Bonjour !

J'espère que vous allez bien et que vous commencez cette nouvelle année sur les chapeaux de roues ! Je dois dire que j'ai une aversion toute particulière pour le mois de janvier, je ne sais pas vraiment pour quelles raisons mais il a la malchance de faire partie de ces mois que j'exècre, tant pis pour lui.

Sinon je tiens à vous signaler que le temps entre mes publications risque de s'allonger, jusqu'à maintenant j'avais l'habitude de poster chaque mercredi de chaque semaine (sauf exception) mais à partir d'aujourd'hui je publierais une fois toutes les deux semaines ,à part si j'ai assez d'avance dans l'écriture pour me permettre un écart. Croyez-moi, ça ne me fait pas du tout plaisir mais certaines choses auront toujours la priorité sur d'autres, en l'occurrence ma vie en dehors de cette histoire compte bien plus qu'elle.

Passons sur ce petit paragraphe larmoyant pour nous focaliser sur le chapitre qui va suivre. Vous avez sans doute remarqué qu'il est beaucoup plus long que le précédent et je dois dire que j'en suis plutôt satisfaite, c'est un de mes préférés je pense, pour plusieurs raisons mais je vous laisse la joie de les découvrir... ^^

Comme toujours on se retrouve en bas pour le debrief et en attendant je vous souhaite une bonne lecture ! ;)

Blond'sparkle

Réponses aux reviews :

Misery et Tinkerbell : Tout d'abord, j'adore ton pseudo, ah, ah ! Merci beaucoup d'être passé par ici ! Eh oui, comme beaucoup d'autres personnages de l'univers HP Charlie Weasley est un laissé pour compte, c'est pour cette raison que j'ai voulu écrire ma première fic sur lui. Intriguant est le mot qui le définit le mieux je crois ! :) J'espère que le reste de l'histoire te plaira, bonne continuation à toi également pour ta fiction ! :)
A bientôt ! ;)

AppleCherrypie : Merci de ton passage par ici, comme toujours ! :) Si tu trouves que la réaction de Charlie est froide, attend de lire la suite ! Ah, ah ! Je ne peux rien te dire de plus sur ce qui va suivre dans ce chapitre mais je pense qu'il devrait te plaire malgré tout... ;)
J'adore les parents de Charlotte, je ne saurais même pas choisir entre l'un et l'autre car ils ont chacun un petit quelque chose dans leur manière d'être qui me plaît.
Bref, encore merci d'être là et à bientôt ! ;)


Chapitre 4 :

The wedding – Part Two

Debout derrière la fenêtre, elle observait les badauds se promener le long de Queensberry Place non sans lâcher un soupir de lassitude, un instant son regard s'attarda sur un petit coffret en bois posé sur le guéridon juste sous ses yeux.

- Charlotte !

Devait-elle l'ouvrir ? Depuis qu'elle avait remis les pieds ici, en Angleterre, la jeune femme se posait sans cesse la question. Parfois elle le prenait avec elle, le calant sous son bras alors qu'elle passait d'une pièce à une autre sans forcément prendre la peine de découvrir son contenu. Etait-il bon qu'elle sache ce que Charlie pensait d'elle depuis leur dernière rencontre ? La blonde en doutait fortement pourtant, à cet instant, elle laissa sa main glisser sur le bois ouvragé du couvercle, elle le fit basculer en arrière et fixa longuement le petit tas de lettres qui reposait au fond de la boîte. D'un geste tremblant elle tendit la main vers le parchemin en haut de la pile et…

- Charlotte ! Il faut qu'on y aille sinon nous allons arriver en retard à la cérémonie… La jeune femme sursauta et referma brusquement le coffre avant de se retourner vers sa mère qui la regardait d'une drôle de manière. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien.

- Dépêchons-nous, continua celle-ci sur un ton agacé en sortant de la chambre. Ton père t'attend pour le transplanage d'escorte.

Charlotte soupira doucement, elle avisa une nouvelle fois le coffre avant de s'en emparer et de le glisser sous le lit. Là au moins, elle ne l'aurait plus sous les yeux.
Son père se tenait sur le pas de la porte, dans un élégant costume beige et sa cape de cérémonie coincée sous son coude. La blonde lui sourit avant de lui tendre le bras dont il s'empara et sa mère en fit de même de l'autre côté, la seconde suivante ils avaient disparu.

- Oh là là, il y a déjà beaucoup de monde, sommes-nous si en retard que cela ? demanda sa mère alors qu'ils se pressaient derrière une foule compacte qui attendait à l'orée du pré, derrière le jardin des Weasley.

- Mais non Lizzie, la rassura son mari, il est à peine plus de trois heures, nous sommes parfaitement dans les temps.

Quand ils arrivèrent à l'entrée du chapiteau ils furent accueillis par les jumeaux Weasley qui tentèrent des explications dans un français approximatif, le père de la jeune femme se mit à rire tandis que Charlotte expliquait à Fred et Georges que son père parlait parfaitement anglais. Ils rirent à leur tour puis leur indiquèrent leurs places dans les rangées du milieu. En s'avançant parmi les allées la blonde ne put s'empêcher de remarquer comme le chapiteau était déjà bondé, le brouhaha bourdonnait à ses oreilles de manière désagréable et alors qu'elle s'asseyait sa mère lança subitement :

- Je vais saluer Jean un instant, tu m'accompagnes ? demanda-t-elle à l'adresse de son mari.

Celui-ci acquiesça et la jeune femme observa ses parents avancer le long de l'allée centrale pour rejoindre les Weasley placés juste devant l'autel, elle les vit discuter vivement avec sa tante qui paraissait émue de les voir là… ou peut-être était-ce parce que sa fille allait se marier ? Cette dernière explication semblait plus plausible à la Française qui laissa couler son regard sur le reste des invités déjà présents, elle vit alors Fred et Georges accompagnés d'une jeune femme noire prendre place à l'avant, juste derrière Bill Weasley qui discutait avec Andromeda Tonks, à leurs côtés il y avait un autre rouquin qu'elle ne reconnut pas, pas immédiatement... Elle avisa ses cheveux longs, ébouriffés, noués en catogan et fronça les sourcils quand elle aperçut ses mains, burinées par le soleil. Se pourrait-il que… L'homme qu'elle fixait depuis quelques secondes tourna finalement la tête vers Victoire qui jouait à ses pieds et soudain son cœur rata un battement quand Charlotte comprit qui il était, inconsciemment elle serra les rebords de sa chaise et s'avança davantage sur son siège, ne pouvant détacher son regard de Charlie Weasley. Pendant plusieurs mois des milliers de kilomètres les avaient séparés et aujourd'hui, aujourd'hui il était là, à quelques mètres à peine et… et il était beau, dans son costume bleu nuit en parfait contraste avec ses cheveux flamboyants. La jeune femme aurait voulu qu'il se tourne une nouvelle fois pour voir plus encore son visage, avait-il beaucoup changé ? Non, non sans doute… Un instant la blonde se prit à se remémorer les traits du dragonnier ; ses yeux bleus délavés, les taches de rousseur sur son nez, les cicatrices qui couraient le long de ses joues et son sourire, ce sourire si chaleureux… La jeune femme sursauta violemment quand elle sentit une main se poser sur son épaule, elle releva la tête pour voir sa mère lui sourire avant de s'installer à ses côtés. Charlotte reprit contact avec la réalité et fut à nouveau assailli par le bruit des conversations, elle se racla la gorge afin de se donner une contenance et espéra que personne n'avait remarqué son petit manège. Elle lança un dernier coup d'œil au rouquin qui observait Fleur emmener les enfants avec elle, cette dernière l'aperçut et lui fit un petit signe de la main avant de sortir du chapiteau. La blonde sourit maladroitement et tenta de rester focalisée sur ce qui se passait devant elle, priant pour que la cérémonie ne s'éternise pas afin qu'elle puisse sortir d'ici le plus rapidement possible…


Charlotte avait son regard perdu quelques part entre les collines surplombant Loutry Ste Chaspoule, au loin le soleil commençait sa lente descente. Une main sur sa poitrine, elle ne pouvait que constater comme la douleur était revenue depuis ces dernières vingt-quatre heures, il ne faisait aucun doute que son retour en Angleterre y était pour quelque chose.

- C'était une belle cérémonie, n'est-ce pas ?

La blonde fit volte-face et vit un homme s'approcher d'elle. Il était grand, brun et avait des yeux verts très brillants qui auraient pu rivaliser avec ceux du garçon qui avait survécu. Il lui tendit une coupe de champagne dont elle s'empara, interdite.

- Oui, sans doute…, répondit-elle laconiquement.

- Je m'appelle Connor Davis, dit celui-ci en présentant sa main, la blonde resta figée un instant puis la serra maladroitement. Je suis un collègue de Ron et Harry, poursuivit-il sans se départir de son sourire. Vous êtes de la famille ?

- Je suis la cousine de la mariée, Charlotte.

- C'est un plaisir… Arrêtez-moi si je me trompe mais vous n'êtes pas d'ici, non ?

- Pardon ? s'exclama la blonde en le dévisageant.

- Vous n'êtes pas anglaise, précisa-t-il.

- En réalité si, je le suis mais je suis également française.

- Oui, j'avais cru discerner un accent, déclara le brun en buvant une gorgée de sa boisson.

La jeune femme essaya de se détendre et but à son tour mais la jovialité de ce garçon la mettait mal à l'aise. Un instant elle laissa son regard vagabonder derrière lui, elle remarqua Charlie jouant avec Teddy et Victoire et son cœur se serra douloureusement… Elle se demandait si à un moment ou à un autre il remarquerait sa présence… La blonde soupira intérieurement, après tout ce n'était peut-être pas si mal qu'il l'ignore complètement, au moins la situation en resterait là, comme elle aurait dû l'être dès le départ…

- Alors comme ça, vous vivez en France…, reprit le jeune homme. La Française se concentra de nouveau sur lui, gênée de lui accorder aussi peu de considération.

- En fait, non. Je vis à New-York maintenant…

Et la conversation fut relancée pour quelques minutes, Charlotte tentait de rester focalisée sur le dénommé Connor avec l'espoir d'oublier un moment l'une des raisons de sa présence à ce mariage.

- Le Macusa n'est pas beaucoup plus différent que le Ministère de la Magie britannique dans sa manière de fonctionner, déclara-t-elle alors qu'ils parlaient de leurs fonctions respectives.

- Le Macu…

- Le Congrès Magique des Etats-Unis d'Amérique, précisa la jeune femme avant qu'il ne termine sa phrase.

- Oui je sais ce qu'est le Macusa, sourit celui-ci.

La blonde demeura silencieuse une seconde puis se mit à rire, confuse.

- Pardonnez-moi, en général les gens ne connaissent pas ce terme. C'est devenu un réflexe de l'expliquer.

- Ce n'est rien…

Alors qu'il lui expliquait de quoi il retournait en ce moment au bureau des aurors la jeune femme sentit qu'on l'observait. Elle tourna la tête machinalement et perdit son sourire en croisant le regard de Charlie, gênée elle détourna les yeux et reprit la conversation avec son interlocuteur toutefois le mal était fait, du coin de l'œil elle vit le rouquin s'éloigner d'un pas raide et eut soudainement envie de le suivre. Mais elle ne pouvait pas, elle ne devait pas car elle s'était promis de rester à distance. Jamais elle ne s'était autant fait violence pour ignorer quelqu'un...

- Est-ce que ça va ?

La blonde reprit contact avec la réalité et remarqua à peine le jeune homme devant elle, trop heureuse qu'il lui offre une porte de sortie, bien malgré lui.

- Je… je dois partir, déclara cette dernière et elle le planta là, s'éloignant à grande enjambée vers le Terrier.

La jeune femme trouva refuge dans le salon. Elle avisa le sofa et s'y assit lourdement comme si toute la misère du monde reposait sur ses épaules, finalement venir à ce mariage n'était peut-être pas une aussi bonne idée qu'elle se l'était imaginée... La blonde était là depuis un long moment lorsqu'elle entendit quelqu'un entrer dans la pièce, en reconnaissant le visiteur son cœur rata un battement.

- Charlie ? s'exclama-t-elle en se levant brusquement.

Bon sang ! Elle était venue se cacher ici dans le but de l'éviter le plus possible et voilà qu'il se tenait là, juste devant elle ! Si la situation n'avait pas été aussi dramatique elle aurait sans doute rigolé ! A présent il était trop tard pour faire machine arrière, elle ne pouvait pas simplement l'ignorer et partir, ç'aurait été parfaitement grossier… La blonde l'observa à la dérobée, il semblait figé et son visage ne laissait transparaître aucune émotion, c'était tellement étrange de le voir aussi peu expressif, lui qui était toujours souriant… Par Morgane, ce n'était pas le moment de divaguer ! Il fallait qu'elle dise quelque chose, n'importe quoi !

- Bonjour…, lança-t-elle maladroitement en se tordant les mains nerveusement.

Le rouquin resta immobile un moment avant de lui faire un imperceptible signe de la tête mais il ne lui répondit pas pour autant.

- Je suis tellement contente de te revoir, souffla-t-elle d'une petite voix, gagnée par l'émotion.

- J'aimerai pouvoir en dire autant…, répondit l'autre avec amertume.

Aïe. Ça faisait mal, très mal. La Française baissa les yeux, tentant d'ignorer la douleur qui s'insinuait doucement dans sa poitrine. Elle releva la tête et fit un vague sourire, préférant laisser traîner ses yeux dans le salon encombré du Terrier plutôt que d'affronter le regard peu avenant du jeune homme.

- Tu as laissé pousser tes cheveux, remarqua-t-elle en avisant son catogan.

Charlie demeurait là, sans répondre, la fixant de ses prunelles azurées.

- Dis quelque chose... supplia-t-elle, enfin.

- Qu'est-ce que tu veux que je dise Charlotte ? s'énerva-t-il alors. Tu ne m'as pas donné de nouvelles pendant plus d'un an ! Je t'ai envoyé des dizaines de lettres !

- Tu ne peux pas comprendre... Ce... c'est trop compliqué..., balbutia-t-elle, trop surprise par la colère qui émanait du dragonnier.

- Alors explique-moi ! Explique-moi !

- Je… je…

- C'est bien ce qui me semblait.

Et il fit volte-face, quittant le salon rapidement sans un regard en arrière, bousculant au passage Fleur, qui entrait dans la maison.

- Charlie ! s'écria la jeune femme sans pour autant le suivre. Je… je suis désolée, souffla-t-elle avant de se laisser tomber une nouvelle fois dans le canapé, la gorge nouée par l'émotion.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda soudainement son amie, inquiète, alors qu'elle s'asseyait près d'elle.

- Il me déteste... C'était une erreur de revenir... Adam avait raison...

- Il ne te déteste pas voyons, comprends-le… Vous avez passé beaucoup de temps ensemble et du jour au lendemain tu l'as complètement ignoré. Tu sais…, reprit-elle après un instant, il a vraiment souffert les premiers mois après ton départ, il y a eu beaucoup de soucis quand il est arrivé au pays de Galles et toi qui ne répondait pas à ses lettres... Je me souviens l'avoir vu débarquer plusieurs fois à la maison, en pleine nuit, disant qu'il allait tout plaquer et repartir en Roumanie… Je ne l'avais jamais vu aussi désespéré qu'à cette période, heureusement que Bill était là…

- Je l'ignorais…

- Bien sûr que tu l'ignorais, je me suis bien gardée de tout te raconter, tu étais déjà assez bouleversée comme ça par... par, enfin tu vois… Et tu semblais t'être tellement impliquée dans cette histoire que Bill et moi avons préféré ne rien te dire, je lui ai dit que tu aurais été capable de revenir en Grande-Bretagne pour aider Charlie avec la réserve.

- Bill sait ?

- Il sait juste que tu as aidé Charlie tous ces mois avant qu'il ne reprenne la direction de Beddgelert, c'est lui qui nous l'a dit.

- Il vous a dit que…, parvint-elle à prononcer d'une voix blanche.

- Parfois, quand il venait à la maison, il nous racontait comme tu l'avais aidé à éplucher tous les dossiers de la réserve, comme tu l'avais encouragé à aller de l'avant... Il nous a avoué que tu étais la seule au courant. Il t'est vraiment reconnaissant, tu sais. Pendant plusieurs mois il a mené sa barque seul cependant je suis persuadée qu'il aurait aimé partager ça avec toi, ses souffrances et ses questions… Mais il t'a peut-être écrit tout ça, dans ses lettres…

- Je… je ne sais pas… Je ne les ai pas ouvertes…

Fleur se tut un instant et lui lança un regard lourd de sens, elle reprit sur un ton de reproche :

- Charlotte, tu es bien trop gentille et empathique pour te jouer de tes propres sentiments ainsi que des siens. Je crois qu'il serait temps que tu lui dis…

- Je ne peux rien lui dire Fleur, la coupa la jeune femme avec véhémence. Est-ce que tu imagines un peu sa réaction ?... Non, ce serait insensé…

- Tu ne peux pas savoir tant que tu n'as pas essayé, répondit son amie avant de lui faire un sourire contrit et de monter à l'étage.

Charlotte soupira et se prit la tête entre les mains, elle avait l'abominable sensation d'avoir fait une énorme erreur mais elle ne sut laquelle ; avoir quitté le pays ? Ignoré Charlie ? Revenir ici ?... En revanche elle ne pouvait nier le fait que Fleur avait raison, si la jeune femme avait su tout cela plus tôt, elle serait revenue en Angleterre. Toutefois son amie ne lui avait rien dit et elle, elle n'avait jamais lu les courriers de Charlie, restant parfaitement ignorante de la situation de détresse qu'il avait connu plusieurs mois auparavant. La blonde soupira derechef et se leva du sofa. En sortant de la maison elle se dirigea d'un pas mécanique vers le chapiteau, ressassant tout ce que Fleur lui avait révélé. Jamais sa culpabilité ne fut plus profonde, elle avait véritablement l'impression d'être un monstre et d'avoir agi comme tel. Arrivée près de ses parents, la Française prit place avec eux à une table et attendit que le repas soit servi. Elle passa l'heure qui suivit à se murer dans un silence lourd, à peine entrecoupé par le bruit de ses couverts claquant doucement contre son assiette. Ses parents ne lui accordèrent que peu d'attention, discutant volontiers avec Andromeda Tonks qui se trouvait également à leur table. A un moment cette dernière dut s'absenter afin d'accompagner son petit-fils à la salle de bains, Charlotte la regarda s'éloigner en portant son verre d'eau à ses lèvres.

- Nous avons rencontré Charlie weasley, quel homme charmant, vraiment ! s'extasia tout à coup son père en se tournant vers elle.

Surprise, la jeune femme faillit s'étouffer avec sa boisson, elle toussa quelques instants avant de pouvoir retrouver un souffle normal.

- Ah oui ? répondit-elle alors d'une voix étranglée.

- Le mari de Fleur nous a dit qu'il avait failli jouer dans une grande équipe de Quidditch avant de partir en Roumanie, tu le savais ?

- Je crois en avoir entendu parler, oui… répondit-elle vaguement, ne prêtant pas attention au coup d'œil suspicieux que lui lança sa mère.

- Il doit être très bon sur un balai, lança cette dernière avec une voix qui ne lui plut pas du tout.

La blonde se tourna vers elle et ne manqua pas son sourire malicieux, elle n'aimait pas la tournure que prenait la conversation et tenta d'ignorer le sous-entendu de sa mère.

- Sans doute, marmonna-t-elle en picorant dans son assiette.

- Est-ce qu'il donne des cours particuliers ? Des cours de vol, par exemple ? demanda l'autre, innocemment.

La jeune femme lâcha sa fourchette qui retomba dans l'assiette avec un bruit métallique.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Oui, qu'est-ce que ça veut dire ? questionna son mari, les sourcils froncés.

- Mais rien, je me renseigne voilà tout. J'aimerais simplement savoir avec qui ma fille a appris à voler sur un balai.

- Quoi ?! s'exclama son père.

- Maman ! s'écria la jeune femme sur un ton de reproche.

- Charlotte, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Je croyais pourtant…, commença son père d'une voix solennelle.

- Papa, je t'en prie…, le coupa-t-elle. N'en fais pas tout un scandale. Il n'y a aucun mal à ce que j'apprenne à voler.

- Non, bien sûr, reconnut-il en se tortillant nerveusement sur sa chaise, perdant toute sa verve. C'est juste que… c'est tellement dangereux, je ne voudrais pas que…

- Ne t'en fais pas, Papa. Ce n'est pas parce que tu as fait une chute dangereuse autrefois qu'il va m'arriver la même chose… Si ça peut te rassurer je ne suis pas montée sur un balai depuis que j'ai quitté l'Angleterre.

- Ah… Bien, fort bien… Et donc ce serait ce… Charlie qui t'aurait…

Heureusement pour la jeune femme son père fut interrompu par des « Aaah ! » qui s'élevaient un peu partout sous le chapiteau et Charlotte en profita pour quitter la table. Vers la table d'honneur lévitait doucement une véritable montagne de crème fouettée surmontée de deux phénix en sucre brillant à la lumière des lanternes, le gâteau venait d'être servi.
La fête battait son plein et pourtant Charlotte avait l'impression d'être derrière un écran, de vivre la soirée de manière édulcorée comme si rien ne la touchait véritablement. Tout lui paraissait si lointain, si fade. Assise sur la balancelle elle fit basculer sa tête et observa le ciel, les étoiles brillaient comme la narguant, lui rappelant inlassablement que tout aurait pu être simple, si simple… La blonde entendit quelqu'un s'approcher et se redressa pour voir Hermione lui présenter une assiette avec un énorme morceau de gâteau avant de prendre place à ses côtés.

- Enfin un peu de répit, soupira celle-ci. Je n'ai pas eu une minute à moi aujourd'hui, je n'ai même pas pu passer un peu de temps avec toi alors que tu es revenue de New-York exprès…

- Hermione, c'est ton mariage. C'est nous qui devons venir vers toi, pas l'inverse.

La jeune femme rigola doucement en secouant la tête, faisant voler les quelques boucles brunes qui s'étaient échappées de son chignon puis se concentra de nouveau sur elle, la mine inquiète.

- Fleur m'a dit pour…

- Oui, on s'est parlé, la coupa la blonde en baissant les yeux.

- Je suis désolée que tu aies eu à subir ça… Si j'avais pu faire quelque chose pour éviter que vous vous parliez alors je…

- Ça va Hermione, ça va, l'arrêta-t-elle. La Française haussa les épaules. Ce n'est pas à toi de réparer les pots cassés, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même… Si j'avais su garder mes distances dès le départ nous n'en serions pas là aujourd'hui.

- Charlotte…, murmura sa cousine. Tu ne peux pas toujours tout contrôler, tout prévoir et tout calculer, c'est impossible…

- C'est toi qui me dit ça ?! Vraiment ? se moqua la jeune femme tandis que la brune levait les yeux au ciel.

- Quand tu vis avec quelqu'un d'aussi imprévisible que Ron, tu t'adaptes.

Le silence reprit ses droits quelques instants pendant lesquels elles mangèrent leur part de gâteau, jetant parfois quelques coups d'œil à la foule des invités qui se mouvaient un peu plus loin, sur la piste de danse.

- Et sinon, comment va Adam ? Je croyais le voir aujourd'hui, reprit sa cousine en posant son assiette vide dans l'herbe.

- Il n'a pas voulu venir, il avait peur de se faire casser la figure, répondit la blonde d'un air sombre.

- Se faire casser la figure ? Mais par qui ?!

- Par mon petit-ami, annonça Charlotte, à contrecœur.

La jeune femme se figea un instant, sa bouche formant un « o » parfait puis éclata de rire.

- Hermione ! Ce n'est pas drôle !

- C'est lui tout craché ! Mais arrêtons-nous là, je crois que tu as un admirateur, déclara-t-elle soudainement, un sourire malicieux plaqué sur son visage.

- Pardon ? Qui ç…

- Excusez-moi de vous déranger, dit une voix masculine près d'elles.

La blonde se tourna vivement vers son propriétaire et avisa Connor Davis dont le sourire ne semblait jamais le quitter.

- Il n'y a pas de mal, Connor, répondit gentiment Hermione.

- Est-ce que je pourrais avoir le plaisir de danser avec vous ce soir ? demanda-t-il finalement en tendant une main vers la Française.

Celle-ci bafouilla un instant, décontenancée face à cette demande, et alors qu'elle allait refuser sa cousine lui fit un regard insistant, l'enjoignant à suivre le jeune homme. Charlotte abdiqua et s'empara de la main du brun, il l'emmena sur la piste de danse, posa son autre main sur sa hanche et prit la valse en cours. La jeune femme se sentit mal à l'aise d'avoir les regards ainsi braqués sur eux et tandis qu'ils dansaient depuis quelques minutes elle perçut un regard plus insistant encore que les autres, la blonde tourna la tête et croisa une nouvelle fois deux orbes délavées parmi la foule. Inconsciemment elle se mit à rougir et se concentra sur son cavalier qui raffermit sa prise sur elle, rapprochant davantage leurs deux corps. La jeune femme retint un hoquet de surprise quand Connor fit glisser sa main plus bas dans son dos, cependant elle ne put faire de réflexion car quelqu'un les interrompait déjà et Charlotte reconnut son père.

- Je peux ? demanda-t-il au jeune homme.

- Euh…, marmonna-t-il en se tournant vers sa partenaire, celle-ci lui fit un signe de tête positif et il la laissa à contrecœur, s'éloignant de la piste de danse.

- Merci…, souffla-t-elle à l'adresse de son père.

- Il n'y a pas de quoi, sourit ce dernier.

En avisant les invités sur le côté la jeune femme vit que Charlie avait disparu. La jeune femme soupira doucement avant de laisser sa tête reposer sur l'épaule de son cavalier.

- Tu sembles préoccupée…

- Non, je…. Elle soupira une nouvelle fois avant de relever les yeux et d'observer son partenaire. Ça se voit tant que ça ?

- Je n'ai jamais vu une mine aussi sombre à un mariage, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien d'important, c'est juste que… C'est tellement étrange de se retrouver là alors que j'ai été seule, éloignée de tous, pendant plus d'un an… Je m'étais habituée à cette situation… en quelque sorte.

- Et quel est le verdict ?

- Je crois que j'aimerais revenir en Angleterre, j'ai adoré ma vie ici et mon travail me plaisait… C'est ridicule, je dis ça comme si ce que je fais à New-York est détestable alors que ce n'est pas le cas… Parfois je me sens juste… perdue.

- Qu'est-ce qui t'en empêche ? Qu'est-ce qui t'empêche de revenir à Londres ?

Une malédiction ? Charlie Weasley ? L'abominable certitude de souffrir plus encore qu'aujourd'hui ? Charlie Weasley ?... Charlotte sourit avec amertume, préférant ne pas répondre.

- Une peine de cœur ? demanda finalement son père.

- C'est à peu près ça…

- Est-ce qu'il est ici ? questionna-t-il en regardant de tous les côtés, manquant de lui marcher sur les pieds.

- Papa ! Est-ce qu'on pourrait éviter d'avoir ce genre de discussion au beau milieu d'une valse ?! murmura-t-elle avec véhémence.

L'homme face à elle haussa les épaules et se mit à sourire, les yeux pétillants de malice.

- Est-ce que c'est un oui ?

La jeune femme ne répondit pas, détournant son regard alors qu'elle sentait ses joues s'enflammer à nouveau. Son père éclata de rire.

- Tu sais quoi ? Faisons comme si nous n'avions jamais eu cette conversation, déclara-t-elle, vexée que son père puisse aussi bien la comprendre.

Quand la musique s'arrêta et que chacun applaudit, Mr de Montmorency raccompagna sa fille s'asseoir et invita son épouse à danser. Charlotte demeura seule un moment, pendant quelques minutes elle observa les danseurs ; Ron faisait sans cesse tourner Hermione qui riait à gorge déployée, sa robe virevoltant à chacun de ses mouvements, au milieu de la piste Andromeda Tonks avait pris Teddy en otage et le serrait dans ses bras en faisant de grands pas de danse, à leurs côtés Victoire rigolait, tenant les mains de ses deux parents qui grimaçaient à chaque fois que la petite fille leur marchait sur les pieds. La jeune femme eut, pour la première fois depuis qu'elle était arrivée à ce mariage, une sensation de bien-être, elle se prit à sourire un instant, savourant ce court moment de bonheur qui l'enveloppa tout entier. Cependant elle fut coupée dans sa quiétude par un rire clair qui résonna à ses oreilles de manière étrange, faisant remonter des frissons le long de sa colonne vertébrale. Elle se retourna pour en identifier la source et remarqua Charlie qui rigolait avec Fred et une femme qu'elle ne connaissait pas. Son frère lui fit un coup de coude et la désigna d'un mouvement de tête, le dragonnier regarda dans sa direction et elle lui fit un sourire incertain, il tourna la tête et reprit sa discussion avec Fred, comme si elle n'existait pas, comme si elle n'avait jamais existé. La blonde baissa vivement la tête, un sanglot coincé dans sa gorge tandis que ses mains trituraient violemment les perles dorées brodées sur sa robe, persuadée d'avoir perdu quelque chose ce soir-là, à Poudlard, quelque chose qu'elle ne pourrait sans doute jamais retrouver… Et elle ne pouvait que s'en mordre les doigts.


Au loin, elle pouvait entendre les échos depuis la cuisine du Terrier où les serveurs s'affairaient encore à nettoyer et ranger la vaisselle, les invités ainsi que les jeunes mariés avaient quitté le chapiteau bien plus tôt dans la nuit mais elle, elle était restée là, voulant savourer ces derniers instants de paix qu'on lui offrait. Appuyée sur une colonne Charlotte observait la piste de danse, désormais vide, à peine éclairée par les lanternes qui flottaient çà et là tandis que les voilages blancs voletaient doucement sous la brise du soir. La jeune femme ne put s'empêcher de frissonner, un sentiment de nostalgie fit tout à coup gonfler sa poitrine et elle sourit avec mélancolie. Elle était partagée entre la joie d'avoir retrouvé ses proches, ses amis et la tristesse de les quitter à nouveau... Comme ils lui avaient manqués, comme il lui avait manqué... Elle soupira face à la douleur que lui inspirait cette pensée et ferma un instant les yeux, elle perçut du mouvement derrière et pourtant ne bougea pas, gardant obstinément ses paupières closes. La blonde sentit une présence à ses côtés, elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qui était là, à la manière dont son cœur battait dans sa poitrine il ne faisait aucun doute que Charlie se tenait près d'elle. Soudain la Française sentit une main glisser dans la sienne. Surprise, elle ouvrit les yeux et lança un coup d'œil au rouquin à côté d'elle, celui-ci tourna finalement la tête vers elle. Son regard était indéchiffrable.

- Viens, dit-il alors d'une voix rauque et ensemble ils traversèrent la piste de danse avant de se retrouver de l'autre côté du pré, à l'horizon les collines dormaient paisiblement sous la couverture étoilée de la nuit.

Ils marchèrent un long moment dans l'herbe fraîche, seuls les bruits de leur pas se faisaient entendre, parfois un gnome passait devant eux en courant maladroitement sur ses petites jambes mais ils n'y prêtaient guère attention. Charlotte attendait, anxieuse, se demandant si elle devait dire quelque chose ou simplement espérer que le dragonnier prenne enfin la parole.

- Je ne sais pas si tu es au courant, déclara-t-il après un long moment, mais j'ai accepté le poste à Bed…

- Je sais, le coupa-t-elle précipitamment. Je suis au courant bien sûr et je voulais te féliciter… C'est vraiment bien que tu sois là-bas…

- Cole m'a suivi et il a… il est papa maintenant.

- Ah oui ? s'exclama la blonde d'une voix étrangement aiguë. C'est fabuleux, vraiment… Il doit être content…

- Oui, enfin ça fait quelques mois maintenant, Oliver aura un an en septembre.

Inévitablement la jeune femme se rendit compte que la vie avait continué son cours pour chacun d'entre eux cependant elle ne fit aucune remarque, c'était déjà tellement inespéré que Charlie lui parle normalement comme si… comme si rien ne s'était passé…

- Ecoute… Je ne voulais pas m'énerver tout à l'heure mais…

- Non ! l'arrêta-t-elle. Non … tu as eu raison… Je n'ai pas été correcte avec toi, c'est vrai… et j'aurais dû répondre à tes lettres mais je pensais avoir été claire cette dernière fois à Poudlard lorsque je te disais de ne plus m'écrire et de ne pas espérer quelque chose de moi… Je ne peux rien t'offrir Charlie, il faut que tu le comprennes avant qu'il ne soit trop tard.

Le rouquin s'arrêta et elle en fit de même, il se tourna vers elle et l'observa longuement, tentant de la sonder. Mal à l'aise, la jeune femme préféra détourner les yeux et reprit la marche, se figeant de nouveau quand il répliqua.

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé cette fois-là pour que tu me repousses de la sorte – Non laisse-moi-finir s'il-te-plaît, dit-il alors qu'elle ouvrait la bouche – mais simplement, j'aurais aimé comprendre plutôt que de rester dans l'ignorance pendant des mois. Comprend-moi, tu m'as embrassé et ensuite tu as disparu sans me donner une seule nouvelle, c'était complètement déroutant ! C'est !... C'est toujours complètement déroutant…, ajouta-t-il dans un souffle. J'ai attendu tu sais, j'ai attendu à Sainte-Mangouste, en Roumanie et ici, en Grande-Bretagne, espérant après une de tes lettres, mais maintenant… maintenant je ne sais pas quoi faire et je me demande encore si c'est une bonne idée d'être là à tenter de comprendre une nouvelle fois alors que tu ne sembles toujours pas décider à me dire ce qui a pu clocher à l'époque… Mais je t'en prie, ajouta le jeune homme en levant les bras devant lui. Cesse de me repousser comme tu le fais, je sais que tu ne penses pas un mot de tout ce que tu m'as balancé à la figure cette fois-là, pas plus qu'aujourd'hui !

- Je t'assure… je le pense vraiment, répondit Charlotte d'une voix mal assurée, encore bouleversée par ce qu'il venait de lui dire. J'aurais aimé que rien ne se passe… Rien du tout…

Charlie s'approcha vivement d'elle, ses cheveux lâches formant un halo de feu autour de sa tête. Il prit son visage entre ses mains et ancra son regard dans le sien, comme si il essayait de lire quelque chose au plus profond d'elle, comme si il essayait de la déchiffrer. A peine quelques centimètres les séparaient désormais…

- Alors je veux que tu me le dises dans les yeux, maintenant, déclara-t-il brusquement. Je veux que tu me dises de partir et de ne jamais revenir vers toi, de ne jamais espérer quelque chose de toi… Et simplement là… là je saurais que tu le penses sincèrement.

A ses oreilles, sa voix résonnait comme une sentence et Charlotte savait qu'elle était tout à fait incapable d'accéder à cette requête. Elle ne pouvait pas mentir, pas indéfiniment.
Charlie resta un moment à la fixer, attendant une réponse de sa part, une réponse qui ne vint pas.

- Tu ne peux pas nier qu'il s'est passé quelque chose…, murmura-t-il enfin, comme une supplique, laissant glisser son pouce sur sa joue.

- Et c'est ce qui me fait peur…, avoua la blonde en se défaisant de sa poigne. Elle lui tourna le dos et croisa ses bras sur sa poitrine dans un pauvre geste de réconfort, sentant l'émotion l'envahir rapidement. Elle ne savait pas ce qu'elle devait faire, elle ne savait plus… La jeune femme semblait coincée quelque part dans l'imbroglio de ses sentiments, une situation faite de contradictions dont elle ne pouvait sortir sans que cela ne soit pas fatal pour l'un d'entre eux. C'était l'impasse… Charlotte entendit alors le rouquin pousser un profond soupir de lassitude, elle l'entendit bouger puis le vit la dépasser, prenant la direction du Terrier.

- Il n'y a pas un seul jour où je n'ai pas pensé à toi…, déclara-t-elle précipitamment, dans un ultime geste pour le retenir, …ou à la façon dont je m'étais comportée… Cette culpabilité m'a suivie chaque jour, chaque jour ! J'espérais que le temps fasse son œuvre, que tu passes à autre chose et que tu me laisses vivre ma vie mais non ! Non !..., s'emporta la jeune femme, presque hystérique, tandis que Charlie demeurait figé, le dos tourné. Pourquoi quand je mets tant d'efforts à te repousser tu en redoubles pour te rapprocher davantage ?! N'importe qui aurait laissé tomber après tout ce temps !

Le jeune homme se retourna lentement et haussa les épaules, comme si lui-même ne connaissait pas la réponse. Il lui fit un bref sourire d'excuse avant de répliquer :

- Je ne suis pas n'importe qui.

Charlotte eut un rictus étranglé, partagée entre l'envie de rire et celle de pleurer.

- Ça… je l'ai bien compris, parvint-elle à répliquer dans un marmonnement.

Elle laissa le dragonnier se rapprocher d'elle, un instant il scruta son visage comme pour y déceler une quelconque trace de mensonge puis son expression changea et sa figure se fendit d'un sourire. Doucement il leva la main à hauteur de ses yeux et fit glisser une mèche de cheveux derrière son oreille, la jeune femme réprima un frisson lorsque sa peau rencontra la sienne.

- C'est complètement fou, c'est insensé…, souffla-t-elle douloureusement. Je… je repars demain pour New-York et je ne peux rien te promettre…

Charlie la fit taire d'un geste de la main avant de réduire l'espace qu'il y avait entre eux.

- Alors, profitons de ce qui nous est donné, murmura-t-il simplement.

Et il l'embrassa, presque brutalement, comme si il voulait lui transmettre toute la souffrance qu'il avait accumulé ces derniers mois, comme si il voulait qu'elle partage la sienne à son tour. Charlotte sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine, elle pouvait entendre chaque battement lui vriller les tympans tandis que son corps se consumait, brûlant d'un feu qu'elle n'avait encore jamais connu. C'en était presque douloureux, douloureux au point de ne plus savoir si c'était ce baiser ou simplement les runes sur sa poitrine qui provoquait cela. Mais, aussi étrange que cela pouvait paraître, elle n'en avait cure… La jeune femme voulait juste profiter de cette sensation encore et encore, de peur qu'elle ne disparaisse à nouveau et cette fois-ci, pour toujours. Charlie fit glisser sa main le long de son dos, elle frissonna au contact de sa peau brûlante et enroula ses bras autour de son cou dans le seul but de s'approcher davantage du rouquin. La Française avait l'impression d'avoir passé des heures et des heures à l'embrasser et pourtant, quand leurs lèvres se séparèrent, elle en voulut plus. Tandis que son cœur se remettait doucement de sa course effrénée le jeune homme ne la lâcha pas et la garda serrée contre lui, ses bras autour de ses épaules, craignant sans doute qu'elle ne s'échappe mais cette fois-ci, Charlotte ne voulait pas partir, pas tout de suite. Avec douceur il posa son front contre le sien et garda les yeux obstinément fixés sur elle, leurs cils se touchant presque. Le rouquin libéra une de ses mains qui vint caresser sa joue avant de glisser sur sa nuque à nouveau.

- Tu m'as manqué..., déclara-t-il d'une voix rauque.

La jeune femme lui fit un faible sourire mais ne répondit pas, préférant se réfugier dans ses bras et respirer à nouveau cette odeur si rassurante de pin et d'air frais qui le caractérisait tant.

- Cette parenthèse est tout ce que je peux t'offrir, souffla-t-elle finalement contre son torse alors qu'il jouait avec une boucle de ses cheveux.

- Je sais, répondit-il dans un murmure douloureux.

La blonde se défit lentement de son étreinte mais garda sa main dans la sienne.

- Quand je vais partir, il ne faudra pas que tu m'attendes Charlie, annonça-t-elle sans détour. Pas cette fois.

- Pourquoi ?

« Parce que je ne peux être avec personne, parce que je suis trop dangereuse, parce que je ne reviendrais pas… » faillit-elle dire.

Charlotte s'approcha de lui, prit son visage entre ses mains et s'empara de ses lèvres une dernière fois, une ultime et dernière fois. Le rouquin glissa son bras autour de sa taille et la serra contre lui dans ce qu'il sentait être, sans doute, une dernière étreinte. Quand ils se relâchèrent la jeune femme lui adressa un bref sourire auquel il répondit vaguement.

- Pourquoi j'ai cette impression que tes au revoir sonnent comme des adieux ? demanda-t-il alors qu'elle s'éloignait de lui.

- Peut-être parce que c'est le cas, avoua la blonde avec un haussement d'épaules avant de disparaître dans la nuit.


Charlotte était à King's Cross depuis plus d'une heure, encore indécise sur la prochaine marche à suivre. Il était à peine plus de sept heures du matin et pourtant les voyageurs étaient déjà nombreux à se presser dans le hall de la gare. Après une autre volée de minutes la jeune femme se leva de son siège de plastique et avisa sa montre, d'un pas incertain elle se dirigea vers les guichets mais quelqu'un l'interpella.
La blonde fit volte-face, les sourcils froncés, et porta une main à son visage quand elle reconnut l'homme qui se tenait près d'elle.

- Co… comment as-tu su ? questionna-t-elle d'une voix blanche.

- Fleur… Elle m'a dit… elle m'a dit que tu serais là.

- Je pensais t'avoir dit de n…

- Ne repars pas là-bas, la coupa Charlie d'une voix suppliante.

Il avait la tête de quelqu'un qui avait peu dormi, ses cheveux plus fous encore qu'à l'accoutumée avaient été noués à la va-vite dans un élastique. Parmi les costumes trois pièces, les attachés-cases et les tailleurs qui passaient à côtés d'eux il détonnait franchement ; son jean troué et ses espadrilles lui donnait l'air de quelqu'un qui s'apprêtait à partir en vacances. A vrai dire il était loin de l'image que l'on pouvait se faire d'un directeur, accoutré ainsi il avait davantage l'apparence d'un surfeur ou d'un animateur de colonie de vacances. La jeune femme chassa ces pensées de son esprit, tentant par la même occasion de refouler l'envie irrépressible de se blottir contre lui et reprit enfin la parole.

- Il le faut.

- Alors laisse-moi au moins t'écrire.

- Je... Non, on ne peut pas..., murmura-t-elle, les yeux fixés sur ses chaussures.

- Je t'en prie, je vais devenir dingue si je n'ai pas de tes nouvelles !

- Tu ne sais pas ce que tu me demandes, souffla-t-elle avec une voix étranglée.

Charlie s'approcha d'elle et prit son visage en coupe, l'obligeant à le regarder et doucement il fit glisser son pouce sur sa joue. La blonde dut garder tout son sang-froid pour ne pas craquer, il fallait qu'elle parte, il le fallait à tout prix...

- Je dois y aller, déclara-t-elle alors en se défaisant de son étreinte.

Elle lui fit un faible sourire avant de s'éloigner, luttant contre l'élan de tristesse qui l'envahit à cet instant mais ce n'était rien comparé à la douleur dans sa poitrine qui était revenue au galop.

- Charlotte ! entendit-elle encore une fois.

La concernée se figea, peu sûre de vouloir encore affronter le regard du dragonnier. Finalement elle se retourna et avisa Charlie, à quelques mètres à peine, n'ayant pas bougé d'un pouce. Les bras ballants et l'air bouleversé, il haussa les épaules. Il n'en fallut pas plus à la jeune femme pour revenir vers lui, elle se jeta dans ses bras et le serra de toutes ses forces tandis qu'il cachait son visage dans ses cheveux, elle sentit qu'il prenait une grande inspiration comme pour s'imprégner une dernière fois de son parfum. La blonde ferma les yeux, ravala ses larmes et se détacha tant bien que mal du jeune homme.

- Il faut que j'y aille.

Il acquiesça doucement puis lâcha sa main dont il s'était emparé, elle lui fit un dernier signe d'adieu et reprit la direction des guichets. Quand elle arriva dans la file d'attente Charlotte lança un regard par-dessus son épaule, le rouquin avait disparu.

- Pour quelle destination vous faut-il un billet ? demanda alors l'employée moldue lorsque ce fut à son tour d'être servi.

- La France.


Note de l'auteur : Okkkk, je me suis un peu lâchée sur la fin et le côté guimauve, mille excuses mais j'en avais trop envie ! ^^ Alors, que dites-vous de ce chapitre ? Charlie et Charlotte font la paix, enfin... à moitié, et ils se sont embrasséééés ! Youhou ! J'ai pris grand plaisir à écrire cette dernière partie et j'espère que vous en avez pris autant à la lire ! ;)

A bientôt ! :)

Blond'sparkle