Chapitre 25

Bonsoir bonsoir ! Je suis en plein déménagément (je pars un an et un garçon viendra vivre chez moi pendant l'année, donc je dois vider ma chambre.. je n'ai fais que la garde robe et mon bureau et j'ai trois sacs poubelles !)

Je ne réponds pas aux reviews, manque de temps mais vous assure d'une chose :

j'ai beaucoup de OS à poster, je les posterai dans "La vie dans ma tête" début août !

Et je continuerai certainement d'en poster là durant l'année !


Je lève les yeux au ciel et ne réponds pas, haussant simplement les épaules. Je mets la table et finis par demander d'une voix peu assurée :

- Que va-t-il se passer pour Eurus ?

- Elle restera en prison. Je vais bientôt aller la voir.

Je fronce les sourcils.

- Pourquoi ?

- C'est ma sœur, répond-il comme si c'était une évidence.

Surprise et presque.. Heurtée, je le regarde :

- Elle a failli causer soit ma mort soit celle de Mycroft.

- Elle est seule.

- Si la solitude suffisait à défendre les meurtres, ça se saurait.

- Tu ne peux pas comprendre, dit-il avec agacement.

Je suis vraiment vexée. Je pince les lèvres. Ouais donc Magnussen veut détruire mon père, Sherlock le bute. Mais quand Eurus-Je-Suis-Psychopathe-Et-Je-Reprogramme-Les-Cerveaux manque de tuer son frère ou moi, c'est parce qu'elle est malheureuse.

- Tu ne sais pas ce que je peux comprendre ou pas, Sherlock, je réponds froidement.

- Je sais que ça, ça te dépasse.

Je pince les lèvre, encaissant le coup.

- Tu sais bien des choses, mais ne prétends pas me connaître. Je ne suis plus la gamine de 14 ans qui se faisait tabassée par des américains dans ton appart.

- Tu es l'adolescente que se tape mon frère et qui a un désir de vengeance qui aveugle sa logique.

- Ta logique, tu veux qu'on en parle ? Je siffle entre mes dents.

- Et bien, allons-y, réplique-t-il en croisant les bras.

J'échange un regard avec lui sans un mot. Selon lui, mon père est la priorité. Hors de question que je lui dise, je pourrais bien avoir raison et c'est pas Sherlock et sa sensibilité qui me le dira gentiment.

- Elle vous a tout les deux fait souffrir.

- Elle souffre elle aussi

- Mais elle n'est pas importante pour moi. Vous oui. Ca m'embête, ça me fait même de la peine de savoir qu'elle est la cause de certaines de vos douleurs.

Sherlock me regarde, l'air interdit et légèrement mal à l'aise. Je soupire et hausse les épaules.

- Ne réponds pas, c'est inutile.

On reste dans la cuisine en silence, je continue de préparer le repas. Au bout d'un moment, il me dit tout de même :

- Tout va bien entre Mycroft et toi.

C'est une affirmation, tout ce qu'il y a de plus sûr. Je ne comprends pas très bien ce que je suis sensée répondre, je me tourne donc vers lui, fronçant les sourcils et le regarde.

- Oui..

- C'est tant mieux. C'est bien.

Je souris doucement. Ok, c'est sa façon de nous souhaiter beaucoup de bonheur. Il aura fallu deux ans mais j'imagine que la fin justifie les moyens.

Mon père finit par nous rejoindre et nous mangeons à trois et demi (Rosie est sur sa chaise haute et mets de la purée de légume partout sauf dans sa bouche). Comme au bon vieux temps, ou presque.

Il faut que je vois Mycroft.

Oui, encore.

Oui, déjà.

Le lendemain, après avoir passé la matinée à batailler avec mon père pour

A) Faire un méga barbecue avec mes anciens cours ("Non Elizabeth, ils pourront peut-être servir". A qui ? Pourquoi ? Combien me payeront-ils pour utiliser mes horreurs ?)

B) Ne pas ranger ma chambre ("Elizabeth tu vis dans un souk" oui et bien c'est ma culture, Papounet)

C) Pouvoir caresser le chiot ("Elizabeth pour qui est-il, toi ou moi ?". Je peux juste lui toucher la tête sans que tu fasses une crise de jalousie stp)

Je vais au parlement. Je ne sais pas si Mycroft est là bas, je sais juste qu'en me voyant débarquer là bas il s'inquiétera aussitôt et viendra me voir illico. Donc, autant y aller directement.

Je porte une chemise bleue foncée à courte manche et un jeans. Pour un côté "chic-décontract" digne d'une Parisienne. Mentalement en tout cas. Et mentalement les parisiennes sont pour moi, le comble de l'élégance.

On est tous le stéréotype de quelqu'un.

Je pénètre dans le bâtiment en ayant la sensation de me sentir minuuuuuscule. Je me sens aussi un peu comme Bridget Jones (si si si, dans le deuxième film et qu'elle se réconcilie avec Mark Darcy, révisez vos classiques). Mais surtout je ne me sens pas à ma place, au milieu de ces hommes et femmes en costumes ou en tailleurs, aux regards sévères, aux visages sérieux et à l'apparence austère. On a l'impression qu'il est écrit sur leur front "Mon-Diplôme-Est-Tellement-Badass-Que-Je-Pourrais-T'etouffer-Avec-Mon-Savoir". Bref, ils sont hyper hautains. J'ai lu une biographie de Margaret Tatcher y'a pas longtemps, on nous racontait que la première fois qu'elle est rentrée au parlement même elle avait perdu du poil de la bête. Tu m'étonnes, n'importe quel abruti gorgé d'arrogance se sent moins sûr de lui.

Sauf un Holmes.

En parlant de Holmes, je pense à Mycroft. Mon petit ami. Qui m'aime. Et qui est pourtant, doublement, si pas triplement, plus intelligent qu'eux. Je me ragaillardis donc, si je mérite cet amour, c'est que je suis leur égal, si pas plus. Et je m'avance comme si le parlement était une simple demeure dont je serais la maîtresse de maison. C'est facile de donner cette impression ; vous parcourez du regard le lieu. Pas curieusement, pas impressionnée, juste comme si c'était un endroit que vous connaissez depuis longtemps et que vous vouliez vérifier que chaque chose est à sa place.

Ensuite ? Un pas droit, rapide et déterminé. Mais ça c'est facile, j'ai pris l'habitude et je crois que j'ai presque le même rythme de course que Sherlock et ça reste franchement une petite fierté personnelle.

Au bout de quelques mètres, je me mets à froncer les sourcils.

Se

Trouve

Le

Bureau

De

Mycroft ?

A peine ai-je le temps de réaliser que je ne sais pas où je dois me diriger que quelqu'un me tapote l'épaule. Je me tourne sur moi-même et rencontre le regard impassible d'Anthea. Elle porte un joli tailleur noir, un chemisier blanc qui la met en valeur et un blazer qui ceintre sa taille. Elle est magnifique. Donc, entre elle qui est superbe et Lady Smallwood qui est probablement un génie, je ne devrais pas être jalouse ?

Des blagues.

- Monsieur Holmes vous réclame.

Je souris en coin et dis l'air de rien :

- Ca tombe bien, moi aussi.

Je la suis donc dans, ce que j'imagine, être le bureau de Mycroft. Le bureau a une vitre immense qui offre une jolie vue sur la Tamise et le va et vient incessant des touristes. Le bureau est plutôt petit, le sol est une moquette pourpre. Les armoiries de la maison des Windsor ainsi que l'Union Jack figurent sur un mur. Contre un mur, une immense bibliothèque foncée en bois vernis contient des ouvrages en cuirs. Putain, on se croirait à Poudlard.

- Il va arriver, asseyez vous en attendant, m'invite Anthea avant de sortir.

Je m'assois donc sur l'un des siège. Le bureau est impressionnant, très classique. Les seuls objets qui y sont posés sont le nécessaire à papeterie. Je me lève lentement et vais me place de l'autre côté du bureau, ouvrant les tiroirs. Il doit bien avoir un bien personnel et intime quelque part. Malheureusement pour moi, les tiroirs sont verrouillés. Je soupire et vais me rasseoir. J'ai l'impression d'être chez le principal. Super ça.

La porte s'ouvre et, sèchement, Mycroft m'interloque :

- Que fais-tu ici ?

- Je passe voir mon petit ami, je réponds avant de me tourner vers lui. Vous ne l'auriez pas vu ? Séduisant, intelligent et souriant ?

La pique ne lui fait rien et ne semble certainement pas l'amuser.

- Elizabeth, on pourrait te voir.

- J'espère bien. Il est de nature publique que j'étais avec vous chez Eurus, c'est un prétexte suffisant pour avoir à te voir.. Tu ne penses pas ?

- Non, je ne pense pas, répond-il froidement et agacé. Tu sais très bien que je ne veux donner aucun indice sur notre relation.

Je lève les yeux au ciel sans répondre et soupire à en fendre l'âme. Il s'avance et se poste près de moi, restant debout.

- Elizabeth, appelle-t-il. Pourquoi es-tu venu me voir ?

Je regarde mes ongles, éliminant les peaux mortes en évitant délibérément de le regarder.

- De toute façon il faut bien que j'agis stupidement de temps en temps.. Être impulsive c'est ma marque de fabrique. Ce serait idiot que ça te manque, n'est-ce pas ?

- Elizabeth tu penses vraiment que j'ai le temps avec ces idioties ?

Je pousse un soupire exaspéré et me tourne vers lui. Je suis déjà plus petite que lui. Mais rester debout alors que je suis assise, c'est faire une démonstration de supériorité inutile et humiliante.

- Ta mère m'a appelée.

Il se raidit et, le temps d'un instant, je vois une légère inquiétude dans son regard avant qu'il ne reprenne son attitude de Mr-Le-Gouvernement.

- Qu'a-t-elle dit ?

- Elle m'a posé les questions bateaux : sur nous ect.. Elle m'a demandé si nous avons eu des disputes et si la différence d'âge était un problème.

- Et ta réponse était négative je suppose, dit-il sur un ton qui m'invite à confirmer.

Mais je vais rester franche. J'arque un sourcil, le défiant du regard.

- Non, Mycroft. J'ai répondu la vérité. Deux ans de relation, tu imagines bien que si je lui avais qu'il n'y avait jamais eu de disputes, elle ne m'aurait pas crue. Je lui ai brièvement raconté l'épisode concernant Mary et...

Il se tourne sèchement vers moi et s'exclame si brusquement que je sursaute :

- Tu as fais quoi ?!

- Je lui ai raconté la vérité Mycroft, je réponds avec du défi dans la voix.

- C'était privé, ce ne la regardait pas.

- Je lui ai pas raconté l'épisode où j'ai tâché les draps avec mes règles et où tu as fais la gueule..

- Tu es sensée pouvoir gérer, coupe-t-il, outré.

- Ecoute on en a déjà parlé et c'était assez humiliant pour qu'on évite d'en parler !

- Et moi, tu penses que ce n'était pas humiliant ?!

Je fronce les sourcils sans comprendre.

- Tu as honte ?

- Bien évidemment, siffle Mycyroft, glacial.

- Pourtant tu continues : tu veux que je parte. Tu me rejettes sous prétexte qu'il y a des risques.

- La situation est totalement différente !

J'hoche la tête, lui donnant raison mais affirme :

- Si tu avais assez honte, tu ne ferais pas ce genre de choses. Ce n'est pas un reproche, mais un simple constat. Et surtout ce n'est pas le sujet. Je lui ai raconté, elle n'a pas particulièrement réagis.

- Penses-tu ?

Je fronce les sourcils, un peu surprise par la question et le regarde.

- Et bien, je suis même certaine : j'étais au téléphone avec elle...

Maussade, il se sert du thé qui vient d'être apporté dans son bureau. Bon gentleman, il me sert une tasse également.

- Elle va m'appeler d'ici peu pour régler... ça, soupire-t-il.

Je le regarde, et regrette véritablement :

- Je suis désolé Mycroft. Je voulais être honnête avec elle. J'apprécie vraiment ta mère et je veux qu'elle continue à m'apprécier également.

- Elle continuera, réplique-t-il, presque avec mauvaise humeur.

Je soupire et prends la tasse qu'il me tend sans rien ajouter. Il me regarde du coin de l'oeil et finit par me demander :

- Qu'a-t-elle demandé d'autres ?

- Si son petit Mickey était heureux, je souris en coin.

- Ne m'appelle pas comme ça.

- Tu préfères mon amour ?

Il ne répond pas. Ce qui constitue une réponse en soit. Je souris un peu plus.

- Et qu'as-tu répondu ?

- Qu'on en parlait pas vraiment mais que d'après moi tu l'étais... J'ai eu tort ?

Mycroft observe le paysage londonien qui grisaille un peu et porte la tasse à ses lèvres. Il porte le costume que je préfère : le foncé à rayure, avec une chemise bleue claire et une cravate bleue foncée. Il finit par passer sa main sur son visage et me répond mono syllabiquement :

- Non.

Je souris un peu plus.

- Je vais te laisser, travaille bien.

- Je termine mon thé à petites gorgées, repose la tasse vide et me lève. Mycroft se tourne vers moi.

- Elizabeth.

- Mmh ?

- Tu ne m'as pas dis bonjour.

Intérieurement au bord de l'explosion de sentiments, je garde mon sourire et contourne le bureau avant de l'embrasser doucement. Il répond au baiser mais, me prévient :

- Ne fouille pas dans mon bureau.

Je me crispe et grimace :

-Désolé.

Putain de don de déduction à la con.