Confortement allongé sur le canapé de Marinette, Adrien tournait distraitement les pages du livre qu'il tenait entre les mains, sans réellement se concentrer sur le malheureux ouvrage. Son attention était sans cesse attirée par sa charmante compagne, qui se trouvait à peine quelques mètres plus loin, attablée près de sa machine à coudre.
Le printemps était arrivé sur Paris quelques semaines plus tôt, amenant avec un nouveau vent d'inspiration qui avait soufflé sur Marinette telle une revigorante mais implacable brise. Si d'ordinaire la jeune femme passait déjà une large partie de ses journées à imaginer de nouveaux vêtements et accessoires de mode, les choses avaient maintenant atteint un tel point qu'il était devenu presque impossible de la voir autrement qu'un crayon à la main, en train de coucher ses innombrables idées sur le papier de ses carnets de croquis. Non contente de consacrer une large partie de son temps libre à noircir ses pages d'une myriade d'esquisses, la jeune femme avait ensuite arpenté les rues de Paris, dévalisant un à un ses magasins fétiches pour trouver le parfait tissu, le ruban idéal, la bobine de fil rêvée, dépensant presque sans compter pour assouvir son inexorable élan créatif. Amusé, Adrien avait accompagné Marinette dans une bonne partie de ses pérégrinations, lui offrant galamment ses services pour l'aider à transporter les nombreux sacs débordants de fournitures de coutures qui l'encombraient un peu plus à chaque nouvelle boutique.
A présent qu'elle disposait de tout le matériel dont elle avait besoin, Marinette profitait de ce superbe dimanche ensoleillé pour laisser libre court aux impulsions créatives qui lui brûlaient les doigts depuis tant de jours. Dès les premiers rayons du jour, elle avait déposé un tendre baiser sur les lèvres d'Adrien avant de se lever avec un enthousiasme étonnant pour quelqu'un de si peu matinal, ouvrant en grand les volets de la fenêtre du salon près de laquelle elle avait installé son bureau avant de se mettre joyeusement à l'ouvrage.
Adrien ne s'était quant à lui décidé à se lever qu'une bonne heure plus tard, et après s'être lavé et habillé, le jeune homme avait choisi de s'installer sur le canapé qui trônait au centre du salon. Cette position lui offrait une vue idéale sur Marinette, mais la jeune femme était si concentrée sur son ouvrage qu'elle ne remarquait même pas que son compagnon la dévorait amoureusement du regard.
Adrien trouvait absolument fascinant le spectacle qu'elle offrait quand elle était ainsi à l'œuvre. En dépit d'une enfance baignée dans l'univers de la mode, le jeune homme n'aurait pas su faire preuve de créativité même si sa propre vie en dépendait, et il était à chaque fois émerveillé de voir comment Marinette arrivait à donner vie aux multiples idées qui jaillissaient presque sans discontinuer de son cerveau. Pour le plus grand plaisir d'Adrien, Marinette semblait avoir désormais décidé de s'attaquer à la confection d'une nouvelle robe d'été, portant son choix sur un tissu bleu ciel à pois blancs dont la couleur rappelait à merveille celle de ses yeux. Après avoir manié une paire de ciseau avec une habileté presque hypnotisante pour découper toutes les pièces dont elle avait besoin, elle se redressait à présent, contemplant le résultat de ses efforts tout en s'étirant paresseusement pour décontracter les muscles de ses épaules.
Saisissant entre ses doigts la pièce de tissu qui allait plus tard devenir le devant de sa robe, Marinette se leva, plaquant l'étoffe contre son corps pour s'assurer de sa longueur.
- « On dirait que ça commence à prendre forme », lança Adrien, admirant la façon dont le fin tissu balayait paresseusement les jambes de la jeune femme.
- « Merci, chaton », répliqua Marinette avec un lumineux sourire. « Mais j'ai encore pas mal de travail avant de pouvoir la porter », poursuivit-elle avec un léger soupir tout en s'avançant pour se placer devant un miroir de plein pied pour juger du résultat avec un œil expert.
- « Quand tu l'auras finie, je ne doute pas une seconde que tu seras absolument ravissante dedans », l'encouragea Adrien.
- « Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu me dirais exactement la même chose même si je m'apprêtais à m'habiller avec un vieux sac en toile de jute ? », répliqua Marinette en riant, tandis que son compagnon se levait du canapé.
En trois pas à peine, le jeune homme fut à ses côtés, glissant amoureusement ses bras autour de sa taille avant de déposer un léger baiser sur sa nuque.
- « Parce que tu es absolument ravissante, peu importe ce que tu portes », ronronna-t-il à son oreille, lui arrachant un léger gloussement de rire.
- « Vil flatteur… », murmura-t-elle en se retournant, passant délicatement sa main le long de la mâchoire d'Adrien qui se pencha aussitôt pour emprisonner doucement ses lèvres dans un tendre baiser.
Il serait bien resté plus longtemps ainsi, à approfondir cette envoûtante étreinte, mais Marinette recula, se dégageant légèrement de ses bras pour mettre à l'abri sa précieuse pièce de tissu qu'elle tenait toujours serrée contre elle.
- « Plus tard, chaton », lui dit-elle en lui donnant une affectueuse pichenette sur le nez. « J'aimerai avancer sur cette robe. »
- « Les désirs de ma Lady sont des ordres », rétorqua Adrien avec une espiègle révérence, déposant un dernier baiser sur les phalanges de la jeune femme avant de la laisser regagner le bureau où l'attendait son matériel de couture.
Durant plusieurs heures encore, Marinette travailla avec application sur sa future robe d'été. Adrien lui avait proposé à un moment de mettre un peu de musique, et le puissant son de la voix de Jagged Stone s'élevait à présent dans l'appartement, à peine assourdi par le doux ronronnement de la machine à coudre de Marinette. Régulièrement, le jeune homme se levait pour admirer de plus près l'ouvrage de la jeune femme, impressionné par la façon dont l'appareil dont elle se servait semblait obéir rigoureusement au moindre de ses ordres. Ce qui n'était autrefois que des pièces de tissus éparses se rassemblaient peu à peu sous l'impulsion de ses doigts de fée, réunis par des coutures d'une précision remarquable pour donner forme à la robe dont le croquis ornait encore le bureau de Marinette. Pour les détails, la jeune femme délaissait la machine à coudre au profit de fines aiguilles, et Adrien se trouvait alors fasciné par la danse experte de ses doigts qui maniaient ce léger objet avec une dextérité remarquable.
Parfois, quand elle prenait une petite pause dans son ouvrage, se laissant tomber au fond de son fauteuil tout en laissant son regard courir les fournitures qui envahissaient désormais son bureau, Adrien profitait de l'occasion pour tenter de lui dérober quelques baisers.
Nuque, joues, épaules, le moindre centimètre visible de sa peau laiteuse était comme un appel irrésistible, et Adrien ne pouvait s'empêcher d'y déposer ses lèvres, arrachant au passage de délicieux rires de gorges à Marinette. Ses yeux d'un bleu intense pétillaient alors de malice quand ils se posaient sur le visage souriant d'Adrien.
- « Tu sais que j'avais réussi à dresser mon chat pour qu'il me laisse tranquille quand je couds ? », lui-fit elle remarquer en riant, alors qu'Adrien profitait d'une nouvelle interruption de sa part pour venir lui voler de tendres baisers. « Tu lui donnes le mauvais exemple. »
- « Peut-être, mais moi, je ne cours pas partout dans l'appartement avec une bobine de fil entre les dents », répliqua Adrien d'un ton espiègle. « Ou je ne me transforme pas en arbre de Noël ambulant après être tombé dans ta réserve de rubans. »
Poussant un grognement au souvenir des diverses facéties de son chat, fit pivoter son siège pour faire face à Adrien.
- « Je te l'accorde, tu es un peu moins contrariant… Juste un peu », rétorqua-t-elle avec un sourire taquin, tandis que les yeux verts d'Adrien se mettaient à étinceler de plus belle.
- « Je ne fais que rentre tes pauses plus intéressantes, ma Lady… », murmura-t-il en se penchant doucement vers elle.
Marinette tendis les mains vers lui, les enroulant délicatement autour de sa nuque avant de finalement presser passionnément ses lèvres contre les siennes, à la grande surprise d'Adrien qui ne s'attendait guère à ce qu'elle réponde à ses avances avec tant d'ardeur. Le jeune homme laissa échapper un léger hoquet de stupéfaction quand la langue de Marinette s'enroula autour de la sienne, ses doigts se serrant compulsivement autour des blanches épaules de sa compagne. Adrien retrouva néanmoins bien vite ses esprits, et ses mains voyagèrent hâtivement jusqu'à la taille de Marinette pour l'aider à se mettre debout.
La jeune femme se redressa d'un mouvement fluide, profitant de l'occasion pour passer ses bras autour des épaules de son compagnon, pressant de toutes ses forces son corps contre le sien. Les doigts d'Adrien se détachèrent rapidement de la taille de Marinette, parcourant hâtivement sa colonne vertébrale, dessinant le contour de ses omoplates qui bougeaient doucement tandis que leurs propriétaires ajustait légèrement sa position, voyageant ensuite jusqu'à sa nuque pour se perdre enfin dans sa brune chevelure. Les bouches des deux jeunes gens étaient à présent comme scellées l'une à l'autre, les lèvres roses et humides de Marinette laissant échapper de doux gémissements quand la jeune femme tentait de reprendre sa respiration entre deux langoureux baisers.
Le souffle d'Adrien se faisait néanmoins de plus en plus court, tout comme celui de Marinette, les brèves interruptions de leur envoûtante étreinte n'étant guère suffisantes pour approvisionner leurs poumons respectifs avec tout l'air dont ils avaient besoin. Haletants, les deux jeunes gens se séparèrent finalement, laissant un espace d'une dizaine de centimètres à peine entre leurs lèvres tremblantes. Leurs regards restaient quant à eux rivés l'un à l'autre, le bleu d'améthyste des yeux de Marinette et le vert d'émeraude de ceux d'Adrien étant tous deux magnifiquement sublimés par le rouge prononcé qui marbrait désormais leurs joues.
- « Je suis entièrement d'accord, mon chaton… », souffla Marinette d'une voix rauque, tout en souriant avec tendresse à son compagnon. « Mes pauses sont bien plus intéressantes avec toi. »
Petit chapitre tranquille, j'espère que ça vous a plu !
Merci pour vos favs, follows et reviews, et merci de m'avoir lue :) !
