leurs certitudes vont encore une fois s'écrouler. Je suis contente que ça t'ait plu, en tout cas, et j'espère que ce chapitre tout fluffly te plaira tout autant! :)
virginie06 : Merci pour ta review! Oui, moi aussi j'espère vraiment qu'on aura un mariage dans la série haha :) J'espère que la façon dont je l'ai mis en scène te plaira! :)
- Maman ! J'veux descendre ! S'exclama Liam depuis la poussette où il était installé.
J'échangeai un regard amusé avec Killian, et lâchai la poussette que j'étais en train de conduire pour m'avancer vers mon fils et m'accroupir en face de lui. Je fus éblouie pendant une seconde par le soleil, éclatant, qui illuminait cette belle journée du mois d'août. L'astre se reflétait partout, rendant les couleurs plus brillantes et le ciel d'un bleu limpide donnait au parc de Storybrooke des allures de carte postale.
- D'abord, on ne dit pas je veux sortir, mais… Commençai-je en haussant les sourcils.
- Je voudrais bien sortir, s'il te plaît, récita mon fils d'un air un peu boudeur.
- Très bien. Ensuite, je veux bien te laisser courir un peu dans le parc à condition que tu ne t'éloignes pas trop et que tu ne t'approches pas du lac. Compris ?
- Oui, affirma mon fils en gigotant dans sa poussette.
Je ris en le voyant aussi enthousiaste et détachai la ceinture de sécurité qui le maintenait prisonnier. Il sauta au sol et fila comme une flèche à travers les hautes herbes, alors que je me relevais pour aller me reposter aux côtés de Killian. Il passa son bras autour de mes hanches pour m'attirer à lui, et je posai la tête sur son épaule en poussant un petit soupir d'aise lorsqu'il déposa un baiser dans mes cheveux.
Les deux semaines qui venaient de s'écouler avaient été si calmes que j'avais l'impression de vivre dans un rêve. Depuis que les sorciers étaient rentrés chez eux et que Zelena était retenue enfermée, la vie avait repris son court normal à Storybrooke. J'avais enfin pu profiter de moments tranquilles aux côtés de ma famille, sans cette perspective de danger qui nous attendait au moindre moment de distraction. Rien que le fait de partager un repas chez Granny sans être interrompus était une grande chose dans cette ville, et il fallait donc dire que ces dernières semaines avaient été tout simplement parfaites.
Je devais cependant avouer que j'avais souvent du mal à dormir à cause du bébé qui donnait tant de coups que je pensais attendre un futur ninja, et que la chaleur était parfois insupportable. Mais je n'avais même pas pensé une seule seconde à me plaindre de mon manque de sommeil ou des températures toujours caniculaires, qui jaunissaient l'herbe et faisaient chanter les oiseaux dans les arbres. Le bébé allait bien, j'étais vivante, mes fils avaient l'air plus heureux que jamais, j'avais une famille unie et la complicité que je partageais avec Killian semblait encore se renforcer de jour en jour. J'avais tout pour être heureuse.
- Ça va ? Me demanda Hook devant mon silence inhabituel.
- Très bien, répondis-je avec un sourire. Je réfléchissais, c'est tout.
- Tu me le dis si tu as besoin de quoi que ce soit, hein ?
- Killian ! M'exclamai-je en levant les yeux au ciel, agacée par son ton tracassé alors que j'étais juste perdue dans mes pensées. Je vais bien, je te jure ! Arrête de toujours t'inquiéter, enfin, je ne suis pas mourante !
- Ok, ne t'énerve pas, c'était une simple question ! Se défendit-il en affichant un air outré, brusqué par ma réaction.
- Je ne m'énerve pas, répondis-je en secouant la tête, l'entraînant vers le banc le plus proche. Je te fais juste comprendre que tout va bien, et que tu n'as pas à t'inquiéter. C'est juste la millième fois aujourd'hui qu'on a la même conversation, mais ce n'est pas grave, je commence à être habituée, ironisai-je avec un demi-sourire pour adoucir mes paroles.
Il secoua la tête d'un air amusé, et je repartis dans mes pensées alors que je m'asseyais à côté de lui, tripotant le bord de ma tunique bleue d'un air concentré. Depuis ce qu'il s'était passé avec Zelena, Killian, qui avait fait de grands efforts pour ne pas trop me surprotéger au début de la grossesse, était reparti dans ses travers passés. Malgré mes répliques agacées, pour la première fois, son comportement ne m'énervait pas tant que ça, car je le comprenais. Il avait failli nous perdre, moi et le bébé, et c'était normal qu'il s'assure que tout allait bien pour nous. Mais je ne voulais pas non plus que ça devienne une habitude de s'inquiéter à chaque fois que je faisais un pas, et mes réparties lui faisaient donc comprendre que j'aurais préféré qu'il me laisse un peu plus de liberté, même si elles restaient toujours gentilles.
- Je n'arrive pas à croire que le mariage est dans deux semaines, reprit-il en embrayant sur un autre sujet, essayant de répondre à ma volonté, comme à chaque fois que je lui demandais d'arrêter de se tracasser pour ma santé.
- Moi, je n'arrive pas à croire que mes parents ont insisté pour prendre tout en charge, répliquai-je en faisant la moue.
- Vois le bon côté des choses, rit-il en voyant ma réaction. Au moins nous n'avons rien à faire, c'est comme si tout nous tombait du ciel.
- Ouais, c'est sûr, mais par contre, on peut dire adieu au petit mariage qu'on avait en tête, soupirai-je. Ma mère veut absolument que j'aie, je la cite, « un mariage de princesse ».
- Arrête de râler, me dit-il en me poussant légèrement de l'épaule d'un air espiègle. C'est parce que tes parents t'aiment qu'ils font ça. Et puis tu vas être magnifique, puisque je ne doute pas du fait que ta mère ait insisté pour que tu portes une véritable robe de princesse.
Je ne lui avais pas parlé de la conversation que j'avais eu avec ma mère toutes ces semaines plus tôt, où elle m'avait proposé de porter une réplique de sa propre robe de mariée. J'avais décidé que je voulais lui faire la surprise, et j'avais vraiment hâte de voir sa réaction lorsqu'il découvrirait mes plans. Je cachai donc mon sourire du mieux que je pus, et répondis en regardant ma montre :
- Il va d'ailleurs falloir que j'y aille bientôt. Regina va encore râler si je suis en retard.
Il avait en effet été convenu que l'essayage de la robe se ferait cette après-midi, dans l'appartement de mes parents, en compagnie de ma mère et de Regina. Nous avions décidé qu'en deux semaines, mon ventre n'allait probablement pas évoluer au point de ne plus savoir entrer dans la robe et, dans le pire des cas, il y aurait quelques retouches à refaire avant le jour J. Je savais que ma mère était surexcitée à l'idée de cet essayage, et je devais dire que sa joie m'avait plus ou moins contaminée, même si j'essayais de le cacher.
- Tu es sûr que je ne peux pas venir avec toi ? Demanda Hook en m'offrant son plus bel air de chien battu, et je levai les yeux au ciel, essayant tant bien que mal de cacher mon sourire. Je me ferais discret, tu ne remarqueras même pas ma présence.
- Ce n'est pas une question de présence, on en a déjà parlé, dis-je en lui offrant un air faussement agacé. Je veux te faire la surprise. Et puis ça porte malheur de voir la mariée en robe avant le grand jour.
- Vraiment ? Sérieusement Swan, après tout ce qu'on a surmonté, qu'est-ce qui pourrait nous arriver de pire ? Releva-t-il avec pertinence, un de ses sourcils haussé.
- C'est non négociable, dis-je en riant malgré moi, incapable de trouver une meilleure répartie tant son comportement m'amusait.
Il afficha un air déçu, et comme je ne savais pas s'il jouait ou non la comédie, je me penchai vers lui pour l'embrasser et effacer son air attristé. Je posai ensuite la tête sur son épaule, et il passa son bras autour de moi pour me serrer contre lui. Je jetai un coup d'œil en direction de Liam, qui courait toujours à proximité, et esquissai un petit sourire, parce qu'il avait vraiment l'air de bien s'amuser. Au moment où je me disais qu'il était décidément adorable, je le vis trébucher et s'étaler de tout son long dans la pelouse. Je me figeai, ne sachant pas très bien si je devais me précipiter vers lui ou pas, car j'étais bien consciente que mon affolement allait le faire pleurer même s'il n'avait rien. Je sentis Killian se raidir aussi contre moi, et nous attendîmes tous les deux de voir la réaction de notre fils avant de faire quoi que ce soit, retenant notre respiration.
Mais une seconde plus tard, mon petit garçon se mit tout de même à pleurer à grosses larmes, et je jetai un regard inquiet vers Killian avant de me précipiter vers mon fils pour le prendre dans mes bras. Je l'examinai rapidement pour m'assurer que tout allait bien : il n'avait pas de contusion visibles, et avait l'air plus touché dans son amour propre que réellement blessé. Je le soulevai en tentant toujours de le consoler et m'installai de nouveau sur le banc à côté de Killian en caressant doucement le dos de Liam :
- C'est fini, sweetheart, ce n'est rien.
- J'ai mal, pleurnicha-t-il, la tête enfouie dans mon cou.
- Où est-ce que tu as mal ? Demanda doucement Killian en déposant un baiser dans les cheveux de notre fils.
Le plus sérieusement du monde, Liam se détacha de moi et nous montra son index d'un air profondément douloureux. Je me pinçai les lèvres pour m'empêcher de rire, et eus encore plus de mal à garder mon sérieux lorsque mes yeux croisèrent le regard amusé de Hook.
- Ça m'a l'air très sérieux comme blessure, déclara Killian en faisant mine d'examiner le doigt de Liam, tout en essayant de ne pas rigoler. Mais ne t'inquiètes pas, maman à des pouvoirs magiques, elle va pouvoir te soigner.
- C'est vrai ça, affirmai-je alors que Liam nous observait avec de grands yeux. Regarde, tu vas voir.
Je lui attrapai la main et l'embrassai à l'endroit qu'il me désignait et qui était soi-disant douloureux. Puis je me retournai de nouveau vers lui d'un air parfaitement sérieux, comme si je venais vraiment d'utiliser ma magie, et il s'exclama avec enthousiasme :
- Wouah, j'ai plus mal ! T'es trop forte, maman !
- Tu veux retourner jouer ? Demandai-je en riant de bon cœur devant sa réaction.
Il hocha la tête, tout sa joie de vivre retrouvée, et je le déposai sur le sol alors qu'il repartait en courant vers l'arbre le plus proche comme si rien ne s'était passé. Je laissai échapper un petit éclat de rire en le voyant sautiller dans le parc, me disant que nous avions décidément beaucoup de chances d'élever des enfants aussi adorables.
- Je redoute le moment où il sera plus compliqué de le consoler, fit remarquer Killian en haussant un sourcil.
Je le regardai en souriant, m'apprêtant à lui répondre que, en effet, cette technique ne marcherait pas indéfiniment. Mais je jetai machinalement un nouveau coup d'œil sur ma montre avant de lui répondre, et m'exclamai en poussant un juron :
- Il faut que j'y aille, je vais être en retard !
- Attends ! S'exclama-t-il en me rattrapant par le poignet au moment où je me levai précipitamment du banc pour essayer de rattraper le temps que je venais de perdre.
- Quoi ? Demandai-je, surprise, en me retournant vers lui.
Il ne répondit pas à mon air interrogateur, mais lâcha doucement mon poignet. Il enroula son bras gauche autour de mes hanches, et posa sa main droite sur mon ventre. Il caressa doucement mon abdomen arrondi du pouce et murmura à l'intention du bébé :
- A tout à l'heure, toi.
Ce-dernier donna un coup en retour, comme à chaque fois que son père s'adressait à lui. Killian lui parlait tellement qu'il reconnaissait maintenant sa voix sans problème, et il bougeait toujours comme s'il voulait répondre à ce que Hook disait. Ce-dernier rit, et son regard s'illumina comme à chaque fois que le bébé se faisait sentir. Je lui passai doucement la main dans les cheveux, attendrie par son air euphorique, et il m'attira à lui pour un rapide baiser en guise d'au revoir.
- Sois prudente, d'accord ?
- Toujours, moi, tu sais bien, répliquai-je avec un clin d'œil.
Puis, après avoir accroché une dernière fois son regard, je fis un signe de la main en direction de Liam ,qui me répondit distraitement, trop occupé à courir après une chose dont lui seul avait connaissance. Le cœur léger, je partis d'un bon pas vers l'appartement de mes parents, me demandant ce qui m'attendait lors de cet essayage dont ma mère se faisait une joie.
Je montai quatre à quatre les marches qui menaient au loft de mes parents et frappai trois coups à la porte pour m'annoncer avant d'entrer, sans attendre de réponse. Le salon était éclairé par une lumière vive provenant des fenêtres, toutes restées ouvertes pour apporter un peu de fraîcheur dans cette chaleur étouffante. Ma mère et Regina étaient assises dans le canapé devant deux verres de thé glacé. Dès qu'elle me vit, mon amie ouvrit la bouche, certainement pour râler, mais je la coupai en disant :
- Ne dis rien, je sais que je suis en retard d'approximativement… (je regardai ma montre avec insistance) sept minutes et j'en suis désolée. On peut passer à autre chose, maintenant ?
Mon amie n'ajouta rien, semblant passablement surprise par ma réflexion, et je lui lançai un petit coup d'œil amusé avant de me diriger vers ma mère pour la saluer. Je me retournai ensuite de nouveau vers Regina, qui me regardait d'un air sombre, les mains plantées sur les hanches, et je dis en essayant de me retenir de rire parce que son air outré était vraiment très drôle :
- Bon, on s'y met ?
- Et moi, on ne me dit pas bonjour ? Dit une voix rieuse dans mon dos.
Je sursautai et tournai la tête pour découvrir Henry, qui était posté dans un coin de l'appartement, les bras croisés et l'air plutôt fier de son effet de surprise. Je ne l'avais pas vu en arrivant, m'étant directement dirigée vers ma mère sans faire attention à ce qui se passait autour de moi. Il fallait dire qu'il était plus ou moins plongé dans l'ombre, et qu'il n'était pas censé être là. Je dis donc en m'approchant de lui pour le serrer brièvement dans mes bras :
- Ben qu'est-ce que tu fais là, kid ? Je ne savais pas que tu t'intéressais aux robes de mariées, me moquai-je gentiment alors qu'il me lançait un regard noir à cause de ma réflexion.
- J'étais juste curieux de te voir en robe avant le grand jour, répondit-il en haussant les épaules. Et non, je ne m'intéresse pas à la mode. J'ai un livre avec moi et je vais me contenter de monter à l'étage pendant les essayages. Moi, ce qui m'intéresse, c'est simplement le résultat.
- Ça a le mérite d'être clair… dis-je en riant devant son air assuré.
- Je vais vous laisser entre filles, ajouta-t-il en se dirigeant vers les escaliers. Amusez-vous bien !
Je lui lançai un regard faussement agacé en retour. Certes, j'étais bien évidemment contente de ma marier et la perspective de cette grande fête qui nous attentait me réjouissait beaucoup, mais la mode n'avait jamais été mon fort. Je préférais grandement me battre contre des vilains qu'essayer des vêtements, et cette activité avait toujours été un calvaire pour moi. J'espérais donc que les essayages ne prendraient pas trop longtemps, et je savais que Henry était au courant de comment je prenais la chose, et il prenait donc plaisir à se moquer de moi.
Je le regardai disparaître à l'étage et me retournai vers ma mère, qui semblait un peu soucieuse. Je fronçai les sourcils, me demandant pourquoi elle était si inquiète alors que j'étais sûre que j'allais adorer la réplique de sa robe de mariée. Pour la détendre, je pris la parole d'un ton enjoué en disant:
- Bon, vous me la montrez cette robe ?
- Elle est derrière le paravent, m'informa ma mère en montrant l'objet, qu'elle avait posé dans un coin du salon pour me permettre de m'habiller en toute intimité. Mais Emma, rappelle-toi, ce n'est pas exactement la même, et…
- Relax ! M'exclamai-je en m'approchant d'elle pour lui poser la main sur l'épaule. Je suis sûre que je vais l'adorer. Mais je ne peux pas m'en faire une idée si tu ne te décides pas à me la montrer.
Elle hocha la tête en me souriant faiblement avant de me céder le passage pour que je puisse passer derrière le paravent. Je lui jetai un coup d'œil amusé en passant à côté d'elle, et gardai mes yeux fixés sur elle pendant quelques secondes, si bien que je ne vis la robe qu'au dernier moment.
Je m'arrêtai net et mon sourire disparut sans répondre à une demande de ma part. Les yeux grands ouverts, je détaillai la robe qui était passée sur la silhouette d'un mannequin pour que je puisse voir à quoi elle ressemblait portée. Et ce n'était pas du tout ce à quoi je m'étais imaginé. En réalité, elle dépassait toutes mes espérances.
Je l'avais vue en image dans le livre de Henry, mais elle était cent fois plus belle en réalité. Avec les plumes accrochées à sa jupe, on aurait pu penser qu'elle appartenait à un ange. Elle semblait comme irradier une douce lumière, une certaine aura de douceur, et c'en était époustouflant. Jamais de ma vie je n'avais imaginé qu'un vêtement puisse provoquer ce genre d'émerveillement. Toujours sans un mot, je tendis la main pour la toucher : elle était douce comme de la soie.
- Pourquoi tu fais cette tête là ? S'inquiéta ma mère, me faisant sursauter, comme si je sortais d'une transe. Tu ne l'aimes pas ? Oh mon dieu, je savais que je n'aurais jamais dû te proposer ça…
- Non, dis-je en me retournant vers ma mère en en secouant la tête pour revenir à la réalité. Non, elle est magnifique.
- Sérieusement ? Dit-elle en ayant l'air immensément soulagée, et je lui souris, toujours un peu déstabilisée. Elle n'est pas exactement la même qu'avant, on a remonté la taille pour que tu sois plus à l'aise, continua-t-elle en me désignant la jupe qui, au lieu de commencer aux hanches, s'évasait juste en-dessous de la poitrine.
- Merci, maman, soufflai-je alors que Regina venait nous rejoindre, les bras croisés sur sa poitrine.
- Tu ne trouves pas ça bizarre que tu doives porter une robe blanche symbolisant la virginité alors que tu es enceinte ? fit-elle remarquer le plus sérieusement du monde, probablement pour briser l'émotion qui semblait comme crépiter dans l'air.
- Wow, répondis-je en levant les yeux au ciel. La subtilité, c'est vraiment pas ton truc.
Elle se contenta de hausser un sourcil pour toute réponse, semblant plutôt fière de sa plaisanterie. Elle avait eu l'effet escompté, parce que la surprise passée, j'étais revenue sur terre, et ma mère semblait se sentir beaucoup mieux. Je secouai la tête en souriant moi aussi, reposant mes yeux sur la robe pour l'observer encore un peu.
- Bon, tu l'essayes ? Finit par dire mon amie après quelques secondes d'un silence pensif. On n'a pas fait tout ce travail pour rien.
Je hochai la tête pour la remercier, sachant très bien que nous allions toutes les deux nous sentir mal à l'aise si je me lançais dans un grand discours censé représenter ma reconnaissance. Ni l'une ni l'autre n'étions vraiment douée pour les mots, alors cet échange de regard voulait tout dire. Elle se contenta d'un petit sourire en retour puis entraîna ma mère, qui semblait folle de joie face à ma réaction, pour que je puisse me changer en toute tranquillité.
- Maman ! M'exclamai-je d'un air impatient. Tu ne vas pas pouvoir m'empêcher de voir le résultat encore pendant des heures, tu le sais, ça, non ?
- Laisse-moi juste terminer, répliqua-t-elle en me plaçant une barrette dans les cheveux.
- Tu dis ça depuis un quart d'heure, grommelai-je en levant les yeux au ciel.
- Sois un peu patiente ! S'agaça Regina, qui était assise en face de moi.
Je ne répondis rien et baissai les yeux sur la robe en lissant la jupe du plat de la main. Après une bonne vingtaine de minutes passées à la retoucher, je commençais vraiment à en avoir assez, mais ma mère n'avait pas accepté que je vois le résultat sans m'avoir auparavant coiffée. Ça faisait une demi-heure qu'elle s'occupait de mes cheveux, et j'avais l'impression de devenir folle à devoir rester immobile de la sorte. Elle voulait le faire elle même et avait catégoriquement refusé que Regina s'en occupe grâce à sa magie, comme elle l'avait fait avec les retouches de la robe, ce qui aurait été beaucoup plus rapide autrement. Tout cela n'était vraiment pas mon truc, et si j'avais aimé jouer à la princesse les cinq premières minutes, j'avais très rapidement déchanté. Je soupirai et me mis à me ronger nerveusement l'ongle du pouce, devant me faire violence pour rester en place.
- Voilà, déclara enfin ma mère après plusieurs minutes de silence. Je crois que c'est bon.
Je me levai d'un bond pour l'empêcher de revenir sur sa décision, et elle me fit me retourner en serrant mes deux mains dans les siennes. Son sourire me fit me raviser alors que je m'apprêtais à plaisanter sur le temps qu'elle avait mis pour m'apprêter. Elle avait l'air tellement heureuse, et je ne voulais pas briser ce beau moment. Elle ne dit rien, mais je vis son regard s'illuminer lorsqu'elle le posa sur moi, et je demandai, un peu anxieuse :
- Tu en penses quoi ?
- Va te voir, répondit Regina à sa place, en me faisant signe d'approcher du grand miroir qui se trouvait dans la chambre de mes parents.
J'obéis et évitai jusqu'au dernier moment de rencontrer mon reflet. Si j'avais été tellement impatiente de voir ce que ça donnait quelques minutes auparavant, j'avais soudain peur du résultat : tout ça, ce n'était pas moi. J'étais bien plus confortable en jean qu'en robe de conte de fée, et je ne savais plus si tout ça était une bonne idée, si nous n'aurions pas mieux fait d'aller nous marier en petit comité devant le puits de la ville sans tenir compte de la tradition. Mais je savais aussi au fond de moi que mes parents ne m'auraient jamais laissé faire une chose pareille. Ma mère avait enfin trouvé une occasion de jouer son rôle, de me traiter comme une princesse pendant quelques heures, et je ne pouvais pas lui retirer ça. Après une grande inspiration pour me donner du courage, je tournai donc les yeux vers le miroir, me disant que ça ne pouvait pas être aussi mal que je l'imaginais.
Il me fallut plusieurs secondes pour me convaincre que la jeune femme qui se reflétait en face de moi n'était pas une étrangère. J'étais métamorphosée. La robe avait été parfaitement retouchée et je me mis de profil pour constater que mon ventre arrondi se voyait à peine. Mes cheveux avaient été repris en un chignon qui rappelait celui que je portais lors de mon premier bal, que j'avais passé aux bras de Killian. Pour couronner le tout, une rayon de soleil venait de traverser la pièce et s'était accroché à mes cheveux, leur donnant une couleur presque blanche qui s'alliait avec la pureté de la robe. Je ressemblais à…
-… Une princesse, dit ma mère, répondant à mes pensées.
Sans attendre de réponse, elle se posta soudain dans mon dos et attacha un collier en argent autour de mon cou. Je portai la main au bijou, qui scintillait tel un diamant, et me retournai vers elle, surprise par ce geste inattendu.
- Il appartenait à ma mère, expliqua-t-elle devant mon air étonné. Elle me l'a offert lorsque j'étais petite fille, et je l'ai porté à mon mariage. C'est à ton tour, à présent.
- Comment est-ce possible… ? Questionnai-je sans comprendre pourquoi le bijou ne se trouvait pas dans la Forêt Enchantée.
- Il était dans la boutique de Gold. Belle a été ravie de nous le rendre.
- Merci, soufflai-je, les yeux baissés vers le collier, émue et sentant des larmes me piquer les yeux devant ce geste maternel. Il est magnifique.
- C'est toi qui est sublime, chérie, répondit ma mère en me souriant gentiment.
- Je crois que je peux appeler Henry maintenant, vous ne croyez pas ? Proposa Regina, avant de s'exécuter lorsque j'eus hoché la tête, ravalant le sanglot qui m'entravait la gorge.
Mon fils débarqua moins d'une minute plus tard, et je me retournai vers lui avec un peu d'appréhension. Je savais qu'il allait donner honnêtement son avis, et, même si je trouvais l'ensemble magnifique, j'avais toujours l'impression que tout ça n'était pas fait pour moi. Je plantai alors mes yeux dans ceux de mon fils pour avoir un retour sincère sur mon accoutrement. Il resta une longue minute silencieux, me regardant des pieds à la tête, et je finis par demander, n'y tenant plus :
- Alors ? Sois honnête.
- Wow, répondit-il en hochant lentement la tête.
- Sincèrement ?
- Tu as l'air d'une princesse, dit-il en relevant les yeux vers mon visage et en me souriant.
- C'est approuvé, alors ? Demanda Regina en venant poser une main sur l'épaule de Henry, souriant elle aussi.
- Ouais, et si je suis bien sûr d'une chose, c'est que Hook va lui aussi beaucoup apprécier.
Je lui jetai un regard faussement courroucé devant son sous-entendu, mais ne pus m'empêcher de moi aussi sourire. Je savais qu'il avait prononcé cette phrase pour me détendre, et sa plaisanterie avait eu l'effet recherché. Il s'approcha de moi, son air taquin ayant disparu de son visage, et me confia avec gentillesse :
- Ça va être un super mariage. Je suis vraiment heureux d'être le témoin, tu sais. Tout va être parfait, et tu le mérites amplement.
Je sentis mes yeux s'humidifier de nouveau, touchée par ses paroles, mais surtout par la vitesse à laquelle il avait grandi. C'était un jeune homme, à présent, en phase de devenir adulte, et il était prévenant, gentil, il avait toujours les mots pour réconforter les gens qui l'entouraient. Il n'avait peut-être pas eu une enfance facile, je savais qu'il avait beaucoup souffert de son abandon même si Regina l'avait élevé et aimé à elle seule, faisant de son mieux pour qu'il se sente en sécurité. Mais mon fils avait eu la force de ne pas se construire une carapace, comme je l'avais fait à l'époque. J'étais si fière de lui, et Liam ne pouvait pas rêver mieux comme modèle.
Devinant que je ne savais pas quoi répondre, il reprit la parole en disant, rigolant à moitié :
- Et on ne dirait même pas que tu es enceinte, c'est dingue.
- Je sais, dis-je en me mettant de nouveau de profil, moi-même surprise par la façon dont la jupe cachait mon ventre arrondi. Peut-être que d'ici deux semaines ça se verra un peu. J'ai envie que Peanut fasse aussi un peu partie de la fête, lui aussi.
Je tournai la tête vers ma famille, et mon fils me sourit pour toute réponse avant de m'attirer contre lui dans une puissante étreinte. Alors qu'il était serré contre moi, je lui murmurai à l'oreille :
- Je suis tellement fière de toi, kid.
Il ne répondit toujours rien, mais je vis à ses yeux que mes paroles l'avaient touché lorsqu'il se détacha de moi. J'enroulai mon bras autour de ses épaules pour le garder près de moi, et me retournai ensuite vers ma mère et Regina pour leur dire d'un air entendu :
- Je ne sais vraiment pas comment vous remercier, alors je vais juste vous dire que j'adore la robe et que…
- Tu n'as pas besoin de dire quelque chose, me coupa Regina avec un petit sourire. C'est normal.
Je souris de nouveau et jetai un dernier regard à mon reflet dans le miroir en me disant que, quelques années plus tôt, je n'aurais jamais pensé me retrouver dans cette position, future mariée attendant son troisième enfant. Le bonheur s'offrait enfin à moi depuis quelques temps, et je sentis mon cœur se gonfler à cette pensée. J'avais enfin le droit d'être heureuse.
- Killian ! Je suis rentrée ! Lançai-je pour signaler ma présence avant de refermer la porte d'entrée derrière moi.
- Dans le salon ! S'exclama-t-il en retour.
J'avançai d'un pas assuré dans la maison pour découvrir Killian et Liam assis à même le sol, partageant un jeu dont eux seuls connaissaient les règles. Je souris en les voyant aussi complices, et ils tournèrent tous les deux leurs têtes dans ma direction en m'entendant arriver.
- Maman ! S'écria Liam en se précipitant dans mes bras.
Je m'accroupis pour le serrer contre moi alors qu'il riait, ses deux petits bras noués autour de ma nuque. Je le câlinai pendant quelques secondes avant de me remettre debout, Liam toujours blotti contre moi.
- Ça va, sweetheart ? Tu t'es bien amusé avec papa ? Demandai-je en le voyant d'aussi bonne humeur.
- Oui ! Répondit-il avec un enthousiasme qui me fit rire.
Hook se leva à son tour et s'approcha de nous en souriant. Il se pencha vers moi pour un rapide baiser en guise de salutation, et ébouriffa les cheveux de Liam au passage. Je lui rendis son sourire, et pris la parole en me dirigeant vers le canapé pour m'y installer :
- Vous avez l'air d'avoir passé une bonne après-midi.
- Le contraire aurait été étonnant, fit-il remarquer en venant s'asseoir à nos côtés. Et toi, ça s'est bien passé ?
- Très bien, acquiesçai-je en restant volontairement évasive sur le sujet.
- Très bien ? Répéta-t-il d'un air outré. C'est tout ce que tu vas me dire ?
- Je te l'ai déjà expliqué, je veux que ce soit une surprise, répliquai-je, amusée par son impatience. Et puis tu ne devras plus attendre longtemps, maintenant.
- C'est vrai que ça va passer vite, dit-il en me souriant d'un air réjouis. Ça va être une belle journée, hein, Liam ?
- Oui ! S'exclama une nouvelle fois mon fils en changeant de position pour venir se blottir entre nous deux.
Je ris et échangeai un regard silencieux avec Killian, qui semblait tout aussi heureux que moi. Il passa son bras autour de mes épaules pour me serrer contre lui, Liam riant de se sentir aussi proche de nous deux. Il n'y avait plus de problèmes à Storybrooke. Tout allait bien.
Voilà voilà! Dans le chapitre suivant, Snow a encore une grande surprise pour Emma. A votre avis, de quoi s'agit-il? :)
