Salut !

On change de nouveau de POV et on retourne vers un personnage qu'on a pas vu depuis un petit moment. Ajiahdompey, tu vas être contente !

Bon, cette histoire est vieille, hein. Donc, qu'on soit bien d'accord, j'ai grossis les traits de l'hôpital.

Bonne lecture !


Seijuro

C'était comme être un bloc de pierre. J'étais froid, incapable de bouger quoique ce soit. Je me demandais si c'était ça, ma maladie. Je n'étais pas vraiment un bloc de pierre, disons que j'avais une forme sphérique, à force de me faire écraser, compressé de tous les côtés. Mais au milieu, j'étais vide.

J'étais un cercle.

Ma gorge était sèche, ma bouche pâteuse, je sentais à peine mes pieds et mes mains. Bouger ne serait-ce qu'un peu me semblait insurmontable. J'essayais d'ouvrir les yeux. J'essayais vraiment. De toute mes forces. Mais je n'y arrivais pas

Je sentais quelque chose de froid en moi, un doux serpent qui longeait mon bras et se rependait dans mon corps.

Je m'endormais.


Je pensais sans trop savoir à quoi. C'était comme rêver. Mais c'était moi qui décidais un minimum. Je pensais à Tetsuya, à ses gémissements, à son corps entier contre le mien, à ses cuisses qui enserraient mes hanches, ses pieds qui frôlaient mes chevilles, ses lèvres si douces, le goût de son sang. Tout de son être me manquait. Je voulais savoir ce qu'il faisait, mais j'avais peur, et ce, depuis qu'il avait commencé a aimer, que ses pensés ne soient plus tournées vers moi comme les miennes étaient obnubilées par lui.

J'entendais comme des murmures. J'essayais d'écouter, ne serait-ce que de comprendre un mot, savoir comment j'allais. Je ne savais pas. Est-ce que redouter d'ouvrir les yeux pour retourner dans la souffrance, c'était aller bien ? Est-ce qu'être obnubilé par une seule personne et avoir transformé un innocent en monstre pour lui, c'était aller bien ? Est-ce qu'avoir renoncé à vivre, c'était aller bien ? Que penserai Tetsuya si j'abandonnai ? Me donnerait-il raison ? Ou bien son grand amour retrouvé, cesserait-il de penser à moi ? Si je me réveille, serais-tu là ?

J'essayais d'ouvrir les yeux de nouveau, d'ouvrir la bouche. Je voulais demander si mon demi-frère était là. J'avais conscience de mon corps, à-peu-près. Pourtant, je n'arrivais pas à le bouger. Il était immobile et j'eu beau forcer, rien ne se passait.

Je paniquais.

J'étais prisonnier de mon corps inerte.

Peu à peu, épuisé par ma lutte, je m'endormais.


Mon esprit se réveillais encore une fois. Je me sentais plus fort, je ressentais plus de choses. J'avais froid. J'avais mal, vraiment mal à la gorge. Une irritation affreuse. Mais je sentais mon corps, je sentais le sparadrap sur mon poignet, je sentais le liquide qui passais dans mes veines, je sentais ma poitrine se soulever, ma respiration. Mon cœur battais, je l'entendais. Mes yeux bougeaient sous mes paupières encore trop lourdes, mes poils hérissés, ma langue, je sentais tout. Tout m'appartenait.

Je tentais de bouger mes doigts gelés, mes lèvres collées. Mes paupières...

J'arrivais à peine à ouvrir les yeux. Il n'y avait qu'une petite faille de lumière trouble, grise, sombre. J'essayais un peu plus. Je ne percevais qu'un ensemble grisâtre et flouté, une partie un peu plus éclairée. Je devais être dans une pièce sombre. Je ne pensais pas qu'ouvrir les yeux pouvait être si fatiguant... Mais je devais persévérer, comprendre mon environnement. Je n'étais plus dans le parc, ça, c'était une évidence.

Mais alors, où étais-je ?

J'arrivais à bouger le bout de mes doigts, à ouvrir mes yeux plus grand, j'entendais des bruissements, des crissements qui venaient de l'extérieur.

Je voyais plus net. J'étais dans une pièce, plutôt petite, sombre, hormis un faible rayon de lumière. Je tournais la tête vers la lumière. Une porte ouverte. La lumière jaune artificielle venait de là. Il devait faire nuit, les rideaux de la pièce étaient fermés.

Je bougeais mes pieds, mes mains, je me sentais fatigué, mais moins qu'il y a deux minutes. Je frissonnais.

Je me relevai un peu dans le lit. J'étais recouvert de trois couvertures, mais j'avais quand même froid. À côté du lit, une petite table de chevet avec une lampe, un verre en plastique rempli au trois quart d'eau et un bouton. Je reconnaissais une chambre typique d'hôpital. Normalement, je devrais appeler une infirmière. Mais je ne bougeais pas. Je ne voulais pas.

J'étais tout seul.

Personne n'était là.

Même pas Tetsuya. Il n'était pas venu me voir. Si même lui ne venait pas... Sur qui pouvais-je me reposer ? Je n'aurai pas dû me réveiller. Il vaut mieux être sûr des sentiments des autres que d'avoir des regrets, c'était ça que Tetsuya avait dit avant d'aller parler à Kagami Taiga.

J'aurai voulu des regrets.

Laissez-moi me rendormir... abandonner.

J'avais peut-être passé une heure ou deux, assis dans ce lit à regarder fixement devant moi. Je pensais, réfléchissais à ce que j'allais faire après. Mais mon cerveau partait vers autres choses, pensait à des chats, à comment on nettoyait les blocs opératoires, comment on faisait les emballages de stylos et quand je retournai vers mes pensées principales, l'horloge me disait qu'un quart d'heure s'était écoulé et en quelques secondes, je repartais vers d'autres pensées incohérentes.

Je n'étais parvenu à aucune conclusion. Mais je voulais revoir Tetsuya. Je voulais le voir sourire, même si ce n'était pas moi qu'il regardait, je devais le revoir. Seulement après, je pourrai décider.

Une infirmière entra dans la chambre, elle me dévisagea quelques secondes.

-Je ne pensais pas que vous étiez réveillé.

-Est-ce que Tetsuya est là ?

-Vous devez rester encore sous les couvertures, votre température est encore basse. Rallongez-vous.

Elle m'aida à me rallonger, mais elle n'avait pas répondu à ma question.

-Est-ce que quelqu'un s'appelant Tetsuya est là ?

-Vous devez vous reposer.

-Répondez-moi.

-Tenez, prenez vos médicaments.

Je reconnaissais ceux qu'elle sortit du petit tiroir. C'était ceux que je devais tout le temps prendre. Ceux censé me calmer, me guérir.

Je ne suis pas malade. Il faut que Tetsuya leur dise.

-Non. Répondez-moi.

-Personne n'est venu vous voir, Akashi-kun. Maintenant, vous devez vous coucher et vous reposer.

Elle pris quelques cachets et le verre d'eau posé sur la table.

-A-attendez ! Où est-ce que je suis ?

-A l'hôpital central de Yokohama. Vous êtes arrivé avant-hier matin en hypothermie sévère. Un passant vous a trouvé dans un parc.

-Il est quelle heure ?

Je le savais. Il y avait un horloge dans la chambre. Mais je voulais gagner du temps, laisser à Tetsuya le temps d'arriver.

-Il est presque quatre heure du matin.

-D-d'accord.

-Il faut vous reposer maintenant.

Elle avait une voix douce. Elle voulait être rassurante mais elle tenait dans sa main les cachets du démon.

-J'ai une dernière question.

-Allez-y.

-Je suis... dans quel service ?

Au fond de moi, je le savais déjà. Elle n'aurait pas mes médicaments si elle ne me pensait pas malade elle aussi. Quelqu'un lui avait dit. Mais qui ? Mon père ? Non. Il n'aurait jamais fait le déplacement. Mais il pouvait appeler. Sauf qu'il aurait dû venir pour m'identifier, je n'avais aucun papiers sur moi, aucun moyen de prouver qui j'étais. Mon père n'aurait jamais pris la peine de venir vérifier que c'était bien moi.

Si tant est qu'il s'intéresse à moi. Mais il avait bien du faire passer un avis de recherche dans tout le pays.

Tetsuya alors ? Il leur aurait dit que j'étais malade ? Il m'aurait trahi ?

-Il est là, n'est-ce pas ?

-Pardon ?

-Tetsuya.

-Je ne vois pas de qui vous voulez parler.

-Arrêtez de me mentir ! Il est là !

Je me débattais alors qu'elle parlait calmement et voulait me recoucher. Mais je devais voir Tetsuya à tous prix.

Elle posa sa main sur ma joue, je continuai à me débattre. Il fallait que je le vois maintenant.

-Écoutez-moi, dit-elle avec douceur, comme le ferai une mère, comme l'aurai fait la mienne.

Alors je l'ai écouté.

-Vous allez vous coucher, pendant ce temps, je vais aller changer votre perfusion de nutriments et en même temps, j'irai voir si votre ami est là. OK ?

-Tetsuya est mon frère.

-J'irai le chercher.

-OK.

Elle me sourit doucement, posa les médicaments, m'indiqua que je pouvais les prendre quand je le voudrai.

Je les avalai dès qu'elle sortit de la pièce. Tetsuya aimerai que je les prenne, ça lui ferai plaisir que je me soigne.

Même si c'était une maladie imaginaire.

Elle revint avec une nouvelle pochette qu'elle relia au tube qui rentrait dans mon bras.

-Où est-il ?

-Je l'ai prévenu que vous vouliez le voir, il ne vas pas tarder, allongez-vous.

Je lui obéis.

Je compris qu'il y avait erreur, que Tetsuya ne viendra jamais, qu'il n'avait même jamais été là quand je me sentis pris d'une grosse fatigue. Mes paupières se fermaient toutes seules. Je ne sentais plus rien de mon corps, je sombrai dans l'inconscience.

Une autre infirmière entra, parla avec l'autre qui me regardait avec pitié.

-Alors ? Demandât la nouvelle.

Je sombrais de plus en plus, je n'entendis pas toutes ses explications, mais j'en perçu une et elle me suffit largement.

Il est sous sédatifs.

La... Menteuse...


Voilà ! La joie et la bonne humeur, non ?

Prochaine fois, un POV inédit !

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