Contente que cette fic continue de plaire...

J'ai tenu ma promesse Sarah je poste ce soir...

Je suis impatiente de découvrir le prochain chapitre de How deep, et j'espère que notre petite discussion t'aura été utile...

Bonne lecture

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Chapitre 26 :

La première chose que je perçus fut les gazouillis des oiseaux dans le jardin. Roulant sur le dos, je m'étirais lentement, et les yeux fermés, laissais les souvenirs de la nuit dernière m'envahir en vague successive. Même avec Angela que j'avais aimée plus que ma vie même, ça n'avait jamais été aussi intense et fusionnel. Teresa s'était révéler être une amante douce et passionnée, et m'avait comblé comme jamais. C'était comme si elle avait su ce que je voulais avant même que je n'y pense, exactement comme j'avais toujours une longueur d'avance sur ses désirs. Mais c'était normal, j'étais mentaliste après tout. Nous n'avions que très peu dormis durant la nuit, trop occupés à nous découvrir l'un l'autre, et pourtant je me sentais plus reposé que je ne me souvenais l'avoir été jusqu'à présent. Gardant obstinément les yeux fermés, comme pour mieux savourer les images qui défilaient derrière mes paupières, je tendis les bras, cherchant Teresa.

Mais je ne rencontrais qu'une place vide. Encore tiède, mais désespérément vide. Me redressant d'un bond, les yeux à présent grands ouverts, je scrutais la pièce dans laquelle la lumière matinale entrait à flot, mais ne détectais aucunes traces de Teresa. Où était-elle passée ? Je n'avais pourtant pas rêvé la nuit dernière ! Peut-être qu'Elora s'était réveillée et que Teresa était descendue pour lui préparer son petit déjeuner. J'espérais vraiment que c'était ça, parce que je me refusais à envisager tout autre scénario. Je ne voulais même pas y penser tant cela m'était odieux. Me rassurant en songeant que c'était Teresa qui avait fait le premier pas la nuit dernière, je m'empressais d'enfiler mon pantalon ainsi que ma chemise que dans ma précipitation je ne prenais pas le temps de boutonner. Mu par un sentiment d'urgence, je me précipitais dans les escaliers afin de retrouver Teresa. Un bruit en provenance de la cuisine attira mon attention, et je m'y dirigeais le cœur battant.

Je m'immobilisais sur le pas de la porte, scrutant Teresa qui me tournait le dos. Elle préparait le petit déjeuner, ce qui aurait dû me rassurer, mais plus je l'observais, plus je sentais que quelque chose n'allait pas. Elle agissait de façon mécanique, semblant à des milliers de miles des gestes domestiques qu'elle accomplissait, et mes inquiétudes revinrent au galop. Doucement, peu désireux de l'effrayer et de me retrouver à voler à travers la pièce, je m'approchais d'elle et dans des gestes délicats, l'entourait de mes bras avant de l'attirer contre moi. Mon souffle se bloqua dans ma gorge lorsque je la sentis se raidir, mais cela ne dura qu'une fraction de seconde, et elle se détendit brusquement, réalisant que ce n'était que moi. Recommençant à respirer, je déposais un baiser dans son cou avant de profiter de ce qu'elle tournait la tête pour l'embrasser comme j'en avais eu envie ce matin en me réveillant. A mon plus grand soulagement et plaisir, elle me rendit mon baiser avec fougue, se retournant dans mes bras pour passer les siens autour de mon cou.

Alors que notre baiser s'intensifiait, cette sensation que quelque chose ne tournait pas rond se propagea de nouveau en moi, et je remarquais que Teresa se pressait contre moi, m'embrassait comme si c'était la dernière fois, avec l'énergie du désespoir. Qu'est-ce qui l'avait mise dans un tel état ? Que s'était-il passé entre maintenant et son réveil pour qu'elle agisse ainsi ? Je tentais de m'écarter pour lui demander ce qui la perturbait, mais elle resserra l'emprise de ses bras autour de ma nuque et intensifia un peu plus notre baiser, me faisant perdre le fil de mes pensées. Comment prouvais-je réfléchir alors qu'elle se pressait ainsi contre moi, et les gémissements qui s'échappaient de ses lèvres délectables que je dévorais consciencieusement ne m'aidaient pas à garder la tête froide. Incapable de me contenir plus longtemps, j'oubliais tout ce qui n'était pas elle, et d'un mouvement fluide et assuré, je la pressais contre le réfrigérateur, me pressant avec envie contre elle.

Je n'avais plus qu'une seule envie, reprendre là où la fatigue nous avait interrompus cette nuit, et visiblement, Teresa était du même avis si j'en croyais ses mouvements plus que suggestifs contre moi. Passant mes bras sous ses cuisses, je la soulevais comme si elle n'avait pas pesé plus lourd qu'une plume, et je commençais à me diriger au jugé vers les escaliers, lorsque des bruits étouffés me tirèrent de ma bulle de passion. M'écartant légèrement de Teresa, je tournais la tête vers l'étage, et soupirais en comprenant que les filles étaient réveillées et qu'elles n'allaient pas tarder à débarquer pour réclamer leur petit déjeuner. Poussant un soupir à fendre l'âme, je rebroussais chemin sans pour autant lâcher Teresa qui tout aussi déçue que moi, avait posé sa tête sur mon épaule, et gardait un silence préoccupant. Et à nouveau, alors que mon désir d'elle s'amenuisait, laissant la place à mes interrogations, je recommençais à m'inquiéter.

Délicatement, elle se laissa glisser le long de mon corps, me faisant déglutir, et je tentais de croiser son regard, mais elle garda obstinément les yeux baissés et se détournant rapidement, recommença à préparer le petit déjeuner. Je m'apprêtais à la questionner sur les raisons de son étrange comportement lorsque deux petites tornades se ruèrent dans la pièce, remuant les mains dans tout les sens pour réclamer leur petit déjeuner. En soupirant, je me résignais à devoir remettre à plus tard l'heure des explications, et après avoir embrassé tendrement les deux fillettes, je quittais la cuisine, non sans lancer un dernier regard en direction de Teresa qui continuait consciencieusement d'éviter mon regard. Une boule d'inquiétude coincée dans la gorge, je me dirigeais machinalement vers le salon et me laissais lourdement tomber sur le canapé. Avais-je dit ou fait quelque chose qui l'avait contrariée ? Non, si ça avait été le cas, elle n'aurait pas laissé les choses aller aussi loin tout à l'heure. Et puis elle ne paraissait pas en colère, juste préoccupée et inquiète.

Avait-elle reçu de mauvaises nouvelles ? C'était sûrement le cas. Le tout était de savoir ce qu'il en était réellement. Perplexe, et légèrement agacé de ne pas savoir le fin mot de l'histoire, je laissais mon regard se promener dans la pièce, et arquais un sourcil en voyant que les photos de Teresa avaient été déplacées. Elles avaient été négligemment repoussées sur le côté du meuble, comme si une personne avait placé un cadre au milieu, mais l'espace libéré était vide. Étrange. Et encore plus que Teresa n'ait pas remis ces photos à leurs places. Les filles avaient-elles joués avec les photos ? Mais quand ? Je n'avais pas souvenir qu'elles aient joué ici la nuit dernière, et ce matin elles étaient venues directement dans la cuisine. Alors qui avait bougés ces clichés ? Je ne savais pas pourquoi, mais je commençais à croire que cet espace vide et le comportement inhabituel de Teresa étaient liés. Je devais juste attendre qu'elle se décide à me parler.

Avec un mauvais pressentiment au creux du ventre, je me relevais et regagnais la chambre afin de prendre ma douche et de m'habiller. L'eau chaude ne parvint pas à me détendre, et je ne cessais de m'interroger sur ce qui aurait pu mettre Teresa dans cet état, mais je ne parvenais à rien de bien concluant. C'était à elle de me le dire. Enfilant un jean et une chemise blanche, je quittais la chambre de Lisbon, souriant en passant devant le lit défait, témoin silencieux de la nuit mouvementée que nous avions partagée, et descendais les escaliers. Des éclats de rire m'accueillirent, et je fus presque surpris d'entendre le rire de Teresa. Peut-être m'étais-je inquiété pour rien songeais-je en pénétrant dans la pièce et en la découvrant installée à table près de Molly, riant et discutant gaiement avec elle. A mon entrée dans la pièce, Elora se précipita vers moi pour me faire un câlin avant de repartir tout aussi rapidement à sa place, pressée de finir son petit déjeuner.

Saluant la joyeuse tablée, je m'installais près de Teresa, et cherchais son regard. Et cette fois, elle ne se déroba pas. Au contraire, elle plongea dans le mien, et même si elle parut troublée, elle me sourit tendrement avant de spontanément se pencher vers moi pour m'embrasser sensuellement. Ce furent les gloussements de deux petites coquines qui nous obligèrent à nous séparer, et en me redressant, je constatais que Teresa souriait, amusée par les facéties des deux fillettes. Même si elle semblait de nouveau égale à elle-même, je me fis la promesse de lui demander ce qui la perturbait tant ce matin. Finalement, c'était peut-être quelque chose que j'avais dit ou fait cette nuit qui l'avait mise dans cet état. Rien à voir avec les photos déplacées. Avalant machinalement mon déjeuner, je me repassais en boucle les événements de la nuit, et soudain, je me figeais en songeant à ce moment où mes pensées s'étaient envolées vers Angela.

Je n'étais qu'un idiot. J'avais laissé ma culpabilité m'envahir, et les larmes que j'avais vu dans le regard de Teresa à cet instant m'avait démontrées mieux que des mots qu'elle avait eu conscience d'où mon esprit s'était égaré. Et même si j'avais vite repris le dessus et que j'avais refusé de laisser le passé m'empêcher d'avancer et de faire l'amour à la femme que j'aimais, je savais qu'une fois le désir refoulé et l'euphorie du moment passé, Teresa devait se poser des questions. Tout ce que j'espérais, c'est qu'elle n'en avait pas conclut que ce qui s'était passé n'avait été qu'un moment de faiblesse, une erreur à ne plus reproduire. Parce que ce n'était pas le cas. Les baisers et les caresses que nous avions échangés ce matin me laissaient à penser que ce n'était pas le cas, mais son étrange comportement me démontrait le contraire. Que devait-elle penser ? S'attendait-elle à ce que je ne lui dise que ce n'était qu'une aventure d'une nuit ? Il fallait vraiment que nous discutions et le plus vite possible. Je ne voulais pas courir le risque de la perdre alors que tout allait bien entre nous.

« Allez-les filles, au bain ! » clama soudain Molly avec entrain en entraînant les filles à sa suite.

Timing impeccable, à croire qu'elle avait senti que j'avais besoin d'être seul avec Teresa. Finissant distraitement mon assiette, j'attendis d'entendre le bruit des pas des filles au-dessus de ma tête avant de me tourner vers Teresa. Mais sa place était vide, et je vis qu'elle s'activait à débarrasser la table. Longuement, je la regardais faire et constatais qu'elle paraissait de nouveau préoccupée, comme si la bonne humeur et la sérénité qu'elle affichait tout à l'heure n'avaient été qu'un masque. Mes capacités de mentaliste ne m'étaient d'aucune aide en cet instant précis, et je n'aimais pas ça. Alors qu'elle s'apprêtait à faire la vaisselle, je décidais de l'interrompre, ne voulant pas que Molly et les filles reviennent avant que Teresa et moi ayons pu discuter.

« Teresa ? » l'appelais-je en venant me poster derrière elle.

Elle sursauta légèrement au son de ma voix, et le bol qu'elle tenait lui échappa des mains et retomba dans l'eau mousseuse en l'éclaboussant légèrement. Avec un soupir agacé, elle attrapa un torchon et commença à s'essuyer avant de se tourner vers moi, m'interrogeant du regard.

« Tout vas bien ? » m'enquis-je en la scrutant attentivement.

« Oui, ne t'inquiètes pas, c'est juste que… » Soupira-t-elle en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure et en jouant distraitement avec son bracelet pour se donner une contenance.

« Je voudrais m'excuser » lançais-je soudain en la voyant s'empêtrer dans ses explications.

« De quoi ? » s'étonna-t-elle en relevant la tête vers moi.

« Pour t'avoir donné l'impression que tu devais t'inquiéter d'Angela. » déclarais-je en scrutant sa réaction.

Ses grands yeux s'écarquillèrent légèrement, et recula légèrement comme si je l'avais frappée. Elle ne s'était visiblement pas attendue à ce que j'aborde si franchement le sujet. Son regard se troubla, et je sus que j'avais vu juste. Ma réaction de la nuit dernière l'avait amené à douter de mes sentiments pour elle et de l'issue de cette nuit.

« Angela est morte, et même si elle tiendra toujours une place spéciale dans mon cœur, je sais qu'elle n'aurait pas voulu que je gâche ma vie à courir après RedJohn. Vous vous seriez bien entendues c'est certain. Mais elle est mon passé, et tu es mon présent, mon futur. Et si j'en doutais encore, ce qui s'est passé entre nous ces derniers jours m'a montré ce à côté de quoi j'étais passé durant toutes ces années à faire l'autruche, alors je ne compte pas faire marche arrière, et ce qui s'est passé cette nuit est la meilleure chose qui pouvait m'arriver, n'en doute jamais » déclarais-je d'une traite de peur qu'elle ne me coupe dans mon élan.

Un long silence suivit ma tirade, et j'attendais que Teresa réagisse, qu'elle dise quelque chose, n'importe quoi, mais elle restait là à m'observer. Sentant l'inquiétude m'envahir, je me dandinais légèrement, mal à l'aise sous la fixité de son regard. Je me sentais plus vulnérable que jamais après m'être ainsi livré, mais je savais que ça en valait la peine. Du moins l'espérais-je. Mais Teresa restait sans réaction face à moi, et je commençais à craindre qu'elle ne veuille plus de moi.

« Teresa, je… » Commençais-je, bien décider à plaider ma cause et à avoir gain de cause.

Mais avant que je ne puisse me lancer dans un autre monologue, elle battit des cils, semblant reprendre pieds dans la réalité, et elle se jeta à mon cou, enfouissant son visage contre mon torse. Surpris, je restais une fraction de secondes les bras ballants avant de me ressaisir et de refermer mes bras autour d'elle, la pressant fermement contre moi. Elle tremblait légèrement, et je resserrais mon emprise autour de son corps jusqu'à ce qu'elle se calme. J'étais déstabilisé. Je n'étais pas habitué à me trouver confronter à une Lisbon aussi émotive, et je me surprenais à aimer ça. J'aimais l'idée que d'avoir réussi à pulvériser sa carapace et qu'elle ne ressente plus le besoin de me cacher ses émotions. Un sentiment de fierté et de possessivité m'envahit, et je la serrais si fort contre moi qu'elle gémit légèrement, se tortillant pour que je la libère, ce que je faisais à regret, ne voulant pas qu'elle s'éloigne de moi.

« Chut… je sais…. Ne t'inquiète pas… » Souffla-t-elle en s'écartant légèrement pour pouvoir plonger son regard dans le mien.

Elle souriait, et son regard avait retrouvé toute sa luminosité. Pourtant, l'espace d'un instant, j'y vis une lueur de doute et de culpabilité, mais elle disparut si vite que je crus l'avoir rêvée. Et puis pourquoi se sentirait-elle coupable ? Ce n'était pas comme si être amants était répréhensible. Nous étions tout les deux célibataires, et rien ni personne ne nous empêchait de laisser libre court à nos sentiments, si ce n'était nous-mêmes. En souriant, je me penchais vers elle et m'emparait avidement de ses lèvres qu'elle m'abandonna volontier, entourant mon cou de ses bras. Ce furent les rires étouffés d'Elora qui nous tira à nouveau de notre échange passionné, et nous tournant vers l'entrée de la cuisine, nous découvrîmes la fillette qui nous observait avec malice, ses mains sur sa bouche pour étouffer ses rires nerveux.

« Qu'y a-t-il Elora ? » s'enquit Teresa d'une voix douce sans pour autant quitter l'étreinte de mes bras.

Les yeux pétillants de malice, elle écrivit quelque chose sur son carnet avant de nous le tendre et de repartir en courant dans les escaliers, riant à gorge déployée.

« Qu'a-t-elle écrit ? » demandais-je à Teresa avant de m'approcher d'elle pour lire par-dessus son épaule.

« Les baisers c'est beurk ! » déchiffrais-je avant d'éclater de rire imité par Teresa qui s'appuya contre mon torse en riant si fort qu'elle se tenait les côtes.

« Elle ne dira plus ça dans quelques années ! » souffla-t-elle en tentant de reprendre sa respiration.

« Je ne suis pas pressé d'en arriver là ! » lançais-je sans réfléchir.

Je sentis Teresa se raidir entre mes bras, et surpris par son brusque changement d'humeur, je baissais les yeux, et ce que je lus dans son regard me brisa le cœur. Elle paraissait si triste en cet instant que je me sentis impuissant face à son chagrin. J'avais encore perdu une occasion de me taire. J'avais oublié qu'Elora n'était pas notre fille, et qu'à moins d'un miracle, nous ne la verrions pas grandir et se transformer en adolescente. Nous ne serions pas là lors de son premier rendez-vous, et c'était ce qui rendait Teresa si malheureuse. Tout ce que je pouvais faire, c'était la serrer dans mes bras pour la consoler, lui montrer que j'étais là pour elle et que non seulement, je comprenais sa souffrance, mais que je la partageais, la ressentait avec la même acuité.