Chapitre 26 : Comme si de rien était.
Je regardais Rogue ranger ses parchemins qui traînaient sur la table sans bouger.
-Il me semble vous avoir demandé il y'a deux minutes de ranger vos affaires, Chatterton.
-Tu ne peux pas me faire ça.
J'entendais ma voix se briser et je me mords la lèvre pour ne pas pleurer.
Il n'allait quand même pas mettre un terme à l'une des meilleures choses qui me soit arrivé, qui NOUS soit arrivé, à cause de l'opinion d'une femme que je ne connais même pas ?
J'aurais dû savoir que c'était bien trop beau… c'est même idiot que je ne me sois pas posé la question quand tout a commencé. Pendant des années il m'avait haï et il a fallu que je donne tellement de moi pour qu'il me croie.
Je pensais vraiment qu'il me croyait.
Mais je me rends compte petit à petit que tout ce temps il avait toujours ce doute dans le fond de sa tête. Il ne m'a jamais totalement cru.
Rogue soupir et lève sa baguette. Toutes mes affaires volent à travers l'appartement et atterrissent dans le carton qui traînait dans le salon depuis le début de cette aventure. Au fur à mesure j'avais cumulé plus d'affaires et tout n'entrait donc pas. Le tout reposait comme un gros tas désordonné et ma brosse à dents pendait sur le dessus. Il refait un mouvement de baguette et le carton disparaît.
-Allons-y, me lance-t-il.
-Non.
Les épaules de Rogue se tendent et la tristesse en moi fait place à de la colère.
-Je ne partirais pas d'ici tant qu'on n'aura pas discuté, je le préviens.
-Vous n'avez pas à forcer vos caprices sur moi. Je vous ai dit qu'on y allait.
-Et moi j'ai dit non.
Son regard noir me faisait douter de ce que je voulais, tellement il était froid. Mais je ne voulais pas céder. Je ne pouvais pas ne rien faire.
-S'il te plaît. Ecoute-moi, je le supplie. Ce qu'elle a dit n'était…
-Que des conneries, oui, je t'ai entendu la première fois, me coupe-t-il, plus froid que je ne l'ai jamais vu.
-Tu ne me crois pas… Pourquoi ?
-Parce que profiter de la faiblesse des gens est un de tes points forts.
-Pardon ?!
-On y va.
-Non ! Tu es juste le gars le plus borné que je connaisse ! Je te demande de ne pas faire attention à ce qu'elle dit, mais tu es tellement fière que tu t'accroches à la moindre bêtise pour te prouver que tu as raison. Mais tu ne fais que nous faire du mal pour rien, Severus !
-Ne me parle pas sur ce ton, gamine.
-C'est toi qui te comportes comme un gamin !
Je sentais bien que nos corps se rapprochaient petit à petit et il ne fallut pas longtemps pour que nous ne soyons séparés que d'une cinquantaine de centimètres.
-Je t'interdis de me parler sur ce ton !
-Tu n'as rien à m'interdire du tout !
-LA FERME !
La baguette de Rogue se retrouve pointée sur moi et la pointe touche presque mon nez.
-Vas-y, fais-toi plaisir, tu ne sais régler les choses que par la violence de toute façon. Qu'elle soit verbale ou non, lui dis-je. Je plisse les yeux de colère, sans le lâcher du regard, le défiant de le faire.
Je pouvais l'entendre respirer fortement et il refusait de baisser le regard.
La bataille silencieuse ne dure pas longtemps, et il baisse sa baguette.
-On y va, me répète-t-il, en articulant bien chaque mot.
Je ne voulais pas bouger mais la potion en moi me tire vers lui pendant qu'il marche. Je voyais bien qu'il se forçait à avancer pour me tirer et je décide de ne pas lui faciliter la tâche.
-Tu ne peux pas tout laisser comme ça. Pas de cette manière, je lui lance quand on sort des appartements.
-Taisez-vous, idiote.
XxX
On arrive au bureau de Dumbledore avec les muscles tellement fatigués que la balade s'était fait de plus en plus lentement. Rogue tirait vers l'avant et moi je me poussais vers l'arrière. C'est presque essoufflé que je monte sur les marches de l'escalier de la gargouille.
Plus on montait, plus la boule dans mon ventre grossissait.
-Aaaaaaah, vous voilà enfin ! Cela fait une demi-heure que je vous attends ! S'exclame Isla Willow en se levant de sa chaise. Elle pose sa tasse à thé sur le bureau de Dumbledore et frappe dans ses mains.
-J'ai tellement hâte de voir si ça marche ! ajoute-t-elle.
Présents dans le bureau se trouvaient Rick et Henry, les assistants d'Isla, ainsi que Dumbledore, Lupin et pour une raison que je ne comprenais pas, Hagrid.
-Bonjour jeunes gens. Il me semble que c'était le bon moment de vous trouver une solution, se moque Dumbledore en faisant allusion à notre proximité.
-Finissons-en, coupe Rogue, visiblement sur les nerfs.
-Jolie coupe de cheveux d'ailleurs, Severus, ça te va très bien ! Complimente Dumbledore et Rogue lève les yeux au ciel.
-Rick, Henry, préparez tout s'il vous plaît, commande Willow avant de revenir vers nous avec un sourire. En attendant je vais vous expliquer !
Dumbledore nous fait signe de nous asseoir, mais Rogue décline d'un geste de la main.
-La dernière fois que nous nous sommes vus, je vous avais prélevé un peu de sang pour analyse, comme je vous l'avais expliqué.
-Un peu ? Je relève, et Lupin ricane.
-Après analyse rien ne semblait anormal, mise à part un taux de sucre un peu élevé pour toi, Andréa.
-J'avais mangé une chocogrenouille, désolée, je me rappelle.
-Ah ? Je t'avais demandé de venir à jeun.
-J'avais oublié.
-Mais c'était pourtant…
-Et donc ? Nous coupe Dumbledore et Rogue soupire.
-Heu oui, donc j'ai failli abandonner et je vous avoue que j'étais à deux doigts de vous envoyer un hibou pour vous annoncer que vous resterez comme cela à vie. Mais c'est à ce moment-là qu'une collègue nous montre quelque chose que nous n'avions pas remarqué, tant c'est petit. Je n'ai même jamais vu quoi que ce soit d'aussi petit.
-Et donc ? Insiste Rogue.
-De ce que j'ai compris, Andréa a perdu son bracelet dans une potion qui était déjà bien chargée d'ingrédients tel l'hellébore ou encore le sisymbre. Ajoutez à ça l'argent et ça ajoute une explosion assez spectaculaire.
-Oui, ça nous l'avons vu. Mais encore ? s'impatiente Rogue et je vois Dumbledore lui lancer un regard pour lui faire comprendre de se taire.
-Mais c'est l'or du bracelet qui est à l'origine de tout ça. Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé tout de suite. Dumbledore nous avait donné un échantillon de la potion qu'il avait prélevé sur vos vêtements le jour de l'accident, mais je n'ai analysé que les ingrédients, et non pas la provenance des métaux. Je pense que même si je l'avais fait à ce moment-là, ça n'aurait pas eu de sens. Jusqu'à la prise de sang et la remarque bien placée de Neyla Carter.
Je voyais bien qu'elle s'excitait de plus en plus, vu la vitesse à laquelle les mots sortaient de sa bouche.
-L'or de ton bracelet est un or rare, venu de Tanzanie. Dans le temps il n'était porté que par les plus aisées, mais les alchimistes se l'arrachaient puisqu'une fois fondu, refroidi et ajouté à une mixture dont eux seuls connaissaient le secret, il était appliqué sur la peau. Souvent le visage. Il raffermissait les cellules et une femme d'une 80-aine d'année pouvait donner l'impression d'en avoir vingt.
-Oh wow, je lance, fascinée.
-Oui, c'est vraiment quelque chose de remarquable. On l'appelle l'Or d'Ariane.
J'hoche la tête et Willow reprend sa respiration pour repartir dans son explication. Derrière nous, Rick et Henry avaient fini de s'activer et s'approchaient de nous. Rick m'attrape le bras, passe sa baguette dessus en murmurant une formule, puis fait pareil avec l'autre après. À côté de moi, Henry faisait pareil avec Rogue. Willow, elle, continue sans être dérangée.
-En prenant en compte ces informations-là, j'en ai conclu que la réaction de l'or avec les autres ingrédients a créé un nouvel effet. Pour simplifier, disons que cela a créé des petites cellules qui, un peu comme pour la recette de base, sont censées s'attirer. Mais au lieu d'attirer les cellules de la peau pour la raffermir, elle vous attire l'un à l'autre.
-Je crois que je commence à comprendre… mais pourquoi l'un à l'autre ? Je doute que quand les gens se l'appliquaient sur le visage cela les attirait vers les autres qui faisait pareil, si ? Je demande, un peu confuse.
-Non, non, il faut bien que tu te mettes en tête qu'on parle d'un mélange qui n'a rien à voir ! Une toute nouvelle formule, avec de tout nouveaux effets, et de nouveaux effets secondaires. Dans votre cas, la potion fut rapidement absorbée par votre peau. Vous êtes tombés l'un sur l'autre, ce qui a donc permis aux cellules de… hmmm, comment dire… de se sentir à travers vos corps, et de chercher à se réunir. Un peu comme des aimants.
-Donc, s'ils étaient tombés loin de l'autre, ça ne serait pas arrivé ? Demande Dumbledore, curieux.
-Pas dans un premier instant. Mais je pense que ça l'aurait fait un jour ou l'autre.
-Comment est-ce que vous expliquez la douleur ? Demande le professeur Lupin.
Rick avait enfin fini de me tâter les bras et s'écarte, se postant à côté de Willow, tout comme Henry.
-Ah oui ! Donc, en se sentant s'éloigner les uns des autres, les cellules se mettent un peu a… paniquer on va dire. Elles vont donc s'accrocher à tout ce qu'elles peuvent pour essayer de vous pousser à revenir l'un vers l'autre. D'ailleurs, quand vous vous disputez, comme aujourd'hui je crois comprendre, la température de votre corps augmente. Cette température devient idéale pour ces cellules qui deviennent plus fortes et qui peuvent donc prendre le contrôle et essayer de s'approcher encore plus de l'autre. Leur but est et sera toujours de se rejoindre. Toujours.
Son explication tourne en boucle dans ma tête et je me surprends à hocher la tête, comprenant ce qu'elle disait.
-Cela n'a donc rien de magique, mais chimique ? Je demande.
-Rien de magique ? Andréa, c'est la chose la plus folle que j'ai vu de ma vie… cela ne peut être que magique, rit Isla.
-Vous pouvez donc nous aider ? Demande Rogue. Il avait l'air aussi étonné que moi de tout ce qu'on venait d'apprendre.
-Oui, je pense que je le peux. Je vais essayer. Mais je dois vous prévenir d'avance. Si cela ne marche pas… je ne pourrais plus rien pour vous, avoue-t-elle avec une grimace, comme si ça lui faisait mal au cœur de s'avouer vaincu.
-Eh bien… si nous essayions ? Propose Dumbledore, et Willow frappe dans ses mains, excitée.
-Mettez-vous l'un face à l'autre à côté de la petite table derrière vous, s'il vous plaît, nous intime-t-elle.
Rogue et moi faisons quelques pas en arrière et nous nous mettons face l'un à l'autre, sans se regarder. Je remarque un bocal de grande taille sur un petit guéridon rond en vieux bois.
-Je vais demander à Monsieur Lupin de se mettre derrière son collègue et à Monsieur Hagrid de faire pareil avec Andréa, s'il vous plaît, commande Willow en sortant sa baguette de sa poche.
Les messieurs font ce qu'il leur est demandé de faire et je fronce les sourcils. Willow le remarque et me souris.
-Ne t'inquiète pas, ce n'est qu'en cas où les cellules se mettent à se battre.
-À se battre ?
-Tu ne crois quand même pas qu'ils vont sortir de vos corps sans un peu de résistance ? Me sourit-elle.
Elle se place face à nous, et derrière elle je peux voir Dumbledore se lever pour mieux assister à la scène.
-Bien. Prêts ? Nous demande Willow.
Je lance un coup d'œil vers Rogue et le vois prendre une grande inspiration.
-Prêt.
-Prête.
-Messieurs ? Demande Willow à l'intention de Lupin et Hagrid et ces derniers hochent la tête.
Willow lève sa baguette, ferme les yeux et commence à réciter des formules que je ne comprenais pas. Je regarde autour de moi, ne sentant rien se passer et vois Rogue faire de même. Nos regards se croisent un instant et la boule que j'ai au ventre montre dans ma gorge.
Non… il ne faut pas que je pleure.
Willow ouvre les yeux tout en continuant à remuer sa baguette et je ferme les miens. Je sentais une chaleur dans ma poitrine et la température de mon corps augmentait de plus en plus. La chaleur commence à s'étendre dans tout mon corps et je sens que je transpire. Ma respiration se fait de plus en plus rapide, comme si j'étais en train de monter une pente sous 38 degrés.
Les battements de mon cœur deviennent tellement fort que je l'entendais par-dessus la voix de Willow et je serre les poings pour ne pas me mettre à paniquer.
-Gardez-les éloignés, il ne faut pas qu'ils se touchent ! Préviens Rick ou Henry.
J'ouvre les yeux pour voir ce dont il parlait. J'ai à peine le temps de remarquer qu'effectivement, Rogue et moi nous étions presque collés l'un à l'autre, que je sens les bras d'Hagrid autour de moi. Je vois Lupin tirer son collègue en arrière avec une force surprenante et le maintenir sur place, non sans difficulté. Hagrid me soulève et me serre contre son torse gigantesque, m'empêchant de bouger et je respire difficilement.
C'est là que la douleur revient.
Mais c'est tellement plus intense cette fois.
Je lâche un cri et ferme les yeux pour ne pas pleurer. Je sens malgré tout une larme couler sur ma joue et je me mords la lèvre.
Rogue n'avait pas l'air d'aller beaucoup mieux, je l'entendais lâcher des râles de douleur et Lupin lui dire que c'était presque fini.
Mais chaque seconde semblait durer des heures, je sentais tout tirer, la douleur s'atténuait mais elle était toujours présente, m'arrachant des cris de douleurs.
-Libère ses bras, Hagrid, intime Henry ou Rick, je ne sais pas, je m'en fous, j'ai mal.
Je sens Hagrid relâcher son étreinte et je me surprends à vouloir sauter vers l'avant, vers Rogue.
-Non, non, tu ne bouges pas.
-Laisse-moi ! Je gueule sans vraiment me rendre compte. Je voulais juste que ça s'arrête.
-Calme-toi, tiens bon. Tu es forte, me murmure-t-il, et je me mets à pleurer franchement.
Je n'en pouvais plus de cette journée. Je voulais juste que ça s'arrête et retrouver les bras de Severus. Dormir avec ses bras autour de moi pour oublier tout ce qu'il s'était passé.
Je sens la force de mes bras me quitter et j'arrête de me débattre, essayant de contenir ma peine et respire de plus en plus fort.
-C'est ça, respire Andréa, respire, me console Hagrid.
-Par Merlin, c'est incroyable… s'exclame d'un coup l'un des assistants et j'ouvre enfin les yeux.
Devant moi se formait une grosse boule dorée. Elle brillait et semblait grossir de plus en plus. Elle avait la taille d'une balle de tennis mais continuait de prendre en volume. Je baisse les yeux vers mes bras et vois des centaines de particules dorées quitter mon corps, petit à petit. J'étais rouge tellement j'avais chaud, et je voyais des gouttes de sueur sur mon avant-bras. Je ne pouvais plus quitter les gouttes des yeux, tant ils brillaient.
-On y est presque, tenez bon.
Je lève les yeux vers Rogue et je pouvais le voir fixer la boule dorée devant nous. Il remarque vite que je le regardais et son regard tombe dans le mien.
Une autre douleur se mêlait à celle qu'il y'avait déjà quand je me rends compte que c'est la fin. Je suis en train de le perdre et je n'aurais plus jamais l'occasion de lui prouver à quel point je l'aime.
Et même si je l'avais, à quoi bon ? Il ne me fait pas confiance.
Nous n'étions jamais prédestinés à être ensemble.
Ça n'aurait jamais marché.
Je continue malgré tout de le fixer et tout me revient. Notre premier jour, notre première semaine, notre première dispute, notre première vraie conversation, notre début de complicité, notre premier baiser…
J'avais vécu ces derniers mois comme dans un rêve. Je peux honnêtement dire, qu'appart Céline, personne ne me connaissait aussi bien que Rogue.
Enfin… c'est ce que je pensais.
Notre regard est alors attiré vers la boule dorée, celle-ci s'étant mise à bouger. Elle flotte doucement vers le bocal et je ressens d'un coup un vent frais. Plus la boule s'approchait du bocal, plus la température de mon corps baissait. La douleur quant à elle avait complètement disparu. Comme si de rien était.
Hagrid me pose par terre tout doucement et me tient un instant le temps que je retrouve l'usage de mes jambes. J'étais tellement tendu tout le long que chaque muscle dans mon corps me faisait mal.
Nous regardons tous la boule rejoindre le bocal et y entrer. Le couvercle se pose alors dessus et se referme par lui-même.
Willow Isla baisse alors sa baguette et court vers le bocal, sans s'inquiéter de nous. Elle le prend entre les mains et le regarde avec de grands yeux.
-Incroyable. C'est tout simplement incroyable. Vous en aviez vraiment une énorme quantité…, souffle-t-elle, presque choquée.
-Ça a fonctionné ? Demande Lupin en lâchant Rogue, qui passe une main dans ses cheveux, essuyant en même temps les gouttes de sueur qu'il avait sur le front.
Willow semble se rappeler de quoi il s'agissait à la base et se retourne vivement.
-Ah, oui ! Eh bien, on va voir ça. Andréa, Severus…
J'hoche la tête et Rogue fait de même. Synchro, nous faisons un pas en arrière, puis un autre. Après quelques pas, Henry nous apprend que nous étions à trois mètres.
-Bien. Le moment du verdict, s'excite Willow.
Je prends une grande inspiration et Rogue hoche la tête dans ma direction pour me dire de le faire. Je ne le lâche pas du regard et fais un autre pas en arrière.
Et rien.
Aucune douleur.
Un autre pas.
Toujours rien.
C'est fini.
-Par Merlin, vous avez réussi, Isla ! lance Lupin, admiratif.
Willow Isla semblait être la plus heureuse. Elle sautillait sur place et ses boucles dansaient autour de son visage avec vigueur.
-Nous ne savons pas comment vous remercier, Isla, lui dit Dumbledore, content.
-Merci, lance simplement Rogue.
Je le regarde pour essayer de voir ce qu'il pensait. Ce qu'il ressentait. S'il était aussi triste que moi.
Mais je ne pouvais rien lire de son expression. Elle était aussi froide que d'habitude.
Mon Severus avait de nouveau laissé place au professeur Rogue, et mon cœur se serre.
Tout devient flou autour de moi et j'ai l'impression de flotter hors de mon corps, d'assister à la scène sans y être.
-Comment tu te sens, Andréa ? As-tu besoin que je t'emmène à l'infirmerie ? Porte la Hagrid, s'il te plait, j'ai l'impression qu'elle va s'évanouir.
Non. Non, je ne vais pas bien. Mais ce n'est pas de Pomfresh dont j'avais besoin.
Je fais un pas sur le côté quand Hagrid s'approche de moi.
-Non, je … je vais bien. Merci Isla, je lance d'une voix faible.
-Avec plaisir, me sourit cette dernière, visiblement fière.
-Merci à vous tous d'ailleurs, j'ajoute. J'aimerais…aller me reposer maintenant, c'était assez intense, je ris faiblement.
-Oui, bien sûr. Tu dois aussi avoir hâte de rejoindre ton amie, devine Dumbledore.
-Très, je souris. Merci encore pour tout.
Je tourne la tête vers Rogue et mon sourire s'efface un peu, tant j'ai mal de le regarder.
-Professeur… ce fut un plaisir.
Il ne me répond pas, évidemment, mais j'entends les autres ricaner doucement.
Je les salue une dernière fois et marche rapidement vers la sortie. À chaque pas je me rends compte que c'est vraiment fini. Je sais que c'est idiot et un peu bizarre, mais la douleur me manquait presque.
Il me manquait déjà. Tellement.
Quand la gargouille referme l'entrée vers le bureau, je me mets à courir comme jamais je n'ai couru. Je traverse les couloirs, saute sur les escaliers, ignorants les appels étonnés des élèves qui semblaient remarquer que Rogue n'était plus avec moi.
Je ne voulais plus que retrouver Céline. Retrouver la salle commune des Poufsouffle, retrouver mon dortoir. Mon lit.
Arrivée au sous-sol, je m'arrête de courir et prends une grande inspiration, sans m'arrêter. Je passe à côté des cuisines et arrivée devant les tonneaux j'essaye de me concentrer pour ne pas me tromper.
La porte s'ouvre et j'entre rapidement.
Arrivée dans la salle commune, je regarde autour de moi à la recherche de ma meilleure amie, mais ne la trouve pas. Encore une fois, des élèves me regardent avec étonnement, et certains se mettent même à applaudir en se rendant compte que j'étais enfin libérée du professeur de potion.
Je n'ai la force d'interagir avec personne et me presse vers mon dortoir, espérant y retrouver Céline.
J'ouvre la porte sans frapper, et j'avais bien deviné. Elle était là, penchée par-dessus mes affaires que Rogue a dû faire apparaître sur mon lit.
-Par Merlin Andréa, tu m'as fait peur. J'étais en train de me demander ce que… attends…Andréa ?
Je ne la laisse pas le temps de poser plus de question et cours vers elle. Elle m'ouvre les bras sans réfléchir et je m'y blottis, laissant libre cours à mes larmes.
-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je sens qu'on va avoir une très longue conversation, me murmure-t-elle avant de me serrer fortement dans ses bras.
Merci à La-Lubianse pour la correction de ce chapitre!
J'espère que cela vous aura plu, on attaque désormais la dernière partie de l'histoire d'Andréa... Ca sent la fin, snif.
Merci à Brodie et Ewanelya pour leurs reviews en guests, et un bisous au autres :)
A la semaine prochaine !
S.
