Elle reprenait doucement pieds dans la réalité, son souffle était encore saccadé, son esprit embrumé et son cœur battait la chamade. Allongée sur le dos, Julia fermait les yeux en gémissant profondément. Elle sentait le souffle brûlant de William sur sa poitrine, son souffle saccadé qui reprenait un rythme normal doucement. Elle massait toujours son cuir chevelu d'une main alors que l'autre était liée à celle de William. Elle le sentait encore en elle, si profondément en elle qu'elle en avait le tournis. Doucement, elle consentit à ouvrir les yeux, à retomber sur Terre. Elle croisa aussitôt son regard, ce regard doux et sombre dans lequel elle pouvait lire son amour et sa tendresse. Un sourire s'étira sur les lèvres de William et doucement il arriva à son visage à nouveau, caressant sa joue. Ils ne se parlèrent pas, savourant simplement l'instant, encore liés. William l'embrassa tendrement et doucement, il quitta son corps. Elle referma les yeux en sentant son amant embrasser son cou, sa poitrine, ses seins. Elle ne pu s'empêcher de rire doucement lorsque les dents de William se saisirent d'un de ses mamelons, une seconde à peine avant qu'il ne continue sa progression sur son corps, son ventre, ses hanches, ses cuisses, pour enfin déposer un tendre baiser sur sa féminité alors qu'elle le regardait à nouveau. Il prit la couverture qui se trouvait encore pliée au pied du lit et il la ramena sur leur corps nus avant de se coucher à ses côtés, repliant son coude pour reposer sa tête dans sa main et caresser du bout des doigts le ventre de Julia.

-Est-ce que ça va? Murmura-t-il tendrement.

-Oui, c'était...Oh mon Dieu William, c'était incroyable, jamais je n'ai...jamais à ce point.

-La première ou la deuxième fois? Dit-il en riant doucement.

-Les deux, répondit Julia sur ses lèvres avant de l'embrasser.

Elle reposa sa tête sur l'oreiller et sa main sur celle de William qui se trouvait encore sur son ventre.

-Et lui...tout va bien?

-Je crois, acquiesça Julia en regardant son ventre, tu as fais très attention et je crois que c'est déjà un dur à cuire.

William rit doucement en secouant la tête de gauche à droite avant d'embrasser tendrement le ventre de la jeune femme.

-Un dur à cuire toi aussi? Murmura-t-il tendrement. Je suis certain que ta maman exagère, deux dure à cuire, je ne le supporterai pas.

Julia se mise à rire doucement et il leva aussitôt les yeux vers elle en souriant.

-Mais j'aime infiniment ma dure à cuire, dit-il avant de l'embrasser tendrement.

Ils se séparèrent à peine pour reprendre leur souffle et William s'allongea à nouveau contre Julia, posant sa tête sur sa poitrine, caressant une fois encore son ventre, comme si il ne pouvait s'en détacher une seule seconde. Elle glissa sa main dans ses cheveux sombres et elle pencha la tête sur le côté, le regardant tendrement.

-Il ou elle, sait quand tu es là, murmura-t-elle.

-J'aimerai pouvoir être avec vous chaque jour, dit-il à regrets.

La jeune femme ne répondit pas. Une fois encore les regrets envahissaient son cœur, une fois encore elle souffrait de cette situation, de voir William prendre soin d'elle et de leur enfant alors qu'il ne pouvait pas le reconnaître comme le sien, alors qu'elle allait l'élever avec un autre. Elle soupira profondément et il ferma les yeux quelques secondes.

-William, dit-elle doucement alors que la voix s'étrangler dans sa gorge.

Il consentit à lever les yeux vers elle et il y vit les larmes y naître. Il se pencha alors sur son visage, essuyant du pouce la larme qui glissait sur sa joue.

-Il faut...je dois parler à Darcy, dit-elle dans un souffle, je dois le quitter. C'est à toi d'élever cet enfant, il ne le mérite pas, il ne le souhaite que pour me contrôler et pour sa réputation. Tu es son père et je veux que tu sois son père chaque jour.

-Nous ne pouvons pas, ta carrière, ta réputation.

-Tu resteras toujours le même homme, droit, honnête, compatissant, n'est-ce pas?

-Je ne suis plus tout à fait le même, j'ai changé.

-Tu es exactement le même homme que j'ai toujours connu, celui dont je suis tombée amoureuse.

-Cet homme aurait-il fait l'amour avant le mariage? Avec une femme mariée?

-Le regrettes-tu?

-Non, admit William aussitôt, pas une seule seconde, je ne l'aurai jamais fait avec aucune autre femme que toi, mais parfois je me demande si je suis bien l'homme que je crois être, celui que j'ai toujours été, celui que tu as aimé autrefois.

-Et c'est pour cette raison que je sais que tu es le même. Si tu avais changé, tu n'aurai pas toutes ces interrogations et tous ces doutes. Les choses ne se sont simplement pas déroulées comme tu l'avais imaginé.

-Jamais je n'aurai pu le faire, dit-il en riant doucement, mais j'en suis tout de même heureux Julia, j'ignore simplement...

-...Comment nous allons nous sortir de cette situation, termina Julia dans un souffle.

-Il est évident que nous ne pouvons continuer de la sorte, et tu le sais tout aussi bien que moi.

-Je le sais.

Il ne lui répondit pas. Il ne savait pas ce qu'il devait lui répondre, alors doucement, William se coucha sur le dos et doucement, il attira Julia contre lui, plaçant tendrement la couverture autour d'elle alors qu'elle posa sa tête sur son épaule. Il sentit son souffle dans son cou et sa main sur son torse.

-Que se passerait-il si tu divorçais avant la naissance de l'enfant? Dit-il d'une voix grave.

-Darcy ne pourrait pas le reconnaître, il prendrait mon nom, je déménagerai, je devrai quitter mon travail, j'ai assez d'argent pour prendre soin de lui, financièrement, mais je serai seule.

-Je serai là, moi.

-Non, soupira Julia, tout le monde saura William, il faudra attendre.

-Je pourrai attendre, j'ai attendu si longtemps Julia.

-Il faut que je lui parle, que j'en trouve le courage mais...

-Je sais, coupa tendrement William, cette nuit est la dernière avant très longtemps.

Il sentit Julia se serrer davantage contre lui, il sentit une larme glisser dans sa nuque et son étreinte se faire plus proche.

-Sers-moi dans tes bras William, murmura-t-elle, j'ai besoin de tes bras.

Il s'exécuta en silence et il déposa un long baiser sur ses cheveux , glissant sa main dans son dos pour la sentir butter son corps contre le sien.

-Je suis là, murmura-t-il, et cette nuit il n'y a que nous deux, nous trois, dit-il en riant lorsqu'il sentit un coup donné par leur enfant.

Julia rit doucement également et une fois calmée, elle ferma les yeux, apaisée. Sans le remarquer, elle s'endormit enfin, sous le regard bienveillant de l'Inspecteur Murdoch qui la contemplait tendrement.


La jeune femme se réveillait doucement. Cela avait fait une éternité qu'elle n'avait plus aussi bien dormi, une éternité qu'elle n'avait pas été autant en paix et que l'enfant qui grandissait en elle avait été aussi calme. Un sourire se dessinait sur ses lèvres avant même qu'elle n'ouvre les yeux. Le parfum de William l'entourait, elle se sentait si bien. Elle sentit une main effleurer son corps, de sa cuisse, à sa hanche, son ventre rebondi, son sein, sa gorge, sa joue. Un souffle tiède la rejoignit et son cœur s'accéléra de battre.

-Bonjour, murmura la voix grave de William dans le creux de son oreille.

Elle bougea un peu et elle ouvrit enfin les yeux pour rencontrer les siens.

-Bonjour, souffla-t-elle sur ses lèvres avant qu'il ne l'embrasse tendrement.

-Tu as bien dormi? Demanda William en s'éloignant d'elle doucement.

-Je n'ai que rarement aussi bien dormi William.

-Bien, acquiesça le jeune homme, très bien, répéta-t-il doucement, j'ai...préparé un petit déjeuner, je pensais que tu mourrais sans doute de faim.

-Je meurs de faim, répondit Julia en souriant.

Ils échangèrent encore un regard et William quitta le lit. Elle se redressa et elle le regarda, simplement vêtu de son pantalon et d'un t-shirt blanc. Elle le vit prendre le plateau du petit déjeuner sur la table, remarquant que toutes traces du repas de la veille avait disparu. William avait du se lever il y a bien longtemps déjà. Elle sourit lorsqu'il approcha du lit à nouveau et elle s'assit simplement, tirant la couverture sur son corps encore nu.

-Thé, biscottes et marmelade, énuméra William, cela te convient-il?

-Oh mon Dieu William, répondit-elle en secouant la tête de gauche à droite doucement, mais qu'ai-je fait pour mériter un homme tel que toi? C'est parfait. Tu es parfait.

Elle l'attira vers elle pour lui voler un baiser et après un dernier regard il la servit.

-Quelle heure est-il ?

-Il va être dix heures, répondit William en lui tendant sa tasse de thé.

-Tu aurais du me réveiller, il est déjà tard.

-Tu étais si épuisée, se justifia le jeune homme.

-Et tu es si merveilleux de le voir, dit-elle avant de croquer dans un toast et de manger avec appétit.

Comme ils l'avaient fait de nombreux mois plus tôt, ils partagèrent un petit déjeuner, parlant peu, se lançant de tendres regards et partageant parfois de timides caresses. William avait laissé Julia se rhabiller et il l'avait rejoint avant qu'elle ne quitte la maison.

-Je vais parler à Darcy dès son retour, je te le promets, dit-elle en passant ses bras autour du cou du jeune homme.

-Je ne te le demande pas et tu le sais, même si la situation ne me convient pas, je l'accepte, parce que je ne veux pas te perdre Julia.

-Et je le sais, dit-elle en souriant, je vais rentrer. Je te tiendrai informé.

Il acquiesça et il baissa doucement les yeux vers le ventre de Julia pour y poser les mains et mettre un genou à terre. A ce geste, la jeune femme dû retenir une larme de couler sur sa joue. William marqua une pause. Il prit une profonde inspiration.

-Mon petit ange, murmura-t-il doucement, tu vas bien prendre soin de ta maman, je ne peux pas rester avec vous, mais saches que je veille sur vous deux, chaque jour. Je prie pour vous et je...je vous aime, je t'aime, de tout mon cœur. Un jour nous nous rencontrerons et ce jour là, ce jour là sera l'un des plus beau de toute ma vie.

Il embrassa le ventre de Julia avant de lever les yeux vers elle et de se redresser. Il caressa sa joue et une seconde plus tard, il scella ses lèvres aux siennes pour un doux, tendre et langoureux baiser qui leur coupa le souffle à tous les deux. Ils restèrent enlacés quelques minutes avant de se séparer, avant que la jeune femme ne quitte la demeure le cœur lourd. Cet instant lui brisait le cœur, laisser William derrière elle, incapable de rester plus longtemps à ses côtés. Elle se sentit si seule à cet instant, comme si on lui avait arraché une partie d'elle-même.


Julia avait attendu pendant de longues minutes à la table de a salle à manger. Lorsque Darcy était entré, il avait tout de suite compris. Elle avait fait glisser les papiers sur la table et il les avait pris en se pinçant les lèvres avant de lever les yeux vers elle.

-Les papiers du divorce, je croyais que nous avions régler tout cela.

-Mon état ne change rien Darcy, murmura Julia, je souhaite tout de même divorcer.

-Il en est hors de question, vous portez mon enfant, je refuse de ne pas le...

Il ne termina pas sa phrase, son regard plongé dans celui de la jeune femme en face de lui. Il avait enfin compris mais il voulait en avoir la certitude.

-Murdoch, murmura-t-il, c'est lui, c'est lui n'est-ce pas? Vous voulez l'épouser.

-Vous savez ce que j'éprouve pour lui.

-Je ne le sais que trop, grommela Darcy, mais cela ne change rien Julia. Il ne vous aura pas, et il n'aura pas cet enfant.

D'un geste vif, il déchira les papiers. Il n'en fallut par davantage à la jeune femme pour se lever d'un bond, sentant la colère monter en elle.

-Vous ne signez pas ces papiers simplement parce que vous ne voulez pas me laisser partir? Gronda-t-elle. Vous savez que je n'éprouve plus rien pour vous Darcy.

-Il ne vous aura pas, insista le jeune homme, et lui non plus, ajouta-t-il en désignant le ventre de Julia.

-Je vais partir, déménager, vivre seule.

-Eh bien soit, faites-le, mais vous resterez ma femme Julia et cet enfant est le mien.

Sans qu'elle ne puisse ajouter quoique se soit, le Docteur Garland quitta la pièce. Croyait-il toujours que cet enfant était de lui? Julia en était persuadée. Tout le monde savait que William n'aurait jamais fait l'amour à une femme mariée. Tout le monde savait quel homme droit et pieux il était. Mais personne ne le connaissait comme Julia le connaissait. Personne.


à suivre...