Lorsque Scott arriva au lycée le jeudi matin, il était de très mauvaise humeur. Ses amis le remarquèrent aussitôt et si Jackson avait l'habitude de ne pas louper une occasion de se moquer de l'adolescent, il resta silencieux. Il n'était pas non plus d'humeur.

Aucun des loups garous n'était dans son assiette, en réalité. L'influence de la lune se faisait déjà sentir, ce qui rendait les lycanthropes tendus. Et il fallait ajouter à ça la fatigue de la fin de semestre et le stress des examens. La première épreuve, celle d'économie, se passait d'ailleurs dans quatre jours.

Les humains tentaient tant bien que mal de meubler la conversation, cependant, ni Isaac, ni Jackson, ni Scott ne faisaient des efforts pour participer à la discussion. La rousse commençait à s'agacer mais avant d'avoir eu le temps d'exprimer son agacement, son regard se posa sur Louane qui fouillait dans son casier.

Un sourire discret s'afficha sur ses lèvres et elle s'éclipsa discrètement du groupe pour trottiner vers la jeune fille et venir s'adosser contre le casier voisin de celui de l'adolescente.

— Salut ! lança joyeusement Lydia.

— Salut, lui répondit Louane.

— Dis, j'avais une question … commença la rousse, la bouche en cœur, en tripotant une mèche de ses longs cheveux. Tu ne trouves pas que le jean de Matt lui fait de très belles fesses ?

La brune rougit aussitôt mais son regard dériva, presque malgré elle, vers le photographe. Ses joues s'empourprèrent de plus belle et elle fut incapable de répondre.

— Je vais prendre ton silence pour un oui, s'amusa-t-elle. Et ferme la bouche, c'est pas très sexy !

Danny donna un coup de coude à Matt et tendit le doigt en direction des deux filles pour que son ami se retourne. Louane détourna aussitôt le regard et plongea dans son casier pour attraper le livre dont elle avait besoin tandis que Lydia faisait un signe de la main aux deux garçons.

— Tu viens manger avec nous ce midi ?

L'adolescent hocha rapidement la tête avant de fermer son casier, les joues toujours rouges. La rousse la regarda s'éloigner, un sourire réjoui sur les lèvres. Elle partit à son tour en direction de sa classe et quand elle passa devant Matt, l'adolescent l'interpella :

— Tu lui as dit quoi ?

— Rien de particulier. On a discuté de tes fesses.

— Quoi ? s'étrangla le photographe.

— Ne t'en fais pas, elle trouve qu'elles sont parfaites. Tu viens, Allison ?

Lydia attrapa le bras de sa meilleure amie pour l'entraîner vers leur salle de classe, sans se préoccuper des questions qui se pressaient contre les lèvres de Matt.

— Tu devrais arrêter de te mêler de leur histoire, la rabroua gentiment la brune. Ils sont assez grands pour se draguer sans que tu interviennes là-dedans.

— Tu parles ! Si Matt la drague à coup d'albums photos, on n'est pas prêt de les voir ensemble ! se moqua la rousse.

Son amie secoua la tête mais ne poursuivit pas la discussion plus loin. Elle avait un autre sujet à aborder avec l'adolescente.

— Dis, j'ai besoin de ton aide … souffla-t-elle alors qu'elles s'installaient côte à côte dans leur salle.

— Je t'écoute.

— C'est à propos de mon père et de Peter, avoua Allison.

Lydia prit aussitôt un air très concentrée.

— Qu'est-ce que tu veux savoir ?

— Je veux savoir où ils se sont connus, comment ils sont devenus amis et pourquoi ils ne le sont plus. Je veux savoir ce que mon père me cache avant que ce secret n'explose au grand jour en tuant quelqu'un que j'aime au passage.

La rousse hocha lentement la tête.

— Ton père habitait à Beacon Hills, quand il était jeune ?

— Oui, il me semble … Il a déménagé quand il avait vingt ans, je crois, pour se mettre en ménage avec ma mère. Mon grand-père et Kate sont partis peu de temps après.

— Quel âge a ton père ?

— Trente-six ans, bientôt trente-sept.

— Et Peter a dit qu'il avait quel âge, l'autre jour, quand on était tous au manoir Hale ?

— Je ne sais plus. Trente-six, je crois.

— Donc il y a de fortes chances pour que ton père et Peter aient été ensemble au lycée, non ?

Allison écarquilla les yeux.

— Tu penses qu'ils se sont connus au lycée ?

— Il y a quatre-vingt-dix pour cent de chance pour que j'aie raison, annonça Lydia. Mais une petite recherche dans les archives du lycée nous fixera rapidement.

Le professeur entra en classe et après avoir fait un clin d'œil à sa meilleure amie, la rousse se concentra pour écouter le cours.

# #

En prévision du match du vendredi, le coach Finstock avait doublé les heures d'entraînements et les joueurs avaient ordre de venir tous les jours après les cours sur le terrain de crosse. Alors que les garçons étaient en train de se changer, Lydia fit irruption dans les vestiaires.

Durant la pause du midi, la rousse avait grandement insisté auprès de Louane pour qu'elle vienne avec Allison, Erica et elle, dans les gradins pour soutenir les joueurs de l'équipe. La brune avait déclaré qu'elle n'était pas sûre de pouvoir venir car son père devait venir la chercher après les cours.

La rousse ne s'était pas arrêtée à cette excuse et quand la sonnerie avait indiqué la fin de ses cours, elle s'était dépêchée de rejoindre le parking pour rattraper Louane. Alors que la jeune fille s'apprêtait à monter dans la voiture de son père, Lydia l'avait retenue par le bras et s'était penchée au niveau de la fenêtre un sourire radieux sur le visage.

— Bonjour, monsieur Barette ! avait-elle minaudé. Je m'appelle Lydia Martin et je suis une amie de votre fille.

— Enchanté … avait répondu placidement le père de Louane.

— Je voudrais savoir si ça vous dérange que Louane rentre un peu plus tard, ce soir. Parce qu'on aurait bien besoin d'elle pour soutenir les joueurs de l'équipe de crosse, pendant leur dernier entraînement avant le match de demain !

— Ah oui … Le match de vendredi …

— C'est super important pour le lycée, parce que notre équipe est une des favorites du championnat.

Le père de Louane avait jeté un regard à sa fille qui avait grimacé.

— Le problème, c'est que je ne peux pas venir la chercher plus tard …

— Je me charge de vous la ramener ! avait aussitôt proposé Lydia.

L'homme avait soupiré et avait hoché la tête.

— On dîne à 19h30.

— Elle sera à l'heure chez vous ! avait promis la rousse avec un sourire des plus étincelants.

Les deux filles s'étaient reculées et le véhicule avait démarré pour quitter le parking. Lydia n'avait pas perdu plus de temps et avait entraîné Louane en direction du terrain.

— Tu vois, ce n'était pas si compliqué !

— Si j'avais su, j'aurais pris de quoi me couvrir … avait soupiré la brune. Il fait hyper froid !

La rousse avait avisé la tenue de l'adolescente. Un sweat passé par-dessus un T-shirt, un jean et des baskets. Elle avait plissé les yeux :

— On est fin novembre et tu ne mets pas de manteau ?

— J'ai déchiré le mien l'autre jour et je n'ai pas encore été en acheté un autre, avait expliqué Louane.

— Tu as déchiré ton manteau ?

— Oui. Ça arrive à tout le monde, non ?

— La dernière fois que j'ai déchiré une de mes affaires, c'était un collant. Il y a un an.

La brune avait haussé les épaules. Les deux filles étaient arrivées à la hauteur d'Erica et Allison, déjà installées dans les gradins.

— Tu es venue finalement ? s'était réjouie la blonde.

Louane avait hoché la tête en claquant des dents. Lydia avait levé les yeux au ciel en marmonnant quelque chose sur les manteaux déchirés et avait quitté ses amies en leur assurant qu'elle reviendrait vite. La rousse était retournée à l'intérieur du lycée et s'était dirigée vers les vestiaires des garçons.

Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, plusieurs adolescents la sifflèrent.

— Hé, Lydia, c'est chez les hommes ici !

— Tu n'es plus satisfaite par Jackson, tu cherches un autre mec ?

— Le marché des hommes virils t'est grand ouvert !

La jeune rousse rejeta ses cheveux en arrière et fixa le premier garçon qui l'avait provoquée.

— Si c'est chez les hommes ici, qu'est-ce que tu fais dans ces vestiaires, Kevin ? Ou je devrais plutôt dire, Kevina.

L'adolescente se tourna ensuite vers un autre garçon.

— Jackson est très satisfaisant et même s'il ne l'était pas, c'est certain que je n'irais pas me consoler dans tes bras, Nate. Il parait que tu n'as rien dans le pantalon. Et cette rumeur date de la fête de Halloween durant laquelle tu as trompé ta copine. Enfin, une de tes copines.

Lydia s'adressa enfin au dernier adolescent.

— Quant à toi, si je devais qualifier le marché sur lequel tu es, je ne choisirais pas les termes « homme viril », mais plutôt « thon pâteux ».

La jeune fille posa les mains sur ses hanches et toisa le reste des garçons.

— Quelqu'un a autre chose à me dire, tant que j'y suis ?

Sans attendre de réponse, elle traversa le vestiaire jusqu'à Matt, qui était en train d'enfiler son maillot.

— Ça va ? demanda le photographe, surpris de la voir s'arrêter près de lui.

— Tu peux me passer ton manteau ?

— Euh … Oui, mais tu veux en faire quoi ?

— C'est pour Louane, elle est dans les gradins et elle a froid.

Matt fronça les sourcils.

— Je croyais qu'elle ne pouvait pas venir.

— J'ai été voir son père et j'ai arrangé la chose. Alors, ce manteau ?

— Mais pourquoi tu veux que je lui passe mon manteau ?

— Pour ne pas qu'elle ait froid ! s'impatienta Lydia, agacée que son ami soit si long à la détente.

— Mais pourquoi moi ?

La rousse eut très envie de se frapper le front avec le plat de sa main.

— Tu veux sortir avec elle ou pas ? siffla l'adolescente. Alors sois gentil, passe lui ton manteau pour qu'elle évite de se transformer en glaçon en venant te regarder te couvrir de boue pendant que joueras à la crosse !

Matt sembla sur le point de protester puis laissa tomber et attrapa sa veste dans son casier.

— Elle te remerciera en personne après l'entraînement, déclara Lydia en attrapant le manteau.

La jeune fille fit ensuite volte-face et avant de sortir, vola un baiser à Jackson. Elle se dépêcha de rejoindre ses amis à l'extérieur, un sourire triomphant sur le visage.

— Et voilà ! Matt a bien voulu te prêter sa veste ! annonça Lydia à Louane en lui tendant le manteau.

— Hein ? Euh … Mais … Ca va pas l'embêter ? bafouilla la brune.

— Je ne pense pas qu'il ait besoin de son manteau pendant qu'il joue, railla Lydia. Bon, tu le mets ou je le garde au bout de mon bras ?

Louane marmonna un remerciement et enfila la veste, dont les manches étaient trop grandes pour elle. Les joueurs ne tardèrent pas à sortir des vestiaires et à venir se regrouper autour du banc de touche, en attendant que le coach vienne leur dire combien de tours de terrains ils allaient devoir faire.

Stiles avisa les quatre filles installées sur les gradins situés juste derrière le banc. Il leur fit un signe et donna une tape sur l'épaule de Matt.

— Hé, regarde ! Ta veste va bien à Louane !

Le photographe se retourna et croisa le regard de l'adolescente qui rougit violemment. Il lui adressa un petit signe de main en lui souriant et la jeune fille piqua un fard. Lydia marmonna quelque chose entre ses dents pendant qu'Erica et Allison échangeaient un sourire complice. Louane était beaucoup trop timide pour rentrer dans le jeu de séduction que la rousse essayait d'instaurer entre les deux adolescents.

Le coach arriva et commença à aboyer des ordres. Les joueurs s'éparpillèrent et les filles commencèrent à commenter l'entraînement, Lydia soulignant très régulièrement que Matt semblait déconcentré aujourd'hui et les regardait souvent.

# #

Le coach avait été impitoyable pendant l'entraînement et les joueurs de l'équipe étaient complètement épuisés. Ils se dépêchaient de se doucher et de se changer, rêvant de gagner leur lit pour reposer enfin leurs membres endoloris.

Soudain, un groupe de trois filles fit irruption dans les vestiaires, les bras chargés de plateaux sur lesquels des gobelets étaient posés.

— Personne n'est nu, j'espère ? lança une blonde qui sembla familière à Scott. On vient vous distribuer de petits remontants après ce dur entraînement !

Malgré sa fatigue et l'appel de la lune de plus en plus pressant au fur et à mesure que les heures avançaient, l'adolescent chercha à se rappeler où il avait déjà vu cette adolescente.

Tandis que les deux amies de la blonde commençaient à distribuer des gobelets aux joueurs, la jeune fille s'approcha du banc sur lequel était assis Jackson et Danny.

— Des gobelets bleus pour les remplaçants et des rouges pour les joueurs en première ligne, chantonna-t-elle en tendant des gobelets carmins aux deux garçons.

Scott réussit enfin à replacer son visage. C'était l'adolescente qui avait fait un esclandre en embrassant le petit ami d'une autre fille, lors de la fête de Halloween organisée chez Lydia. Elle s'approcha de lui et lui tendit un gobelet avec un sourire éclatant :

— Et pour toi aussi, Scott. Et n'oubliez pas de soutenir le projet de Clara Lorenzo : une équipe de pom-pom girl pour l'équipe de crosse !

— C'est qui, Clara Lorenzo ? lança Isaac.

La blonde s'avança vers lui, un gobelet à la main.

— C'est moi, monsieur Lahey. Tu voteras pour soutenir mon projet, j'espère ?

— Je préfèrerai une équipe de pom-pom-boys, mais je suppose qu'on n'a pas toujours ce qu'on veut, ironisa le loup garou frisé.

Clara rigola doucement et lui fit un clin d'œil.

— Promis, j'essaierai d'engager un garçon dans l'équipe si jamais j'ai l'autorisation du principal pour monter cette équipe !

Les filles terminèrent de distribuer leurs gobelets et s'éclipsèrent non sans avoir rappelé une bonne dizaine de fois de voter pour le projet dans une quinzaine de jours.

Une fois la porte du vestiaire fermée, le trio s'apprêta à remonter le couloir quand les filles avisèrent Louane quelques pas devant elle. L'adolescente eut un mouvement de recul en les voyant et un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de Clara.

— Tiens, tiens, Barette …

Louane amorça un geste pour s'enfuir mais les deux amies de la blonde étaient déjà sur elle, la tenant par les bras.

— Et si on allait discuter dans un coin un peu plus tranquille ? On n'a pas encore eu l'occasion de papoter toutes les deux …

La jeune fille fit un signe à ses deux amies et elles traînèrent Louane jusqu'à une salle de classe vide. Les deux brunes lâchèrent l'adolescente qui tenta de nouveau de s'enfuir, mais Clara la plaqua contre un mur.

— Tu ne vas partir sans même avoir dit au revoir ? Ce n'est pas très poli ça …

La blonde toisa Louane, qui avait rentré la tête dans les épaules.

— Je vais être claire avec toi, Barette, parce que j'ai l'impression qu'il ne faut pas utiliser de mots trop compliqués, sinon, tu ne comprends pas tout. Reste loin de la bande de Lydia.

— Pour … Pourquoi ? Ce sont mes amis, bégaya la brune.

Clara s'esclaffa.

— Personne n'a jamais été ami avec toi, Barette. Et c'est mieux pour tout le monde. Parce que c'est beaucoup trop risqué de traîner avec des gens comme toi. Tu le sais mieux que moi, non ?

La lèvre inférieure de Louane se mit à trembler et la blonde lui donna une tape sur le front.

— Alors, plus qu'un conseil, je te donne un ordre : reste. Loin. De. La. Bande. De. Lydia.

— Et si je ne le fais pas ? bafouilla la brune, d'une voix mal assurée.

Clara eut un sourire mauvais.

— Tu veux vraiment que je te montre ce qu'il va t'arriver si tu désobéis ?

# #

Lydia attendait dans sa voiture que Louane revienne des vestiaires. La jeune fille avait insisté pour rendre sa veste à Matt avant de rentrer chez elle et la rousse patientait, ravie que la proposition vienne d'elle pour une fois.

Son portable sonna et Lydia plongea dans son sac à main pour en extirper son mobile, enfoui sous le bazar qu'elle y entassait. Elle consulta sa messagerie et vit que le texto qu'elle avait reçu venait de Louane.

« Ne m'attends pas, je vais me débrouiller pour rentrer »

La rousse sourit. Matt avait sûrement dû se proposer pour ramener la brune. Lydia rangea son portable dans son sac à main et démarra sa voiture.

# #

Derek, assis sur une vieille table, observa ses bêtas. Ils étaient tous réunis dans la cave situé sous le manoir Hale. Les adolescents avaient tous les traits tirés, autant à cause de l'entraînement de crosse qu'à cause de l'appel de la lune qui devenait de plus en plus fort.

Peter était assis dans un fauteuil reculé dans un coin de la cave. Il avait boudé toute la journée. Comme l'alpha s'était forcé pour ne pas écouter la conversation qu'il avait eue avec Melissa, il ne savait pas ce que son oncle et l'infirmière s'était dit. Mais le jeune homme avait deviné que la mère de Scott avait dû avoir du mal à accepter la réalité.

— Il est quelle heure ? grogna Jackson, affalé dans un des canapés défoncés de la cave.

— A peine vingt heures, répondit Isaac d'une voix morne.

Le blond soupira et ferma les yeux. Derek sortit son téléphone portable de sa poche et consulta les derniers messages que Stiles lui avait envoyés. L'adolescent avait reçu une nouvelle lettre de menace qui concernait la pleine lune de ce soir et l'alpha prenait ce courrier très au sérieux.

C'est pourquoi il avait insisté pour que la meute descende dans la cave, sans pour autant leur parler de cette nouvelle lettre. Et il avait également préparé une caisse pleine de matériel permettant d'entraver ses bêtas au cas où ils perdraient le contrôle d'eux-mêmes.

La nuit s'annonçait aussi calme que la précédente car même Jackson semblait s'ennuyer fermement alors qu'il était celui qui avait eu le plus de mal à maîtriser son loup. Mais la menace ne pouvait pas avoir été envoyée pour rien. Quelque chose allait forcément se passer.

Alors que l'alpha réfléchissait, il réalisa soudain que Stiles et lui n'avaient peut-être pas interprétés la menace comme il fallait.

Peut-être qu'il ne fallait pas s'inquiéter pour les loups garous.

Peut-être qu'il fallait s'inquiéter pour les humains.

L'adrénaline électrisa le corps de Derek lorsque qu'il imagina Stiles seul face à des ravisseurs. Alors qu'il sautait au bas de la table sur laquelle il s'était installé, un frisson parcourut l'échine de Scott et l'adolescent poussa un grognement qui attira l'attention sur lui.

— Je … bredouilla-t-il avant qu'un nouveau grondement s'échappe de sa gorge.

Il frissonna de nouveau et ses yeux prirent une teinte jaune.

— Ca va, Scott ? s'inquiéta Isaac en s'approchant de lui.

— Ne me touche pas, grinça Scott, les crocs sortant désormais de sa bouche.

— Pense à Allison, déclara calmement le loup garou frisé.

— Je ne veux pas penser à elle … Tout ce que je veux, c'est … Le tuer !

Dans un hurlement sauvage, l'adolescent acheva de se transformer et se jeta sur Peter. Surpris, l'oncle de Derek eut tout juste le temps de sauter hors du fauteuil avant que Scott n'enfonce ses griffes dans le dossier.

Le plus vieux des deux loups garous s'éloigna prudemment de l'adolescent. Pas assez. D'un bond, le garçon était déjà sur lui. Peter voulut l'esquiver mais le dos de Scott s'arqua et il réussit à changer son saut de direction au dernier moment. Il atterrit sur l'homme et lui planta ses griffes dans l'épaule, lui arrachant un cri de douleur.

Isaac et Derek se jetèrent sur Scott pour l'éloigner de Peter mais l'adolescent se révolta et planta ses crocs dans le bras du garçon frisé. Le sang se mit à couler et Isaac fut obligé de tirer violemment les cheveux de son ami pour qu'il arrête de le mordre. Il recula, une main pressée contre sa blessure, tandis que Derek tentait de maîtriser son bêta déchaîné. Peter, lui, s'adossa contre un mur, le souffle court, de longues griffures desquelles s'écoulaient du sang striant son épaule.

— Je vais te buter, Peter Hale ! s'époumona Scott. Je vais te déchirer en plusieurs pièces que je ferais ensuite brûler avant de les éparpiller partout dans le monde pour être certain que tu ne toucheras plus jamais à ma mère.

— J'ai besoin d'aide ! s'écria Derek, qui avait du mal à maîtriser l'adolescent tout seul.

Erica se précipita vers son alpha mais quand elle voulut s'approcher, la jeune fille manqua perdre un œil lorsque Scott balança l'une de ses mains griffues vers son visage.

— Tu l'aides, hein ? T'es de son côté aussi ! Tout le monde est contre moi ! Je vais tous VOUS TUER !

— Derek … gémit tout d'un coup Isaac.

Ses yeux étaient jaunes et ses dents commençaient à s'allonger, sa main droite toujours pressée contre la blessure que Scott avait infligée à son bras gauche.

— Erica, va aider Isaac à se contrôler ! ordonna l'alpha. Jackson, j'ai besoin de toi !

La blonde courut se jeter à côté de son ami en le suppliant de se concentrer pour ne pas laisser le loup le submerger. Comme Derek n'avait aucune réponse de Jackson, il risqua un œil derrière lui et se rendit compte que le regard du blond oscillait entre la blessure de Peter et celle d'Isaac.

— Jackson ! appela l'alpha.

L'adolescent fit quelques pas en avant puis recula précipitamment.

— Je peux pas, je … bégaya-t-il. Le sang … Ça attire le loup …

Scott profita de l'inattention de Derek pour lui mettre un coup de coude dans le ventre et échappait à son emprise. L'adolescent se jeta de nouveau sur Peter, qui se recroquevilla sur lui-même, se protégeant de son bras libre.

— Transforme-toi ! hurla son neveu.

Mais Peter ne voulait pas se transformer. Il avait trop peur du pouvoir que le loup prendrait s'il lui laissait la moindre liberté. Il avait trop peur de se retrouver de nouveau relégué au simple rang de spectateur au fond de son esprit. Il avait trop peur de tuer de nouveau. Il avait trop peur de trouver Melissa.

Alors, il ne se transforma pas et poussa un nouvel hurlement lorsque Scott enfonça griffes et crocs dans sa chair. Derek plongea sur son bêta et le souleva avant de l'envoyer à l'autre bout de la pièce, pour l'écarte de son oncle.

L'adolescent voulut se relever et réattaquer, mais un pied appuya sur son torse et le força à rester allongé. Les yeux de l'alpha prirent une teinte rouge et lorsqu'il gronda, ses crocs étaient apparus. Scott perdit un peu d'ardeur, mais Derek devina que son rang de chef ne suffirait pas à calmer la frénésie qui habitait son bêta.

Il abattit alors son poing contre la tempe du garçon. Deux fois.

Groggy, Scott ne put opposer aucune résistance lorsque l'alpha l'attrapa par le col et lui frappa la tête contre le mur. Cette fois, les yeux de l'adolescent roulèrent dans leurs orbites avant que ses paupières ne se ferment. Lorsque Derek le lâcha, il s'écroula par terre, assommé.

Le jeune homme ne prit pas le temps de souffler. Il se précipita sur la caisse qu'il avait descendu dans la cave et en sortit une longue chaîne. Il revint près de son bêta qu'il avait mis hors service et lui attacha les mains dans le dos. L'alpha se tourna ensuite vers Jackson.

— Tu veux que je t'attache aussi ou alors tu vas savoir te contrôler ?

L'adolescent blond secoua la tête et se pinça le nez, pour que l'odeur du sang ne l'étourdisse pas, de façon à ce que le loup ne prenne pas le contrôle. Derek s'intéressa enfin au cas d'Isaac. Erica était en train de lui parler, ses yeux rivés dans ceux de son ami. Les prunelles du garçon frisé avaient toujours une teinte ambrée, mais il semblait maître de lui, écoutant attentivement ce que la blonde lui chuchotait.

Le jeune homme regarda enfin son oncle, recroquevillé au sol. Pourquoi n'avait-il pas réagi ? Il était beaucoup plus expérimenté que Scott. En se transformant, il aurait dû réussir à le maîtriser sans problème.

Derek soupira et se passa une main sur le visage avant de lancer :

— Putain. De bordel. De merde. Est-ce quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il s'est passé ?