Complots

Résumé de l'épisode précédent : Kanon s'est enfin réveillé et grâce à son haleine fraiche et à sa peau douce, elle a su donner à Rhadamanthe un réveil en beauté. Hilda de Polaris prépare un plan diabolique tandis que Shura et Déborah croulent sous les cases à cocher pour les préparatifs de leur mariage.

Kanon venait enfin de mettre un peignoir, Rhadamanthe avait fait venir en moins de 10 minutes une garde robe faite sur mesure pour sa douce et belle. Elle ne savait pas quoi porter. Elle avait tout un dressing pour elle comprenant des vêtements, sous vêtements, chaussures, sac à main… Et tous les vêtements, accessoires étaient de bonnes qualités : de la laine, du coton, de la soie. C'était comme si elle avait un magasin de luxe rien que pour elle. Maintenant elle comprenait ce que les filles ressentaient en entrant dans un magasin, ou bien dans leur dressing. Maintenant elle pouvait dire cette phrase si typique et carrément fausse.

Kanon : J'ai rien à me mettre.

Elle éclata de rire toute seule à ses mots et sa sœur arriva suivis de son… amant ? Petit ami ? Elle n'avait pas encore défini cette relation. Cela faisait juste quelques heures qu'ils étaient ensembles.

Saga : Mais t'as une tonne… Je viens de comprendre. Va t'habiller. Tu ne vas pas rester en robe de chambre toute la journée.

Rhadamanthe : Les vêtements ne te plaisent pas ? Tu en veux d'autre ?

Les deux sœurs échangèrent un regard complice.

Kanon : Je ferais avec, c'est pas grave.

Saga : En même temps, c'est pas tout à fait moche.

Elles se tournèrent vers leur hôte qui blêmit face à ses critiques à peines voilés, puis elles éclatèrent de rire. Kanon prit le spectre dans ses bras et lui dit que c'était une blague qu'elles lui faisaient. Après quoi, elle s'enferma dans le dressing avec sa sœur pour qu'elle l'aide à choisir ses vêtements. Elle fit le tour de la garde robe. Après quelques minutes d'hésitation, elle alla au plus simple. Elle enfila un t-shirt blanc à manche courte avec un gilet gris, un pantalon 7/8 resserré en lin gris avec des ballerines souples noires.

Elle suivit sa sœur dans les dédales des couloirs qui était vêtue d'un simple pantalon jeans bleu brut évasés, avec une chemise blanche et des chaussures à talons noirs. Elle-même suivait un spectre, mignon, un peu timide et qui n'arrêtait pas de sourire à Saga. Les couloirs qu'elles empruntaient étaient décorés de tableaux de grands peintres. Comme Rembrandt, De Vinci. Des vases avec des fleurs venaient égailler les couloirs sombres dont les murs étaient en granit gris sombre et dont le sol était en marbre noir. Kanon se demanda comment sa sœur pouvait marcher dans ce labyrinthe glissant avec des talons aiguilles sans tomber. Saga avançait la tête haute l'air confiante. Au moins, elle s'était habituée à cette nouvelle vie de femme en portant des instruments de torture.

Kanon se sentait de plus en plus mal à l'aise, ce sentiment se fit encore plus pressent lorsqu'elle entra dans le bureau richement décoré de son… du juge. Tous les meubles sans exceptions, le bureau, les armoires, les étagères et la petite bibliothèque étaient en bois sombre. Les objets de décorations étaient en cristal, mais aussi en argent. C'était une pièce sobre, luxueuse décorée avec beaucoup de goût et de charme comme son propriétaire. Il était installé dans son bureau et avait levé le nez de ses dossiers. Il affiché un beau sourire, et regardait les deux sœurs, puis il les invita à prendre place sur les fauteuils devant son bureau. Kanon suivit sa sœur jusque-là. Elle ne savait pas comment réagir, ni comment faire, elle se sentait gênée et très petite face à tout ce luxe.

Saga : Bleu ou violet ?

Rhadamanthe : bleu

Saga : Alicia Keys ou Jennifer Lopez ?

Rhadamanthe : Alicia Keys. Glace ou gâteau au fromage ?

Saga : Gâteau au fromage. Closer entre adulte consentant ou Black Swan ?

Rhadamanthe : Autant en emporte le vent.

Saga : C'est long.

Rhadamanthe : Mais tellement bien.

Kanon regarda l'échange sans rien comprendre à ce qu'ils se disaient. Pourquoi parler de couleur, puis de musique pour bifurquer sur de la nourriture et enfin finir sur des films ? Puis sa sœur se leva et se tourna vers elle.

Saga : Kanon, demain je vais retourner au sanctuaire pour leur dire que tu es enfin réveillée. Mais que tu as besoin de repos. Tu n'es pas tout à fait guérie. Ca se ressent dans ton cosmos, mais aussi dans ton attitude et sur ton visage. Tu as encore l'air fatigué.

Rhadamanthe : Oui, nous en avons parlé au médecin, et il ne serait pas du tout recommandé que tu passes les frontières entre nos deux sanctuaires. Tu risquerais de rechuter.

Kanon : C'est pour ça qu'il y avait autant de vêtements dans la chambre ?

Saga : Oui, ça me brise le cœur de ne pas pouvoir rester tout le temps avec toi, mais il faut que je prévienne les autres et que toi tu te reposes, que tu reprennes de force et que… tu… apprennes à connaître Rhadamanthe.

En disant cette dernière phrase, sa voix partit dans les aigues tout en affichant un sourire. Maintenant c'était clair, Saga avait vu la scène du réveil très inappropriée. Puis sa jumelle se leva, et repartit faire ses bagages, laissant le couple en tête à tête.

Kanon génée : Il est beau ton bureau.

Rhadamanthe : Merci. Je l'ai décoré moi-même.

Tous les deux :…

Camus regardait encore une fois si elle n'avait rien oublié dans ses bagages, ni dans ceux de Milo et encore plus dans ceux de Hyoga. Comme Isaac avait décliné son invitation car il avait une mission urgente, elle se sentait un peu triste de partir sans lui. Mais une mission est une mission et on ne pouvait pas y réchapper. Elle se posa sur le canapé, vérifia les billets d'avion, les passeports une toute dernière fois. Même si le départ était prévu le lendemain tard dans la nuit, elle ne voulait rien oublier. Pendant ce temps, Milo était dans le jardin en train d'arroser ses plantes avec Hyoga. Il se tourna vers le disciple de sa compagne et le fixa intensément. Il devait se jeter à l'eau.

Hyoga : Tu as quelque chose à me dire ?

Milo : Oui, et ce n'est pas facile à dire. Mais il faut que ça sorte.

Hyoga : Je, je t'écoute.

Milo : Tu es devenu une personne indépendante, vivant une vie de célibataire bien remplit. Tu ne vas certainement pas me comprendre, ni savoir de quoi je parle mais… Il ne faut pas que tu viennes en Sibérie avec Camus et moi. Cette semaine doit être importante pour nous deux. Alors je te demanderais d'annuler ce voyage pour moi, et pour elle bien entendue.

Hyoga : Enfin. Je vais le lui dire, tu m'enlève une épine du pied. Je voulais te demander de dire à Camus que je ne pouvais pas venir. Je suis soulagé que nous partagions presque le même point de vue.

Milo : C'est toi qui m'enlève cette épine du pied… En fait non, on est dans de beaux draps. Comment le dire à Camus sans la blessée ?

Hyoga : J'ai qu'à dire que la semaine prochaine ce n'est pas possible car j'ai des rendez vous que je ne puis reporter. Tu sais avec la fac, les cours de rattrapages…

Milo : Non, elle te fera rattraper ton retard en moins d'une semaine. Faut trouver un truc imparable. Tombe malade.

Hyoga : Mais ça va pas ? Je ne peux pas faire semblant. Elle le verra à des kilomètres que je mens.

Milo : Mais non, il suffit de s'adresser à la bonne personne.

Les yeux de Milo brillèrent de sadisme pure, et dire que Hyoga aurait pu devenir comme ça. Cela lui donna froid dans le dos. Après avoir fini d'arroser les plantes, ils se ruèrent en toute discrétion dans le temple du bélier. Ils s'assirent à la table de la salle à manger devant le maître qui n'était autre que Kiki.

Milo : Si tu nous aides à régler un petit problème, je te donnerais un mois de bonbons. Et ton maître n'en saura rien.

Kiki : Quel est votre problème ?

Hyoga : Camus veux qu'on aille en Sibérie tous ensembles. Bien sûr, je ne peux pas ressortir la même excuse qu'Isaac qui est en mission officiel. Et je ne peux pas invoquer les cours. Donc, il me faudra une excuse valable, qui lui permette de partir en toute tranquillité.

Kiki : Je vois, vous me demandez de vous aider à mentir. Quelle garantie puis-je avoir pour ne pas me faire punir ?

Milo : Cela restera entre nous. Et je peux t'assurer que personne ne remontra jusqu'à toi. Et tu auras des glaces.

Kiki : Et des entrées au parc aquatique.

Milo : Faut pas abuser. Ils vont savoir que c'est toi.

Hyoga : Une sortie pédagogique au zoo avec Aioria et Mü, on achètera les entrées.

Kiki : Ca marche. Alors voici ce que vous allez faire. Et ça marche à chaque fois.

Déborah : j'espère qu'elle n'a pas choisie la robe de mariée avec le bustier qui lui fait de super gros seins parce que là je ne le supporterais pas. Est-ce que tu peux vérifier pour moi Camus ?

Camus : Ne t'en fait pas, elle a une belle robe de mariée. Et je peux te dire que ta future femme, enfin ta femme est superbe. Ce sera mieux qu'en Espagne, je peux te l'assurer.

Déborah : Merci c'est très gentil. Encore un peu de vin ?

Camus : Oui merci. Cette bouteille de vin irait parfaitement bien avec le menu que vous avez choisit.

Déborah : Merci. J'espère que ce mariage sera réussi.

Camus : Ne t'en fait pas, il le sera.