Je me répète mais encore une fois merci aux followers et aux lecteurs anonymes qui lisent ma fiction.

Voici un nouveau chapitre où il se passe pas mal de choses dont une visite chez le Dr Burke et bien sûr le réveil de Rick.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 26

Le lendemain au loft, l'ambiance était des plus étranges, ils s'étaient tous levés de bonne heure, après une nuit de sommeil courte mais réparatrice. Pourtant après s'être salués, personne n'avait vraiment eu envie de parler. Mis à part quelques sourires de temps en temps, suite à des échanges de regards, aucune des personnes présentes ne montrait une joie excessive, bien que tous soient heureux que Rick ait été retrouvé en vie. C'était comme s'ils avaient tous du mal à extérioriser leurs sentiments, mais quoi de plus normal avec tout ce qu'ils avaient éprouvé durant plus de trois semaines. Martha et Steve étaient assis côte à côte au comptoir pendant que les trois autres s'affairaient dans la cuisine. Jim s'occupait des œufs et du bacon, Kate du café et Alexis faisait des pancakes. Lorsque le père de Kate versa les œufs battus dans la poêle, l'odeur de ces derniers se rependit assez vite et tous virent subitement la jeune femme, une main devant la bouche se précipiter vers la chambre.

- Kathy!

- Ce n'est rien Jim, nausée de femme enceinte. Ça doit être à cause des œufs, je vais voir comment elle va.

- J'espère qu'elle ne va pas faire comme Johanna. Les trois premiers mois ont été terribles.

- Nous réagissons toutes différemment, je n'en ai jamais eues mais des goûts culinaires bizarre ça oui! Je crois même que j'aurai mangé la «guimauvelette» de Richard en trouvant cela délicieux. Dit-elle avec de grands gestes tout en se levant.

Parker leva un sourcil étonné et fixa sa petite fille dans l'attente d'une explication.

- Marshmallow et omelette, une des expériences culinaires de papa. En voici une autre, le pancake « anti-déprime » dit-elle en posant une assiette devant lui. C'est comestible assura-t-elle avec le sourire.

- Merci. Et vous y goûtez avec ta grand-mère?

- Euh…non. Mais c'est aussi un excellent cuisinier… tu vas repartir?

- Oui, il le faut bien, voyant le visage d'Alexis s'assombrir. Je ne vais pas quitter New York, juste le loft. Il faut que je rentre à mon appartement pour me changer et ensuite je dois aller au commissariat, précisa-t-il.

Sa petite fille sourit.

- Eh Kate, ça va mieux?

- Oui… je crois qu'il va falloir que je m'y habitue.

- Donc pas d'œufs brouillés pour toi Kathy, mais il faut que tu manges.

- Je sais papa… je vais essayer avec un pancake.

- Je te donne ça, dit Alexis. Pour toi aussi grand-mère?

- Je veux bien.

Après le petit déjeuner Jim partit travaillé, Parker s'en alla à son tour après avoir accepté de venir dîner au loft sur l'insistance de Martha.


Le capitaine Gates avait renvoyés les gars chez eux lorsqu'ils étaient arrivés, avec ordre de se reposer, c'est pourquoi ils n'arrivèrent qu'à 9h30. Gates sortit de son bureau en les apercevant.

- Bonjour capitaine.

- Bonjour messieurs débriefing dans une heure et une fois nos rapports bouclés nous pourrons enfin classer cette affaire. Des nouvelles de Castle?

- Non, pas depuis hier soir… il était vraiment dans un sale état chef. Il a dû vivre un enfer.

- C'est peu de le dire lieutenant Ryan. J'ai vu ce que Tyson lui a fait endurer.

- Comment… ne dites pas que ce taré a tout filmé! S'exclama Esposito.

- Malheureusement.

- Est-ce qu'on peut…

- Oui, allez voir Tory mais, messieurs, je vous demanderai de ne pas en parler à Beckett. Elle n'a pas besoin de voir ça.

- Compris capitaine, dirent-ils de concert.

- Parfait.

Les deux hommes allèrent rejoindre Tory qui leur expliqua qu'elles avaient été trouvées dans l'ordinateur portable de Tyson qui était dans sa voiture. Précisant que l'autre équipe de scientifique avait découvert une caméra dans la cave. Les deux hommes s'assirent et lancèrent la première vidéo, la jeune femme les laissa, elle n'avait pas envie de revoir ça. Ils eurent du mal à encaisser, voir leur ami se faire tabasser, perdre espoir au fil des enregistrements sans parler de son état physique et mental qui se dégradaient rapidement, leur était insupportable. Les gars auraient bien aimé avoir le triple tueur sous la main pour se défouler. Ils lancèrent la dernière vidéo, c'était l'une des plus violentes mais aussi la plus effrayante. Le rire de dément de Castle les bouleversa, mais ils ne furent pas les seuls. Le père de Rick se tenait derrière eux, il était arrivé juste avant qu'ils la visionnent. Ce sont les paroles de son fils et l'espoir qu'il vengerait sa mort qui le touchèrent en plein cœur. S'il était arrivé discrètement, son départ le fut moins, les gars se retournèrent.

- Merde… c'était le père de Castle. Tu crois qu'il a tout vu?

- À ton avis? Viens, allons lui parler, il s'est dirigé vers la salle de pause.

- Je ne sais pas Javier, il veut peut-être rester seul.

- Tu crois ça, mec? Ok, nous savons tous les deux qu'il est capable de faire pire que ça. Mais là, c'est de son fils qu'il s'agit. Même moi je me sens mal après avoir vu ça.

- Moi aussi, t'as raison, allons-y.

Ils le trouvèrent appuyé contre l'évier, une tasse de café à la main le regard rivé sur celle-ci.

- Bonjour Parker.

- Bonjour.

-Vous avez vu, affirma Esposito en allant préparer deux cafés.

- Oui… c'est de ma faute… j'ai failli faire tuer mon fils… si je n'avais pas baissé ma garde.

- Arrêtez ça, vous savez très bien que cela ne sert à rien de revenir sur ce que l'on aurait pu faire.

- Javier a raison. Et puis c'est vous qui l'avait sauvé avec Beckett. D'ailleurs comment vous avez fait pour savoir où il était?

- Je ne le savais pas. Nous étions dans la voiture lorsque j'en ai vu une démarrer tous feux éteints et j'ai reconnu la Chevrolet. Tyson s'en allait, il devait avoir quitté sa planque quelques secondes avant notre arrivée. Il a dû remarquer les véhicules qui se pointaient en file indienne. Il s'est arrêté et a patiemment attendu que l'équipe donne l'assaut, heureusement ils ne nous a pas vu. Nous n'avions pas le temps de vous prévenir, nous l'avons suivi.

- Pour une fois que Beckett n'en a pas fait qu'à sa tête, mais vous, vous auriez pu.

- Oui, mais je voulais m'assurer que Kate ne ferait rien pour se mettre en danger. Mais c'est Richard qui a réglé son compte à Tyson.

- Dans son état c'est un vrai miracle, soupira Ryan.

- Il ne faut pas que Kate voit ces vidéos.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, le capitaine nous a donné l'ordre de ne pas lui en parler.

- Parfait… et merci.

- Bonjour les gars!

- Beckett! Qu'est-ce que tu fais là? S'étonna l'hispanique.

- Le capitaine m'a demandé de venir pour le débriefing.

- Bien. Tu as des nouvelles?

- J'ai appelé, son état est stable et il dort toujours. J'irai le voir après la réunion.

Elle eut lieu quelques minutes plus tard, grâce aux affaires retrouvées dans les sacs poubelles, le lien avait été établi entre Tyson et la maison confirmant aussi qu'il avait bien tué Kelly Nieman. Un autre jeu de papiers au nom de Brandon Connors et une carte maritime avaient aussi été découverts. Cela avait permis de trouver son bateau. Malgré tout le soin qu'il avait pris pour nettoyer la maison il avait oublié la cave, un peu de son sang avait été trouvé ainsi qu'une empreinte partielle sur la caméra. Mais ce dernier point, Gates évita d'en parler à Kate. Quant à Castle il avait été certifié qu'il avait agi en légitime défense.

À la fin de la réunion, le capitaine demanda à la jeune femme de la suivre dans son bureau, à la question muette de Ryan, son équipier se contenta de hausser les épaules. Quant à Parker il l'attendit assis à son ancien bureau. La conversation ne dura pas plus de dix minutes.

- J'y vais les gars.

- Tu nous tiens au courant pour Castle, tu lui dis qu'on passera demain.

- D'accord.

- Venez Kate, je vous emmène. Au revoir messieurs.

- À bientôt.

- Dites ça vous dit de venir boire un verre avec nous au Old Aunt? Proposa Esposito.

- Ce soir ce n'est pas possible, mais demain soir je veux bien.

- Ok, alors à demain.


Ils entrèrent dans la chambre sans faire de bruit, Kate s'assit sur la chaise près du lit, Parker se tint debout de l'autre côté. Dès qu'elle avait posé les yeux sur Rick, les larmes s'étaient mises à couler sans qu'elle puisse les retenir. Malgré la barbe, ils pouvaient voir le visage pâle et émacié de l'écrivain ce qui accentuait les stigmates des coups reçus. Son bras gauche était parfaitement immobilisé, sur son bras droit étaient posés deux cathéters, un sur la main, l'autre dans le pli du coude, tous deux reliés à des gouttes à gouttes. Les fils des moniteurs de surveillance de ses fonctions vitales sortaient par le col de sa blouse d'hôpital. Kate prit délicatement sa main dans la sienne, la caressant avec son pouce. Elle sentit une main se poser sur son épaule, surprise elle leva la tête, c'était le père de Rick, elle ne l'avait même pas vu se déplacer.

- Ça va aller Kate… du moins ses blessures physiques, les autres seront plus longues à cicatriser.

- Je sais… vous allez bien? Demanda-t-elle subitement inquiète.

- Bien sûr.

- Alors c'est quoi ce sang sur votre chemise?

- Je… ce n'est rien, une coupure…rien de grave.

- Tyson?

- Oui, un coup de couteau… c'est pour ça qu'il m'a échappé.

- Et vous n'avez pas vu de médecin pour ça, pas plus que pour votre main je présume.

- Qu'est-ce que vous faites? Dit-il en voyant Kate appuyer sur le bouton d'appel.

Quelques secondes plus tard une infirmière entra dans la chambre.

- Bonjour, un souci avec Mr Castle?

- Non, mais avec Mr Parker oui. Il a été blessé au cours de l'enquête et nous avons paré au plus urgent. Il n'a pas encore vu de médecin.

- Je vois, nota-t-elle en regardant la main bandée. Suivez-moi Monsieur, nous allons nous occuper de vous.

- Merci.

Il suivit l'infirmière, Kate resta encore un petit moment auprès de Castle avant de se lever et de déposer un baiser sur ses lèvres.

- Je vais revenir très vite, j'ai un rendez-vous, ça ne sera pas long. À tout à l'heure.


Elle entra dans le bureau et alla s'asseoir directement sur le canapé, elle n'avait rien dit. Le Dr Burke prit place dans son fauteuil.

- J'ai appris la nouvelle par la presse. Qu'éprouvez-vous Kate?

- Je suis heureuse, il est vivant. Notre enfant connaîtra son père…

- Mais…

- J'ai peur.

- De quoi Kate?

- Qu'il se renferme, que je ne puisse rien faire pour l'aider… que nous n'arrivions jamais à parler de ce qui est arrivé… je sais que ce n'est pas bon de tout garder pour soi. S'il n'avait pas été là avec son obstination, son aide et aussi celles de nos conversations, je n'aurais jamais pu réussir à faire disparaître ce mur derrière lequel je me cachais et fuyais tous sentiments. Je ne serais pas la femme que je suis maintenant.

- Vous craignez qu'il ne rejette l'aide que vous voulez lui apporter?

- Pas seulement la mienne, celle de sa mère et de sa fille aussi. Il prendra sur lui de peur de nous faire souffrir si l'on voit qu'il n'est pas bien.

- Ce n'est pas la seule chose qui vous effraye n'est-ce pas?

- Non… j'ai peur que notre couple n'y survive pas.

- En êtes-vous sûre Kate? Je vous connais et d'après ce que vous m'avez dit de Richard, il n'est pas homme à baisser les bras, sinon il serait sorti de votre vie très rapidement. Faites-lui confiance ou plus exactement faites confiance à l'amour qu'il éprouve pour vous.

- C'est vrai qu'il n'a jamais abandonné…et pourtant. Comment vais-je lui annoncer pour le bébé?

- Quand le moment sera venu, vous lui direz le plus simplement du monde.


Après son rendez-vous, Beckett prit le temps d'aller déjeuner avant de retourner à l'hôpital. Lorsqu'elle entra dans la chambre le père de Rick était à son chevet.

- Alors ces blessures?

- La coupure n'est pas infectée mais ils ont refait les points. J'ai bien deux doigts cassés et ils m'ont refait le bandage. J'ai vu le médecin de Richard, ses dernières analyses sont encore basses mais d'ici quatre, cinq jours elles devraient être revenues à la normale. Il a aussi dit qu'il allait bientôt se réveiller, il regarda sa montre, dans deux petites environ. J'ai prévenu Martha, je passerai la chercher avec Alexis.

- Vous devriez aller manger.

- Et vous?

- Déjà fait, allez-y je reste de toute façon, je vous appelle s'il se réveille plus tôt.

- D'accord.

Quelques heures plus tard, Castle commença à émerger doucement, il se sentait étrangement bien. Il n'éprouvait aucune douleurs, il garda les paupières baissées pour savourer se moment, soupira d'aise et… se rappela cette nuit. Les bips ponctuant son rythme cardiaque s'accélérèrent lui faisant prendre conscience assez brutalement de l'endroit où il se trouvait. Il sentit une main presser tendrement la sienne, il ouvrit les yeux et tourna légèrement la tête.

- Kate… sa voix était faible.

- Je suis là Rick…calme-toi.

- Papa!

- Richard!

- Alexis… maman…je…

Le reste de sa phrase mourut dans un sanglot, le fait de les voir toutes les trois l'avait ébranlé. Il n'arrivait pas à se calmer, sa fille fut la première à le serrer dans ses bras. Il aurait aimé faire de même, mais son bras gauche ne bougea pas et il ressentit une gêne dans le droit.

Je t'aime papa.

Moi… aussi… mon ange.

La jeune fille laissa sa place à sa grand-mère qui, étreinte par l'émotion fut incapable de parler. Puis ce fut le tour de Kate, elle se leva et prit son visage entre ses mains avec douceur.

- … je… j'ai cru… que…

- Chuuuuut, je sais… c'est fini mon amour… nous sommes là.

- Je suis désolé… vous…

- Eh, tu n'y es pour rien. Tu m'entends… pour rien.

- Je… j'ai vu… il…

La détresse de Castle était difficile à supporter, Alexis était blottie dans les bras de sa grand-mère. Quant à Kate, en faisant très attention, elle s'était assise sur le lit prenant Rick contre elle, lui caressant les cheveux pour le calmer. Et cela fonctionna, respirer son parfum, sentir ses bras autour de lui l'apaisa peu à peu. Mais ce geste lui en rappela bientôt un autre, avec son père. Avait-il rêvé? Il s'écarta un peu et parcourut la chambre du regard, il n'était pas là. Kate vit la tristesse et l'incertitude dans ses yeux.

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Il est…parti? Demanda-t-il la gorge nouée.

- Non, il est dans le couloir. Il n'a pas voulu s'imposer, il a préféré nous laisser seules avec toi.

- Dis-lui de venir…s'il-te-plaît.

- D'accord je vais le chercher et nous allons vous laisser tous les deux.

- Non, vous…

- Katherine a raison, après nous reviendrons te dire au revoir. Nous vous laisserons, mais nous serons là demain mon grand. Il faut que tu te reposes.

Moins d'une minute après qu'elles aient quitté la chambre, Parker entra, il resta immobile quelques secondes avant de s'approcher et de s'asseoir en posant une main sur le bras de son fils.

- Salut gamin.

- Bonjour… papa. Merci d'être là…comment tu as su?

- Je vis ici maintenant, mais on en reparlera plus tard, promis. Je suis heureux de te voir…j'ai cru que je t'avais perdu.

- C'est vrai tu vis à New York? On va pouvoir…se voir?

- Bien sûr aussi souvent que tu le souhaiteras. Tu verras que tu en auras vite marre d'avoir ton vieux père sur le dos. Affirma Parker avec le sourire.

- Jamais.

- Je vais te laisser, tu as besoin de repos. Je repasse demain, d'accord?

- Oui, à demain.

Kate vint le remplacer reprenant sa place, il vit tout de suite ses yeux rougis. Tout à l'heure elle avait réussi à contenir ses larmes, mais elle avait craqué une fois dans le couloir.

- Il vit à New York maintenant.

- Je sais, elle vit son sourire. Est-ce que tu as mal?

- Non, je ne sens rien, je suis juste fatigué.

- Alors essaie de dormir, je vais rester là jusqu'à le fin des visites, c'est promis.

- Avant… j'ai une question.

- Je t'écoute.

- C'est vrai? Tu es enceinte?

- Oui, elle vit son visage s'illuminer. Comment…

- Plus tard, approche-toi, plus près…encore. Parfait, je t'aime Kate.

- Je t'aime aussi lui assura-t-elle avant de l'embrasser.

Après que sa mère et sa fille vinrent lui dire au revoir, il somnola pendant une bonne demi-heure avant de s'endormir. Kate resta aussi longtemps qu'elle pût jusqu'à ce qu'un infirmier la mette gentiment dehors.