26 - Sauvetage
Devant cette vision d'horreur, André reprit rapidement conscience. Mais dans l'immédiat, il était trop "sonné" pour être une aide efficace pour Oscar.
"Espèce de muffle, ne la touche pas ! Je te tuerai !"
- Non... Noooooon !
Jacques n'avait pas réussi à enlever la culotte, mais il avait passé sa main, et caressait les fesses de la jeune femme. D'où le cri qu'elle poussa.
- Mmmm c'est doux ! Attends ma belle, j'vais visiter ton puit d'amour, pas de jaloux...
- Pas ça !
Il retira sa main et tenta de la glisser par-devant.
- Lâche-la immédiatement immonde pourriture ! gronda André ivre de rage, en se relevant.
Mais il était encore faible et Jacques n'eut aucun mal à le renvoyer à terre, en lui balançant un solide coup de pied.
- Eh joli coeur ! J'vais donner à ta belle garce c'que t'as pas été capable de lui donner. Ha ha ha ha ! Il est grand temps qu'elle connaisse le mâle !
- André, implora Oscar.
- Tu peux me frapper, tu peux te défouler sur moi, mais je ne te laisserai pas la toucher. T'entends ! Ecarte-toi d'elle ! hurla André.
Il était hors de lui et cette haine lui permettait de recouvrer ses forces plus vite que Jacques ne le prévoyait. Pas assez cependant, pour sauver Oscar si le soldat décidait d'attaquer André tout de suite. Impressionné malgré lui, Jacques eut quelques secondes d'hésitation.
Profitant de leur duel verbal, André vit alors une ombre s'approcher du couple enlacé. Un violent coup de poing dans les reins obligea l'agresseur à lâcher prise avec un cri de douleur.
- Alors l'ami, tu m'invites à la fête ? intervint Alain.
- J't'en prie, si le morceau te tente... T'es not' chef, t'as le droit d'passer l'premier...
- J'ai l'impression très nette que t'oublies de plus en plus que je suis le chef. Je me trompe ?
- Quoi ! T'as une belle garce de noble qui d'mande que ça et...
- Qui demande que ça ! coupa Alain. Il me semblait pourtant que la demoiselle disait "non" !
- Depuis quand t'es du côté des nobles Alain ?
- Depuis qu'un d'mes hommes est du côté des moins-que-rien ! Je laisserai jamais violer une femme !
Dès le début de l'échange, Oscar s'était précipitée vers André. Elle l'avait aidé à se relever. Il avait mis sa veste sur les épaules de la jeune femme, pour couvrir la nudité de son buste. Il avait été tenté de se lancer dans la bagarre, mais Oscar s'était accroché à lui et ne voulait plus le lâcher. Maintenant, la confrontation entre Alain et Jacques tournait au conflit d'autorité.
Les autres soldats sortirent de la taverne et firent cercle autour d'eux. Les protagonistes en vinrent naturellement aux mains. Jacques était une montagne, mais Alain, tout en muscle et surtout plus malin, prit rapidement l'avantage. Jacques demanda grâce. Il était à moitié mort...
André s'approcha de lui. Les soldats remarquèrent alors la présence d'Oscar, et surtout l'état dans lequel elle se trouvait.
- Ecoute-moi bien, murmura André à l'oreille de Jacques.
Sa voix était sourde de rage froide contenue, si menaçante que ledit Jacques sentit un frisson glacé parcourir son échine.
- Ecoute-moi bien car je ne répèterai pas. Si Oscar n'avait pas besoin de moi, tu serais déjà mort. Alors pars ! Vite et n'importe où mais loin de moi. Et surtout loin d'elle ! Très loin d'elle... Parce que si jamais tu croises à nouveau sa route, je te tue ! Si tu la caresses ne serait-ce que du regard, je te tue ! Si seulement tu penses à elle, je te tue !...
Jacques lui lança un regard effrayé. Le ton d'André était sans appel.
- André, appela Alain. André...
- Oui, répondit celui-ci sans quitter Jacques de son oeil assombri par la haine.
- André, il faudrait que tu raccompagnes Oscar.
André détourna enfin le regard de l'agresseur vaincu, pour le reporter sur la jeune femme. Elle semblait perdue. Elle se tenait à l'écart, serrant convulsivement les pans de la veste d'André autour d'elle.
"Pardon Oscar... Mon amour, je vais m'occuper uniquement de toi à partir de maintenant."
Le jeune homme revint à ses côtés.
- Je te ramène Oscar.
- Oui...
