Chapitre 25 : J'avoue que j'hésite entre vous mettre mon poing dans la gueule ou vous embrassez, et à vous faire l'amour, là, tout de suite... !
Quand Jim arriva au restaurant, il fut accueilli par les sourires de sa mère, son frère et sa belle-sœur. Son beau-père se contentant de lui adresser un hochement de tête blasé. Il prit place et commanda un scotch : il avait vraiment besoin de quelque chose de fort, là, tout de suite. Il ne fit qu'écouter les discussions pendant l'apéritif et ne parla que peu pendant l'entrée. Tout le monde le remarqua mais Aurelan et George préférèrent ne pas lui poser de question : s'il n'abordait pas le sujet, c'est qu'il n'avait pas envie d'en parler pour le moment. Mais Winona ne le vit pas de cet œil et posa sa main sur celle de son fils, assit en face d'elle :
« Qu'est-ce qu'il y a Jimmy ? » demanda-t-elle avec un petit sourire inquiet. « Tu n'as pratiquement rien dit depuis que tu es arrivé. C'est ton procès qui te préoccupe ? »
Jim ne put se retenir de soupirer, non, décidément, ce procès à l'heure actuelle était le cadet de ses soucis. Il regarda sa mère et lui rendit son sourire :
« Je suis préoccupé oui, inutile de te mentir. Mais ça n'a rien à voir avec le procès et c'est quelque chose dont je ne peux pas parler. Pour le moment… »
« Il y a beaucoup de choses dont tu ne peux pas parler… » Intervint Frank. Faisant référence à sa discussion houleuse avec Spock. « Ne fais-tu pas confiance à ta famille ? »
Le capitaine aurait voulu répondre que si, il faisait confiance à sa famille, mais que Frank n'en faisait certainement pas parti. Cependant il ne le fit pas, les choses allaient mieux avec sa mère, son beau-père et lui avaient fait la paix – en apparence – il n'allait pas jeter de l'huile sur le feu, encore.
« Si. Bien sûr que si. » Répliqua-t-il « Cependant ça ne me concerne pas directement. »
« Est-ce que le commandeur Spock va bien ? » s'enquit Aurelan. Elle s'en voulut aussi tôt, se rendant compte au visage de son beau-frère qu'elle venait de trahir ses pensées. Elle lui envoya un regard navré et tenta de rattraper son coup : « Enfin… Comme tu disais la dernière fois que ça n'allait pas fort pour lui professionnellement parlant… »
Seulement, Aurelan ne savait pas mentir et même si Winona fut assez conciliante pour faire semblant de la croire, ce ne fut pas le cas de Frank.
« Oh, donc ça concerne ton extraterrestre de second, hein ? » questionna d'une voix agacée l'homme. « Il faut que tu te préoccupes de toi d'abord. » le sermonna-t-il. « Cela m'étonnerait qu'il se soucie autant de toi que toi de lui. Dans la vie parfois il faut être égoïste et… »
« Spock se soucie autant de moi que je me soucie de lui, je peux te l'assurer. » le coupa Jim, agacé. « Il est mon second et un de mes plus précieux amis, alors non : je ne peux pas être égoïste quand il s'agit de lui. »
Il eut un silence et Frank grogna, n'appréciant pas de s'être fait envoyer baladé alors qu'il prodiguait des conseils bienveillants, pour une fois. Il voulait bien faire des efforts avec ce gosse, mais encore fallait-il qu'il en fasse aussi.
« Ça va Jimmy. » répliqua-t-il, captant le regard inquiet de sa femme sur eux : « J'ai saisi : c'est ton meilleur pote et tu vous mets au même niveau. Tout ce que je dis c'est que tu devrais d'abord t'occuper de ton procès, et ensuite de tes amis. »
Le blond admit que son abruti de beau-père n'avait pas tort. Il capta alors les trois regards autres regards sur lui et il décida d'abdiquer et de se sauver de cette situation :
« Ce n'est pas à cause de Spock que je suis préoccupé. » mentit-il. « Mais je suis bel et bien à fleur de peau. Alors si vous pouviez tous éviter de trop de me poser de questions pour le moment, ça serait reposant. Mais merci pour votre inquiétude. »
Les autres semblèrent accepter l'idée et le repas continua. Ils arrivèrent vite au dessert et c'est ce moment que choisit Jim pour s'éclipser : il était déjà en retard pour le check-up avec Bones et Turing.
« Bon, j'ai un rendez-vous médical. Je dois y aller. »
« Médical ? » s'enquit Winona. « Est-ce que tout va bien ? »
Jim sourit et lui prit la main doucement :
« Tout va bien. » Il salua tout le monde : « Allé, on se voit demain après le procès, okay ? »
George lui fit une accolade et il put partir. Il arriva avec dix minutes de retard au cabinet du docteur Mccoy et l'infirmière le fit entrer tout de suite dans la salle de consultation. Il y retrouva alors Bones et Turing en personne. Son meilleur ami le regarda mi- inquiet mi- curieux mais ne demanda rien devant l'autre homme. Les deux scientifiques firent installer Jim sur une table d'auscultation et commencèrent les examens.
Cela dura longtemps, presque trois heures le temps de tout faire et d'avoir les résultats. Turing et Bones s'isolèrent d'ailleurs cinq minutes dans le labo et en revinrent avec un compte rendu. Turing en fit une copie et l'envoya à Weber pour qu'il puisse en disposer – si besoin – pendant le procès. Bones prit l'original et dit au blond :
« Alors, tu es presque guéri gamin. » quand il vit l'air réjouis du blond il ajouta sèchement : « J'ai bien dit presque. Il est encore possible, quoi que peu probable, que tu refasses une ou deux crises dans les semaines à venir. »
« Leur intensité seront moindre, rassurez-vous » intervint Turing. « Mais vous devez éviter d'être dans des situations qui favoriseraient le déclanchement de crise. Vous comprenez ? »
« Vous savez, ce n'est pas moi qui décide de passer une mauvaise journée. » répliqua Jim.
« Je l'entends mais vous pouvez tout de même réduire les situations de stresses, et ce même quand vous serez de retour sur votre vaisseau, pendant les trois semaines à venir ? »
Le regard de Bones lui indiqua que non. Turing leva les yeux au ciel :
« Bon, au pire des cas Mr Spock est votre second. Il sera là si vous êtes en difficulté. »
« Voilà. » répliqua Jim. Son ton suggérait qu'il ne voulait pas en parler d'avantage. De toute façon, Turing semblait avoir fini.
Le docteur Turing remercia Bones et serra la main du capitaine avant de s'en aller. Il transmit ses nouvelles coordonnées au médecin chef et l'invita à le contacter si quoi que ce soit devait arriver. Le docteur Mccoy attendit patiemment que son homologue sorte de son cabinet avant de claquer la porte de sa salle de consultation et de chopper Jim par les épaules :
« Alors ?! » s'enquit-il. « Tu as parlé à oreilles pointues ?! »
« Et comment j'aurais pu ? » répliqua le blond agacé. « Quand tu m'as appelé j'allais déjeuner avec ma famille. Ensuite je suis venu directement à cet examen. Non, je n'ai carrément pas eu le temps Bones ! »
« Donc tu vas lui en parler en rentrant ? » questionna son ami en croisant les bras et s'adossant contre la table d'auscultation.
« Je ne sais pas… J'ai déjà un milliard de question à lui poser et maintenant je dois lui annoncer que sa copine le trompe. » Il renifla : « Non, décidément c'est la merde. »
Bones tiqua :
« Tu dois lui poser quels genre de questions ? » demanda-t-il.
Jim envoya sa question baladé de la main et ouvrit la porte du cabinet :
« Je t'en parlerai plus tard. C'est entre Spock et moi maintenant. »
Sur ces bonnes paroles, Jim quitta l'infirmerie et s'en alla vers son appartement. Il savait que Spock avait rendez-vous avec son père dans l'après-midi et qu'il ne serait probablement pas de retour à l'appartement avant lui. Cela laissait à Jim le temps de rentrer tranquillement et de réfléchir à ce qu'il allait demander ou non et révéler ou pas. Réfléchir posément lui ferait probablement du bien avant d'avoir cette discussion.
Quand il arriva chez lui, il vit que Bones avait retenté de le joindre une bonne vingtaine de fois. Il ignora ses appels et coupa son communicateur. Il n'avait pas besoin d'une nouvelle chose à demander à Spock, là tout de suite.
Jim opta pour une douche et ensuite il s'installa confortablement dans le siège près de la fenêtre dans la pièce à vivre pour travailler sur son retour sur l'Enterprise, lisant les multiples rapports du capitaine en charge de son remplacement, qu'il avait complètement délaissés. Il ne vit rien de particulier à noter sauf peut-être une rencontre houleuse avec une nouvelle race Alien qui avait bien failli tuer 3 chemises rouges, en envoyant deux à l'infirmerie. Mais au final, tout s'était bien terminé. Il songea que son remplaçant était plus sage que lui et qu'il avait bien travaillé. Il s'en voulait un peu de lui reprendre le commandement de l'Enterprise en un sens… Quoi que non. C'était son vaisseau, à lui.
L'arrivée de Spock le coupa dans ses réflexions et il réalisa qu'il n'avait pas réellement réfléchit en détail à ce qu'il allait lui dire ou lui demander. Le second lui fit un demi-sourire et s'avança vers lui d'un pas lent mais assuré. Jim déposa sa tablette sur la table basse à ses côtés et se leva pour lui faire face. Spock arriva à sa hauteur et ils se regardèrent dans les yeux, scrutant l'autre sans rien se dire. Le vulcain déposa son sac à bandoulière sur la même table basse et vint caresser les poignets du blond avec douceur, replongeant ses yeux noirs dans les siens. Jim eut spontanément envie de lui dire qu'il l'aimait aussi, alors même que Spock n'avait rien dit. Il se reprit et baissa les yeux : rompant leur contact visuel. Spontanément Spock lâcha ses poignets et sembla considérer que quelque chose clochait.
« Je… Je dois vous demander quelque chose et vous annoncer quelque chose. Mais je ne sais pas dans quel ordre procéder. » Lui dit le blond, reculant un peu, laissant cinquante bons centimètres entre eux.
Spock n'afficha aucune expression particulière comme à son habitude. Il sembla juste attendre que Jim se décide de lui-même. Mais le blond semblait en prise avec une lutte interne des plus violentes. Le brun baissa les yeux et déglutit, une certaine anxiété se dégagea alors de lui. Mais Jim ne le remarqua pas. Spock continua d'attendre que son capitaine lui parle mais cela ne vint pas. Son inquiétude monta encore d'un cran et si Jim l'avait regardé dans les yeux, il l'aurait probablement remarqué. Qu'allait lui dire le blond ? Qu'il regrettait la tournure de leur nouvelle relation ? Que ce qu'il se passait entre eux n'était qu'une erreur ? Que ce n'était pas professionnellement compatible ? Peut-être s'était-t-il rendu compte qu'il ne ressentait rien réellement, qu'il ne voulait de lui que pour son traitement. Peut-être même qu'il remettait en cause leur amitié si durement acquise. Toutes ces hypothèses avec une multitude de paramètres se bousculaient dans le cerveau du vulcain. Plus le temps passait, plus son rythme cardiaque s'accélérait. En temps normal, Spock n'avait aucun problème avec le silence, il le favorisait même souvent. Mais ce silence-ci l'écrasait de toute sa masse. La conversation qu'il avait eu avec son père plus tôt dans la journée lui revint alors en tête : il avait beau avoir une confiance aveugle en Jim, son père avait plus d'expérience avec les humains. Certaines subtilités lui échappaient encore. Peut-être avait-il volontairement choisi de ne pas voir des signes dont Sarek lui avait parlé ?
Quand Jim releva finalement les yeux vers lui, s'apprêtant à parler et qu'il vit le regard de l'autre, il se sentit chavirer. Depuis quand Spock était-il capable d'avoir ce genre de regard ? Il semblait déchiré tout en affichant un visage totalement neutre. Sans y réfléchir, il franchit la petite distance qui les séparait et le serra dans ses bras. Spock encercla sa taille et le serra à son tour avec force, inspirant profondément.
« Êtes-vous en train de rompre avec moi ? » finit par demander le vulcain.
Jim le lâcha alors tout d'un coup et le regarda dans les yeux, surprit. Il comprit alors ce qu'il avait vu en Spock plus tôt et lui attrapa le visage pour l'embrasser avec passion. Ce baiser eut sur eux un effet salvateur. Quand leurs lèvres se séparèrent Jim s'empressa de dire :
« Je vous aime. » il lui caressa la joue, mais ce n'était pas un geste aussi tendre qu'il l'aurait voulu : « Je vous aime Spock. » Il renifla, sentant alors la détresse qu'avait ressentie son vis-à-vis quelques instants plus tôt : « Putain ! Pourquoi est-ce que je voudrais rompre alors que je vous aime comme ça ?! » Il lui attrapa le col de son chandail : « J'ai attendu des années pour vous, alors pourquoi bordel de merde est-ce que je voudrais vous quitter alors que je vous ai enfin, hein ?! »
Spock vint poser ses mains autour de ses oreilles et lui embrassa doucement la joue :
« J'ai cru que… » il hésita : « Vous sembliez mettre de la distance. J'ai cru que vous vouliez arrêter. » Il ancra son regard dans le siens : « Qu'est-ce qu'il y a, dans ce cas ? »
Jim sentit alors qu'il pouvait tout lui dire. Il lâcha le col de sa chemise et vint lui prendre les mains, collant son front au siens :
« Pourquoi est-ce que vos sentiments ont changé ? Comme ça ? Du jour au lendemain ? » Demanda-t-il. « Un jour vous me dîtes que vous ne m'aimez pas et l'autre que vous êtes amoureux. Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que… Que vous réalisiez ce que vous ressentez ? »
Spock poussa un soupir qui ne le soulagea absolument pas :
« Cela fait un moment Jim. Cela fait un moment que je ressens ce genre de choses pour vous mais… Mais il y a des choses que l'on ne peut admettre que lorsque l'on nous met la vérité en face. » Répliqua le brun.
« Comment ça ? Un moment ? » Questionna le blond, se reculant légèrement. Spock le fixa alors, semblant réaliser lui-même.
« Je ne sais pas. » admit-il : « Peut être depuis que je vous ai cru mort il y a deux ans. Peut-être était-ce plus tard. » Spock inspira discrètement : quelque chose montait en lui, mais il était bien incapable de deviner quoi : « Je crois que lorsque vous avez disparu avec l'Eveuv j'en étais déjà un peu conscient mais que je refusais de l'admettre. »
« Comment saviez-vous que vous l'étiez si vous ne vouliez pas l'admettre ? » demanda le capitaine.
Spock vint entrelacer leurs doigts :
« Je suppose que je recherchais d'avantage votre compagnie, votre contact aussi. Je vous cherchais du regard quand nous étions dans la même pièce, quand je parlais je cherchais d'abord à avoir votre approbation. » Il inspira : « Quand vous n'étiez pas avec moi, je cherchais à savoir ce que vous faisiez et avec qui. Avec vous, le temps passait plus vite et mes moments en votre compagnie ne m'ennuyaient jamais. »
Il semblait se raconter à lui-même tout cela, comme s'il ne le réalisait réellement qu'à cet instant :
« Même nos querelles me distrayaient. Et nos disputes me touchaient d'une façon particulière, avec profondeur. En comparaison, les disputes que je pouvais avoir avec Nyota ne faisait que m'agaçaient. Celles avec vous me restaient en tête, ne me quittaient que lorsque que nous ayons résolu notre discorde. » Il inspira une nouvelle fois puis expira : « Il y a des moments où je me bridais volontairement. Je refusais de venir vous parler ou de passer du temps avec vous, favorisant mon travail où le temps que je voulais bien accorder à ma petite amie. Cependant cela créait en moi une réelle tension. Cette tension n'étant libérée que lorsque je pouvais enfin vous voir ou vous parler. »
Il vint s'assoir dans le fauteuil à côté, tenant toujours les mains de Jim, debout devant lui :
« J'ai cru à tort, et ce pendant des années, qu'il s'agissait d'une nouvelle forme d'amitié que j'expérimentais. Vous étiez à mes yeux mon meilleur ami et mon frère. Mais je n'admettais pas qu'il s'agissait de quelque chose qui me dépassait encore d'avantage. »
Jim se sentait soudainement mal face à lui, de savoir que tous les deux ils éprouvaient ce genre de choses depuis aussi longtemps.
« Votre engouement aux relations sexuelles sans lendemain et votre côté libertin me confortaient dans mon idée qu'il n'y avait pas place pour une relation telle que celle-ci entre nous, inconsciemment, je suppose que c'est une des raisons pour laquelle je n'admettais pas ce que je ressentais : je me protégeais. »
Le blond soupira : en réalité, s'il était aussi libre sexuellement c'est car il était frustré de ne pas pouvoir l'avoir lui.
« Jim… Quand… Quand vous m'avez avoué vos sentiments sur ce que je pensais bien être votre lit de mort, je me suis senti absolument dévasté. La perspective de vous perdre était inimaginable. J'ai alors pris ça pour une profonde amitié que je vous portais. En réalité, je pense que c'est en partie le cas. » Jim le sentit se tendre encore d'avantage, il se remémorait ces instants d'agonies : « Et lorsque nous avons débuté votre traitement, je dois bien admettre que j'ai eu du mal à me regarder en face. Je pensais que votre contact physique ne me ferait rien. Vous étiez à mes yeux mon capitaine, mon ami, mon frère et vous êtes, au fil du temps et de l'évolution de votre traitement, devenu un amant potentiel. »
Le blond pouffa malgré lui, c'était d'avantage nerveux qu'autre chose mais cela n'interrompit pas Spock.
« Quand je vous ai embrassé pour la première fois, j'étais inquiet. D'abord pour vous, votre état était très préoccupant. Et à contre coup, je l'étais d'avoir aimé cela à ce point. Quand vous avez rompu notre baiser je me suis senti frustré et je vous en ai voulu de me retirer cela. Cependant votre état de santé m'a ramené à moi. Les fois d'après, je sentais que ce n'était pas normal d'aimer vous embrassez. Que je n'aurais pas dû vous laisser faire. Je me suis alors réfugié derrière l'idée que ce n'était pas la sensation de vous embrasser qui me plaisait, mais celle de vous soigner. Aussi, quand vous m'avez demandé pourquoi je vous avais laissé faire, j'ai naturellement répondu que vous en aviez besoin et que j'étais en mesure de vous l'apportez dans le cadre de votre traitement, alors que je l'avais fait. »
« Mais… Je pensais que les Vulcains ne pouvaient pas mentir. » S'enquit le blond.
« Je ne mens pas, mais… J'arrange la vérité. Les raisons que je vous avais donné était les mêmes que j'avais prises pour prétexte. Cependant quand vous êtes parti je me suis senti perdu. J'ai alors repensé à mon double et à ses paroles. Je suis allé voir dans ses affaires et… Je l'ai trouvé. »
Il y eut un silence.
« Qu'avez-vous trouvé ? » questionna Jim, déboussolé.
Spock releva la tête vers lui et attendit un instant avant de répondre :
« Une photo de l'équipage de l'Enterprise dans ce qui semble être 20 ou 30 ans. » répliqua-t-il.
Jim fronça les sourcils : en quoi une photo avait pu aider à Spock à se remettre en question ?
« Quand j'ai regardé cette photo je n'ai pas prêté attention à Nyota, Chekov, Sulu, Scott ou Mccoy. Je vous ai regardé vous. Je vous ai vu plus âgé, les cheveux gris, le visage ridé. Et j'ai compris pourquoi l'autre Spock vous aimait si profondément. Pourquoi il m'avait dit de ne pas faire les mêmes erreurs que lui. Dans cette réalité-là il avait passé des années à vous aimer sans le saisir clairement et avait dû attendre de vous perdre pour mettre un mot sur ce qu'il ressentait au fond de lui : de l'amour. J'ai alors compris que non seulement je vous aimais de la même façon dont mon double aimait le vôtre, mais qu'en plus, j'avais le privilège d'être aimé en retour. »
Spock baissa la tête, évitant alors le regard de son vis-à-vis :
« Au moment où le docteur Marcus m'a appris que vous sortiez dans une boîte pour trouver quelqu'un, pour pouvoir me remplacer, je n'ai pas réfléchi. Je vous ai cherché et je n'ai trouvé que le docteur Mccoy à moitié saoul. J'ai fouillé tous les recoins de cet établissement et toutes les rues aux alentours. J'ai fini par essayer de venir dans notre appartement et quand je vous ai vu avec le lieutenant Mcgrégor, je n'ai pas pu m'en aller. »
« Je sais, vous étiez à deux doigts de lui casser le nez. » répliqua Jim, avec un petit sourire mi ému, mi amusé.
« Si je n'avais pas été en pleine possession de mes moyens, je lui aurais cassé le cou, Jim. » Spock se reprit alors et se releva pour lui faire face : « Voilà… Et la suite vous la connaissez. »
Le blond lui offrit un sourire rayonnant. Il allait l'embrasser avant de réaliser que le problème Uhura lui était sorti de l'esprit. Il grimaça alors et dit à son amant :
« Vous devriez peut être resté assis. » conseilla-t-il.
Spock haussa un sourcil et reprit place dans le fauteuil, attendant la suite :
« Bon… Voilà… je pense que ce n'est très clairement pas à moi de vous le dire compte tenu de notre situation… Mais je pense que si vous l'apprenez autrement les choses pourraient devenir encore plus compliquées alors… » Il lorgna Spock qui était attentif : « Bon… » Il inspira pour se donner du courage et expira avec force avant de lâcher la bombe : « Carol a surpris le lieutenant Uhura en train de vous tromper. »
Spock haussa de nouveau un sourcil :
« Pardon ? » s'enquit-il.
« Le lieutenant Uhura vous trompe. » répéta Jim, anxieux.
Le vulcain fit un demi-sourire et se releva une nouvelle fois de sa chaise pour prendre les mains du blond dans les siennes :
« Non, elle ne me trompe pas, Jim… » Murmura-t-il en encrant sa tête dans le creux du cou du blond. Il vint y déposer un baiser.
« Mais puisque je vous dit que si… » Soupira Kirk, tentant doucement de le repousser sans trop faire d'effort cependant. « Elle a même pris une photo… »
Spock ne répliqua pas, se contentant de continuer à lui embrasser la peau du cou. Jim soupira d'aise et s'agrippa à ses épaules, sentant que la conversation était terminée. Il ne l'entendait toutefois pas de cette oreille.
« Je suis en train de vous dire que votre petite-amie vous trompe et votre seule réaction est de me chauffer ? » demanda-t-il perplexe.
Le vulcain quitta le creux de son cou pour venir coller sa bouche contre son oreille, il lui murmura alors :
« Nyota ne me trompe pas, Jim… » Il vint passer sa main sous sa chemise : « Je l'ai quitté le soir de votre disparition… »
Le blond le repoussa alors tout d'un coup et le regarda ahuri :
« Pardon ?! » s'écria-t-il.
Si Spock fut surpris, cela ne se vit pas :
« Nyota n'est plus ma petite amie. Elle ne me trompe donc pas. » s'expliqua le vulcain.
« Mais… ?! Mais pourquoi n'avoir rien dit depuis ?! » l'accusa l'autre.
« Personne ne m'a explicitement demandé si nous étions toujours ensemble depuis. Je n'ai rien confirmé ni infirmé à ce sujet non plus depuis lors. » S'expliqua le brun.
Jim poussa un cri mêlé de rage et d'amusement prononcé à la fois, ce qui sonna bizarrement :
« Vous êtes en train de me dire que j'ai cru que vous étiez amoureux du lieutenant et que je vous accaparais avec ce fichu traitement depuis le tout début, que j'ai mentit à ma à ma famille en disant que vous aviez une petite amie parce que, je cite, personne ne vous a explicitement demandé ?! » Il s'avança vers lui et lui attrapa le rebord de son pantalon pour l'attirer contre son corps : « J'avoue que j'hésite entre vous mettre mon poing dans la gueule ou vous embrassez, et à vous faire l'amour, là, tout de suite... ! »
Pour seule réponse, le vulcain lui agrippa la mâchoire et l'embrassa avec fougue. Ils se déshabillèrent rapidement et finir à faire l'amour sur le sol, s'embrassant et se caressant sans cesse. Ils ne surent pas combien de temps passa ni quand exactement ils allèrent se coucher dans leur lit…
Fin du chapitre 25…
