Titre Français : Réalisations

Titre Français : Réalizations

Auteur : Wishweaver

Ancienne traductrices : Irlis(1 au 9)

Bêta lectrice et correctrice : DS of Bloody Dreams

Rating : K

État de la fic en anglais : 35 chapitres (en cours)

État de la fic en français : 26 chapitres ; Reste à traduire : 32

Chapitre traduit par : Patmolcornedrue

&

Disclamé : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire.

&

Résumé : UA. Harry retourne à Privet Drive après sa quatrième année et retrouve la maison...vide ! Que feriez-vous si vous ne pouviez pas demander de l'aide à vos amis ?

&

Nous avons toutes les autorisations pour continuer cette histoire.

Ainsi que de reprendre, les premiers chapitres, traduits par Irlis

&

Nous recherchons des Traductrices sérieuses,

Attention !!!!!

soyez sûre avant de vous proposer !!!!

Car beaucoup le font et s'en vont s'en rien dire,

Nous laissant en plan avec des chap non traduit !!!!

Je précise que c'est pour la saga saving,

Chaola, Barbotine, Shiko no Stuki, Nomade ont disparu sans rien dire!!!

Nous avons besoin de traductrice pour les remplacer

et traduire les chap qui leurs avaient été donné !!!

Si vous vous sentez prête à rejoindre notre groupe,

contacter moi : onarluca ( serveur orange) . fr

&

Bonne lecture

Eni et Onarluca

&

Chapitre 26 : Prend garde à ce que tu souhaites… (1/2)

Dimanche 23 Juillet 1995

« Tu as vu cela, n'est-ce pas ? »

Janet Wright jeta un nouveau coup d'œil dans la cuisine, puis croisa une nouvelle fois le regard de son mari.

« Dis-moi au moins que tu as vu quelque chose » essaya t'il à nouveau, le ton de sa voix chuchotée, atteignant presque la supplication, « parce que si tu n'a rien vu, soit je souffre du décalage horaire, ce que je crois, soit je dois d'urgence me faire interner. »

Un tic nerveux le gagna. « Non, j'ai définitivement vu quelque chose » certifia t'elle. « Je ne peux simplement pas expliquer spontanément ce que cela signifie »

« Oh, bien. Durant une seconde, j'ai vraiment eu peur. » Il marqua une pause puis essaya : « Ce n'est pas un nouveau jouet ? »

Elle secoua la tête. « Aucun de ceux que j'ai achetés pour elle. »

« Pourrait-il lui avoir offert ? » demanda alors Steve, hocha la tête dans la direction de Sparky.

« Jimmy ? » Janet jeta un coup d'œil dans la cuisine, puis haussa les épaules. « Je suppose que c'est possible, mais je ne pense pas que cela soit le cas. De plus, Becky n'a pas réagit comme si c'était quelque chose de nouveau. »

« Elle s'en est débarrassé rapidement, où cela a-t-il bien pu disparaître ? »

« Je ne sais pas. Elle n'a pas de poche dans son pyjama, et il n'est pas sur le plancher. »

Mari et femme partagèrent un long silence, se cherchant du regard.

« Ainsi, tout porte à croire, » dit Steve lentement, « que notre fille aînée est capable de produire, de garder et de faire disparaître une lumière blanche sur demande. »

« Hum, oui. Je dirais que c'est à peu près cela, » acquiesça faiblement Jan.

« Et le baby-sitter peut en changer la couleur. »

Elle approuva lentement, se sentant stupéfaite, puis ajouta, « Becky aussi, si j'interprète correctement sa réaction. »

« Hum. Bonne remarque. » accorda t-il, puis fronçant les sourcils, « Est-ce mon imagination, ou Kitty a-t-elle fait cela comme si elle ne voulait pas que nous le sachions ? »

« Non, elle semblait définitivement nerveuse. »

« Pourquoi voudrait-elle nous cacher quoi que ce soit ? »

« Comment pourrais-je le savoir ? » siffla t-elle, frustrée et piquée à vif par ses propos. « Je viens de le découvrir en même temps que toi ! »

« Exact. »

« Ainsi, que fait-on maintenant ? »

« Eh bien, ils s'attendent à ce que nous descendions, et nous aurions l'air de deux parfaits idiots s'ils nous découvraient dans le hall à jouer les espions comme ceci » précisa t-elle raisonnablement. « Suivons le mouvement, et faisons du bruit pour leur faire comprendre que nous arrivons, puis nous pourrons reparler de tout cela plus tard. »

« Ok. »

Janet recula de dos vers son mari de quelques pas, puis revenant sur ses pas, elle fit plus de bruit que précédemment. Trottant impatiemment vers l'avant, elle atteint la cuisine la première. « Est-ce que tout ce passe bien par ici ? » appela t-elle tout en se dépêchant de pénétrer à l'intérieur, sans parfaitement réussir à écarter l'inquiétude de sa voix.

« Maman ! »

Janet sourit doucement pendant qu'elle observait Becky courir vers elle, les bras tendus. Sparky s'était évidemment levé par intermédiaire, et remplaçait la glace dans le congélateur tandis que Kitty remplissait le bol de sucre. Se penchant vers le sol, elle essaya de prendre sa cadette agitée dans ses bras, mais Rebecca secoua la tête. « Qu'est-ce qui t'arrives petit cœur ? » demanda t-elle, fronçant les sourcils, quand sa fille attrapa fermement sa main à la place et tira dessus dans un effort insistant.

« Sparky à bobo, » dit Rebecca, traînant Janet de manière incertaine tout en regardant l'adolescent. « Regardes ! »

« Ouais, Becky l'a frappé au visage avec le balai ! » expliqua Kitty, mettant le couvercle sur le bol de sucre et les rejoignant.

« J'ai pas fait exprès ! » répliqua Becky en colère.

« Evidement, tu ne l'as pas fait exprès, » la calma Janet, envoyant à sa fille aînée un regard apaisé, et fronçant légèrement les sourcils lorsque Jim sembla se tendre nerveusement à son approche. « Est-ce que tout va bien Sparks ? » demanda t-elle de manière concernée, notant que le garçon semblait excessivement nerveux.

Sur ce, il cligna des yeux, comme il le faisait à chaque fois que quelque chose le surprenait, et sa méfiance diminua d'un iota. « Oui m'dame » répondit-il lentement. « Ce n'était rien, juste un petit accident, » continua t-il, semblant reprendre peu à peu confiance tandis que Janet le regardait de manière interrogative. « Becky n'a simplement pas réussi à s'arrêter lorsqu'elle s'est rendu compte que l'on allait se percuter. »

Inclinant la tête, Janet souleva sa fille cadette et l'appuya sur une de ses hanches, de manière à pouvoir observer le souci de celle-ci correctement. « Il va bien ma chérie, tu vois ? » cajola t-elle, mettant sa main libre sur l'épaule de Sparky lorsque Becky ne sembla pas totalement convaincue.

« Mais je l'ai fait pleurer ! » confessa t-elle misérablement.

Ne ris pas, ne ris pas, tu n'oserais pas rire ! s'ordonna Janet, luttant de toutes ses forces pour éviter que cela ne se produise. Becky était totalement sérieuse, et le pauvre Jim regardait déjà autour de lui comme s'il souhaitait trouver un trou de souris où il pourrait se cacher. Rire serait probablement mal prit que ce soit par l'une ou par l'autre. Même Kitty, qui était du genre à rire nerveusement semblait l'avoir réalisé, et resta silencieuse pendant qu'elle venait tapoter gentiment la jambe de sa sœur.

« Quand quelqu'un prend un coup sur le nez, il est normal qu'il pleure, » glissa doucement Janet, notant la marque rouge toujours présente sur le visage de Sparky et lui parlant tout autant qu'à Becky. « Ils m'ont enseigné cela dans mon cours d'autodéfense. Maintenant, ne penses-tu pas qu'il y ait quelque chose que tu puisses faire pour que les choses aillent mieux ? » demanda t'elle, essayant de faire comprendre à Rebecca que des excuses seraient certainement les bienvenues.

Becky avait cependant autre chose à l'esprit. « Des bisous » déclara t-elle rayonnante. « Des bisous de maman. »

Oh. Naturellement, pensa Janet, jetant un coup d'œil à son bébé totalement sérieux, puis au jeune homme plutôt horrifié se tenant face à elle. Aucune calamité n'était capable de faire autant de dégâts en si peu de temps que sa petite Becky. Janet hésita. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas exécuter la demande de sa fille, mais quelque chose dans le comportement du jeune homme lui disait qu'il ne tolèrerait certainement pas une invasion aussi soudaine dans son espace personnel.

Décidée à emprunter un chemin parsemé de moins d'embûches, Janet porta sa main libre à ses lèvres, planta un minuscule baiser sur son index, et transporta alors lentement le « baiser » jusqu'à la blessure. Il ne s'était pas dérobé, et avait accepté le contact, son attitude ne laissait rien transparaître, elle avait seulement noté la façon dont il avait suivi sa main du regard jusqu'à la fin. « Là, » déclara t'elle joyeusement. « Est-ce mieux maintenant ? »

« Hum, oui. Merci. » dit-il, semblant déconcerté, mais jouant le jeu. Probablement pour faire plaisir à Becky, pensa Jan, s'interrogeant encore au sujet de son précédent bouleversement. Essayant de détendre l'atmosphère, elle remua ses sourcils et commenta, « Les baisers de maman détiennent un grand pouvoir, n'est-ce pas Spark ? » Lorsqu'il cligna des yeux, totalement confus, et l'interrogea du regard, elle continua, « remède miracle pour tous les maux » et obtint finalement un petit rire ainsi qu'un léger sourire.

« Et n'oublions pas « l'aide médicale » ! » lança Steve de l'embrasure de la porte, signifiant ainsi pour la première fois sa présence.

Janet sursauta avec les enfants, s'étant laisser prendre par surprise, et se sentie alors immédiatement stupide. Elle était complètement déroutée, il fallait qu'elle se reprenne ! Ce n'était certainement pas la plus longue absence qu'elle ait connue avec son mari, mais il faudrait obligatoirement quelques jours pour qu'elle s'habitue à sa présence. Lançant une timide grimace vers son mari, elle s'excusa en haussant les épaules, tandis que les filles couinaient de plaisir. « Papa ! »

Ne perdant pas une seconde, Kitty se rua littéralement vers lui à travers toute la cuisine, tandis que Becky luttait farouchement pour quitter les bras de Janet. « Veux descendre maman ! » tempêta t-elle impatiemment. « Veux descendre ! »

« Bien sûr, bien sûr, » rit sous cape Jan, posant Rebecca sur ses pieds tandis que Steve attrapait Kitty dans une étreinte digne de papa ours et la faisait voler autour de sa tête. « Tête de linottes, papa, » lui rappela t'elle espiègle, car Becky tendait les bras dans sa direction. Ne perdant pas une seconde, Katrina se laissa glisser jusqu'au sol, laissa Steve prendre sa plus jeune fille dans ses bras, la faisant sauter en l'air, crier et rire à la fois.

Souriant de manière indulgente, Janet se tint sur le côté et observa ses filles se chamailler gentiment pour accaparer l'attention de leur père. Elles s'étaient vraiment ennuyées de lui, les pauvres petites. En tant que maman, elle était le bon parent lorsqu'elles étaient fatiguées ou lorsqu'elles voulaient des câlins ou d'autres choses de ce genre. Steve quant à lui était celui qu'elles allaient chercher pour jouer.

Secouant la tête tendrement, Jan les observa encore un petit moment avant de renifler de manière interrogative. Apparemment ce que Sparky avait mis au four n'était pas loin d'être prêt. Elle se retourna légèrement, prévoyant de lui demander combien de temps de cuisson il restait, mais cette question hors de propos resta bloquée au fond de sa gorge lorsqu'elle le vit se tenir à l'écart, un petit sourire triste inscrit sur son visage.

Aussi loin qu'elle se souvienne, Janet avait déjà « surpris » plusieurs fois Jim lorsqu'il observait la complicité qu'elle entretenait avec Kitty et Becky, mais elle n'avait jamais vraiment eu le temps de s'y attarder. Elle avait toujours été distraite par ses enfants, et il avait toujours remarqué immédiatement ses regards et se mettait à sourire comme s'il s'amusait simplement des singeries de sa famille. Cette fois elle l'avait visiblement surpris lors d'une réflexion privée alors qu'il pensait ne pas être observé.

Incertaine de ce qu'elle devait faire, elle resta à moitié tournée vers lui, observant le garçon à l'aide de sa vision périphérique. Il lui était pénible de voir danser au fond de ses yeux un désir ardent et sans fond, mais par bonheur ce ne fut qu'un bref moment. Soudainement, il sembla revenir à la réalité, secouant la tête, comme pour reprendre ses esprits, et coulant un regard prudent autour de lui. Pendant que Janet continuait à l'observer, il se pencha pour ramasser le balai oublié, et commença à nettoyer, faisant un petit tas avec le sucre renversé.

Décidant que c'était une bonne occasion pour lui parler, elle alla chercher le ramasse poussière. « Ici, » dit-elle, le tenant pour lui, et ignorant une nouvelle fois un autre regard déconcerté. « Alors, comment s'est passé cette soirée ? »

« Tout bien considéré, je pense que cela s'est bien passé, » répondit-il avec un petit sourire mystérieux, puis son expression devint plus réservée, « Cependant, j'ai bien peur d'avoir laissé Becky veiller trop longtemps. »

« Cela arrive, » fit Janet, vidant le sucre dans la poubelle. « Cette suggestion était là uniquement pour t'éviter trop de soucis. Elle peut devenir très difficile lorsqu'on arrive à une certaine heure. Il m'est arrivé plusieurs fois de considérer l'option de l'assommer, avec de vrais rochers, pour l'endormir. » le taquina t'elle, grimaçant de manière espiègle lorsqu'elle extirpa un léger rire au jeune homme.

« Oui, eh bien, heureusement que vous n'êtes pas allé jusque là ! » lui fit-il remarquer d'un ton pince-sans-rire, tout en allant chercher la bouilloire qui sifflait et en la reposant hors du feu. « Je pense que tout est prêt désormais. » reprit-il, changeant de sujet.

Janet inclina la tête, l'observant tandis qu'il soulevait la bouilloire, passant outre la chaleur, et sortit une série de rouleaux à la cannelle du four de son autre main. Elle se retourna pour appeler le reste de la famille, mais se rendit compte que ce ne serait pas nécessaire. Quelque chose, probablement le sifflement de la bouilloire, avait du attiré leur attention, car Steve et les filles s'avançaient vers eux.

« Chocolat ! » sourit Kitty, tout en s'approchant. « Papa, tu veux bien me faire une tasse de chocolat chaud s'il te plaît ? »

« Bien sûr, chérie. » lui répondit-il avec un sourire et une chiquenaude de ses doigts. « POOF ! Tu es une tasse de chocolat chaud ! »

« Papaaaaaaaaaaaaa ! »

Janet leva les yeux au ciel, et s'en retourna au fourneau lorsqu'elle entendit un léger rire étouffé. La vieille plaisanterie moisie de Steve avait apparemment chatouillé les limites de Jim, mais celui-ci essayait difficilement de ne pas rire pour une raison quelconque. Il pense probablement que cela ne serait pas approprié, pensa Jan, observant amusé comment le jeune homme s'était saisi de la spatule et remuait le bacon, essayant évidemment de se changer les idées.

« Bien, si maman se décidait à me montrer où elle a tout rangé, je serais heureux d'aider ! » disait Steve, en raison du manque de réaction de son mini public décidément peu appréciateur. Prenant les devant, Janet sortit quelques tasses, une cuillère et le chocolat en poudre, et les posa sur le comptoir, juste devant son mari. « Merci. » dit Steve, puis il baissa la voix. « Alors, lui as-tu demandé ? »

« Non, il est excessivement nerveux aujourd'hui, » murmura t'elle en guise de réponse, se tenant près de Steve et glissant un bras autour de sa taille tandis qu'ils parlaient. « Je pense qu'il est nerveux au sujet de votre rencontre. Laissons-le faire le premier pas, puis nous pourrons chercher à comprendre ce qui se passe. Il doit y avoir une explication logique. »

« Ok. » dit Steve agréablement comme il finissait de remplir les tasses de poudre brune. « Je suis prêt à utiliser la bouilloire maintenant. Le faisons-nous tout de suite ? »

Inclinant la tête, Janet allant de nouveau devant le four. « Jimmy, je voudrais te présenter mon mari, Stephen Wright, » dit-elle avec un sourire, indiquant l'homme qui se tenait près d'elle d'un geste de la main. « Steve, voici Jim Patterson, également connu sous le nom de « Sparky » »

§*&o&*§

« Minerva ! »

La directrice adjointe de Poudlard chercha d'un regard surpris qui l'interpellait, puis déposa sa plume, et se dépêcha d'aller se placer devant la cheminée de son bureau. Elle n'eût même pas besoin de regarder dans la cheminée pour connaître l'identité du visiteur. Le « Min-NOI-va » qui fut prononcé à cet instant, la renseignant instantanément.

« Abigaïl Penstone ! » la salua t'elle, offrant à la sorcière un de ces rares sourires. « Que me vaut le plaisir de te voir ? »

« Eh bien, je voulais savoir comment tu te portais, et j'ai une question à propos d'une inscription duquel je voudrais prendre conseils. » répondit la petite blonde, étudiant son amie avec des yeux bleus intéressés. C'était une sorcière du Bronx, récemment promue au grade de conservatrice principale de l'institut des sorcières de Salem.

« Comment puis-je t'aider Abby ?» lui demanda t'elle curieusement, se demandant de quoi il retournait.

« Bien, j'était en train de jeter un coup d'œil sur la liste des potentielles recrues issues de familles moldues pour la prochaine rentrée. L'une d'entre elle a récemment déménagé, et résidera à Londres pour un certain temps. J'allais envoyer la lettre standard décrivant les conditions d'éducation des Etats-Unis, mais j'ai pensé que je pourrais inclure Poudlard comme possibilité si vous ne vous y opposiez pas. Ses parents pourraient être plus réceptifs à l'idée qu'elle aille dans une école locale. »

Minerva haussa les épaules. « Je peux en parler avec Albus si vous voulez, mais je ne vois aucun problème à cela. »

« Bien. Je ne pensais pas que vous y opposeriez un refus, mais je n'ai pas voulu simplement supposer. » sourit Abigaïl. « Peut-être pourrions nous nous charger d'envoyer un comité commun leur souhaitant la bienvenue, sortir le grand jeu. La rumeur prétend que cette famille pourrait être dure à convaincre. »

« Vraiment ? » demanda McGonagall, soulevant un sourcil.

« Oui. Nous avions tenté une approche avec la famille d'un des ancêtres lorsque celui-ci était arrivé à l'âge requis et ils avaient tout nié en bloc. »

La directrice adjointe fronça légèrement les sourcils. Bien que cela fût peu connu, il était rare que les parents moldus d'enfants sorciers refusent une formation magique à leurs enfants. En règle générale, ils adhéraient plutôt à l'idée et étaient soulagés que les singularités de leurs enfants qu'ils avaient essayés de rationaliser trouvent enfin une explication.

Naturellement, pour chaque règle, il y avait une exception. Occasionnellement, les professeurs de magie courraient après les parents, et les enfants de la même manière, qui devaient être convaincu. Dans ces cas, les enfants avaient généralement eu peu « d'accidents » magiques pour une multitude de raisons. Certains étaient simplement en retard pour leur âge, d'autres avaient un niveau magique assez faible, et d'autres encore se retrouvaient avec beaucoup trop de demandes oppressantes. Le pire scénario était évidemment celui de l'enfant ayant subit un traumatisme d'une manière ou d'une autre. Ils étaient ceux qui avaient été instinctivement éloignés de l'existence de la magie et qui en conséquence, l'enfouissaient au plus profond de leur esprit, souvent avec des souvenirs dérangeants, et tout cela à cause de la crainte.

De toute façon, pour les parents qui n'avaient observé aucun événement étrange, il était naturellement plus difficile de les convaincre que les pauvres parents anéantis, qui leur tombaient littéralement dans les bras laissant paraître leur désarroi et l'anéantissement ressenti par la peur d'être rejeté de partout.

« J'ai l'information sous les yeux, » dit Abby, ouvrant rapidement un dossier et interrompant ainsi les rêveries de la directrice adjointe. « Le dossier cite des soucis de santé comme argument principal du refus. Les parents étaient mal à l'aise au sujet d'envoyer leur enfant si loin, d'autant plus que cela ne semblait pas nécessaire. Même l'école satellite de leur région était trop éloignée à leurs goûts. Nous pourrions faire face à une attitude similaire maintenant qu'ils ont eux-mêmes des enfants magiques, particulièrement si la condition était héréditaire. »

« Un effort commun semble être la meilleur solution, et puis… » acquiesça Minerva. « Poudlard est principalement un internat, mais des arrangements ont été pris par le passé pour des enfants ayant des besoins spécifiques. Nous devrons juste espérer qu'un tel arrangement soit envisageable. »

« Cela semble être une bonne idée Minnie. Merci. »

« Aucun soucis Abby, oh attends ! En parlant des étudiants d'origines moldues, tu pourrais être intéressé par ceci. Je viens juste de recevoir son dossier, » dit Minerva, se dépêchant de retourner à son bureau et saisissant un des nouveaux « guides de nés moldus. » « Jettes-y un coup d'œil, tu pourrais le trouver suffisamment intéressant pour modifier ton programme. » lui dit-elle en lui remettant le livre à travers le feu de cheminée, à l'aide d'une paire de pinces prévues à cet effet.

« Vraiment ? Meilleur que le dernier j'espère ! » la taquina Abigaïl, en acceptant le livre, riant du regard perçant que lui lança McGonagall. « Oh, sourit Minnie, je plaisantais seulement ! Je te tiens au courant au sujet de mon étudiant, et merci encore. »

« J'attends cela avec intérêt. » dit McGonagall, inclinant la tête comme Abigaïl disparaissait en lui faisant un clin d'œil.

§*&o&*§

Harry Potter s'assis à la table de la cuisine des Wright et considéra la famille, étant tour à tour amusé ou confus.

Quelque chose cloche dans l'air, pensa t-il, comme il jetait un coup d'œil discret autour de la table du petit déjeuner. Bien peut-être pas « dans l'air » mais il y a quelque chose de différent ce matin, continua t-il, en ce qui concerne les adultes plus particulièrement. Ce n'était pas quelque chose de flagrant ou d'évident, plus une subtile variation d'humeur, vraiment, mais tout semblait identique.

Comme tous les autres jours auparavant.

Mâchant tranquillement un morceau de bacon, Harry essayait de comprendre les circonstances de ce changement. Au début, il avait simplement voulu l'écarter de son esprit, le plaçant sur la conséquence du retour de Mr Wright, non, de Steve. Kitty et Becky bouillaient littéralement d'excitation, et évidemment, la présence des deux parents à la place d'un seul avait de légères répercutions sur les habitudes de la famille qu'Harry avait connu les jours précédents. Cette partie là ne le tracassait pas. Ce qui le tracassait était plus subtil…quelque chose qu'il sentait émaner de Janet et Steve plus particulièrement. Fronçant légèrement les sourcils, Harry essayait d'identifier cette sensation. De l'inquiétude, peut-être ? De la confusion ? Du souci ?

Naturellement, il était tout à fait possible qu'il se trompe. Tout le monde se montrait aussi amical qu'auparavant. Personne ne se comportait comme si l'un des protagonistes avait soudainement contracté la peste… Personne ne semblait réellement préoccupé non plus. Peut-être que tout était normal. Peut-être que cela venait de lui tout simplement. Après tout, il accordait peut-être trop d'importance à un minuscule petit détail.

Se sentant un peu mieux, Harry considéra cette nouvelle possibilité. Il avait pris l'habitude d'évaluer l'humeur des gens qui se trouvaient autour de lui chez les Dursley, mais là, il se demandait s'il aurait remarqué quoi que ce soit si Becky ne l'avait pas frappé par accident avec le balai. Il n'était pas certain de savoir exactement comment cela s'était produit, mais quand il avait été frappé, sa conscience lui avait soudainement et très clairement donné un coup de pied aux fesses.

L'hypersensibilité commençait à disparaître désormais, tout était presque totalement revenu à la normale, mais il restait encore quelques subtiles sensations de l'évènement, comme cette légère tension, qui contredisait complètement l'ambiance générale évidente. Harry n'était pas certain qu'il aurait remarqué quoi que ce soit d'étrange en temps normal, et ne savait pas comment interpréter ce malaise ambiant. Malheureusement il avait juste assez d'information pour être dans une embêtante confusion malgré lui.

En parlant d'embêtant…

Le jeune sorcier s'assura que personne ne regardait dans sa direction pour tâter prudemment son nez. C'était encore un peu douloureux, mais cela s'apaisait rapidement. Dieu merci ! pensa ironiquement Harry. Avec un peu de chance, cela ne laisserait aucune marque apparente. Il serait l'objet des taquineries de Tom pendant des jours, où encore pire, Cassie, découvrant que c'était la toute petite fille qui lui avait presque cassé le nez !

Bien sûr, c'était un accident. Becky n'avait jamais eu l'intention de le blesser, naturellement, mais elle lui avait tout de même donné un sacré coup. Grâce à Dudley et à sa bande, Harry était intimement familier pour sentir le liquide indicateur qui annonçait typiquement un saignement de nez. Ainsi il avait su quand il pouvait retirer ses mains sans risque.

Tout bien pesé, il pensait désormais que son nez n'avait pas reçu grand-chose d'assez digne pour avoir versé quelques larmes. Quand il y réfléchissait, il avait bien fait de porter sa main à son nez et de le pincer fermement, cela avait été nécessaire.

C'est une bonne chose, réfléchit Harry. Si Becky était aussi bouleversée par quelques larmes, elle n'aurait probablement pas bien pris le fait de le voir saigner par-dessus tout.

Lançant furtivement un regard à l'enfant en bas âge à la chevelure brune, Harry était heureux de la voir souriante et riante à nouveau. Sincèrement, il ne savait pas si avoir la capacité de sentir les choses était une bénédiction ou au contraire une malédiction, mais il était certainement pratique dans le cas présent. Quand il avait ouvert les yeux, il avait immédiatement su ce qu'elle ressentait exactement, il n'y avait aucun doute à avoir. De l'affection, du remord, la peur d'être rejetée, du souci pour son blessé… Cela avait été surprenant, très certainement la « lecture » de sentiment la plus claire qu'il n'ait jamais eu. Il aurait presque pu entendre ces réelles pensées !

C'était certainement cool, mais Harry n'était pas sûr d'aimer les conséquences de cette capacité en elles-mêmes, ou le risque d'attirer une nouvelle fois l'attention du professeur Trelawney sur lui. Elle insisterait certainement pour lui donner personnellement des cours particuliers. Oh, bien. Ca aurait pu être pire. Cela aurait pu être Snape, résonna t-il de manière pratique, puis il considéra une nouvelle fois ces compagnons.

Les Wright l'avaient initialement interrogé sur les « sujets communs pour connaître quelqu'un », des questions au sujet de sa maison, de ses amis, de l'école, et de choses semblables, mais par la suite cela avait diminué et maintenant ils l'ignoraient la plupart du temps, comme à l'heure actuelle.

Bien, ils ne m'ignorent pas exactement, se corrigea Harry distraitement. Ils discutaient juste entre eux de sujets diverses auxquels il ne pouvait que peu participer, comme le voyage de Steve, les nouvelles des gens du pays que Janet avait reçu, et le travail qu'il restait encore à faire dans la maison, par exemple.

Cependant, Harry n'était pas offensé. Ils avaient été séparés pendant plus de deux semaines, il était normal qu'ils souhaitent rattraper le temps perdu. En outre, ses tuteurs ne l'avaient jamais inclus dans leurs conversations durant les repas, préférant à la place l'ignorer de manière catégorique. Il était plus qu'habitué à ce comportement. D'une certaine manière vraiment tordue, c'était une sensation confortablement familière. « Pas très amusant » néanmoins. Mais beaucoup plus que s'ils tentaient de l'intégrer à la conversation, comme plus tôt, wouah !

Harry cligna des yeux de surprise, arrêtant son flot de pensées quand il se rendit compte de se qu'il venait de penser. Par l'enfer, Potter, c'était simplement faux ! pensa t'il avec un léger frisson. Le fait que chacun était assis là autour de la table, en pyjama et les pieds nus était la preuve que la demeure des Wright était totalement opposée à celle des Dursley ! Il sourit un peu d'un air affecté, imaginant la réaction de la tante Pétunia. « Je veux avoir une table civilisée, non mais ! » dirait t-elle avec un froncement des sourcils désapprobateur. « Ils devraient au moins porter des robes de chambres et des pantoufles ! »

Oh oui, attitude beaucoup trop désinvolte pour ses goûts.

Essayant de passer inaperçu, Harry jeta une nouvelle fois un coup d'œil à Becky, notant qu'elle tirait sur la manche de son père avec une petite main toute collante. « Sparky a laissé Becky faire les glaces » informa t-elle Steve sérieusement, puis montrant sa tasse une fois qu'elle eut obtenu son attention. « Et j'ai mis les morceaux dans les tasses aussi. »

« C'est très bien, » dit Steve, portant sa tasse à ses lèvres tout en jetant un coup d'œil à l'intérieur, après avoir essayé en vain d'essuyer les saletés avec sa manche. Incluant Kitty à la conversation, il demanda, « ainsi, dites-moi tout les filles. Qu'avez-vous fait la nuit dernière ? »

Kitty et Becky ne se le firent pas demander deux fois. Racontant, à la demande de leur père, elles parlaient toutes les deux à la fois, essayant de parler le plus fort pour garder l'attention de leur père et pour tout lui raconter aussi vite que possible. Souriant largement au brouhaha des filles, Harry les écouta patiemment pendant qu'elles racontaient à leurs parents certaines des choses qu'ils avaient faits ce matin et hier soir. Puisqu'il n'était planté au pilori par les deux demoiselles et que la façon dont il avait « nettoyé » le séjour n'avait pas été abordée, il repartit dans ses pensées, écoutant tout de même d'une oreille la conversation.

Peut-être était-il trop accoutumé au comportement craintif et à la haine des Dursley pour s'attendre ainsi à être automatiquement le pire garnement du monde, créant des problèmes où il n'y en avait pas. Le sentiment prolongé de malaise et de confusion pouvait après tout avoir été causé par le fait d'être réveillé par les cris paniqués de leur plus jeune fille. Ce pouvait aussi être du au stress de cette première « réunion familiale » dans la nouvelle maison, ou peut-être sentaient-ils tout simplement les échos de sa propre stupide appréhension.

Il n'en avait parlé à personne, mais Harry avait été terriblement nerveux à l'idée de rencontrer l'homme de la maison. Il avait développé un fort sentiment d'affection avec ses nouveaux amis dans le cours laps de temps qui s'était écoulé, et avait été irrationnellement convaincu que le mari de Janet le détesterait au premier regard.

Heureusement, toutes ses craintes s'étaient trouvées sans fondement. Sa tante et son oncle avaient toujours adopté l'attitude « coupable jusqu'à ce qu'il ait prouvé être innocent » avec lui, aussi il avait instinctivement reculé quand les pleurs horrifiés de Becky avaient raisonné dans la maison, s'attendant à ce que l'aînée des Wright se rue hors de la cuisine, acceptant toutes les accusations qui allaient pleuvoir et tous les torts. Même lorsqu'elle s'était efforcée de calmer Rebecca, il s'était détaché, s'était blindé, et s'était préparé à une réaction conflictuelle et négative…

… tout le contraire de ce qu'il s'était réellement passé.

Ils étaient arrivés, se précipitant dans la cuisine comme prévu, mais l'attitude générale avait été du souci et non de la condamnation. Steve était tout d'abord resté en retrait, se dont Harry était reconnaissant, laissant Janet gérer la crise, et offrant « l'aide médicale » pour annoncer sa présence.

Souriant doucement, Harry toucha une nouvelle fois son nez, là où Janet l'avait fait, puis réfléchit encore. La réaction de Steve et ses filles avait été plutôt inattendue. Bien, en fait pas vraiment inattendue mais simplement normale. Il avait pris l'habitude au travail de se dire que d'autres avaient eu des familles affectueuses et lui…non, mais aujourd'hui cela avait été plus dur.

Sentant inexplicablement ce manque, et se sentant comme un étranger, il avait dû retenir un soupir envieux et lutter sinistrement contre une montée subite de désir ardent, mélancolique face à Kitty tournoyant autour de Steve et Becky voltigeant dans les airs. Il s'était évidemment senti stupide, mais ça n'avait rien changé ! Il avait été mortellement blessé de devoir rester là en tant que simple spectateur pendant tout ce temps ! Il lui semblait être resté là à les observer durant une vie entière.

En raison du temps qu'Harry avait passé dans son placard, ou peut-être malgré lui, Harry avait développé une vive imagination, et une tendance à rêver. Quand il était très jeune, son rêve le plus cher avait longtemps été qu'un parent éloigné vienne le chercher et l'emmène loin des Dursley. Plus tard, et plus particulièrement après avoir connu Poudlard et le Terrier, il s'était consolé par la présence de ses amis Ron et Hermione, et son but secret, à savoir d'avoir une vrai famille à lui ne serai ce qu'un seul jour, s'était peu à peu renforcé.

Quand Sirius était entré dans sa vie en troisième année, s'était comme si son imagination d'enfance pouvait finalement se réaliser, mais maintenant… Maintenant, vivre avec Sirius et avoir sa propre famille semblait être une réalité très éloignée. Comme le sujet du retour de Voldemort et beaucoup d'autres. Dans ses moments les plus pessimistes et les plus morbides, Harry se demandait parfois si lui et Sirius survivraient suffisamment longtemps pour voir ses rêves devenir réalité. Ce n'était pas quelque chose dont il n'avait jamais parlé avec qui que ce soit, mais vivre suffisamment longtemps pour finir sa scolarité semblait fortement peu probable.

Arrête ! se réprimanda t-il impatiemment. Ca semblait être sa matinée d'introspection mélancolique. Voldemort ne peut que gagner si tu gardes cette attitude. Tu as profité d'un agréable moment ici, focalises toi là-dessus.

Un bon conseil, mais difficile à appliquer, pensa Harry avec un petit soupir, souriant légèrement tandis que la famille riait de quelque chose raconté par les filles. Au moins, il avait réussi à s'extirper de sa rêverie avant qu'ils ne l'attrapent le regard fixe.

Une fois que le remue-ménage initial s'était amoindri, Janet lui avait présenté Steve. Harry avait essayé de paraître normal pendant les présentations, mais avait réduit l'effort à néant lorsqu'il s'était retourné pour lui serrer la main…sans avoir poser la spatule qu'il avait à la main pour le petit déjeuner. Il s'était tapi sur lui-même, embarrassé, mais Steve avait simplement ri sous cape et avait élevé sa main pour la poser sur l'épaule d'Harry comme si depuis le début il avait voulu lui dire « Je vois que nous employons le même tailleur, » avait dit Steve, conscient de son propre t-shirt, et l'instant de malaise était passé.

Ca n'avait pas été une présentation parfaite, supposait Harry, mais cela aurait pu se passer bien plus mal. Stephen Wright un homme d'un peu moins de six pieds de hauteur, ayant les cheveux brun clair de Kitty et les yeux gris bleus de Becky. Il était assez amical, mais il semblait réserver son jugement final en ce qui concernait le jeune homme présent dans sa cuisine. Cependant, Harry pourrait vivre avec ça. Le mari de Janet n'était pas hostile, juste… circonspect. Circonspect et protecteur vis-à-vis de sa famille.

Comme tout le monde devrait l'être, approuva Harry, son subconscient émettant son propre jugement masculin. On ne peut pas toujours veiller sur tout, vous savez. Il avait raison cependant. Une des expériences les plus enrichissantes qu'il avait eues durant ces vacances était la satisfaction d'être jugé pour ces propres mérites et défauts, plutôt que sur des préjugés ou des concepts préconçus. Si Steve était disposé à lui donner une chance, Harry était persuadé qu'il pouvait s'en sortir. En outre, Stephen Wright ne pourrait pas être plus exigeant que le gérant de chez Fleury et Bott, Geoffrey Reed, n'est-ce pas ?

Se rendant brusquement compte que tout le monde avait arrêté de parler, Harry regarda autour de lui d'un air interrogateur. Oups, qu'est-ce que j'ai manqué ? se demanda t-il, jetant un coup d'œil à Steve et Janet, qui avaient le même regard contrit inscrit sur leurs visages. Quand ils notèrent qu'il les observait, ils sourirent tous les deux, s'excusant. Après un temps où tout le monde tourna autour du pot pour trouver quoi dire, Janet interrompit le silence en roulant un morceau de son rouleau à la cannelle puis le fourra dans sa bouche.

« Mmm. C'est merveilleux. Absolument magnifique. » sourit-elle brillamment, ramenant la conversation sur un sujet plus basique. « Les enfants et toi avaient vraiment fait du bon travail pour ce petit-déjeuner. » sourit-elle rayonnante pour chacun des trois enfants avant de favoriser Harry avec un large clin d'œil.

« Je seconderais tout ça, » fit Steve, attirant l'attention d'Harry, soulevant sa tasse dans un subtil « toast » avant de prendre une gorgée du cacao chaud.

Encouragé, Harry reconnu leur éloge tacite avec un petit signe d'assentiment et un regard d'embarras heureux. Steve et Janet semblaient toujours chagrinés, nota t-il, comme s'ils avaient peur de l'avoir insulté en se permettant ainsi de le dérouter. S'ils savaient seulement, pensa t-il ironiquement. Comparé aux Dursley, c'est encore mieux qu'un comportement exemplaire !

En attendant, Steve avait reposé son chocolat et poursuivi sa précédente pensée. « Après avoir mangé de la nourriture de fast-food, celle de l'avion, et ma propre cuisine, qui est presque une amélioration comparée aux autres, cela bat mes rêves les plus fous de mille et une façon. » avoua Mr Wright, puis ayant un regard taquin, se tournant vers sa fille. « Becky, ma fille, quand deviendrez-vous une cuisinière si fantastique ? » la taquina t-il, embrassant sa main et lui faisant un rire bébête heureux.

Harry sourit pendant qu'il observait leurs singeries, se détendant un peu à l'écart, pendant que la tension première glissait doucement, et un sentiment timide de bien-être commençait à pointer le bout de son nez.

« Nous avons aidé papa, mais Sparky a fait le plus gros du travail. »

Ah, Kitty. Harry leva les yeux au ciel pour la plus jeune fille, tandis que les parents échangeaient un regard affectueux. Le juge impartial. Son désir pour l'équité était seulement égalé par son désir pour l'exactitude. Le Choixpeau Magique allait probablement avoir un moment d'hésitation pour choisir entre Serdaigle et Poufsouffle, théorisa t-il, avant de s'adresser à la fille brune.

« Pourquoi le gâter ? Nous l'avons tous fait ! » taquina t-il, se mêlant aux rires de la famille quand Kitty croisa les bras et essayant d'imiter de manière crédible le regard de sa mère disant : « Je ne suis pas née d'hier tu sais ! »

« Bien si c'est vrai je dois offrir mes félicitations au travail bien fait, » sourit largement Stephen, tirant un chapeau imaginaire en direction d'Harry comme tout le monde le réclamait. « Mes qualifications culinaires se limitent à griller les steaks et au barbecue, et aucun commentaire de le part des troupes cacahouètes, » averti t-il, offrant des lueurs espiègles à ses filles et à son épouse.

« Je n'ai pas dit un mot, mon cher. » dit Janet d'un air innocent, alors que Kitty levait les yeux au ciel et que Becky riait entre ses mains.

« Pff. Vous n'avez pas besoin de le faire. Je peux vous entendre penser jusqu'ici. »

Suis le mouvement, réfléchit Harry ironiquement, avant de sursauter quand Mr Wright s'adressa à lui directement.

« Ainsi, Jim, » commença Steve en mode conversation, « mon affectueuse épouse m'a dit que vous jouez dans l'équipe de votre maison. »

« Oui, monsieur. »

Steve attendit un peu qu'Harry développe, puis l'incita, « ainsi, de quel sport s'agit-il ? Vous semblez un peu petit pour le lancement au cricket, ou peut-être au rugby ? … Le football ? » interrogea t-il, étudiant le garçon, l'évaluant.

« Euh, » hésita Harry, réfléchissant à toute vitesse. Qu'est-ce que je dis maintenant ? se demanda t-il frénétiquement. Janet avait juste accepté les « sports » et « équipe de maison » comme vague explication. Ironiquement, ce fut elle qui vint lui offrir la délivrance.

« C'est que Sparky est trop poli pour te dire qu'ici le « football » est appelé « football américain » corrigea t-elle, puis elle rit nerveusement de manière attristée. « Quelques personnes sont très susceptibles à ce sujet » a-t-elle ajoutée, comme si elle parlait d'expérience.

« Oh, ouais » indiqua Steve, fronçant les sourcils et frottant son menton pensivement. « Cela va demander un moment d'adaptation, n'est-ce pas ? Ainsi c'est ce qu'ils appellent ici le football américain ? »

Le sourire de Janet devint franchement calculateur. « Ridicule ? » suggéra t-elle espiègle, d'une manière suggérant que c'était son avis, et ce qu'importe ce que pensaient le reste des habitants britanniques.

Harry lança un regard incertain aux deux adultes, mais c'était évidemment un argument rhétorique. Au lieu d'être fâché ou dérangé, Stephen laissa échapper un long soupir, souffrant visiblement et secouant la tête tristement. « C'est la preuve que vous pouvez seulement espérer insuffler un peu de vos passions aux gens que vous aimez, » déplora t-il, faisant lever des sourcils interrogateurs chez Harry et secouant doucement l'épaule de Janet. « J'ai façonné cette femme pendant douze ans et même plus, et elle n'a toujours pas une once d'affinité et ce quelque soit l'activité sportive proposée. »

N'ayant rien à répondre à cela, Harry haussa simplement les épaules et sourit l'air de dire « c'est la vie » tout en se demandant ce que penseraient Janet et Steve du Quidditch. Il ne savait pas trop pour Kitty, mais pour Becky… S'il se basait sur ce qu'il avait vécu aujourd'hui, il pouvait affirmer qu'elle ferait un excellent batteur, à moins qu'elle ne préfère jouer au Quodpot* bien sûr !

« Maintenant, moi j'aime le sport ! » continua Steve, ignorant le roulement martyr des yeux de Janet. « J'aime observer, j'aime jouer, j'ai même donné des leçons particulières. » Il regarda une nouvelle fois Harry, puis repris, « Le football, hein ? Alors, quelle position ? Attaquant ? Milieu de terrain ?

« Ca m'est égal, mais un de mes amis m'a dit que j'étais meilleur en tant qu'attaquant, » répondit Harry en pensant à Dean Thomas. Son compagnon de maison d'origine moldue était un fan inconditionnel de football et organisait parfois des matchs par beau temps.

« Mmm. Comme pas mal de joueur. Quel type d'entraînement suis-tu pendant les vacances d'été ? » demanda Steve.

« Programme d'entraînement ? » répéta Harry d'un air interrogateur.

« Ouais. Votre entraîneur ne souhaite pas que tu perdes le rythme, non ? N'es-tu pas supposé faire un entraînement minimum pendant la coupure de l'été ? »

« Il n'y en a pas d'officiel, je le crains. » admis Harry se décidant finalement pour cette réponse après un temps d'hésitation. « Mes amis et moi nous nous exerçons en jouant et en travaillant sur des tactiques de bases, quand on le peut bien sûr. »

« Ah, bien, ce n'est pas si mal, » soupira Steve, visiblement déçu. « J'espérais que tu saurais où se trouvais quelques bons parcours de jogging dans les alentours. Jannie n'a pas vraiment cherché après cela. Apparemment elle était trop fatiguée pour courir avec tous les travaux de déménagement. Je me demande bien pourquoi ? » taquina t-il, donnant une tape espiègle sur l'épaule de son épouse.

« Ainsi, vous aimez faire de l'exercice, n'est-ce pas ? » demanda Harry en souriant.

Steve haussa les épaules. « Ouais, on peut dire ça comme ça, j'obtenais toujours des « volontaire » comme compliments de mes supérieurs lorsque j'ai fait mon service. Et je m'entraînais à plein temps dès que je le pouvais. »

Maintenant c'était au tour d'Harry de regarder avec appréhension l'homme de la maison. « Cool » sourit-il. « Alors, louez-vous vos services ? » demanda t-il, le taquinant à moitié seulement.

« Oh, je suis sûr que je pourrais m'arranger » sourit Steve après avoir feint de le considérer. « Ne t'inquiètes pas p'tit, on va s'arranger. »

« Tu réalises que tu viens de t'engager à être sa prochaine victime, n'est-ce pas ? » lui fit remarquer Janet d'un air pince-sans-rire, ignorant les protestations indignées de son mari, et semblant confirmer les soupçons croissants d'Harry qu'il allait devoir bien négocier.

« Je ne voudrais pas être une source d'embêtement, » essaya t-il.

« Aucun embêtement, » lui assura Steve avec un léger geste de la main. « Ce sera amusant. »

« Ainsi, Spark, » enchaîna Janet, changeant de sujet, « Quelles vues peux-tu nous recommander en tant qu'indigène de ce pays ? »

« Quelles Vues ? »

« Oui, tu sais, les endroits touristiques, » clarifia t-elle. « J'ai encore quelques jours de repos avant que ne commence mon nouveau travail, et nous aimerions utiliser au mieux notre temps libre. Lorsque j'aurai repris le travail, l'emploi du temps sera plus séré. Je me demandais juste quel était ton avis, sur certains lieux que tu aurais pu visiter. Quels sont ceux qui valent la peine du voyage et quels sont ceux qu'il faut éviter à tout prix ? »

Ah, pensa Harry, considérant la question durant quelques secondes avant de faire le vide. « Je n'ai pas visité beaucoup d'endroits, aussi je ne peux pas vraiment vous aider de ce côté-là, » admis t-il sans réfléchir, puis s'arrêta, et essaya de rattraper à la hâte son erreur. « Ce que je veux dire c'est que ma tante et mon oncle n'ont jamais beaucoup aimé visiter le pays. Ils avaient toujours peur que quelque chose d'étrange ne se produise, » ajouta t-il rapidement, espérant qu'ils penseraient que ses tuteurs étaient simplement effrayés à l'idée d'être attaqué ou quelque chose dans ce genre là. « Je pourrai obtenir quelques recommandations auprès de certains de mes amis, » offrit-il quand il vit Steve et Janet échanger un regard indéchiffrable.

Janet le scruta des yeux, puis étendit le bras pour le poser de manière réconfortante sur sa main. « Je suis désolé d'entendre cela Jim, » dit-elle, essayant de rester neutre.

Harry nota distraitement qu'elle avait tendance à l'appeler « Jim » plutôt que « Sparky » lorsqu'elle était sérieuse au sujet de quelque chose. « Ils m'ont emmené dans un petit zoo dans le Surrey il y a quelques temps, » précisa t-il. « Il y a une maison de reptiles assez sympa. »

Souriante, Janet inclina la tête, avec un enthousiasme croissant. « Ce pourrait être sympathique, les filles aiment les zoo. » Elle lui jeta un coup d'œil incertain, puis ajouta nonchalamment. « Si nous pouvons nous adapter à tes horaires, peut-être voudrais-tu voir quelque endroits avec nous ? Une fois que nous saurons où aller bien sûr. »

« Aucun musée ! » siffla Kitty de manière à ce que tout le monde l'entende bien, secondé aussitôt par Becky qui ajouta, « aucun zée-mu ! »

« Hé, attendez une minute, » objecta Stephen. « Qu'entendez-vous par 'aucun musée' ? »

« Les musées sont ennuyeux papa ! »

« Les musées, comme le reste, avec modération, » dit fermement Janet, éloignant une querelle imminente. « De plus, nous n'irons nulle part avant que la maison ne soit finie d'installer. Il n'y a plus que quelques cartons dans le coin gauche du séjour. »

Steve grimaça de culpabilité. « Et quelques autres, qui doivent arriver par courrier, » admit-il. « Hé ! » dit-il, ayant soudain une idée lumineuse, et levant un pouce en direction d'Harry. « Est-ce que tu fais de la garde d'enfants en extérieur ? » demanda t-il, essayant de…

« Steve ! »

… non, échappant avec succès à un mouvement brusque de la main de son épouse. « Je plaisante ! Je rigole enfin ! » s'empressa t-il d'ajouter, levant les mains pour protéger sa tête des représailles de son épouse. « Je traiterai juste avec lui ! Shut ! »

« Désolé Spark » rit sous cape Janet. « Les gens ont droit à une ou deux visites habituellement avant d'avoir affaire à la folie furieuse de la famille Wright. »

« Ouais, ben un bon sens de l'humour n'a jamais fait de mal à personne, » répliqua Steve, souriant à son épouse. « De plus, d'après tes coups de téléphone et tes e-mails, j'ai cru comprendre que tu l'avais déjà adopté. »

« Non, pas vraiment tu sais, » dit Janet lentement, lançant des clins d'œil à Kitty et Becky, « mais c'est une bonne idée ! Qu'en penses-tu Sparky ? » dit-elle, lui lançant son sourire le plus séduisant. « Pouvons-nous te garder ? »

Harry cligna des yeux plusieurs fois, totalement assommé. Il savait qu'elle ne parlait pas du genre « légal et définitif » mais quand même ! Personne ne lui avait jamais proposé ce genre de chose… bien, excepté Sirius, naturellement. George l'avait en quelque sorte « adoubé » en tant que Weasley officiel à la gare de King's Cross, et avant cela il avait déjà était intégré, mais ce n'était pas pareil.

Naturellement, après la nuit passée, il était possible que ni Sirius, ni les Weasley ne veuillent plus jamais avoir à faire à lui.

Retenant un soupir, Harry pataugea un moment avant de se rendre compte qu'il était parfaitement ridicule. C'était seulement un jeu. Ce n'était pas comme s'il trahissait Sirius ou n'importe qui d'autre, et aujourd'hui avait été un jour particulièrement riche en rappels pour lui faire se souvenir qu'il avait toujours voulu faire partie d'une « vraie » famille. Ne voyant aucun mal à cela, il sourit puis dit, « Bien sûr, » dans ce qu'il espérait être un ton espiègle. « Désolé, vous m'avez juste pris par surprise. »

« Bien, je suppose que rien ne s'est passé de manière tout à fait normale ce matin, » dit Steve, partageant un regard ironique avec Janet. « Bienvenue à la ferme du rire, » plaisanta t-il, tendant une main à travers la table.

À suivre

* Quodpot est une variante du Quidditch, jouée en Amérique du Nord. / Quidditch à travers les âges par Kennilworthy Whisp (J.)

*Ceci est une supposition pour le lieu où se situe le zoo, en effet il n'est pas précisé dans HP à l'école des sorciers, où se trouve le zoo où se rendent Harry, Dudley et Piers. Par contre Harry déclare qu'il n'avait jamais été à Londres avant son voyage avec Hagrid, donc on peut éliminer l'hypothèse qu'il se trouve à Londres. Aussi l'auteur a simplement supposé sur la proximité de celui-ci.