Bonjour à tous et à toutes en cette belle journée !
C'est avec grand plaisir que j'ai l'honneur partagé avec Susie, de vous convier au tout premier cours en compagnie du grand, que dis-je du magnifique, du sublime Gilderoy Lockhart au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal à Poudlard !
(même si vous vous en doutiez probablement à la lecture du titre de ce chapitre)
Trêve de plaisanteries, aujourd'hui est un grand jour car Susan et moi avons pris de bonnes résolutions ! Certains en prennent en janvier, nous on est des thugs, on aime pas la banalité, on en prend en mai ! Bref, à l'heure où je vous écris, le prochain chapitre est déjà rédigé - ce qui constitue une première en soit - et le suivant est déjà en cours de rédaction - waouh, mais que nous arrive-t-il ?!.
Tout ceci pour vous dire, qu'à raison d'un chapitre par mois, nous devrions réussir à publier RÉGULIÈREMENT, le premier jour de chaque mois dans l'idéal. (J'utilise le conditionnel parce qu'à chaque fois qu'on essaye de vous promettre de publier régulièrement, on échoue donc bon...)
Cela dit, lisez ce chapitre, profitez et laissez une review pour nous faire rosir de plaisir ! La bise
Chapitre 26
Erell
C'est avec une petite boule au ventre que les jumeaux, Susan et moi nous séparons pour aller nous installer chacun à nos tables respectives. L'absence de Ron et Harry nous reste en tête et je crois qu'aucun de nous ne s'est montré vraiment rassurant quand il a fallu laisser Ginny avec le reste des premières années.
Je pousse un soupir en m'asseyant à la table des Serdaigles, mon regard errant vaguement vers la porte d'entrée en espérant y voir Ron et Harry surgissant et hurlant « SURPRISE ! ».
- On peut se rendre à Poudlard sans prendre le train ? demande Rose à ma droite.
- Sûrement, fait Emma, mais ça doit être plus compliqué. Ne t'en fais pas Erell, Dumbledore va arranger ça…
- Je ne comprends juste pas comment cela s'est passé… Je veux dire, ils étaient juste derrière nous, et après, on a passé la barrière et on ne les a plus jamais revus ! C'est comme s'ils ne l'avaient jamais passé ! Pouf ! Disparus !
- Tu penses que la barrière aurait pu les rejeter ? interroge Emma en fronçant les sourcils. Tu crois vraiment que ça peut arriver ?
- Je ne sais pas, je grommelle. J'ai l'impression de ne rien comprendre à cette affaire…
Je reporte mon attention sur la Grande Salle qui s'est remplie d'élèves quand Rose me donne une petite tape sur l'épaule.
- Regarde, c'est le type qui est sur tous nos manuels de Défenses contre les Forces du Mal. Tu crois que ça signifie que c'est lui, notre nouveau professeur de DCFM ?
- Tu n'as pas lu les journaux ? s'étonne Emma. C'était à la une de toute la presse !
- Je suis Née-Moldue, lui rappelle Rose qui est subitement devenue un peu agressive.
Emma a parfois tendance à prendre la magie pour une évidence quand Rose y voit là une forme d'insulte. Moi-même parfois, j'ai tendance à agir comme Emma. Il est toujours difficile d'imaginer en ayant grandi dans un monde où la magie est omniprésente, qu'il puisse exister une autre alternative. Heureusement, grâce à Susan et aussi un peu Mr Weasley, j'en connais désormais un rayon sur la télésivion et j'ai même appris à changer de chaînes grâce à une télémocande. J'ai même appris à quoi servait un canard en plastique pendant mon séjour chez les Weasley...
Je leur adresse un petit sourire avant d'enchaîner pour ne pas prolonger le malaise entre mes deux amies plus longtemps :
- En tout cas, vu ses livres et son expérience, j'espère qu'on ne va pas s'ennuyer en cours ! Cet homme a vaincu un Spectre de la Mort !
Nos têtes se tournent simultanément vers la table des professeurs pour voir Gilderoy Lockhart qui y est attablé, somptueusement vêtu d'une robe de soie bleu ciel.
- Il a fier allure, remarque Emma.
Un sourire béat ne peut s'empêcher de se dessiner sur mes lèvres quand je pense qu'il m'a dédicacé tous mes livres. Le regard empli de dégoût que Davies me lance me ramène, hélas, à la réalité.
- Quoi ?! Quand toi aussi tu auras vaincu un Spectre de la Mort, alors peut-être qu'on te regardera de la même manière !
Ce dernier n'a pas le temps de me répondre que les portes de la Grande Salle s'ouvrent en fracas pour laisser entrer non pas Ron et Harry, mais les premières années. La Répartition peut commencer.
Je repère assez aisément dans la foule de nouveaux, la tête rousse de Ginny. La pauvre a l'air un peu mal-à-l'aise, comme si elle ne savait pas vraiment où se mettre. Je finis par croiser son regard et lui adresse un sourire réconfortant. Franchement, si les élèves de première année se donnaient la peine d'ouvrir leurs livres, je suis certaine qu'on éviterait beaucoup de stress inutile.
Après la traditionnelle chanson de bienvenue du Choixpeau Magique, les noms sont appelés un à un. J'avoue ne pas trop suivre, applaudissant de temps à autre, mes pensées accaparées par la mystérieuse disparition de Harry et Ron. Quand enfin, arrive le tour de…
- WEASLEY GINNY !
Je relève brusquement la tête, mon attention retrouvée. Tremblante, la dernière des Weasley monte les marches qui la séparent du Choixpeau et se laisse tomber sur le tabouret. McGonagall lui pose le couvre-chef magique sur la tête et c'est sans surprise que…
- GRYFFONDOR !
Je jette un coup d'œil amusé aux jumeaux qui, à la table des Gryffondors, se sont levés et hurlent à pleins poumons leur joie. Même Percy a un peu perdu de son self-control légendaire. C'est une Ginny radieuse qui rejoint la table des Gryffondors sous nos applaudissements.
Une fois le calme retrouvé et la Répartition terminée, Dumbledore se lève pour faire son habituel discours de bienvenue et nous souhaiter un bon appétit. Mais à la surprise générale de tout le monde – Dumbledore y compris – Lockhart l'imite. La gêne aurait pu s'arrêter là, si seulement ce dernier avait perçu les regards interrogateur du Directeur de Pourdlard et foudroyant du Professeur McGonagall. Malheureusement notre nouvellement nommé professeur de Défense contre les Forces du Mal ne s'aperçoit de rien et se contente d'un grand sourire, ravageur il faut l'avouer, et de saluer l'auditoire, tel Miss Sorcière 1992. C'est un Dumbledore incrédule bien qu'un peu amusé qui commence à parler.
- Je n'irais pas par quatre chemins en cette soirée. Vos ventres doivent crier famine et vous laisser dans cet état ne ferait qu'altérer votre attention. Je me contenterais de souhaiter la bienvenue à tous nos nouveaux élèves et un agréable retour à ceux qui sont avec nous pour une nouvelle année. Enfin, comme vous avez sans doute pu le remarquer, une nouvelle tête se trouve parmi le personnel de l'école.
Dumbledore marque une courte pause pour toussoter mais j'ai comme l'impression qu'il s'agit là d'une manière pour dissimuler son amusement. McGonagall quant à elle, ne fait que peu d'efforts pour cacher son indignation.
- Désormais les cours de Défenses contre les Forces du Mal seront assurés par le Professeur Gilderoy Lockhart.
La nouvelle est suivie par quelques applaudissements qui, pour une raison qui m'échappe, semblent provenir essentiellement de la gent féminine.
- Merci, professeur Dumbledore. Si vous en avez terminé, j'aimerais dire quelques mots avant que le festin ne débute…
Un raclement de gorge de McGonagall l'interrompt presque immédiatement. La directrice adjointe lui lance un regard noir qui fait perdre à Lockhart toute sa flamboyance.
- Je peux aussi attendre, fait-il piteusement avant de regagner sa place avec précipitation, laissant Dumbledore, seul debout.
À mes côtés, Davies lâche un ricanement qui lui donne soudain une ressemblance certaine avec le professeur Rogue.
- J'espère pour toi que McGonagall fait plus peur qu'un Spectre de la Mort parce que sinon j'ai du mal à voir comment il a pu en vaincre un !
Pour toute réponse, je me contente de lui jeter un morceau de pain à la figure.
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Le lendemain, en descendant prendre le petit-déjeuner, c'est avec surprise que nous constatons que Harry et Ron sont tranquillement assis à la table des Gryffondors en train de beurrer leurs tartines.
Je dois me frotter les yeux tellement j'en reste ébahie de surprise et un peu de colère aussi, parce que ces deux crétins nous ont fait peur et que visiblement là, à part se soucier de ce qu'ils vont mettre sur leurs tartines, ils ont plutôt la conscience tranquille.
Je n'ai même pas le temps de leur demander le pourquoi du comment que Fred, Susan et George me rejoignent déjà.
- Ils sont venus en voiture volante, me fait Susan. Dans la Ford Anglia de Mr Weasley ! La barrière ne s'ouvrait pas alors ils ont improvisé !
- Mais… aucun Moldu ne les a vus, j'espère, parce que sinon, ils pourraient avoir de graves soucis, pour ne pas dire être expulsés et traîner en justice !
- Je sais pas mais ils ont foncé dans le Saule Cogneur ça c'est certain ! renchérit George. Ron a cassé sa baguette.
- Et ils auraient mieux fait de ne pas en réchapper parce que quand maman sera au courant tu peux être certaine que ça va faire mal, souffle Fred. Tu aurais dû voir la tête de Percy quand il l'a appris…
- Hi-la-rant, fait Susan.
Un bruissement de plumes nous signale que le courrier est arrivé. Notre groupe se dirige vers la table des Gryffondors pour y prendre notre petit-déjeuner sous le regard noir de Dubois. On ne change pas les bonnes habitudes.
- En tout cas, fait Susan, s'ils sont toujours là, c'est qu'ils n'ont pas dû se faire remarquer par des Moldus.
- Ron a dit qu'ils s'en étaient sortis avec juste quelques retenues et des points en moins, ajoute George.
- Ce sont quand même les seuls élèves de Poudlard qui auront fait perdre des points à leur maison avant même le début officiel de l'année scolaire, lance Fred. Même nous avec George, on n'a pas fait mieux.
Un hibou jette un exemplaire de La Gazette du Sorcier juste devant moi. En voyant le gros titre, je plisse les yeux.
- Oui, ils ne sont pas du tout fait remarquer, je lance avec ironie, en attrapant le numéro du quotidien qui met à l'honneur les exploits de Ron et Harry.
- Par la barbe de Merlin, fait Fred. Ça veut dire que Maman est au courant…
- Elle doit l'être depuis hier soir, corrige George. Je vois mal Dumbledore ne pas mettre les parents au courant après un tel acte…
- Ron est mort, conclut son jumeau. Tu crois qu'il y a moyen de récupérer sa chambre ?
Un gémissement plaintif nous parvint. Ce dernier est l'œuvre de Ron. Avec horreur, je constate que Errol s'est étalé sur la table. Si ma première impression est de penser que le malheureux hibou vient de décéder par trop d'efforts, je me rends vite compte que la cause de son souci se trouve dans ses mains…
- Une Beuglante, je murmure en désignant la lettre écarlate qu'il tient dans ses mains.
Le souvenir de ma première année et de l'unique Beuglante que j'ai reçue suffit à me faire rougir d'humiliation. Je n'aimerais pas être à la place du cadet des Weasley. Cela dit, désormais, nous sommes certains que Mrs Weasley est au courant des exploits de son fils.
Autour de Ron, un petit groupe de deuxième année s'est formé parmi lequel je reconnais Hermione qui a l'air contrarié vu ses sourcils froncés, et Neville Londubat. Fred et George se dépêchent de se lever pour aller rejoindre leur frère, suivit par Percy. Susan et moi ne nous faisons pas prier pour les suivre.
- Tu ferais mieux de l'ouvrir tout de suite, murmure timidement Neville. Sinon, ce sera pire. Ma grand-mère m'en a envoyé une un jour, je ne l'ai pas ouverte et… ça a été horrible.
Je ne peux m'empêcher de hocher la tête devant ce sage conseil. Cela dit le courage légendaire des Gryffondors doit soudainement faire défaut à Ron qui semble pétrifié, à moins que ce ne soit la honte qui immobilise ses mouvements. Le pauvre a quand même l'attention de la Grande Salle toute entière.
À ses côtés, seul Harry ne paraît pas saisir la gravité de la situation.
- C'est quoi une Beuglante ? demande-t-il.
Cependant personne ne se donne la peine de lui répondre. Toute l'attention est concentrée sur cette missive rouge qui risque fortement d'exploser d'une minute à l'autre si Ron ne se décide pas à l'ouvrir.
-Ouvre-la, répète Neville. Tout sera terminé dans quelques minutes.
C'est avec une main tremblante et des oreilles rouges comme des tomates que Ronald Weasley se décide enfin à ouvrir la lettre. Neville, a déjà mis ses mains sur ses oreilles ce qui connaissant Mrs Weasley n'est pas stupide.
Aussitôt décachetée, un rugissement féroce retentit dans la Grande Salle.
-… VOLER LA VOITURE ! ÇA NE M'AURAIT PAS ÉTONNÉ QU'ILS TE RENVOIENT ! ATTENDS UN PEU QUE JE T'AIE SOUS LA MAIN ! J'IMAGINE QUE TU NE T'ES PAS DEMANDÉ DANS QUEL ÉTAT D'INQUIÉTUDE ON ÉTAIT, TON PÈRE ET MOI QUAND ON A VU QUE LA VOITURE AVAIT DISPARU !…
Au fur et à mesure que les hurlements résonnent sur les murs de pierre de la Grande Salle, et que les reproches s'amassent Ron se tasse sur sa chaise. Dans la Grande Salle, il semblerait que toute activité ait cessé pour mieux savoir qui est à l'origine de cette fureur.
- … REÇU UNE LETTRE DE DUMBLEDORE HIER SOIR ! J'AI CRU QUE TON PÈRE ALLAIT MOURIR DE HONTE ! ON NE T'A PAS ÉLEVÉ PENDANT TOUTES CES ANNÉES POUR QUE TU TE CONDUISES COMME ÇA ! HARRY ET TOI, VOUS AURIEZ PU VOUS TUER !…
A l'entente de son prénom, Harry grimace et baisse piteusement la tête.
- ABSOLUMENT INDIGNÉE ! TON PÈRE RISQUE UNE ENQUÊTE DU MINISTÈRE ! C'EST ENTIÈREMENT TA FAUTE ET SI JAMAIS TU REFAIS LA MOINDRE BÊTISE, TU REVIENS IMMÉDIATEMENT À LA MAISON !
Sur ces mots, la lettre s'enflamme pour ne plus être qu'un petit tas de cendres. Un silence gênant retombe sur la Grande Salle puis soudain, quelques éclats de rires moqueurs retentissent. Très vite, heureusement, les conversations reprennent.
Je ne m'attarde pas plus à la table des Gryffondors car le professeur McGonagall arrive en distribuant les emplois du temps, nous signifiant ainsi qu'il est désormais temps pour Susan et moi de regagner nos tables.
Quand je rejoins la table des Serdaigles, Flitwick est auprès de Rose et Emma.
- Ah, Miss Donnovan, pile à l'heure ! fait-il en me voyant arriver. Voilà pour vous !
Je le remercie poliment avant de jeter un coup d'œil à la feuille qu'il m'a donné.
- On ne peut pas dire que ce début d'année ait été particulièrement ennuyant, remarque Emma en se resservant du jus de citrouille.
- En tout cas, maintenant, je n'ai plus à vous expliquer comment Ron et Harry on fait pour parvenir à Poudlard sans prendre le train, je murmure en me saisissant d'un toast beurré.
- Je crois que l'on a compris le principal, grâce à Mrs Weasley, ironise Rose.
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C'est par un double cours de Métamorphose en compagnie des Gryffondors que débute cette année. Très vite, le ton est donné quand McGonagall dépose devant nous des hérissons en nous intimant de les transformer en pelote d'épingles. Jamais encore auparavant nous n'avons pratiqué sur des êtres vivants et pour avoir lu la technique, c'est l'une des plus compliquée. L'énoncé de la consigne provoque d'ailleurs un petit cri d'indignation chez Hugh O'Neil, grand défenseur de la cause animale.
- Si toi aussi tu sens les Buses se rapprocher alors lève la main, me fait Fred qui se trouve juste derrière moi.
Je lui jette un regard noir.
- Tu ferais mieux de te concentrer car si jamais je vois que tu as fait le moindre mal à ce hérisson, je te promets que tu envieras Ron quand j'en aurais terminé avec toi !
C'est dans un soulagement global que nous quittons le cours, une fois nos quatre heures terminées. Aucun de nous n'est parvenu à transformer totalement son hérisson en pelote d'épingles ce qui s'annonce prometteur pour les cours à venir.
- C'était tellement compliqué, souffle Rose qui a les joues toutes rougies par l'effort. J'ai l'impression que je n'y arriverai jamais ! Et déjà des devoirs supplémentaires !
- Certains en ont eu plus que d'autres, appuie Emma en me lançant une œillade.
- Je ne sais pas pourquoi ta pelote d'épingles avait encore des pattes et une tête de hérisson Emma, je te le jure. La mienne avait encore des oreilles et des moustaches et c'est tout autant un mystère.
- Oui, mais McGonagall t'a félicitée !
- Dans ce cas, la prochaine fois, je ferai en sorte de rater pour que les félicitations te reviennent, je grogne.
Heureusement, je suis sauvée de cette conversation par l'arrivée de Susan, Djemilah et Jude, qui sortent d'un double cours de Sortilèges avec les Serpentards.
- Y a t-il pire moyen de débuter l'année ?! se lamente Djemilah qui semble avoir une dent contre les Sortilèges.
- Tu pourrais t'appeler Ron Weasley et avoir reçu une Beuglante ce matin même, plaisante Rose.
- On a déjà plein de devoirs, fait Susan, alors que nous nous dirigeons vers la table des Poufsouffles pour y déjeuner. Flitwick nous a donné trois livres à lire pour nous préparer au sortilège d'Attraction ! Trois !
- C'est toujours moins que quatre, j'ironise.
- Mais c'est plus que deux, surenchérit mon amie. En plus avec le Quidditch, et le fait que je pense à former un club de harpe avec Ewan, je n'aurai presque plus de temps pour moi…
- Oh ! Ça me fait penser qu'il faut que je renouvelle mon inscription au Club de Duel !
- Je pourrais t'accompagner, me fait Rose. J'ai l'impression d'avoir quelques lacunes en Défenses contre les Forces du Mal et pratiquer ne me ferais pas de mal.
- Bien sûr, même si la plupart du temps, les séances consistent à refaire ce qu'on a vu en cours. Enfin, j'imagine qu'avec Lockhart comme professeur, désormais, il va y avoir un peu plus d'action ! J'ai hâte qu'il nous apprenne à nous débarrasser de goules, vampires et autres créatures !
- Quand est notre premier cour avec lui ? demande Jude.
- Vendredi matin, lui répond Emma. C'est un cours que nous avons en commun.
Susan et moi échangeons un regard ravi.
- Voilà qui s'annonce plutôt réjouissant, je fais en me frottant les mains.
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- Non mais c'est pas vrai !
- Un problème Miss Donnovan ? me demande la voix suave du professeur Rogue qui passe juste à côté de moi, pile au moment où je jure.
- Aucun, professeur, je vous prie de m'excuser…
Je lui adresse un petit signe de tête avant de m'éclipser le vite possible. C'est bien ma veine ! Pour une fois que Benson me confie une mission, simple en plus ! Notre cher capitaine de Quidditch entre dans sa dernière année à Poudlard et apparemment le pauvre croule tellement sous les devoirs qu'il n'a pas pu se libérer deux secondes pour aller réserver le terrain de Quidditch pour nos entraînements. J'ai donc été de corvée, ce qui je dois l'avouer, ne me dérange pas vraiment. En effet, si Benson part l'année prochaine, j'aimerais beaucoup le remplacer au poste de Capitaine de l'Équipe, il est donc utile, et extrêmement flatteur, de savoir qu'il se repose sur moi en cas de besoin et me considère de son propre aveu comme sa « Capitaine-adjointe ». Même si je crois qu'il a surtout dit ces mots pour acheter mes services et parce qu'il a pris conscience de mon ambition…
Mais revenons à nos dragons ! Je viens de me rendre devant le bureau du Professeur Bibine, où se trouve le planning du terrain et, pauvre de moi, tous les créneaux sont déjà occupés pour les trois semaines à venir par l'équipe des Serpentards ! Les vicieux ont même eu l'audace d'épingler sur le tableau un petit mot du Professeur Rogue mentionnant « la nécessité absolue de former leur nouvel Attrapeur ». Comment peuvent-ils déjà avoir un nouvel Attrapeur alors que les sélections n'ont même pas officiellement débuté ?!
L'idée d'aller me plaindre au professeur Flitwick m'effleure dans un premier temps mais elle est bien vite chassée quand, en passant dans la courtière, pour aller rejoindre les filles et leur faire part de mes malheurs, j'aperçois une silhouette dans les airs.
Aussitôt je bifurque et m'empresse de prendre la direction du terrain de Quidditch. Vu ce que j'ai vu et ce que je sais, j'en connais un qui ne va pas mais alors pas du tout être content !
Quand j'arrive sur le terrain de Quidditch, Dubois est en train d'atterrir. En me voyant, il s'immobilise immédiatement et me jauge un instant du regard.
- Donnovan, me salue-t-il un peu méfiant. J'imagine que tu es venue m'espionner ?
- Toujours aussi charmant à ce que je vois, je fais en m'avançant dans sa direction.
Chaque année, je me fais la remarque que Dubois est particulièrement grand et musclé, mais l'année suivante, il trouve toujours le moyen de me surprendre en devenant plus grand et musclé qu'il n'est permis. Et moi, avec mon physique de moucheron anorexique, je dois dire que je me sens assez ridicule face à lui.
- J'ai besoin de ton aide, je lance sans prendre la peine de prendre plus de pincettes.
- Vraiment ?! Voyez-vous ça…
Pour une raison qui m'échappe, cette perspective semble beaucoup le réjouir.
- Et qu'est-ce qui te fait croire que je vais t'aider ?
- Eh bien, ça te concerne également : Flint a réservé le terrain de Quidditch pour les trois semaines à venir, en y occupant tous les créneaux. Ce qui signifie qu'il m'est impossible de réserver le terrain pour l'équipe de Serdaigle, et il en va de même pour Poufsouffle qui n'a pas encore repris l'entraînement. Je me disais que si on allait…
- Réserver le terrain n'est pas l'une des prérogatives du capitaine de l'équipe ? m'interrompt le Gryffondor.
- Si mais…
- Alors pourquoi le fais-tu et non Benson ?! Tu n'es pas encore capitaine !
- Il n'a pas le temps…
- Et tu es certaine que ce n'est pas toi qui a confondu en écrivant Serdaigle et Serpentard ? Après tout ce sont des mots proches…
- Je sais très bien écrire, merci !
- Mais pourquoi Benson t'enverrait toi parmi tous les autres membres de son équipe ?!
- Je suis la Capitaine-adjointe de l'équipe de Serdaigle, Dubois, j'annonce avec une fierté non-dissimulée.
Cependant Dubois se contente de froncer les sourcils devant mon titre ce qui me fait prendre conscience du ridicule de ma situation. Immédiatement mes joues se mettent à rougir.
- Peu importe… Comme je te l'expliquais juste avant que tu ne m'interrompes, je me disais que si on allait voir le professeur McGonagall, ou le professeur Bibine, il serait peut-être plus judicieux d'y aller groupés, avec différents membres de chaque équipe pour montrer que nous sommes tous touchés par le comportement des Serpentards. Qu'en penses-tu ?
La réponse fuse immédiatement.
- Non.
Sans plus d'explications, Dubois remet son balai sur son épaule et commence à remonter vers le château. Je dois presque courir pour pouvoir le rattraper.
- Attends ! Dubois ! Tu n'as pas compris !
En m'entendant l'appeler, Dubois se retourne brusquement. Le seul problème c'est que je ne m'y attendais pas vraiment, et comme je l'avais presque rattrapé et sous le coup de la surprise, je manque de tomber à la renverse.
Par chance, Dubois a des supers réflexes de gardien et alors que j'allais très probablement me retrouver les fesses dans l'herbe il parvient à me rattraper juste à temps en refermant sa main sur mon poignet.
- Merci, je murmure en essayant de retrouver un peu de dignité.
Il se contente d'y répondre par un grognement et reprend sa route mais en marchant plus lentement comme s'il attendait que je marche à ses côtés. Je finis par trottiner pour être à sa hauteur.
- Tout à l'heure, quand je disais que tous les créneaux avaient été réservés par Serpentard, je comprenais également les créneaux que tu as réservé pour Gryffondor. Apparemment, Rogue aurait fourni une autorisation spéciale à Flint pour cela.
Dubois se stoppe immédiatement, me fixe et soudain éclate de rire.
- Bien joué ! Ahaha ! J'ai failli y croire !
- Mais c'est vrai ! je proteste.
- Mais oui, écoute Donnovan, je suis désolé si Serdaigle et Poufsouffle ont manqué de prévoyance mais moi, j'ai réservé le terrain, et par conséquent, je compte bien m'entraîner. Alors excuse-moi, mais tu peux aller te plaindre auprès de Flitwick ou n'importe quel autre professeur mais ce sera sans moi !
J'en reste bouche-bée pendant quelques secondes à tel point que j'en oublie de marcher. Résultat, je suis obligée de courir pour le rattraper.
- Quoi ?! Mais, je… Dubois, je ne mens pas ! Je t'en serais extrêmement reconnaissante si tu acceptais de m'aider, certes, mais cela te concerne tout autant ! Je… je… j'arrêterais de venir manger à la table des Gryffondors si cela peut te faire plaisir, ou tout ce que tu voudras mais tu dois me croire !
C'est avec énervement que je constate que les larmes menacent de se mettre à couler sur mes joues, tellement je suis désespérée et en colère.
Dubois me détaille de haut en bas, avant de secouer la tête.
- Aussi tentante que puisse être ta proposition, je vais devoir me répéter, ça ne m'intéresse pas. Maintenant va jouer ailleurs, Donnovan.
Ces dernières paroles achèvent ma patience et je préfère me retirer avant de me mettre à pleurer devant lui. Mon plan n'a absolument pas fonctionné et maintenant je vais devoir l'annoncer à Benson. C'est la fin de ma carrière de capitaine avant même que celle-ci n'ait débuté…
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C'est avec une certaine attente qu'arrive enfin le vendredi matin et le cours de Défense contre les Forces du Mal. Nous sommes tous impatients. Les quatrièmes années sont les derniers à l'avoir et malgré mes questions à Harry, Ron et Hermione cela n'a rien donné. Cette dernière vante ses louanges, quand les deux autres grimacent dès que je prononce son prénom. Fred et George qui l'ont eu hier, eux, se contentent de partir dans un fou rire à chaque fois que je leur demande en quoi le programme de cette année va consister en Défenses contre les Forces du Mal.
Après le petit-déjeuner, les filles et moi nous dirigeons vers la salle de cours, un peu en avance, certes, pour être certaines d'avoir les places aux premiers rangs. Dans la salle, aucune trace de Lockhart. Il faut attendre que cette dernière soit remplie pour le voir enfin arriver, vêtu d'une robe de sorcier couleur saumon.
- Tu crois qu'il l'a fait exprès pour soigner son entrée ? nous demande Rose, qui a terminé d'empiler tous les ouvrages de Lockhart sur son bureau, de sorte qu'on ne la voit presque plus.
- Je ne dirais pas non, ricane Susan. C'est le genre de personnage à aimer se faire attendre…
- Chuuuuut, je fais. Le cours va commencer.
Pour toute réponse, Susan redouble d'hilarité.
- Bonjour à tous et bonjour à toutes, nous accueille Lockhart avec un immense sourire charmeur auquel je ne peux m'empêcher de répondre par un sourire.
En m'apercevant, notre très célèbre professeur m'adresse un clin d'œil qui me fait rougir subitement comme une tomate et baisser la tête, ce qui a pour conséquence d'entraîner Susan dans un véritable fou rire qu'elle tente tant bien que mal de dissimuler derrière une quinte de toux feinte.
Lockhart n'y prête cependant pas vraiment attention et attrape sur la table de Rose son exemplaire de Vadrouilles avec les goules, pour montrer à tout le monde sa photo qui y figure en couverture de dos.
- Ça, c'est moi, nous fait-il. Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, troisième classe, membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mal et cinq fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo…
- Jury connu pour ses qualités intellectuelles, me souffle Susan et je ne peux m'empêcher de pouffer.
- … Mais ne parlons pas de ça, continue Lockhart, en jetant l'ouvrage sous le regard scandalisé de Rose. Croyez-moi, lorsque j'ai réussi à me débarrasser du Spectre de la mort, ce n'était pas par un simple sourire.
J'imagine que Lockhart s'attendait à des rires – ou en tout cas pas qu'au mien – mais l'effet est quelque peu gâché par Tyler qui chuchote assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre un « On veut bien te croire ».
Le sourire de Lockhart se fane l'espace d'une demi-seconde avant de revenir, plus brillant et plus éclatant que jamais !
- Je vois que vous avez tous acheté la collection complète de mes livres. C'est très bien.
- En même temps, me fait Susan, ils étaient sur la liste des fournitures. On n'a pas eu tellement le choix même si je ne regrette pas de les avoir achetés.
- J'ai pensé que nous pourrions commencer le premier cours avec un petit questionnaire. Rien de bien méchant. Simplement pour vérifier si vous avez bien lu ce que j'ai écrit et voir ce que vous en avez retenu.
À ces mots, il distribue magiquement les questionnaires avant d'aller s'asseoir derrière le bureau.
- Très bien, si tout le monde a un questionnaire, vous pouvez commencer. Vous avez une demi-heure.
Aussitôt je me penche sur ledit questionnaire et commence à lire les questions. Derrière moi me parvient la voix de Cédric qui semble abasourdi :
- Non mais… c'est une blague ?! Quelle est la couleur préférée de Gilderoy Lockhart ?! Quelle est l'ambition secrète de Gilderoy Lockhart ?! Quel shampoing utilise Gilderoy Lockhart ?!
Susan qui a parcouru l'ensemble des trois pages repart de plus belle dans son fou rire.
- Je commence à comprendre pourquoi Fred et George rigolaient à chaque fois qu'on parlait de programme scolaire…
- Quelqu'un peu m'expliquer le rapport avec les Défenses contre les Forces du Mal ? nous demande Emma en se retournant vers nous.
- Je suis certaine que c'est une nouvelle approche, je murmure. Il nous l'expliquera sûrement après.
Une demi-heure plus tard, le professeur Lockhart ramasse les copies et commence à les corriger, nous laissant seuls à attendre. Quand enfin, il a terminé, il se lève de son bureau et affiche une moue boudeuse.
- Je ne comprends pas ! Personne ne semble vouloir saisir que ma couleur préférée est le lilas, c'est quand même très délicat ! Vous n'avez donc rien retenu de Une année avec le Yéti ?! Et qui est Tyler Azelos ?! Voyons, jeune homme, jamais je n'utiliserais une autre marque que Merm'head & Sorcerers pour entretenir mes cheveux ! Je ne voudrais tout de même pas endommager ma sublime crinière !
À ces mots il secoue la tête comme dans les publicités Moldues que j'ai vues à la tévélision chez Susan et nous adresse un clin d'œil canaille.
Je me retourne pour constater que Cédric affiche une tête dépitée, quand Rose se contente de le fixer avec une certaine incrédulité. Susan quant à elle, n'en finit plus de rire, tout comme Tyler ou encore Ewan.
- Mais attendez ! Je crois avoir trouvé un élève qui a correctement répondu à toutes les questions ! Enfin je devrais plutôt dire, une élève !
En entendant cela, Emma se redresse brutalement sur sa chaise.
- Qui est mademoiselle Erell Donnovan ?
J'adresse un sourire crispé à Susan et un peu gêné alors que cette dernière me murmure silencieusement les mots « plus fan du tout ! » dans ce qui se veut être une imitation de moi.
- Bravo ! Excellente élève ! Dix points pour Serdaigle ! J'imagine que vous devez faire partie de mes groupies, ahah !
Cette phrase achève définitivement Susan tandis que je glisse sur ma chaise dans une volonté apparente de disparaître.
- Mais trêve de bavardages ! Il est de mon devoir de vous armer contre les créatures les plus répugnantes qui soient connues dans le monde des sorciers comme les Veracrasses et autres Bousiers ! J'ai tenté, avec vos camardes précédents une… expérience qui a quelque peu dégénéré, dirons-nous.
- Un élève s'est retrouvé accroché au plafond, fait Helen Collney d'une voix parfaitement audible pour que personne ne puisse l'ignorer.
Toutes nos têtes se tournent vers Lockhart dans l'attente évidente de réponses.
- Ah vraiment ? Je n'avais rien remarqué, évite ce dernier. Vous savez les rumeurs ne sont pas toujours fiables, surtout quand elles sont alimentées par ceux qui vous jalousent. En même, temps, on peut les comprendre, aha. Mais je ne suis pas ici pour vous dispenser des cours de célébrité mais bien des cours de défense. C'est pourquoi à défaut d'exercices pratiques, nous travaillerons la théorie. J'ai beau être là pour vous protéger, je ne voudrais pas devoir avoir à vous réanimer.
Une fois de plus, il nous adresse un sourire coquin avant de prendre de nouveau un des livres de Rose.
- Nous commencerons par Randonnée avec les trolls. Il va me falloir un volontaire… euh, oui, vous, Mr Azelos !
- Mais je n'ai pas levé la main, monsieur…
- Mais vous alliez le faire, je l'ai deviné à votre expression enjouée ! Venez, venez !
Je ne suis pas certaine que enjouée soit le terme idéal pour définir l'expression de Tyler à ce moment précis, mais celui-ci s'exécute néanmoins, bien qu'en traînant des pieds.
- Très bien, très bien. Mr Azelos, vous serez le troll ! Et moi je serais… Moi ! Et maintenant, en place !
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Le week-end arrive enfin et c'est par un rayon de soleil que je me lève. Susan et moi avons décidé de profiter des derniers beaux jours, pour faire nos devoirs dehors, tout en prenant notre petit-déjeuner. Rose à décidé de se joindre à nous, mais Emma, ainsi que Jude et Djemilah ont toutes trois préféré faire la grasse matinée.
C'est donc en direction du lac que nous nous dirigeons toutes les trois quand nous sommes interceptées par deux figures rousses, vêtues de rouge et or et portant des balais.
- Et mais… c'est la première fois que je vous vois debout avant dix heures, plaisante Susan devant des jumeaux pas très frais.
En effet, ils ont tous les deux les yeux bouffis et les cheveux en bataille. George a même encore la marque de l'oreiller sur sa joue gauche, quant à Fred…
- C'est une trace de bave, Fred ? je demande en indiquant le commissure de ses lèvres.
Immédiatement ce dernier s'empresse de l'essuyer.
- Je voudrais bien t'y voir, toi ! Olivier est venu en personne nous sortir de nos lits…
- … et comme on ne se levait pas assez vite au goût de monsieur, il a tout simplement renversé nos matelas ! complète Geoge.
- Je reconnais bien là le tyran qui sommeille en lui, je fais en compatissant à moitié avec mes amis.
- Et on a même pas eu le temps de prendre le petit-déjeuner ! renchérit Fred en lorgnant sur les restes de viennoiseries dans les mains de Rose.
- Et on a dû supporter trois heures de discours ! reprend George. On n'est même pas encore montés sur nos balais !
- Sans parler du fait, qu'on a dû aller chercher les balles parce que bien sûr, Olivier ne l'avait pas fait…
- C'est bon, vous avez gagné, fait Rose en leur tendant croissants et autres pains au chocolat.
Nos deux amis s'empressent d'engloutir nos restes. C'est à ce moment que je me rends compte que nous n'avons pas arrêté de marcher et que loin de nous diriger vers le lac comme initialement prévu, nous avons dévié vers le terrain de Quidditch où est réunie la totalité de l'équipe de Gryffondor. Je me raidis immédiatement à la vue de Dubois et esquisse un geste de recul. Seulement Fred et George ne semblent pas avoir perçu mon malaise car ce dernier se tourne vers nous et nous propose de rester assister à l'entraînement avec un grand sourire.
Susan accepte presque aussitôt, avant même que j'aie pu protester, et c'est à reculons et en évitant le regard du capitaine de Gryffondor que je vais prendre place sur les gradins avec mes amies. Un peu plus loin, j'aperçois Ron et Hermione, sans doute venus soutenir Harry dans cette épreuve difficile qui est de se lever tôt. Ainsi qu'un élève de première année, à Gryffondor, qui tient un énorme appareil photo.
Je me dépêche d'ouvrir un livre en grand, pour trouver une excuse au fait de ne pas regarder les joueurs voler. Susan se tourne vers moi et fronce les sourcils.
- Un problème ?
- Aucun !
Ma voix est trop enjouée pour convaincre mon amie de ma sincérité.
- C'est parce que Dubois a refusé de nous aider pour la réservation du terrain ? me demande-t-elle. C'est vrai que c'est pas super sympa de sa part.
- Préviens-moi quand les Serpentards arriveront, je lance avant de me replonger dans la lecture de mon chapitre.
Ces derniers ne se font pas vraiment attendre et je n'ai pas besoin non plus de Susan pour comprendre qu'ils sont là. Un juron de Dubois suffit à me signaler leur présence.
- Alors ça, c'est incroyable ! J'ai retenu le terrain pour nous ! s'indigne-t-il.
- Au moins, tu pourras te la péter en lui disant « je te l'avais bien dit », me souffle Susan.
Immédiatement, l'équipe de Gryffondor se dépêche d'atterrir. Sous le coup de la colère, Dubois rate même son atterrissage et manque de s'étaler au sol brutalement.
- Vous croyez qu'on devrait aller voir ce qu'il se passe ? demande Rose qui s'est levée pour mieux voir.
Ron et Hermione, eux, ont foncé vers la confrontation et je sens que Susan aimerait bien les imiter, ne serait-ce que pour s'assurer que Fred et George ne font rien de stupide.
- Pas mon problème, je fais en feignant de reprendre ma lecture.
Il n'en est rien. Mes yeux sont fixés sur la joute verbale devant moi et mes oreilles sont tout ouïes.
- Flint ! hurle Dubois. Le terrain nous est entièrement réservé ce matin ! On s'est levés à l'aube exprès pour ça ! Alors tu t'en vas, maintenant !
- Il y a suffisamment de place pour tout le monde, fait l'intéressé en jaugeant ses adversaires.
L'équipe de Serpentard est la seule équipe exclusivement masculine. Et ce sont tous de grands gaillards musclés dépourvus de cerveaux. Même Dubois paraît petit face à eux.
- Mais j'ai réservé le terrain ! proteste Dubois. Je l'ai réservé !
De là où je suis, je peux clairement sentir les yeux du capitaine des Gryffondors qui font la navette entre Flint et moi. Je tente de l'ignorer. Oui, j'avais raison et oui, il avait tort.
- Ah bon ? rétorque Flint. Pourtant, j'ai un mot du professeur Rogue. Regarde : « Je, soussigné, professeur Rogue, donne à l'équipe de Serpentard l'autorisation de s'entraîner aujourd'hui sur le terrain de Quidditch afin de former leur nouvel Attrapeur. »
La nouvelle a le mérite de faire taire Dubois qui désormais ne cache plus le fait de me fixer. Susan, elle, s'est redressée pour mieux apercevoir ledit Attrapeur qui apparaît finalement.
- Mais c'est Malefoy ! je fais. Mais comment a-t-il pu être pris ? Et les sélections... ?
- On y va, me fait Susan en fonçant.
Rose me jette un regard avant de la suivre. J'hésite deux secondes, pousse un soupir et finis par refermer mon livre d'un claquement sec pour leur emboîter le pas.
Nous arrivons à leur hauteur juste à temps pour constater le sublime présent qui a valu à Drago une place dans l'équipe. J'imagine qu'il peut s'estimer heureux d'avoir un père suffisamment riche pour avoir pu acheter à la totalité de l'équipe de Serpentard des Nimbus 2001. Tandis que ce dernier vante les mérites de son balai – en taclant au passage, les autres balais – , le regard de Flint tombe sur notre petit groupe qui s'est joint à Ron et Hermione, restés un peu à l'écart.
- Oh, regardez, le terrain est envahi.
Les Serpentards éclatent de rire à la blague mais ce sont bien les seuls. Les Gryffondors se tendent immédiatement, tandis que Rose et Susan qui ont perçu le sous-entendu froncent les sourcils. Seule Hermione s'avance et riposte.
- Au moins, aucun joueur de Gryffondor n'a payé pour faire partie de l'équipe, fait-elle sèchement. C'est pour leur talent qu'on les a choisis.
La réaction de Malefoy est instantanée. Il perd de sa superbe et son expression se contracte en un rictus de méchanceté.
- Personne ne t'a rien demandé à toi, espèce de sale Sang-de-Bourbe !
Fred et George tentent de se jeter sur Malefoy mais Dubois à le réflexe de les retenir et tant mieux car Flint s'interpose simultanément pour défendre son Attrapeur. Susan quant à elle est folle de rage.
- Comment oses-tu ?!
Elle n'est pas la seule à être mécontente car Ron sort carrément sa baguette cassée de sa poche et la pointe sur le visage de Malefoy.
- Cette fois-ci, tu vas le payer !
Une forte détonation et un jet de lumière verte suivent ces mots. Le problème c'est que j'ai l'impression que le rayon est sorti du mauvais côté de la baguette du rouquin, impression confirmée quand je le vois au sol.
Les Gryffondors se dépêchent de se précipiter vers lui.
- Ron ! Ron ! Tu vas bien ? lui demande Hermione, paniquée.
Ce dernier ouvre la bouche pour lui répondre mais un énorme rot en sort à la place, vite suivit par un flot de limaces gluantes et grasses.
À cette vue les Serpentards se mettent à hurler de rire et se moquent de lui. Harry et Hermione se dépêchent de l'emmener chez Hagrid pour le soustraire aux railleries, mais également pour qu'il s'y fasse soigner.
- Vous feriez mieux d'arrêter de rire, fait Susan. Il n'y a rien de drôle à se croire supérieur aux autres !
Son intervention calme subitement les ardeurs des Serpentards, qui se mettent à jouer des muscles pour tenter de l'impressionner. Mais mon amie ne se laisse pas démonter et je dois dire que c'est moi qui suis impressionnée par elle. Impressionnée et fière.
- Pourquoi ?! Tu te sens concernée Smith, peut-être ?! C'est vrai que la magie dans ta famille, ce n'est pas forcément la chose qui saute tout de suite aux yeux, hein ?! nargue Flint.
Rose choisit ce moment pour sortir sa baguette. Quant à George et Fred, les deux ont l'air tellement furax que je crains qu'ils ne fassent quelque chose de vraiment stupide comme se jeter dans la masse de Serpentards. Le seul problème c'est que Dubois a l'air presque aussi furieux qu'eux désormais et que l'on ne peut plus vraiment compter sur lui pour les retenir s'il se joint à eux pour aller taper du Serpentard.
- Vous n'êtes qu'une belle brochette d'imbéciles, raille Flint. Et pas un vrai sorcier parmi vous, hormis peut-être Weasley & Weasley, bien que le doute soit permis, et Donnovan, mais tout le monde sait qu'elle se fait un devoir de déshonorer son sang par des fréquentations plus que douteuses…
- Vous vous croyez « plus nobles », « plus dignes » juste parce que vous l'avez décrété et vous ne réalisez même pas que les imbéciles, c'est vous ! intervient Rose qui éructe littéralement de colère. Nous avons tous reçu notre lettre d'admission ici, il me semble ! Alors de quel droit pensez-vous être de meilleurs sorciers que nous ?!
- Juger un sorcier par son sang, son argent ou son rang social c'est faire preuve d'un aveuglement et d'une stupidité qui révèlent seulement votre ignorance, crache Susan.
- Venez, je fais en voyant que Rose est au bord des larmes. On s'en va ! Ils ont le terrain, on n'a plus rien à faire là.
Je tire sur le bras de Rose qui se décide à bouger, suivie par Susan qui a engagé avec Flint un duel de regard. Angelina qui semble avoir compris que mon intention est avant tout d'éviter que cette confrontation ne tourne au combat, fait un geste de la tête à Bell et Spinnet qui se mettent à tirer Fred et George loin des Serpentards, bien que ces derniers tentent une dernière fois de les provoquer, conscients de leur avantage numéraire.
- C'est marrant Donnovan ! m'interpelle Flint alors que je passe à ses côtés. Mais on n'a pas entendu ton avis sur la question. Tu as peur de devoir avouer que tes amis ne sont que des erreurs de la natu…
CLAC !
Je reste un moment stupéfaite en prenant conscience de ce qui vient de se passer. De ce que je viens de faire. J'ai giflé Flint. Violemment, si on en croit la traînée rouge qui se dessine sur sa joue, et la douleur dans ma main droite. Personne ne semble réagir vraiment à ce que je viens de faire. Flint se tient la joue comme s'il venait de perdre la moitié de son visage et les Serpentards fixent tour à tour leur capitaine puis moi. Pucey ose finalement faire un pas vers moi mais avant que j'aie pu dégainer ma baguette Dubois s'interpose. Finalement Pucey recule et je pousse un petit soupir de soulagement avant d'attraper Rose par le bras et de me précipiter vers le château.
Cette matinée était beaucoup trop riche en émotions pour moi.
Et voilà pour ce chapitre ! N'oubliez pas la review qui fait plaisir, qui motive et qui parfois, aussi, nous inspire !
A très vite !
S.S & E.D
