POV Sirius
Sans s'en rendre compte, nous nous étions endormis après les cris déchirant d'Hermione. Il était maintenant 3h34 am et je ne réussissais pas à retrouver le sommeil. Je décidai donc de me lever et de me rendre dans la cours pour m'assoir sur l'un des nombreux bancs.
Tout était paisible, presque trop. Des flocons tombaient doucement, la lune était à moitié pleine et projetait la seule source de lumière. Les mots d'Hermione résonnaient en moi sans que je réussisse à les saisir. J'allais mourir. Mais que cela signifiait-il au juste?
Je regardais maintenant le ciel, figé par le temps. Je me sentais prisonnier, sans savoir de quoi.
« Lui qui était venu pour te sauver, a finit par te condamner à mort. »
Je ne savais pas comment prendre tout cela, je ne savais pas si j'avais même envie d'y croire. Était-ce qu'un cauchemar? Ou y avait-il réellement une date précise où mon heure sonnerait?
J'entendis des pas et décidai de me concentrer que sur ceux-ci. C'était Rémus.
Un silence plana durant un long moment, ni l'un ni l'autre ne voulait le briser. Pourtant, mon ami finit par le faire.
-Hermione te l'a dit, n'est-ce pas?
Mon coeur s'accéléra.
-Je suis désolé… Sir…
-Comment? Comment étais-je? Ou plutôt… comment serais-je?
Puis, une personne au loin répondit à ma question.
-Épatant.
Je me tournai pour tomber sur Harry. Je regardai maintenant ce garçon, qui, jusqu'à présent, ne m'avait jamais réellement parlé… et encore moins complimenté.
-Tu évitais les sorts avec finesse, tu contre-attaquais avec bravoure. J'étais si fier de me battre à tes côtés. C'était comme si nous n'avions fait qu'un. Nos sorts concordaient parfaitement. Et alors que tu me félicitais, unis contre le mal… Bellatrix a profité de ce moment de bonheur, de nos coeurs emballés et distraits pour t'arracher à la vie…
Des larmes coulaient, je ne savais pas pourquoi, mais il m'avait touché. Ses mots me berçaient, me réconfortaient.
-Mais je te promets… il n'y avait pas meilleur que toi, Sirius.
Il prit une pause, puis reprit.
-Tu n'es pas parti en vain, tu es parti en héros.
Une boule se forma au fond de ma gorge. Je sentais qu'il m'accordait beaucoup de valeur, une grande place dans sa vie.
-Pourquoi as-tu chercher à sauver ma vie?
Mais alors qu'Harry s'apprêtait à répondre, j'entendis la voix de Ronald.
-Parce que tu étais la seule famille qu'il lui restait.
Je me tournai pour voir que nous étions maintenant tous réunis, Hermione comprise. Le rouquin avait parlé avec tristesse. Et en croisant les yeux de chacun, je vis qu'ils l'étaient tous. J'avais envie de poser beaucoup, beaucoup plus de questions. Et alors que je m'apprêtais à prendre la parole, Lily le fit avant moi.
-Et nous, dit-elle en pointant James de la tête, et nous, où étions-nous?
Un autre silence si fit suite à sa question. Nous sommes prêt à connaître la vérité, je crois. Avant qu'Harry réponde, Hermione vint se mettre sur mes genoux et me chuchoter un «je suis navrée» à l'oreille. Je n'eus pas le courage de lui dire quoique ce soit, alors je répondis par une simple caresse dans son dos.
-Nous voulons savoir Harry.. Nous voulons savoir ce qui vous a poussé à venir ici… Et pourquoi n'as-tu simplement pas demander à l'un d'entre nous de t'éclaircir sur tes questions… Et pourquoi Tu-Sais-Qui en a après toi?
James avait demander tout cela d'un coup, tellement, qu'il lui fallu prendre une pause pour reprendre son souffle. Harry s'approcha de ce dernier et déposa un main sur l'épaule de mon frère de coeur.
-Je vais tout vous expliquer… On vous doit bien cela. Mais je crois que ce qu'on a le plus de besoin présentement, c'est d'aller dormir.
Il avait raison, la fatigue commençais à s'emparer de moi.
Le lendemain matin, je m'étais réveillé seul. J'étais triste de cette première nuit avec Hermione… j'aurais tellement souhaité qu'elle soit parfaite, heureuse. Mais notre situation était compliquée, ça, je commençais à en prendre de plus en plus conscience. Je m'assis d'un coup sur le bord du lit, ma tête enfouit entre mes mains. Puis en m'étirant doucement je me dirigeai vers la douche.
Une demi-heure plus tard, je me décidai à aller au salon. Harry, Ron et Hermione y étaient déjà et semblaient débattre sur un sujet. Ils se décidaient sûrement sur ce qu'ils nous révéleraient. Ils ne m'avaient même pas remarqué encore. Je pris un instant pour les observer. Je réalisais que je n'avais jamais réalisé à quel point ils étaient proche l'un des autres.
Hermione releva la tête vers moi et me fit un maigre sourire. Il est vrai qu'on n'avait pas discuté d'hier soir encore. Je pris mon courage à deux mains et me dirigeai à la place libre qu'elle avait laissé à côté d'elle.
-Bon matin toi.
Nous échangeâmes un léger baiser.
-Bon matin. Désolée si je ne t'ai pas attendu à mon réveil, mais je devais parler avec Harry et Ron.
-Oui, je comprends.
Je me tournai justement vers ces deux-là.
-Bien dormis? leur adressai-je.
-La nuit était un peu trop courte à mon goût, mais nous avons le reste des vacances pour récupérer alors… me répondis Ronald.
-Ah ça, on est d'accord sur un point!
Nous avons ris doucement pour parler de tout et de rien. La discussion allait de bon train, bien que nous savions que le sujet désiré ne serait pas abordé sans les autres. Une dizaine de minutes plus tard, les trois retardataires nous avaient rejoint.
-Bonjour!
La tension montait dans l'air et je me sentis de plus en plus nerveux. J'avais hâte que les choses soient dites pour qu'on puisse passer à autre chose.
-Bon, je crois qu'il est temps qu'on parle, qu'on parle des vraies affaires. Alors, nous avons décidé, avec Ron et Hermione, que nous répondrions à toutes vos questions. De cette façon, nous n'en dirons pas trop, ni pas assez.
C'était Harry qui avait parlé et d'un commun accord, la discussion pu commencer.
-J'aimerais d'abord vous demander… Pourquoi êtes-vous dans le passé... bien, dans votre passé? questionna Rémus.
C'est Hermione qui entreprit la suite.
-Nous sommes en guerre contre celui qui fait des ravages dans votre présent. Nous sommes en guerre contre Vous-Savez-Qui et dans notre réalité, Harry est l'Élu, le seul qui puisse l'arrêté.
-Pourquoi?
C'est Lily qui avait posé la question.
-Parce que… Hermione prit une pause avant de reprendre. Parce que déjà bébé naissant, le destin d'Harry et du Seigneur des ténèbres se sont liés.
Sous nos airs interrogatifs, celui visé décida de poursuivre.
-J'ai survécu au sortilège de la mort que Voldemort lui-même m'avait jeté et…
-Comment? Comment est-ce possible?
Harry se tourna vers sa Lily.
-Grâce à ton amour.
Les yeux de celle-ci se remplirent d'eau et elle fit un petit sanglot avant de se reprendre.
-Et… où étions-nous… commença-t-elle, James et moi, où étions-nous lorsqu'il t'a attaqué?
Je retins ma respiration, craignant le pire.
-Il vous a… enfin… il s'en est pris à vous avant d'essayer d'en terminer avec moi.
James et Lily fermèrent les yeux en même temps après cette nouvelle. Combien de victimes allaient faire ce maudit Seigneur de la mort. Je sentais la colère montée en moi. Je pris une grande respiration. Alors c'était vrai, Harry n'était jamais venu ici. Mes amis ne connaitrons jamais leur enfant. Une question vint à mon esprit.
-Alors c'est pour cela que tu étais venu me sauver Harry? Est-ce que c'est moi qui vais prendre… soin de toi?
Celui-ci baissa les yeux. Hermione poursuivit.
-Non Sirius… nous t'avons rencontré en troisième seulement… Avant cela, depuis le décès de.. enfin… tu sais qui… tu as passé les 14 années suivantes enfermé à Azkaban…
Un coup de point dans l'estomac, non, des milliers de coup semblaient m'avoir frappé. Que cela signifiait-il?
-Mais pourquoi?
C'est Ronald qui poursuivit cette fois-ci, une main sur celle d'Hermione qui laissait ses larmes couler.
-Connaissez-vous un certain Peter Pettigrew?
-Oui, renchérit James, c'est notre ami. On l'a rencontré dans le train à notre première année à Poudlard, nous le voyons maintenant que l'été puisqu'il a abandonné l'école en sixième.
-D'accord, et bien, pour faire court, disons simplement que vous avez mis votre confiance en lui pour une raison qui nous échappe à tous, il vous a trahi et a jeté la faute sur Sirius lorsqu'il s'est fait questionné sur votre assassinat par le Ministère.
Silence. Cela faisait beaucoup d'informations en trop peu de temps et je crois que nous avions tous besoin de digérer les informations. D'un trait, James se leva pour se diriger à la cuisine.
Pendant ce temps, je décidai de faire le tour de ce que je venais d'apprendre. Alors, James et Lily mourrait par les griffes de Voldemort. Un mauvais frissons me passa de la tête aux pieds. Bon, ensuite, Harry survivra. Je n'aurai pas sa garde puisque je serai enfermé dans la prison des sorciers. Et des années plus tard, je vais mourir.
Ouais, ça fait vraiment beaucoup à avaler. Mais maintenant la vérité dite, j'avais d'autres questions qui s'imposaient à moi.
-Est-ce que je serai libéré parce que vous aurez dévoilé au grand jour que le fautif était Peter?
-Non… Tu étais fugitif… et tu es mort fugitif.
Ouch. Alors tout le monde me prendra un jour pour un monstre.
-Rémus est le seul qui te croyais Sirius.
C'est Hermione qui m'avait parlé. Elle semblait vouloir me réconforter.
-C'est grâce à lui que nous avons su ce qui s'était réellement passé et que nous avons découvert quel homme merveilleux tu es. C'est grâce à lui qu'Harry a su qu'il t'avait comme parrain. C'est grâce à lui...
Je serrai sa main en guise de remerciement. Puis, James revint avec des breuvages et des viennoiseries. Nous primes tous le temps de se rassasier avant que celui-ci ne reparte la discussion.
-Et alors, que pouvons-nous faire pour vous aider? Je le veux mort ce Lord. Je le veux à des milliers de kilomètres sous terre. Qu'attendez-vous de nous maintenant?
Les trois amis hésitèrent.
-Ne croyez pas que nous allons rester les bras croisés alors que vous risquez votre vie dans un présent qui n'êtes pas le vôtre.
-Bien, c'est que… affirma Harry, nous attendons simplement qu'il se présente à Poudlard. Alors, si vous le voyez sur la carte des Maraudeurs, si vous entendez des rumeurs qu'il approche l'école ou peu importe, si vous pensez qu'il y est, avertissez-nous.
-Très bien.
Je crois que j'en avais eu assez pour aujourd'hui finalement. Une atmosphère triste régnait maintenant et j'avais le sentiment que je devais faire quelque chose.
-Qu'est-ce que vous en dites qu'on mette tout cela de côté et qu'on profite de cette belle journée de Noël? Vous savez, bataille de boules de neige, déballage de cadeaux pour finir avec un bon repas dans un restau du coin.
-J'en dis, que c'est une excellente idée mon Patmole!
Enfin, des sourires apparaissaient dans la pièce et sans même se le dire, nous décidâmes que le reste des vacances se passeraient dans le plaisir et la joie.
