Auteur : Midwintertears

Titre : Les aubes sont mortes (de l'album La République des Métérores)

Genre: Tragedy

Rating: T

Avertissement : slash

Voici un petit météore, il y en aura d'autres.


Les aubes sont mortes

Les aubes sont mortes hier matin

Les aubes sont mortes tu t'en souviens

Tu te souviens hier matin

Et depuis je ne suis plus rien

Comme un coup de feu signalant le départ d'une course, Harry annonça aux deux autres « Nous partons faire la guerre !»

Ron ressentit comme un vide en lui, comme si le sol sous ses pieds avait disparu.

La guerre ?

Sujet terrible !

Une annonce de saloperies, oui !

Bien entendu, Harry prend cette décision pour une raison très honorable, puisqu'il s'agit de débarrasser le monde de Lord Voldemort et de toutes les sinistres idéologies qui vont avec. Une guerre qui aspire à la paix.

Mais Draco était dans l'autre camp.

Et puis, la guerre, c'est sale, point à la ligne. Ca recouvre l'herbe fraîche non pas avec de la rosée, mais avec du sang tout aussi frais.

A la guerre, on perd son statut d'individu, on devient un soldat faisant partie d'une masse que l'ennemi voit arriver et dans lequel il tire sans discernement.

Harry ne devait pas y réfléchir, ou alors, il avait décidé de ne pas le faire entrer dans l'équation. Et comme c'était lui commandait...

A ciel malade, mon caporal

Ca brûle ainsi la cendre aux étoiles

Tuer un Mangemort, d'accord, c'est juste un ennemi, et un de plus ou un de moins, qu'est-ce qua ça change ? Un ennemi, ce n'est pas une personne avec une vie, une famille et des sentiments, c'est un amas de chaire à abattre.

Dis-moi combien tomberont demain ?

Dis-moi comment elles prennent en main ?

Mais si cet amas de chaire à abattre s'appelle Draco, si je lui donne un nom, Harry, veux-tu toujours que je le tue ?

Oui. A la guerre comme à la guerre. Elle nous appelle et nous induit à penser à autre chose qu'à la vie qui coule dans nos veines et dans celles de nos ennemis. Elle nous insuffle son esprit en nous promettant les honneurs que reçoit tout guerrier, tout héro.

Elle disait « Viens et tu verras

Qu'ils compteront avec toi »

Car c'est bien ce que nous voulons tous : être un héro, éblouir le monde. Et dans certains cas, le héro, c'est celui qui tue le « méchant ». Beaucoup d'intrigues fonctionnent comme cela.

Elle disait « Viens et tu verras

Que l'amour n'existe pas »

Car pour devenir un « grand », un homme, un vrai, il faut passer l'épreuve, il faut aller au front.

Harry, je ne veux pas. Non.

Elle disait « Viens et tu verras

Qu'ils sont sourds et muets parfois »

Je sais que toi aussi tu ne peux pas occulter tes sentiments, car tu es aussi humain que moi. Mais...

Elle disait « Viens et tu verras

Qu'ils pleurent avec toi »

Mais tu en as tellement vu, tu as déjà tellement combattu. Tu es déjà un héro. Je ne suis pas apte à te comprendre. Parce que je n'ai pas ton vécu, le Mal ne m'a pas défiguré comme tu l'es.

Mais comprends-tu que je ne veuille pas le tuer, lui ? Je sais, tu ne l'aimes pas beaucoup, et moi c'était pareil jusqu'il y a peu...Mais le monde n'arrête pas de changer, moi pour commencer, et puis lui. Et puis le ciel n'a plus la même couleur qu'avant.

La pluie qui s'écoule à rebours

C'est comme une peau de chagrin

Les aubes sont mortes sans lendemain

Du côté droit, deux trous toujours

Depuis que tu as lancé ton cri de guerre, le ciel a explosé, et tout a changé, même le chocolat est devenu amer. Je vais partir et brandir une fleur à la place de ma baguette. Je ferai attention, mais si je prends un sort, si tu me vois m'écrouler, c'est parce que j'aurai voulu le protéger.

Le sang ruisselle dans ma voix

Dans la boue au creux de mes doigts

Les aubes sont mortes hier matin

Et le cuir est sale de destin

Si tu savais comme j'ai la haine...Draco...J'ai toujours pensé du mal de lui, à cause de nos lavages de cerveaux en familles, mais maintenant que je sais tout ça, j'ai la haine...

Ca ne devrait pas se passer comme ça.

Elle me disait « Viens et tu sauras

Que l'Amour, c'est un peu comme toi »

Elle me disait « Viens et tu sauras

Que ça n'existe pas »

La guerre, cette faiseuse de belles promesses qu'elle ne tient pas.

Elle ne fera pas de moi un héro.

C'est toi, le héro, c'est ton destin, pas le mien.

Moi, je suis l'amant de Draco, et cette définition me suffit.

Elle disait « Viens et tu verras

Les lendemains ne chanteront pas »

Elle disait « Viens et tu verras

Qu'ils pleurent avec toi »

Le dernier jour est arrivé. Qu'allons-nous faire ? C'est toi qui décide. Mais je n'obéirai pas forcément.

Dis, tu te souviens que les aubes sont mortes ce matin ?

A la guerre, on devient grands d'un coup, tu pars enfant, et tu reviens con. Tu y vas le cœur léger pour faire le fier et tu reviens en ayant perdu tout ce qui t'es précieux. Le ciel explose aussi dans ta tête.

Dis, tu te souviens combien font deux fois deux au fond des bois ?

Tu arrives devant eux, fleur au fusil, et tu n'as pas envie de mourir, juste de faire la paix, mais c'est déjà trop tard. Ils sont là, les ennemis, et Draco a un regard si doux...

Le sang à la couleur du sommeil

Et des serpents en bouts de dentelle

Si doux...comme la soie où je m'endors...Je m'endors...dans ses bras...si doux...

Je n'ai jamais voulu ça. Lui non plus. Toi non plus. Il n'y a plus de ciel du tout.

Elle me disait « Viens et tu verras

Que les lendemains ne chanteront pas »

Elle me disait « Viens et tu verras

Qu'ils compteront avec toi »

Elle disait « Viens et tu sauras

Que l'amour, ça n'existe pas »

Elle disait « Viens et tu sauras

Que tu sauras... »

Juste un dernier baiser...Qu'il est beau, le grand soir.

FIN


Comme je suis dans une période fan arts, c'est sous ce format que j'ai illustré la chanson Union War (voir mon profil au titre "Illustrations de fanfics")