Bon je ne vous fais pas perdre plus de temps en blabla ! Si ce n'est que je suis contente que la dernière épreuve ait été si bien accueillie !
Bien sur ce chapitre à aussi était corrigé par Titou Douh !
Guest : Haha. Bon en vrai hum les renards sont arrivés deuxième. Je pensais que c'était assez claire mais il faut croire que non :o my bad !
Leniewolf : Merci beaucoup :D ! Et encore on est plutôt dans le gris blanc pour l'instant !
Coco40 : Mes vacances étaient superbes. Je suis partie sur les traces de JKR…En Ecosse alala ! J'espère que ce chapitre te plaira ! Koeur !
Aussidagility : On change pas les vrais gars huhu !
Chochocolat : Alors jusqu'à ce que ce vous me rattrapiez et que je me sente en danger niveau avance…on reste à un chapitre par semaine qui tombe le lundi ! Après si je ne tiens pas le rythme on repasser sur un chapitre tous les dix jours.
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HARRY POTTER
« So if you're lonely
You know I'm here waiting for you
I'm just a cross hair
I'm just a shot away from you »
Take me out. Franz Fedinand
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Harry observa son père fermer pesamment sa dernière valise. Il la frappa du plat de la main avec un air satisfait et se tourna vers son fils.
- Hey, bonhomme ?
Harry ne répondit rien. En fait, il voyait son père sans le voir vraiment, perdu dans ses pensées.
Ils étaient arrivés la veille et la nuit avait été courte, très courte pour Harry, qui avait dévoré la fin de sa première année à Durmstrang avec un mélange de crainte, de joie et de tristesse.
Si Harry devait dire à haute voix ce qui le tracassait, il dirait que quitter l'Angleterre avait été plus dur que ce qu'il pensait et en même temps… Il ressentait un profond soulagement à l'idée de reprendre la vie qu'il avait laissée.
Sa vie, celle d'Harry. Il ne savait plus mais voulait en prendre soin. Il était partagé. Entre deux-mondes. Deux vies.
La main de son père se posa sur sa joue.
- Harry ?
- Quoi ?
- Ta valise est prête, tu es prêt… Alors on va y aller, non ?
Harry se massa le bras d'une main et offrit un sourire maladroit à son père.
- Désolé, je suis un peu stressé.
- Tu n'es pas le seul. Si ça ne tenait qu'a moi, tu resterais encore un peu ici. Mais ta mère est formelle, les médicomages le sont, l'école l'est aussi… Il n'y a rien qui t'empêche de reprendre les cours.
Harry ne fit aucune remarque. Il ajusta une dernière fois le col bleu nuit de sa tunique d'élève de Durmstrang et plaça son insigne de second correctement. Son père s'empara de sa dernière valise, les autres étant déjà dans la voiture, et sortit. Harry fit rapidement un saut dans la salle de bain et observa sa silhouette.
Il tendit le bras vers le miroir et une bouffée de nostalgie s'empara de lui tandis qu'il se regardait : il n'était plus le chétif et maigre Harry Potter. Il était un adolescent de quatorze ans, mince et assez grand, retournant à l'école de magie. Sa mère avait tenté de peigner ses cheveux mais ces derniers s'étaient obstinés à rester des boucles et des épis désordonnés. Elle avait cependant réussi à cacher sa mèche blanche sous d'autres, épaisses et noires.
Il ne portait plus de lunettes constamment ; sa vue était bonne, assez bonne pour éviter Mugin qui s'amusait à voler en piqué vers lui, dévoilant ses longs cils noirs qui entouraient des yeux d'un vert émeraude.
Il n'était plus cet orphelin sans famille. Il avait un père, une mère et un petit frère. Et il allait leur dire au revoir, jusqu'à Noël où il passerait des vacances en compagnie de sa famille en Angleterre.
- Et ensuite, prononça Harry sombrement, Voldemort reviendra pour gâcher la fête.
Ou peut-être était-il en train de croupir dans les égouts d'un quelconque pays, pleurant sur son armée défaite. Harry l'espérait de tout son cœur.
- Harry, trésor ! On y va !
- J'arrive.
Il secoua doucement la tête avant de sortir de la salle de bain.
OoooooooooooooOoooooooooooO
- Krum ! Hey, Krum !
- Et voilà, soupira Dimitri, on l'a perdu.
Harry et Dimitri laissèrent Natasha les fuir pour retrouver le brillant joueur de Quidditch. Il se souvenait avoir beaucoup critiqué les filles qui se pavanaient devant Viktor Krum et même aujourd'hui, il n'arrivait toujours pas à croire qu'Hermione et lui étaient allés au bal ensemble. Pourtant, il n'arrivait pas à en vouloir à Natasha. Cette dernière n'était pas comme Ron, elle ne passait pas son temps à parler de lui et elle ne bavait pas sur Krum non plus.
Les questions qu'elle lui posait étaient purement techniques et ne concernaient que le Quidditch. Pour Harry, Natasha était une version féminine de Dubois. Mais Krum, qui habituellement affichait un air ronchon, n'avait pas l'air embêté par l'inépuisable curiosité de son amie. Ça avait même l'air de lui plaire.
- Bonjour, Harry.
En même temps que la phrase venait d'être prononcée, des doigts avaient été posés sur son épaule pour qu'il sache à qui parler. Harry dévisagea la femme qui se trouvait devant lui. Elle était grande, gracieuse et belle. Elle avait de long cheveux noirs et une peau d'albâtre. Ses yeux marron pétillaient de joie et Harry sut qui elle était avant même qu'elle dise quelque chose. A coté d'elle se trouvait une fille qui devait avoir une dizaine d'années, avec les mêmes cheveux sombres.
- Tu ne me reconnais peut-être pas, je suis…
- La mère de Dimitri.
Elle le regarda, stupéfait, mais lui aussi n'en menait pas large. C'était sorti tout seul. Il n'osa pas regarder Dimitri.
- Mais je ne me souviens pas de vos noms, je suis désolé.
- Ne le sois pas, Harry. Je suis Olga, et voici ma fille, Héléna.
- Salut, Harry ! T'as perdu la boule, il parait ?
Harry rigola.
- Ouais, il parait.
- T'as l'air normal, pourtant.
Harry ne sut pas trop quoi répondre. Il préférait dévisager Olga Aristov. Il ne comprenait plus rien. Dans ses souvenirs, la mère de Dimitri était morte… Non, elle avait disparu. Elle l'avait abandonné.
- Ah, vous êtes là ! Oh bonjour, Olga !
Sa mère fit son apparition et Harry retrouva l'air qu'il venait de perdre. Il sentait la présence tendue de Dimitri à coté de lui.
- Bonjour Lily, bonjour Charles. Vous avez charmé mon fils avec l'Angleterre. Je ne sais pas si je vais encore vous le laisser pour les prochaines vacances.
- Ne faites pas ça, ça rendrait le mien malade !
Les deux femmes rirent ensemble.
- Salut Charles, regarde ce que j'ai pour toi !
Héléna venait de tendre à Charles ce qui ressemblait à une patte gluante et dégoulinante aux couleurs de l'arc-en ciel.
- C'est magique ? demanda son petit frère.
- Non, non, tends tes mains !
Charles s'exécuta et Héléna laissa tomber la masse gélatineuse. Son frère gloussa.
- C'est froid !
- Harry, tu as vu ton père ?
- Il est parti avec les parents de Natasha. Il a du se faire alpaguer par une foule en délire.
Sa mère fronça les sourcils.
- C'est clair, il ne peut pas résister à un bain de foule. Ce poseur...
Harry entendit le ricanement de Dimitri et ça ne l'horripila même pas.
- Étonnant que Krum s'en sorte aussi facilement...
Mais Krum s'en sortait uniquement parce qu'il ne prêtait attention qu'à Natasha. Encore une fois, Harry ne put s'empêcher de comparer ses deux meilleures amies. Elles étaient tellement différentes...
Natasha n'était pas discrète comme Hermione. Elle était exubérante, pleine de vie, fuyait les bibliothèques. Elle s'énervait difficilement et en dehors de l'école, les soucis glissaient sur elle comme une plume. Elle savait se faire apprécier rapidement. Elle n'était pas brillante comme Hermione mais elle était déterminée, savait ce qu'elle voulait dans la vie et son objectif ne changeait pas.
C'était pour cela qu'Harry trouvait étrange que Krum l'écoute parler. Entre l'intelligente Hermione et la fan de sport qu'était 'Cha, il y avait un grand fossé. Harry se demanda alors si Natasha avait connu Krum dans son autre vie. Se parlaient-ils de cette façon ? Harry se mit à y réfléchir sérieusement. Sans lui pour lui donner des cours ou avoir Dimitri sur le dos, Natasha aurait peut-être été exclue de l'équipe de Quidditch à vie avec les notes qu'elles avait et elle serait devenue une fille morose.
« Ou pas. »
Peut-être qu'elle se serait débrouillée seule, elle se serait acharnée, n'aurait pas pris le temps de s'intéresser à Krum. Parce que, pensa Harry, c'était s'accorder beaucoup de crédit de croire que la vie des autres changeait à cause de lui.
Pourtant… Hermione n'était pas là, durant la coupe du monde. Et cette pensée le fit frissonner. Il se demanda alors à quel point sa vie, ses vies, avaient eu un impact sur toutes celles des autres.
Un gong retentissant se fit entendre et Harry jeta un regard nerveux à sa mère, qui le capta immédiatement. Elle l'éloigna un peu du groupe, laissant Charles jouer avec le cadeau d'Héléna. Elle posa ses deux mains sur ses joues et Harry plongea dans les yeux de sa mère, ces mêmes yeux qui avaient fasciné tant de personnes.
« Tu ressembles à ton père, sauf les yeux, tu as les yeux de ta mère. »
Et il pouvait les contempler à loisir, à présent.
- Tu vas y arriver ?
- Est-ce que j'ai le choix ?
- Est-ce que tu veux rentrer ?
- Non, fit Harry, je veux voir ce que ça donne.
- D'accord, mais pitié : pas d'infirmerie avant Noël.
- Promis, maman.
Comme le mot « maman » pouvait être doux à ses oreilles et délicieux à prononcer... Elle embrassa son front et le lâcha puis ils partirent à la recherche du reste de leur petit groupe pour les derniers « au revoir ».
Harry trouva son père qui fit comme Sirius, mais en plus larmoyant sûrement. Charles pleura aussi un peu. Natasha s'empressa d'embrasser ses parents et de monter sur le bateau. Dimitri rigolait avec celle qui devait être sa sœur.
Olga et Héléna le saluèrent encore et Harry sentit son cœur s'étreindre d'une vive douleur. Comme si les voir, elles, ramenaient des souvenirs déplaisant. Il salua ses parents la mort dans l'âme, serrant les dents pour ne pas gémir.
Quand les ponts menant au bateau se détachèrent du quai, Harry eut la désagréable impression qu'on séparait son corps en deux. Il s'appuya sur le rebord du navire, gardant ses yeux fixés sur sa famille. Dimitri se posa à ses cotés.
- Tu n'as clairement pas l'air dans ton assiette.
Le brun se tourna vers Dimitri et même s'il avait parlé sur le ton de la conversation, Harry voyait bien que son camarade était aussi mal que lui.
- Le mal de mer, sûrement.
- Harry…
- Est-ce que ça va m'énerver ?
- Quoi ? souffla Dimitri.
- Ce qui t'est arrivé. J'ai la sensation que ça va m'énerver. En fait… Ça m'énerve déjà.
Dimitri écarquilla les yeux. Puis il se mit à rire.
- Ce n'est pas drôle.
- Si, ça l'est ! Tu veux que je te raconte ?
- Non. J'y suis presque. Mais le fait de savoir que ça ne sera pas joyeux... Ça m'énerve.
- Parfois… Je ne réalise pas la chance que j'ai. Et puis tu perds la mémoire et tu revis notre amitié et tu deviens encore plus présent. Et je me rends compte que oui, j'ai beaucoup de chance.
- De quoi ?
Dimitri lui fit un sourire éclatant.
- D'avoir un ami comme toi !
Harry ouvrit la bouche et la referma.
Oh oui, il y avait une grande différence entre ses amis. C'était une amitié presque normale. Elle n'était pas construite sur une célébrité non voulue. Dimitri ne se sentait pas inférieur à lui. Il n'y avait pas d'histoire d'amour entre lui et Natasha. Ils ne se disputaient pas sans arrêt.
Si Ron démontrait son amitié par des actes éloquents, s'il était drôle et s'il l'avait accueilli à bras ouverts dans sa famille, Dimitri était tout à l'opposé. Il était plus sarcastique, son humour était particulier et c'était un garçon sérieux. Vraiment sérieux. Mais Harry aimait ça. Il avait des souvenirs mais il avait appris à connaître et à apprécier Dimitri en à peine un mois.
Et il était satisfait.
- Mh, fit Harry, je ne te laisse pas tomber.
Ce fut au tour de Dimitri de rester sans voix.
OoooooooooooooooOoooooooooooooooooO
- Harry, vieux frère, regarde-toi ! Tu as l'air en forme !
Harry se contenta d'un sourire maladroit.
- Oui, Andreï, je le serai plus si tu n'étais pas en train de détruire mes épaules.
- Oh désolé !
Harry massa son cou. Andreï n'avait rien à voir avec celui de ses souvenirs de sa première année. Il était immense, costaud et il avait l'air d'avoir été taillé dans du marbre.
- Mais il a raison, s'amusa Mirja, tu as retrouvé la mémoire ?
- On peut dire ça. Il n'y a que vous du groupe sur le bateau ?
- Non, Ygor et Yvan sont sur celui-ci aussi.
- Oh j'ai vu Sonja mais elle était en pleine discussion avec sa sœur.
- Alors ce match ? C'était de la folie ! Krum ne pouvait pas perdre. La Russie ne pouvait pas perdre !
- Pas sur des balais anglais, en tout cas.
- C'est pas vrai, est-ce qu'on va cesser de parler de ce match, une bonne fois pour toute !? Se plaignit Dimitri.
- Potter… Il est temps que tu changes d'amis.
Harry prit un air faussement choqué.
- Dimitri est celui qui me fait garder les pieds sur terre. Qui m'insultera quand j'aurai pris la grosse tête après mes multiples coupes de Quidditch obtenues grâce à mon talent ? Toi, Andreï ?
Natasha, qui était revenue vers eux, éclata de rire tandis qu'un rictus amusé se dessinait sur les lèvres de Dimitri.
- J'aurais préféré que tu sois bavant et stupide mais tu es toujours le même à ce que je vois, fit une voix derrière lui.
- Anouk ! Quel mauvais vent t'amène ?
L'adolescente fit le tour de leur groupe pour avoir Harry dans son champ de vision. C'était une jolie fille, pensa Harry. Elle avait de grands yeux bleus, ses lèvres étaient fines et son visage émacié lui donnait des faux airs de mannequin. Et Harry remarqua qu'il était de même taille qu'elle, alors que dans ses souvenirs elle était plus grande.
- Désolé, durant un instant j'avais oublié que te satisfaire était mon premier devoir.
Anouk passa une main dans ses longs cheveux noirs, n'ayant pas l'air vexé plus que ça.
- Je suis satisfaite que tu ne sois pas hors-jeux, en fait. Je vais m'amuser à te mettre une raclée aux prochaines épreuves. Ravie de te savoir dans la course... Où aurais-je trouvé un adversaire digne de ce nom ?
- Tout le plaisir est pour moi, rétorqua Harry.
Elle se contenta de lui sourire faussement avant de s'éloigner.
- Mh, elle a toujours le béguin pour toi, on dirait ! Je pensais que ça lui serait passé.
Harry regarda Natasha, interloqué, et cette dernière haussa les épaules.
- Oh, j'ai oublié de t'en parler ?
- C'est fou ce que les « obliviate » courent les rues en ce moment, répondit Harry sceptique.
- Fais pas la tête, Harry, Anouk est folle de toi depuis la deuxième année, et alors ? Il y a pire. Au moins, elle est franche.
- Vous appelez ça franc ?
- Vous ne lui avez vraiment rien dit ?!
Natasha pouffa et Dimitri donnait l'impression de n'être au courant de rien.
- Quelqu'un va m'expliquer cette histoire?
- Oui, Harry, promis, rigola Natasha.
- Je ne vois même pas pourquoi elle se plaint, de toute façon, fit Mirja, leur groupe est premier.
- Ouais, ce n'est pas comme s'ils avaient été derniers deux fois de suite et nous plus du tout.
Harry remarqua que tout le groupe était fier de ça. Très vite, la conversation s'orienta alors sur les épreuves.
- J'ai révisé comme jamais ! S'extasia Andreï. Je me suis entraîné, aussi. Pas question de perdre. Natasha, j'espère que ton cerveau est enfin devenu une éponge !
- Haha, très drôle…
- Je ne plaisante pas. Avec tous les cours qu'on va avoir et les options supplémentaires... Tu as prévu quoi cette année Aristov ?
- Rien ne dit que je serai Premier cette année.
- A d'autres ! rétorqua Mirja.
- Bon, puisque ça à l'air de vous tracasser. Si nous arrivons deuxième à la première épreuve, cette année nous avons droit à deux cours supplémentaires. Je pense qu'on va rester sur métamorphose avancée ou l'art de combat sorcier.
- Merveilleux. Mais si on pouvait être premiers, ça serait mieux ! Les cours d'ouverture sur la magie commençaient à devenir intéressants. L'alchimie noire et les cercles de transmutation, ça donnait envie !
- Je déteste ces cours. Apprendre la magie noire alors que c'est clair et net qu'on en ressort défiguré ou maudit la plupart du temps, ça ne donne pas envie.
- C'est justement pour ça que ces cours sont importants. Je trouve ça bien qu'il ne nous effraie pas et qu'ils nous mettent devant le fait accompli, dit Harry.
Mirja et Andreï lui lancèrent un drôle de regard.
- Quoi ? Qu'est ce que j'ai dit ?
- Non… Enfin, ta passion pour la magie noire commence à nous faire penser que tu files un mauvais coton.
Harry se renfrogna. Dans ses souvenirs, les cours théoriques sur la magie noire lui faisaient entrevoir la magie d'une nouvelle manière. Pour lui, c'était dangereux uniquement si on décidait d'en user dangereusement. Harry n'était pas séduit par la magie noire mais elle lui avait facilité de nombreuses tâches... Et lui avait fait commettre l'irréparable.
Le fugace souvenir de Draco Malfoy en sang se rappela à lui et il le repoussa vivement.
Il était bien placé pour savoir qu'il valait mieux en connaître le plus possible sur la magie qu'on utilisait et ces cours étaient une aubaine.
- Ne les écoute pas, Harry, fit Natasha, ils sont jaloux parce qu'Ororo t'adore !
- C'est faux !
- C'est vrai, confirma Dimitri.
- Vous êtes le trio le plus insupportable de cette école !
Harry rigola.
OoooooooooooooooOoooooooooooooooO
30 juin 1992
Mes yeux scrutèrent le ciel sans nuage, rempli d'étoiles, et où la lune presque ronde brillait intensément.
Contre moi, Lord s'entortillait et ne cessait de bouger mais je ne voulais pas lui dire de se calmer. Il y avait bien une raison s'il était agité et je l'étais autant que lui.
- Potter ?
- Quoi ?
- Il est deux heures du matin.
- Je ne t'empêche pas de dormir.
J'entendis le bruit des draps se froisser puis celui des pieds nus marchant sur la pierre froide et enfin le raclement d'une chaise vers la fenêtre contre laquelle je me trouvais.
Dimitri s'assit en face de moi.
- Je croyais que tu étais fatigué de cette école ?
Je souris et me tournai vers mon ami.
- J'ai hâte de rentrer chez moi.
- Tu comptes faire quoi de tes vacances ?
Je clignai des yeux.
- Oh, sûrement jouer au Quidditch avec Natasha, aller au cinéma, sortir dans un parc d'attractions... Et en Août, je rentre en Angleterre. Peut-être que Sirius aura choisi une destination pour nous.
Dimitri se mit à observer le ciel à son tour.
- Et toi ? Demandais-je
- Moi ? Probablement rien. Mon père n'est pas du genre à apprécier le temps perdu. Donc rien d'amusant, je suppose.
Étrangement, je n'aimais pas la tournure de cette phrase.
- Tu pourrais venir avec nous ?
Mon ami me regarda avec de grands yeux ronds.
- En Angleterre ?
Je ris
- Non… Mais avec moi et Natasha, pour traîner.
- Je ne suis jamais allé au cinéma.
Je faillis m'étouffer avec ma propre salive.
- Pardon ?
Dimitri leva les yeux au ciel.
- Éducation sorcière, tu t'en souviens ?
- Mais tu sais ce que c'est ?
- Je l'ai lu dans « Us et coutumes non-mages ».
- Tu as lu ça !?
Dimitri ramena ses genoux sous son menton.
- Ce n'est pas le genre de lecture auquel j'ai droit habituellement. En fait…
Il laissa sa phrase en suspend et je me rendis compte que même Lord était tout aussi attentif.
- En fait quoi ?
- Je ne suis pas pressé de rentrer, souffla Dimitri.
Je fus incapable de lui répondre quoi que ce soit d'encourageant. Mais il n'était pas question que je le laisse se morfondre.
- Je peux t'enfermer dans un placard.
Dimitri se mit à rire, mais ce n'était pas un rire détendu.
- Tu n'as jamais pensé à essayer de retrouver ta mère ?
Ma question prit Dimitri totalement au dépourvu.
- Quoi ? Non. Elle a disparu, elle nous a abandonnés.
- Mais tu sais pourquoi ?
Dimitri se renfrogna.
- Désolé, dis-je précipitamment, ce ne sont pas mes affaires.
Il y eut un lourd silence gêné et je me sentis bête d'avoir posé cette question. Ça me semblait juste inconcevable qu'une mère abandonne son enfant.
- Père dit qu'elle détestait s'occuper de moi et… C'est confus, mais elle m'a fait du mal.
- Du mal ?
- Elle… Elle à essayé de m'étrangler.
J'écarquillai les yeux d'horreur.
- Quoi ?!
- Je me souviens plus très bien, mais je revois des mains se serrant et après c'est le trou noir. Alors… J'ai pas envie de la retrouver. Père dit qu'elle était devenue folle.
- Je suis désolé…
- C'est bon. C'est du passé.
Mais rien n'avait l'air d'être bon dans la vie de Dimitri et cela m'horrifia. Puis d'une petite voix, celle du petit garçon qu'il était, il murmura du bout des lèvres :
- Tu m'écriras ?
- Tous les jours si tu veux, je répondis.
- Vraiment ?
Je haussai les épaules.
- Bon peut-être pas tous les jours. Mais je t'écrirai.
- Promis ?
Et il y avait quelque chose dans les yeux de Dimitri qui me faisait croire que ça ne devait pas être une promesse en l'air.
- Promis
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1 septembre 1994
- Monsieur Potter ?
Harry, qui riait avec Natasha, Dimitri et Mirja, n'entendit pas qu'on l'appelait.
- Hey Potter, ton premier rendez-vous est arrivé !
Harry se tourna pour voir l'infirmière austère marcher vers lui rapidement. Il retint un soupir fatigué.
- Je vous retrouve après.
- Ne te perds pas dans les couloirs, plaisanta Andreï.
Harry ne fit aucune remarque mais un sourire étira le coin de ses lèvres. Il suivit cependant l'infirmière qui avait pivoté sur ses talons comme un soldat anglais.
Si tous les autres élèves se dirigeaient en partie vers les dortoirs, Harry lui, fut traîné dans la tour principale. C'était vraiment bizarre comme il n'avait pas besoin de trouver des points de repères.
Il reconnaissait tout. L'immense carrée d'herbe où se disputaient des plantes étranges. Il n'avait pas besoin de la voir pour savoir que la serre de l'école se tenait derrière l'immense tour. Ni même d'une carte pour retrouver l'emplacement de son dortoir.
Une fois à l'intérieur, il reconnut les escaliers qui menaient aux salles de classe et la porte qui donnait sur les cuisines. Il n'entra pas dans l'imposante salle commune avec ses tableaux de directeurs et directrices mais il savait qu'il y trouverait de nombreuses tables et l'estrade principale où les discours professoraux étaient tenus et où on leur remettait les insignes de premier et de second.
- Suivez-moi, Potter, voulez-vous ?
Harry s'exécuta et suivit rapidement l'infirmière qui le faisait grimper toutes les marches de la tour. Il comprit alors qu'il se dirigeait vers le bureau de la directrice, ce qu'il y trouva l'étonna à moitié mais l'étonna tout de même.
Ludo Verpey se trouvait devant la porte du bureau d'Ororo Antera. Harry fut d'abord frappé par le fait qu'il n'y avait pas de statue qui en gardait l'entrée. D'ailleurs, tout Durmstrang était ainsi fait : les salles de cours, les dortoirs, les salles des professeurs n'étaient pas protégés. Il y avait des interdictions et Harry comprit que l'école faisait confiance à ses élèves pour ne pas outrepasser leurs libertés.
Peut-être était-ce pour cette simple raison que se promener dans les couloirs n'était pas totalement puni ? L'école était ouverte à tous les élèves, c'était à eux de se discipliner, tant qu'ils ne commettaient pas de faute grave.
Harry, après avoir parcouru une année entière de souvenirs à Durmstrang, avait même été surpris de voir qu'il y avait peu de disputes entre élèves. S'il y en avait, elles étaient franches et personne ne tournait vraiment autour du pot pour les régler. Les perdants des épreuves n'avaient jamais tendu de piège aux gagnants pour se venger. Il y avait une véritable partialité et une acceptation de la défaite qui rendait l'ambiance respectueuse des règles.
Harry trouvait ça bien. C'était étrange mais il aimait cet aspect là de l'école. Les professeurs n'étaient pas constamment sur leur dos mais ils étaient fermes dans leurs directives. Harry ne s'était jamais senti, dans ses souvenirs, plus important qu'un autre ou moins important. Même les matches de Quidditch étaient une surprise, du fait de jouer avec des élèves d'autres groupes : alors qu'ils auraient du se détester, ils arrivaient à trouver un équilibre de jeu.
Il reporta son attention sur Verpey qui serrait la main de la directrice avec un grand sourire.
- Fascinant, quelle école fascinante ! J'ai hâte de voir ce que tout ça va donner !
Harry fronça les sourcils. La présence du Ministre des Jeux et Sports Magiques étaient évidente et Harry se fustigea d'avoir fait taire sa curiosité. Il aurait du demander à Regulus beaucoup plus d'informations sur le Tournoi des Trois Sorciers. Il se promit de le faire dans sa première lettre. Regulus ne pourrait pas lui refuser de réponse. Un sourire effleura ses lèvres en pensant à toutes les lettres qu'il allait devoir envoyer.
A ses parents, à Sirius, Severus et Louve, à sa tante et Nolan. A Syracuse, qui le lui avait demandé. Et à Luna… Qu'il n'avait pas revue mais qui lui avait fait promettre de garder contact.
Il en mourrait d'envie.
- Vous pouvez prendre congé, monsieur le Ministre, nous en discuterons avec tout le corps professoral ce soir.
- Oui bien sûr, je ne vous retiens pas plus ! Oh, est-ce un futur jeune participant ?
Harry tiqua à cette question quand il vit Ludo s'approcher de lui.
- Mais je te reconnais, tu es…
- Potter est un élève de quatrième année. Même si chacun de nos élèves est apte à se retrouver face à n'importe quelle situation, ne commencez pas à importuner mes élèves, je vous prie.
Le sourire auparavant goguenard de Verpey s'effaça aussitôt.
- Hum, oui, c'est évident… Et bien, à plus tard.
L'infirmière poussa Harry qui continua à regarder Verpey avec suspicion. Une fois dans le bureau, il entendit la porte claquer. La directrice fit le tour de son bureau avant de s'asseoir dans un énorme fauteuil en cuir rouge.
Harry observa la pièce avec intérêt. Derrière le fauteuil se trouvait une grande porte fenêtre dont les vitraux colorés représentaient un dragon à deux têtes dans des tons dorés, verts, rouges, bleus et argentés.
La plupart des murs en pierre était masquée par une lourde bibliothèque. Harry remarqua que ses pieds étaient sur un tapis du même rouge bordeaux que les tenues des professeurs. Dans le coin d'un mur se tenait une armure d'un noir sombre dont les deux poings en fer serraient une baguette. Harry reposa son regard sur la directrice qui avait la main appuyée sur sa canne et il trouva ça étrange.
Il avait toujours cru que la baguette de la directrice se trouvait dans sa canne.
- Vous faites de la magie sans baguette ?
Un sourire étira les lèvres de la directrice.
- Tu as demandé la même chose la première fois que tu es entré dans ce bureau. Intéressant.
Harry ne répliqua pas.
- Assieds-toi, Harry.
Il s'exécuta.
- Je suis ravie de te revoir parmi nous. J'ai vraiment eu peur que tu ne mettes plus les pieds dans notre école. Tout d'abord, j'aimerais te présenter mes excuses pour les désagréments qui te sont arrivés.
Harry haussa les épaules.
- Ce n'est pas la mort non plus.
Antera fronça les sourcils et se redressa convenablement dans le fauteuil.
- Si, ça l'est. Durmstrang est réputée pour être une école imprenable. Il faut une magie d'une grande puissance pour ne serait-ce qu'effleurer ses barrières. Durant toute ma carrière, je n'ai jamais eu à déplorer un tel incident et j'en suis mortifiée. Que cela se répercute sur la santé et l'intégrité de trois de mes élèves ne m'enchante pas du tout.
- Mais ce n'est pas comme si c'était de votre faute.
- En partie, si : c'est la protection de l'école qui a causé ta perte de mémoire et celle de deux autres de tes camarades, dont l'un d'eux est toujours totalement amnésique.
- Mais vous n'avez pas été attaqués, non ?
- Cette curiosité, Potter… C'est bien toi. Non, en effet, nous n'avons pas été attaqués. Mais une protection ne se déclenche pas inutilement. Ceci dit, ce n'est pas pour parler de ça que je t'ai fait venir.
- Vous voulez présenter vos excuses ? Je les accepte.
Harry n'avait pas envie d'en parler plus que ça. Son amnésie était un sujet qu'il considérait pour le moment mort et enterré. Ses parents n'avaient pas de réponse, la directrice n'avait pas de réponse et Regulus n'avait pas de réponse. Le seul qui pouvait possiblement en avoir gisait sous Poudlard : mort.
- En fait, je veux savoir si tu vas bien.
Harry en resta bouche bée.
- Pardon ?
- Tu as subi un choc. Ta santé passe avant toutes mes autres préoccupations, comme celle de tous mes élèves. Je ne te laisserais pas poursuivre les cours si je ne te pensais pas apte à continuer. Je sais que ta mère est une brillante médicomage. Si tu es ici, c'est que son jugement au sujet de ta santé t'est favorable. Mais je ne tiens pas à prendre de risque.
- Vous… Voulez me renvoyer chez moi ?
La panique grimpa en flèche. Jamais Harry n'avait pensé un seul instant que ça aurait pu prendre cette tournure. Lui qui était partagé entre l'idée de rester chez lui ou de revenir à Durmstrang, son choix était fait. Il ne voulait pas partir.
Mais une part de lui était follement soulagée. Ce n'était pas du au fait d'être possiblement évincé cette année mais au comportement de la directrice, qui était inquiète….
Là où Dumbledore aurait trouvé une excuse pour démontrer à Harry que ce qui lui arrivait était une épreuve pour le forger, Ororo Antera elle, s'inquiétait pour lui. Harry fut alors profondément touché par sa sollicitude.
- Quoi ? Non, renvoyer un élève aussi brillant que toi serait une erreur ! Et je n'en ai aucune envie. Je veux juste m'assurer que tu seras capable de suivre tes cours, de participer aux futures épreuves. Dois-je te rappeler ce qu'il en est de cette école ?
- Absolument pas, madame, je sais à quoi m'attendre et je vous promets que je suis prêt.
- Vraiment ?
- Je n'ai pas envie de rentrer chez moi. Je veux reprendre ma vie… Normalement.
La directrice ne répondit rien, se contentant de sonder Harry de ses yeux noirs.
- Je veux dire, reprit Harry mal à l'aise, je peux le faire.
- Bien ! Je voulais m'en assurer. Cette année risque peut-être d'être particulière.
Elle se leva et s'appuya sur sa canne pour revenir vers lui. Harry se redressa comme un « I ».
- Tu es un bon élément, Harry, un élève doué et avec du cœur. Tu iras loin et je ne te dis pas ça parce que tu es attentif à toutes mes paroles, mais parce que c'est vrai.
- Ahem, merci.
- Puisque que c'est clair, tu peux disposer à présent. Dois-je te raccompagner ou tu sauras trouver ton chemin ?
- Non, je sais où aller.
- Parfait. Alors, hors de ma vue.
La douceur de la directrice s'estompa pour laisser place à tout son sérieux. Harry ne se fit pas prier. Il se dirigea rapidement vers la porte et disparut du bureau.
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Il courut tout le temps du trajet qui devait le ramener à sa tour et grimpa les marches pour se rendre au deuxième étage quatre à quatre. Il entendait déjà les discussions animées et Harry se sentait tout disposé à en faire partie.
- Potter est de retour ! cria Andreï.
Harry n'eut même pas le temps de faire plus d'un pas dans sa salle principale que deux bras vigoureux l'encerclèrent.
- Okay, dit-il en riant, je vois que je vous ai manqué.
Ygor, qu'il reconnut parce qu'il se tenait à coté de son frère jumeau, ébouriffa ses cheveux déjà en pétard.
- On voit qu'il y a des choses qui ne changent pas.
Harry se dégagea en grognant. Il salua tout le monde : Sonja, Pollux, Anna… Il eut droit à des accolades et des plaisanteries de mauvais goût avant de pouvoir rejoindre Dimitri et Natasha.
- La rançon du succès.
- Je n'ai pas encore gagné de coupe pourtant.
- Oh, ça va venir Harry ! Cette année, on fait un sans faute ! jubila Natasha.
- Avec plaisir, répondit Harry.
Ils éclatèrent de rire en entendant Dimitri soupirer d'ennui.
- Bon, alors on lui offre maintenant ! tonna Mirja.
- Offrir quoi à qui ? demanda Harry.
Il y eut un bref silence avant que Dimitri ne se lève et disparaisse dans une des chambres pour revenir avec une boite qu'il posa sur la petite table en bois de la pièce.
- Joyeux anniversaire ! dit Mirja. On est un peu en retard mais j'espère qu'il te plaira.
Harry ouvrit de grands yeux devant la boite. Il observa tour à tour Natasha et Dimitri, puis tous ses camarades.
- C'est une plaisanterie ?
Il observa Andreï qui lui adressa un sourire amusé.
- Ouvre-le.
Harry s'agenouilla devant la table et posa des doigts tremblant sur le couvercle avant de le soulever.
- Par Yaga, souffla-t-il.
- Histoire que tu te souviennes de faire attention, dit Natasha.
- J'ai dit que c'était un cadeau idiot, ajouta Dimitri.
- Hey, c'est brillant !
Harry plongea la main dans la boite et en sortit un cognard qui ne s'agitait plus du tout. Il leva la balla à hauteur de nez pour constater qu'elle avait été gravée d'un message en lettres d'or.
- « Cognard : 0 ;Potter : 1 », Harry pouffa avant de lire la suite, « Les Renards de Durmstrang ».
- On l'a récupéré sur la berge aussi. Il ne fonctionne plus depuis qu'il a frappé ta tête. A croire que tu l'as emporté dans la tombe ! s'extasia Natasha.
Harry éclata de rire. On ne lui avait jamais fait ce coup-à mais il adorait l'idée. Puis il se redressa pour remercier tout le monde dans de franches accolades et avec des blagues idiotes sur son accident. Jusqu'à ce qu'il se rende compte de quelque chose.
- Mais… Où est Yuri ?
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Il n'y avait pas eu de grande annonce durant le repas du soir. Harry avait pu voir le visage traumatisé de certains premier année qui avaient réussi à être deuxième du classement et qui jetaient des coups d'œil nerveux un peu partout.
Personne n'était monté sur l'estrade pour annoncer que des jeux auraient lieu en Angleterre et Harry se mit à douter. Peut-être que ça n'aurait pas lieu en Angleterre mais ici, à Durmstrang ? Peut-être qu'il ne pouvait tout simplement pas échapper à ça ?
- Harry ? Tu n'as rien mangé, s'inquiéta Natasha.
- Je n'arrive pas à croire qu'il ait laissé tomber.
- Tu sais, lui dit Anna, Yuri n'a jamais vraiment bien vécu les épreuves. Il était intelligent mais toujours un peu à la traîne et il a du paniquer quand il a entendu parler de ton accident.
- Je n'ai pas eu une seule lettre de lui, j'aurais du m'en inquiéter, non ?
- Je crois que tu avais d'autres choses en tête, tempéra Dimitri.
- Yuri n'a tenu le coup que parce que tu le soutenais, continua Anna, sinon il aurait déserté dès la première année. Comme Ivana et Dan, du groupe des Léopards.
- Ou encore Siri des Ours.
- Parce qu'il y a eu d'autres abandons ?!
- Harry, regarde l'école : il n'y a pas tant d'élèves que ça et pourtant, la Russie et les pays de l'est, c'est grand. Il parait qu'on est ceux qui s'en sortent le mieux, on a perdu le moins d'effectif.
- Et où est-ce qu'il va étudier ? s'alarma Harry.
- Chez lui, probablement. Avec ses parents, ou un tuteur privé.
- Et personne ne pouvait le retenir ?
Natasha posa sa main sur la sienne.
- Tu l'as fait une fois, l'année dernière. Harry, tu ne peux pas aider tout le monde.
Harry eut du mal à avaler cette information. Il chercha le regard de Dimitri mais ce dernier avait les yeux baissés sur son plat.
Non, c'était vrai. Il ne pouvait pas aider tout le monde.
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9 juillet 1992
- Michelle Pfeiffer est une vraie diva !
Je mâchai ce qui me restait de pop-corn dans la bouche avant de répondre à Natasha.
- Pour une fois que tu n'as pas que d'yeux pour Batman…
- Oh, mais Keaton était vraiment bien aussi. Je crois que ça va être mon film favori de l'année !
- On n'a pas encore vue la Belle et la Bête.
- C'est pour les enfants !
Je ne dis rien. Natasha se plaignait des dessins animés mais elle adorait écouter leurs musiques. Elle appuya sur le bouton de l'ascenseur qui devait nous ramener chez moi puis plongea sa main dans le pot de pop-corn qui restait invariablement plein.
Une fois arrivés à l'étage, elle passa devant moi et toqua à la porte comme si c'était chez elle. Ma mère nous ouvrit avec un grand sourire.
- Alors, cette séance ?
- C'était super ! Il y avait Catwoman et le Pingouin !
Je déposai les pop-corn et mon père, qui était dans le salon, s'en empara sans me demander mon avis pour retourner s'asseoir dans le canapé.
- Où est Charles ? Demandais-je.
- Ton père, ce fainéant, s'apprêter à aller le chercher. Natasha, tu restes dîner ?
- Elle reste dormir, aussi, dis-je.
Ma mère secoua la tête.
- On se demande qui commande ici...
Natasha pouffa et je fis de même tandis que Pattenrond s'enroulait autour de mes pieds.
- Tu vas me faire tomber, boule de poil.
Je le pris dans mes bras et m'assis à coté de mon père. Ce dernier attrapa une pile de lettres qu'il me tendit.
- Ton courrier, petit prince.
- Je suis pas un petit prince.
- Non, rigola Natasha, tu es un tout petit, petit prince.
- Un petit prince qui te met une pâtée d'enfer au Quidditch !
- Je crois que je vais rentrer chez moi, en fin de compte.
- Très drôle.
Mais on souriait tous les deux. Je décachetai les lettres, juste pour lire l'entête.
- Yuri, Nolan, Louve, Andreï… Regulus !
- Pour changer, grimaça mon père avant de se lever.
- C'est tout ? Demandais-je.
- Comment ça ?
- Il n'y en avait pas d'autres ?
- Non, Mugin n'a apporté que celles-là.
- Ah… D'accord.
Je pris les lettres et les emmenai avec moi dans ma chambre, Natasha sur les talons. Une fois la porte fermée, je lui tendis celles de Yuri et Andreï avant de lire celle de Nolan.
- Nolan et Louve sont ensemble en Écosse…
Je la jetai sur le coté attendant que Natasha finisse de lire.
- Andreï se vante de ses prouesses, il part en stage d'étude de potions. Lui au moins, il sait ce qu'il veut faire et Yuri… Il a attrapé un rhume.
- Vraiment ?!
- Il n'est pas fait de fer, ce garçon.
Natasha, qui avait lu assise par terre, grimpa sur le lit ou je me trouvais.
- Je sais ce qu'il se passe !
- Ah bon ?
- Harry, tu lui as envoyé trois lettres et tu n'as aucune réponse. Regarde les choses en face… Il est mort.
J'écarquillai les yeux d'horreur puis balançai mon oreiller sur une Natasha hilare.
- C'est sérieux !
- Je sais que c'est sérieux. Je suis aussi inquiète. Mais tu te souviens de la façon dont son père nous a regardés ?
Inutile qu'elle me le rappelle. Je me souvenais parfaitement d'Igor Aristov, de son regard froid. De ses manières sèches et de la façon dont il avait traîné Dimitri loin de nous. J'en avais encore des frissons.
- Il y a quelque chose qui cloche, dis-je. Il lui est arrivé quelque chose.
- Ou il n'est pas chez lui.
- Mugin trouve toujours le destinataire de ma lettre.
- D'accord, Harry. Qu'est ce que tu proposes ? D'aller chez lui et de frapper à sa porte et de se faire expédier manu-militari avec un coup de pied aux fesses ?
- Il ne ferait pas ça !
- Tu crois ? On parle du père de Dimitri, le militaire !
- Donc on ne fait rien ?
- On attend encore quelques jours et si tu n'as pas de réponse, on foncera le sauver !
Je ne répondis rien. J'étais sûr qu'il y avait anguille sous roche.
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13 juillet 1992
Harry,
Désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt, j'ai bien reçu tes lettres mais j'ai été plutôt occupé ces derniers temps. Père m'emmène dans une de nos maisons à Anderma. On va y rester tous le mois de juillet, je pense. Je ne sais pas si je pourrai te répondre pour les prochaines fois... Si je n'y arrive pas, on se revoit à la rentrée.
Dimitri.
Mugin croassa de mécontentement.
- Tu y crois ? Lui dis-je.
L'oiseau battit des ailes mais décida de ne pas me répondre. Je trouvai cette lettre beaucoup trop courte et expéditive, mais peut-être était-ce sa manière de faire. Mais il m'avait promis de m'écrire tous les jours. Il m'avait fait promettre de lui écrire.
- Harry !
Je rangeai rapidement la lettre et la porte s'ouvrit à la volée sur un Charles aux cheveux en bataille. Je descendis du lit pour le prendre immédiatement dans mes bras et il se mit à rire.
- Elle est bizarre, cette histoire.
- ZAR !
- C'est ça, murmurai-je.
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A suivre
Voilà pour ce soir ! J'espère que ce chapitre vous a plu. Je ne vais pas garder le suspens. Le prochain chapitre sera consacré au passé. N'hésitez pas à laisser un petit mot ça fait toujours plaisir. Koeur sur vous les agneaux !
