Chapitre 25 - O Captain, My Captain
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Remus ouvrit un œil. Un rayon de soleil tombait sur ses yeux depuis le rideau de sa petite chambre d'hôtel. Il attrapa sa baguette en faisant le moins de mouvements possibles pour le refermer.
Nymphadora dormait allongée contre lui. Elle le prenait très clairement pour un ours en peluche géant, mais il n'était pas vraiment vexé. Il doutait qu'elle embrasse son doudou avec autant d'enthousiasme.
Il remonta la couverture de peur qu'elle ait froid et la sentit bouger pour se serrer encore plus contre lui. Il referma ses bras sur elle comme pour former un cocon. Il aurait aimé être capable de la protéger du monde. D'un monde sans Dumbledore.
Elle était vraiment plus petite que lui à présent. Il avait toujours pu poser son menton sur sa tête sans problème, mais même quand ils étaient allongés, à présent, la pointe de ses orteils atteignait à peine ses pieds.
- Nymphadora ? Hé, Nymphadora ? Tu vas être en retard…
Elle prenait son service à six heures et demi.
- Hé ! grommela-t-elle sans même ouvrir un oeil. Si tu m'appelles encore Nymphadora, je t'embrasse, tu te rappelles ?
- Non, je ne me rappelle pas… Nymphadora.
- Arrête.
- Nymphadorâââaaaaa !
- Maiheu ! Pire que Sirius, je te jure !
Elle tenta d'attraper un oreiller pour le frapper, mais ne trouva qu'un soutien-gorge, ce qui était franchement moins impressionnant (et plus douloureux). Elle le repoussa en riant.
Bien qu'elle aime ce petit jeu, elle acceptait de mieux en mieux son prénom. Surtout quand il était prononcé sans moquerie, et avec autant d'amour. Tonks dans le milieu professionnel lui suffisait et Nymphadora dans le privé. C'était un parfait équilibre entre deux identités qu'elle n'estimait pas distinctes mais complémentaires.
Elle changeait. Il le fallait.
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- L'enterrement commence dans une demi-heure. J'ai pensé que Bill voudrait y aller.
Ginny avait fait un crochet par l'infirmerie avant de descendre petit déjeuner. Elle avait eu l'impression, de toute façon, qu'Harry voulait être seul.
- Il est trop faible… commença Fleur, même si elle connaissait son fiancé.
- Je veux y aller, dit Bill.
- Même si Mrs Pomfresh te l'a déconseillé ?
- Encore plus si elle me l'a déconseillé… On parle de faire mes adieux à Albus Dumbledore, pas à je-ne-sais-quel Weasley cousin au huitième degré. Laissez-moi le temps de m'habiller.
Il disparut derrière un paravent. Sa démarche n'était pas encore sûre, mais Ginny voyait tout de même une amélioration.
- Merci pour tout ce que tu fais, Fleur.
- Toi aussi tu me pensais pas assez sérieuse pour lui ?
- Moi, je connaissais une partie de ta personnalité que les autres ne connaissaient pas. Pas la même que Bill, pas la même que Tonks, mais je savais que tu étais une excellente prof particulière et que tu avais la tête plus remplie que certains ne le pensaient.
- Oh ta maman n'a jamais pensé que j'étais idiote. Du moins, je pense. Seulement… superficielle, hautaine, supérieure, sûre de moi, maniérée, urbaine, …
- Tu n'es pas la seule à avoir du mal à faire valoir autre chose qu'une apparence extra-ordinaire… Parles-en à Tonks…
Fleur sourit. Derrière le paravent blanc, Bill prenait son temps pour réajuster le col de sa robe. Ca valait le coup d'entendre sa petite sœur et sa future femme, sans doute les deux femmes dont l'opinion lui importait le plus, signer ainsi leur alliance.
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Tonks regarda d'un air morne le soleil éblouissant qui chauffait le parc de Poudlard. Officiellement, elle était là en tant qu'Auror chargée d'assurer la sécurité et d'escorter les élèves au Poudlard Express après la cérémonie. Dans les faits, elle était une amie de Dumbledore venue faire ses adieux. Pas seulement à lui d'ailleurs. Elle voyait aux regards que lançaient les élèves à la Grande Salle et aux autres parties du château que tout le monde pensait à la même chose. Septième et première année confondus disaient au revoir à l'école telle qu'elle avait été pendant près de cinquante ans.
Remus pensait que McGonagall ferait une bonne directrice et qu'elle se battrait pour que l'école reste ouverte. Mais Tonks savait aussi que beaucoup de parents préfèreraient envoyer leurs chères têtes blondes dans d'autres écoles ou leur enseigner eux-mêmes. La peur gagnait du terrain. La présence de Dumbledore l'avait tenue en respect pendant près d'un an, mais cette ère était finie.
Elle croisa le regard de Ginny, mais celle-ci ne la reconnut pas (Nymphadora portait son « visage de service »).
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La Gryffondor mangeait son petit-déjeuner uniquement parce que le trajet de retour allait être long. Les tenues de cérémonie remplaçaient les uniformes autour d'elle. Il y avait une tension dans l'air, et ce n'avait rien à voir avec le fait que Ron ait Percy dans son champ de vision. Ginny n'était pas énervée de le voir. Pas plus aujourd'hui qu'un autre jour, en tous cas. Son grand frère avait une tête affreuse. Elle savait qu'il reviendrait à la raison (et la maison) tôt ou tard, et que malgré tout, il avait longtemps respecté Dumbledore.
Lorsque McGonagall se leva, Ginny donna un coup de coude à Harry. Il était l'heure.
Tonks remarqua que McGonagall menait les Gryffondors. Elle était donc encore dans son rôle de directrice de maison, pas encore de directrice de l'école. Tonks savait qu'un conseil d'administration historique aurait lieu cet après-midi-là pour décider de l'avenir de l'école. Elle se demanda vaguement si sa tante Narcissa aurait l'audace de se déplacer, pour combler la place vide de son mari.
Nymphadora attrapa la main de Remus et changea son visage pour redevenir elle-même. Son poor lonesome cowboy avait enfin admis qu'une Calamity Tonks a ses côtés ne serait pas trop mal. Elle était heureuse.
La foule dehors était étonnante de variété. Dumbledore avait marqué son temps, toutes générations et tous milieux confondus. Elle remarqua plusieurs visages étonnants dans la foule. Le gratin de la société magique, bien sûr, plusieurs membres du Magenmagot et du Ministère, des commerçants du Chemin de Traverse, ce…bousier de Skeeter, et même Alberforth Dumbledore, qui restait en retrait. Elle se demanda vaguement ce à quoi pouvait bien penser le frère d'un défunt quand il avait autant détesté ce frère. Sirius lui avait dit avoir été ébranlé par la mort de son propre frère justement parce qu'il ne l'avait pas connu assez pour être sincèrement triste.
Molly lui sourit en voyant qu'elle tenait la main de Remus. Celui-ci fit un geste pour aider Neville à s'asseoir, mais la jeune Luna Lovegood prit sa place avec un sourire. Ces jeunes étaient vraiment extraordinaires, pensa-t-elle.
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Ginny ne pleura ni pendant le chant des sirènes, ni pendant le discours du maître de cérémonie, mais quand elle vit le suaire coloré et brodé dans lequel le corps de Dumbledore avait été enveloppé. Combien d'hommes se faisaient enterrer dans un suaire violet à étoiles d'or ? Elle était certaine que ç'avait été parmi ses dernières volontés.
Hermione pleurait également. Ron tentait de préserver les apparences, mais Ginny s'attendait à voir Harry se briser à chaque seconde. Le tressaillement de sa bouche pendant qu'il regardait la foule ne lui échappa pas. Elle se souvenait de son premier enterrement, celui de son oncle Bilius, et comme elle avait eu envie de rire, nerveusement, pour rompre la gravité du moment.
Elle savait qu'Harry regardait le lac pour qu'elle ne le voie pas pleurer. Elle observa l'hommage des centaures comme dans un rêve. Elle fut la première à s'arrêter de pleurer. Elle voulait paraître forte quand Harry lui parlerait. Elle n'eut pas longtemps à attendre. Ce fut concis, car attendu.
- On ne peut plus se voir.
- Encore pour des raisons ridiculement nobles?
- Parce que Voldemort s'est déjà servi de mes proches par le passé.
- Et si je m'en fiche ?
- Moi pas.
Il se détourna d'elle et elle le laissa partir. C'avait été aussi simple que ça.
Elle vit Scrimgeour le suivre et esquissa un sourire. Le Ministre ne savait pas ce qu'il allait prendre. Ou plutôt si. C'en était presque suicidaire.
Plus loin, Hermione et Ron se tenaient enlacés, et pleuraient. Elle ne se joignit pas à eux quand ils se dirigèrent vers Harry. Plus maintenant.
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Hermione essuya ses yeux.
Ron n'avait pas retiré tout de suite son bras. Il n'était pas vraiment gêné de leur proximité, preuve que quelque chose avait changé entre eux.
Bien entendu, Harry insinua qu'il allait continuer seul la chasse aux Horcruxes. Encore ce ridicule sens du sacrifice. Hermione savait que le risque zéro n'existait pas. Les lieux magiques, les lieux moldus, les lieux déserts, les lieux très peuplés, il n'y avait plus d'endroit sûr. De havre. Elle avait le choix entre se terrer chez ses parents en espérant que la menace passerait et disparaîtrait d'elle-même. Ou alors, elle acceptait la vérité en face : rien ne se ferait sans elle. Voldemort ne prendrait pas sa retraite sous les tropiques avec Bellatrix pour lui masser les pieds. Poudlard ne serait plus pareil sans un mage barbu assis sur la grande chaise dorée. Tout ne se règlerait pas avec quelques Aurors, une société secrète et un peu de poussière de fée. Le Ministère ne deviendrait pas efficace du jour au lendemain dans la lutte contre les Forces du Mal. Et coller son poing dans le nez de Percy, même pour se défouler, n'y changerait rien, bien que Ron pensât le contraire.
Elle était prête à y passer sa vie, elle aussi. Elle savait quels sacrifices ça impliquait. Abandonner ses parents à la garde de Pattenrond… leur faire oublier jusqu'à son existence. Oublier la leur. Mais elle pensait au bien commun.
Visiblement, Ron n'avait pas encore compris tout ça. Il avait encore l'illusion qu'il reviendrait à Poudlard, qu'ils y reviendraient tous. Mais Hermione savait déjà qu'Harry ne reviendrait pas. Pas seulement parce que son regard suivait chaque pierre de la façade de Poudlard, comme pour en mémoriser chaque brique, chaque relief, mais parce que, comme elle, il ressentait cet appel du devoir.
Dumbledore parti, Harry était le premier en ligne de mire de Voldemort. La présence du Directeur l'avait longtemps protégé, en rendant moins directe la confrontation Voldemort/Harry. Ce temps-là était révolu. Il devait fuir ou mourir. Disparaître ou être tué.
Bien entendu, Harry ne s'attendait pas à ce qu'ils l'accompagnent. Ginny avait raison. Il était parfois un peu idiot.
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Remus s'éloigna du groupe compact d'invités et partit à la recherche de Tonks. Il croisa Andromeda et Ted et leur sourit. Ils ignoraient encore qu'il aimait leur fille, mais ils répondirent tout de même. Tout le monde avait besoin de saluts amicaux le jour de l'enterrement d'un ami. Et quel ami…
Remus la trouva un peu à l'écart, en train de fixer les reflets changeants du Lac.
Tonks avait longtemps essayé, du temps où elle était élève, de capturer ses couleurs, mais il était inimitable. Tout dans cet endroit était unique et devait le rester. C'était une limite de la métamorphomagie qu'elle avait toujours acceptée.
- Comment on a pu se tromper autant sur son compte… ?
Il posa une main sur son épaule. Severus Rogue avait parfaitement joué son rôle.
- Je pensais le connaître… dit-elle. Je pensais qu'on était amis.
- On pensait tous le connaître… ne t'en veux pas…
- M'en vouloir ? Remus, on est tous responsables d'avoir trop écouté Dumbledore. On aurait dû écouter Harry depuis le début.
- Harry se défiait de lui pour les mauvaises raisons.
- Peut-être, mais il était plus proche de la vérité que nous.
Ils restèrent en silence quelques minutes.
- Je ne m'étais jamais rendu compte qu'aimer la couleur « bleu ciel » est complètement idiot.
- Tu en as d'autres des réflexions de ce genre ? sourit Remus.
- Non, vraiment… C'est la couleur variable par excellence. Le ciel peut être bleu foncé, bleu clair, gris, pâle, rose, orange, et on prétend qu'il y a une couleur bleu ciel ? Absurde.
Remus fronça les sourcils. Rita Skeeter passait près d'eux en distribuant sa carte.
- Une interview payée ? demanda-t-elle avec son sourire de crocodile.
Tonks éloigna sa main de la carte criarde qu'elle lui tendit, comme si elle l'eût brûlée.
- C'est à quel propos ?
- Oh, juste une petite biographie de Dumbledore qui sera éditée prochainement par les presses de la Gazette… Un projet très sérieux, avec des révélations proprement scan-da-leuses ! dit-elle avec un grand sourire marketing.
- Sans façon. Vous avez bien conscience d'être à son enterrement ? dit Tonks, glaciale.
La journaliste sourit froidement et leur souhaita une bonne journée. Tonks ne la quitta pas des yeux et dit à Remus, entre ses dents serrées :
- Je peux lui refaire le portrait, dis, dis ?
- Non.
- Rabat-joie.
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Rogue relança un sort de fixation de métamorphose sur son nez crochu. C'était toujours le premier endroit qui se retransformait quand il buvait du Polynectar. Il vit au loin le loup-garou qui parlait à une Tonks aux cheveux colorés.
Ce n'était pas trop tôt. Tonks avait tort de penser qu'il ne la voyait que comme un sujet d'étude en troubles métamorphomagiques. Il l'appréciait. Bien plus que d'autres membres de l'Ordre en tous cas.
Kingsley Shacklebolt regardait dans sa direction avec un peu trop d'insistance. Il jugea bon de disparaître rapidement. Il n'avait pas pu se résoudre à ne pas dire au revoir à Dumbledore.
Il ne l'avait jamais considéré comme son ami. Oh, sans doute que Dumbledore le considérait lui, comme un ami. Et encore. Il y avait toujours eu la barrière du passé entre eux.
Il savait ce que l'Ordre devait penser. Que Rogue le Légilimens avait berné Albus Dumbledore en beauté, en lui demandant de lui faire confiance. Alors que c'était justement parce que le vieux mage lui avait fait confiance alors que Rogue ne le lui demandait pas, qu'il n'avait jamais pu être ami avec Dumbledore. Parce que ça, c'était le rôle qu'il voulait laisser à Lily Evans, pour l'éternité.
Il disparut dans un tournoiement de cape.
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Minerva McGonagall regarda d'un air morne la Grande Salle déserte. Les élèves ne pensaient pas à l'effet que faisait une école vide sur ceux qui y habitaient à l'année. Habituellement, Dumbledore la distrayait le jour où les élèves rentraient chez eux, et elle partait pour sa maison familiale une semaine après, ne revenant que ponctuellement pour gérer les affaires administratives de l'école (inscriptions, résultats d'examens, choix des préfets, etc.). Pas cette année. Cette année, le cliquetis de sa fourchette résonnait dans la salle vide et amplifiait à ses oreilles le bruit de l'absence.
« Dumbledore ne disparaîtra jamais de Poudlard tant qu'il y aura des gens qui lui seront fidèles » avait dit Harry. C'était beau. C'était aussi faux. La présence du mort dans le parc ne protégerait pas l'école contre le reste du monde, comme elle ne savait trop quel talisman. On allait la défier. Le Conseil d'administration qui était organisé cet après-midi allait être un des plus rudes auquel elle assisterait depuis l'ouverture de la Chambre des Secrets. Parce qu'elle n'aurait personne à qui faire un rapport. Elle était la directrice de transition.
Elle avait rendez-vous aux cuisines après le déjeuner. L'elfe nommé Dobby avait été engagé par l'ancien directeur. Elle voulait savoir ce qu'il comptait faire. Veiller sur Harry Potter lui semblait bien plus utile que faire de la soupe pendant les années scolaires à venir, mais elle lui laisserait le choix, selon la volonté de Dumbledore.
Elle devait aussi trouver un nouveau professeur de Défense. Pomona deviendrait son bras droit, sa sous-directrice, si elle acceptait.
Elle inspira profondément avant d'entrer dans la salle prévue pour le conseil, celle qui était située derrière la table des professeurs. Elle pensait comme Harry et Hagrid que l'école devait rester ouverte. Mais penser qu'un Poudlard comme avant était possible était utopique.
Elle redressa son chapeau et ses épingles à chignon. Elle allait tout faire pour que le Poudlard Express revienne rempli l'année suivante et que les grilles ensorcelées s'ouvrent sur une nouvelle génération d'élèves. Elle allait se battre pour le Poudlard de Dumbledore.
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Tonks attendit que le Poudlard Express disparaisse sous le soleil de midi avant de retourner vers le château. L'Ordre aurait beaucoup à faire ce soir. Elle fit signe à Hagrid, qui portait d'énormes poutres comme s'il s'agissait de fétus de paille. Sa cabane avait été rudement touchée par l'incendie, mais rien qu'on ne puisse réparer.
- Je vous rejoins dans un quart d'heures, dit-il en essuyant son front avec un mouchoir à l'horrible couleur orange.
Elle acquiesça et continua sa route.
- Il faut remettre en place tous les sorts et les protections mineures qui ont disparu avec la mort d'Albus, disait Remus quand Tonks s'assit.
Ils n'avaient pas prévu de lieu précis pour la réunion. Finalement, l'Ordre s'était assis dans un coin du parc de Poudlard, au milieu de la pelouse ensoleillée. Ils étaient assez exposés pour voir venir un espion et dans un endroit trop peu évident pour qu'on vienne les y chercher. Il y avait les cinq Weasley, Fleur, Kingsley, Remus, Alastor, Hagrid, Elphias, Hestia et Dedalus, mais nulle trace de Minerva, qui semblait encore à son conseil d'administration, ou de Mondingus, sans surprise. L'absence de Severus par contre, rayonnait dans le cercle comme le signe de sa trahison.
- Mes réseaux d'exfiltration vers la France tiennent toujours, dit Fleur.
- Et heureusement, dit Arthur, parce qu'on ne pourra pas être partout. J'ai entendu plusieurs parents à l'enterrement qui disaient qu'ils allaient quitter le pays dans la semaine.
- Madame Maxime n'a jamais eu autant de demandes d'inscriptions d'élèves étrangers, confirma Fleur, qui était la porte-parole de la demi-géante pour cette réunion.
- Vous pensez que Minerva gardera sa place ?
Plusieurs acquiescèrent. On savait qu'elle était la « femme de Dumbledore » comme Harry en était l'homme, mais elle avait le soutien du Ministère et de tous ses anciens élèves.
- Est-ce que vous avez déjà réfléchi à un nouveau « dirigeant » de l'Ordre ? dit Tonks.
- C'était l'Ordre du Phénix. Ça a toujours été fait pour que Dumbledore le dirige, fit remarquer Elphias.
- Et les jeunes ont dirigé l'Armée de Dumbledore, et ils n'avaient pas le directeur avec eux, seulement ses idées, fit remarquer Molly.
- Tu proposes qu'Harry prenne sa place ? dit Remus, surpris d'être le plus réticent des deux à accepter cette idée.
- Je ne dis pas qu'Harry doit arrêter ses études pour aider l'Ordre à temps plein ! Mais je pense qu'Harry sait ce que Dumbledore voulait et qu'on devrait l'assister comme on le peut. Il me paraît être l'héritier tout désigné de Dumbledore. Ce n'est pas une question d'âge, mais d'information et d'intérêt pour l'Ordre.
- Je suis d'accord avec Molly, les « anciens » semblent tout désignés - Fol'œil, Minerva ou Remus - mais Harry doit être dans la boucle, parce que sans lui, on n'avancera pas, on saura seulement ce qu'il faut faire maintenant, mais pas dans quelques semaines, dit Tonks.
- Il est jeune. Et je ne pense pas qu'il veuille d'une autre Armée de Dumbledore, comme vous dites, dit Remus. Harry est rentré chez son oncle et sa tante. On doit se débrouiller sans lui jusqu'à son transfert. J'espérais qu'il viendrait parler à l'un de nous après l'enterrement, mais je pense que si Dumbledore lui a confié quelque chose à faire, il voudra faire cavalier seul.
Sans doute Ron et Hermione feraient-ils partie du tableau, mais certainement pas une bande d'anciens combattants de la Première guerre des Sorciers. James non plus n'aimait pas diriger. Il préférait agir.
- Alors l'Ordre doit évoluer, dit Alastor. S'organiser sans chef prédéfini. Mettez sur la table l'ordre du jour et on traitera comme on peut chaque problème. Pour l'heure, nos priorités sont la sécurité d'Harry, de tous les sorciers et sorcières que Dumbledore protégeait et qui sont à présent démunis.
- D'accord avec Fol'œil, dit Bill, accompagné d'hochements de tête.
- Moi aussi, dit Tonks.
Et ainsi fut signé le début d'un nouvel Ordre, sans le Phénix. Le capitaine pouvait bien manquer, mais le vaisseau ne coulerait pas sans que tout l'équipage se batte.
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Voilà pour aujourd'hui ! Accio review !
