Relecture Brynamon

Merci Véro (VIP) et Maya31 pour vos reviews.

Bon, j'ai fini par écrire cet épilogue qui sera en deux parties (et oui, j'ai le droit ! Je suis l'auteure !^^)

C'est toujours difficile de clôturer une fic.

J'espère que ça vous plaira.


EPILOGUE 1/2


POV SETH

Le jour de la bataille

J'étais reparti avec Sam un peu plus tard, laissant Embry avec Bella et Jake qui était encore inconscient mais en voie de guérison. Sam avait confié la tâche de répandre les cendres de James à Bella. Cette jeune femme que je connaissais peu n'avait pas peur des loups, au contraire elle s'était attachée à l'un d'entre nous. Elle qui avait été prisonnière et qui était marquée par la mort d'un proche comme moi, paraissait reprendre goût à la vie ce qui me donna de l'espoir. Elle avait été non loin de l'église, je l'avais accompagnée et elle avait rependu les cendres sur du fumier. Un bon choix, très judicieux.

Il ne restait que quatre jours avant la pleine lune, j'appréhendais ce moment. Sur le chemin Sam resta silencieux, comme moi il ne savait pas ce qu'il en serait de notre futur, un futur sans Leah. Maintenant que notre vengeance et notre devoir étaient accomplis, que restait-il dans nos cœurs ? Dans le mien c'était un immense vide. Et je supposai en voyant le visage éteint de Sam qu'il en était de même pour lui.

Je repensai à cette femme Sang-froid, celle qui m'avait sauvé la vie et que je n'avais pas eu le temps de remercier. Sa destruction m'avait fait souffrir, elle ne méritait pas de mourir. J'espérais qu'elle avait rejoint ses sœurs, elle les aimait c'était évident.

Malgré notre vitesse, nous arrivâmes à Forks à l'aube du deuxième jour.

Notre première halte fut devant la tombe de Leah et celle de mes parents sur lesquelles je me recueillis.

Il resta bien longtemps après moi. Je retournai chez moi, me lavai et me changeai ensuite je pris la direction de l'épicerie où Emily devait être. En effet, je l'y trouvai. Elle exprima beaucoup de soulagement en me voyant et me sauta dans les bras.

-Vous avez réussi ?

-Oui.

-Où est Sam ?

-Près de Leah, il n'arrive pas à remonter.

-Cela vous prendra du temps.

Je confirmai de la tête sans rien dire car il n'y avait rien à dire.

-Il y a du travail à n'en plus finir, il était temps que vous reveniez.

Je fis le tour, me réhabituant à l'odeur particulière de cet endroit. Il y avait des choses à revoir, à améliorer. Je devais tout faire pour conserver ce lieu en activité en mémoire de ma sœur. Sam arriva peu après. Il semblait las, plus vieux. Il me proposa de venir vivre chez lui entre deux mises en rayon.

-Je ne peux pas laisser la maison familiale. Toi viens, emménage avec moi.

Il hésitait et c'était légitime.

-Je ne te force pas.

Il avait dû remarquer ma déception.

-Ne dis pas de bêtise, tu sais bien que j'irai où tu iras. C'est juste que…Et ma maison, qu'est-ce que j'en fais ?

Le vrai problème n'était pas là mais je fis celui qui n'avait rien remarqué.

-Garde-la, si tes parents veulent nous rendre visite ou nos amis…

-Tu as raison.

-Où si tu veux rester un peu seul…

Il y eut une petite étincelle dans son regard, il se détendit doucement, se rapprocha pour tapoter ma tête.

-Tu es bien pragmatique pour ton jeune âge.

Je ne savais pas ce que cela voulait dire mais je lui souris avec gratitude. Sourire qu'il ne me rendit pas, soudain renfermé.

-Tu devrais me maudire d'être entré dans vos vies.

-On ne peut pas revenir sur le passé et ma sœur t'aimait. Je ne l'avais jamais vue si heureuse.

-Même après cette fameuse nuit.

La nuit où il ne s'était pas contrôlé.

-Oui encore plus même.

-Et toi qu'y-as-tu gagné, soupira-t-il, persuadé que je ne répondrais pas à cette question.

-Un frère.

OooooO

Embry arriva le lendemain soir chez moi (chez nous, pardon) seul et mécontent. Je ne pris pas le risque de l'interroger sur Zafrina. Les imaginer tous les deux étaient étrange tellement ils étaient dissemblables. Et puis, il ne pouvait réellement avoir d'avenir pour eux. C'était triste mais c'était comme ça. Sam aussi évita de le questionner. Embry retourna donc chez lui, revint encore plus mécontent une heure plus tard.

-Les femmes me tuent.

Nous ne pûmes nous empêcher de sourire devant une évidence que nous connaissions.

-J'ai un remède pour toi, dit Sam.

-Lequel ?

-Un bon repas.

Ce fut un diner simple, reposant, calme, sans anxiété. Nous discutions de tout et de rien pour lui changer les idées, et puis j'évoquai sans faire attention la cuisine catastrophique de Leah qui avait tendance à être trop salée ou brûlée ou sans goût… je m'interrompis, confus.

-Mais pourquoi tu t'arrêtes, tu as le droit de parler d'elle, me rassura Sam. D'ailleurs, je l'entends s'agacer, elle te dit que si t'es pas content tu n'as qu'à faire tes repas tout seul.

C'était bien son genre.

-Tu es là pour ça Sam, pourquoi je m'enquiquinerais ?

Il y eut des rires. C'était inespéré.

Au moment de partir Sam proposa à Embry d'aller rendre visite à leur père comme il lui avait promis.

OoooO

La route n'avait pas été si longue jusqu'à Olympia. Je me sentais comme un intrus malgré les mots rassurant de mon frère par alliance. Mon frère tout court et comme Embry était aussi le sien, il était au final comme le mien. Trois frères. J'aimais cette idée. Et je savais que Leah s'en réjouissait. Je ne serai pas seul et au final c'était le plus important.


POV LAURENT

La nuit de la bataille

Garrett et tous les autres avaient fini par arriver à la tombée de la nuit. J'étais resté prostré au côté de ma bien-aimée, vidant mon esprit, serein face à une mort inéluctable qui n'était pourtant pas arrivée. Des cris et des sanglots avaient retenti. Je m'étais joint à leur peine jusqu'à ce qu'ils me jettent la pierre. Ils m'avaient accablé, ne pouvant trouver d'autre bouc-émissaire.

-Elle était notre amie, ma belle-sœur ! Cria Garrett, tu es venu et tu as essayé de corrompre son cœur pur avec tes belles paroles ! Vois, vois où tu les as conduites ! En enfer !

Je pliai sous les mots. Etais-je responsable ? Non. Ou peut-être que oui. Comment faire face à leur haine ? Moi qui me haïssais déjà tellement ?

Ils les emmenèrent en me menaçant des pires représailles si je les suivais.

-C'est déjà une chance si l'on ne te tue pas, cracha Garrett, effondré et colérique, un mauvais mélange.

-Faites ! Cela me rendra service.

-Notre famille est détruite! Tu nous as pris nos amis, nos épouses. Il ne nous reste rien à cause de toi! Alors non, nous ne te ferons pas le plaisir de te tuer, tu devras vivre avec cela jusqu'à la fin des temps.

Une peine bien intolérable, au-delà de la cruauté. Je les suppliai de me tuer mais je ne subis qu'une humiliation supplémentaire, ils étaient sous le coup du chagrin mais ne comprenaient-ils pas que moi aussi ?

-Et si tu nous suis malgré tout, je te ligoterai devant la tombe d'Irina que tu seras condamné à regarder pour l'éternité.

Cela me dissuada. Il n'y eut pas de mots pour décrire le calvaire de ne plus la revoir. J'attendis ici « je ne sais quoi », toujours au même endroit, fixant le point où ils avaient disparu.

Finalement, je retournai aux sources, là où elle avait péri. Les lieux étaient vide, la fumée dissipée seule persistait le crépitement d'un feu de bois en plein centre, quasiment éteint. Rien, il ne restait aucune trace de ce qui s'était passé à part les cendres de mes semblables, le trou dans le mur et le sang épars sur le sol. Je vis la bague de James : preuve qu'il avait été vaincu. Je me penchai vers la plus grande mare de sang, là où elle avait rendu l'âme. Mon esprit se brisa définitivement. Plus rien ne me retenait sur cette Terre.

Je fis quelques pas vers le feu de bois, fixai les minuscules flammes, ce serait bien suffisant. Je posai mon pied en plein milieu et mon pantalon prit feu. Je rajoutai mon autre pied, attendis que les flammes grimpent le long de mes jambes, dans une douleur indescriptible et silencieuse. Dans un sursaut, avant d'être consumé, je repensai au loup, celui qu'elle aimait tant. Elle avait eu raison le concernant, il n'était pas dénué d'âme, ni cruel, il n'avait jamais eu l'intention de lui faire du mal. Il avait même essayé de la sauver…

« Irina, j'aurais dû t'écouter, rien de tout cela ne serait arrivé… »


POV BELLA

Au même moment

Quil était venu la veille au soir me chercher, il semblait en meilleur forme. Je l'avais serré dans mes bras tellement longuement qu'il en avait été gêné. Il s'inquiétait pour Jake qui ne reprenait pas connaissance et nous avait donc emmenés chez Bree. Je fus heureuse de les retrouver, et elles aussi. Rosalie prit le temps de s'occuper de Jake, l'éloignant du père de Bree qui était malade. Nous avions dormi après un bon diner.

Je le veillai, soucieuse, Quil à mes côtés. Installés sur un lit de fortune au sol, je finis par m'assoupir près de lui.

Quand j'ouvris les yeux, il faisait jour et Jake nous fixait avec tendresse. Je me redressai confuse, secouai Quil qui grogna et ne prit même pas la peine d'ouvrir un œil, j'eus pitié de lui et lui accordai du répit. Je m'avançai doucement vers Jacob. Il s'était assis, grimaça.

-Tu devrais te rallonger.

-Je vais bien.

En effet, il n'y avait plus qu'une cicatrice pâle (ressemblant à un soleil) située entre son cœur et son épaule. Il regarda autour de lui.

-Je suppose que tout est terminé.

Je le serrai fort dans mes bras. Etreinte qu'il me rendit.

-Merci, murmurai-je.

J'avais un grand poids en moins sur les épaules, je pouvais respirer de nouveau. Ceux que j'aimais ou appréciais étaient tous en vie. Ce cauchemar était enfin terminé.

-Je n'y suis pas pour grand-chose.

Je distinguai du regret. Je fis celle qui n'avait rien remarqué, m'éloignant un peu pour m'abreuver des lignes à la fois dures et douces de son visage fatigué, lui octroyant mon plus beau sourire qui fit son petit effet. Il encercla mon visage, caressa mes cheveux, ses lèvres papillonnèrent sur mes yeux, mes joues, mon nez pour terminer sur ma bouche. Ce fut trop rapide, il redevint grave :

-Où sont les autres ?

-Seth est reparti avec Sam. Embry est resté près de l'église, il attend le retour de Benjamin et Zafrina. Plutôt Zafrina je dirai, rajoutai-je avec un vague sourire.

-Ils ne sont pas revenus ! S'exclama-t-il sans prêter attention à mon dernier commentaire.

-Pas encore mais ça ne saurait tarder.

L'anxiété était revenue sur son visage.

-Emmett et Rosalie sont là aussi, ils se sont enfin retrouvés.

Cela lui rendit un peu le sourire.

-Où sommes-nous ?

-Chez Bree, une des filles d'un employé de la maison de Riley. Quil l'a emmenée loin du carnage en même temps que Rosalie. Elle nous a accueillis avec gentillesse.

-Elle vit seule ?

-Non avec son père, mais il est souffrant.

Il se leva et se pencha vers Quil qu'il observa avec affection, puis il lui sauta dessus, faisant bondir le malheureux.

-Jake ! Le réprimandai-je.

-Hey ! S'exclama Quil.

Il se redressa sur le qui-vive, provoquant l'hilarité de Jake. Il ne pensa même pas à se fâcher trop heureux de le voir bien debout. Ils s'étreignirent à leur tour. Je les laissai ainsi, en famille. J'entendis du mouvement dans la cuisine. Rosalie était déjà debout, déjà pimpante. Comment faisait-elle ?

-Vous voulez du café Bella ?

-Non, je te remercie. Un peu de thé ou un peu de lait si tu as ça.

-Asseyez-vous.

C'était étrange ce vouvoiement persistant.

-Non, je vais t'aider, il y a des ogres à nourrir.

-J'ai l'habitude, rit-elle (des étoiles illuminaient ses yeux, j'étais éblouie) laissez-moi faire.

OoooO

Nous étions sur le chemin du retour, Quil conduisait une carriole (récupérée chez Riley à disposition pour le personnel) qui nous ramenait chez nous. J'avais passé un savon à Jake pour m'avoir écartée de ses projets et pour m'avoir fait la plus horrible peur de ma vie. Il avait subi sans broncher et j'avais fini par ne plus savoir comment l'accabler, du coup j'avais laissé tomber. La nuit était bien installée, il me recouvrit d'une laine épaisse, me proposa de dormir. Je ne voulais pas, mais la lutte fut vaine, j'étais à bout de force. Je les écoutai parler, somnolai malgré mon intérêt pour ce que Quil racontait au sujet du combat. A mon réveil, nous étions arrêtés. Je me hissai en dehors, Quil dormait à même le bois sur le siège conducteur et sans couverture. Jake lui n'était pas là. Si l'angoisse se présenta, je la renvoyai illico d'où elle venait. J'avais décidé de ne plus me laisser submerger.

Après un détour dans un coin feuillu, je repartis bien sagement vers la carriole, ne voulant affoler personne en m'éloignant : j'étais capable de me perdre. Je n'eus pas le cœur à réveiller Quil même si ça me démangeait. Jake arriva peu après, avec de quoi déjeuner. J'en avais l'eau à la bouche.

-J'ai fait du troc.

-Ah oui ? Qu'as-tu échangé ?

Il tenta de détourner mon attention, en me proposant tout ce qui me faisait envie dans son panier rempli de bonnes choses. Quil émergea, son estomac grognait implacablement. Il était temps de nous restaurer.

OoooO

A peine arrivés au village, ce fut l'émeute : chaque villageois les accueillit avec joie, même moi. Cela me toucha et me gêna en même temps. Devant la bâtisse, j'eus un point au cœur, j'étais si heureuse d'être de retour, de retrouver ces gens, ma nouvelle famille. Quil embrassa tout le monde et partit rejoindre son père, moi je me jetai dans les bras de Rachel, soulagée. Nous pleurions tous, même William. Sarah fit preuve de retenu et nous proposa de rentrer, elle était pâle et encore creusée mais la vie avait réintégré ses yeux et adoucissait le tout.

Le reste de la journée fut belle, Sarah nous choya tant que cela en fut presque indécent. Un peu plus tard, après le diner, Rachel me confia que Paul avait renoncé à rompre leurs fiançailles et qu'ils allaient vivre à Colville. Un ami de William souhaitait l'embaucher et il avait une dépendance dont il ne se servait pas. Je m'en réjouissais, comprenant que les choses s'arrangeait grâce à ce drame que nous avions vécu, puis je me rappelai de ce que m'avais confié Jake dans l'église :

-Et pour…tu sais quoi ?

-Bella, après ce que j'ai vécu, je ne laisserai rien se mettre en travers de mon bonheur aussi éphémère qu'il puisse être.

Je n'étais pas sûre de comprendre.

-Je ne crois pas en cette malédiction mais je ne veux pas non plus me montrer trop présomptueuse en rejetant cette possibilité. En tout cas, mon choix est fait. Peu importe ce qu'il arrivera par la suite. J'ai confiance, après ce que nous avons traversé je ne peux pas croire que la vie puisse être si cruelle en m'empêchant de voir mon enfant grandir.

J'approuvais son choix courageux. Ou était-ce juste l'aveuglement de l'amour ou une réelle confiance intrinsèque. La réalité était là, elle allait suivre la voie qu'elle voulait et je l'admirais pour cela.

-Et toi et bébé Jake ?

-Jake, rectifiai-je en insistant lourdement.

-Vous voulez toujours emménager là-bas ?

-Et pourquoi pas ? M'étonnai-je.

-Et bien, tu sais, on a été un peu enlevées près de la clairière !

-Ce n'est pas ce que je verrai quand notre maison sera finie et qu'il y aura un beau parterre fleuri et des jeux pour mon neveu ou ma nièce.

-Ou alors pour ton fils, ou ta fille.

Voilà quelque chose auquel je n'avais pas pensé et qui ne me convenait pas du tout. Rachel n'était pas aveugle.

-Qu'est-ce que j'ai dit ?

Jake revenait de chez Quil, je me dirigeai vers lui, il était soucieux. Et las.

-Je vais me coucher.

Il n'était pas si tard mais tout le monde partit rejoindre sa chambre, à croire qu'il avait donné le signal. Je restai plantée au milieu de l'entrée, indécise. Jacob sur le seuil de sa chambre, s'impatienta :

-Bella qu'est-ce que tu fais ? Tu comptes dormir dans l'entrée ?

Rachel pouffa, me rejoignit et me poussa vers lui, voyant que je prenais racine.

-Vous êtes fiancés, c'est bon. Nous ne sommes pas des barbares.

Elle retourna dans sa propre chambre :

-De toute façon, j'ai récupéré mon lit, et j'ai envie de passer du temps avec ma sœur, me confia-t-elle avant de refermer la porte.

Je refermai celle de Jake, déjà à moitié déshabillé. Il se glissa dans les draps.

-Je n'ai pas de robe de nuit, lui fis-je remarquer.

-Mais si.

Il me montra une pile de vêtements sur sa commode.

-Ma mère les a préparés pour toi pendant notre…absence.

Il y avait des robes, des jupes, un gilet, des habits de nuit. J'étais très touchée.

-Elle n'aurait pas dû.

-Tu lui manquais, et elle s'est occupée comme elle a pu.

Je me déshabillai, il se détourna, je soupirai en enfilant la robe la plus douce que je n'ai jamais porté. Je le rejoignis entre les draps et passai une main sur sa cicatrice. Il frissonna, grogna quelque chose.

-Pourquoi tu râles ?

-Tu ne m'aides pas.

-Pourquoi m'avoir dit de venir alors ?

-Parce que tu serais venue de toute façon mais ça commence à devenir compliqué.

En parlant de ça…

-Est-ce que tu veux des enfants ?

-Evidemment, au moins quatre ou cinq.

-Quatre ou …, m'étranglai-je, horrifiée.

Il éclata de rire, replia ses bras sous sa tête et fixa le plafond, toujours hilare face à ma déconfiture.

-Tu te moques…

-Bien sûr que je me moque, c'est si facile avec toi.

-Ce n'est pas très gentil.

-Comme on dit « qui aime bien châtie bien » et comme je t'adore tu imagines la suite.

Oui j'imaginais, il rit de plus belle face à ma résignation. Je l'aimais ainsi, joyeux, détendu, taquin, attentif…

-Je t'aime aussi tu le sais.

Il se tourna vers moi, dégageant ses bras de sous sa tête pour me ramener vers lui.

-Je le sais mais c'est merveilleux à entendre.

J'étais on ne peut plus d'accord.

-Nous ferons comme tu le souhaites Bella chérie, tu ne dois te soucier que de ce qui te rend heureuse.

-Te voir heureux me rend heureuse.

-En voilà un problème épineux.

Il irradiait de joie de vivre, dévoilant dans un immense sourire de belles dents éclairées par la lune presque pleine.

-Soit un peu sérieux. Dans trois jours c'est la pleine lune comment vas-tu faire ?

-Comme à chaque fois, tu devras te passer de moi pendant quelques heures. Cela peut paraitre insurmontable mais tu sauras faire face.

Il continua de me taquiner (et de m'embrasser tout en repoussant de timides tentatives de ma part d'aller plus loin) jusqu'à une heure avancée de la nuit. A l'abri dans ses bras, rien ne me paraissait insurmontable.

-Tu n'auras bientôt plus rien à craindre, j'y veillerai.

Ses mots me laissèrent dubitative. J'étais en sécurité, je ne craignais plus rien. De quoi parlait-il ?

Un mois plus tard dans les journaux, j'apprenais la mort de mon père.


POV VICTORIA

Un mois après la bataille

J'avais revendu tous les loups en ma possession pour une somme symbolique. Désormais je ne m'occupais que de mes terres et de mon cheptel. Quand les loups était partis, nous laissant en vie, Riley avait eut du mal à se relever. J'étais restée contre lui le temps nécessaire ne croyant pas à notre chance. Le loup blanc nous avait épargnés. Ne croyant pas à ma chance. J'avais enfin eu un retour de sa part, face à la mort il avait laissé échapper une partie de ses sentiments. Il n'y avait pas eu besoin de paroles.

Le loup blanc était parti, rejoindre sa femme peut-être. Les autres loups avaient brûlé les cadavres, avait pris James et était parti ensuite sans même un regard pour nous, emmenant Jacob sur leurs épaules.

Riley, dès qu'il en avait été capable, il s'était levé en s'excusant auprès de moi et… il était parti.

J'avais eu le cœur brisé.

J'étais partie aussi, laissant derrière moi une mésaventure destructrice. James était mort, Riley en était en partie responsable mais j'avais compris son geste et je ne le jugeais pas pour ça. Il fallait l'arrêter, il avait fait trop de mal autour de lui, à son frère le premier.

Chaque jour qui passait était un jour sans lui, un jour terne. J'avais cru que les loups changeraient d'avis et me traqueraient pour me tuer mais j'étais toujours là.

Parfois je pensais à Emmett, je l'imaginais avec sa femme, heureux de vivre, je les enviais. Malgré les obstacles ils s'étaient retrouvés, tenteraient de se reconstruire. Et moi, et bien… j'étais vouée à la solitude, le seul homme que je n'avais jamais aimé avait préféré fuir. J'aurais pu l'aider, du moins j'aurais essayé mais il n'en avait pas émis le souhait. Il était parti sans se retourner, sans tenir compte de mon amour. Je n'avais pas eu l'occasion de le lui dire mais il le savait ! Il le savait !

De rage, je jetai mes gants, mon balai brosse, renonçant à nettoyer la sellerie.

-Toujours aussi impulsive.

Je ne pus me résoudre à me retourner vers cette voix que je ne pensais plus entendre un jour. Un mélange de joie et de colère me submergea. Son odeur me percuta à mesure qu'il avançait vers moi. Je détaillai mes habits sales, mortifiée. Je n'étais pas à mon avantage pour me présenter devant lui et lui faire regretter d'avoir abandonner tout ce merveilleux matériel (moi-même) disponible pour lui.

Je restai silencieuse, j'étais tiraillée entre l'idée de lui sauter au cou et l'idée de le battre. La dernière l'emporta et je fis volte-face pour lui mettre une bonne raclée mais ce désir mourut à mesure que je constatais l'ampleur des dégâts. Il était qu'une pale copie de celui que j'aimais même s'il était merveilleusement beau dans ce costume sombre et ce long manteau en laine noire bien découpé.

-Je n'y arrive pas, dit-il simplement.

-Tu n'arrives pas à quoi ?

-A me pardonner.

Je restai silencieuse. Qui pourrait se pardonner d'avoir participé à la mort de son propre frère. Dans ses yeux bleus brillaient pourtant quelque chose.

-Je sais que tu aimais mon frère.

Je gardai le silence, perplexe.

-Tu dois aussi souffrir de son absence. Et je ne le supporte pas. Je ne supporte pas d'être à l'origine de ta peine.

Je l'écoutai, abasourdie.

-Je suis désolé Victoria.

Il se détournait déjà.

-Où vas-tu ?

-Je repars là d'où je viens.

-Tu es venu ici juste pour me dire ça ! M'écriai-je, revêche.

-Pour quoi d'autre serais-je venu ?

-Pour t'excuser de m'avoir laissée choir, pardi !

Il fronça les sourcils mais ce fut tout ce qu'il donna. Il restait inerte, avec un calme apparent qui me fit exploser.

-Je suis à bout Riley ! Tu sais que je suis amoureuse de toi, si je dépéris c'est à cause de ton absence. James était mon ami, il me manquera mais la vie continue. Et je te rappelle qu'il a essayé de me tuer en se servant de toi comme arme ! Si ce loup n'était pas intervenu…

-Je sais. Je lui dois beaucoup.

Il parut souffrir de cette seule évocation. C'était aussi pour moi un souvenir douloureux accentué par le sacrifice imprévu de ce loup. Je ne savais même pas s'il s'en était sorti…

Je me repris, radoucie :

-J'étais prête à t'aider à surmonter sa perte mais tu es si orgueilleux, si pondéré. A toujours tout cacher, tout réprimer. J'ai cru que tu avais des sentiments pour moi. Je l'ai cru quelques instants, jusqu'à ce que tu m'abandonnes là-bas. Je te maudis d'être entré dans ma vie, d'avoir tout chamboulé avec ton charisme irrésistible et ta beauté renversante ! Comment vais-je m'en remettre maintenant que tu démissionnes, que tu renonces à tout !

Je le contournai, exaspéré par son visage neutre.

-Tu culpabilisais et tu es venu vérifier que j'allais bien pour pouvoir te regarder en face et fuir à nouveau, sifflai-je, hargneuse. Maintenant que c'est fait, je ne te retiens pas.

Je rentrai chez moi comme une furie et grimpai à l'étage prendre un bain. J'étais crasseuse et notre rencontre n'avait rien arrangé. Je ne pus m'empêcher de regarder par la fenêtre, il était déjà loin.

« Reprends-toi, Victoria. »

Mais la peine était plus vivace que jamais. Son intrusion m'avait été fatale, son départ causait des dommages irréversibles : j'étais similaire à une ville rasée par une tornade. Il ne restait que des débris. Quand il disparut complètement, je hurlai son nom comme une démente, dans un cri dépassant le désespoir. J'avais fait le choix de mourir avec lui face au loup blanc, c'était dire à quelle point je l'aimais, je ne l'avais compris qu'à ce moment là. Mais que lui fallait-il de plus ?

Je me détachai des parois de la fenêtre, préparai machinalement mon bain. Dix minutes plus tard, allongée dans ma grande baignoire en ivoire (un luxe que j'appréciais en général) je me savonnai comme jamais. Mais cela ne servait à rien, j'étais malheureuse à vouloir pleurer des rivières comme une adolescente. Je m'immergeai dans l'eau longuement, pour tout oublier. Puis je remontai brusquement, sentant une présence dans la baignoire. Il était assis, un sourire à tomber en pamoison au coin de sa bouche.

-Non mais… !

-J'ai cru t'entendre m'appeler, je pensais que c'était pour me joindre à toi.

J'aurais voulu le rabrouer pour son manque de bienséance mais l'appréhension se lisait sur son visage. Il écarta ses bras dans l'attente que je m'y engouffre, un léger voile de doute dans les yeux. Je voulus refuser pour le punir mais à quoi bon, je n'avais rêvé que de ça depuis si longtemps. Je m'allongeai sur lui tellement vite que l'eau tomba au sol par vague, ce qui fit naitre un sourire sur ses lèvres et accentua la beauté de ses traits. Il glissa pour étendre ses jambes et me donna une vue époustouflante sur ses yeux d'un bleu métallique à couper le souffle. J'étais plongé en plein océan. Un océan doux, calme, caressant, sécurisant. Je caressai ses épaules, dessinant les zébrures qui me rappelaient qu'il avait failli perdre un bras. Il attrapa ma main, songeur.

-Je ne t'ai pas remercié de m'avoir rafistolé.

-Je ferai n'importe quoi pour toi, soufflai-je, en plein émoi.

C'était trop vrai, et ce n'était pas une chose à dire à un homme. Mais je ne pouvais regretter de l'avoir fait en voyant son trouble et son émotion.

-Tu es un grand sensible, me moquai-je gentiment.

Il m'agrippa les hanches, notre proximité, ce contact charnel très intime me bouleversa, embrasant mon être, je m'accrochai à sa nuque, et l'embrassai à en perdre la raison.


Il y aura le pov de Rosalie, Embry, Jake et Alice dans le dernier chapitre.

A bientôt pour la suite.

Clarisse.