Disclaimer: cf chapitre 1

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Merci Mysti!

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Contrer L'Ennemi Et Avancer 2

Acte 2 : Premiers Pas

Hermione

Après un thé et la petite promenade pour nous dégourdir les jambes qui nous a menés vers le terrain d'entraînement où nous avons pu observer les efforts fournis par les nouvelles recrues de l'Ordre, je me sens tout à fait revigorée.

La journée a été vraiment riche et constructive…

Et je suis impatiente de recueillir les impressions de nos amis du Comité concernant leur premier entraînement… En tout cas, moi, je trouve qu'ils ont l'air de plutôt bien se débrouiller pour un début…

« Dites… Si on allait voir Grégory, Millicent et Vincent… » propose soudainement Draco, dont je n'arrive pas à déchiffrer l'expression exacte du visage…

« Ouais… Bonne idée… » accepte Ron, tandis que Harry et moi-même acquiesçons d'un hochement de tête…

Nous nous dirigeons donc vers la yourte où nous savons trouver nos trois camarades, nous demandant comment les choses se passent pour eux et surtout comment ils ont réagi lors de leur premier réveil, sous la vigilance attentive de Madame Longdubat et de Madame Prewitt.

Elle est jolie cette yourte. On dirait une chambre de conte de fée, avec ses couleurs tendres, ses voilages légers auxquels sont accrochés des papillons aux ailes chatoyantes, des petits animaux saisissants de vérité et des fleurs des champs multicolores…

Les lumières sont douces, délicatement chaudes et il y règne une odeur fraîche subtilement parfumée à la fleur d'oranger…

C'est une chambre d'enfant, jolie et gaie, rassurante et sécurisante, dans laquelle nos trois camarades sont paisiblement endormis.

En revanche, nous notons tout de suite l'expression fatiguée de la Grand-Mère de Neville et son petit sourire triste qui nous renseignent autant que des mots…

Cela n'a pas été facile.

« Comment vont-ils ? » demande Draco, en s'approchant des lits où ses trois camarades de Serpentard sont endormis.

« Cela pourrait être mieux. Mais cela pourrait être pire aussi. » soupire Madame Longdubat, en s'assoyant dans un confortable fauteuil, pour siroter une tasse de thé qu'elle mérite amplement, je n'en doute pas un instant…

« Le réveil ne s'est pas bien passé, hein ?.. » constate plus qu'il ne questionne Draco, qui prend délicatement la main de Millicent pour la serrer doucement, comme s'il voulait la réconforter dans son sommeil et lui transmettre son amitié.

« Millicent a très mal réagi. Elle a beaucoup crié et s'agitait à chaque fois que je tentais de l'approcher. Nous avons dû l'endormir à nouveau très vite, sans même pouvoir lui faire prendre un repas convenable. » nous confie Madame Longdubat, tandis que je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine…

Merlin !

Que pouvons-nous faire pour rassurer cette pauvre fille ! Comment l'aborder ? Comment lui faire comprendre que nous sommes là pour l'aider ?

Draco se penche vers elle. Il lui embrasse le front, avant de lui caresser la joue et de remettre en place une mèche de ses cheveux.

Un geste plein de douceur et de délicatesse que je n'aurais jamais imaginé le voir faire un jour envers Millicent…

Puis il se tourne vers le deuxième lit, pour regarder Vincent Crabbe qui dort en suçant son pouce et serrant une peluche entre ses bras….

« Et pour Vincent ? » s'enquiert-il, la voie nouée et le regard triste.

« Pour Vincent, les choses ont été un peu plus faciles. Il pleurait et réclamait sans cesse « Calilou »… J'ai fini par comprendre qu'il s'agissait de son petit chien… J'ai Métamorphosé un livre en chiot. Il ne correspondait pas à Calilou, mais Vincent a finalement accepté de le câliner et cela s'est ensuite relativement bien passé pour lui. Il a mangé avec appétit, même s'il a refusé les légumes, au profit de la purée et de la brioche à la confiture. Nous avons pu jouer un peu tous les deux… Il a gribouillé quelques dessins… » nous apprend la Grand-Mère de Neville, en montrant le résultat obtenu

Merlin !

Ces dessins sont d'un niveau si… primaire !

Comment un garçon de seize ans peut-il dessiner comme un petit enfant ?

Ce n'est pas possible ! Il a régressé plus encore que je le pensais ! Ce n'est même pas le dessin d'un enfant de six ans ! Je dirais trois ou quatre, tout au plus…

Et ce dessin est si sombre !

On dirait qu'un monstre dresse son ombre menaçante sur le petit bonhomme solitaire représenté tout recroquevillé dans un coin…

Cette fois, je sens les larmes déborder de mes yeux…

Et Harry, Ron et Draco sont si pâles que je n'ai aucun mal à savoir ce qu'ils pensent de ces dessins, eux aussi…

C'est terrifiant !… A n'en pas douter, Vincent voit le monde comme une menace…

Draco se tourne de nouveau vers Vincent et, comme il l'a fait pour Millicent, il l'embrasse sur le front… Et je vois ses lèvres remuer auprès de l'oreille de son camarade… Il murmure quelque chose…

Une demande de pardon sans doute…

Ou des encouragements…

Puis il contourne le lit et se rend auprès de Grégory. Cette fois, Madame Longdubat n'attend pas la question de notre ami.

« C'est pour lui que je m'inquiète le plus. Il est resté d'abord prostré et sans aucune réaction. Les yeux grands ouverts, fixes. Comme tournés à l'intérieur de lui-même… Puis il s'est mis à se balancer d'avant en arrière en gémissant. On aurait dit qu'il se berçait tout seul… Il n'a ni bu, ni mangé quoi que ce soit de ce que nous lui avons présenté. Je ne sais même pas s'il nous entendait lui parler… » dit-elle doucement, en venant caresser les cheveux de Grégory.

J'ai la gorge si étreinte par la peine, que je ne pourrais prononcer un mot… Et je vois bien que c'est la même chose pour mes amis…

Draco, le visage baigné de larmes lui aussi, embrasse le front de Grégory, puis tourne brusquement des talons et sort de la yourte…

Harry le suit aussitôt, tandis que Ron et moi restons auprès de Madame Longdubat. La brave femme a vraiment l'air épuisée et je lui propose finalement d'aller prendre l'air, mais elle est un peu réticente.

« Hermione a raison, Madame Longdubat. Faire un petit tour dans le campement vous fera le plus grand bien et vous changera un peu les idées. Nous allons rester ici tous les deux et veiller sur le sommeil de nos camarades. » insiste gentiment Ron, en saisissant une chaise qu'il vient installer entre les garçons, tandis que je m'assois auprès de Millicent…

Faire la garde malade, ce n'était pas dans mes projets pour cette fin d'après-midi.

Mais je jure que je m'acquitterai de cette tâche avec tout le dévouement qu'elle mérite, me fais-je la promesse, en faisant apparaître des bouquets de fleurs sur les chevets…

OoOoOoO

Harry

Je suis Draco en silence, jusqu'au bord de la rivière, là où nous nous retrouvons toujours quand nous avons besoin de grand air et d'intimité.

A l'abri des regards, derrière les buissons fournis…

Nous nous assoyons, fixant notre regard sur le fil de l'eau vive, si pure et limpide que nous voyons nettement les cailloux qui tapissent le fond de son lit… Draco laisse les larmes courir librement sur ses joues et mon cœur se serre pour lui…

Mais je ne fais rien pour le consoler. Au fond de moi, je sens que mon frère a besoin de pleurer tout à son aise. D'extérioriser la douleur et le chagrin que les larmes expriment.

Elles sont le symbole de sa souffrance autant que de son humanité…

Elles sont le symbole de ce qui le démarque du Monstre qui l'a engendré…

Tout ce que je peux faire, c'est d'être là, à ses côtés, à écouter ces larmes qui parlent plus que des mots en cet instant, prêt à le prendre dans mes bras s'il en souhaite le réconfort et la chaleur…

Le soleil, qui entame son déclin, fait miroiter la surface aux couleurs de l'arc-en-ciel et le chant à peine murmuré de l'eau nous apaise et les larmes de Draco se tarissent au bout de quelques longues minutes…

« Tu ne peux pas savoir comme j'ai mal, Harry. Plus encore que lors de notre premier séjour, quand nous n'étions pas encore amis… C'est horrible ce qui leur arrive… Pire, bien pire que ce que j'ai eu à endurer… » chuchote soudainement Draco, le regard fixé sur les eaux limpides.

« Si je sais… Je me dis que j'ai eu de la chance. Comparativement à Lucius, les Dursley étaient des saints et mon enfance me paraît nettement plus heureuse que la tienne et celle de Vincent, Grégory et Millicent… Et comparativement à toi, je trouve que nos trois camarades ont peut-être plus de chance aussi, que tu n'en as eu. Parce que nous sommes là et que nous allons leur offrir cette enfance douce et heureuse que tous les enfants de la terre devraient avoir et les aider à grandir dans la quiétude. Ils ont une deuxième chance que tu n'as pas eue » lui réponds-je dans un souffle.

Draco ne dit rien. Il vient simplement trouver refuge dans mes bras que je lui ouvre. Je le berce, ma joue appuyée sur le sommet de sa tête qu'il a enfouie dans mon cou, comme je le faisais avant… Quand nous étions ici la première fois…

Notre retenue… Elle me semble si lointaine et si proche à la fois !

Que de chemin parcouru depuis pour lui !

Nous étions ennemis alors… Nous sommes frères maintenant…

Nos deux âmes, nos deux cœurs sont liés…

A la vie, à la mort…

Tout à concouru à cela…

Tout ce que nous avons vécu, chaque pas que nous avons fait depuis notre naissance, a été fait pour qu'un jour nous arrivions ici, dans les bras l'un de l'autre, sur les bords de cette large rivière qui s'en va se perdre dans les chutes avant de retrouver un lit calme au cœur de la vallée.

Et tandis que je le berce pour le consoler de son chagrin, je sens une bouffée de bonheur qui monte en moi… Une bouffée d'amour aussi… Si douce et si chaude !

« Je t'aime, mon frère… » souffle-je à son oreille…

Et Draco me serre si fort contre lui qu'il écrase mon souffle dans ma poitrine… Mais c'est bon… Et je suis heureux…

« Moi aussi je t'aime, mon frère.. » souffle-t-il aussi en desserrant son étreinte et en venant poser son front contre le mien…

Et yeux dans les yeux, nous nous sourions…

Heureux… unis par cet amour fraternel…

Nous nous levons et repartons vers les yourtes…

D'un même rythme, d'une même amplitude, nous marchons de concert, pour nos premiers pas dans cette nouvelle vie, en tant que frères, qui commence pour nous…

OoOoOoO

Acte 3 : Un Pas Après L'autre

Draco

Autant Millicent est turbulente, autant Vincent est calme.

Ça fait deux mois et demi que nous sommes ici et que nous aidons mes camarades de Serpentard à grandir en parallèle de notre entraînement…

Devant leur régression profonde, nous avons décidé de leur laisser davantage de temps qu'il n'était prévu au départ, pour entamer leur ré-apprentissage de la lecture et du reste…

Après tout, nous avons l'avantage du Temps Ralenti et nous pouvons très bien revenir plusieurs fois ici avec eux cette semaine.

Alors depuis deux mois et demi, nous consacrons surtout du temps aux jeux, aux promenades dans la nature et à l'expression artistique brute… Au sport un peu aussi…

Millicent a été difficile à apprivoiser.

Et qui l'eût cru, le professeur Dumbledore avait raison de dire que Fol Œil s'en sortirait à merveille dans son rôle de grand-père bourru, car c'est lui qui a réussi à l'approcher le premier… Et il en est fier et heureux, le vieil Auror !

Milli est folle de lui ! Littéralement ! Il ne se passe pas un jour sans qu'elle lui saute plusieurs fois dans les bras en riant de joie, pour l'embrasser sur les deux joues et lui faire des câlins…

Et ce, dès qu'il a mis un pied dans la yourte où elle loge avec Vincent et Grégory…

Je crois que c'est parce qu'elle était intriguée par son œil magique et sa jambe de bois…

Toujours est-il, qu'à partir du moment où elle l'a vu, elle ne l'a pas lâché d'une semelle, le suivant partout, l'écoutant parler avec des yeux émerveillés, pour ne pas dire adorateurs… Et petit à petit, il l'a introduite dans le monde. En l'emmenant d'abord en balade dans la forêt, puis aux abords du terrain d'entraînement, puis à un thé en comité restreint…

Elargissant chaque jour ses horizons et son cercle de connaissances… Faisant preuve d'une patience et d'une gentillesse que je ne lui aurais jamais devinée… Fol Œil est un grand-père gâteau et aimant…

Maintenant, Milli va partout et avec tout le monde. Sautillant comme une gamine dans les herbes hautes, courant après les papillons et les criquets, essayant de se saisir des poissons qui nagent dans la crique, nous éclaboussant avec forces rires et cris quand nous nous baignons avec elle…

Elle aime les poupées aussi… Oh ! Oui elle les aime !

Quand il pleut, elle joue à la maman pendant des heures avec ses poupées…

Et avec Greg…

Greg qui ne dit toujours pas un mot et reste allongé ou assis sur son lit, sans vouloir le quitter la plupart du temps, acceptant seulement de temps à autre, de suivre Milli qui le traîne dans une promenade qu'il effectue, sans accorder un seul regard au paysage ou à celles et ceux qui croisent son chemin…

Greg qui se balance souvent d'avant en arrière et d'arrière en avant en gémissant…

Greg qui mange mécaniquement le porridge et les crèmes, les flans et les entremets, les compotes et purée de légumes, seuls aliments que nous lui présentons, qu'il accepte d'ingurgiter… Et à condition qu'on lui mette la cuillère dans la bouche…

Greg qui me fend le cœur, quand il se met à pleurer, à grosses larmes silencieuses…

Greg qui se laisse bercer par Milli qui chantonne pour lui, de la voix de fausset de petite fille qu'elle prend dans ces moments là, les berceuses et comptines que Madame Longdubat, Madame Weasley et Maman lui ont apprises.

Elle lui coiffe les cheveux, elle lui nettoie le visage, elle le câline tout en babillant et l'embrasse comme s'il était une poupée vivante…

Et puis elle l'allonge avec douceur, lui dépose une peluche entre les bras, lui remonte la couverture et le drap jusqu'au menton et le borde avec tendresse…

Il se laisse faire. Docile et a-réactif…

Creux et vide…

Ou au contraire empli de souffrance et de chagrin…

« Maman va voir papa, maintenant ! Et si tu es sage et que tu dors bien, tu auras un beau cadeau ! » s'exclame alors Milli, avec un grand sourire, avant de déposer un gros baiser sur son front…

Et Greg ferme les yeux et Milli va retrouver Vincent…

Vincent le calme… Vincent le taciturne, qui parle peu mais écoute beaucoup… Attentif à ce qu'on lui montre et aux explications qu'on lui donne… Et qui s'applique avec sérieux à reproduire nos gestes et nos instructions…

Vincent qui préfère la forêt et les grottes de la ferme plus que tout autre lieu…

Il ramasse les œufs, nourrit les poules, passe du temps avec les lapins, nettoyant leurs clapiers, leur donnant des légumes à grignoter, caressant les petits en leur chuchotant des choses à l'oreille… Et il ne rate jamais la traite des vaches, matin et soir…

Et il peut passer des heures à observer les oiseaux et tous les animaux qu'il rencontre dans la forêt, réussissant à approcher les biches les plus farouches et leurs faons, faisant ami-ami avec les écureuils, faisant montre de douceur dans tous les gestes qu'il a pour eux… Il n'est pas rare non plus, qu'il se balade avec un lézard, une grenouille ou un petit serpent dans l'une de ses poches…

Et quand il pleut et qu'il lui faut rester dans la yourte, il dessine et sculpte de la terre glaise ou de l'argile…

Des animaux… Toujours…

A mesure qu'il prend confiance en ce qui l'entoure, et en lui-même, ses traits de crayon se précisent et s'affirment, saisissant les postures et les expressions avec un naturel époustouflant qui ont un je ne sais quoi qui est vivant…

Et sous ses doigts, de la terre glaise ou de l'argile, naissent des animaux tout en courbes douces et racées, pleines d'énergie, de force et de vitalité…

C'est incroyable ! Jamais je ne lui aurais soupçonné un tel talent !

Vincent le balourd maladroit qui ne pouvait jamais tenir un objet dans ses mains sans le faire tomber dans les trente secondes qui suivent, a des doigts de fées, des doigts d'artiste…

Et ça me bouleverse… Ça me chamboule complètement…

Les seuls moments où Milli reste un peu tranquille, c'est quand elle le regarde dessiner ou sculpter… Et quand elle en a assez d'être assise, elle le prend par la main et elle l'entraîne à sa suite, hors de la yourte. S'il pleut trop fort, ils vont rejoindre les cuisines pour faire des gâteaux que Milli ramène systématiquement à Fol Œil au moment du thé. Sinon, ils font une balade jusqu'au terrain d'entraînement, se joignant aux groupes de sportifs ou à ceux qui font du Tai-chi…

Ils s'affinent et s'allongent tous les deux…

Ce n'est pas encore flagrant, mais leur corps changent…

Ils sont moins massifs et ils bougent avec davantage de fluidité…

Je ne sais pas à quoi ils pensent. Ils ne le disent pas… Mais parfois, je surprends leur regard posé sur moi…

Un regard plein d'interrogations que traversent des lueurs fugaces de tristesse et de douleur…

Se souviennent-ils alors de la façon dont je les ai traités ? De ma brusquerie à leur égard ? De mon mépris ?

Je ne sais pas… Et mon cœur se serre…

Et les larmes au bord des yeux, je n'ose les approcher pour les prendre dans mes bras et leur demander pardon…

Je n'ose pas leur dire combien j'ai de tendresse et d'affection pour eux maintenant…

Combien je suis heureux qu'ils soient libres et de les voir tels qu'ils sont réellement…

Mais les mots restent bloqués dans ma gorge… Et je ne peux que leur offrir un pauvre sourire…

Un pauvre sourire qui éclaire les traits de Milli d'un grand sourire, tandis que Vincent penche la tête sur le côté avec l'air de dire que ce n'est rien, que nous avons le temps, que nous parlerons plus tard de tout cela…

Pas à pas, ils se reconstruisent… C'est comme une croissance en accéléré où à chaque quinzaine ils franchissent un nouvel âge…

Et bientôt, ils pourront de nouveau s'initier à la lecture, à l'écriture et à la Magie…

Oui, bientôt…

Tout au moins Milli et Vincent… Car pour Greg, il faut attendre encore.

Attendre qu'il sorte enfin de son apathie…

Et je fonde de grands espoirs sur celui qui va arriver dans quelques secondes maintenant, pour l'en sortir…

Je me demande de quoi il a l'air, s'il sera gentil avec mes camarades, s'il est aussi compétent que l'ami du professeur Dumbledore l'a affirmé…

A mes côtés, Pa sent ma nervosité et il passe son bras autour de mon épaule pour m'apporter de la sérénité…

Oui, je l'appelle Pa, maintenant.

Il ne savait plus qui de Harry ou de moi l'appelait… Et puis, Parrain ne me suffisait plus…

Alors, comme je ne pouvais pas décemment l'appeler Papa, puisqu'il n'est pas marié à Maman, je l'ai re-baptisé Pa…

La première syllabe du mot Parrain…

La première syllabe du mot Papa aussi…

Et j'appelle son épouse Tante Nally…

Ah ! Elle ferme les yeux… Le grand homme, celui que j'attends avec tellement d'impatience depuis ce matin va enfin faire son entrée dans le Temps Ralenti !

Le voilà !

Et tout compte fait, il n'est pas si grand… Il est même assez trapu… Enfin, large d'épaules et de hanches… Pas gros, non, large…

Et il n'a pas du tout l'air d'un Médicomage…Vraiment, je ne sais pas de quoi il a l'air, mais je ne l'imaginais vraiment pas comme ça…

On dirait…

On dirait…

Un fermier…

Ouais… Il a plutôt l'air d'un fermier que d'un Médicomage…

Je trouve même, qu'il pourrait tout à fait remplacer Hagrid comme garde chasse…

Ce sont ses vêtements en velours côtelé et sa casquette qui doivent me faire cet effet… Et il fume la pipe aussi…

Sinon, sa tête est pas trop mal… Bien qu'il gagnerait sûrement à sourire un peu…

Et il est plus jeune que je le pensais… La quarantaine… Un peu plus peut-être, mais pas trop… Et il a l'air lent… Renfermé… Bourru…

Mouais… Je ne le sens pas trop…

Je suis là, à l'observer alors qu'il s'approche d'un pas tranquille, pour que tante Nally nous présente à lui, Pa et moi, quand je croise son regard… Un regard bleu calme, sur un visage hâlé… Un regard profond aussi.

Et sa voix, quand il parle pour dire bonjour à Pa, est assez profonde aussi. Plutôt calme également…

Toute sa personne respire le calme… Et la réserve…

« Draco, je te présente Richard Petitjean. » annonce Tante Nally avec un sourire chaleureux…

Alors je décide de lui faire confiance, puisqu'il a l'air de lui convenir, et je serre la main de Richard, comme il me demande de l'appeler simplement. Et sa poignée de main est ferme, enveloppant toute la mienne de chaleur…

Quoique ça, ce n'est pas très difficile, étant donné la largeur de sa main, comparé à la mienne…

Ses mains sont fortes et calleuses. Des mains de travailleur manuel… Bizarre pour un Médicomage…

Mais je n'ai pas vraiment le temps de m'attarder sur l'impression que cette poignée de main me fait, parce que Milli accourt vers nous en criant :

« Dracoooooo ! Vite ! Vite ! La vache elle a mal ! Elle va avoir son bébéééééééé ! »

Et comme un seul homme, nous nous hâtons tous vers la grotte où la vache beugle avec douleur…

La première chose que je vois, en entrant dans la grotte, c'est Greg…

Greg, que Milli a dû tirer derrière elle pour l'une de ses rares promenades.

La deuxième chose que je vois, c'est que pour la première fois depuis que nous sommes ici, Greg n'a pas le regard fixé sur quelque chose que lui seul voit…

Il regarde la vache et il a l'air intrigué…

Je m'approche de lui, Milli accrochée à mon bras et j'essaye de le faire sortir, mais il ne bouge pas. Il est campé sur ses pieds, l'air solide comme un roc, inébranlable…

Aussi rigide qu'un soldat au garde à vous…

Il regarde la vache, sans sourciller…

Elle est couchée sur le côté et son ventre est parcouru de frissons avant de se contracter brusquement… Et un nouveau beuglement déchirant de souffrance résonne dans la grotte…

Richard s'approche d'elle. Il lui tâte le museau et lui parle, en français… Puis ses mains solides courent sur le ventre distendu, le palpant avec précaution mais assurance aussi. Enfin, il se relève, ôte sa veste qu'il jette sans cérémonie sur un petit tas de paille propre et remonte les manches de sa chemise… Il s'agenouille de nouveau, derrière la vache et la palpe encore, lui parlant toujours de sa voix soyeuse comme le velours de son pantalon maintenant souillé des eaux perdues par l'animal qui va vêler…

Et c'est lui que Greg regarde maintenant… D'un œil aigu. Il suit chacun de ses gestes, écoute chacune de ses paroles, même s'il ne peut les comprendre…

Comme s'il avait senti la piqûre de ce regard pointu, Richard lève les yeux sur Greg et lui fait un signe de tête, accompagné d'un geste de la main qui l'invite à le rejoindre…

Et Greg lui obéit…

Il s'approche et s'agenouille avec lenteur auprès de cet homme qu'il ne connaît pas. Et il laisse cet homme lui prendre la main et la guider sur le ventre de la vache… Il boit chacun de ses mots, acquiesce d'un signe de tête à ses questions murmurées d'un ton doux et patient, puis, en toute confiance, son bras accompagné de celui de Richard, plonge dans le ventre de la vache…

J'en suis éberlué…

Le bras de Richard se déplace et sort lentement, ramenant avec lui des filets de liquide un peu visqueux et sanguinolent et il encourage Greg : « C'est bien, vas-y fiston »

Et le deuxième bras de Greg rejoint le premier… Et à l'indication de Richard, il se campe sur ses genoux, tend les bras et tire, basculant légèrement en arrière, dans un mouvement lent et régulier. S'arrêtant et reprenant à la voix de Richard, il tire et des pattes apparaissent, puis un museau, une tête et un tronc jusqu'à ce que le corps du veau tout entier glisse vers lui…

Et quand le veau est sorti, sous nos yeux émerveillés, Greg lève les yeux vers nous et nous sourit…

Et, sur une bouffée d'émotion pure, j'ai le sentiment que c'est à la naissance de Grégory que je viens d'assister…

Et des larmes de joie roulent sur mes joues…

Greg est revenu à la vie…

Et quand je vois Richard lui ébouriffer les cheveux dans un geste affectueux, je n'ai plus aucun doute à son sujet…

Et je lui dois une reconnaissance immense…

Il a fait ce qu'il fallait, dès l'instant où il est arrivé et à vu Greg.

Il a fait ce qu'il fallait pour que Greg nous revienne…

OoOoOoO

Acte 4 : Un Long Chemin Parcouru

Severus

Neuf mois et onze jours que nous sommes ici…

Nos étudiants ont cours à partir de 09H00 et dans le temps normal il est près de 07H15. Demain, il sera temps de rentrer…

Tout le monde est heureux et comblé de notre séjour…

Oh ! Bien sûr, ceux qui ont laissé leur famille dans le temps normal ont eu quelques moments de tristesse et de nostalgie.

Mais dans l'ensemble, tout s'est admirablement bien passé…

Même si le chemin a été long et fastidieux à parcourir pour certains et certaines, les nouvelles recrues et les jeunes membres du Comité sont pleinement satisfaits de leurs entraînements, aussi bien Moldus que Magiques et d'avoir découvert de nouvelles techniques de défense, de nouvelles technologies sorcières, de nouveaux Sorts et Potions, les bases de la Médicomagie.

Draco, à son grand étonnement et surtout à sa grande fierté, a commencé un nouvel apprentissage avec Nally, qui s'emploie à lui enseigner les bases de la Magie Mère, comme elle a entrepris de le faire avec Harry, Ronald, Hermione, Neville, Ginevra et Luna l'été dernier…

Et elle avait raison de penser qu'il avait les capacités et la puissance Magique nécessaire pour pouvoir en faire usage sans s'épuiser trop rapidement…

Au moins, peut-il lancer quelques petits Sorts de protection sans baguette maintenant… Et il progressera encore, j'en suis certain…

Il pourra alors créer des Illusions de belle facture… Utiliser les Eléments Naturels à sa portée… Et ça, avec une baguette ce n'est déjà pas donné à tout le monde…

Alors sans… On peut dire que c'est réservé à l'élite…

Et d'autant plus quand il s'agira de lancer carrément des Sorts Défensifs…

Draco fait partie des rares privilégiés…

Et cela me rassure…

Au moins, pourra-t-il se défendre avec la Magie, même s'il est désarmé… Le temps de surprendre l'adversaire et de récupérer sa baguette… Le temps de faire diversion et de se saisir de son Portoloin de secours ou de Transplaner …

Car nous avons aussi entrepris d'apprendre aux jeunes à Transplaner…

Certes, ce n'est pas légal… Mais nous sommes en guerre et il faut qu'ils sachent se défendre et fuir s'il le faut pour sauver leur vie ou celle de quelqu'un d'autre…

Harry et Draco, surtout, qui seront la cible des pires Monstres parmi les Mangemorts…

Puissent-ils avoir le temps de progresser encore et de passer Maîtres dans l'Art de la Magie, au même titre qu'Albus !… Et même mieux que lui !

Car face à des adversaires comme Voldemort, Lucius, Bellatrix, les frères Lestrange et d'autres encore, qui utilisent la Magie Noire sans aucune hésitation, avec un art et un goût de la cruauté consommé, ils auront besoin de toute leur puissance…

Oui, de toute leur puissance…

Mais je leur fais confiance. Ce sont des travailleurs acharnés et ils sont puissants et intelligents…

Ils s'en sortiront…

Il le faut !

Parce que je les aime, ces gamins !… Et que je ne veux pas les perdre !…

Ils mettent tellement de joie dans ma vie !

Les regarder vivre et grandir est un vrai bonheur…

Noter ces changements, qui font d'eux des hommes et des femmes aussi…

Harry et Ronald très amoureux et attentionnés l'un envers l'autre, Hermione qui s'est tendrement rapprochée de Viktor durant ce séjour. Un Viktor beaucoup plus joyeux et à l'aise depuis. Draco fier d'avoir « enfin » un peu de barbe au menton et qui s'épanouit de jour en jour…Quant à Neville, Minerva n'en peut plus de louer le talent de son nouveau Poursuiveur…

Et de me narguer… Car elle est persuadée que la Coupe des quatre Maisons ne pourra échapper aux Gryffondors…

Elle a raison bien sûr, car l'équipe de Serpentard est en déroute, scindée, comme sa Maison, que Neville est vraiment doué, et surtout, qu'il a bénéficié d'un entraînement intensif avec les joueurs de l'équipe de Bulgarie qui ont pris très à cœur d'en faire un champion…

Le malheureux Neville s'en écroulait de fatigue après chaque séance…

Il n'est pas le seul, d'ailleurs, à avoir joué et appris beaucoup avec l'équipe Bulgare…

Car nous avons eu droit à quelques belles parties dont certaines ont donné des sueurs froides à Molly, Augusta et Narcissa… Surtout la plus mémorable : Gryffondor contre Bulgarie

Il est vrai que nos jeunes, qui n'ont décidément pas froid aux yeux, se sont donnés à fond pour réaliser une performance tout à fait honorable face aux finalistes de la Coupe du Monde… Ronald a arrêté quelques jolis buts, Neville, Alicia et Angelina en ont mis de magnifiques, Fred et Georges ont donné du fil à retordre aux poursuiveurs adversaires et Harry… Ma foi, Harry nous a encore gratifiés de quelques-unes de ses acrobaties époustouflantes et d'une feinte de Wronski que son créateur n'aurait pas renié loin de là… Et il s'est saisi du Vif d'or au nez et à la barbe de Viktor, même si cela n'a pas donné la victoire à son équipe…

Une belle partie… Une magnifique partie…

Qui s'est soldée par un concert des Bizarr'sisters…

Ce jour là, nous pouvons affirmer que la guerre était momentanément oubliée…

Cela a fait du bien à tout le monde…

Mais ce qui nous satisfait tous plus que tout, ce sont les progrès de Millicent, Vincent et Grégory…

Richard a fait des merveilles avec eux. Leur permettant de retrouver nombres de leurs souvenirs et de gérer les émotions parfois contradictoires qu'ils généraient…

Leur apprenant aussi à accepter ce qu'ils étaient alors, à intégrer qui ils sont maintenant…

Et ils ont aussi trouvé un équilibre et une harmonie physique, appris à connaître leur corps et ses capacités…

Ils ont appris tant de choses, en si peu de temps ! Dans la joie et la bonne humeur !

Oh ! Même s'ils ont encore un peu de marge et qu'un autre séjour ici leur fera le plus grand bien, ils ne seront jamais des sorciers aussi talentueux et intelligents que leurs camarades du Comité… Malheureusement, leurs capacités intellectuelles et les dégâts occasionnés par le Bracelet ne leur permettent pas de combler tout leur retard…

Mais ils ont retrouvé un équilibre, une stabilité émotionnelle et de la confiance en eux... Et leurs résultats scolaires s'en ressentiront aussi… Au moins, seront-ils des élèves moyens et non plus des élèves médiocres…

Ce n'est pas si mal et cela leur permettra de s'en sortir honorablement dans la vie…

Nous avons beaucoup parlé tous les quatre. Avec Draco aussi. Ils ont compris tout le mal qui leur a été fait. Ils ont compris que Draco en a souffert lui aussi… Et, même si leur passé leur fait encore mal, ils veulent le dépasser et avancer…

Vincent, qui garde son côté calme et réservé, veut être garde chasse ou fermier. Il excelle en Soins Aux Créatures Magiques. Il a de la patience. Il est doux avec les animaux et ces derniers lui font confiance. Il envisage de passer du temps avec Hagrid dans la forêt interdite sur ses heures de loisir, si ce dernier accepte sa compagnie. Ce dont je ne doute pas, connaissant le brave Demi-Géant… Et il va continuer à peindre et sculpter aussi pour son plaisir… Il a raison, car il a du talent ce gamin ! Et il fait passer tant de choses dans son art, qu'il ne peut dire encore avec des mots…

Grégory, lui, n'est guère fixé pour son avenir… Pour l'heure, il se consacre beaucoup aux entraînements physiques et à la Défense Contre les Forces Du Mal. Il se préoccupe de la sécurité… La sienne et celle des autres… Et il lui arrive souvent de rester de longues heures sans parler, à s'acharner encore et encore, pour améliorer son Bouclier ou un Sort défensif… Je l'ai même surpris un soir assez tard, seul, debout, immobile dans l'ombre de la nuit et observant attentivement les alentours, plus silencieux qu'un chat. Quand je lui ai demandé ce qu'il faisait là, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a répondu : « Je veille » de sa voix grave et sérieuse… Peut-être pourra-t-il, avec un travail régulier, devenir un jour vigile ou garde du corps…

Quant à Millicent, elle veut « élever des tas d'enfants » dit-elle, en éclatant de son rire qui reste enfantin… et en regardant Vincent avec amour… Elle a beaucoup changé physiquement. Je ne dirais pas qu'elle est jolie, mais elle dégage une douceur profonde et une joie de vivre qui lui confèrent un charme indéfinissable… Elle fera une bonne mère, j'en suis certain…

Oui, nous pouvons être heureux des résultats que nous avons obtenus, à force d'amour et d'amitié, à force de patience et de soins attentionnés, à force de rires et de tendresse…

Et grâce au talent de Richard…

Et grâce aussi à cette Potion si compliquée que nous avons concoctée en nous relayant inlassablement durant deux mois…

Je suis fier de mes élèves… Ils se sont acharnés et démenés comme des beaux diables, se concentrant sur leur tâche avec sérieux et mettant un point d'honneur à la réussir dès le premier essai…

Et je regrette particulièrement que Fred et Georges n'aient pas jugé bon de passer leurs ASPIC et de poursuivre dans ce domaine, car ils auraient fait des Maîtres des Potions extraordinaires…

Mais comme le dit Harry… Nous avons aussi besoin de rire…

Bien qu'il n'ait pas encore osé avouer à Molly, que c'est lui qui a donné à Fred et Georges la mise de départ qui a permis l'ouverture de leur boutique de Farces et Attrapes…

Je pressens pourtant, que Molly lui pardonnerait de bon cœur…

Oui, cela ne fait aucun doute…

Tout comme il ne fait aucun doute que Draco, que je vois arriver à grands pas vers moi, est très contrarié…

Allons bon ! Qu'arrive-t-il à mon fils adoptif ?

« Je le déteste ! Je le déteste ! Je le déteste ! » s'exclame-t-il, en se laissant tomber à côté de moi sur le sol, à l'ombre du chêne où j'attends Nally pour prendre le thé, en compagnie de Ronald et Harry qui profitent d'un instant de paix pour faire une petite sieste… Ou plutôt profitaient, devrais-je dire.

Car l'éclat de Draco vient de les réveiller en sursaut…

« De qui parles-tu ? » m'enquiers-je, haussant un sourcil étonné.

« Comme si tu ne le savais pas ! » répond-il, hargneux.

Oh ! Je vois… Draco le Magnifique nous fait un caprice d'enfant gâté…

Draco le Magnifique…

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas pensé à lui en ces termes… Depuis l'époque où il subissait l'influence malfaisante de Lucius et qu'il se montrait sous un jour dédaigneux, hautain et capricieux…

« Mmmm… J'aimerais, Draco, que tu m'expliques ce qui me vaut cet éclat d'humeur » le prie-je, avec gentillesse, bien que devinant tout à fait l'objet de sa contrariété.

« Richard ! Il a osé ! Il l'a embrassée ! Et elle s'est laissée faire ! » explose-t-il, plus rouge que les cheveux de son ami Ronald, qui se pince les lèvres pour ne pas éclater de rire…

A l'instar de Harry…

Cela faisait un moment que nous attendions tous cela… Il était clair pour tout le monde, que cela arriverait. Car Narcissa et Richard se sont beaucoup rapprochés au fil du temps…

Il n'y a guère que Draco qui ne voyait rien venir.

C'est chose faite maintenant…

« Qui s'est laissé faire ? » m'enquiers-je cependant.

« Maman bien sûr ! De qui d'autre pourrais-je parler ? Mais tu te rends compte ! A son âge ! Se conduire comme une adolescente et se laisser séduire ! Et par ce… ce… stupide fermier en plus ! » explose-t-il encore

« Je croyais que tu avais beaucoup d'admiration pour Richard. Que tu lui vouais une reconnaissance éternelle pour avoir réussi à faire revenir Greg dans le monde des vivants… » fais-je remarquer avec douceur.

« Peuh ! Ce n'est pas à lui que revient ce mérite ! C'est à la vache ! Greg avait déjà changé ! Il regardait la vache quand nous sommes arrivés dans la grotte ! Ce stupide fermier n'y est pour rien ! » s'exclame-t-il, en toute mauvaise foi…tandis que Narcissa, que je n'avais pas vu venir dans notre dos, surgit tout à coup devant nous…

Oh ! La ! La !

Nous allons droit vers le drame familial… Car à la lueur assassine de son regard, il ne fait nul doute que Narcissa n'a rien perdu du bruyant éclat de son fils qui a du être entendu à trois kilomètres à la ronde…

« Draco ! Je ne te permets pas de juger de mes actes ainsi ! Ni d'insulter Richard comme tu viens de le faire ! » explose à son tour Narcissa, impressionnante dans son imitation de Molly Weasley : mains sur les hanches et irradiante d'ondes Magiques à nous faire dresser les cheveux sur la tête…

« Je ne vois pas où est l'insulte Maman ! Il nous a dit lui-même que ses parents sont des fermiers Moldus qui vivent dans un petit village des Vosges françaises ! C'est pour ça qu'il sait faire accoucher les vaches ! C'est un fermier ! » rétorque Draco, qui doit être vraiment très contrarié ou suicidaire pour oser s'opposer ainsi à sa mère…

« Je ne parlais pas de cela ! Bien que Richard ne soit pas fermier mais Neuro-Médicomage ! Et quand bien même le serait-il, il n'y a aucune honte à être fermier ! C'est un métier tout à fait honorable ! D'ailleurs, toi-même tu ne dédaignes pas traire les vaches, ce me semble ! Et tu as, toi aussi, pris plaisir à participer à la naissance du deuxième veau ! Mais revenons-en à nos Dragons ! C'est le terme « stupide » que je n'admets pas ! Richard est un homme très intelligent et très compétent ! » réplique Narcissa, de plus en plus rouge de colère

« Peut-être ! Mais je me demande quand même ce que tu peux lui trouver à part ça ! Il n'a aucune élégance, aucune classe ! Non, mais ! Regarde-le ! Toujours avec ses horribles fringues en velours côtelé et cette casquette ridicule ! Il a l'air d'un plouc ! Ah ! Il sait parler aux vaches, ça je te l'accorde ! Mais à part ça, c'est le type le plus bourru qui soit ! Jamais à décrocher un mot ! Et parfaitement désagréable ! » hurle maintenant Draco, sous le regard à la fois effaré et hilare de Harry et Ronald…

Mmmm… C'est vrai que Draco est particulièrement stupide sur ce coup… Si stupide et puéril dans sa jalousie de petit garçon qui a surpris sa maman à embrasser un homme que cela est parfaitement risible…

« L'élégance et la classe hein ! Briller en société par des beaux discours ! Ce n'est pas cela qui fait un homme fréquentable Draco ! J'en connais un, qui a de l'élégance, de la classe et qui sait charmer ses interlocuteurs ! Il s'appelle Lucius Malfoy ! Cela te dit quelque chose ? » s'exclame sans concession Narcissa, à un Draco qui pâlit soudain à en devenir exsangue, avant de poursuivre : « Richard n'accorde peut-être pas d'importance à l'élégance et ce n'est certes pas un grand orateur en société, mais il est très gentil et attentionné ! Tout à fait cultivé et charmant ! Et j'apprécie hautement sa compagnie ! Et n'oublie pas, Draco, qu'avant d'être ta mère, je suis une femme ! Une femme qui a assez souffert durant toute sa jeunesse, auprès d'un homme cruel qui l'a privée d'amour et de la tendresse de son fils, pour mériter aujourd'hui un peu de bonheur ! »

Cette fois, Draco est au bord des larmes… Et il regarde Narcissa avec de grands yeux confus et effrayés, tristes et contrits…

Et Narcissa, qui devine tous les tourments de son fils, soupire et vient s'agenouiller auprès de lui pour le prendre dans ses bras… Considérablement radoucie…

« Ce que j'éprouve pour Richard, n'enlève rien à ce que j'éprouve pour toi, mon chéri… Tu seras toujours ma merveille, mon trésor… et l'amour de ma vie… » murmure-t-elle, tandis que Draco éclate en sanglot et se raccroche à elle…

« Pardon Maman… J'ai été stupide… » souffle-t-il dans son giron…

« Ça, c'est le moins que tu puisses dire… » sourit Narcissa, en s'écartant un peu pour regarder son fils et essuyer les larmes qui baignent son visage.

« Je suppose que je vais devoir apprendre à le connaître un peu mieux… » murmure encore Draco, qui n'ose toujours pas regarder Narcissa dans les yeux…

« Tu supposes bien… » répond sa mère, avec un sourire.

« Bien… Je vais venir prendre le thé avec vous alors… » capitule Draco, l'air malheureux, en se levant sur un soupir…

« Je ne veux pas que tu te sentes forcé, Draco…Si tu ne te sens pas prêt, Richard attendra pour faire davantage connaissance avec toi… » assure Narcissa, la mine anxieuse.

« C'est notre dernier jour ici… Je veux passer cette soirée avec toi, Maman. Rien ne me fera plus plaisir. Et… Je suis désolé, Maman… Je n'aurais pas dû dire toutes ces bêtises… Je… Tu mérites d'être heureuse… Tu le mérites vraiment… C'est juste que… Je crois que j'étais un peu jaloux… Je… J'avais peur de te perdre… » avoue Draco, en faisant un effort surhumain pour le faire devant Harry, Ronald et moi sans flancher…

C'est sûr que sa fierté de Serpentard vient d'en prendre un sacré coup…

« Je le sais bien. Allez viens, mon fils. Allons-y. Richard nous attend. » répond Narcissa, en entourant les épaules de Draco et en l'emmenant vers sa yourte…

Aussitôt qu'ils sont assez éloignés, Harry, Ronald et moi nous laissons aller enfin à notre hilarité…

Tout est arrangé et nous pouvons être heureux…

Oui, Draco vient de progresser sur le chemin de la vie, comme nombre de ses camarades. Nous avons vaincu Lucius et ses Bracelets maudits en aidant ses victimes à se reconstruire et tous ensemble, nous avons avancé d'un grand pas, en organisant la lutte qui nous oppose à nos ennemis…

Même si le chemin à parcourir sera encore long, avant que nous en voyions le bout, l'espoir de voir la lumière triompher est en nous…

Nous vaincrons… Ensemble nous le ferons…

Car il n'y a rien de plus fort que l'amitié, la tendresse, l'amour qui nous lie les uns aux autres…

Et ça, même la mort ne peut le détruire…

OoOoOoO

Blaise

Dernière soirée…

Demain matin nous repartons… Et dans un sens, ça me désole, même si je suis content de retourner à Poudlard où nous pourrons passer aux choses sérieuses…

Je comprends mieux maintenant pourquoi Draco affirmait que j'y trouverai mon compte, ici…

Je me sens plus en forme que je ne l'ai jamais été, même si ces entraînements étaient sacrément durs à suivre. Et j'ai fait des progrès énormes aussi en DCFM, en Métamorphose, en Sortilège et Potions…. Et en cuisine et Sorts Ménagers aussi…

Sans compter que je ne me suis jamais autant amusé de toute ma vie !

Bon sang ! Ces sketchs et mini-pièces de théâtre que nous avons joué avec les jumeaux, Lee, Elinor, Gil, Percy et Kingsley Shackelbolt ! Qu'est-ce qu'on s'est marré !

Ils sont fous ces Gryffondor ! Et leur folie est communicative !

Mais il n'y a pas à dire… Avec eux la vie est joyeuse…

Et je crois bien que j'ai trouvé ce que je veux faire plus tard… Du théâtre…

Du théâtre filmé, pour que le maximum de personnes en profite…

Tiens… On pourrait même enseigner l'histoire de cette façon… Ce serait nettement plus attractif que les cours de Binns… Il faudra que j'en parle au professeur Snape…Après tout, Greg, Milli et Vincent ont drôlement apprécié d'apprendre l'histoire comme ça…

Greg, Milli et Vincent…

Purée !… Qu'est-ce qu'ils m'ont fait mal au cœur au début ces trois là !

Mais j'aime bien ce qu'ils sont devenus…

J'aime bien ce que nous sommes tous devenus, nous autres, du Comité…

Phillipa, la reine de la traite des vaches !… Et de la communication aussi !... Harry a vraiment bien fait de la nommer au poste d'Experte en Chef dans cette branche. Sous son impulsion et sa houlette, Marian, Gil et moi, nous avons déjà mis au point un langage codé, parlé et écrit…

Benjamin, lui, est fou de joie. Il a beaucoup travaillé avec la mère de Kate Prewitt et ce Richard, le Médicomage français. Il a au moins six mois d'avance pour ses futures études et la mère de Kate a proposé de le prendre en pré-stage à Ste Mangouste aux prochaines vacances de Noël. En tout cas, c'est sûr, il ne regrette plus du tout d'avoir donné son accord pour faire partie du Comité… Et puis, il s'est plutôt bien rapproché de Phillipa aussi… Ils font un bon tandem tous les deux, complices et complémentaires…

Gabe a décidé qu'il essayerait de mettre le sport à la mode à la fin de la guerre… Il aime suer Gabe. Et quand il a su que les Moldus avaient des salles de sport équipées, il s'est dit que c'était une idée à reprendre… En attendant, il va s'associer avec Monsieur Weasley pour adapter les agrès existants et, pourquoi pas, en créer d'autres…

Je crois bien que Monsieur Weasley abandonnera son travail au Ministère à la fin de la guerre, pour se consacrer à sa passion : l'adaptation des inventions moldues à la mode sorcière…

Miranda, qui a bien aimé jouer à la maîtresse d'école avec Vincent, Milly et Greg, enseignera, c'est certain. Elle aime bien les gosses, tout comme Claryce, avec laquelle elle est devenue très amie. Je ne serais pas étonnée qu'elles s'associent toutes les deux. Elles parlaient de s'occuper des gamins qui ne pourront pas retourner en vacances chez eux à cause de la guerre… Un beau projet… Si elles ont besoin de finances, je leur proposerai de participer…

Hugh et Eddy, c'est autre chose… Ces deux là s'entraînent déjà pour être Aurors, c'est sûr… Mais Eddy a eu une idée pas bête du tout… Il voudrait mettre sur pied un réseau international de recherche des criminels, calqué sur un truc Moldu (encore…) Interpol, ça s'appelle… Ils en ont parlé des heures durant, avant d'aller trouver Kingsley Shacklebolt qui a été très intéressé…

Quant à Elinor, elle a décidé de devenir « Briseuse de Sorts » et de partir à la recherche de trésors archéologiques perdus, comme son père. Elle a déjà pris quelques leçons en même temps que Terry Higgs, auprès de Bill Weasley, qui l'a encouragée dans ce sens, car il la trouve douée… Elle en était fière comme une paonne, Elinor. Et depuis qu'il l'a ainsi complimentée, elle a adopté un look décontracté de baroudeuse… Et quand Lee Jordan lui a fait remarquer qu'elle ressemblait à un certain Jones en jupon, elle lui a décroché un Sort de Furoncle sur le nez, avant de comprendre que ce Jones là n'avait rien à voir avec Fedora Jones, une peste et Âne Bâtée de Cinquième Année, mais que c'était un personnage de Film Moldu très charismatique… Un archéologue qui part à la recherche de trésors perdus et auquel il arrive des tas d'aventures passionnantes… Elinor a apprécié la comparaison et levé aussitôt le Sort…

Voilà… C'est pour ça que j'aime bien ce que nous sommes devenus nous tous… Nous avons des projets pour après la guerre… Nous nous sentons en confiance et nous avons espoir…

Et notre groupe s'est vraiment soudé depuis que nous sommes ici… D'abord, autour de nos trois camarades qui avaient bien besoin de notre aide et ensuite durant les entraînements qui n'étaient pas coton… Et pendant les corvées aussi…

Misère !… Qu'est-ce qu'on nous a pas fait faire !…

Traire des vaches, plumer des poulets, pêcher et vider des poissons !… Le tout sans magie !…

Et le plus drôle, c'était de voir le sérieux de Draco quand il nous expliquait et nous montrait comment faire…

Qu'est-ce qu'il a changé lui ! C'est incroyable !…

Et c'est pourtant vrai…

Et qu'est-ce qu'il m'a fait marrer avec sa mère !

C'était à mourir de rire parfois !

La tête qu'il faisait tandis qu'il la regardait effectuer le parcours du combattant ! Quand il l'a vue se jeter joyeusement à plat ventre dans la boue et les flaques d'eau pour ramper ! Elle, elle riait aux éclats et lui avait un air horrifié !

Et quand elle lui a fait manger une part de la première tarte aux pommes qu'elle a cuisiné !

« C'est délicieux, Maman » a-t-il dit après avoir péniblement dégluti la première bouchée… Il avait les larmes aux yeux… tant il avait la bouche en feu parce qu'elle s'était trompé et avait mis du piment fort en lieu et place de la cannelle…

Sa mère a éclaté de rire encore une fois ! Elle s'était rendu compte de son erreur et avait décidé de lui faire une blague…

En même temps, elle était toute émue de voir son fils faire des efforts pour la complimenter et l'encourager…

Ouais… C'était drôle…

En même temps, ça m'a serré le cœur… Parce que jamais je n'aurais une telle relation avec ma mère…

Mais c'est pas grave… Parce que les dames présentes ont toutes été formidables avec nous…

Gentilles, attentionnée, maternantes…

Nous avons tous eu droit à des câlins de leur part… Tout grand que nous sommes…

Et puis, nous avons vu nos profs sous un jour différent également.

Le professeur Snape est sacrément sympathique, même s'il reste très sévère et exigeant quand il s'agit de travailler. Et c'est vraiment un bon enseignant, maintenant qu'il n'a plus à jouer un rôle de méchant…

McGo est toujours aussi stricte, bien sûr. Mais elle aussi est plutôt sympa en dehors des cours… Elle est pince sans rire, comme moi. Et il nous est arrivé d'avoir des conversations épiques, toutes en double sens et sous-entendus. Je n'ai pas osé le lui dire, mais je l'adopterai bien comme grand-mère…

Oui… Ça me plairait bien, d'avoir une grand-mère comme elle…

Et une tante Nally aussi…

Une tante Nally qui est toujours de bonne humeur, même quand sa jambe lui fait très mal…

Je me demande dans quelles circonstances elle a été blessée. C'est un mystère qui l'entoure, ça… Comme sa relation avec les Elfes de Maison…

Ils sont en adoration devant elle…

J'ai bien essayé d'interroger Dyna, de savoir pourquoi Roi Dobby et elle l'appellent « Grande Dame », mais Dyna m'a regardé avec ses grands yeux plein d'innocence et m'a simplement répondu : « Parce que c'est une Grande Dame, Monsieur Blaise ! Elle est presque aussi grande que son mari qui est pourtant très grand ! » tournant ensuite les talons, pour aller retaper mon lit pourtant bien fait.

Comme pour me signifier que la conversation à ce sujet était terminée…

Je n'ai pas insisté. Mais, même si Dyna dit vrai est que Madame Snape est effectivement très grande pour une femme, cela m'intrigue…

Je suis certain qu'il y a autre chose….

Ceci dit… En parlant de Dyna… J'ai l'impression qu'il se dessine quelque chose entre elle et Roi Dobby…

Je ne m'étais jamais interrogé sur les amours des Elfes de Maison, mais je crois bien avoir assisté à la naissance d'un amour entre mon Elfe et celui de Harry…

Comment se passent les choses, quand deux Elfes de Maison unissent leur vie ? Est-ce qu'il y en a un des deux qui doit aller vivre chez le Protecteur de l'autre ?

Il faudra que je me renseigne à ce sujet…

Je n'ai pas envie que Dyna me quitte… Mais je ne veux pas non plus l'empêcher d'être heureuse…

Mais bon, laissons l'avenir se faire…

Nous avons bien le temps de voir…

J'espère…

OoOoOoO

Harry

Pauvre Draco…

Il avait l'air tout malheureux en revenant de sa soirée chez sa mère. Et quand je lui ai demandé si c'est à cause de la relation de sa mère avec Richard ou parce que demain nous rentrions et qu'il ne la reverra pas avant quelque temps, il m'a répondu :

« Les deux. » avant d'ajouter, l'air tout contrit : « J'ai beau me raisonner, Harry, et savoir que Maman mérite bien d'être heureuse, mais je ne l'aime pas. Et j'ai l'impression qu'il ne m'aime pas, lui non plus… »

Et il est parti se coucher, sans que nous puissions en parler davantage.

C'est trop bête… Parce qu'avant qu'il ne s'aperçoive que sa mère et Richard se sont amoureusement rapprochés, il l'aimait bien, Richard…

Mais bon, les choses s'arrangeront sans doute.

En attendant, j'ai hâte que Ron revienne de sa dernière corvée, pour que nous puissions nous coucher, nous aussi, et profiter de notre dernière nuit ici…

Je me demande quand nous allons revenir…

En tout cas, nous avons bien avancé durant notre séjour. Et pas seulement grâce à nos entraînements…

Nous avons également avancé dans la lutte contre l'ennemi hors Poudlard et à Poudlard …

Phillipa a bien travaillé avec son groupe, les plans d'évacuations ont aussi été examinés, Ron réussit parfaitement à faire une illusion en trois D maintenant et nous avons commencé les recherches pour les cartes… Oui, reste à recruter les membres des différents Sous-Comités…

Ce que nous ferons dès demain… Enfin, tout à l'heure…

« Mon ami Maître Harry Potter Monsieur souhaite-t-il quelque chose, avant que Dobby ne rentre à la maison ? » vient me demander Dobby, sans passer la porte entrebâillée, comme il en a pris l'habitude depuis quelques temps.

Depuis qu'il nous a surpris, Ron et moi, dans la Salle sur Demande

« Ah… Euh… Non… Si ! Entre donc Maître Dobby… Il faut que je te parle de quelque chose. Je n'ai pas eu le temps de le faire auparavant, mais là, c'est le moment idéal. Viens ici, et assois-toi auprès de moi, s'il te plait. » réponds-je, en tapotant la place libre sur le lit.

Dobby avance avec précaution, passant d'abord le nez par l'entrebâillement de la porte, puis, l'air soulagé, il se fend d'un sourire et saute sur le lit, pour s'y asseoir sans plus de cérémonie.

« Voilà… Euh… Je sais que tu as été très choqué de me voir dans le lit avec Ron, l'autre jour, dans la Salle sur Demande… Je… Euh… Je suis amoureux de Ron, Maître Dobby… Est-ce que cela t'ennuie ? » m'enquiers-je, véritablement anxieux de sa réponse.

Dobby me regarde de ses grands yeux, agrandis par la crainte ou je ne sais quoi d'autre et la bouche bée… Il a l'air de ne savoir que dire en tout cas…

Oh ! Misère ! Pourvu que je ne sois pas en train de le choquer davantage !

« Je sais que nous sommes deux garçons et qu'habituellement ces choses ne se font pas entre deux garçons Maître Dobby… Mais cela arrive parfois quand même… Quand deux garçons s'aiment très fort, comme c'est le cas, pour Ron et moi… Tu comprends ? » m'enquiers-je encore, avec l'horrible impression de m'enferrer plutôt qu'autre chose…

Et pourtant, soudainement, Maître Dobby sourit.

« Oh ! Oui ! Dobby comprend très bien ! Et Dobby n'était pas choqué de cela ! Non ! Non ! Non ! Dobby était gêné d'avoir dérangé son Ami Maître Harry Potter Monsieur ! Dobby craignait que son Ami Maître Harry Potter Monsieur soit en colère à cause de ça ! Et Dobby était malheureux de savoir que son Ami Maître Harry Potter Monsieur était malheureux ! » s'exclame Dobby, l'air complètement soulagé encore une fois.

« Oh ! Alors tout va bien ! Je craignais, moi, que nous t'ayons choqué… L'homosexualité est très mal vue en général chez les Sorciers et je me demandais si c'est à cause de cela que tu étais si gêné… Mais tout va bien… Parfait oui… » dis-je, nettement soulagé moi aussi… et me demandant d'où sort pour Dobby, l'idée que j'étais malheureux…

« Homosexualité ?… Oh ! Quand deux mâles, s'embrassent, se caressent et se font plaisir ! C'est de cela que mon Ami Maître Harry Potter Monsieur parle ? » s'exclame encore une fois Dobby, d'un air curieux.

« Euh… Oui… C'est tout à fait cela… » réponds-je, soudain mal à l'aise de nouveau…

Je ne suis déjà pas très à l'aise pour discuter sexualité avec mes amis alors là, avec Dobby, c'est encore pire…

« Oh ! Mais ce sont des choses naturelles chez les Elfes de Maison ! Quand les Maîtres punissent un Elfe de Maison ou qu'un Elfe de Maison est malheureux, les autres Elfes le consolent. Mâle ou Femelle cela n'a pas d'importance ! On donne du plaisir à celui qui est malheureux ! On l'embrasse, on le caresse ! Pour le consoler ! Dobby pensait que c'est ce que Monsieur Ronald faisait à mon Ami Maître Harry Potter Monsieur ! Cela n'a pas choqué Dobby ! Mais Dobby sait que les Sorciers n'aiment pas être dérangés quand ils le font ! Que cela les met en colère ! Alors Dobby était choqué parce qu'il avait peur d'avoir mis son Ami Maître Harry Potter Monsieur et Monsieur Ronald en colère ! Et Dobby est bien content de savoir que son Ami Maître Harry Potter Monsieur est amoureux ! Très content ! » m'explique Dobby, ses yeux brillants de joie

Eh bien ! J'en apprends de belles sur les mœurs des Elfes de Maison ! Quand je vais dire ça à Ron !

« Euh… Tu ne m'as pas mis en colère… Ni Ron… Nous avons juste été surpris et gênés aussi… Parce que nous sommes pudiques dans les moments d'intimités… Nous ne souhaitons pas que d'autres nous voient faire ces choses là… Tu comprends ? Et… Euh… Maître Dobby, le fait que Ron et moi soyons amoureux et que nous fassions ces choses là est un secret… Il ne faut pas le dire, d'accord ? » réponds-je, assez interloqué de la tournure que cette conversation prend…

« Oh ! Oui ! Dobby ne dira rien ! Dobby sait garder les secrets ! Et Dobby ne passera plus jamais la porte de la chambre de son Ami Maître Harry Potter Monsieur sans avoir sa permission ! Ni de la salle de bain ! Ni d'aucune pièce où son Ami Maître Harry Potter Monsieur se trouve tout seul avec Monsieur Ronald ! Comme ça, Dobby ne les surprendra plus quand ils se font des caresses et des baisers ! Mais il faudrait que vous fermiez les portes à clé, comme cela, Dobby saurait quand il ne doit pas entrer ! » s'exclame encore Dobby, avec un air qui me laisse penser que…

« Maître Dobby… Est-ce que tu nous as vus d'autres fois ? » m'enquiers-je, rougissant.

« Oh ! Oui ! Très souvent ! Depuis longtemps, Dobby sait que Monsieur Ronald et son Ami Maître Harry Potter Monsieur se font des baisers et des caresses ! Depuis l'été dernier ! Mais Dobby a toujours fait attention de ne pas déranger ! Dobby écoute toujours à la porte avant d'entrer ! Mais quand l'eau de la douche coule ou qu'il n'y a pas de bruit comme l'autre jour, Dobby ne peut pas savoir si son Ami Maître Harry Potter Monsieur et Monsieur Ronald se caressent et se font des baisers ou non ! Alors il est bien obligé d'ouvrir la porte et de regarder pour savoir ! » m'explique Dobby, me faisant piquer un nouveau fard…

Oh ! Merlin ! Il nous a vus en train de… ! Et pas qu'une fois, encore !

« Euh… Oui, nous fermerons la porte à clé dorénavant… Merci, Maître Dobby… Tu peux rentrer maintenant… » réussis-je à balbutier

Je suis sûr que je suis plus rouge qu'une tomate mûre à point…

Oh ! Misère de misère ! Quand Ron va savoir ça !

Enfin… L'important, c'est que les choses soient claires avec Dobby, maintenant…

Et que nous nous soyons mis d'accord pour fermer les portes à clé afin qu'il ne nous surprenne plus…

Oui… On peut dire que de ce côté là aussi, nous avons fait un pas et avancé…

OoOoOoO

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