Mot de la traductrice :
Désolé pour l'attente… Donc après le nouvel épisode de la saison 5, je ne pouvais pas faire autrement que de me remettre au boulot ! Voici le chapitre le plus émouvant qu'il m'est été donné de lire dans ma vie.
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La fête Halloween s'était rapprochée avant que Daryl et Carol ne finissent par trouver une journée complète pour faire leur balade à moto. Leurs horaires de travail les avaient tenus à l'écart puisque Daryl avait cumulé le travail au restaurant et celui au garage, alors que Carol avait fait des heures supplémentaires au restaurant pour payer la facture hospitalière de son intervention chirurgicale. Mais ils eurent finalement un samedi de congé en commun et ils se préparaient à partir.
Il faisait froid pour un jour d'été, mais ce n'était pas non plus glacial. Daryl était assis sur sa moto, en jeans dans sa veste de cuir, il attendait que Carol sorte. Il n'attendait pas depuis longtemps quand elle apparut finalement sur le perron dans sa veste fermée, prenant soin de fermer derrière elle, avant de se diriger vers lui. Elle portait une grosse veste pour se protéger du vent, un jeans noir, des bottes hautes par-dessus son jeans. Alors qu'elle s'approchait en lui rendant son regard, Daryl avait dégluti puis détourné le regard. Il devait admettre qu'elle avait l'air d'une vraie dur à cuire.
Daryl lui tendit un casque avant de mettre le sien, et il fit un peu de place sur le siège pour qu'elle puisse grimper. Carol s'appuya sur ses épaules ensuite elle passa une jambe par-dessus l'engin pour se mettre en selle, gardant les pieds au sol et ses mains sur ses épaules jusqu'à ce qu'il se lève pour donner un coup de pédale pour faire démarrer le moteur, alors la moto se mit à rugir. Carol haleta doucement, alors qu'un frisson faisait son chemin le long de sa colonne à cause des vibrations en dessous d'elle, cette moto était définitivement excitante. Daryl se repositionna sur le siège et Carol se pencha vers l'avant, retirant ses pieds du sol pour les déposer sur les reposes pieds et passer ses bras autour de la taille de Daryl.
L'échine de Daryl se raidit au contact, avoir quelqu'un qui se pressait contre son dos n'était pas un contact qu'il appréciait. Ses yeux étaient fermés et il se forçait à garder sa respiration sous contrôle. C'est juste Carol se répéta-t-il plusieurs fois dans la tête jusqu'à être assez détendu pour se concentrer sur la conduite. Ils quittèrent l'allée et ensuite s'éloignèrent d'Atlanta pour rouler sur les routes de la Géorgie. C'était le moment parfait pour une ballade – l'automne naissait donnant aux arbres toutes sortes de couleurs. Des teintes incroyables orangées, rouges, et jaunes peignaient le paysage et les collines en contrastant avec le ciel bleu.
Carol était aux anges. Elle se sentait incroyablement libre de rouler sur cette moto avec Daryl, le vent la frappait, la beauté du paysage, les vibrations de la moto, son corps si près du sien. Carol rougissait en pensant à quel point ils étaient proche, sa poitrine contre son dos, ses jambes pressées contre les siennes. Elle rigola en se remémorant la blague coquine qu'elle avait faite quelques semaines plus tôt. Carol ne pouvait pas croire aux choses qu'elle s'imaginait si près de lui, elle avait été presque aussi surprise que lui de ce qui était sorti de sa bouche. Mais elle aimait ça, elle appréciait la nouveauté, le jeu, son côté déchaîné, et elle appréciait tout particulièrement le taquiner car les expressions sur son visage étaient sans prix.
Elle ne le tourmentait pas complètement avec ses blagues car être si proche de lui était merveilleux. Carol se délectait de ce genre de moment avec lui alors elle l'étreignit un peu plus fort avant de poser son menton sur son épaule en observant le paysage s'envoler. Ils roulèrent pendant des heures, jusqu'à ce que le soleil soit en plein milieu du ciel et que leur estomac gargouille. Carol rigolait parceque ses mains pouvait à présent sentir son estomac se manifester, même à travers sa veste en cuir.
Daryl s'arrêta au milieu de nulle part, garant la moto sur le bord de la route pour ensuite la pousser hors du chemin, et la parquer près d'un arbre. Carol prit une petite couverture dans la sacoche de la moto pour la déposer par terre avant de sortir la nourriture pour manger – des sandwiches, un ravier de fraises, et deux bouteilles d'eaux. Ils mangèrent en appréciant le silence, assis l'un près de l'autre en observant l'endroit où ils s'étaient arrêtés, scrutant les hautes herbes dorées s'animer sous le vent.
Carol s'appuya contre Daryl, le remerciant silencieusement pour la journée, un jour qui serait pour toujours graver dans sa mémoire. Il baissa les yeux sur elle, l'observant manger une fraise avant de lui sourire et d'attraper sa main pour manger la moitié restante du fruit.
« Hé ! » Elle fronça les sourcils se donnant l'air faussement indignée alors qu'il pouvait voir le sourire qu'elle essayait de contenir, puis il lui sourit.
Il prit une autre fraise dans le ravier et la porta à sa bouche. Carol jeta un coup d'œil avant de mordre dedans, le jus du fruit coulant sur son menton. Ses yeux s'assombrirent puis Daryl releva son visage à l'aide de ses doigts avant que sa langue vienne tout nettoyé, léchant son menton, puis ses lèvres, avant de presser ses lèvres contre les siennes.
Le geste stupéfia Carol. Elle était si étonnée qu'elle n'avait pas répondu quelques secondes durant. Pourtant l'initiative avait allumé un feu en elle, donc ses mains s'enroulèrent autour de son cou pour l'attirer plus près et elle pencha la tête pour approfondir leur baiser. Carol traça ses lèvres de sa langue, cherchant l'entrée puis Daryl ouvrit la bouche. Il n'était pas encore habitué à l'art d'embrasser avec la langue mais Carol était heureuse de pouvoir le toucher, il apprenait rapidement. Daryl était bien jusqu'à ce qu'elle se couche, l'entraînant avec elle sur le sol pour commencer une exploration avec ses mains.
Les doigts de Carol étaient aussi légers qu'un fantôme sur son torse, le toucher était doux et léger pourtant il en avait la chair de poule. Il se figea et elle s'arrêta, ressentant son malaise. Carol releva les yeux sur lui, confuse, puis il s'éloigna. Elle se rassit en essayant d'effacer les signes de la déception sur son visage. Daryl était de plus en plus audacieux avec les baisers tandis que les semaines passaient, pourtant à chaque fois que ses mains s'éloignaient de son visage, ou de son cou, pour commencer à le toucher, il finissait par s'éloigner, incapable d'aller plus loin. Carol ne comprenait pas ce que cela signifiait mais ses tripes lui disaient qu'il y avait quelque chose, une chose sous la surface qu'elle ignorait. Elle voulait comprendre, elle voulait l'aider à passer au dessus de ce problème, mais Carol avait trop peur de le pousser. Elle voulait qu'il soit prêt pour toutes ces choses, à son moment venu, pas au sien.
Daryl était frustré et embarrassé. Il voulait aller plus loin mais à chaque fois, à chaque moment où Carol commençait à le toucher comme ça alors il ne pouvait plus le supporter. Se tenir la main, se prendre tendrement dans les bras, toucher son visage, s'embrasser…toutes ces choses était de nouvelles expériences pour lui. Mais quand des mains le touchaient, qu'elles éraflaient son corps, ce n'était pas une nouvelle expérience. Malheureusement, cette sensation était associée à des souvenirs plus sombres et cela s'avérait être une barrière infranchissable de son passé. Daryl pouvait voir dans son regard qu'elle se posait des questions mais à la simple idée de dénouer sa langue faisait que sa gorge se resserrait, alors il détournait les yeux, en soupirant. Il savait qu'elle était déçue.
Soudain, une fraise apparut en face de son visage et il se retourna vers Carol. Elle souriait tendrement, un sourire qui disait je comprends. Il lui sourit en retour, prenant un petit morceau de la fraise. Carol se redressa pour embrasser sa joue avant de poser sa tête sur son épaule et de joindre leurs doigts ensemble. Il était toujours déçu mais sa patience signifiait beaucoup, il ignorait comment elle avait réussi à chasser ce moment délicat avec autant de dignité mais il lui en était reconnaissant.
Ils restèrent assis un certain temps, heureux du calme de la compagnie. Daryl pointa quelques biches qui traversaient le terrain en restant proche de la lisière. Un énorme chevreuil les suivait, semblant heureux d'en faire des compagnons pour la saison. Cependant, alors qu'ils s'en rapprochaient, Daryl décida qu'il était temps de partir et il aida Carol à ramasser les affaires pour les remettre sur la moto.
« Faut être prudent pendant la saison des rutes, » lui dit-il, en repliant la couverture. Daryl savait qu'elle aimait apprendre des choses sur la vie sauvages et la nature, et il aimait partager ses connaissances.
« Pourquoi ? »
« Tu n'auras pas envie d'être entre un chevreuil et sa biche, » répondit-il, en souriant. Carol acquiesça pensivement avant de lui sourire en relevant un sourcil.
« On pourrait dire la même choses des hommes, je pense. Qu'ils n'ont qu'une chose en tête, » sourit-elle et Daryl roula les yeux.
« Uh huh, c'est pour ça que tu es la seule qui fait des blagues cochonnes tout le temps, non ? » En réponse, La bouche de Carol resta ouverte car elle n'arrivait rien d'intelligent à rétorquer. Il sourit quand il réalisa qu'il avait le dessus sur leurs taquineries. Et un sourire diabolique se paufina sur son visage alors qu'une pensée obscène l'occupait, alors il rapprocha son visage du sien, en murmurant à son oreille, « Admets le, tu voulais seulement monter cette moto aujourd'hui parceque tu voulais quelque chose de 'grand' et puissant entre tes jambes. »
Il recula, et le sourire qu'il avait sur le visage était d'une totale complaisance. La mâchoire de Carol se décrocha et ses yeux s'élargirent de surprise, son visage devint rouge, Daryl s'engagea à retenir l'expression de son visage sachant qu'elle lui avait déjà fait subir ça beaucoup de fois, alors il était fière de lui rendre la pareil. Il se retourna et se dirigea vers la moto, alors que Carol se remettait du choc pour finalement le suivre.
Daryl avait démarré la moto et il avait pris son casque sur le rétro, il continuait à lui sourire avec complaisance. Carol lui sourit en retour, elle n'était pas du genre à le laisser gagner si facilement. Invoquant la diablesse en elle, elle s'avança vers lui d'un pas non chalant, en se penchant pour lui relever le menton avec un sourire séducteur, les doigts appuyés sur la lanière de son casque, pour le rapprocher. Elle ne manqua pas son regard s'attarder sur sa chemise.
« Oh, il y a une seule chose que je veux monter, Dixon, » sa voix était rauque et Daryl déglutit. « Mais pour l'instant, je vais m'installer sur cette moto, » elle lui sourit en faisant glisser sa visière. Daryl secoua la tête et sourit, il devait admettre qu'elle avait gagné cette partie. Carol glissa derrière lui et ils se dirigèrent vers la maison, mais il prit son temps cette fois ci. Il n'était pas pressé que la journée arrive à sa fin, c'était encore un autre bon souvenir que Carol venait de lui donner.
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Chaque année, avant les vacances, Carol avait l'habitude de faire le grand nettoyage, désirant que sa maison soit spécialement charmante, et la maison de Daryl n'était pas différente. Avec l'arrivée de Thanksgiving dans quelques semaines, Carol décida de passer la journée à nettoyer la maison de bas en haut. Elle avait commencé par la poussière des plafonds, en se débarrassant des toiles d'araignées dans les coins difficiles. Ensuite, Carol avait travaillé sur les murs et les fenêtres, en lavant le rebord des fenêtres et en retirant les éraflures qui semblaient être apparues de nulle part. La cuisine avait été récurée pour être d'un propre étincelant, tout comme la salle de bain. Elle avait fait des allers-retours vers la buanderie, et elle s'était occupée de la literie en mettant des draps et des couvertures propres. Carol avait fait la poussière de chaque meuble, et elle avait frotté les plinthes avec un chiffon humides avant de passer l'aspirateur.
Elle avait sorti son aspirateur, celui qu'elle avait dû se procurer en réalisant que Daryl n'en avait pas. Carol avait commencé par le corridor et les chambres, laissant le salon en dernier. Elle avait rigolé en arrivant dans le salon, et elle avait commencé à déplacer les meubles pour aspirer en dessous, c'était comme si, depuis tout le temps qu'il vivait là, les meubles n'avaient jamais été déplacés. Le pied du canapé avait laissé une profonde empreinte dans la carpette, et il y avait même une différence de couleur entre le canapé où il s'asseyait et celui où il n'allait pas. Puis quelque chose d'autre attrapa son regard, quelque chose à moitié caché sous le fauteuil. C'était rouge, fait en caoutchouc dur, avec des marques de crocs dedans. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était, alors elle se disait qu'elle demanderait à Daryl quand il rentrerait, en le laissant tomber dans le fauteuil. Aussi, elle n'avait aucune idée de ce que ça déclencherait.
Finalement, Carol entama la dernière corvée de la journée – nettoyer le sol de la cuisine. A quatre pattes avec un sceau d'eau savonneuse et une brosse, Carol nettoyait chaque centimètre du linoléum, le rendant aussi propre que le jour où il avait été placé. Alors qu'elle finissait de nettoyer la dernière parcelle du sol entre la cuisine et le salon, Daryl était rentré. En passant la porte d'entrée, il avait jeté ses clefs sur la table près de la porte et il avait retiré ses chaussures, en admirant le travail que Carol avait fait jusqu'à ce que ses yeux se posent sur elle.
« Quelqu'un a été occupé aujourd'hui, » sourit-il, en prétendant ne pas remarquer la belle vue qu'il avait sur ses fesses d'où il se tenait.
« Ouais, » Carol se releva, en essuyant la sueur de son front, « Faire toute la maison et le sol, c'était sur ma liste, » elle jeta la brosse dans l'eau sale du sceau avant de retirer ses gants pour les jeter aussi. « Le repas est dans le frigo si tu as faim, il faut juste le réchauffer. De ce côté-ci, » elle fit un geste sur la partie qu'elle venait juste de finir, « le sol n'a plus qu'à sécher. »
Daryl s'avança vers elle et il se pencha pour l'embrasser sur le front puis il s'était éloigné en contournant la zone humide, pour aller vers le frigo. Carol s'étira, puis elle déplaça le sceau d'eau sale pour s'en occuper plus tard. Elle se dirigea dans le salon et elle appela Daryl avant qu'il ne puisse toucher le frigo.
« Tu n'as pas intérêt à toucher quoi que ce soit avant d'avoir lavé tes mains, monsieur ! »
« Ouais, m'dame, » sourit Daryl, et il lava ses mains avant de prendre l'assiette emballée dans l'aluminium dans le frigo. Il retira l'alu pour mettre l'assiette dans le microonde et puis mettre le minuteur, et il se pencha sur le comptoir pour attendre. Carol avait déjà mangé et elle était prête à se détendre pour le reste de la soirée. Elle se laissa tomber dans le fauteuil, et quelque chose de dur s'enfonça dans son épaule. Elle était confuse jusqu'à se rappeler qu'elle avait trouver quelque chose plus tôt, Carol prit l'objet et se dirigea vers la cuisine, en posant une question à Daryl.
« Hé Daryl ? Qu'est-ce que c'est ? » C'était une question totalement innocente dont la réponse était insondable.
Daryl sortit de la cuisine, une assiette chaude en main, puis il se figea sur ce qu'elle tenait. Il lui fallut un moment pour réaliser ce que c'était. Un jouet à mâcher. Le visage de Daryl pâlit quand il reconnut le jouet préféré de Duke, certainement perdu et oublié depuis longtemps maintenant. D'où venait-il non de dieu ?
De lointains souvenirs qu'il avait refoulés se libéraient de leur confinement pour envahir son esprit avec la force d'un train de marchandise. Avec tout ce qu'il s'était passé, Daryl avait presque oublié Duke. En apercevant le jouet préféré de son chien, chacun de ses souvenirs désagréables jusqu'à sa confrontation finale avec son père, refit surface. Qui aurait pû deviner qu'un objet si innocent puisse déclencher un tel chaos ?
L'assiette de Daryl lui glissa dans mains pour se briser en face de lui. Il s'écroula sur le sol après ça, les yeux fermement fermés en tenant sa tête tandis que les souvenirs qu'il avait tenté d'oublier l'assaillaient. Le jouet avait agit comme un déclencheur, causant un sévère flash-back, et Daryl avait été pris de court.
« Daryl ? Ça va ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
Confuse mais inquiète, Carol jeta le jouet pour s'approcher de lui, en s'agenouillant près de Daryl. Elle déposa une main réconfortante sur lui, mais dés l'instant où sa paume toucha son dos, il la repoussa violemment.
« Ne me touche pas, » grogna-t-il, son regard la regardait avec rage car ce n'était pas Carol qu'il apercevait. Les paumes de Daryl frappèrent dans son estomac, pour la repousser en lui coupant le souffle. Carol retomba en arrière, le bas de son dos frappant un mur proche. Un cri aiguë s'échappa d'elle tandis qu'une douleur s'élançait dans son dos, à l'endroit toujours sensible de son opération.
Le cri fut comme un électrochoc dans l'esprit chaotique de Daryl, et il ressortit du flash-back. Il observa Carol avec un mélange de peur et d'horreur sur le visage. Il l'avait frappé. Il lui avait fait du mal. Un cri étranglé s'échappa de Daryl tandis qu'il reculait, l'air malade et tremblant. Carol était toujours à bout de souffle, incapable de lever le petit doigt vers lui pour tenter de comprendre ce qu'il s'était passé.
Tout ce à quoi pouvait penser Daryl, c'était s'enfuir. S'éloigner d'elle. S'éloigner de ce qu'il avait fait. S'éloigner de ce qu'il avait à nouveau commis. Avant qu'elle ne puisse l'arrêter, Daryl avait attrapé ses clefs et il s'était précipité vers la porte d'entrée, sans même se soucier de mettre ses chaussures. Carol entendit la moto rugir et Daryl disparut dans la nuit noire.
Un sanglot lui échappa, suivit par plus de larmes qui coulaient sur son visage. Elle était perdue et confuse à cause de ce qu'il venait de se passer et elle ne parvenait pas à en trouver un sens. Carol avait peur d'avoir fait quelque chose de terrible. Elle avait peur que tout soit fini, d'avoir brisé quelque chose de non réparable et d'avoir perdu quelque chose de précieux pour elle, d'avoir perdu l'homme qu'elle aimait. Elle étrangla un soupir en le réalisant. Elle était amoureuse de lui. Carol souhaitait ne pas le réaliser seulement car la situation avait empiré, ça lui faisait encore plus mal de savoir que tout pouvait avoir été brisé et perdu pour toujours. Elle tomba sur ses genoux, et s'enlaça de ses bras, et elle pleura, en priant pour que ça ne soit pas la fin.
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Daryl avait conduit pendant des heures, son esprit ravagé par d'horribles souvenirs et des émotions instables. Il se moquait de ne pas avoir de casque ou de chaussure, il se moquait des nuages orageux qui traversaient le ciel noir, alors que la pluie menaçait. Tout était dévasté alors il conduisait simplement. Il ne prêtait aucune attention où son inconscient le conduisait jusqu'à arriver dans la profondeur des montagnes de Géorgie, observant ce qu'il restait de la maison de son père. Le toit avait cédé sous la chute d'un arbre. Lentement mais sûrement, la terre avait consumé la bâtisse de l'homme. Le bois était pourri et la végétation recouvrait la majorité de la ruine extérieure.
Il resta assit pour la fixer pendant un long moment avant de couper sa moto pour faire le tour des lieux. Malgré l'obscurité et le temps passé, Daryl était toujours assez habitué à l'endroit pour retrouver son chemin. Les éclairs grondaient tandis que la pluie froide commençait à tomber, et Daryl observa simplement le dernier repaire du monstre, en oubliant le temps.
« Pourquoi tu m'as fait ça ? » Demanda calmement Daryl, une douleur remontant au plus profond de lui. « Qu'est-ce j'avais fait ? » Gémit-il, en tombant sur ses genoux. Les larmes coulaient sur ses joues alors que le chagrin le bouffait. Le silence était sa seule réponse, alors le chagrin de Daryl se transforma en rage. En rage pour ce qu'il lui avait fait, en rage pour ce monstre qui ne lui apporterait jamais les réponses qu'il se posait.
« Réponds moi ! » Rugit-il, en enfonçant ses doigts dans le sol. Il griffa, creusa, et déchira le sol à la recherche de réponses qu'il ne trouverait jamais. Il voulait déterrer le monstre pour pouvoir le tuer et l'enterrer à nouveau.
Il ne serait plus jamais normal. Il ne pourrait plus interagir avec les gens comme une personne normale, il ne pourrait plus leur faire confiance. Et la seule personne sur cette planète en qui il avait appris à faire confiance était probablement partie depuis longtemps car il lui avait fait du mal. Il n'avait pas été capable de regarder un foutu jouet pour chien sans s'effondrer. Et il ne pourrait pas se réjouir d'une intimité car son père avait tout sali. Il ne serait plus jamais normal. Daryl frappait ses poings sur le sol, en pleurant et en hurlant sur le monstre qui ne pouvait plus l'entendre depuis longtemps. Il continua à creuser frénétiquement le sol boueux jusqu'à ce que ses doigts ne puisse plus s'enfoncer et que sa colère soit partie. Il s'effondra, fatigué et vaincu.
« Pourquoi tu me détestais ? » Murmura-t-il, en plaçant ses mains sales sur sa tête car les sanglots trouvaient leur chemin dans sa gorge. Il l'avait brisé et il ne comprendrait jamais pourquoi.
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Carol n'avait pas fermé l'œil. Après s'être recomposée, elle avait ramassé tout ce gâchis au sol pour le jeter avec l'objet qui avait déclenché tout ça. Elle savait qu'elle n'allait pas dormir, et elle avait essayé de lire un livre mais elle avait seulement regardé les pages pendant des heures. Des pensées troubles hantaient son esprit, et elle était malade d'inquiétude pour Daryl, et elle s'était retrouvé à jeter le livre dans la pièce de frustration.
L'aube se levait et il n'était toujours pas revenu. Carol faisait les cent pas, le cœur lourd de chagrin et d'inquiétude. Rien de ce qu'il s'était passé n'avait de sens, et elle avait si peur qu'elle voulait s'en aller mais elle ne voulait aller nulle part sans savoir si il allait bien. Le bruit d'une moto qui se rapprochait fit cesser ses pas, et son cœur s'accéléra furieusement. Le vrombissement se rapprocha et elle l'entendit s'arrêter dans l'allée. Carol était debout près du canapé et elle regardait la porte, attendant nerveusement, les mains agrippées au châle autour de ses épaules.
Lentement, la porte s'ouvrit et Daryl entra en traînant les pieds, la tête basse, et il s'arrêta dans l'entrée pour refermer la porte derrière lui. Il ne fit pas un geste jusqu'à entendre un doux halètement, alors il releva les yeux, surpris de voir Carol debout là, une inquiétude évidente sur le visage. Elle s'approcha lentement de lui, avec précaution, son apparence débraillée était très inquiétante pour elle. Il était couvert de boue des pieds à la tête, des traces de larmes flagrantes sur le visage, et ses yeux étaient bordés de rouge, c'était une épave. Et alors qu'elle se rapprochait, elle remarqua qu'il était trempé et qu'il tremblait.
« Oh mon dieu, Daryl, tu es frigorifié ! Allez, on va te réchauffer avant que tu prennes froid, d'accord ? » Elle était près de lui et elle plaça avec précaution une main sur son bras pour le tirer mais il refusa d'avancer.
Il secoua la tête et il s'effondra au sol, Carol le suivit, le cœur brisé au vue de l'angoisse qu'elle lisait sur son visage alors que des nouvelles larmes coulaient, puis elle comprit que ses tremblements n'étaient pas seulement dû au froid. Défiant les risques de tempête, elle enlaça ses bras autour de lui pour le serrer fortement, en caressant ses cheveux boueux et en le berçant tendrement.
« Shhh, ça va. Tout ira bien, » murmura-t-elle. Elle le tint longtemps, jusqu'à ce qu'il se calme et même après, alors qu'ils restaient là.
« Pourquoi est-ce qu'il m'a fait ça ? » Bredouilla-t-il, la voix grossie, éraillée, et rauque.
« Qu'est-ce qu'il a fait ? » Demanda calmement Carol. Elle était presque terrifiée de sa propre question mais elle était déterminée à l'aider pour traverser ça. Daryl se décrocha, en baissant le regard sur ses mains.
Il devait lui dire. Il réalisait qu'il ne pouvait pas se permettre de garder ça plus longtemps, les évènements de cette nuit devait s'éclaircir. Et quand il avait passé la porte et qu'il l'avait vu là, il avait réalisé la véracité de ses paroles – elle ne s'en irait nulle part. Et de pouvoir enfin le réaliser, ça avait brisé le dernier mur qui le protégeait. Ils étaient repliés sur le sol, révélant la pire des cicatrices qu'il ait jamais reçu, la pire des souffrances qu'il ait jamais connu.
« Je pensais que j'étais libéré de lui… » Bredouilla-t-il calmement. « Quand Merle et moi ont est parti, je pensais qu'on était libre… »
« Mais tu ne l'étais pas ? » L'encouragea Carol alors qu'il était à nouveau silencieux, car il avait toujours du mal à faire sortir les mots. Daryl secoua la tête, toujours incapable de la regarder.
« Non… » Il déglutit difficilement, en essayant de passer au-delà de sa gorge nouée. « Un soir, Merle était sorti faire la fête…et il est apparut, de nulle part…il m'a ramené à la maison après avoir tué mon chien, » Carol perdit son souffle sous le choc, « C'était le jouet préféré de Duke que tu as trouvé… »
Il s'arrêta encore, sachant que le pire était à venir alors il inspira profondément.
« Il m'a ramené à la maison et il m'a fait toutes sortes de choses horribles… » Daryl s'autorisa un petit rire, « Il m'a gardé enchaîné, il m'a affamé, il m'a torturé juste en face de Merle, » Carol haleta et recula, horrifié. Qui pouvait faire ce genre de chose ?
« Comment - ? »
« Merle se doutait où j'étais et papa savait qu'il viendrait alors il lui a sauté dessus… » Il regarda Carol ensuite. Et l'agonie qu'elle vit dans ses yeux bleus la tuait. Il se mettait à nu devant elle, et la douleur vive et le tourment qu'elle voyait la touchait aussi. Une angoisse se glissa dans ses entrailles pour lui dire que ce n'était pas tout, pas encore. Alors, elle se prépara et elle attendit la suite. Daryl détourna les yeux et recommença à trembler.
« Il… » Il déglutit péniblement un boule d'émotion qui remontait, « Il m'a violé. » Daryl pouvait à peine faire sortir les mots mais il le fit, après dix années de honte et de souffrance s'en suivirent. Un sanglot déchirant sortit de sa gorge et presque instantanément, il était de retour dans les bras de Carol, agrippé à elle fermement tandis que la douleur les percutait tout les deux.
La seule impression de Carol était que le sol s'effondrait sous elle, alors que toutes les pièces s'assemblaient. Ses propres larmes tombaient, elle pleurait pour l'homme brisé dans ses bras. Elle pleurait pour la souffrance qu'il avait traversé, elle pleurait pour son innocence perdue, elle pleurait pour l'amour qu'il n'avait jamais reçu. Elle le tenait fermement en espérant pouvoir tout effacer, ce qui lui faisait encore plus mal car elle savait qu'elle ne pourrait pas.
« Nous l'avons tué… » Bredouilla Daryl quand il se calma enfin. Et avec ça, c'était tout.
Carol hocha simplement la tête et elle embrassa le sommet de sa tête, sans rien avoir à dire. Daryl était à bout, épuisé émotionnellement et Carol était toujours en train de digérer l'histoire. Et quand elle remarqua que le froid s'était infiltré lentement dans son corps, elle les releva lentement et elle le conduisit dans la salle de bain pour faire couler la douche. Quand l'eau fut chaude, Carol le tira avec elle, aucun d'eux ne se souciait d'être entièrement habillé. Carol le poussa sous le jet en prenant chacune de ses mains, lentement et gentiment elle nettoya la saleté et le sang tandis qu'il restait silencieux. Elle avait dû passer ses doigts dans ses cheveux pour retirer toute la boue. Quand il fut assez propre et réchauffé, Carol coupa l'eau et elle l'enveloppa dans une serviette avant d'en prendre une pour elle. Elle prit sa main et le dirigea dans sa chambre avant de lui donner un pyjama propre de son armoire, qu'elle déposa sur son lit. Daryl restait là, silencieux et gauche, il ne savait vraiment pas ce qu'il ressentait ni comment il aurait dû se sentir, il ne savait pas quoi dire, ni où aller. Il était vidé.
« Je vais aller me prendre des vêtements secs et je reviens, d'accord ? » Dit-elle doucement et il acquiesça. Quand elle revint, il était dans des vêtements secs et assis sur son lit l'air perdu et incertain. Carol s'assit à côté de lui, enlaçant ses doigts avec les siens.
« J'ne pensais pas qu'tu s'rais restée…après t'avoir blessé comme ça, » marmonna-t-il et Carol appuya sa tête sur son épaule.
« Tu n'es pas comme Ed, Daryl. Tu ne voulais pas me blesser, tu ne t'en réjouissais pas, » dit-elle calmement, en levant les yeux sur lui. « Et je l'ai dit, je n'irais nulle part, » sourit-elle tendrement.
« Je sais, » dit-il, et c'était vrai. Après ce soir, Daryl lui faisait finalement confiance car Carol ne s'en irait nulle part.
« Reposons nous, nous en avons définitivement besoin, » Carol embrassa sa joue et elle allait partir pour aller dans son propre lit mais Daryl ne lui rendit pas sa main, alors elle le regarda.
« Reste ? » Demanda-t-il doucement, en la regardant l'air incertain, elle pouvait sentir ses mains trembler. Daryl savait qu'elle n'irait nulle part, mais il avait besoin de la sentir proche de lui dés maintenant. Après ce qu'il venait tout juste de se passer, il réclamait sa présence apaisante, il avait besoin d'elle. Le cœur de Carol s'allégea instantanément et elle sourit à Daryl, c'était un sourire éclatant qu'elle ne réservait que pour lui, et elle accepta, en prenant son visage dans ses mains pour embrasser son front.
Il se leva et il retira les couvertures, elle lui fit signe de grimper dans le lit et il obéit, en se couchant sur le dos. Carol le suivit, en recherchant son visage pour être certaine qu'il allait bien, elle se rapprocha, pressant son corps sur son côté et déposant sa tête sur son thorax, pour entendre son cœur. Carol fut presque rapidement bercée dans le sommeil par le rythme régulier de son cœur, et Daryl apprécia sa proximité.
Il resta éveillé durant un moment, les pensées traversaient sa tête. Il ne savait pas quoi faire de tout ça, mais il savait qu'il se sentait plus léger. Après une éternité à avoir été raccroché à la douleur, il s'était laissé allé et c'est Carol qui l'avait aidé. Il devrait toujours supporter le mal que son père lui avait fait, mais cela se transformait en cicatrice à présent, la plaie se refermait pour guérir autant que possible. Daryl regardait la femme blottie contre lui et il resserra son bras autour d'elle, il s'endormit plus heureux qu'il ne l'avait jamais été et il savait que c'était grâce à elle.
OOO
A suivre…
