Severus Rogue et Ellie transplanèrent à l'entrée du Chaudron Baveur. L'odieux maître des cachots ouvrit la porte du pub miteux à son épouse et s'effaça pour la laisser entrer. Toutes les têtes se tournèrent vers les nouveaux venus. Quelques sorcières s'exclamèrent à mi-voix de la tenue luxueuse d'Ellie, mais se turent rapidement et se détournèrent, lorsqu'elles virent le regard cinglant et glacial du Professeur de Potions.

Tom le Barman leur jeta un regard depuis son comptoir et fit un signe de tête à Ellie qu'il connaissait de vue, pour avoir lu le Chicaneur du mois de novembre. Mais il s'abstint de tout commentaire, Severus Rogue n'était pas réputé pour sa bonté et il valait mieux faire comme s'il n'était pas là, sauf s'il demandait quelque chose.

Le couple sortit dans l'arrière-court et Severus tapota de sa baguette la brique rouge qui commandait l'ouverture du chemin de traverse.

« Où veux-tu aller ma chérie ? demanda l'homme aux longs cheveux noirs, en mettant son bras autour des épaules d'Ellie pour la serrer contre lui. »

Ellie passa son bras autour de la taille de son mari par dessus son épaisse cape anthracite et regarda autour d'elle. « J'aurais bien été faire un tour chez Tissard et Brodette, tu sais qu'ils font les vêtements pour sorcière future maman ? Ce sont les seuls, et bientôt je vais être trop serrée dans mes robes. J'aimerais bien voir leur nouvelle collection. »

Severus regarda sa femme avec tendresse et lui embrassa les cheveux, la seule chose qu'il pouvait atteindre sans se pencher. « C'est vrai, j'avais presque oublié que tu allais prendre du volume bientôt, j'ai hâte de voir ça… avoua t-il à voix basse.

-Je pense plutôt que tu rêves du moment où tu mettras tes mains sur mon ventre et que tu auras de vigoureux coups de pieds de l'autre côté, avec ton fils.

-Aussi. sourit-il. Chérie, ça ne te dérange pas que j'aille faire un tour chez Slug et Jiggers ? J'ai des ingrédients de potions à acheter, je voudrais faire des essais de certaines potions avec Sevy.

-C'est une excellente idée, Severus. Viens alors, il faut aller chez Gringotts prendre de l'or. Ne proteste pas ! A quoi ça sert que j'en ai autant si je ne peux pas faire plaisir à ma famille, hein ? Surtout que je te rappelle, il est possible qu'on en profite pas beaucoup.

-Chhhhhhuttt…. Ellie… Ne dis pas ça… ne pense pas à tout ça. Tout va changer, on ne sera jamais séparé tu le sais.

-Oui, je sais, même si on meurt, de toute façon, on se retrouvera… plus tard. Mais je ne me souviendrai pas de toi, je veux dire… de Severus. Tu seras quelqu'un d'autre, et moi aussi. Et j'aime Severus Rogue, le méchant prof de potions de Poudlard, murmura Ellie en se serrant contre son ténébreux mari. »

Severus ne répondit pas, mais en fut touché au plus profond de lui. Ellie l'aimait malgré tout, malgré son caractère déplorable, son air de chauve-souris et son physique qu'il jugeait ingrat, même si elle lui assurait qu'il avait beaucoup plus de charme qu'il ne le pensait. Parfois il se demandait comment une jeune femme aussi belle pouvait l'aimer, lui qu'aucune fille n'avait jamais regardé à Poudlard. Il se prit à penser que s'il l'avait connu avant, à l'école en tant qu'élèves tous les deux, sa vie aurait été différente. Merlin ! Que le monde était mal fait !

« Viens, chérie, on va chez Gringotts alors…

-Dis-moi, mon amour, ça te dirait qu'on offre un éclair de feu à Sevy pour Noël ? Le pauvre n'a pas de balai valable ici, il n'a même pas fait les sélections de Quidditch pour Serpentard à cause de ça, je suis certaine, alors que c'est un super joueur d'après Harry. Ceci dit, Harry s'en félicite, il dit que ça permettra à Gryffondor de gagner la coupe encore cette année ! Bien sûr l'éclair de feu de notre époque n'est pas aussi bon que le Galaxie 2010 qu'il a de son temps mais c'est quand même le meilleur balai qu'on puisse trouver.

-Il n'a pas de balai ? Merlin… je n'avais jamais pensé à ça ! Je suis en dessous de tout ! grimaça Severus. Comment il fait alors quand il s'amuse avec ce crétin de Potter et ses deux rouquins dans le stade de Quiddich ?

-Il utilise les vieux Brossdur de l'école, mais je sais que parfois Harry lui laisse essayer son balai, pour lui faire plaisir.

-Un Potter faire plaisir à un Rogue ? On aura tout vu, ronchonna le maître des potions en se dirigeant avec Ellie vers la Banque Gringotts qu'ils apercevaient au bout du Chemin de Traverse à l'intersection avec la sinistre Allée des Embrumes.

-Ils s'entendent très bien, et Oncle Albus dit qu'ils sont même très complices et il en est particulièrement ravi, il adore notre Sevy tout comme il t'adore toi !

-Dumbledore m'adore ? Tu pousses pas un peu le bouchon là ? ricana Severus, dubitatif.

-Non Severus, je t'assure, Oncle Albus t'aime énormément. Tu es comme le fils qu'il n'a pas eu, je le sais, je le vois bien. Et je te l'ai déjà dit ça qu'il te considérait comme un fils. Il a confiance en toi, s'il devait remettre sa vie entre tes mains il le ferai sans hésiter.

-C'est… très gentil, répondit le ténébreux professeur qui se sentit coup à coup très léger. »

Devant la Banque, ils durent se soumettre à la fouille de deux sorciers, armés de sondes de sincérité qu'ils promenaient sur tout le corps des sorciers se présentant à l'entrée. Severus fusilla du regard le sorcier qui inspectait Ellie lorsqu'il lui demanda d'ouvrir sa cape pour passer sa baguette autour d'elle. Mais la jeune femme, habituée aux mesures de sécurité de la Banque, ne s'en montra nullement formalisée.

Dans le hall de marbre, Ellie s'avança vers un comptoir particulier parmi les dizaines qui s'alignaient des deux côté de la grande pièce. « Bonjour Griphook, fit-elle au Gobelin plongé sur son livre de compte.

Celui ci à l'appel de son nom releva brusquement la tête.

« Miss Saint-Clair !! Quel plaisir de vous revoir…. Ah oui… fit-il en voyant Severus près d'Ellie, j'oubliais, Madame Rogue maintenant. Excusez-moi, Madame. Vous désirez descendre à l'un de vos coffres ? Lequel aujourd'hui ?

-Vous êtes excusé Griphook, et voici mon mari, le Professeur Rogue, répondit-elle en s'écartant pour que le Gobelin puisse bien voir Severus. Je descends au 924. Gripsec est disponible ?

-Mais bien entendu Madame, Gripsec va vous accompagner comme d'habitude, dit le caissier de la banque en faisant un signe de la main à un autre Gobelin qui marcha vers eux, aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. »

Ellie remercia Griphook d'un signe de tête et s'éloigna. Severus sentit son sang se liquéfier et une sueur glacée couler dans son dos. Il serra Ellie contre lui dans un geste protecteur instinctif. Il venait de voir remonter du couloir des coffres, Bellatrix Lestrange accompagnée de Travers, un autre Mangemort. La cousine tarée de Sirius les regarda avec toute la haine et le mépris qu'elle pouvait. Ellie ne s'en laissa pas compter. Elle avait aussitôt fermé son esprit et adopté un regard glacial et hautain. « Severus, glapit la Mangemort méprisante et vénéneuse, à mi-voix, tu te promènes avec ta… femme ? Au fait, le Maître trouve que depuis que tu es marié, tu te fais rare. Mais moi ça ne m'étonne pas vraiment ! Tu sais ce que je pense de toi, sale traitre ! Je vois clair dans ton jeu, tu peux berner tout le monde mais pas moi. Je suis sûre que tu y es pour quelque chose dans la mort de Lucius.

-Bellatrix… s'inquiéta Travers, pas ici, voyons…

-Moi aussi je suis ravi de te voir Bellatrix, persifla Severus d'une voix basse et menaçante, qui fit froid dans le dos à Ellie. Te prétendrais-tu plus maline et intelligente que notre Maître ? Il sera ravi de l'apprendre ! Je te rappelle que j'ai toute sa confiance et s'il veut me voir, je suis à son entière disposition, il lui suffira de m'appeler et j'accourrai aussitôt comme toujours. Quant à la mort de ton cher beau-frère je n'ai malheureusement pas eu ce plaisir, et crois-moi, je le regrette bien ! Ceci étant dit, nous avons à faire ! Nous ne sommes pas comme toi, à ne savoir quoi faire de nos journées à part répandre des calomnies par jalousie.

-Sa confiance !! Pfffff !! fit la Mangemort, en attendant c'est à moi qu'il confie ses plus précieux secrets !

-Bien entendu… on te croit ! Et si c'était vrai, il serait bien déçu de te voir t'en vanter ainsi partout ! Décidément tu ne fais que des erreurs, ma pauvre fille ! »

Laissant là, une Bellatrix furieuse et un Travers inquiet, Severus entraina Ellie vers le couloir des coffres où attendait Gripsec qui s'était éloigné par discrétion. Ellie sentant son mari énervé, glissa sa main dans la sienne et la lui serra doucement. Il répondit en serrant aussi la petite main fine de sa femme.

« Bonjour Madame fit le Gobelin en s'inclinant. Où allons-nous aujourd'hui ?

-Bonjour Gripsec, au 924 si vous le voulez bien.

-Prenez place dans ce cas, répondit-il en leur désignant un wagonnet. »

Ellie monta dans le wagonnet aidée de Severus qui s'assit à côté d'elle. Gripsec prit les commandes et le wagonnet commença sa course folle sur ses rails.

« Chérie, demanda Severus songeur, je croyais qu'à Gringotts il n'y avait que 750 coffres environ ?

-Oh ! Oui, tu parles des coffres normaux et haute-sécurité, mais nous descendons à un niveau très inférieur, celui des ultra haute-sécurité. Vois-tu, Severus, il ne faut qu'une clé ou un Gobelin pour ouvrir un coffre normal. Pour la haute-sécurité : une clé d'or comme celle que je t'ai donnée, plus la main de Gripsec. C'est pour cela que je l'ai demandé, tu comprends ?

-Oui, je ne savais pas, je n'ai pas assez d'or pour avoir un coffre, c'est normalement réservé aux… sang-purs ou à leurs héritiers, ajouta t-il à voix basse.

-Normalement, on ne peut possèder qu'un seul coffre à Gringotts. Quand on hérite de quelqu'un, le contenu de son coffre est vidé et rajouté à celui qu'on possède déjà, sauf si on en a pas à l'origine. Le coffre libéré est attribué à une nouvelle famille qui en fait la demande.

Mais moi j'ai trop d'or pour que tout tienne dans un seul coffre. Donc j'en ai un très grand dans la section de haute-sécurité, et un autre un peu plus petit dans la section normale. C'est inhabituel, mais Griphook n'a pas pu faire autrement. Plus deux autres à Gringotts Paris. Et un compte bancaire moldu aussi à Paris.

-Merlin… tant que ça ?

-Ne te sens pas mal, mon cœur, je n'y suis pour rien tu sais, c'est pour ça que je t'ai dit que tu peux te servir comme tu veux dans le 924, pour des achats d'ingrédients de potions onéreux par exemple ou ce que tu veux. Ne te prive de rien, tu ne feras pas baisser le niveau du coffre tu sais… »

Gripsec arrêta le wagonnet dans un tunnel sinistre et sortit sa grosse lampe, il la confia à Severus et ils s'approchèrent d'une lourde porte surmontée du numéro 924, au milieu de stalagtites et stalagmites qui indiquaient l'ancienneté de ce niveau.

Le Gobelin introduisit la clé d'or d'Ellie dans la petite serrure basse et posa sa main sur la porte blindée qui s'ouvrit brutalement les faisant reculer. A l'intérieur de la chambre forte, Severus qui n'en croyait pas ses yeux, vit des montagnes d'or. Ellie sortit de son petit sac, dont l'intérieur était agrandi magiquement une grosse bourse en cuir de dragon et commença à la remplir. « Merlin… pensa Severus, rien que le contenu de cette bourse permettrait d'acheter la moitié du Chemin de Traverse. » Il comprit alors les allusions mesquines de Rita Skeeter dans la Gazette du Sorcier à l'annonce de leur mariage.

Au moment de refermer la porte, Gripsec demanda à Ellie si elle ne souhaitait toujours pas se défaire du Bouclier d'or de Woodcroft. Ellie se mit à rire : « Pas pour l'instant, mais je vous promets que si j'y songe un jour, vous serez le premier averti Gripsec, je vous le proposerai. »

Le Gobelin s'inclina devant cette faveur. Puis il fit signe à Severus et Ellie de remonter dans le wagonnet. Ellie dit à Severus à voix basse : « L'autre coffre que nous avons se trouve au niveau de sécurité normale, c'est le 715, et celui juste à côté c'est celui des Lestrange. Mais dans le 715 il n'y a que des bijoux et des objets précieux. »

Severus hocha la tête et comprit alors d'où venait Bellatrix, lorsqu'ils l'avaient croisée en descendant. Durant la longue remontée, Ellie qui se sentit nauséeuse, ferma les yeux et se serra contre Severus qui la prit alors dans ses bras.

Elle était un peu pâle à la sortie de Gringotts et il s'en inquiéta. « Ce n'est rien, j'ai juste parfois quelques nausées, je suppose que c'est normal.

-Je pense oui, étant donné ton état, mais j'avoue que je n'y connais rien en grossesse et en bébé. Je peux juste te faire des potions anti-nausées si tu veux, c'est dans mes possibilités. Sinon tu peux aller voir Madame Pomfresh, quand on rentrera.

-On verra, si ça continue j'irai… en attendant, allons dépenser des gallions ! Tu es sûr que tu ne veux pas quelques robes de sorciers ? des… différentes ?

-Non, je suis très bien en chauve-souris, je suis sinistre à souhait, j'adore ! répondit-il très sérieusement.

-Je t'aime bien en chauve-souris aussi, mais tu pourrais changer un peu quand nous sommes seuls, non ? pouffa Ellie. Tu n'as jamais essayé les vêtements moldus ?

-PAS QUESTION ! Je refuse de me déguiser, je suis un sorcier !

-Mais les moldus font des trucs très bien pour les hommes… évidemment les sorciers ne le savent pas, la plupart est incapable de s'habiller correctement en moldus. Oncle Octavius m'a raconté de ces trucs inouïs ! A hurler de rire…

-Je sais que les sorciers ne savent pas s'habiller en moldus, grimaça Severus, pourquoi tu crois qu'on se fichait de moi quand j'étais petit ?

-Flûte ! Je ne savais pas… pardon mon chéri ! Et bien ça ne fait rien, je t'apprendrai, comme ça le jour où on aura besoin, tu sauras te déguiser… élégamment. Allez viens… »

Ellie entraina son ténébreux mari faire les boutiques. Il se fit un peu tirer l'oreille pour entrer chez Brodard et Tissette, mais lorsqu'Ellie émit l'intention d'essayer et d'acheter de la lingerie fine, il leva un sourcil intéressé et suggéra qu'elle aurait besoin de son avis. Elle en profita pour demander qu'on lui expédie par hibou le catalogue de la collection future maman, car elle n'avait pas encore le volume nécessaire à l'achat de robes de maternité sorcières.

Severus apprécia qu'elle ne montre aucune impatience chez l'apothicaire, tandis qu'il prenait son temps pour dévaliser le magasin, malgré l'endroit à la vue et à l'odeur peu ragoutante.

Au final, il estima qu'il avait passé une excellente après-midi et se montra très satisfait lorsqu'Ellie lui proposa une petite pause au Dragon Vert, pour une tasse de thé. Le froid était vif et elle avait les joues rouges. A la grande surprise d'Ellie, le pub faisait depuis peu aussi restaurant et ils décidèrent de rester diner dans cet endroit plutôt chaleureux, lorsque le patron leur proposa une table à l'écart, dans une petite alcove très intime.

Lorsqu'ils transplanèrent vers les grilles de Poudlard, depuis le seuil du Chaudron Baveur, Ellie était épuisée mais ravie de sa journée. Pendant le diner, elle avait raconté à son sombre époux, les quelques heures passées au Square Grimmaurd, assurant à Severus qu'elle avait été parfaitement accueillie et que tous s'étaient montrés charmants. Severus ronchon, révéla à Ellie que si ça n'avait pas été le cas, il le leur aurait fait payer. Ellie le crut sans souci, il en était bien capable.

« Je suis morte je vais me coucher, annonça t-elle d'une petite voix, lorsqu'ils franchirent le portrait d'Ulric Le Follingue. »

Ellie posa ses achats sur le canapé en disant à Severus de les y laisser, car Dolly les rangerait le lendemain matin. Il lui fit un hochement de tête signifiant qu'il avait compris et alla doucement ouvrir la porte de la chambre de son fils. Il vit qu'il était bien rentré et s'était endormi, un livre de potions à la main et les bougies allumées. Severus un sourire aux lèvres, lui retira le grimoire des mains et le posa sur la table de nuit en marquant la page et d'un coup de baguette éteignit les bougies. Puis il sortit de la pièce et referma la porte sans bruit derrière lui.

Ellie était dans la chambre et se déshabillait, elle enfila un gros pyjama ce qui était un signe pour Severus qu'elle était fatiguée en effet et qu'en plus elle avait froid, même si elle ne semblait pas s'en plaindre. Il alluma un feu magique dans la grande cheminée et laissant la porte de la chambre ouverte, alla rejoindre sa femme dans leur lit aux couleurs de Serpentard. Il avait lui aussi mis un pyjama. Ellie comprit qu'il ne lui demanderait rien ce soir et la laisserait dormir contre lui tranquillement. Elle apprécia le fait de ne jamais avoir rien à lui expliquer, il comprenait toujours tout.

Lorsqu'il s'allongea sous les épaisses couvertures, Ellie se blottit dans ses bras et chercha sa chaleur, il déposa un tendre baiser sur ses lèvres pulpeuses et d'un coup de baguette éteignit les bougies.


« Harry… murmura Sevy en passant près de l'Elu, en allant déjeuner dans la Grande Salle. Dumbledore veut nous voir ce soir, 20 h, dans son bureau. C'est « chocogrenouille ».

-Ok, répondit le jeune Gryffondor sur le même ton. »

Et tous deux allèrent rejoindre leurs condisciples à leurs tables respectives. Le Directeur attendit que les élèves soient tous installés et se leva pour prendre la parole.

« Mes chers enfants, je tenais à vous prévenir que cette année, le bal de Noël aurait lieu le 19 décembre et que le 20, vous pourrez prendre le Poudlard Express pour rentrer chez vous. Les élèves qui resteront à Poudlard pour les vacances devront laisser leur nom à leur Directeur de Maison. Ceci étant dit, bon appétit à tous !

-Eeeeehhhh ! Mais c'est dans 10 jours ! Merlin… Les autres années, on nous prévient 15 jours avant, se plaignit Ginny. Comment on va faire pour les robes ?

-Tu n'en as pas Ginny ? s'inquiéta Ellie. Ça ne fait rien, tu peux prendre une des miennes, un sortilège la mettra à ta taille.

-Hein ? rougit Ginny, tu… tu veux bien ?

-Bien sûr Gin', pas de souci, je ne peux en porter qu'une seule à la fois, non ? »

Ginny était rouge comme une pivoine et remercia Ellie, qui lui répondit que les copines ça servait à ça. Harry fit un sourire à Ellie, Ron semblait amer. Ellie savait très bien pourquoi, les Weasley était pauvres, ce n'était pas un secret et il semblait en souffrir plus que sa sœur.

Elle regarda les plats et les assiettes en soupirant. Depuis quelque temps, rien que de voir la nourriture lui soulevait le cœur. Elle se servit pourtant en purée et saucisses mais hésitait à porter sa fourchette à sa bouche. Elle était pâle et avait des sueurs froides. Hermione le remarqua : « Ça va Ellie ? tu es toute pâle… »

Aux paroles de la jeune brune, les autres levèrent les yeux vers Ellie. « C'est vrai que tu n'as pas bonne mine, fit Teddy, la mine soucieuse. »

Ellie poussa un soupir et se leva. « Je crois que je vais aller… prendre l'air… annonça t-elle en grimaçant »

Se forçant à ne pas courir hors de la salle, elle sortit et se précipita vers les toilettes des filles du rez-de-chaussée et eut juste le temps de se pencher au dessus d'une des cuvettes des toilettes pour vomir. Le ventre vide, c'était particulièrement désagréable…

En sueur, elle s'adossa contre la paroi carrelée de la cabine et entendit un rire aigu et sinistre.

« T'es malade ? »

Ellie sortit de la cabine et regarda autour d'elle d'où venaient les gloussements qu'elle entendait à présent. Mimi Geignarde flottait au dessus des lavabos.

Ellie retourna tirer la chasse d'eau. « Salut Mimi, fit-elle simplement en sortant de nouveau de la cabine de bois. »

Puis elle se dirigea vers les lavabos. Elle ouvrit un robinet et s'aspergea le visage d'eau fraiche. Un coup d'œil dans le miroir piqué, lui confirma qu'elle n'avait pas très bonne mine, mais elle se sentait déjà mieux.

« Tu me connais ? demanda le fantôme qui hantait les toilettes de l'école. Mais moi je ne sais pas qui tu es, je ne t'ai jamais vue. Tu es à Gryffondor ? Comment tu t'appelles ?

-Ellie Rogue. Et je te connais parce que je suis une amie d'Harry Potter et qu'il m'a parlé de toi.

-Ooooooohhhh !! fit le fantôme le plus pleurnicheur et caractériel du château, avec un grand sourire. Harry t'a parlé de moi ?

-Bien sûr, il m'a raconté comment tu l'avais aidé en seconde année, pour trouver l'entrée de la chambre des secrets et aussi pour l'œuf d'or pendant le Tournoi des trois sorciers en quatrième année. »

Mimi Geignarde poussa des cris de joie qui arrachèrent un petit sourire à Ellie.

« T'es malade ? insista le fantôme avec un plaisir avoué. Tu as vomi, je t'ai entendue, tu sais.

-Pas vraiment, Mimi, je vais juste avoir un bébé, je suppose que c'est pour ça que je vomis.

-Tu vas avoir un bébé ? Alors c'est que tu as fait des choses… avec un garçon ! pouffa Mimi sa main fantômatique devant sa bouche. C'est qui le garçon ? Il est dans quelle maison ? Peut-être que je le connais…

-Je pense que oui, depuis le temps que tu es là, s'amusa Ellie. C'est un Serpentard.

-Un Serpentard ? Mais tu es une Gryffondor, gloussa Mimi, excitée par cette révélation. C'est nouveau cette idée qu'ont les filles de Gryffondor, de sortir avec des Serpentards, on ne voyait jamais ça avant.

-ll paraît, oui.

-Tu sais, leur Directeur de Maison, il s'est marié avec une Gryffondor, mais je n'ai pas eu le droit de voir le mariage, le Baron Sanglant n'a pas voulu, soupira Mimi déçue.

-Je sais, Mimi. Je suis la femme du Professeur Rogue, tu n'as pas fait attention quand je t'ai dit mon nom ?

-C'est toi alors ? lança Mimi dans un grand éclat de rire. Et tu vas avoir un bébé ? Ooooohhh !! Tu reviendras me voir ? Dis… Tu vas jamais aux toilettes ?

-Je reviendrai, je pense souvent, je vomis tout ce que je mange alors… et tu sais j'habite les cachots alors j'ai ma propre salle de bain. C'est pour ça que tu ne m'as pas encore rencontrée. Et je ne suis ici que depuis cette année, je viens de Beauxbâtons. Bon… j'y retourne… sinon les autres Gryffondors vont s'inquiéter. A ce soir Mimi, je pense que je reviendrai sûrement vomir, ce soir.

Le fantôme éclata de rire et se plongea la tête la première dans une cuvette des toilettes, faisant jaillir de l'eau partout. Ellie entendit encore son rire dans les canalisations. Elle soupira, au moins ses nausées amusaient le fantôme le plus taciturne de Poudlard.

Ellie sortit des toilettes des filles et retourna le plus discrètement possible, dans la Grande Salle. Enfin… elle essaya, mais c'était raté, toutes les têtes se tournèrent vers elle. Elle s'approcha de la table des rouge et or et croisa le regard inquiet de Severus, il avait sa fameuse barre soucieuse entre ses sourcils. Ellie prit la décision d'aller lui parler, et contourna la Table des Professeurs pour s'approcher de lui. Severus s'écarta de la table et se retourna vers sa femme.

« Ça va, ma chérie ? Tu es pâle…

-Severus, soupira Ellie. Il faut que tu me fasses des potions anti-nausées, j'en peux plus. Je vomis tout ce que je mange depuis quelques jours, dès que je vois les plats, c'est fini, je me sens mal. En tout cas j'amuse bien Mimi Geignarde, c'est le seul côté positif.

-Je te fais ça tout à l'heure. Ça va durer combien de temps, tu penses ?

-Je ne sais pas… avoua Ellie, demande à Madame Pomfresh si tu la vois, elle n'est pas descendue déjeuner.

-Ok, J'y penserai, si je la croise. Courage mon ange… fit-il en lui caressant les cheveux.

-Oh, tu sais, c'est pas la mort, c'est juste pénible. Je retourne à table. Merci pour la potion, mon chéri. »

Ellie laissa son époux devant son assiette et retourna s'asseoir avec ses amis. « Ça va mieux, Ellie ? demanda Hermione, pourquoi tu es partie tout à l'heure ?

-J'ai des nausées sans arrêt, c'est dur, soupira Ellie. Severus va me faire une potion tout à l'heure, j'espère que ça marchera. »

Elle regarda son assiette avec appréhension, prit sa fourchette et attaqua sa purée. Ça passait, plus de nausées, elle dévora consciencieusement tout le contenu et s'offrit même un dessert.


« Un bonbon ? demanda Albus Dumbledore aux deux garçons qui lui faisaient face, assis dans des fauteuils. Mes enfants, je vous ai fait venir pour vous dire que nous avions un autre horcruxe de détruit, cela nous en fait trois à présent.

-Merci, Professeur, fit Sevy en prenant un berlingot dans la boite que le vieil homme leur tendait. Vous l'avez détruit ? C'était… la bague ?

-Oui, Monsieur Rogue, c'était la bague. Sers-toi Harry.

-Merci, Monsieur, répondit Harry en prenant aussi un bonbon.

-Professeur, poursuivit le jeune Rogue. Vous avez bien fait attention à ne pas la porter, n'est-ce pas ?

-J'ai parfaitement suivi vos conseils, mon jeune ami. La bague est détruite et je ne l'ai pas essayée. Comme vous pouvez le constater, je n'ai aucune blessure. »

Sevy poussa un soupir de soulagement. Encore une bonne chose de faite. La voix d'Harry se fit entendre. « Le prochain, c'est lequel ? Le médaillon ?

-Oui, Harry, absolument. Et c'est là que vous allez intervenir tous les deux. Je crois savoir que Severus vous a autorisé à séjourner chez Sirius pour les fêtes de fin d'année, annonça Albus Dumbledore en regardant Sevy. Je vais donc vous charger tous les deux, de retrouver ce médaillon et de le détruire. Déjà le retrouver dans la maison, ce qui ne sera peut-être pas évident, si Mondingus est passé par là… enfin vous verrez. Lorsque ce sera fait, Sirius ou Remus me préviendront et je viendrai pour la destruction.

-Professeur, est-ce que vous m'autorisez à intervenir pour… Kreattur ? demanda Sevy.

-Que voulez-vous faire avec cet Elfe de maison, Monsieur Rogue ?

-Le mater, Monsieur. Il est actuellement très dangereux. Il ne respecte pas son maître et ne lui est absolument pas fidèle. Il rapporte tout ce qu'il peut à Narcissa et Bellatrix, il faut le ramener du bon côté.

-Je vois. Et vous avez la solution ?

-Oui. Mais il me faut votre autorisation, je dois lui parler de Regulus.

-Bien, vous l'avez. Remus m'a dit qu'il en avait un peu parlé à Sirius, ce que vous pourrez rajouter devant lui, sera moins choquant.

-Professeur Dumbledore ? Est-ce que ma mère pourra un peu venir aussi chez Sirius ? Juste un peu… c'est pour Hermione… elle aura besoin d'elle.

-Ah bon ? Et pourquoi ? demanda le vieil homme amusé.

-Disons que ça fait partie des bonnes choses qu'il faut préserver, et ma mère aura une bonne influence, je pense.

-Vous savez je présume, que votre père va faire certainement des difficultés ? Se séparer de sa femme, ne serait-ce que quelques heures, lui est très douloureux comme vous le savez, et par conséquent quelques jours encore plus, surtout pour aller chez Sirius. Là, il va devenir vraiment incontrôlable, je ne vous le cache pas. Enfin je vais voir ce que je peux faire… si c'est pour la bonne cause… termina Albus avec un regard pétillant.

-Pourquoi sont-ils si attachés l'un à l'autre ? demanda Harry que ce fait intriguait. Le Professeur Rogue n'a jamais montré aucun sentiment pour personne depuis que je suis ici, et maintenant il en déborde ! »

Le Directeur de Poudlard se mit à rire, et Sevy eut un large sourire. « L'amour, Harry, je te l'ai dit souvent, le pouvoir de l'amour est le plus puissant qu'on puisse trouver, c'est grâce à lui que tu es en vie, tu le sais. Les parents de Sevy s'aiment profondément, plus que la normale je dirais, et ils souffrent tous les deux lorsqu'ils sont séparés, ils souffrent vraiment, insista le vieil homme. Tu sais dans quelles conditions ils sont morts dans le passé de Sevy, tu sais ce que le Professeur Rogue a fait pour ne pas qu'on le sépare de sa femme, même dans la mort. Je pense que cela te suffit pour comprendre l'ampleur de leurs sentiments. »