Salut tout le monde!
Et oui je sais cela fait longtemps que je n'ai pas posté. C'est plus dur l'été de trouver le temps!
Un nouveau boulot et des vacances en Islande! Et je repars en Alberta mi-aout. D'ici là je vais essayer de poster un autre chapitre si je peux.
Dans tout les cas ne vous inquiétez pas JE TERMINERAI CETTE HISTOIRE! hi hi hi
On se souvient que Draco a été enlevé par les Russes et amené devant Voldemort qui est redevenu ce qu'il était avant les Horcruxes et se présente à présent sous les traits de Tom Riddle.
Pendant ce temps Hermione, Louis, Alienor et les loups sont toujours à Poudlard. Cela fait trois mois environs.
Enjoy!
Merci Amymarielem pour le soutien! Ton message m'a relancé j'en avais vraiment besoin! Merci merci merci!
Bienvenue parmi nous TedyHL! J'espère que tu aimera ce chapitre! Savoir que tu attendais la suite m'a aussi motivé! ;-)
Il faisait encore noir lorsque Hermione ouvrit les yeux. Plus qu'un son ce fut le vide qui la réveilla et l'absence d'un corps contre le sien. Pourtant elle voyait les boucles blondes de Louis qui luisaient faiblement à la lumière des braises presque endormies dans leur lit de cendre. Allongé à sa droite, sa longue et pâle silhouette créait une barrière entre elle et les ténèbres de la nuit. Il venait toujours se coucher près d'elle lorsque Émile était de ronde, tout comme sa sœur. Nuit après nuit les Montdragon encadraient son corps de leur chaude et brillante présence, tenant l'obscurité à distance de son cœur comme des sentinelles qui même endormies veilles sur elle par delà leur sommeil et la nuit.
Ses cheveux bruns mélangés aux rivières d'or d'Aliénor et ses doigts pris dans la douce fraicheur de la main de Louis, elle pouvait dormir plus paisiblement. Pour quelques heures elle les laissait porter son fardeau et elle les entendait souvent parler jusqu'à l'aube. De leur mélodieux français ils chuchotaient dans le noir, cherchant un chemin au travers de cette guerre et si les mots de la sœur, graves et rigides, semblaient avoir vécu mille batailles, ceux du frère ne faisaient que danser autour du soleil comme un papillon de nuit irrémédiablement attiré par la lumière des jours qu'il ne connaitrait jamais. C'était de cet équilibre qu'ils créaient des mondes avec leurs propres soleils et leurs propres étoiles et dont les routes inventées menaient plus loin que le ciel. Ils étaient nés insoumis et n'acceptaient aucuns liens, pas même ceux qui les avaient attachés à la vie.
Hermione revivait à leur côté et elle voulait penser, elle voulait vivre comme ils le faisaient. Faire l'expérience de leur liberté, de leur foi et de l'infinité de possibilités qui brillaient dans leur ciel. Même si pour le moment elle ne pouvait que ramper là où eux même volaient, elle commençait à entrapercevoir les remparts qu'ils gardaient. Si elle voulait les franchir un jour elle savait qu'elle devrait abandonner ce que Harry avait déjà réussi à laisser derrière. Lui même.
Elle tourna la tête et vit qu'Aliénor n'était plus à ses côtés. Cela faisait plusieurs fois qu'elle quittait le château endormi à la fin de la nuit pour rejoindre le ciel. A cette heure il était comme une mer plate et silencieuse qui attend le levé du jour pour respirer de nouveau. Aliénor semblait ne pouvoir résister à l'immobilité de ce moment pendant lequel un nouveau monde était en préparation et elle survolait inlassablement le flanc des montagnes qui encerclaient le château, cherchant chaque matin un trésor abandonné par les eaux sur les rivages de pierres et de bruyères.
Hermione se leva silencieusement, sa main quittant la paume douce et blanche de Louis. Autour d'elle la salle commune des Poufsouffles dormait profondément, comme si les nombreuses poitrines des corps qui y étaient assoupis pouvaient la faire vivre de leurs longues et lentes respirations. Parfois un loup se troublait dans son sommeil et elle pouvait entendre le son de leurs pattes et de leurs griffes qui s'agitaient sur le sol de pierre. Un gémissement plaintif ou le brusque mouvement d'un sorcier qui se saisit de sa baguette aux portes d'un rêve inquiétant. Chaque être vivant dans cette pièce avait souffert, chacun avait perdu leur propre vie et tentaient de résister à la mort qui les guettait depuis. Mais en cet instant tout était calme et silencieux. Comme le reste du monde ils patientaient dans l'obscurité, attendant de voir si la nuit accepterait une fois de plus de les délivrer.
Hermione les quitta. Quitta la salle, les couloirs vides et le château pour rejoindre le parc qui déjà s'allumait. Elle chercha Aliénor des yeux et la trouva au dessus de la plaine qui avaient rejeté la forêt en arrière pour venir s'étirer sur les genoux des montagnes. Presque plat, on appelait ce plateau les hauts-de-morte-lune car les monts abrupts qui l'entouraient interdisaient l'accès à la lumière de la nuit.
Il fallu un moment à Hermione pour gravir la pente qui la séparait du parc et quand elle s'assit enfin dans l'herbe humide, la lune ne créait déjà plus aucunes ombres.
Ses ailes immobiles, soutenu par la simple lumière qu'il effleurait de son éclat sombre, le corbeau se laissait couler dans l'aube. Il y avait la lande encore endormie dans la nuit et les cieux qui s'éveillaient lentement et entre les deux, un monde sans frontières où le ciel rejoignait la terre. Sans affrontement, sans dualité, le jour se levait et là où elle avait toujours vu un champ de bataille, Hermione ne voyait plus que la cruelle séparation de deux amants qui régnaient sur des royaumes différents.
La lumière et l'obscurité étaient condamnés à se retrouver pour se quitter et ne possédaient que l'aube et le crépuscule pour mélanger leurs illusions d'amour et d'éternité. Deux ultimes moments où la réunion venait inexorablement avec les adieux. Une première et dernière caresse, un fragile instant dans le silence et l'inconscience de la vie avant que l'existence de l'un ne chasse celle de l'autre. C'était ce point de rupture, ces quelques minutes suspendues dans le ciel, qui illuminaient le monde en cet instant. Un unique souffle partagé qui dévalait temps et réalité et emportait un peu de l'âme de ceux qui s'y étaient laissés dériver. Aliénor faisait partie de ces témoins de la lumière et de l'obscurité et elle laissait leurs courants l'arracher à la gravité sans leur résister. Quand on s'abandonnait il n'y avait plus rien à combattre. Hermione comprenait à présent que c'était là que la vraie liberté était cachée.
Une ombre remua à la lisière et le trésor que la Montdragon avait guetté depuis des jours émergea des bois. Il avait dû apercevoir le corbeau lui aussi car plutôt que dans le parc, c'était sur les hauts-de-morte-lune qu'il était apparu et il se dirigeait vers l'oiseau de ses longues jambes. Aliénor repoussa couleur et lumière pour le retrouver. Elle repoussa les cieux, les vents et cette étrange magie qui faisait d'elle une enfant du bord des mondes. Comme une perle d'or blanc qui éclot avec le soleil et quitte son manteau d'ombres et de plumes, elle se laissa glisser du ciel et ses pieds nus frôlèrent l'herbe et sa parure de pluie.
À l'autre bout des Hauts, Harry, presque irréel, s'avançait vers elle.
Hermione sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Les cheveux noirs et la silhouette fine, le visage blanc et aiguisé, même sa façon de se déplacer n'avait pas changé. Toujours lent et décidé, les yeux fixés devant lui sans jamais dévier du chemin qu'il avait choisi d'emprunter. Assise loin derrière Aliénor, il ne l'avait pas vu et elle ne le voulait pas. Pas tout de suite. Elle devait d'abords diluer l'émotion qui avait inondé ses yeux, emperlant ses cils de souvenirs refoulés. Sa gorge s'était nouée, incapable de supporter le flot de mots jamais prononcés depuis des années qui remontaient tous à la fois de son cœur meurtris.
Le manque, la colère et le chagrin, la peur et l'incompréhension. Et l'amour. Toutes ces conversations imaginaires qu'elle avait tenu avec lui entre les murs de sa prison sans qu'aucun son ne sorte jamais de sa bouche. Ils étaient tous là à présent, gonflant sa poitrine et roulant sur ses joues tandis qu'elle le regardait vivre et respirer, fouler cette lande alors qu'elle l'avait si longtemps cru perdu à jamais.
Devant ses yeux l'homme disparu et c'est l'enfant qu'elle vit enjamber les touffes d'herbes qui éclataient en bouquet de rosée dans le soleil naissant. L'enfant qu'elle avait vu dans le Poudlard express lors de son premier voyage. Elle ne savait pas pourquoi ce souvenir venait s'imposer à elle maintenant alors qu'elle n'y avait jamais repensé. Pourtant c'était bien le jeune Harry qu'elle voyait. Sans doute une façon de conjurer le sort et les années.
Un visage diaphane et fragile. De la porcelaine cristallisée sous la nuit de ses mèches et entre les cils sombres le vert de deux émeraudes lavées par la pluie. Assis au bord de la banquette de son compartiment, la nuque droite et les épaules fines, il avait serré inconsciemment les bras autour de sa poitrine, comme si ainsi il avait espéré tenir moins de place. Les doigts blancs crispés sur le sweatshirt trop grand, il semblait juste s'excuser d'exister. En cet instant il avait eu la douceur et la candeur d'une âme qui n'avait pas encore osé commencer à vivre, ses espoirs tout juste murmurés brillants comme les fantômes de rêves recroquevillés dans la nuit de ses paupières fines.
Dix-huit ans était passés et Hermione les voyait toujours danser autour de ses prunelles alors qu'il les posait sur Aliénor.
Debout face à l'autre, ils ne se touchaient pas. Seul leurs regards s'effleuraient et quelque chose d'autre qui ne se voyait pas. Alors lentement, Hermione vit l'enfant s'envoler, dissout par la lumière grandissante comme un charme levé à la fin d'une longue nuit et il ne resta bientôt plus que l'homme et de nouvelles parts d'ombres accrochées à sa vie.
Tout était vaste autour d'eux, pourtant ni l'immensité de la lande, ni les montagnes froides et millénaires ne parvenait à noyer leurs silhouettes figées dans l'aube. Les champs ondulaient à leurs pieds et le ciel caressait leurs têtes, y déposant de ses doigts invisibles d'étincelantes couronnes d'air et de lumière. Mais contrairement à Draco et Hermione, Harry et Aliénor appartenaient au même monde. Ils vivaient déjà par delà la réalité et le temps et comme une reine et son roi ils pouvaient faire de chaque instant leur royaume. Ils vivaient par delà la vie comme s'ils avaient déjà vaincu la mort. C'était l'autre vérité, la seconde liberté. La plus absolue. Le dernier affranchissement avant l'immortalité.
Ils joignirent leurs mains et avec elles leur magie qui inondait l'espace autour d'eux comme le cœur d'un même soleil.
Hermione se détourna. Elle se tenait loin en arrière mais le simple fait de les observer lui faisait l'effet d'une intrusion et elle chercha où poser son regard. Elle perçu un mouvement et reconnu Louis à sa tête blonde qui traversait le parc en contrebas et semblait se diriger vers eux. Elle se leva et avança dans sa direction, s'arrêtant sur le rebord des Hauts pour l'attendre.
Le vide à ses pieds et le vent dans son dos, elle laissa les courants d'airs se disputer son corps et observa les images inventées qu'ils dessinaient dans ses cheveux défaits. Juste pour un instant elle ne voulait plus s'appartenir et laisser le ciel l'étioler dans son vide. Pourtant, plus elle tentait de prendre de la distance avec elle même, plus son corps la retenait à lui et elle prenait soudain conscience de la plus infime des sensations. Le sang qui battait sous la peau fine de son poignet, une mèche de cheveux qui caressait sa nuque et le gout de chaque bouffée d'air tourbé qui descendait dans sa gorge. Et puis cette autre chose.
Profonde et diffuse, figeant sa magie au creux de son ventre avec la froide délicatesse d'une gelée un matin d'hiver. Comme elle, elle saisissait le monde sous son voile de glace mais restait encore trop jeune pour trainer la mort dans le blanc de son sillage. Elle était juste le prémice des longues nuits et des mois sans sursis. Le premier souffle des grandes tempêtes venues du nord. Hermione baissa les yeux sur sa magie rougeoyante, scrutant les langues de chaleur qui s'enroulaient sur elles mêmes. Il lui semblait qu'elles lui résistaient, ne cédant à son regard qu'à contrecœur, comme si elles cherchaient à protéger un secret profondément enfoui sous la lave.
Alors elle persista. Elle ouvrit chaque fleur et remonta chaque rivière. Elle souleva le moindre pétale, et détourna le moindre courant incandescent qui semblait éternellement se mettre entre elle et ce nouveau froid dont elle semblait se nourrir. Plus elle creusait profondément en elle, plus elle sentait sa douce morsure et quand enfin il ne resta plus nul part où chercher, elle vit le dernier bouton solaire flotter au cœur du brasier. Doucement, comme si elle craignait d'anéantir ce qu'elle allait y trouver, elle écarta un à un les derniers doigts de flammes et le cœur battant elle les regarda s'épanouirent sans plus de résistance. C'est là, au creux d'elle même, qu'elle la vit pour la première fois briller dans son écrin d'acier. Froide et précieuse, enroulée dans l'infini de ses cristaux glacés, grandissait la vie.
À cet instant Louis apparut près d'elle. Le visage sombre, il tenait un parchemin dans son poing.
« Je sais où ils ont emmené Malfoy. Et je sais qui le détient. »
