Pas d'inquiétude, je suis là, je vais bien, et je n'abandonne pas ! ^^
Bon, en fait ça ne fait que deux semaines, mais j'ai l'impression de vous avoir abandonnés pendant des siècles. Ouais, vous m'avez manqué.
A partir de maintenant je pense qu'il n'y aura plus de rythme de publication particulier, ça variera en fonction de mon temps et de mes envies. Mais je tâcherai de ne pas vous laisser sans nouvelles pendant trop longtemps.
Ce chapitre est un peu particulier, il est normalement parfaitement compréhensible mais lisez quand même attentivement le début (la partie en italique) parce que sinon des passages de la fin risqueraient de vous échapper et ça serait dommage parce que je suis plutôt fière de ce que j'ai réussi à écrire ^^
Voilà, un grand merci aux nouveaux arrivants (il y en a eu quelques-uns ces dernières semaines et ça me fait super plaisir :D), et à tous ceux qui me suivent depuis le début et prennent le temps de me donner leur avis en review.
UPDATE : J'ai réalisé que le début pouvait prêter à confusion, alors je précise juste que ce chapitre se déroule directement à la suite du précédent, qui s'achève quand Astrid s'endort, donc c'est bien du POV Astrid.
Bonne lecture :)
XXVI. Entre bleu et vert
J'ouvris les yeux et le vis. Devant moi. Il me souriait.
J'aimais ce sourire. Un sourire naturel, simple et sincère. Son sourire.
Bleu. Un beau bleu. Ses yeux étaient d'un beau bleu clair. Dont j'avais d'ailleurs hérité.
J'y plongeai les miens. Son regard était… hypnotisant. Je ne parvenais pas à m'en détacher. Je pouvais y lire tant de choses… Il brillait d'une intensité peu ordinaire. J'étais envoûtée par ses prunelles. J'aimais m'y perdre.
Mais il cligna des yeux, et brisa le charme.
J'observai alors son visage. Ses traits marqués par le temps. Ces rides qui lui conféraient une certaine maturité que j'avais toujours admirée. On pouvait presque y déchiffrer son histoire, celle de notre famille.
Il parla. Mais je ne compris pas ce qu'il dit. Je voulais lui répondre, mais je ne pouvais pas. Je n'avais pas compris ce qu'il avait dit. Il répéta.
« Je t'aime. »
Moi aussi, je l'aimais. Mais je ne pouvais pas le lui dire.
Je ne pouvais plus le lui dire.
Il approcha son visage du mien. Ses paupières vinrent masquer ses yeux verts.
Verts.
Il m'embrassa. Je touchai sa peau lisse et sans rides. C'était bon. J'adorais ça. Je lui rendis son baiser. Ses lèvres étaient chaudes. C'était agréable. J'avais chaud. Il me donnait chaud. Mes mains étaient moites.
Cette chaleur… il était le seul à pouvoir la réveiller en moi. C'était tellement bon. Embrasse-moi encore… Il anticipait mes désirs. Je n'avais pas besoin de parler. Mais j'avais pourtant une chose à lui dire. Une chose importante. Mais je ne pouvais pas, ma bouche était occupée. Avec la sienne. Je sentais son souffle chaud. Son haleine chaude. Sa salive chaude. Sa langue chaude. Brûlante de désir. Brûlante surtout. Oui, brûlante…
Anormalement. C'était trop chaud. Il ne s'arrêtait plus. Ma langue brûlait, la sienne aussi. C'était douloureux. J'essayai de me détacher de lui. Je n'y arrivai pas. Nous étions fondus l'un dans l'autre. Nous ne formions plus qu'un.
Et ça faisait horriblement mal.
Une flamme me lécha la joue. Tout autour de moi n'était plus que feu. Tout se consumait, et pourtant, je restais là. Je brûlais, je souffrais, mais je ne mourais pas.
Je voulais mourir.
Ça faisait trop mal.
Mais j'étais condamnée. Condamnée à vivre avec cette souffrance atroce. Je ne pouvais pas crier, je ne pouvais pas appeler à l'aide. Je me consumais. Lentement, sûrement, douloureusement. Ma peau n'était plus qu'un amas de lambeaux de chair calcinée.
Mon cœur s'embrasa lui aussi. Puis j'explosai de l'intérieur. Je me sentis comme sortir de moi-même. C'était une sensation étrange. Ce corps torturé que j'observais se consumer n'était plus le mien.
Je n'étais plus. Plus rien. Je n'avais plus ma place nulle part. La seule solution était la mort.
Sauf que morte, je l'étais déjà.
Astrid ouvrit les yeux et le vit. Devant elle. Il lui souriait.
Elle aimait ce sourire. Un sourire naturel, simple et sincère. Son sourire.
L'espace d'une seconde, elle s'était posé la question. Elle savait que l'un d'eux avait été sauvé. Mais elle ne savait pas lequel. Alors elle s'était posé la question. Lequel aurait-elle préféré voir rester avec elle ?
Mais elle n'avait pas pu répondre. Pas à ça. Souhaiter que l'un vive serait revenu à désirer que l'autre meurt. Et elle n'avait pas pu choisir.
Deux hommes. Deux amours. Différents. Mais tous deux indiscutables. Tous deux indispensables. L'un d'eux l'avait pourtant quittée. Abandonnée là, ne se sentant en droit ni d'être triste ni d'être soulagée.
Et ce regard vert vint confirmer ce que la jeune fille savait déjà : c'était le bleu qui était parti.
Astrid ferma les yeux. Harold lui caressa la joue. Quand elle souleva de nouveau ses paupières, ses yeux brillaient. L'expression du garçon changea.
« Hey, Astrid, qu'est-ce qui va pas ? demanda-t-il.
- C'est rien, juste un cauchemar… » répondit-elle en s'efforçant de poser sa voix.
Le garçon ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire. Elle n'avait pas fait n'importe quel cauchemar, c'était certain. Elle ne pleurait pas, mais il en lisait suffisamment dans ses yeux pour pouvoir affirmer qu'elle se retenait. Et il en fallait beaucoup pour faire pleurer Astrid Hofferson.
Mais il ne savait pas ce qui pouvait la consoler. Ce qu'elle attendait. Des paroles réconfortantes ? Il s'entendait déjà lui servir des phrases toutes faites, et il n'avait pas envie de ça. Alors il attendit, se contentant de lui caresser doucement les cheveux. Astrid se mordait les lèvres en se concentrant sur les gestes d'Harold pour ne pas craquer. Il était là. Pour elle. Et elle n'allait pas se permettre de lui faire porter le poids de son chagrin.
« Je suis désolée, s'excusa-t-elle après de longues minutes silencieuses.
- T'as pas à l'être. Tu veux en parler ?
- Non, c'est bon… »
Elle soupira doucement. Harold la serra un peu plus contre lui.
« Je suis ridicule, hein ? lança Astrid.
- Ça, c'est certainement pas moi qui me permettrais de le penser.» rétorqua le garçon.
La jeune fille sourit, et posa sa tête sur l'épaule de son viking. Elle se sentait incroyablement bien à ses côtés. Il était désormais le seul à qui elle pouvait réellement se rattacher. Et cela la rassurait autant que cela lui faisait peur. Mais pour le moment, il était là. Et c'était tout ce qui comptait. Ou presque.
« Harold, qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ?
- Je sais pas… »
Il n'avait pas envie de savoir, en fait. Il ne se sentait pas prêt à regarder vers l'avenir. Pas si tôt. Il savait que tout était différent ; il venait à peine de se réveiller, mais il l'avait déjà senti. Beaucoup de choses avaient été et allaient être bouleversées, et il n'avait pas envie d'y penser, parce qu'il se savait étroitement lié à chacune de ces choses. Il avait peur. Il savait que tout allait lui retomber dessus à un moment ou à un autre, et même si ça n'était pas la solution il préférait repousser ce moment au maximum.
Alors il évitait d'y penser. Il se concentrait sur Astrid, sur Krokmou, en se disant qu'il avait bien le droit à un peu de réconfort après ce qu'il venait de vivre.
« Je suis désolée, pour hier. »
Astrid avait brisé le silence. Harold n'eut pas besoin de réagir, la jeune fille lui donna des précisions d'elle-même.
« Pour ce que j'ai dit à propos de ton père. »
Harold ne répondit pas. Il se souvenait parfaitement de ce dont elle parlait. Parce que ses mots l'avaient atteint beaucoup plus qu'il ne voulait bien l'admettre.
« Au moins, le tien est encore là. » lui avait dit Astrid quand il avait affirmé que son père était coupable.
Oui, il était encore là. Mais Harold était de moins en moins sûr d'en tirer un réel soulagement.
« J'aurais jamais dû… te balancer ça comme ça, reprit Astrid. C'est pas facile non plus ce que tu vis. C'est peut-être même plus dur. »
Elle pensait à la relation plus qu'orageuse entre Stoïck et son fils depuis ses premiers signes de rébellion. Au mensonge dont elle n'aurait jamais cru Stoïck capable. Son entêtement surtout, malgré la possibilité qu'il avait eue de rattraper les choses avant qu'il ne soit trop tard. Elle pensait à la situation dans laquelle se trouvait Harold à présent. Vis-à-vis de son père, son chef, son village, son avenir. Et elle pensait à sa mère aussi.
Au moins, la mienne est encore là.
« Tu crois pas que c'est complètement débile de chercher à comparer ? lança Harold. De toute façon, rien ne va plus nulle part, on est tous les deux dans une situation difficile. »
Astrid voulut répondre, mais Harold la coupa en enchaînant :
« Et franchement, j'ai pas envie d'y penser, Astrid. »
La jeune fille ravala ses mots. Elle croyait bien faire en s'excusant, mais elle aurait finalement dû ne rien dire du tout.
Harold tourna la tête. Déposa un baiser sur la joue d'Astrid. La jeune fille sourit. Il avait raison ; elle réfléchissait beaucoup trop. Elle se redressa et vint s'asseoir à califourchon sur les genoux du viking, prenant ses deux mains dans les siennes.
« Quoi qu'il arrive, je serai toujours là, lui dit-elle. Tu peux compter sur moi.
- Toi aussi.
- On va s'en sortir. »
Ils se sourirent. En même temps. Astrid se pencha sur Harold. Voulut l'embrasser, mais ses cheveux tombèrent devant son visage. Le garçon secoua la tête en riant.
« Je te l'avais dit, c'est pas pratique. » râla la viking.
Harold ne répondit pas, se contentant de délicatement coincer une mèche blonde derrière son oreille. Il laissa sa main s'attarder sur sa joue, qu'il caressa doucement. Astrid approcha son visage du sien, et déposa un baiser sur ses lèvres. Elle l'avait prévu court, mais Harold la retint en plaçant une main derrière sa nuque. Elle réprima un sourire, se laissant embrasser. Le garçon la tira soudainement vers lui. La viking fut tellement surprise qu'elle lui tomba pratiquement dessus, posant ses bras sur le lit au dernier moment. Harold ne s'était pas arrêté, prolongeant leur baiser en entrouvrant de plus en plus les lèvres.
C'était bon. Elle adorait ça. Elle lui rendit son baiser. Ses lèvres étaient chaudes. C'était agréable. Elle avait chaud. Il lui donnait chaud. Leurs mains étaient moites.
Cette chaleur… il était le seul à pouvoir la réveiller en elle. C'était tellement bon.
Embrasse-moi encore…
Il anticipait ses désirs. Elle n'avait pas besoin de parler. Mais elle avait pourtant une chose à lui dire. Une chose importante. Mais elle ne pouvait pas, sa bouche était occupée. Avec la sienne. Elle sentait son souffle chaud. Son haleine chaude. Sa salive chaude. Sa langue chaude. Brûlante de désir.
Astrid rouvrit brusquement les yeux, et se détacha d'Harold. Ce dernier lui lança un regard interrogateur, surpris par la soudaineté avec laquelle elle avait achevé le baiser. La jeune fille plongea ses yeux dans les siens. Ses yeux bleus. Ses yeux verts.
« Je t'aime. » murmura-t-elle.
Et elle savait au fond d'elle-même qu'elle ne s'était pas uniquement adressée à Harold.
La suite bientôt, je l'espère. Et n'oubliez pas de laisser une petite review :)
