26. octobre x792
Cher Erik!
C'est devenu une habitude de s'inquiéter durant une guerre, mais depuis ta dernière lettre j'ai encore bien plus peur pour toi. Surtout que les conséquences de ta captivité surgissent et que tu en fait des cauchemars. J'aimerais tellement être à tes cotés en ce moment, te consoler, te soutenir. Être simplement là pour toi. J'y arrive seulement à travers nos lettres, mais c'est déjà beaucoup pour moi.
Je comprends bien que l'idée d'une désertion te semble bien agréable. Tu ne dois pas en être honteux. Parfois je pense que ce serer une attitude raisonnable. Qui pourrait supporter une guerre ? Mais de l'autre coté, on ne peut pas aussi facilement abandonner ses amis, encore moins que son pays. Je suis tellement fier de toi. Malgré ta crainte, tu restes avec nos camarades. Mais si tu t'enfuis tout de même un jour, je ne t'en tiendrais jamais rigueur.
Nous ressentons de plus en plus les conséquences de la guerre dans Fiore. Bien sûr, nous connaissons déjà ses effets avec les soldats blessées, les fugitifs et votre absence. Mais maintenant, une famine commence à gagner le pays, qui gagne de plus en plus chaque jour. Est-ce le signe que la guerre empire ?
Il y'a encore peu de temps, nous ne craignons pas la faim à Magnolia et au château, nous ne manquons jamais de fruits et de légumes, grâce au potager et au verger, ainsi qu'aux fruits qui sortent du jardin d'hiver. Mais les autres denrées deviennent de plus en plus rares. Meldy et Juvia sont aller faire des course la semaine dernière et elles n'ont que put ramener trois pains complets de chez le boulanger et elles n'ont put trouver du sucre nulle part. Même le prix du lait est monté de quelque joyaux. Pas beaucoup pour le moment, mais cela augmentera encore. Même des rumeurs de marché noir commencent à circuler !
Les petites joies que nous avons vécues durant les derniers mois au château commencent à disparaître, l'atmosphère est devenue trop sombre. Même lord Makarov ne peut plus raviver la bonne humeur des derniers temps, même s'il s'y met avec l'énergie du désespoir.
On y réfléchissant, j'ai la désagréable impression que nous tous ici, nous nous sommes accrochées à ces moments de bonheur pour oublier l'horreur de la guerre. Ces petites joies ont bien existée, elles ne sont pas des illusions. Mais il est clair maintenant que pendant la guerre, ces moments-là sont terriblement fragiles. Avais-je donc si peur de cette guerre, de cette ennemie invisible, que je voyais chaque petit moment de joie plus grand qu'en vérité pour avoir la sensation que le monde est beau et gentil ? Et les autres, avaient-ils la même sensation que moi ? En tout cas, il est impossible de continuer comme ça maintenant, les temps deviennent trop sombres. J'apprécierais toujours ces petits moments de joie, mais il faut aussi que je fasse face à la guerre et ses conséquences, aussi bien que je pourrais le faire.
Mais je vais malgré tout avoir besoin de petites distractions pendant ces temps troublés. Des petites lueurs d'espoir qui m'aide à supporter la guerre et qui me donne la force de continuer dans cette voie. Tes lettres en font partie, ainsi que notre enfant.
Maintenant, je crains que ce soit venu un peu trop vite. J'aurais bien préféré que notre enfant naisse après la guerre. Mais je suis tout de même heureuse de l'avoir. C'est un grand réconfort de le sentir bouger dans mon ventre ou quand je réfléchis au nom que le bébé portera. Il faut bien te l'avouer, moi aussi j'ai du mal à choisir entre Ivy et Violet. J'ai bien rie quand tu m'a écris ton hésitation.
Il nous reste encore à peu près deux mois jusqu'à la naissance, j'espère que la décision du prénom de notre fille sera prise d'ici là. Oui, je suis certaine que c'est une fille, même si lady Erza est toujours persuadé du contraire. Son obstination sur ce sujet me fait toujours rire un peu et j'en profite, les rires deviennent rares eux aussi.
N'oublie pas, mon brave soldat, mon cœur est toujours avec toi.
Ta Kinana
