On avait déjà parlé de Tony et sa possessivité, n'est-ce pas ? là voilà qui revient en force...

0o0o0o0o0o0o0o0o0o0

Ça avait commencé à la dérobée, dans notre dos. Personne ne s'en était rendu compte, surtout que le principal intéressé (malgré son jeune âge) est très réservé. Mais un jour par hasard, alors que j'étais allée voir à l'improviste les enfants en train de faire du coloriage sur la terrasse, j'ai surpris Tony en train de se moquer de Clint :

- Fayot ! narguait-il.

Bien sûr, le petit archer ne répondait pas, se contentant de le fusiller du regard. Regard où on pouvait apercevoir quelques larmes très vite refoulées en périphérie. Ni une, ni deux, j'intervenais.

- TONY !

Aussitôt, le gamin se recroquevilla, pris en faute. Il tenta tout de même les petits yeux de cocker mouillé mais je résistais (pour une fois).

- Qu'est-ce que tu viens de dire ? sifflais-je méchamment.

- … que c'est un fayot.

- Mais enfin, Tony ! Tu ne dois pas, non, aucun de vous ne doit insulter les gens ! C'est mal, tu leur manques de respect en faisant ça. Tu comprends ? tentais-je d'expliquer tout en sachant à quel point il pouvait être chiant quand il s'y mettait.

Faisant la moue, il détourna la tête.

- Tony, tu m'écoutes ? Tony !

- … c'est pas une insulte, c'est la vérité, grommela-t-il pas très discrètement.

- Et pourquoi donc, je te prie ?

- Parce que c'est tout le temps lui qui va dormir avec toi.

….. Si je m'y attendais, à celle-là.

- Pardon ?

- Clint est un fayot parce que c'est le seul qui peut dormir avec toi, martela le petit ingénieur avec conviction.

Je soupirais. Le soir-même (ou plutôt, le lendemain très tôt), vers 4 heures du matin, je me couchais avec deux petits garçons aux sourires béats dans les bras.