Chapitre 25 : Cauchemar

Yami se demandait où il était exactement et pourquoi tout était si menaçant. Un brouillard sombre s'enroulait autour de lui et un sentiment d'instabilité s'installa dans ses entrailles. Regardant derrière lui, il reconnut le château de Poudlard, répondant au moins à une question. Mais qu'est-ce qui se passait avec ce brouillard ? Cela lui rappelait presque les Ombres mais sans avoir la même familiarité.

Shizu et Seto apparurent à sa droite et Marek et Ryô à sa gauche. Quatre des six membres de sa cour. Où étaient Yûgi et Bakura ? Avant que Yami ne puisse poser la question à ses amis, Seto lança une attaque :

- Dragon Blanc aux Yeux Bleus ! Attaque de lumière blanche !

Le dragon répondit à l'appel de Seto avec loyauté et lança son attaque là où les Ombres se formaient. Mais celle-ci fut interceptée par quelque chose sortant de l'Ombre. Yami ressentit un sentiment familier de terreur en réalisant qui émergeait des Ombres.

Il était sur le point de lancer sa propre attaque quand il vit qui était perché sur l'épaule de la créature, oubliant complètement qui était ou ce qu'était la créature.

- Yûgi ! s'écria-t-il.

L'hikari tourna son regard vers le Pharaon, le faisant tressaillir. Les yeux de Yûgi étaient teintés de rouge. Non non non, ce n'était pas vrai. Les yeux de Yûgi n'étaient pas censés être rouges ! Pas sans fusionner avec lui !

- Yûgi, pourquoi ?! sanglota-t-il, blessé et confus quant aux actions de Yûgi.

- Tu ne pouvais pas me protéger ! dit durement Yûgi.
Cela tranchait horriblement avec tout ce que Yami savait être vrai au sujet du garçon.

- Bakura est celui qui m'a sauvé, pas toi. Il m'a aidé à découvrir mon vrai potentiel, m'a aidé à trouver le vrai pouvoir !

- Bakura ! hurla Ryô.

Yami regarda l'autre épaule de la créature et, bien sûr, Bakura se tenait là, arborant une expression sinistre que Yami n'avait pas vue depuis cinq cents ans.

- Ravi de te voir, Yandonushi, sourit Bakura.

Ryô tressaillit, pas tellement au nom, mais à tous les souvenirs, ou à l'absence de souvenir, le nom ramena à sa mémoire.

- Tu es retombé dans l'obscurité, dit tristement Ryô.

Yami se trouvait incapable de détourner le regard de Yûgi, incapable de comprendre ce qui se passait. Cela n'avait pas de sens ! Tous ces siècles qu'ils avaient passés à combattre le mal et à l'enfermer. Tout le temps qu'ils avaient passé à protéger les gens. Tout le temps qu'ils avaient passé ensemble ! Comment cela s'était-il arrivé ?!

- Yûgi, s'il te plaît, supplia Yami, les larmes ruisselant sur son visage, en faisant de son mieux pour ignorer le regard froid que lui jetait son hikari.

Qu'avait-il pu faire pour que Yûgi le déteste autant ?

Yûgi leva lentement la main, un signal pour se préparer à attaquer. Yami avait utilisé des gestes similaires plusieurs fois lorsqu'il gouvernait l'Égypte. Yami se tendit alors que la main de Yûgi tombait, se préparant au coup qui allait arriver. Le temps semblait passer au ralenti lorsque l'attaque se rapprochait. Il pouvait clairement voir le regard joyeux sur le visage de Bakura et le regard froid et indifférent de Yûgi.

L'attaque frappa -

- YÛGI ! s'étrangla Yami, se redressant dans son lit.

Yami regarda autour de lui, reconnaissant sa chambre à Poudlard. C'était un rêve. Il porta une main à son visage, seulement pour remarquer qu'il transpirait et tremblait.

Un léger coup à sa porte le surprit.

- Yami ? fit la voix basse de Yûgi à travers la porte.

Yami essuya rapidement la sueur de son visage avec les draps et essaya de maîtriser sa respiration.

- Entre, Yûgi, appela-t-il finalement.

Le Prince entra prudemment, refermant la porte derrière lui. Yami agrippa les draps pour cacher ses tremblements à Yûgi qui s'approcha du lit.

- Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-il, l'inquiétude inondant sa voix.

- Juste un cauchemar, murmura Yami, le regard baissé sur les draps, sachant que Yûgi savait au moins cela. Je suis désolée si je t'ai réveillé.

- Après toutes ces nuits où je t'ai réveillée avec mes cauchemars ? gloussa légèrement Yûgi. Je n'ai pas de quoi me plaindre.

Yami eut un sourire mais il se fana rapidement alors que le cauchemar lui revenait en mémoire. Il ne pouvait pas repousser l'image de Yûgi ordonnant une attaque contre lui. Ces yeux froids n'appartenaient pas au visage innocent de Yûgi. Le matelas s'affaissa alors que le Prince se perchait sur le bord, face au Pharaon.

- Tu as crié mon nom, dit-il calmement, regardant Yami du coin de l'œil.

- Ou-Oui, admit Yami, laissant échapper un souffle chaotique. Tu as, euh…

- J'ai quoi ? l'encouragea Yûgi quand il s'interrompit.

- Yûgi, est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrais faire qui te ferait me haïr ? demanda-t-il au lieu de répondre.

Yûgi se tourna pour le regarder, choqué. Il était clair sur son visage qu'il se demandait ce qui avait poussé Yami à poser cette question, mais il l'exprima tout de même à haute voix :

- Où es-tu allé chercher ça ?

- Réponds, s'il te plaît, demanda Yami sans croiser les yeux de son hikari.

- Tu sais que je ne pourrais jamais te haïr, répondit celui-ci avec conviction. Tu n'es pas seulement l'autre moitié de mon âme, tu es mon meilleur ami.

- Et si je ne pouvais pas te protéger ? le pressa Yami, le regardant finalement, l'angoisse clairement inscrite sur son visage. Et s'il t'arrivait quelque chose à cause d'un échec de ma part ?

- Tu oublies que je suis capable de me protéger.

Il lui donna un petit coup avec un léger sourire.

- Et si quelque chose m'arrivait, il n'y a rien dans l'univers qui pourrait m'amener à te blâmer et encore moins à te haïr.

- Tu es sûr ? insista Yami.

- Plus que sûr, lui assura Yûgi.

Il hésita avant de demander :

- C'est ce qu'il arrivait dans ton cauchemar ?

- Quelque chose comme ça, murmura Yami en détournant le regard.

Le silence s'installa entre eux. Yami débattait pour savoir s'il devait ou non donner les détails de son cauchemar à Yûgi. Il était probable que Yûgi n'abandonnerait pas jusqu'à ce que Yami lui ait dit, mais il hésitait. Il ne voulait pas inquiéter Yûgi plus qu'il ne l'était déjà.

- Vas-tu me dire ce qu'il s'est passé ? demanda doucement Yûgi, brisant le silence.

Yami prit une profonde inspiration: il ne pouvait rien refuser à Yûgi, même s'il le voulait.

- Tu t'étais retourné contre nous, dit-il, la douleur emplissant sa voix. Toi et Bakura. Bakura ce n'était pas aussi choquant. Il était juste revenu à ce qu'il était pendant Bataille Ville. Mais tu étais... terrifiant. Tu m'as reproché de ne pas te protéger, de te retenir. Tu as lancé une attaque contre nous. Ça m'a rappelé quand je devais te battre après avoir perdu ce duel d'orichalque. Je pensais réellement que tu avais changé aussi.

Yûgi resta assis là, absorbant ce que Yami lui avait dit et essayant d'en comprendre le sens.

- Je me souviens que tu m'as parlé de ça mais je ne me souviens absolument pas de ce duel, dit-il finalement. Mais tu sais que je ne pourrais me retourner contre aucun d'entre vous. Vous êtes ma famille. Bakura ne le ferait pas non plus. Il s'est plutôt attaché à Ryô et au le reste d'entre nous, bien qu'il préférerait mourir plutôt que l'admettre.

- Je sais, fit Yami, mais ça semblait si réel.

- Est-ce … est-ce que tu penses que Bakura risque de rechuter et que tu es effrayé qu'il utilise notre amitié pour me retourner contre toi ? hésita Yûgi.

Yami se figea à la question de Yûgi. Était-ce vraiment ce qu'il pensait ? Se pourrait-il qu'il soit simplement jaloux de tout le temps que Yûgi et Bakura passaient ensemble récemment et que son cauchemar ne faisait que jouer de cette jalousie ? Il devait être ça. Tous avaient fait l'objet de nombreux jugements pour prouver leur valeur afin d'occuper leur poste à la Cour. Même Bakura ne pouvait pas mentir aux Ombres.

- Je ne pense pas, soupira-t-il. Bakura s'est montré loyal à maintes et maintes reprises. Je suppose que… je suis un peu jaloux de la proximité que vous semblez avoir récemment…

- Tu es contrarié parce que nous ne te disons pas sur quoi nous travaillons, déduit Yûgi.

Il n'y avait pas d'amertume dans sa voix, seulement de la compréhension et du regret.

- Cela ne devrait pas me déranger, concéda Yami, mais c'est assez frustrant que tu me caches quelque chose alors que tu ne l'as jamais fait depuis tout ce temps où nous nous connaissons.

Yûgi soupira et regarda le plafond, ayant clairement une bataille intérieure pour quelque chose. Yami respecta mentalement sa distance, laissant Yûgi décider s'il voulait partager ses pensées ou non.

- J'aimerais pouvoir te le dire, dit tristement Yûgi. Vraiment. Mais je pense que pour l'instant, il vaut mieux que ton attention et tes inquiétudes se concentrent sur Poudlard et que tu t'assures que tout se passe bien pendant que nous sommes ici. Je promets que ce n'est rien qui nous mettrait en danger.

Yami soupira.

- Je suppose que je vais devoir te faire confiance. Tu ne m'as jamais menti et je ne te crois pas que tu vas commencer maintenant. Ce n'est pas dans ta nature.

- Merci, Yami, dit Yûgi avec gratitude. Te sens-tu mieux à propos de ton cauchemar maintenant ?

- Un peu.

Les images qu'il avait vues le secouaient encore profondément. Il faudrait un moment avant qu'il ne les surmonte. Il jeta un coup d'œil à l'horloge sur la table près de son lit et vit qu'il était près de quatre heures du matin.

- Tu devrais aller te recoucher.

Yûgi hocha la tête et se leva en bâillant mais, au lieu de se diriger vers la porte comme Yami s'y attendait, il se glissa sous les draps à côté de Yami.

- Pousse-toi, murmura-t-il, fatigué.

- Que fais-tu ? demanda Yami même s'il avait une idée de la réponse.

- Je reste avec toi pour être sûr que tu vas aussi retourner dormir, répondit Yûgi. Je sais que si je pars, tu vas juste ressasser ton cauchemar. Tu as besoin de sommeil aussi. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que nous faisions ça.

Yami devait admettre que Yûgi avait marqué un point. Il n'avait vraiment pas prévu de dormir plus longtemps, craignant que le cauchemar ne revienne. C'était quelque chose dont il pourrait se passer s'il était seul. Et Yûgi avait raison : ce n'était pas la première fois qu'ils partageaient un lit au milieu de la nuit, bien que c'était généralement Yami qui glissait dans le lit de Yûgi après que celui-ci ait fait un cauchemar. C'était quelque chose qui aidait Yûgi à dormir calmement en sachant que Yami était proche. Apparemment, il pensait que cela l'aiderait de l'avoir à proximité.

- Ne monopolise pas tous les draps, murmura Yami en se réinstallant pour dormir.


- Avez-vous vu Yûgi ce matin ? demanda Marek à Shizu et Ryô le matin suivant. Il était censé s'entraîner avec moi avant que les cours ne commencent aujourd'hui.

Cela faisait une semaine que les étudiants étaient retournés à Poudlard et les Mages s'étaient installés dans une nouvelle routine. Chaque matin et chaque soir, deux d'entre eux se rendaient sur leur terrain d'entraînement de la Forêt Interdite en prévision de l'attaque imminente de Voldemort. Bien qu'ils étaient plus que sûrs de pouvoir détruire tout ce que le sorcier maléfique leur envoyait, ils voulaient s'assurer qu'ils avaient le pouvoir de le faire sans risquer la sécurité de quiconque dans le château.

Pendant la dernière leçon d'occlumencie de Potter, Yûgi avait accompagné Marek pour observer. Apparemment, Rogue retirait ses propres souvenirs de son esprit, laissant un trou dans sa salle d'âme où ils appartenaient. La théorie de Yûgi était que Rogue ne voulait pas que Potter voit ces souvenirs particuliers par un hasard ou par accident.

- Il n'est pas dans sa chambre ? demanda Ryô, frappant à la porte du Prince avant de l'ouvrir quand il ne reçut aucune réponse.

- Non, grogna Marek.

- Peut-être est-il parti devant sans toi et t'attends là-bas ? proposa Shizu.

Marek réfléchit.

- Peut-être.

- De qui parlez-vous ? demanda Seto en sortant de sa chambre tout en redressant le col de son manteau.

- On ne trouve pas Yûgi, expliqua Marek.

Seto leva les yeux au ciel.

- Quelqu'un a-t-il pris la peine de demander au Pharaon ?

Tous se tournèrent vers la porte encore close du Pharaon.

- Il dort toujours, répondit Shizu.

Seto l'ignora et s'approcha de la chambre de Yami avant de donner un coup timide à la porte.

- Yami ? Tu es debout ?

Il n'y eut pas de réponse, aussi Seto ouvrit-il précautionneusement la porte avant de sourire à ce qu'il vit à l'intérieur.

- Qu'est-ce que c'est ? fit Ryô en s'approchant. Oh, ajouta-t-il quand il vit à son tour.

Marek et Shizu se précipitèrent et poussèrent les deux autres à l'écart pour se voir. À l'intérieur, Yami était encore endormi mais il n'était pas seul. Yûgi s'était recroquevillé contre Yami et celui-ci avait enveloppé ses bras de façon protectrice autour de son hikari.

- Je crois que quelqu'un a fait un cauchemar cette nuit, observa Seto.

Les Mages étaient familiers avec des scènes comme celle-ci et les circonstances qui les entouraient.

- Le mieux est de les laisser dormir, décida Shizu en refermant doucement la porte. Je crois que tu ferais mieux d'oublier votre entraînement matinal.

- Eh bien, maintenant que le mystère est résolu, je m'en vais «surveiller» la Grande Salle pour le petit-déjeuner, déclara sèchement Seto.

Et il se dirigea vers la porte en prenant un bagel sur la table en passant. Il était presque à la porte quand il se retourna et s'adressa à Shizu :

- Je sais à quel point tu détestes réveiller le Pharaon, mais assure-toi qu'il ne dormira pas pendant notre séance d'entraînement ce soir.

Shizu se hérissa contre l'ancien milliardaire.

- Le Pharaon et le Prince seront réveillés à temps pour accomplir leurs devoirs.

- Je m'assure juste, sourit Seto avant de finalement partir.

- Il pense qu'il va battre Yami, n'est-ce pas? demanda Marek de façon rhétorique en fixant le Prêtre.

-Qui pense pouvoir botter le vieux cul royal du Pharaon ? demanda Bakura en sortant de sa chambre.

Ses cheveux étaient mouillés et il avait une serviette autour du cou, indiquant qu'il venait de prendre sa douche.

- Seto, répondit Ryô avec un roulement d'yeux.

- Évidemment, souffla Bakura, attrapant le journal et une pomme de la table.

Il s'installa sur le canapé avec eux.

- Je pensais que toi et Yûgi aviez entraînement ce matin ? commenta-t-il en regardant Marek.

- C'est le cas, répondit Marek en se détendant sur son siège, mais l'un de nous à fait un cauchemar cette nuit et dort toujours.

- Donc tu es libre ce matin ? questionna Bakura, un sourcil levé.

- Ouuuui, répondit lentement Marek, se demandant pourquoi Bakura clarifiait une telle chose.

- Bien !

Bakura jeta son journal.

- Nous pouvons donc aller faire quelque chose à ce horrible crapaud.

Le visage de Marek s'éclaira quand il réalisa qu'ils pouvaient enfin mettre certains plans en action. Ryô et Shizu échangèrent un coup d'œil et roulèrent des yeux. Quand Marek et Bakura s'associaient et commençaient à faire des blagues ou d'autres actes malicieux, il n'y avait pas moyen de les arrêter.

- N'avez-vous pas besoin de l'approbation de Pharaon avant de faire quoi que ce soit ? demanda Shizu, s'assurant qu'ils ne s'avançaient pas trop.

- J'ai reçu son approbation il y a une semaine, annonça Marek, balayant les paroles de sa sœur. On commence petit ?

- Mais bien sûr.

Bakura eut un sourire sauvage.

- On déménage tous ses meubles de deux pouces vers la gauche ?

- Parfait !

Marek copia le sourire de Bakura. Les deux quittèrent leur sœur et hikari qui les regardaient avec un mélange d'amusement et d'incrédulité.

Ryô fut celui qui rompit le silence.

- Cette femme ne va pas avoir toute sa tête au moment où Seto va la jouer, n'est-ce pas ?


Harry – AD

Finalement, après une semaine, Harry avait trouvé un jour pour tenir la première leçon de la nouvelle année. Cela avait été une longue semaine pour lui : il s'était inquiété d'Ombrage et de ses leçons avec Rogue et tout le monde l'avait dérangé à propos de cette réunion. Au moins, le cours de défense contre les forces du mal avait été intéressant. Ce n'était presque rien, mais pour une raison quelconque, Ombrage percutait les bureaux de la classe et tout le monde l'entendait entrer en collision avec les meubles dans son bureau. C'était comme si elle n'était pas familière avec le placement de chacun, même tout était exactement la même place qu'avant les vacances.

La plupart des étudiants trouvaient cela quelque peu divertissant, en particulier Fred et George qui se demandaient quel sort avait été utilisé sur Ombrage et comment ils pouvaient l'utiliser dans leurs productions de blagues. Malheureusement, tout cela avait rendu Ombrage plutôt énervé et elle se défoulait sur ses élèves. Surtout sur Harry. Il gémit en se souvenant qu'il devait aller en retenue avec elle demain soir à cause d'un emportement en classe aujourd'hui.

Il secoua la tête pour s'éclaircir les pensées. Il ne voulait pas penser à ça ce soir, pas quand ces réunions étaient vraiment la seule chose qui restait de Poudlard. Ron et Hermine avaient des devoirs de préfets à remplir avant de pouvoir venir alors Harry arriva tôt. Alors qu'il parcourait les étagères pour trouver un livre pour tuer le temps, il se demanda combien de personnes se présenteraient ce soir. Combien de personnes auraient fait marche arrière durant les vacances quand elles auraient eu le temps de s'attarder et de penser au groupe illégal auquel elles appartenaient ?

Trouvant un livre sur les sorts défensifs, Harry s'installa sur un coussin et commença à lire. D'accord, c'était moins de lecture et plus regarder les images illustrant différents sortilèges, mais il supposait qu'Hermione serait ravie qu'il ait au moins pris un livre. Dix minutes avant le début de la réunion, Luna se présenta.

- Oh, salut, la salua-t-il en se levant et reposant son livre à sa place. Comment étaient tes vacances ?

- Bonjour, Harry, répondit-t-elle. J'ai passé beaucoup de temps à essayer de trouver un nid de nargoles pour que l'école puisse en débarrasser.

- Ça a l'air… marrant ? tenta maladroitement Harry, pas encore tout à fait habitué aux croyances uniques de Luna.

- Ça l'est, rayonna-t-elle.

Harry soupira de soulagement en comprenant qu'il avait visé juste.

- J'ai rencontré l'une des créatures des Mages durant l'une de mes recherches, continua-t-elle nonchalamment.

- Une de leurs... créatures ? répéta Harry.

Il ne pensait pas que les Mages avaient des animaux ou des créatures sous leur contrôle. Cependant, ils pouvaient modeler les Ombres en tout ce qu'ils voulaient. Peut-être était-ce qu'elle avait vu ?

- Quelque chose fait d'Ombres ?

- Non, une mignonne petite créature couverte de fourrure, répondit Luna. Il agissait presque comme un chiot quand il était autour d'eux. Bien qu'apparemment, il puisse exploser au contact d'un ennemi. Cela m'a rappelé un exploding snabberwitch.

Harry s'approcha prudemment de l'étrange fille, se demandant si quelque chose était arrivé durant sa rencontre avec les Mages. Est-ce qu'ils l'avaient attaqué pour avoir été trop proche de… quoi que c'est pu être ?

- Comment tu sais ça ?

- Ils me l'ont dit, révéla doucement Luna. Nous avons pris un thé. Tu sais, ils sont vraiment très intéressants.

Harry la fixa, sans voix. Les Mages, les froids et impitoyables Mages, avaient pris le thé avec Luna et Luna était assise là à lui en parler, comme si ce n'était pas grave ! Il avait l'impression qu'ils n'aimaient pas les sorciers ! En fait, ils le lui avaient dit plus d'une fois. Alors pourquoi s'asseoir avec une sorcière pour boire du thé ? Surtout une aussi étrange que Luna. Il y avait certainement de meilleurs choix.

- Alors, euh...
Harry s'éclaircit la gorge pour essayer de retrouver sa voix.

- De quoi d'autre avez-vous parlé ?

- Oh, beaucoup de choses. Les Ombres sont un paradoxe si fascinant.

Cho et ses amis entrèrent alors dans la pièce donc Harry ne put insister plus. Pas qu'il le puisse si le voulait de toute façon. Son esprit s'était vidé au moment où il avait vu Cho.

- Salut, Harry, sourit Cho alors que d'autres personnes entraient à sa suite.

- Euh, salut, répondit-il en essayant de ne pas trébucher sur ses propres pieds.

Il fut sauvé de toute maladresse par l'arrivée de plus de membres de l'AD.

Enfin, il fut temps que la réunion commence. Harry se tint devant l'assistance et fut agréablement surpris que chaque membre soit revenu.

- Bienvenue, les salua-t-il. Puisque nous revenons de vacances, commençons par examiner l'étourdissement et les boucliers pour nous assurer que nous ne soyons pas rouillés et ensuite nous allons passer à autre chose. Alors faites équipe et je passerai parmi vous si vous avez des questions.

Tout le monde rassembla les coussins pour les chutes et des sorts commencèrent à voler. Harry se dirigea directement vers Ron et Hermione qui s'étaient associés.

- Restez là après, leur murmura-t-il. J'ai quelque chose à vous dire.

Les deux adolescents échangèrent un regard confus puis haussèrent les épaules, acceptant silencieusement de rester derrière. Non qu'ils ne le feraient pas de toute façon ; leurs devoirs de préfets étaient faits pour ce jour. Harry continua à marcher parmi les paires, corrigeant régulièrement un placement de baguette ou une prononciation. L'habileté de Neville avait diminué un peu durant les vacances, mais il rebondissait rapidement.

Harry regarda autour de lui et sourit, éprouvant une profonde satisfaction de savoir que les B.U.S.E.s arrivaient bientôt et que beaucoup d'entre eux effectueraient ces sorts sous le nez d'Ombrage. Il avait hâte de voir l'expression sur son visage quand ils effectueraient parfaitement ces sorts.

La session se termina sur une introduction aux enchantements, que Ginny maîtrisait effrayamment bien.

- Bon travail, les gars, commenta Harry. Nous essayerons de nous revoir la semaine prochaine.

Harry dispersa l'AD dans leurs groupes standards de deux ou trois en utilisant la carte du Maraudeur. Ron et Hermione restèrent en arrière, attendant Harry. Ils utilisèrent ce temps pour ranger la pièce et nettoyer un peu pendant que tout le monde partait. Cho s'était attardée mais elle avait été entraînée par son amie. Harry remarqua son sourire désolé quand elle disparut par la porte.

- Qu'est-ce que tu voulais nous dire ? demanda Ron aussitôt que les deux dernières personnes furent parties.

Harry jeta un coup d'œil furtif autour de lui, même s'ils étaient seuls.

- Eh bien, je parlais à Luna avant que tout le monde ne se montre, commença-t-il. Elle m'a dit qu'elle avait eu... une rencontre avec les Mages pendant les vacances.

- Est-ce qu'ils l'ont joué ? demanda Hermione, horrifiée en jetant un regard à la porte par laquelle tout le monde était parti.

- Ce n'est pas possible, protesta Ron. Elle a toujours son âme.

- Non, ils ont pris le thé, dit Harry, conspirateur.

Ron et Hermione le regardèrent, choqués, se demandant clairement s'ils avaient bien entendu.

- Le thé ? croassa Ron. Ils ont pris le thé ?

- Tu es sûr ? fit Hermione. Ça ne leur ressemble pas.

- Je sais, approuva Harry, mais elle a dit quelque chose qui m'a rappelé ce que Marek m'a dit pendant les vacances.

- C'était quoi ?

- Elle a dit que les Ombres étaient un paradoxe.

- C'est presque exactement ce que Marek nous a dit, s'exclama Ron avec enthousiasme. Tu crois qu'elle nous dirait ce que ça veut dire ?

- Je ne sais pas, hésita Hermione. Luna n'est pas connue pour ses théories ayant un sens. Elle croit en des créatures inventées après tout. Je ne pense pas que tout ce qu'elle ait appris ou compris soit juste. Les Mages semblent très protecteurs avec leurs secrets. Je ne pense pas qu'ils la laisseraient circuler librement si elle pouvait révéler quelque chose.

- Donc soit elle a tort, raisonna Harry.

- Soit les Mages lui ont fait quelque chose pour l'empêcher de parler à quelqu'un, finit Hermione d'un air sombre.

- C'est comme si elle avait compris quelque chose, lui rappela Ron.

- Le fait est que nous devrions probablement garder un œil sur elle. Pour nous assurer qu'elle ne soit pas victime d'un chantage ou de quelque chose d'autre de leur part. Et peut-être lui parler si nous en avons l'occasion.
Ses amis acquiescèrent d'un signe de tête. Peut-être qu'ils finiraient par apprendre quelque chose sur le fonctionnement de la magie des Ombres.