Hawaï au mois de janvier, c'était un beau soleil et des températures pouvant atteindre les 26°C. Mais c'était aussi des averses occasionnelles, ponctuelles mais rinçantes. Et ce fut une de ces pluies qui accueillit les passagers du vol 458 en provenance de Chicago/escale à L.A. à leur descente d'avion ce samedi matin. Tous se hâtèrent alors de traverser le tarmac pour aller s'abriter dans le grand hall de l'aéroport international d'Honolulu.
Dans un brouhaha assourdissant, Frank tapa bruyamment ses mains l'une contre l'autre pour rassembler ses troupes. Il récolta ainsi l'attention de Lincoln, Veronica et LJ, Sucre et Maricruz, Lizzie et David, et enfin Michael et Sara, accompagnés de Neena qui était la seule enfant du groupe puisque Noah, Paloma, Samuel et Lucas avaient été confiés à leurs grands-parents respectifs le temps du week-end.
- Bon, je n'avais pas voulu vous dire dans quel hôtel on descendrait ni vous montrer de photos pour vous réserver la surprise. Alors vous allez prendre un taxi et simplement demander au chauffeur de vous conduire à l'hôtel Halekulani, articula Frank.
- Oh attendez, faut que je note moi, je vais pas m'en souvenir…
Sucre pressa Maricruz de sortir un papier de son sac, de lui donner un stylo puis il fit répéter Frank pour noter le nom de l'hôtel.
- C'est à une petite quinzaine de kilomètres d'ici, reprit Frank, et c'est à deux pas de Waikiki Beach, vous allez voir je suis sûr que ça va vous plaire !
- L'hôtel est au bord de la mer ? comprit LJ avec des yeux pétillants d'excitation.
- Oui.
- Et est-ce que c'est un 5 étoiles ? demanda Lincoln qui se reçut aussitôt un coup de coude de Veronica.
- Seulement 4, j'espère que ça ira quand même, répondit Frank avec amusement. Aller, maintenant tout le monde va récupérer ses bagages et chacun se débrouille pour trouver un taxi. On se retrouve à l'hôtel.
Le temps de faire la route jusqu'à l'hôtel, la pluie avait cessé et c'était de nouveau un magnifique soleil qui régnait dans le ciel azur. À présent tous postés devant l'entrée de l'établissement, leurs valises à leurs pieds, ils n'avaient pas assez de leurs deux yeux pour admirer la splendeur des lieux, un véritable petit coin de paradis sur terre.
Dans un grand parc verdoyant, il y avait plusieurs bâtiments plus ou moins haut, aux façades d'un doux jaune doré, qui abritaient l'hôtel en lui-même, les salles de restaurant, un spa de luxe, un business center avec salle de réunion et de conférence, et enfin une grande salle de banquet. À l'extérieur, le parc était impeccablement entretenu. De magnifiques massifs de fleurs jaunes et fuchsias égayait le vert du gazon et des dizaines de palmiers s'élevaient un peu partout, rendant les lieux follement et définitivement exotiques. Sur la gauche, dans le fond du parc, on distinguait une immense piscine entourée de transats et de petits parasols blancs, véritable invitation au farniente. Et en arrière plan, pour parfaire ce paysage de carte postale, on apercevait la mer et on devinait, plus loin encore, les monts rocheux d'une île voisine.
- Je crois que ça va être le meilleur week-end de toute ma vie, prédit Lincoln.
- Est-ce que vos collègues politiciens vont également séjourner ici ? demanda Veronica à Frank.
- Une partie oui. Deux hôtels se partagent les réservations, l'autre c'est le Royal Hawaïen. Luxueux aussi mais à la déco un peu plus vieillotte.
C'est alors que deux petits hommes en short et chemisette blanche, poussant chacun une plate-forme porte-bagages, et un autre, grand et baraqué en costume cravate noir, tous trois hawaïens d'origine, arrivèrent à la rencontre du petit groupe.
- Monsieur le gouverneur Tancredi ? devina l'homme en costume en s'approchant de Frank.
- Oui, confirma ce dernier.
- Je suis James Aiona, directeur de cet hôtel. Sachez que c'est un plaisir de vous recevoir vous et vos proches et je vous souhaite à toutes et tous la bienvenue, déclara-t-il avec un grand sourire en regardant tous ses nouveaux clients.
- Merci, apprécia Frank au nom de tous.
- Bane et Keanu vont s'occuper de vos bagages si vous voulez et je vous invite à regagner l'accueil où les clefs de vos chambres vous seront remises.
James tendit son bras pour indiquer la direction à suivre tandis que les deux chasseurs commençaient à disposer toutes les valises sur les deux porte-bagages.
Dans le grand hall d'accueil, la décoration était claire et fraîche. Le sol était de marbre rosé, les murs étaient blancs, il y avait de grandes arcades ouvertes sur l'extérieur et habillées de rideaux qui ondulaient sous l'effet de la légère brise qui soufflait. Une magnifique fontaine accueillait les arrivants et de part et d'autre du hall, de gros fauteuils en rotin étaient regroupés pour former de petits salons d'attente.
Les clefs des chambres furent vite récupérées et chacun put rejoindre son antre.
oOo
Alors que Michael et Neena observaient la vue imprenable sur l'océan pacifique que leur offrait leur petite terrasse privée, Sara était occupée à défaire leur valise quand elle entendit frapper à la porte. Elle donna son autorisation à la personne d'entrer et ce fut Lizzie et Lincoln qui arrivèrent dans la pièce avec une excitation manifeste.
- Bon sang il s'est pas moqué de nous ton père ! déclara Lizzie tandis que Lincoln parcourait la chambre des yeux pour se rendre compte que c'était la même que celle qu'il partageait avec Veronica.
- Ouais, renchérit-il. T'y retournes quand tu veux en taule parce que si on se fait remercier comme ça à chaque fois qu'on t'en sort, moi je réitère sans problème.
Il partit ensuite rejoindre son frère sur le balcon. Il se posta devant la rambarde, perdit son regard sur l'horizon et, ses poings sur ses hanches, il inspira profondément pour se nourrir du bonheur qui émanait de cet endroit.
- Tu sais, je crois que je pourrais tout lâcher pour venir vivre ici. Ouais…
Lincoln plissa les yeux et hocha doucement la tête, appréciant l'idée qu'il se faisait d'une vie passée ici.
- … j'ouvrirais une petite boutique sur la plage. Vente et location de surf et de matériel de plongée… Je pourrais même être prof de surf et…
- Eh eh ! Reviens sur terre ! l'interrompit Michael. On est là pour le week-end, c'est tout.
- Parle pour toi ! Moi je vais y réfléchir sérieusement.
Lincoln tourna les talons et repartit dans la chambre d'une démarche déterminée. Il claqua des doigts pour interpeller Lizzie qui se leva du lit sur lequel elle s'était assise.
- Si quelqu'un nous cherche on est partis visiter l'hôtel, indiqua-t-il avant de quitter la pièce avec Lizzie.
- D'accord, marmonna Sara en même temps qu'elle allait ranger sa valise à présent vide au fond du placard.
Elle rejoignit ensuite Michael et Neena sur la terrasse, se blottit dans les bras du premier et porta son regard au loin, admirant le panorama.
- Ça va ? lui demanda Michael avant de lui déposer un baiser sur la tempe.
- Oui…
Elle releva son visage vers lui.
- Je suis tellement impatiente d'être à ce soir, souffla-t-elle.
Michael esquissa un sourire et passa un pouce caressant sur ses lèvres avant de venir l'embrasser tendrement.
oOo
À l'heure du déjeuner, tout le monde - excepté Frank - s'était réuni dans un des restaurants de l'hôtel et avait pris place autour d'une grande table en terrasse. Abrités du soleil par un grand parasol en paille, ils s'apprêtaient à manger avec vue sur la mer.
- Vous jouez à « quel est celui qui arrivera à en mettre le plus dans son assiette sans que ça tombe» ? demanda Veronica en voyant Sucre et Lincoln revenir enfin du buffet avec leur assiette plus que généreusement garnie.
- C'est à volonté, on va pas se priver, se défendit Lincoln en s'asseyant à table.
- Dis Vee, l'interpella Michael, est-ce que Linc t'a dit qu'il envisageait très sérieusement de venir s'installer ici pour ouvrir une boutique au bord de la plage ou je sais pas quoi ?
- Ouais. Mais je lui ai dit qu'on viendrait vivre ici seulement quand on sera à la retraite.
- Alors pour le surf c'est mort, marmonna Lincoln comme un gamin à qui on refuse un jouet.
Il planta ensuite sa fourchette dans sa nourriture d'un geste rageur. Au même moment, Frank, chemise à fleurs et pantalon en toile, s'approchait de la tablée.
- Ah Frank ! s'exclama Lizzie qui fut la première à le voir arriver. Eh, franchement, encore merci, il est génial cet hôtel ! Je crois qu'après ça va être à nous de vous offrir un voyage pour vous remercier de celui-là.
- Dites pas de bêtises ! Ça me fait plaisir.
- Euh… c'est une tenue pour un gouverneur ça ? interrogea LJ qui fixait Frank d'un œil perplexe depuis le début.
- Ah mais aujourd'hui je ne suis pas en fonction. Demain je le serai, il est prévu que je déjeune avec Linda Lingle, le gouverneur d'Hawaï . Et lundi aussi, pour les cérémonies commémoratives. Je pense que vous ne me verrez pas beaucoup d'ailleurs mais en attendant, j'ai une journée de congé.
- Vous déjeunez avec nous ? proposa Lizzie.
- Non, pas tout de suite. J'ai une petite surprise pour vous et c'est l'heure que j'aille la chercher. C'est ce que je venais vous dire. Je vais en avoir pour une petite demi-heure. Je vous dis à plus tard et bon appétit ! leur souhaita Frank avant de s'éloigner.
Tous se tournèrent vers Michael et Sara qu'ils interrogèrent du regard.
- Vous savez ce que c'est cette surprise ? leur demanda Veronica.
Ils secouèrent la tête et haussèrent les épaules en signe de négation.
- Bon, reprit Lizzie, il faudrait qu'on se fasse un petit programme avec les différentes activités qu'y a à faire. Tout à l'heure, avec Linc, on est allés à l'accueil pour qu'ils nous donnent des brochures et la réceptionniste nous a dit qu'y avait un truc à faire absolument. C'est une randonnée dans la forêt, qui crapahute un peu dans les petites montagnes, et si on suit le chemin balisé, on finit par arriver à une petite crique sauvage absolument somptueuse, enfin c'est ce que la dame nous a dit.
- Ouais, il parait que ça vaut le coup d'œil, confirma Lincoln entre deux mastications.
- Moi ça me dit bien, j'adore marcher en plus, approuva Veronica.
- C'est vrai que cette île donne très envie d'aller se promener, renchérit Maricruz.
- On a qu'à faire ça cet aprèm' !
- Euh… si vous voulez mais ce sera sans moi, intervint Sara.
Lizzie la regarda avec une petite moue déçue.
- Pourquoi ?
- Je suis enceinte de quatre mois je te rappelle alors rien que le mot « randonnée » m'épuise.
- Ah oui, merde, j'y pensais plus, pouffa Lizzie.
- C'est vrai qu'on aurait facilement tendance à oublier qu'elle enceinte parce qu'elle est vachement moins chiante que quand elle l'était de Neena ! ricana Lincoln.
Sara riposta en lui envoyant un bout de pain à la figure.
- Bon, et je suppose que si Sara vient pas tu viens pas non plus, devina Lizzie en regardant Michael.
- Non, confirma-t-il. Mais ne vous arrêtez pas à nous, faites-la cette randonnée.
- Ça c'est sûr ! Je veux pas être désobligeante mais on saura se passer de vous. Alors, qui est ok pour cette rando ?
Tout le monde approuva et il fut décidé qu'elle aurait lieu l'après-midi même, sans les futurs parents.
oOo
Toujours attablé, le petit groupe venait de passer au dessert lorsqu'ils virent Frank revenir, tout sourire, avec sa surprise qui le talonnait de près.
- Ahhhhh ! s'écria Sucre avec excitation en voyant Judy qui s'avançait aux côtés du gouverneur.
- Surprise ! s'exclama-t-elle en ouvrant grand ses bras.
Bras dans lesquels Neena partit se jeter après s'être levée de sa chaise pour se ruer vers la jeune femme. Judy s'accroupie pour la réceptionner. Elle se releva en la couvrant de bisous.
- Je suis contente de te voir ! se réjouit Neena. C'est mieux en vrai que par la Webcam !
- Ah ça c'est sûr ! confirma Judy dans un petit rire.
Elle cala ensuite Neena sur sa hanche et s'approcha de la table.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Lincoln.
Judy le fixa avec un grand sourire qui se fit insolent sur les bords.
- Je viens gâcher ton week-end.
- Moi je suis trop content que tu sois là ! s'enthousiasma Sucre. Ça faisait quand même plus d'un an qu'on t'avait pas vue.
- C'est exactement pour ça que je lui ai demandé de venir, expliqua Frank. Comme elle n'avait pas pu être là pour les fêtes de fin d'année, j'ai insisté pour qu'elle se libère et nous rejoigne ce week-end.
- Insisté c'est peu de le dire ! J'ai franchement eu l'impression que je vous ferais la pire des offenses si je venais pas, rapporta Judy en écarquillant les yeux.
- Il sait être culpabilisant, n'est-ce pas ? s'amusa Sara.
- Mais c'était pour la bonne cause, se défendit Frank. Vous êtes heureux de la voir, non ?
- Terriblement, souffla Michael dans un sourire en adressant un clin d'œil à Judy.
- Excuse-moi, intervint David qui, les sourcils froncés, dévisageait la jeune femme depuis son arrivée. Je sais qu'on s'est déjà vus mais je me souviens plus à quelle…
- Mais si ! soupira Lizzie. On l'avait vue à la fête du nouvel an l'année dernière. Mais t'étais pas resté sobre bien longtemps alors ça m'étonne pas que tu t'en souviennes pas.
- Moi je me souviens bien de vous deux, déclara Judy avec un sourire amical. Et vos jumeaux, comment ils vont ?
- Bien, répondit Lizzie, merci.
Judy porta ensuite son attention sur Lincoln et Veronica.
- Et p'tit Noah, il va bien aussi ?
- Oh oui, impeccable, répondit Veronica. Il ressemble chaque jour un peu plus à son père mais à part ça, ça va.
Judy pouffa de rire et Lincoln roula des yeux.
- Et vous ? demanda-t-elle ensuite à Sucre et Maricruz. Votre puce va bien également ?
- Oui, je touche du bois pour que ça dure, pria Sucre en tapotant le bout de ses doigts sur la table.
- Vous l'avez pas amenée avec vous ?
- Non, mais j'ai des photos dans mon portefeuille si tu veux.
- Oh bah des photos j'en ai déjà vues, j'aurais bien aimé la voir en vrai, regretta Judy.
- Ce sera pour une autre fois, la réconforta Maricruz.
- Ouais…
Judy reposa Neena au sol et la fillette partit s'installer sur les genoux de son père.
- En tous cas moi je le redis, reprit Sucre, je trouve ça super que tu sois là. Parce que en plus, comme ça, Mari et moi on ne sera plus les seuls à ne pas mériter ce voyage. Toi non plus t'as pas aidé à sortir Sara de… enfin tu me comprends.
- Non mais attendez, intervint Frank, je vais mettre les choses au point : tout le monde mérite ce voyage. J'ai dit qu'il servirait aussi à remercier ceux qui ont aidé Sara mais même avant qu'il y ait cette histoire il était prévu que je vous invite à venir aux commémorations ici. Quand elles ont lieu dans le Montana ou dans le Vermont c'est pas très intéressant mais quand elles se déroulent à Hawaï, je trouve que c'est une bonne occasion de passer un week-end sympa tous ensemble. C'est avant tout pour ça que je vous ai proposé de venir. Alors profitez de ce séjour sans le moindre scrupule !
- Ok, d'accord ! Alors pour commencer à en profiter bien à fond, je vais aller me rechercher du dessert, annonça Sucre en se levant de sa chaise. Judy, tu veux que je te rapporte quelque chose ?
- Non merci, j'ai déjà déjeuné dans l'avion.
- Frank, vous voulez…
- Je vais venir avec vous voir ce qu'i manger, déclara Frank.
Et tandis que les deux hommes partaient vers le buffet, Judy contourna la table pour venir s'asseoir à côté de Sara, sur le siège que Neena avait abandonné.
- Ça va toi ? La forme ? demanda-t-elle à la future maman.
- La forme et les formes, oui, rigola Sara.
- Tu sais si c'est une fille ou un garçon ? Non, pas encore…
- Non, confirma Sara.
- Au fait Judy, l'interpella Lincoln, t'es pas venue avec ton petit français ?
- L'appelle pas comme ça, il fait une tête de plus que toi je te rappelle ! Et non, je suis pas venue avec lui, il bosse. Ils fêtent pas l'anniversaire de Martin Luther King en France, c'est pas férié pour eux.
- On a prévu d'aller faire une rando en forêt cet aprèm', ça te dirait de venir avec nous ? proposa Veronica.
Judy afficha une petite grimace peu emballée.
- Ben… je suis pas sûre d'avoir très envie d'aller à la rencontre de la faune locale moi...
- Non mais attends, on part pas en explorateurs de forêt vierge, on suivra un sentier balisé dans un coin où les gens ont l'habitude de se promener.
- Mouais…
- Ce qu'il faut surtout que tu voies, reprit Lincoln pour tenter de la convaincre, c'est que si tu viens pas avec nous, tu vas te retrouver avec Mike et Sara à leur tenir la chandelle tout l'après-midi !
- Parce que si Sara peut pas faire la rando tu viens pas non plus ? comprit Judy en regardant Michael avec un petit sourire moqueur. Tu veux pas la lâcher deux minutes ta femme ! se navra-t-elle.
La tablée pouffa de rire mais Michael ne se laissa pas démonter.
- Allez tous vous faire voir ! Je laisserai pas Sara toute seule !
- Si tu veux moi je reste avec elle et toi tu vas marcher avec les autres, proposa mine de rien Judy, se la jouant serviable pour le taquiner davantage.
Michael plissa ses yeux dans un regard hostile et son amie hocha la tête avec amusement.
- Ouais, bon, c'est d'accord, je vais la faire avec vous cette randonnée, déclara-t-elle. Sinon je crois que je vais déranger.
oOo
Le début de l'après-midi était déjà bien entamé lorsque que le petit groupe quitta enfin le restaurant. Tandis que tous arpentaient les couloirs de l'hôtel pour regagner leur chambre respective, Michael et Judy fermaient la marche, se tenant en retrait, à quelques mètres des autres.
- Au fait, murmura Judy, félicitations !
- Pourquoi ?
- Ah ah, oui, c'est une bonne question ça ! C'est vrai que t'es l'homme le plus félicitable de la terre ces derniers temps. Laisse-moi réfléchir… je t'ai déjà félicité pour tes fiançailles, pour le bébé aussi alors… je crois que cette fois c'est pour ta promotion.
Michael s'arrêta aussitôt de marcher et écarquilla les yeux.
- Comment tu le sais ? Je l'ai obtenue officiellement hier, je l'ai dit qu'à Sara pour l'instant.
Judy s'était également immobilisée et retournée pour lui faire face.
- J'ai mes sources. Je bosse plus chez Middleton mais t'es pas le seul de la boîte avec qui j'ai gardé le contact.
- Qui a cafté ? Vas-y, balance, je veux des noms !
- Peu importe, s'amusa-t-elle. Je suis contente pour toi, tu méritais de prendre du galon, tu vas faire un boulot encore plus intéressant maintenant.
- Plus intéressant mais plus prenant aussi, grimaça Michael.
- Non, pas si tu sais gérer le truc. Ce qui prend du temps c'est le boulot mal fait, parce qu'il faut le refaire. Mais toi tu bosses bien, alors y aura pas de problème. La seule véritable difficulté quand tu passes chef de projet c'est qu'il faut savoir encadrer ses troupes pour qu'elles donnent le meilleur. Parce que si on doit sans arrêt repasser après tout le monde ou réparer leurs conneries, oui, ça aussi ça prend du temps. Alors faut savoir se montrer pédagogue, mais c'est génial, et très stimulant.
- Et toi tes 80 heures par semaine tu les fais parce que tu bosses mal ou parce que tu sais pas diriger tes troupes ? interrogea Michael avec un sourire narquois au coin de la bouche.
Judy éclata de rire.
- Ni l'un ni l'autre, mes 80 heures je les fais parce que je veux bien les faire. Je suis pas un bon exemple à suivre moi, mon boulot c'est toute ma vie, j'ai pas de famille à charge et je vois mon mec un week-end par mois. Mais je peux t'assurer que j'ai des collègues qui sont pères de famille et la vie est cool pour eux. Ce qu'il faudra garder à l'esprit c'est que c'est pas parce que t'es responsable du projet que c'est à toi de tout faire. Faut savoir déléguer. Et ça… bon, j'avoue, c'est quelque chose que je ne sais pas trop faire. Mais je crois que ça vient du fait que je suis une femme. Y a pas à dire, même au 21ème siècle ça reste un handicap, surtout dans un métier d'hommes. J'ai l'impression que je dois faire mes preuves tous les jours mais bon, c'est un autre débat. Moi je suis sûre que tu sauras parfaitement concilier job et vie de famille.
- J'espère, soupira Michael. Ce qui me fait peur c'est que des fois on se laisse embarqué dans un truc et on se retrouve dépassé sans même sans rendre compte… Et je sais que Sara ne supporterait pas que ce qu'il s'est passé l'été dernier se reproduise.
- Et c'est légitime. C'est vrai que t'avais merdé. Joliment ! Mais dis-toi que ça t'a servi de leçon et que tu l'as retenue. Au moins maintenant tu sais quelles sont les pièges à éviter. Et tu les referas pas, je le sais.
Judy adressa un regard confiant à Michael qui hocha doucement la tête.
- Alors t'inquiète pas et savoure ta promotion, reprit-elle. C'est une super nouvelle, et tu vas t'éclater tu vas voir ! C'est important de pouvoir s'épanouir dans son boulot aussi, non ?
- Si… Mais pour moi c'est loin d'être la seule chose qui compte, tu sais.
- Oui je sais, rigola Judy. C'est pour ça que j'ai dit « aussi ». Tu veux faire passer ta famille avant ton boulot et c'est tout à ton honneur. Mais une carrière professionnelle ça compte quand même et je crois que c'est important de pouvoir faire un job qui nous plaise et qui soit stimulant. Je suis d'ailleurs certaine que Sara est la première à le penser, vu comment elle aime son travail. Alors elle doit être contente pour toi, non ?
- Si, oui, évidemment !
- Bon alors tout baigne… Fais-moi un sourire !
Le simple fait que Judy le lui demande amusa Michael et il n'eut pas à se forcer pour lui offrir ce qu'elle voulait. Il s'approcha ensuite d'elle et l'enlaça tendrement.
- J'adore discuter avec toi, souffla-t-il. Tu sais, ça fait 5 ans que t'es partie à Washington mais tu me manques toujours comme au premier jour.
- Tu me manques beaucoup aussi… Et tu veux que je te dise ?
Il la relâcha pour la regarder.
- C'est aussi en partie pour ça que je fais 80 heures par semaine, murmura-t-elle. Pour oublier que je suis pas avec toi, avec vous tous… Mais bon, ce qui me réconforte c'est qu'on ne se voit qu'une fois par an, deux dans les bonnes années, mais à chaque fois qu'on se retrouve c'est comme si on s'était vus la veille. C'est précieux pour moi de savoir que le fait que je sois loin ne fragilise pas notre amitié. Qu'on est pas en train de devenir des étrangers…
- Non, on sera jamais des étrangers, lui assura Michael.
- Ouais… Bon, on y va sinon ils vont se demander ce qu'on fabrique.
Les deux amis se remirent à marcher dans les couloirs de l'hôtel pour rejoindre le groupe qui les avait semés.
- Dis, souffla Judy d'une petite voix, faut que je te demande un truc. C'est stupide mais il faut que je t'en parle parce que ça me turlupine depuis que je te sais fiancé… euh… quand vous vous marierez avec Sara, tu pourras… faire en sorte de me prévenir suffisamment à l'avance parce que pour rien au monde je voudrais manquer ça mais, sans vouloir faire passer mon job avant mes amis, je fais pas ce que je veux . Alors pour que je puisse être présente il faudra que je m'organise, que j'ai le temps de voir venir pour pouvoir me libérer et…
- Judy ! la coupa Michael. Il me viendrait pas à l'esprit une seule seconde de me marier sans ta présence alors… ne t'en fais pas le nécessaire sera fait, ok ?
- Hum… oui.
Elle esquissa un sourire soulagé et bientôt tous deux arrivèrent à hauteur de leur chambre respective.
oOo
Trois quarts d'heure plus tard, Lincoln, Veronica, Sucre, Maricruz, David et Lizzie s'étaient retrouvés à l'entrée de l'hôtel. Le ciel était parfaitement dégagé, le soleil tapait fort mais une légère brise bienvenue venait agréablement rafraîchir l'atmosphère. Vêtues de shorts, équipés de bonnes chaussures de marches, sacs à dos sur leurs épaules, lunettes de soleil sur le nez pour les uns et casquettes sur la tête pour les autres, ils attendaient les deux retardataires, LJ et Judy, pour partir arpenter la forêt hawaïenne.
Veronica était assise sur un petit muret en pierres et ses lunettes de soleil remontées dans ses cheveux laissaient voir son regard fixé sur le sol et ses sourcils froncés.
- À quoi tu penses ? lui demanda Lizzie. T'as la mine soucieuse.
- Pas soucieuse, suspicieuse, corrigea Veronica. Au sujet de ce week-end, je me demande si y aurait pas anguille sous roche.
- Comment ça ?
- Ben… tout à l'heure, quand Judy est arrivée, Mike et Sara avaient l'air content de la voir mais pas spécialement… surpris, non ? Je suis la seule à l'avoir remarqué ?
Veronica regarda tout le monde mais personne ne seconda son impression.
- Perso j'ai pas fait gaffe, déclara Sucre. Mais peut-être qu'ils le savaient qu'elle devait venir, peut-être que Frank le leur avait dit…
- Objection votre honneur ! Quand on leur a demandé s'ils savaient quelle était la surprise de Frank ils ont dit non.
- Mais peut-être pour pas nous gâcher la surprise à nous, argumenta Lincoln. Arrête de te poser trente-six mille questions. Y a pas des mystères à résoudre partout.
- Mais y a autre chose, insista Veronica. Ils ont une attitude bizarre, cachottière. Ils arrêtent pas de se murmurer des choses à l'oreille, ou de se lancer des petits regards évocateurs…
- Oui bah ça c'est pas nouveau, lui fit remarquer Lincoln. Des regards ils s'en lancent sans arrêt ! D'ailleurs des fois je suis à deux doigts de leur dire de se prendre une chambre tellement ils se dévorent des yeux.
Lizzie pouffa de rire avant de reporter son attention sur Veronica.
- Et d'après toi, ça cacherait quoi cette attitude « bizarre » ?
- J'en sais rien… mais je suis sûre qu'il se trame quelque chose.
- Ça y est, nous voilà ! lança Judy qui arrivait enfin avec LJ. Désolée de vous avoir fait attendre. Alors, par où on part, quelqu'un a un plan ?
- Ouais, j'en ai un, indiqua Lincoln. Mais normalement on ne devrait pas trop en avoir besoin. En fait pour commencer on va devoir longer la plage sur à peu près un kilomètre vers le sud et après on trouvera l'entrée de la forêt. À partir de là y aura qu'à suivre les balises.
- Ok. Ben c'est parti alors !
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Également resté à l'hôtel, Frank avait rejoint Michael et Sara dans leur chambre.
- Dis donc, je pensais que ce serait plus difficile que ça de leur faire faire cette randonnée, commenta-t-il.
- Ouais. La réceptionniste a su leur vendre le truc visiblement. Ça nous laisse combien de temps maintenant ? demanda Michael.
- S'ils marchent bien normalement ils devraient arriver à la crique dans trois heures environ.
- J'espère qu'ils vont pas se perdre, pria Sara qui terminait de remplir deux valises, séparant les affaires de Neena des siennes et de celles de Michael.
- Ah oui, ce serait contrariant ça, confirma Frank. Mais ils sont pas idiots quand même, ils vont savoir suivre un sentier balisé… En attendant le bateau est près, ils nous attendent.
Il alla chercher Neena qu'il prit dans ses bras et saisit ensuite le petit sac de voyage que lui tendait Sara. Michael s'empara de l'autre bagage et tous quittèrent la chambre dans laquelle ils ne reviendraient pas.
Dans le couloir, Michael et Sara suivaient Frank et Neena à quelques mètres de distance.
- Il est encore temps de faire marche arrière tu sais, murmura Michael à l'oreille de Sara.
- Alors là tu rêves ! Je suis désolée mais t'es fichu. Tu vis tes derniers instants d'homme libre Scofield !
Sans cesser de marcher, elle le regarda du coin de l'œil avec un petit air de prédatrice et il esquissa un sourire, fou de bonheur à l'idée d'être sa victime.
oOo
Cela faisait une demi-heure que le petit groupe avait commencé à s'enfoncer dans la végétation luxuriante de la forêt tropicale de Pana'ewa. L'atmosphère y était fraîche et humide, le soleil ne perçant que par faisceau ponctuel entre les arbres géants et touffus. Il régnait un calme presque surnaturel où seuls le chant des oiseaux ou le bruissement de leurs ailes lorsqu'ils s'envolaient résonnaient. En dehors du sentier que suivaient les randonneurs, la végétation était trop dense pour pouvoir tenter une sortie de piste. Il y avait par endroit de gros rochers recouverts de mousse et des centaines d'espèces végétales différentes, des fougères tapissant le sol au immenses arbres et palmiers masquant le ciel, offraient aux yeux émerveillés des milliers de nuances de vert différentes. Morceau de vie sauvage à l'état brut, l'homme ne pouvait se sentir que peu de chose en traversant cet écrin de verdure qui dégageait une puissance divine et fleurait bon la chlorophylle.
- C'est véritablement splendide, souffla Lizzie qui avançait le long du sentier sans regarder où elle mettait les pieds, préférant contempler ce paysage digne d'un conte fantastique. Vous savez, j'ai l'impression qu'on pourrait voir surgir un petit lutin ou une fée tellement cette forêt à l'air magique.
- Ouais… c'est bouleversant tellement c'est beau, renchérit Sucre, réellement ému.
- Je vais prendre une photo, déclara Veronica en s'arrêtant de marcher.
Les autres s'immobilisèrent également pour l'attendre. Elle sortit son petit appareil numérique de son étui accroché à la ceinture de son short et prit trois photos des environs.
- Quand Mike et Sara vont voir ce qu'ils ont manqué.
- Et Frank aussi, ajouta Sucre.
- Tiens, oui, pourquoi il est pas venu avec nous lui ? s'étonna Maricruz. Est-ce que quelqu'un avait pensé à l'inviter ?
- Oui, moi, répondit Veronica tandis que tous reprenaient la route. Mais il m'a dit qu'avec son cœur c'était pas encore très conseillé.
- Ah, d'accord.
- Bah alors Sara n'aurait pas été toute seule et Mike aurait pu venir avec nous, analysa LJ.
Judy pouffa de rire.
- Si tu veux mon avis le problème n'était pas qu'elle se serait retrouvée seule mais que LUI se serait retrouvé sans elle !
- S'il commence à ne plus pouvoir se passer d'elle l'espace de quelques heures ça devient grave, soupira Lincoln en roulant des yeux.
- Non mais je crois que c'est parce qu'elle est enceinte, supposa Veronica. Je sais pas si vous vous souvenez de nos vacances en Floride, quand elle attendait Neena, mais c'était pareil, il avait beaucoup de mal à la lâcher.
Elle se tourna ensuite vers Lincoln.
- Et toi tu devrais le comprendre, je te rappelle que quand j'étais enceinte de Noah tu m'appelais toutes les heures pour savoir où j'étais, ce que je faisais et comment j'allais.
- Non, c'est pas vrai, marmonna Lincoln.
- Si c'est vrai, insista-t-elle. À la fin je décrochais plus, murmura-t-elle ensuite à Judy qui souriait, amusée.
- Il veut jouer les gros durs indépendants mais lui aussi il tient beaucoup à sa petite femme. Bien plus qu'il ne veut l'admettre, déclara cette dernière.
- Miller, on t'a pas demandé ton avis !lui fit savoir Lincoln.
Elle secoua la tête avec amusement devant tant de mauvaise foi puis elle reporta son attention sur LJ qui marchait à côté d'elle.
- Et toi, où ça en est avec ta petite copine ?
LJ écarquilla les yeux.
- Quelle petite copine ? s'enquit aussitôt son père. T'as une petite amie et tu nous en as pas parlé ?
- Mais non… non, j'ai pas de… D'où est-ce que tu sors que j'ai une petite amie toi ? demanda LJ à Judy.
- Ben… je sais pas, c'est Neena qui m'a parlé plusieurs fois de cette fille qui vend des glaces dans le parc près de chez elle. Kitty elle s'appelle, c'est ça ? Elle m'a dit que vous vous entendiez bien et qu'elle t'avait vu lui faire des bisous.
- Ouh ! s'amusa Sucre tandis qu'LJ ouvrait la bouche d'indignation.
- Je suis désolée, se navra Judy. Je croyais que tout le monde le savait.
- Quand est-ce que tu comptais nous en parler ? demanda Veronica.
- Non mais on se voit un peu comme ça mais… je sais pas encore si c'est très sérieux, balbutia LJ. Non mais vraiment ? Neena t'a raconté ça ?
- Bah oui, répondit Judy. Faut savoir qu'à chaque fois qu'on se parle elle me fait un rapport détaillé de tout ce qu'elle sait, a entendu ou vu . Je crois que finalement j'apprends beaucoup plus de choses de sa bouche que de celles de Michael et Sara réunies.
- C'est vrai qu'elle peut être pipelette quand elle s'y met, confirma Lincoln. Elle doit tenir ça de sa tata Lizzie.
- Eh ! protesta l'accusée alors que David pouffait de rire.
oOo
Après une heure de marche, tous arrivèrent près d'un petit ruisseau qui serpentait sur une longue route de gros rochers arrondis et polis par des siècles passés sous l'eau. Un à un ils le traversèrent en prenant garde de ne pas glisser.
- Dites, je me demandais - et il est temps que je m'en inquiète - pour revenir, il va falloir qu'on refasse tout le chemin à l'envers ? interrogea Judy. Parce que je sais pas dans combien de temps encore on arrivera à la crique mais faudrait pas qu'on se retrouve surpris par la nuit après ?
- Non, pour revenir on suivra un chemin qui longe la plage et qui du coup est moitié moins long, indiqua Lizzie.
- Eh ! Vous entendez ? demanda Sucre en levant un doigt pour réclamer le silence. On dirait le bruit d'une cascade…
Sucre se mit à marcher rapidement, suivant la direction qu'indiquait la provenance du son. Tous les autres lui emboîtèrent aussitôt le pas et ils se retrouvèrent bientôt devant une immense falaise rocheuse haute de plusieurs dizaines de mètres d'où s'écoulait une magnifique cascade se réceptionnant dans une petite étendue d'eau limpide.
- Waouh ! C'est… magnifique ! souffla Veronica après de longues secondes passées à contempler le tableau en silence.
Elle s'avança vers les rochers recouverts d'une épaisse mousse verte qui bordaient le lac. Elle prit appui sur l'un d'eux et tendit son bras pour aller plonger sa main dans l'eau.
- Oh, elle est tiède ! s'étonna-t-elle.
- Normal, on est sur une île volcanique, lui rappela LJ.
Veronica demanda à tout le monde de se positionner devant la cascade, prit une photo souvenir, puis tous poursuivirent leur ballade.
oOo
- On entend le bruit des vagues, on doit plus être très loin de la crique, annonça Lizzie après une nouvelle heure de marche.
Ils parcourent encore plusieurs dizaines de mètres avant que la forêt ne s'éclaircisse et qu'ils aperçoivent enfin la mer au loin depuis la petite falaise sur laquelle ils étaient perchés. Et ce fut avec étonnement qu'ils découvrirent que deux hawaïens, un homme et une femme, les attendaient au terminus du sentier avec des colliers de fleurs pendus à leurs bras.
- Bravo, vous êtes pile à l'heure, déclara dans un grand sourire la petite femme brune au teint hâlé et aux yeux légèrement bridés.
- Pile à l'heure pourquoi ? demanda Lincoln, quelque peu perplexe.
- Pour le mariage.
Des regards interloqués furent échangés dans le petit groupe avant que la femme ne reprenne :
- Vous devez nous laisser vos sacs à dos et vos casquettes, on va s'en occuper, et vous devez aussi retirer vos chaussures et vos chaussettes s'il vous plaît.
- Vous êtes en train de nous racketter poliment ? s'inquiéta Sucre en relevant un sourcil méfiant.
- Non, rigola la petite femme. Tout vous sera rendu après la cérémonie, ne vous en faites pas.
- Excusez-moi mais… de quelle cérémonie vous parlez ? s'hébéta Lincoln.
- Linc ! l'appela Veronica.
Il se retourna pour la regarder et à l'image de Lizzie, Judy et Maricruz qui semblaient avoir parfaitement compris de quoi il s'agissait, elle avait les yeux brillants d'émotion.
- Ça me parait évident ! lui somma-t-elle de faire un effort de déduction. Quand je disais qu'y avait anguille sous roche j'avais raison.
Chacun se délesta de son sac à dos puis retira ses chaussures et chaussettes pour se retrouver pieds nus sur le sol fait de terre et de sable mélangés.
- C'est donc vous Lincoln ? demanda l'homme en regardant l'intéressé qui confirma d'un hochement de tête.
Il s'approcha de lui et pendit un grand collier de véritables fleurs de pluméria blanches et jaunes à son cou.
- Vous êtes le témoin du marié, annonça-t-il. Et qui est Lizzie ?
- Euh… c'est moi, répondit Lizzie en levant sa main.
L'homme s'approcha d'elle et la para d'un collier identique.
- Vous êtes celui de la mariée, lui fit-il savoir.
Lizzie caressa les fleurs de son collier en se mordant la lèvre inférieure pour retenir son émotion. Veronica, Sucre, Maricruz, Judy, LJ et David reçurent chacun un collier de fleurs roses et blanches que la petite femme vint pendre à leur cou.
- Vous pouvez descendre par ici pour rejoindre la plage, indiqua-t-elle enfin en désignant un petit escalier taillé dans la roche.
