Hello mimi70 ^^ Ce ne serait pas du tout du genre de Voldemort (ou Tom Jedusort à l'époque) de rester inactif. Et je trouvais plus intéressant d'exploiter le journal plutôt que de le laisser se faire oublier. Je suis contente de t'avoir surprise !

De rien Mathilde ! Pour le moment, Mary n'est pas encore prête de trouver qu'il s'agit d'un Horcruxe et ça ne serait pas drôle si elle le savait immédiatement. Je ne sais pas encore ce qu'il va exactement se passer entre Mary et Tom. Je doute qu'ils deviennent amis, mais qui sait, ça n'est pas totalement impossible !

Merci pour la review Rose-Eliade :)

Bonne lecture !


Un courrier inattendu

Début octobre arriva et amena avec lui un air frais et humide qui annonçait que l'automne était bel et bien là malgré le soleil qui brillait encore. Mary regardait le saule cogneur commencer à se parer des couleurs orangée et rouge caractéristiques de la saison en ruminant. La coupe de Quatre Maisons avait recommencé : le premier match qui opposerait Gryffondor à Serpentard aurait lieu au début du mois prochain et avec les entraînements des équipes de Maison, elle avait du mal à trouver des créneaux horaires pour son club.

Elle soupçonnait les capitaines d'équipe de ne pas du tout apprécier son initiative et les Professeurs de les aider à monopoliser le terrain. Heureusement, son tonton Remus était intervenu quand elle lui avait fait part de la difficulté et elle avait pu organiser une cession d'entraînement. Les seuls à être venus avaient été les deuxièmes années qui avaient participé aux premiers matches mais elle ne se laissait pas abattre. Ils avaient beaucoup travaillé et franchement il y aurait au moins un peu de progrès pour les prochains matches. Elle était contente, mais craignait toujours que son club ne finisse par passer à la trappe faute d'élèves motivés.

Mais elle oublia un moment ses préoccupations quand le Professeur McGonagall rappela à la fin de son cours qu'il fallait lui remettre les formulaires d'autorisation de sortie à Prés-au-Lard avant Halloween où aurait lieu ladite sortie. Ce rappel était le bienvenue : Mary avait complètement oublié le précieux laissez-passer au fond de sa valise. Elle n'était visiblement pas la seule et les Serdaigles retournèrent en petit comité voir la sous-directrice pour le lui remettre. Si cette dernière accepta sans broncher tous ceux de ses camarades, elle tressaillit en recevant celui de Mary.

- Votre mère vous a signé l'autorisation, Miss Potter ? demanda t –elle.

- Ça me semble évident, non ? répondit la rousse, étonnée.

- Pas d'insolence Miss Potter. Ce ne serait peut –être pas très prudent de sortir du château vu le contexte actuel.

- Je vous demande pardon ?

- Veuillez partir, s'il vous plaît, demanda l'animagus en se tournant vers les autres troisième année. J'aimerais dire quelques mots en privé à Miss Potter.

Ce n'était peut –être pas la chose à dire à des Serdaigles. Mary les regarda obéir, mais elle était certaine qu'ils n'étaient pas allés bien loin en réalité… En tout cas pour William, c'était assuré : il n'avait jamais hésité à écouter aux portes.

- Miss Potter, je suis navrée de devoir vous apprendre ça mais je ne peux pas en mon âme et conscience vous laisser sortir du château et de la protection qu'offrent les détraqueurs.

- Quoi ? hurla presque la rousse. Je vous ai donné le formulaire ! Vous n'avez pas l'autorité pour faire ça !

- Je suis la sous-directrice de cette école et si je pense que votre sécurité est en jeu…

- Ne pensez pas être plus concernée que ma mère par ma sécurité ! la coupa brusquement la Potter.

- Pourtant, on dirait bien que si. Votre mère sait parfaitement pourquoi je ne peux pas vous laisser aller à Prés-au-Lard…

- Vous voulez parler de Sirius Black ? Oui, elle m'a tout raconté, rajouta la Serdaigle en voyant l'étonnement dans les yeux de l'enseignante.

- Merlin, soupira la directrice des Gryffondors. Vous n'auriez pas dû savoir cela.

- Mais si ! s'indigna t –elle. Quand ça me concerne à ce point je dois être au courant ! Et de toute façon, je ne suis pas plus en sécurité dans Poudlard ! Les détraqueurs, il leur a déjà échappé alors il peut très bien recommencer. Et il a été élève ici comme tout le monde : je suis certaine qu'il n'a pas besoin de votre autorisation pour entrer. Alors je vais aller à Prés-au-Lard que ça vous plaise ou pas !

- Vingt points en moins pour Serdaigle Miss Potter ! s'exclama McGonagall qui n'admettait pas qu'on lui parle comme ça.

- Ça ne change rien. Et je les rattraperais facilement, lui rappela t –elle insolemment avant de faire demi-tour.

Non mais elle croyait quoi cette vieille carne ? Qu'elle retourne manger ses croquettes et la laisse aller Prés-au-Lard ! Sans surprise, Mary trouva tous les Serdaigles l'ayant accompagnée dans le couloir en train d'écouter religieusement. Et immanquablement, ça généra des question. Elle hésita une seconde avant de finalement leur dévoiler ce que sa mère lui avait dit à propos de Sirius Black.

- Et tu la crois quand elle le dit innocent ? demanda Emeli, sceptique. Le Ministère ne peut pas se tromper à ce point là !

- Pourquoi pas ? rétorqua Padma. Ils ont bien interdit le commerce de tapis-volant en Angleterre alors que c'est bien plus conviviale et qu'il s'agit d'un transport magique familiale ce qui manque grandement ici ! Tout ça sous prétexte que c'était dangereux ! Tu parles ! Ils ont juste peur que ça fasse chuter la vente de balais….

- Euh… Quel rapport ? s'enquit Mary.

- Mon père est fabriquant et commerçant de tapis-volant ! rétorqua l'hindoue. Il ne peut plus travailler depuis qu'il est arrivé ici !

- Tu crois que tu pourrais nous en avoir un ? s'enquit William des étoiles dans les yeux.

- Ce serait carrément dément, concéda Mary qui se voyait déjà filer dans l'école ou autours du château sur un tapis volant.

- Arrêtez de rêver : il est illégal d'avoir un tapis-volant chez soi, leur répondit Padma.

- Allez ! Tu ne vas pas nous faire croire que le grand tapis coloré de la salle-à-manger n'est pas magique ! s'exclama William.

Il n'avait bien entendu jamais mis les pieds chez sa camarade. Pourtant, celle-ci rougit et ça se vit malgré sa peau halée.

- Ne fais jamais de la politique ou du droit, lui conseilla Mary avec un sourire. Tu te ferais dévorer.

- Ne dites rien ! s'exclama la concernée. C'est vraiment interdit : mon père aurait une très grosse amende et pourrait bien être expulsé du pays et nous avec.

C'était tout de suite moins drôle et ils hochèrent la tête sérieusement. Mais tandis qu'ils revenaient vers la Tour Serdaigle, William ne put pas s'empêcher d'insister :

- Tu es sûre que tu ne peux pas nous ramener le tapis de la salle-à-manger ?

- Oui, affirma Padma.

- Vous aurez à mon avis plus de chance de savoir comment ensorceler un tapis-volant que de la convaincre de vous en ramener un, commenta Emeli goguenard.

William la fixa une seconde en clignant des yeux bêtement avant de se tourner vers Mary qui sourit en devinant ce qu'il avait en tête et ils fixèrent tous les deux Padma avec un regard innocent.

- Par Vishnu c'est absolument hors de question ! s'exclama la Serdaigle. C'est un art difficile et secret ! Et vous risquez de vous tuer si vous volez sur un tapis mal ensorcelé. C'est non !

Mais il y avait vraisemblablement une chose qu'elle n'avait pas compris en deux ans : on ne disait pas non à Mary et William. Ils passèrent la semaine suivante, puis deux autres à la harceler à ce propos. A toute heure du jour et de la nuit. Oui, Mary avait exprès fait sonner son réveil en pleine nuit pour lui demander. C'est qu'elle pouvait se montrer redoutable quand elle voulait quelque chose : elle n'avait rien à envier à son frère.

- D'accord ! finit par céder Padma. D'accord ! Mais arrêtez de me harceler par mes ancêtres !

Et Mary et William se tapèrent dans les mains en signe de victoire sous le regard passablement réprobateur d'Emeli. Mais elle ne fit rien pour les détourner de leur folle entreprise: elle avait abandonné depuis bien longtemps l'idée de les raisonner. S'ils voulaient se tuer, ça les regardait ! Et elle serait en mesure de nier toute implication si jamais ça arrivait.

- Tu es sûre que tu ne veux pas participer Emeli ? insistèrent les deux comparses.

- Même pas en rêve, répliqua la blonde sur un ton définitif. Je préfère encore voler sur un balai.

- Tant pis pour toi.

Et ils se précipitèrent avec enthousiasme jusqu'à la table des Gryffondors avant de prendre place de part et d'autre de Fred et George Weasley, repoussant sans ménagement Lee Jordan et Angelina Johnson.

- Quelqu'un m'explique pourquoi ils ont fini à Serdaigle ces deux là ? demanda Emeli tandis que le volume sonore augmentait sensiblement chez les Gryffondors.

- Parce que le Choixpeau doit débloquer un peu vu son âge, estima Anthony avant de soupirer : On se serait retrouvés entre gens civilisés sans eux.

- Tu plaisantes ? s'effara Emeli. Y'a pas moins civilisé que les Serdaigles !

- Arrête !

- OK, est ce que tu as vu qu'il y a trois 7ème année qui essayent de manger à l'envers depuis le début du repas ? Je crois que tu n'es pas assez observateur.

Les trois désignés étaient effectivement assis avec les pieds sur la table et la tête près du sol et semblaient avoir quelques difficultés à réussir à manger: le sol était recouvert de nourriture.

- Qu'est ce qui leur prend ? s'étonna Michael Corner qui ne les avait pas non plus remarqué jusque là.

- Oh, ils ont juste argumenté avec leurs voisins d'en face sur le possible ou pas de la chose, leur apprit un Serdaigle plus âgé assit à côté d'eux. Alors les partisans du "possible" essayent de prouver que ça l'est effectivement.

- Et ça l'est ? demanda Terry.

- Aucune idée : tu leur demanderas à la fin du repas s'ils arrivent à porter un aliment à leur bouche sans le faire tomber.

Emeli vit du coin de l'œil Mary, William et les jumeaux Weasley quitter la Grande Salle en ricanant comme des bossus et préféra se dire qu'elle ne voulait pas savoir. Les quatre complices passèrent une bonne partie de la soirée à décorer la salle de classe de métamorphose avec de l'herbe à chat et des pelotes de laines. Mary voulait se venger du fait que McGo avait essayé de l'empêcher d'aller à Prés-au-Lard et les jumeaux, qui préféraient épargner leur directrice de Maison en général, avaient suivi parce qu'il y avait des choses qu'ils ne pouvaient pas admettre même venant d'elle.

Deux jours plus tard, Padma Patil transmit à William et Mary la manière d'ensorceler un tapis pour qu'il vole alors que les chouettes virevoltaient pour trouver les destinataires de leurs divers courrier et colis.

- C'est qui Jairaj ? demanda Mary en se disant que le père de sa camarade n'aurait pas signé de son prénom.

- Mon grand-frère : mon père ne m'aurait jamais dit comment faire.

- Il fait quoi dans la vie ton frère ?

- Fabriquant de tapis-volant.

- Je croyais que c'était interdit ?

- Il est retourné en Inde après avoir terminé ses études à Poudlard.

- C'est une tradition dans ta famille le tapis-volant ? demanda Terry Boot avec curiosité.

- Ma famille est artisan de tapis depuis près de quatre générations et il était inconcevable que mon frère ne reprenne pas l'affaire familiale. Nous sommes célèbres pour ça en Inde.

Tout contents d'avoir obtenus ce qu'ils voulaient, Mary et William allaient parler de la bonne nouvelle aux jumeaux quand une chouette inconnue se posa devant la fillette. En tout cas, ça ne venait pas de chez elle. Pressée, elle mit la lettre dans sa poche, et laissa la chouette terminer son assiette tandis qu'elle allait aborder les Weasley avant que ceux-ci ne quittent la Grande Salle. Ils convinrent de se retrouver tous les quatre dans la soirée afin de regarder de plus près en quoi ça consistait.

La Potter ne se rappela de la lettre qui attendait dans sa poche que lorsqu'elle arriva au cours d'histoire de la magie et commença à s'ennuyer. William était abonné au premier rang et suivait le cours avec une attention si parfaite qu'elle n'essayait même plus de le convaincre de venir s'asseoir au fond avec elle. Les autres Serdaigles étaient aussi majoritairement attentifs, même si elle voyait Anthony et Michael discuter un peu plus loin. Elle finissait donc immanquablement seule à divaguer.

Elle attrapa donc la lettre. Il n'y avait pas d'adresse dessus, simplement son nom tracé d'une écriture qui avait l'air hésitante mais qui aurait pu être très élégante avec un peu d'entraînement. Déroulant le parchemin, elle se cala plus confortablement dans sa chaise avant de se figer.

Chère Mary,

Je ne sais vraiment comment commencer cette lettre. Je suis un inconnu pour toi. Je m'appelle Sirius Black et s'il te plaît, ne détruit pas ce parchemin. Je ne te veux pas de mal, même si je doute que tu me crois avec simplement quelques mots.

Je ne sais pas par où commencer. J'ai tellement de chose à te dire et j'aimerais te rencontrer ! Mais pour le moment je dois encore prouver mon innocence. Si toutefois tu en as un jour l'envie, n'hésite pas à me le faire savoir.

On ne te l'a peut –être jamais dit, mais c'est moi que Lily et James avaient désigné pour être ton parrain. Et tu ferais de moi le plus heureux des parrains en acceptant d'échanger quelques lettres avec moi.

Avec toute mon affection,

Sirius Black

La lettre était courte et elle pouvait aisément deviner l'hésitation derrière ces quelques mots maladroits, mais elle avait l'impression qu'une bombe venait d'éclater dans sa tête. Certes, elle avait réalisé il y a peu qu'elle avait un parrain, mais l'existence de Sirius Black paraissait encore bien lointaine. Là, c'était une preuve concrète qu'il respirait quelque part. Il avait tenu ce parchemin avant elle.

Restait à savoir si elle allait lui répondre ou pas. Malgré les paroles rassurantes de sa mère au sujet de cet homme, il n'en restait pas moins décrit comme un dangereux évadé d'Azkaban, adepte de magie noire, Mangemort et plus fidèle partisan de Voldemort par les journaux. Et ça, c'était sans compter le fait qu'il était accusé d'avoir dénoncé ses parents biologiques à Voldemort.

La fin du cours d'histoire sonna avant qu'elle n'ait pu se décider sur la question. Elle rangea soigneusement la missive, il ne fallait surtout pas que qui que ce soit tombe dessus, et eut la tête dans les nuages toute la journée. William dut même lui rappeler qu'ils devaient rencontrer les jumeaux à propos des tapis-volants. Ils se rejoignirent tous les quatre dans une salle de classe vide et lurent ensemble la procédure pour créer un tapis-volant.

- Ça a l'air… Affreusement long, résuma très justement la seule fille du groupe.

- On ne sait pas tisser un tapis, préféra faire remarquer William. Je pensais qu'on pourrait juste ensorceler un tapis qu'on aurait trouvé.

- Je pense que c'est possible, mais si je comprends bien les explications, la magie sera alors moins imprégnée et il faudra renouveler l'enchantement régulièrement pour ne pas risquer de voir le tapis-volant redevenir un simple tapis au mauvais moment,déclara George

- Oui, je suis d'accord…Mais il nous reste quand même un point essentiel à traiter, les avertit Fred.

- Lequel ?

- On a pas de tapis !

Ils s'entre-regardèrent tous avec un air stupide plaqué sur le visage. C'était vrai en plus ! Les sols de Poudlard étaient en pierre, sans tapis, et dans les salles communes, il y avait de la moquette !

- Noooon ! s'exclama William en levant les bras au ciel. On avait enfin réussi à convaincre Padma !

- Il n'y en avait pas un dans la salle des professeurs ? demanda Mary, songeuse.

- Hein ?

- Oui, rappelle toi en première année avec le dragon, continua t –elle. On est restés dans la salle des profs et je crois qu'il y avait bien un près de la cheminée.

- Tu veux cambrioler la salle des profs ? s'ébahit George.

- Idée géniale ! s'exclama Fred avec un grand sourire. Ça, on l'a encore jamais fait ! Le bureau de Rusard, oui, mais la salle des Profs, c'est un autre niveau !

- Où va t –on cacher le tapis ? demanda William. On ne doit pas nous associer avec ce vol !

- Et il va falloir préparer une diversion, compléta Mary. Mais avant tout, il faut vérifier qu'il y a bien un tapis. William et moi on s'en charge. En tant que Serdaigle on sera moins suspects que vous deux.

- Ce n'est pas bien difficile d'être moins suspect que les jumeaux Weasley en même temps, répondit William au tac-o-tac.

- C'est pas faux, rigolèrent les concernés. Que voulez vous ? C'est la rançon de la gloire !

Ils se séparèrent rapidement et quand Mary remonta dans son dortoir, elle parla avec Ladon de la lettre qu'elle avait reçu de son parrain.

- Je ne sais pas si je dois lui répondre. Et si maman s'était trompée et qu'en réalité il en avait vraiment après moi ? Et s'il cherchait juste à endormir ma méfiance pour m'attirer dehors ?

- Tu ne risques rien avec lui, lui répondit le serpent avec une assurance inébranlable dans la voix.

- Comment peux –tu en être aussi sûr ?

- Ta mère te l'a affirmé.

- Non, il y a autre chose.

Le serpent s'agita, ce qui était une confirmation du point de vue de la Potter, mais il n'en dit pas plus. Visiblement il avait des informations qu'elle ne possédait pas et il aimait garder ses petits secrets.

Elle se dit toutefois que si sa mère et Ladon, qui prenaient tous les deux sa sécurité comme une priorité, lui affirmaient que Sirius Black ne lui ferait pas de mal, alors elle pouvait être raisonnablement sûr que c'était vrai. Du coup, elle s'attela à lui écrire une lettre. Mais ce n'était pas très facile. Que raconter à quelqu'un qu'on ne connaît pas et qu'on a jamais vu ? Par où commencer ? Il lui fallut tout le week-end avant de réussir à rédiger quelque chose d'à peu près satisfaisant.

Monsieur Black,

Ma mère d'adoption (je crois que vous la connaissez : il s'agit de Crystall Entwhistle), m'a parlé de vous cet été. Je ne connaissais même pas votre existence avant, et je crois que vu ce qu'elle m'a dit de la raison de votre emprisonnement, je ne peux que comprendre.

Elle m'a assuré votre innocence et je la crois. Je serais ravie de faire votre connaissance mais je me pose beaucoup de questions. Comment vous êtes vous évadés ? J'ai rencontré les détraqueurs et je ne comprends pas comment vous avez réussi à vous échapper : j'aimerais pouvoir faire pareil. Et pourquoi ? Pour moi ? Je pense que si vous avez pu faire cela aujourd'hui, vous auriez déjà pu le faire bien plus tôt alors je crois que quelque chose vous y a incité et j'aimerais savoir de quoi il s'agit.

Mes questions sont sans doute déplacées, n'y répondez pas si vous ne le souhaitez pas.

Mary Potter

Elle savait qu'elle n'aurait pas dû poser ce genre de question d'emblée, mais elle voulait savoir et elle avait beaucoup de mal à refréner sa curiosité. Et ce depuis toujours. Bien qu'elle ait remarqué récemment qu'il lui arrivait de ne pas prendre de bonnes décisions sous le coup de cette curiosité. Elle pensait notamment au Journal de Jedusort qui était encore dans sa valise sans qu'elle n'ait trouvé une solution convenable. Sans doute que si elle comprenait ce que ce journal était exactement elle trouverait du même coup comment le détruire.

Mais elle doutait de trouver ce genre d'information à la bibliothèque… Du moins pas dans la partie où les élèves étaient autorisés à circuler. Elle allait devoir faire un tour dans la Réserve, et elle savait qu'il y avait eu un jour un livre sur cette magie là-bas. Sinon où un Jedusort de 17 ans aurait –il trouvé le moyen de créer ce Journal ? Restait à espérer que personne n'ait décidé que le ou les ouvrages en question ne devraient même pas se trouver dans la Réserve parce que sinon elle serait bien incapable de mettre la main dessus…

Dès le mardi suivant, elle se faufila donc hors de la Tour Serdaigle après le couvre-feu, profitant du fait que la journée ait été intense pour ses camarades et que celles-ci se soient donc endormies comme des masses dès leur retour d'Astronomie. Bien entendu, elle n'aspirait qu'à les imiter, mais penser au fait que Jedusort pouvait venir l'observer pendant qu'elle dormait la motivait à sacrifier quelques heures de sa nuit.

Elle fut contrainte d'emmener le Journal avec elle puisqu'elle prenait la cape d'invisibilité, seule rempart qui empêchait Mandy de percevoir l'artefact. Mary ne voulait surtout pas que sa camarade comprenne qu'elle avait à nouveau ramené l'objet à Poudlard : elle avait peur que la jeune fille le lui vole pour tenter de s'en débarrasser et qu'elle se fasse posséder. Ce qui conduirait à nouveau à la même situation que l'an dernier.

Elle arriva dans la bibliothèque sans encombres et enjamba le cordon qui fermait le passage menant à la Réserve. La porte ne comportant aucune protection, elle se dit que c'était une incitation à y aller de la part du corps enseignant. Il y avait une bibliothèque au Phare et un puissant enchantement empêchait Mary et son frère d'y entrer sans la supervision d'un adulte : ce n'était donc là que de la négligence de la part des professeurs.

Mais comme ça l'arrangeait bien, elle préféra s'en réjouir plutôt que de douter des compétences de ses professeurs. Ou peut –être pensaient –ils simplement qu'aucun élève n'oserait désobéir au règlement. Auquel cas ils se plantaient la baguette dans l'œil.

Elle referma soigneusement la porte derrière elle et tendit l'oreille pour être certaine d'être seule avant de s'approcher d'une lampe à huile qu'elle alluma d'un Incendio bien placé. Ce ne serait pas très pratique, mais ça éclairerait déjà plus qu'un Lumos.

- Tu perds ton temps, dit soudainement quelqu'un derrière elle.

Elle faillit bien avoir une crise cardiaque avant de constater qu'il s'agissait de Tom Jedusort qui avait décidé de la gratifier d'une de ses nouvelles apparitions. Franchement, elle s'en serait bien passée.

- Et je devrais te croire ? répondit –elle en attrapant la lampe.

- Oui.

- Je te l'ai déjà dit : arrête de me prendre pour une imbécile. Tu vas forcément me dire ça puisque tu sais qu'il y a une manière de te détruire, que tu sais qu'elle est consignée dans l'un des livres de la Réserve et que tu ne veux pas disparaître. Alors au lieu de me faire perdre mon temps… Mets ta main là et prend ça dans l'autre.

Elle lui attrapa le poignet et il se solidifia instantanément. Là, elle posa la main qu'elle tenait sur son épaule et lui fourra la lampe dans l'autre.

- Lève la bien haut que je puisse livre les titres des livres, ordonna t –elle. Et ne me lâche pas : je ne veux pas que tu fasses tomber la lampe et qu'on me repère par ta faute.

- Viens – tu de me transformer en lampadaire ? s'enquit –il, l'air perplexe.

Ou peut –être était –il tellement choqué qu'il n'arrivait pas à se mettre en colère. En tout cas, elle nota dans un coin de sa tête que le lampadaire était une référence typiquement moldue : les sorciers utilisaient plutôt des torches, même au Ministère et au Chemin de Traverse. Donc le futur Voldemort avait sans doute plus à voir avec le monde moldu qu'il ne voulait bien l'admettre…

Mais comme elle était bien contente de s'être déchargée du poids de la lampe et qu'il disparaîtrait certainement si elle lui posait la question, elle préféra garder ça pour elle… Jusqu'au moment où il l'ennuierait. Ça allait être follement amusant de le provoquer par rapport à ses origines, si ses suppositions étaient exactes.

Elle se demanda s'il allait s'exécuter. Quand elle avança, elle sentit qu'il résistait un instant, mais comme elle avait le Journal sur elle, il ne pouvait guère s'éloigner et se vit contraint de la suivre en portant la lampe. Une petite partie de son esprit jubilait : elle était en train de forcer le futur Lord Voldemort à lui obéir ! Qui pourrait en dire autant ? Ça avait le goût d'une revanche bien méritée.

Mary commença à défiler parmi les rangées de livres de la Réserve et elle constata bientôt que ça ne serait pas aisé de trouver ce qu'elle voulait. Les ouvrages n'étaient pas rangés par thème comme dans le reste de la bibliothèque et il y avait souvent des titres qu'elle ne comprenait pas. Alors elle les ouvrait pour regarder de quoi ça parlait et elle ne pouvait pas s'empêcher de commencer à en lire certains passages. Deux heures passèrent sans qu'elle n'ait fait la moindre avancée et elle soupira en pensant que le Journal allait encore être un souci pendant un bon moment à ce rythme là.

Le lendemain matin, une chouette lui apporta la réponse de Sirius Black. Cette fois, elle reconnu l'écriture et la glissa intentionnellement dans sa poche : pas question d'ouvrir un courrier pareil au milieu de la Grande Salle ! Le premier cours de la matinée étant l'Histoire de la Magie, elle fut donc à nouveau bien tranquille pour lire la lettre.

Mary,

Merci d'accepter de correspondre avec moi. J'en suis soulagé. Je pensais que tu refuserais de me parler.

Oui, j'ai très bien connu Crystall… Mais j'ai bien l'impression que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je suis triste qu'elle ne t'ait pas parlé de moi plus tôt.

Pour ce qui est de mon évasion, je ne peux rien te dire dans une lettre : ce serait bien trop risqué. Si ce courrier était intercepté mon seul moyen de dissimulation serait alors inutilisable et je n'ai plus de baguettes pour me défendre. Mais si l'occasion se présente, je serais ravi de t'apprendre comment je fais pour échapper aux détraqueurs.

Pour ce qui est de la raison de mon évasion, ça a bien entendu à voir avec toi. J'ai retrouvé Peter Pettigrow qui a trahis tes parents. Tu dois te montrer très prudente car il se trouve en ce moment même à Poudlard ! Je ne peux pas t'en dire plus toujours pour les mêmes raisons, mais montre toi prudente. Il est resté inactif ces dernières années mais cela pourrait changer maintenant que je suis hors d'Azkaban et qu'il sait que je le recherche !

Je t'en prie, sois prudente,

SB

PS : tu peux me tutoyer, et par Merlin, appelle moi Sirius

La rousse relut plusieurs fois la lettre et elle se demanda si elle pouvait croire ça. Avec sa pétition pour le Quidditch, elle avait fait le tour d'à peu près toutes les personnes présentes dans l'école et elle était sûre et certaine qu'il n'y avait personne s'appelant Peter Pettigrow. Mais si Sirius Black croyait que Peter Pettigrow était à Poudlard, il ne devait lui-même pas être très loin… Peut –être que l'évadé était aussi présent aux alentours de l'école sans que personne ne s'en soit rendu compte !

Cette lettre soulevait plus de question qu'elle n'apportait de réponse et la rousse commença à envisager sérieusement une rencontre avec l'homme qui était censé être son parrain.

- Tu crois que c'est prudent ? chuchota t –elle en Fourchelangue à Ladon qui ne la quittait jamais.

- Tu ne risques rien avec lui, lui affirma une fois de plus le reptile. Il faudra juste être prudente et faire en sorte que personne ne te suive.

- Je devrais pouvoir m'arranger pour ça.

Elle se rappela un peu plus tard qu'elle ne pouvait pas utiliser sa cape d'invisibilité sans emmener avec elle le Journal de Tom Jedusort et se dit que ce n'était peut –être pas une bonne idée de mettre le futur mage noir en présence d'un homme ayant passé douze ans à Azkaban pour avoir été accusé à tord d'être un de ses partisans. Mais elle trouva rapidement une solution satisfaisante.

Sirius,

Rendez-vous près de l'ancienne cabane de Hagrid le soir d'Halloween à l'heure du banquet.

Mary

C'était bien. Clair, net et concis. Elle avait pris l'habitude de ne pas aller au banquet parce qu'elle avait beaucoup trop l'impression de fêter la mort de ses premiers parents. Personne ne trouverait bizarre qu'elle soit absente et personne n'irait à sa recherche. Du moins pas avant un moment. Elle aurait le temps d'aller voir Sirius Black et de revenir tranquillement. Et elle savait que si elle allait près de la Forêt Interdite, les sombrals seraient là. Ils la protégeraient si besoin. Sans compter qu'elle y irait avec Ladon qui avait déjà prouvé qu'il était prêt à tout pour elle en attaquant un détraqueur.

Le 31 octobre arriva vite après cela. Le rendez-vous avait été pris avec son parrain, mais la journée allait être longue avant ça. Elle se leva tôt et commença sa journée par se rendre aux cuisines pour commander deux petits-déjeuners qu'elle fit envoyer dans les appartements de son tonton. C'était la pleine lune la nuit dernière et il devait être aussi affamé qu'épuisé.

Quand elle toqua et s'annonça, il lui ouvrit mais elle pouvait deviner son hésitation même avec une porte entre eux.

- Tu devrais aller manger avec tes amis, Mary, lui dit –il d'une voix fatiguée à travers la porte entre-ouverte. La sortie à Prés-au-Lard est aujourd'hui, non ?

- Je veux manger avec toi, insista t –elle.

En voyant qu'elle ne changerait pas d'avis, il la laissa entrer et alluma d'un geste de la baguette une petite lampe près de laquelle deux plateaux apparurent immédiatement. L'endroit était totalement plongé dans le noir autrement et quand la lumière illumina le visage de son tonton, elle fronça les sourcils, inquiète. Il n'avait vraiment pas l'air bien du tout.

- Tu veux que j'appelle Mme Pomfresh ? demanda t –elle.

- Non, ça ira, ne t'inquiète pas.

- Tu es sûr ?

- Oui, Mary. Les transformations ne sont pas très agréables, mais j'ai l'habitude.

Oui, elle pouvait imaginer. Elle avait déjà demandé à sa mère quelle carrure avait un loup-garou et d'après celle-ci, ceux-ci faisaient plus de deux mètres de haut et dans les deux cent kilos. Alors il était certain que de passer d'un humain de taille moyenne et un peu malingre à celle d'un monstre de cette envergure ne devait pas être de tout repos.

Mary aurait bien voulu en discuter avec lui, savoir comment la transformation se passait, mais ce n'était sans doute pas le bon moment. Son tonton bouda un peu le petit-déjeuner et elle le voyait fréquemment regarder les potions qui l'attendaient sur son bureau. Elle reconnu faciement une potion antidouleur, une autre destinée à réparer les dégâts physiques mineurs et une dernière de sommeil-sans-rêve. Ça servait d'avoir une mère Maître des Potions et elle aurait pu parier que toutes ces potions venaient du Phare.

La rousse ne s'attarda donc pas beaucoup plus et alla rejoindre le reste de sa promotion qui terminait le premier repas de la journée dans la Grande Salle. Ils avaient tous reçu l'autorisation d'aller visiter l'unique village sorcier de Grande-Bretagne et en parlaient avec enthousiasme.

- Et toi, Mandy ? Que veux – tu voir ? demanda doucement Mary à sa voisine.

Laquelle sursauta comme si elle venait de lui crier dans les oreilles et lui jeta un regard effrayé avant de répondre à mi-voix :

- Je n'y vais pas.

- Tu n'as pas eu l'autorisation ?

- Si.

- Mais tu n'y vas pas ?

La timide brunette secoua la tête et attrapa une miche de pain avant de quitter la table comme si le fait qu'on lui ait adressé la parole était un signal de départ pour elle. Mary grimaça. Elle ne savait pas quoi penser. Elle voulait bien faire un effort pour l'intégrer un peu plus à leur groupe, mais elle n'était pas facile à aider !

Elle oublia cependant bien vite ce problème quand ils se mirent en route vers la sortie de Poudlard. C'était la première fois qu'elle allait quitter l'école en dehors des vacances et c'était pour aller passer une journée entière de liberté totale dans un village sorcier. De quoi faire rêver n'importe quel enfant !

En sortant, elle repéra son frère que Rusard avait attrapé par le col. Cameron se débattait en disant que ce n'était pas lui et Mary se dit que l'imprudent Gryffondor avait dû essayer de se faufiler dehors avec les élèves plus âgés afin de se rendre lui aussi à Prés-au-Lard. Ce qui n'était pas bien étonnant de sa part…

Contrairement à ce qu'elle avait pensé, les calèches ne les attendaient pas pour les emmener jusqu'à la gare de Prés-au-Lard. Ils durent faire tout le chemin à pied. Heureusement, c'était en pente descendante… ce serait beaucoup moins évident quant il allait falloir remonter tout ça. Le chemin était en terre battu, ce que Mary n'avait jamais remarqué vu qu'elle faisait toujours le trajet en calèche et elle fut heureuse qu'il ne pleuve pas, sinon ils auraient à tous les coups eu de la boue jusqu'aux genoux.

Quand ils passèrent le portail, une vague de froid inattendue la saisit. Elle regarda autours d'elle et remarqua que toute la végétation entourant les terres du château était gelée et morte sur au moins deux mètres. Les détraqueurs devaient passer par là suffisamment souvent pour tout faire dépérir. La rousse fut contente de se trouver au milieu d'un troupeau d'élève et encore plus de ne voir aucun des gardiens d'Azkaban à proximité.

Après près de quarante cinq minutes de marche, ils arrivèrent en vue de la gare et montèrent sur le quai pour aller traverser les rails grâce au pont qui passait au dessus. Quelques instants plus tard, ils furent en vue des premières maisons. De loin, ça ressemblait au Chemin de Traverse en beaucoup beaucoup plus grand. Ce n'était plus vraiment un village mais une ville et Mary ne sut plus ou donner de la tête pour ne rien rater de ce qu'elle voyait. Les maisons étaient toutes construites sur un même modèle avec des toits très pointus et plusieurs longues cheminées d'où sortaient des fumées de diverses couleurs.

Les allées étaient pavées avec de grosses pierres irrégulières comme pour le l'allée sorcière de Londres mais l'endroit semblait beaucoup plus conviviale même s'il n'y avait pas moins de monde puisque tout Poudlard, ou presque, s'y trouvait. Les habitués commencèrent par faire une halte aux Trois Balais, mais ceux qui venaient pour la première fois se dirigèrent en majorité vers l'attraction principale du village : la Cabane Hurlante. La maison la plus hantée de toute la Grande-Bretagne avait de quoi attirer les curieux.

Mary fut toutefois un peu déçue. La Cabane n'était rien de plus qu'une… cabane. Un peu sinistre, avec les fenêtres et les portes condamnées et une pancarte interdisant à qui que se soit de s'approcher. Mais au final, ce n'était rien qu'une cabane. Il n'y avait pas de traces de fantômes ni rien d'extraordinaire. Et pour couronner le tout, elle se trouvait plutôt loin et ils ne pouvaient pas s'approcher.

Heureusement, le reste de Prés-au-Lard était beaucoup plus intéressant. Honeyduck comptait plus de sorte de bonbon sorcier que Mary n'en avait jamais vu, et beaucoup dont elle ignorait l'existence jusque là. Elle acheta des sucettes parfumées au sang et des bonbons explosifs qu'elle se jura de faire tester à quelqu'un avant de les goûter elle-même. Elle prit aussi quelque chose pour son frère parce qu'elle était une sœur attentionnée malgré tout. Zonko avait de quoi faire tourner les têtes de n'importe quel farceur : les jumeaux Weasley étaient d'ailleurs en train d'éplucher chaque article du magasin et ne leur prêtèrent même pas la moindre attention.

A midi, ils mangèrent à la terrasse d'un restaurant appelé l'Hippogriffe Fringuant puisque le soleil avait décidé d'être de la partie. L'établissement se trouvait sur la place principale du village au milieu de laquelle se dressait une fontaine qui était fissurée, comme si elle avait été brisée puis ré-assemblée mais qu'il y avait des bouts qui n'avaient jamais été retrouvés. Comme c'était assez étonnant, la magie permettait d'empêcher de genre de réparation approximative, le petit groupe de Serdaigle de troisième année s'en approcha après le repas et ils virent qu'une plaque qui semblait beaucoup plus récente que le reste de la fontaine avait été accrochée. Dessus, il y avait noté :

En souvenir de la barbarie Mangemort qui nous a frappé le 18 mars 1978

43 morts dont 32 élèves de Poudlard

Que leurs âmes trouvent la paix

Ils s'entre-regardèrent sans savoir quoi dire. Ils n'avaient jamais pensé trouver là une trace de ce qu'avait été la guerre contre Voldemort. Ils n'avaient pas vécu cette guerre et elle semblait si lointaine… Et en voyant le village qui aurait pensé qu'il y avait un jour eu des morts dans ces rues ? Que les Mangemorts les avaient arpentées… On voyait tout de suite Prés-au-Lard d'un autre œil.

Après ça, ils visitèrent la librairie, ce qui leur prit une bonne partie de l'après-midi, et allèrent boire une Bièraubeurre aux Trois Balais avant de commencer l'ascension jusqu'au château. Ils pouvaient le voir depuis l'entrée du village mais il paraissait si lointain ! Il leur fallut beaucoup plus de temps pour retourner à l'école que pour la quitter. Le jour déclinait quand ils passèrent le portail et en sentant une vague d'abattement la submerger, Mary devina que les détraqueurs n'étaient pas bien loin. Elle pressa donc le pas jusqu'à ce que la sensation disparaisse.

Quand ils entrèrent dans le hall, une bonne odeur de citrouille y flottait, annonciatrice du banquet gargantuesque qui serait donné pour Halloween. Cela encouragea tous les élèves à aller déposer leurs achats dans leurs dortoirs, sous le regard suspicieux de Rusard qui avait entrepris de fouiller les plus suspects d'entre eux.

- Tu ne veux pas venir au banquet avec nous, cette année ? demanda Padma tandis que toutes les filles de troisième années se retrouvaient dans leur dortoir.

Mandy avait dû passer la journée là à faire ses devoirs et s'était repliée derrière ses baldaquins dès que les autres étaient arrivées.

- Non : j'ai toujours l'impression de fêter la mort de mes parents, répondit la rousse avec un petit sourire. Mais ne t'inquiète pas, je trouverais à m'occuper.

- Tu veux qu'on reste avec toi ? demanda Emeli.

- Non, je crois que je préfère rester seule, affirma Mary.

Il ne fallait surtout pas que quelqu'un se mette en tête de lui tenir compagnie précisément aujourd'hui ! Elle vit ses camarades échanger un regard, l'air un peu tristes pour elle, mais les filles finirent par s'en aller. La rousse attendit d'être certaine que tous les élèves et les professeurs seraient au banquet pour quitter son dortoir, Ladon autour du cou et sa baguette à portée de main. La voilà partie pour rencontrer l'évadé Sirius Black !


A suivre...