Coucou! Voici le nouveau chapitre! Un grand merci à tous mes revieweurs qui ont su me redonner confiance en moi après le peu de succès que la fic rencontrait ces derniers temps! Mercii!

Guest: J'avoue que la relation Lucius/Harry semblait friser l'inceste, mais j'y pense plus comme une sorte de fascination malsaine plutôt qu'un jeu sexuel ;) J'espère que tu as apprécié le fait que Lucius ait découvert sa paternité! A bientôt pour le prochain chapitre :)

vivi: Ravie que le dernier chapitre t'ait plu, j'espère que le suivant ne te décevra pas! Merci encore pour ta review! ^^

morane: Coucou! Je me porte on ne peut mieux, les vacances me fournissent tout le temps dont j'ai besoin pour laisser libre cours à mon imagination! ^^ J'espère que tu as raison et que mes lecteurs me resteront fidèles durant ces vacances d'été :)) Concernant Lucius et Harry, oui, Lucius va avoir un comportement différent envers Harry après cela, mais de façon assez discrète je pense, tu verras ce dont je parle dans les prochains chapitres ^^ La trahison de Draco est bien sur troublante, je te laisse lire ce chapitre pour te poser encore plus de questions x); J'espère que ce nouveau chapitre te plaira autant que les derniers :)) Gros bisous et à bientôt!

Lectrice assidue: Je suis ravie que cette fiction te plaise autant, merci à toi d'avoir laissé un si bel avis! Je suis très heureuse de savoir que mes personnages te parlent et soulagée que ma caractérisation de Lord Voldemort te paraisse crédible ^^ Merci beaucoup de suivre ma fiction avec autant d'assiduité ^^ et à bientôt j'espère!

Guest: De rien et merci à toi de m'avoir laissé une petite trace de ton passage! Bises et à bientôt! ^^

Marie: Merci beaucoup, parfois rien qu'un petit mot suffit en effet pour faire plaisir et donner un peu de courage alors merci à toi! Gros bisous, à bientôt! ^^

Drougael: Coucou! Oui, enfin Lucius est au courant de sa paternité et va pouvoir agir en conséquence !^^ Concernant Draco, je suis totalement d'accord, rien ne va plus! lol Mais ne t'inquiète pas, il a ses raisons que tu parviendras peut-être à deviner dans les chapitres qui suivent! ^^ C'est vrai qu'Harry est très partagé concernant sa loyauté, il jongle entre les deux camps et ne sait où donner de la tête car les deux ont des avantages et des inconvénients! ;) Merci à toi pour cette gentille review qui m'a fait très plaisir et j'espère te revoir au prochain chapitre ^^

Adaix: Coucou! Merci pour ce petit mot, je te remercie pour tes encouragements! Gros bisous et à bientôt ! ^^

Gaby: Hello! Merci pour ta review très sympa, je suis toujours ravie de savoir que ma fic plaît toujours autant! Gros bisous ;))

yuishifuji: Coucou! Hé oui, Lucius sait qu'il va être...ou plutôt qu'il est papa! ^^ Je suis complètement heureuse de savoir que cette révélation s'est passée comme tu l'espérais et qu'elle a tenu toutes ses promesses! Un grand merci à toi! Je serais ravie de te revoir dans les prochains chapitres, et j'espère te surprendre toujours autant! Gros bisous et à bientôt! ;)

Bellasidious: Slt! En effet, ce fut un chapitre mouvementé pour ainsi die ^^ Draco saura qu'il a un frère, mais pas tout de suite je pense, laissons le se dépatouiller d'abord avec les ennuis dans lesquels il s'est récemment fourré x)) Je suis flattée que tu penses qu'elle fait partie des 7 meilleurs Harry/Tom, car j'en ai lu beaucoup qui me paraissaient bien plus élaborés que ma fiction ;) Alors merci et j'espère te revoir bientôt! Gros bisous!

Chapitre 25

Lorsqu'Harry ouvrit les yeux, il ne reconnut pas l'endroit où il se trouvait.

Le lit sur lequel il était allongé était cependant très confortable, et Harry aurait aimé s'y prélasser durant des heures afin d'oublier tous ses problèmes. Refermant les yeux à cause de l'agression de la lumière, le jeune homme soupira en se souvenant des derniers évènements.

Draco qui avait tr ahi sa famille, Lucius qui venait d'apprendre qu'il était son fils, les résistants auxquels il avait rendu service –bien qu'à contrecœur-… Tout lui revenait à l'esprit, malheureusement. Se redressant finalement sur ses coudes, le jeune homme eut la surprise de constater qu'il était torse nu, vêtu uniquement d'un boxer, qui, il fallait l'avouer, ne cachait pas grand-chose.

Luttant contre la rougeur qui saisit ses joues, due à la fois à la gêne et à la honte, le jeune sorcier remonta ses couvertures jusqu'à son menton et inspecta les environs.

Une large fenêtre sur le mur d'en face semblait être la source principale de lumière. Son lit, à baldaquin, était disposé de manière à avoir une vue sur le petit salon qui se trouvait un peu plus loin. Une porte à proximité de l'un des fauteuils devait probablement mener à la salle de bain. Il y avait également une bibliothèque, assez garnie, il fallait le dire.

La chambre était somme toute assez luxueuse et très spacieuse. Décorée dans des tons sombres et verts, ce dont Harry ne parvint pas à s'étonner, elle était tout de même assez chaleureuse et accueillante. Dans la mesure où le jeune homme était presque sûr qu'il se trouvait au QG du Lord, dans l'aile des appartements privés, c'était une constatation assez étrange.

Le jeune homme frissonna.

Balançant ses jambes de l'autre côté du lit, gardant ses draps bien enveloppés autour de son corps, Harry fit quelques pas hésitants en direction de la fenêtre. Cependant, un vertige le saisit brutalement. La tête lui tourna, et il se serait probablement étalé par terre si des mains fortes ne l'avaient pas saisi pour le retenir.

« On est encore un peu faible, mon cher Harry ? », railla une voix contre son oreille.

Harry n'eut même pas la force de répliquer et se contenta de fermer les yeux, espérant que le Seigneur des Ténèbres, car c'était lui, il n'y avait pas de doute possible, disparaîtrait. Ce ne fut pas ce qui se passa, bien entendu. Pourquoi la vie lui faciliterait-elle les choses, pour une fois ?

Décidant qu'il s'était assez ridiculisé pour le moment, le jeune homme ouvrit finalement les paupières et plongea son regard dans celui de son maître. Voldemort le fixait attentivement, un sourire narquois aux lèvres. Harry aurait voulu le lui arracher avec les mains.

« Qu'est-ce-que vous voulez ? », finit-il pas lâcher, les dents serrées.

« Je pensais mes motivations assez évidentes, mon petit apprenti », répliqua le Lord, ses yeux se mettant à flamboyer. « J'attends certaines réponses de ta part, bien entendu. »

Ainsi Voldemort le tutoyait désormais. Harry se demanda un bref instant comment l'homme réagirait s'il faisait de même, mais finit par décider qu'il était trop mal en point pour subir une quelconque torture ce jour-là.

« Lucius… »

« …ne m'a conté que des mensonges, c'est tout à fait certain. La seule raison pour laquelle il ne se trouve pas au fond d'un cachot est parce que j'ai compris que c'était toi qui lui avais ordonné de mentir. », cingla-t-il avec une colère à peine cachée. « Que me caches-tu, mon petit serpent ? », ronronna-t-il.

« Allons, mon Seigneur, ce ne serait plus drôle si je vous disais tout aussi facilement », esquiva Harry en détournant les yeux.

Le Seigneur des Ténèbres ricana.

« C'est vrai. », acquiesça-t-il. « Mais je me trouve…assez contrarié de savoir que tu me caches des choses. N'as-tu pas juré, en acceptant ma marque, de me dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ? Cela ne faisait-il pas partie des clauses du contrat que tu as accepté en devenant Milicien, Harry ? », demanda-t-il en caressant le bras nu du jeune homme, celui sur lequel était imprimée la Marque des Ténèbres totalement noire qu'il avait reçue le jour de son initiation.

Harry ne répondit pas immédiatement et esquissa un sourire taquin.

« Vous seriez déçu, si je devenais un modeste disciple bien obéissant. »

Les lèvres du Lord se retroussèrent légèrement. Portant à moitié Harry, il l'entraina vers le lit avant de l'obliger à s'y asseoir. La situation semblait l'amuser totalement, si la lueur de plaisir qui brillait dans ses yeux était une indication.

Le jeune homme déglutit en sentant les iris bleus de Voldemort le dévisager avec application.

« Je n'en sais rien. », répondit-il finalement. « Te voir te soumettre totalement à moi ne me dérangerait absolument pas », ricana-t-il en caressant la pommette d'Harry.

Le jeune homme se dégagea avec colère et se recula un peu plus loin, vers la partie gauche du lit.

« Ca n'arrivera jamais ! »

Voldemort, complètement amusé désormais, s'assit finalement sur le bord du lit, et fixa son Milicien avec un regard malicieux.

Sans le toucher ne serait-ce qu'un instant, le Seigneur des Ténèbres finit par s'étendre à côté de lui, et, avant que le jeune homme ne puisse penser à s'enfuir de nouveau, il lui chuchota, tout doucement, à l'oreille :

« Tu en es sûr ? »

Harry, prenant soudainement conscience de sa quasi nudité sous son drap enveloppé autour de sa taille, ne put se retenir de frissonner.

« Certain. », répliqua-t-il avec ce qu'il espérait être de la conviction.

Cela semblait être la réponse que Tom attendait parce que ce dernier semblait soudainement parfaitement heureux et contenté. La ruse et la sournoiserie sortaient presque en vagues par tous les pores de sa peau.

« Es-tu prêt à parier avec moi ? », enchaina le bel homme, presqu'avec moquerie, comme s'il ne s'attendait pas à ce qu'Harry accepte.

Sentant la confiance qu'avait le Lord en son refus, le jeune Milicien se sentit pris d'une fièvre nouvelle.

Relevant le menton, les yeux lançant des éclairs, le jeune homme se leva et quitta rapidement le lit, gêné par sa proximité avec le Lord. Sentant sa répartie habituelle revenir au galop, il croisa les bras et fit face au Seigneur des Ténèbres qui s'était relevé lui aussi pour venir se planter juste en face de lui.

Un peu trop près pour la santé mentale du jeune homme.

« Quelles seraient les clauses du pari ? », demanda-t-il finalement, sans se démonter.

Le Lord sourit brillamment. Harry eut la très vague impression de s'être fait piéger quelque part au cours de leur conversation.

« Si tu me cèdes, mon petit apprenti, et que tu m'embrasses en premier, tu me devras une faveur. Qu'importe ce que je te demanderai, tu devras l'accepter. »

« Et si je ne cède pas ? », grogna le jeune homme.

« Si tu ne cèdes pas, c'est que j'aurai cédé d'abord », l'informa le Lord. « Dans tous les cas, tu ne peux pas m'échapper, mon petit serpent… »

Harry sentit ses joues chauffer et prit sur lui pour rester sur place et ne pas reculer d'un pas.

« Vous ne m'avez pas répondu. Qu'est ce que je gagnerai si vous cédez en premier ? »

«Dans ce cas-là, tu pourras me demander une faveur. Les faveurs ne devront bien sûr pas mettre en péril la vie de l'un de nous deux, et rester dans les limites de l'éthique. », précisa-t-il en souriant de toutes ses dents.

Harry étouffa un rire nerveux. Le Seigneur des Ténèbres avait un sens de l'éthique tout à fait différent de celui du commun des mortels.

« Comment puis-je être sûr que vous respecterez votre parole ? »

« Je suis bien des choses, mon cher Harry », répondit l'homme avec sérieux. « Mais je ne suis pas un lâche. Je suis un homme d'honneur, et je n'ai jamais failli à ma parole. Je sais que toi- même, tu accepteras la défaite dignement. Nous n'aurons pas besoin d'un serment. »

« Vous assumez bien vite que je vais perdre », protesta le jeune garçon avec ferveur.

Le Lord, à ces mots, éclata de rire. Harry trouva cela si étrange qu'il sentit toute sa colère le quitter soudainement. Le son cristallin semblait toujours détonner lorsqu'il était émis par l'homme. Harry trouvait cela tout à fait fascinant. Dans ces moments-là, il pouvait presque voir la personne qu'avait dû être Tom avant de devenir Lord Voldemort.

Le Maître de la Grande-Bretagne magique se pencha finalement vers lui, et, du dos de sa main, lui caressa la joue. Harry, mortifié, ne sut comment réagir et sentit avec honte son corps répondre aux caresses du Lord. L'homme se rapprocha encore plus de lui, et pencha sa tête près de la sienne. Un instant, Harry crut qu'il allait briser son serment et l'embrasser, mais la bouche du Seigneur prit plutôt possession de son cou.

Avec surprise, le jeune homme vit sa peau être allégrement taquinée, mordue et sucée. Sentant ses jambes flageoler, il dût se retenir et agrippa les cheveux du Lord contre lui. Le Seigneur continua à le provoquer avec sa langue et l'entraina en même temps vers le lit, sans qu'Harry n'ait une chance de protester. Se plaquant contre lui, l'homme passa sa main sur son torse nu.

Harry ne put empêcher un léger gémissement de sortir de sa bouche.

Le Lord le regarda un instant d'un air affamé, avant de retirer les draps passés autour de sa taille. Désormais en simple boxer, le jeune homme sentit sa tête tourner. Il était certain qu'il devait réagir, faire quelque chose, le repousser, mais les sensations que l'homme provoquait en lui étaient tellement…intenses, qu'il ne pouvait se résoudre à se détacher du Seigneur.

Il vit avec un effarement mêlé d'empressement l'homme passer sa langue sur son ventre, descendant petit à petit. Sentant son corps réagir avec enthousiasme, Harry rougit furieusement. Rejetant sa tête en arrière afin de faire mine d'ignorer sa réaction, il ferma les yeux et tenta sans grand succès d'éclaircir ses pensées.

Finalement, alors que la langue de l'homme heurtait son boxer, sa main caressa sa cuisse. La cicatrice fautive infligée par Johnny Parker sembla attirer l'attention du Seigneur des Ténèbres, car il passa un long moment à la tracer du doigt, appuyant de plus en plus fort, comme s'il aurait voulu l'effacer. Harry sentit sa respiration devenir erratique. Le Seigneur des Ténèbres ne le laisserait jamais plus en paix maintenant qu'il avait vu l'une de ses faiblesses. Au but d'un certain temps, il sentit Voldemort se redresser. Plaquant son front contre le sien, leurs souffles se mélangèrent et Harry se détesta pour ne pas parvenir à réguler sa respiration frénétique. Contre son aine, il pouvait sentir l'érection du Lord et se mordilla la lèvre pour éviter de rougir encore plus.

Finalement le Seigneur des Ténèbres, sans bouger d'un poil, lui murmura, tout doucement :

« Je sais que tu vas perdre. », avant de se retirer et de remettre en ordre ses vêtements.

Harry resta allongé un long moment, abasourdi. Lorsqu'enfin il comprit que le Lord venait de jouer avec lui, il serra les poings et se redressa légèrement, regardant avec une fureur incontrôlable le Seigneur des Ténèbres faire son chemin vers la porte.

« Bâtard », siffla-t-il entre ses dents lorsqu'il fut persuadé que l'homme était trop loin pour l'entendre.

Il n'avait pas dû chuchoter assez faiblement car Voldemort se stoppa, et, se retournant vers lui, lui sourit avec arrogance.

« Langage, Harry. », finit-il par le réprimander comme s'il était un petit enfant qui n'avait pas été sage.

« Allez-vous le mettre là où je pense ! », s'énerva le jeune homme, habité par tellement de honte et de dégoût que son visage se crispa en une grimace laide.

« Ce n'est pas très poli d'insulter l'hôte qui t'a accueilli dans son humble demeure alors que tu étais mal en point, mon petit apprenti. », répliqua le Lord, sans se démonter. « Je te ferais également remarquer que nous devrons finalement avoir une petite explication sur tes actions… honorables d'hier soir, quoique tu en dises. »

Se retournant de nouveau, il franchit le seuil de la porte. Avant de s'en aller tout à fait, il tourna son regard vers lui, et, sourire mesquin aux lèvres, lui lança comme dernière provocation :

« Tu as l'air très désirable quand tu es en colère, gamin. »

La porte se ferma juste à temps, un sort fumant venant de la noircir entièrement. Harry fulmina. A une seconde près, il aurait pu toucher Tom.

Harry, serrant les dents, pensa à son ami livre. Puisqu'il ne pouvait pas se défouler contre l'objet de sa colère, il utiliserait sa version adolescente à la moindre occasion pour se déchaîner.

Qui se souciait que c'était immature ?

Le jeune sorcier était positivement furieux, et n'avait jamais eu aussi honte de sa vie.

Se levant finalement à son tour, il chancela un instant, son vertige ne l'ayant pas quitté et remarqua que le Seigneur des Ténèbres lui avait laissé une potion qui lui redonnerait de l'énergie. Pas assez bête pour négliger sa santé malgré sa fureur contre l'homme, Harry la but sans s'en préoccuper outre mesure. Si le Lord voulait l'empoisonner ou le contrôler, il aurait eu des moyens bien plus faciles et douloureux pour le faire.

Aussitôt revigoré, le jeune homme partit à la recherche d'habits. Sur l'un des fauteuils du petit salon reposaient quelques vêtements qui ne lui appartenaient pas, sûrement déposés ici par un elfe de maison. Harry les prit sans même les regarder et se dirigea vers la salle de bain au fond de la chambre, l'esprit toujours tourmenté par la fureur.

Alors qu'il se regardait dans le miroir avant d'entrer dans la douche, le jeune homme se demanda ce que le Seigneur des Ténèbres pensait de sa cicatrice. Le mot « ABOMINATION » était encore clairement visible sur le corps d'Harry, et laissait peu de place à l'interrogation. Le Lord avait dû deviner que la haine que son soi-disant père éprouvait à son égard ne se limitait pas à de la violence verbale.

Tout en se lavant méticuleusement, Harry tenta de se convaincre que cela ne le touchait pas. Il échoua misérablement. Il était totalement mort de honte que Voldemort ait vu la cicatrice, et en même temps, il craignait ce que l'homme ferait de cette information. Peut-être l'utiliserait-elle en chantage ? Ou pour le charrier ? Pour le contrôler, peut-être ? Il était également possible que son l'opinion qu'il avait de lui en avait pris un sérieux coup. Après tout, découvrir qu'il n'avait pas pu se défendre contre un simple sorcier durant près de dix-sept ans n'était pas particulièrement glorieux.

Le jeune sorcier grimaça et maudit son instant d'égarement. Jamais, jamais, il n'aurait dû laisser cela se produire ! Il se l'était promis ! Comment avait-il pu oublier les avertissements divers et variés qu'il avait reçus ? Comment, et c'était là la vraie question, pouvait-il se sentir aussi séduit en présence du Seigneur des Ténèbres ? Ce n'était pas sain ! L'homme était le dirigeant de la Grande-Bretagne magique, avait quelque chose comme cinquante ans de plus que lui et était irrémédiablement fou à lier.

Harry soupira.

Son esprit était tout à fait d'accord avec son raisonnement, mais son corps par contre… Changeant la température de l'eau, le jeune sorcier se tint un moment sous l'eau glacée, décidé à se sortir de cette torpeur et de cette attirance honteuse.

Hors de question qu'il se laisse encore faire ! D'autant plus qu'il venait de faire un pari tout à fait risqué. S'il cédait à ses désirs, il devra répondre à une faveur que le Seigneur des Ténèbres aura choisie. Merci, mais très peu pour lui.

Alors qu'il enfilait ses vêtements, le jeune homme remarqua qu'ils étaient tout simplement magnifiques. Ils avaient dû coûter une fortune. Au lieu de sa robe miteuse de Milicien, il portait ce jour-là une splendide robe noire aux motifs travaillés et tissée dans ce qui semblait être de la soie d'araignée. En-dessous, il portait du vert. Il avait pensé chez la tailleuse que l'émeraude n'était pas sa couleur. Il semblait qu'il avait tort. La cravate émeraude tranchait tout simplement merveilleusement bien avec la chemise blanche et la veste noire qu'il portait au dessus. Son pantalon noir lui-aussi avait une coupe parfaite.

Harry, émerveillé s'observa un long moment dans la glace avant de secouer la tête, se giflant mentalement. Si le Lord croyait l'acheter avec des pots de vin pour gagner son pari, il rêvait ! Il n'était pas du genre à se faire impressionner par l'argent. Dans son enfance, l'argent n'avait pas été un problème et ce qu'il avait eu lui avait amplement suffi.

Coiffant ses beaux cheveux noirs et soyeux, il prit un moment pour tenter de repérer des ressemblances avec Lucius Malfoy. Le nez lui venait de sa mère. Légèrement en trompette, il était tout à fait mignon mais exaspérait Harry. Il avait l'air d'une fille. Sa bouche, aussi, était affreusement pulpeuse. C'était horrifiant. Lucius avait des lèvres minces, lui. Pour le reste, il était d'accord pour dire qu'il avait des traits tout à fait ressemblants à son père biologique. S'il avait été blond, il n'aurait même pas réussi à tromper le Seigneur des Ténèbres deux jours.

Satisfait de son apparence, le jeune homme sortit de la salle de bain pour constater que Severus se tenait juste devant lui avec son air impassible tout à fait habituel.

« Severus ? », s'exclama Harry, choqué.

Son mentor lui répondit par un petit sourire en coin.

« Qu'est ce que tu fais là ? »

« On m'a chargé de t'accompagner jusqu'à la salle de réunion et de vérifier que tu étais convenablement présentable. », l'informa-t-il de sa voix soyeuse.

Harry leva les yeux au ciel.

« Je parie que c'est le Seigneur des Ténèbres qui t'a donné cette ô combien intéressante tâche ? »

« Tout à fait. »

Le jeune sorcier soupira en secouant la tête.

« Il devrait se mêler de ses affaires », grommela-t-il.

Severus arqua un sourcil. Ce mouvement lui manquait depuis qu'il ne côtoyait plus l'homme aussi régulièrement qu'avant. Harry osa esquisser un petit sourire.

« Avez-vous eu une dispute ? »

Harry déglutit en détournant le regard.

« Pas…tout à fait. »

Severus, qui n'était pas réputé génie pour rien, comprit immédiatement et lui lança un regard désapprobateur.

« Je pensais t'avoir exhorté à ne pas te rapprocher de lui ! », le réprimanda-t-il.

« Oh, je t'en prie, tu n'as pas besoin de me faire la leçon. Je sais très bien que j'ai foiré, merci beaucoup. », grogna le sorcier aux yeux argent d'un air boudeur.

Severus sembla être réellement perturbé, parce qu'il le fixa étrangement pendant un petit moment avant de changer brutalement de sujet, comme s'il voulait éviter d'y penser avec trop d'ardeur.

« As-tu encore des vertiges ? Une sensation d'épuisement ? Ressens-tu un certain malaise ? », lui demanda-t-il d'une voix professionnelle en s'approchant de lui pour l'observer.

« Non. La potion que m'a donnée le Lord a été très efficace. »

« Heureux de l'entendre, je l'ai brassée spécialement pour toi. », précisa-t-il sèchement.

Harry se demanda pourquoi il était aussi surpris. Il aurait dû s'y attendre. Comme si le Seigneur des Ténèbres pourrait surpasser Severus Rogue en termes de potions ! Harry lui envoya un petit sourire reconnaissant.

« Je ne me souviens pas avoir été malade », dit-il au bout d'un petit moment de silence.

« Tu as subi un épuisement magique », l'informa Severus, les dents serrées. « Tu as réussi à désamorcer la bombe posée au Manoir Malfoy en manipulant les charmes de protection. Cependant, cette action a drainé la moitié de ta magie, et ton noyau n'étant pas habitué à contenir aussi peu de magie, il a envoyé un message de détresse à ton corps. Tu t'es évanoui dans les bras de Lucius qui a eu l'amabilité de te ramener au QG. »

Harry grimaça.

« Je n'ai pas dû avoir l'air très glorieux. »

« En effet. Le Seigneur des Ténèbres et moi avions une petite entrevue, comme je n'avais pas souhaité me rendre au bal des Malfoy, lorsque Lucius s'est présenté, l'air assez peu distingué, te portant comme une mariée. »

« Génial », grinça le jeune homme.

Severus, qui s'était manifestement contenu durant toute leur conversation, se rapprocha de lui et serra ses épaules.

« Mais à quoi as-tu donc pensé ? Manipuler les charmes de protection Malfoy de cette manière ? Veux-tu attirer l'attention du Lord sur tes secrets ? Je l'ai vu de mes propres yeux, Harry. Le Seigneur des Ténèbres était tout à fait fasciné par tes exploits. Tu peux être sûr de devoir redoubler d'efforts pour que tout fonctionne comme prévu ! »

Severus parlait de manière énigmatique, sûrement pour ne pas prendre de risques. On ne savait jamais qui écoutait au QG de Voldemort. Il fallait dire qu'on n'y retrouvait pas les individus les plus doux et les plus fréquentables du Royaume-Uni. Cependant, Harry était presque certain que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas mis la chambre sur écoute. Tout d'abord, Harry était spécialisé en charmes, il n'aurait pas manqué ça. D'autre part, le Lord n'aurait plus trouvé le jeu aussi amusant s'il avait triché.

« Je n'avais pas le choix ! », se défendit Harry avec colère. « Qu'aurais-tu voulu que je fasse ? Guider véritablement Lucius pour l'aider à effectuer la manœuvre ? Avec une chance non négligeable qu'il nous tue tous ? Merci, mais je tiens à ma vie ! »

« Harry, tu te rends compte que tu t'es presque révélé en manipulant des charmes que seuls des Malfoy peuvent toucher ? Et s'il l'apprend ? Que ferons-nous ? S'il comprend soudainement que tu n'as pas réussi à contourner les charmes comme tu vas le prétendre ? Nous ne sommes pas encore prêts ! Elle n'est pas mise en sécurité ! »

« Je sais ! Je sais. Mais on ne m'a pas laissé le choix », répliqua Harry.

« Qui ne t'a pas laissé le choix ? »

Harry détourna le regard.

« Harry ! », s'impatienta l'homme.

« Ecoute, Severus, je ne peux rien te dire d'accord ? Juste, fais attention à Draco. Il n'est pas la personne que nous pensions. », l'avertit Harry avant de le contourner et de se diriger vers la porte.

Severus n'insista pas, sachant sans doute qu'Harry ne dirait rien de plus. Le jeune sorcier était têtu et n'accepterait jamais de délivrer des informations s'il ne voulait pas le faire. La seule chose à faire était de prendre son mal en patience.

Les quartiers privés étant très près de la salle de réunion, les deux hommes y arrivèrent en deux foulées. Se tournant vers lui, Severus grimaça légèrement, la main sur la porte.

« Ecoute, quoiqu'il se passe, n'interviens pas, d'accord ? »

« Pourquoi ? Qu'est ce qu'il va se passer, Severus ? », demanda rapidement le jeune homme, inquiet. « Qu'est ce que tu ne me dis pas ? »

Severus secoua la tête.

« Juste, fais ce que je te dis, d'accord ? »

Harry n'eut pas le loisir de répondre car son mentor ouvrit la porte de la salle de réunion et s'effaça pour le laisser entrer. Harry s'exécuta avec la boule au ventre. Les derniers propos de Severus le troublaient plus qu'ils ne le devraient.

Le jeune homme eut la surprise de constater en entrant que la salle était déjà bien remplie. Le Lord avait manifestement convoqué ses Mangemorts uniquement, ce qui poussa Harry à se demander ce qu'il pouvait bien faire là parmi la haute sphère des adeptes du Seigneur. Haussant les épaules pour remettre cette question à plus tard, le jeune sorcier repéra son maître devant la cheminée, assis nonchalamment sur une sorte de trône.

Harry ricana intérieurement. La démesure de l'homme ne connaissait pas de limites.

Les Mangemorts étaient debout autour de lui, la tête inclinée en signe de respect.

Au moins ne devaient-ils pas se mettre à genoux, pensa Harry avec certain soulagement.

Lorsqu'il le vit debout devant la porte en compagnie de Severus, le Seigneur des Ténèbres se leva pour l'accueillir. Harry constata jalousement que l'homme, malgré ne s'être pas changé depuis leur petite entrevue trois quarts d'heure plus tôt, resplendissait tout autant qu'à son habitude.

« Harry ! », s'exclama le Seigneur des Ténèbres avec joie, comme s'il ne l'avait pas vu le matin même. « Et Severus… Bienvenue parmi nous, mes amis. Je vous en prie, approchez. »

Obéissant sans discuter, les deux hommes rejoignirent le cercle de Mangemorts, se positionnant chacun aux deux extrémités du groupe. Lord Voldemort les regarda faire, le sourire aux lèvres. Une fois positionné convenablement, Harry remarqua un homme qui se trouvait à genoux devant le trône du Lord, semblant attendre l'heure de sa mort tant il tremblait de partout.

Distraitement, le jeune homme se demanda si c'était le cas.

L'homme était blond, de ce qu'il pouvait voir alors qu'il était de dos, et semblait exceptionnellement grand et musclé.

« Je vous ai tous réunis ici afin que vous voyiez le sort que l'on réserve à ceux qui trahissent le pays ! », scanda Lord Voldemort en retournant s'asseoir sur son trône, marchant ostensiblement sur l'homme à terre. Ce dernier eut l'intelligence de rester silencieux. « Cet homme, qui montre pitoyablement son corps de traître à notre cause devant nous, est Thorfinn Rowle. »

Un léger murmure parcourut les rangs des Mangemorts alors qu'Harry tentait de se rappeler où il avait déjà entendu ce nom. Finalement, sa conversation avec Black lui revint à l'esprit. La jeune femme n'avait pas semblé l'aimer du tout, et avait parlé de lui avec un grand dégoût. Or, à moins que l'homme ne possède un visage exceptionnellement laid, il semblait tout à fait bien bâti, et ne semblait pas avoir plus de la quarantaine. Elle devait donc exécrer le caractère de Rowle et non pas son physique.

Cela en disait long sur les actions passées de l'homme. Sûrement devait-il être un Mangemort particulièrement efficace pour être autant détesté par les Résistants.

« Silence ! », cria le Lord en voyant ses disciples s'agiter.

Immédiatement, les Mangemorts cessèrent de chuchoter et reportèrent toute leur attention sur leur Maître qui flamboyait actuellement de colère.

« Rowle a semble-t-il jugé bon de coopérer avec un groupe terroriste s'étant mis en place pour faire tomber notre gouvernement. », poursuivit-il avec mépris. « Ce fidèle Mangemort a bafoué ma confiance, a piétiné nos croyances et a complétement oublié ses propres convictions pour rejoindre cette bande de petits rebelles médiocres dans leurs actions pitoyables contre moi ! », hurla-t-il en pointant sa baguette contre la tête du blond.

« Mon Seigneur… », murmura Rowle.

« T'ai-je dit que tu pouvais parler, traître ? », le coupa brusquement le Seigneur des Ténèbres avant de lui envoyer un Doloris.

Les cris de Rowle résonnèrent dans la salle alors que tous ses camarades Mangemorts regardaient le corps pris de convulsion avec pour la plupart de l'indifférence. Certains semblaient excités, d'autres un peu dégoûtés, mais ils étaient rares. Quelques uns semblaient se demander de quel groupe terroriste le Maître voulait parler, mais ne paraissaient pas très affectés par la torture de leur ami.

Harry secoua la tête. L'amitié ne semblait pas être le point fort des Mangemorts. Il se demanda un instant ce qu'avait bien pu faire Rowle de si terrible pour être torturé ainsi. Comment le Lord pouvait-il être certain qu'il s'agissait d'un traître ? L'homme faisait-il preuve d'une crise de paranoïa ?

Au vu de son instabilité mentale, ce ne serait même pas étonnant.

Un peu écœuré lorsque Rowle se mit à baver à force de s'étouffer, Harry détourna le regard.

Lord Voldemort le fixait clairement, les sourcils froncés comme s'il était dans une réflexion intense. Tout cela en maintenant son Doloris aussi douloureux que possible.

Pas de doute, en matière de torture, l'homme était un génie.

Harry frissonna et reporta son attention sur ses chaussures.

Lorsqu'enfin les cris de Rowle se tarirent, Harry releva la tête pour observer le blond étendu par terre. L'homme était plutôt résistant car il se remit presqu'immédiatement à genoux, malgré la douleur horrible qu'il devait ressentir dans tous ses muscles.

« Rowle a préféré une petite sang-mêlée à notre cause. Il a préféré sacrifier sa loyauté envers nous plutôt qu'une jolie jeune femme blonde aux yeux de biche ! », cingla Lord Voldemort, ses jointures serrées autour de sa baguette.

Les Mangemorts recommencèrent à murmurer entre eux, clairement dégoûtés par leur collègue. Quelques-uns huèrent Rowle qui se recroquevilla encore plus sur lui-même.

« S'il vous plaît, mon Seigneur…Tracey est mon enfant… », plaida l'homme d'une voix faible.

Le Seigneur des Ténèbres ne prit aucune Rowle en pitié et le fixa avec une répulsion clairement apparente.

« Ta loyauté envers moi ne devrait-elle pas passer avant tout le reste, mon fidèle Mangemort ? », demanda-t-il avec un sarcasme mordant. « Devrais-je craindre que chacun de mes adeptes me trahissent pour sauver chacun de leurs marmots ? Est-ce là la faiblesse des si impitoyables Mangemorts, craints par la totalité de la population magique de Grande-Bretagne ? », hurla l'homme en envoya un sortilège de magie noire à l'homme qui cria de toutes ses forces.

Harry vit avec dégoût la peau de l'homme faire des vagues, comme si le sang sous elle s'était mis à bouillir. Autour de lui, il remarqua que certains Mangemorts semblèrent tout d'un coup moins hostiles à Rowle. Du coin de l'œil, il vit Lucius observer Rowle comme s'il s'agissait de lui-même.

Evidemment. Le blond, en toute logique, aurait dû dire au Seigneur des Ténèbres que Draco était un traître et qu'Harry était son fils. Ce qu'il n'avait pas fait, pour cause d'instinct paternel. Voir Rowle souffrir ainsi pour avoir protégé sa fille devait le mettre plutôt mal à l'aise.

Le Seigneur, au bout d'un moment, stoppa le sort et retourna Rowle sur le dos à l'aide de sa chaussure.

« Va, parle, misérable ! Explique à tes compagnons ce que tu as fait pour sauver hypothétiquement la vie de ta fille de sang impur ? », ricana le Lord, sans aucune sorte de compréhension dans la voix.

« Je…J-j'ai posé la bombe au Manoir Malfoy. », lâcha-t-il sous les yeux abasourdis d'Harry qui ne pouvait pas en croire ses oreilles.

Draco était…innocent ?

« Le groupe de Résistants », haleta-t-il. « Ils m'ont dit qu'ils tenaient ma fille, Tracey. Que si je ne leur obéissais pas, ils n'hésiteraient pas à la tuer. Pour me convaincre, ils ont pris une photo d'elle après l'avoir enfermée dans des cachots et me l'ont envoyée. J-je n'ai pas pu leur dire non…J-j'ai trahi le Seigneur des Ténèbres…Pardon…Pitié… »

« Pitié ? », s'esclaffa Tom. « Je n'ai aucune pitié pour un être comme toi, Rowle. Dis leur comment tu as manipulé les Malfoy, comment tu as osé mettre en danger la vie de ta famille de sang-pur, pour cette simple impure sans valeur ! »

« Je…Je suis un cousin lointain des Malfoy…Alors j'ai pu manipuler les charmes de protection… J'ai posé la bombe…Et puis je suis resté en attendant la mort…Si Parker n'avait pas été là, le Manoir aurait explosé… », grinça-t-il avec difficulté, la douleur altérant ses facultés d'expression.

Harry, qui jusque-là était positivement incrédule, comprit que l'homme mentait. Il s'accusait d'un crime dont il était évidemment innocent. Lucius le lui avait dit : seuls des membres proches de la famille Malfoy auraient pu toucher à ces fameux charmes. Si Harry en croyait le livre Généalogie des Grandes familles du XXème siècle , Rowle était le petit-fils de la petite soeur du grand-père de Lucius.

Aucun moyen qu'il ait pu accéder aux charmes.

Harry sentit ses épaules s'affaisser en se rendant compte qu'il avait bien trop espéré l'innocence de Draco pour son propre bien. Un coup d'œil l'informa que le blond venait de subir la même désillusion.

Mais alors…Pourquoi Rowle s'accusait-il ainsi ? C'était tout à fait improbable. Avait-il un désir de mort ? Ou bien était-ce encore un coup tordu des Résistants ? En accusant Rowle, ils faisaient en sorte d'éliminer à la fois l'un des Mangemorts les plus capables du Seigneur des Ténèbres, mais également d'innocenter Draco et Harry par la même occasion, si le Lord avait un jour eu des doutes sur son implication dans la pose de la bombe.

Harry écarquilla les yeux.

C'était très intelligent. Très, très intelligent. Le fait que Rowle partage un certain lien de parenté avec les Malfoy ne le rendait que plus crédible.

C'était du génie pur.

C'était aussi très, très cruel.

Manifestement, les Résistants n'étaient pas composés de gens à l'âme totalement pure et exempte de toute noirceur.

« Ah, oui…Notre héros du jour », entendit-il le Lord scander d'une voix légèrement sarcastique. « Harry, mon cher, viens donc près de moi. »

Sentant tous les regards se tourner vers lui, le jeune homme redressa la tête et avança dans le cercle, tentant d'ignorer son cœur battant follement dans sa poitrine.

Il rejoignit le Seigneur des Ténèbres devant son trône et observa Rowle alors qu'il était à genoux, semblant à bout de forces. Il était évident que le Lord prévoyait de le tuer. Pourquoi n'en finissait-il pas maintenant ? Manifestement, il savait tout déjà de ce que l'homme venait de lui révéler.

La réponse vint à Harry en une affaire de secondes. Le Lord jouissait de la torture. Il ne laisserait jamais une occasion de faire du mal à quelqu'un passer sans une bonne raison. De plus, selon sa logique tordue, il se devait de faire de Rowle un exemple.

Le jeune sorcier sentit une main forte serrer son épaule et le souffle chaud du Seigneur des Ténèbres lui effleurer le cou. Il déglutit.

« Je sais que tu ne m'as pas tout dit, Harry. Mais tu sais également que je découvrirai ce que tu caches si précieusement de moi, tôt ou tard. Et plutôt tôt que tard. », lui murmura-t-il à l'oreille avant de le pousser en avant, juste devant Rowle.

« Harry, je te demande de tuer le Traître. », annonça-t-il fortement, cette fois-ci à l'encontre de tous les Mangemorts.

Ces derniers semblaient positivement stupéfaits. Le Seigneur des Ténèbres ne devait pas demander souvent aux Mangemorts d'assassiner leurs confrères.

« Tue-le, Harry. Il nous a tous trahi. Il mérite de mourir comme tous les traîtres à notre cause. Tue-le ! », le poussa le Lord avec impatience.

Harry leva sa baguette, faisant tout pour contrôler sa main tremblante. Il avait tué Cresswell trois jours plus tôt, n'était-ce-pas suffisant pour une même semaine ? Pourquoi lui ? Que gagnait le Lord à le voir tuer quelqu'un ainsi ? N'aurait-il pas préféré le faire par lui-même ?

Gémissant intérieurement, Harry ouvrit la bouche, le sort de l'Avada Kedavra sur les lèvres, mais dans l'impossibilité de l'émettre alors que les yeux gris foncés de Rowle le fixaient sans ciller, attendant la mort, sachant qu'elle était inévitable.

« Je veux qu'il souffre, Harry. Fais-lui mal. Fais en sorte que sa mort soit la plus douloureuse possible. », rajouta le Lord au bout de quelques secondes. « Je saurais si tu n'utilises pas toutes tes capacités. »

De mieux en mieux. Harry ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait pas refuser, pas devant la totalité des Mangemorts. Le Seigneur des Ténèbres ne le lui pardonnerait pas. Mais il n'était pas prêt pour ça. Si le Lord le lui avait demandé dans un mois ou deux…

Mais là, maintenant…Non. Il ne pouvait pas. Baissant légèrement sa baguette, Harry déglutit. Le Seigneur des Ténèbres se pencha vers lui et lui chuchota, comme un ultime avertissement :

« Tue-le. »

Puis il se recula et s'assit sur son trône, attendant de voir ce que son apprenti ferait.

Harry savait lorsqu'il avait décidé de rejoindre la Milice qu'il devrait faire des sacrifices. Il s'y était honnêtement préparé. Il avait même envisagé qu'il doive tuer. Il y avait pensé, un moment, et puis s'était dit que s'il devait absolument le faire, il le ferait.

Il en allait de sa vie, après tout.

Mais ici, on ne se trouvait pas sur un champ de bataille. Il s'agissait de tuer de sang froid, un homme innocent, qui plus est.

Quoique… Un homme innocent, c'était sûrement vite dit. Rowle était un Mangemort. Il n'avait pas atteint le plus haut grade de la hiérarchie Milicienne en guérissant les prisonniers dans les cachots.

Probablement pas. Il était même sûrement un monstre sans foi ni loi. Mais…il aimait sa fille. Les Résistants lui avaient manifestement fait du chantage pour qu'il se sacrifie à la place d'elle. N'était-ce pas honorable de sa part de donner ainsi sa vie pour celle de son enfant ? S'il était capable d'autant d'amour pour sauver sa fille bâtarde, une sang-mêlée née hors-mariage qui plus est, peut-être ne méritait-il pas de mourir…

Alors qu'Harry réfléchissait, il plongea son regard dans celui de l'homme auquel il allait ôter la vie. Une étincelle spéciale brillait dans ses beaux yeux sombres. Ses boucles blondes lui donnaient presque l'air d'un ange. Etrange contradiction.

Et puis soudain, l'homme lui fit un petit signe. Si léger, qu'Harry était sûr que personne n'avait dû le voir. Et, alors qu'il allait prendre ça pour une simple coïncidence, Rowle cligna des yeux. Tout dans son regard lui cria : « Fais-le ! ».

Et il comprit. S'il ne tuait pas Rowle, alors le Seigneur des Ténèbres pouvait très bien décider de reporter toute sa fureur sur la jeune Tracey. Thorfinn ne voulait pas que son sacrifice soit vain.

Harry se découvrit un rare respect pour l'homme agenouillé devant lui.

Et soudain, il n'hésita plus. Qui était-il pour décider ce qui était le mieux pour cet homme ? Rowle voulait mourir pour sa fille, et rien ni personne n'avait le droit de s'y opposer. Enhardi d'une confiance nouvelle, Harry rendit son signe de tête au blond qui sembla soudainement plus soulagé.

Prenant une profonde inspiration, priant pour ne plus jamais avoir à relancer la malédiction, Harry commença à scander :

« Expulsare Vita »

Rowle s'effondra par terre, sur le dos, la tête tournée vers Harry et Voldemort, comme pour les confronter au crime qu'ils allaient commettre. Puis, soudain, le blond se cambra, son corps formant un arc tout à fait surnaturel. Seuls ses orteils et sa tête touchaient le sol.

Rowle commença à crier. Ou plutôt à hurler. Il souffrait tellement qu'il commença à s'arracher la peau avec les ongles, puis à claquer ses mains contre le sol jusqu'à ce qu'un bruit signale à tout le monde que ses poignets venaient de rompre. Cela n'arrêta pas Rowle qui continua à cogner ses doigts contre le sol, dans l'espoir que cette douleur le distraie de ce qu'il était en train de vivre.

« Ossa », poursuivit Harry, son murmure passant inaperçu au milieu des cris aigus de l'homme à terre.

Soudain, la peau de Rowle commença à s'étirer. L'homme pleura du sang et s'étouffa avec ses larmes. L'arc qu'il formait devint encore plus strict. Le blond ne parvenait même plus à bouger ses membres qui restaient obstinément tendus contre sa volonté.

Puis, et Harry peina à regarder cela, ses os percèrent sa peau. Ses côtes, tout d'abord, s'éjectèrent de sa cage thoracique. Puis, ses fémurs apparurent et sortirent de ses cuisses.

Il y avait du sang partout.

Et ce n'était pas fini. Petit à petit, le nombre d'os que perdit Rowle se fit de plus en plus grand. Harry décida de passer à l'étape suivante. Il aurait dû attendre, mais il était hors de question qu'il inflige encore plus d'horribles souffrances à l'homme alors qu'il pourrait tout faire pour que tout soit fini plus vite.

« Organa »

Harry entendit Voldemort grogner de déception derrière lui en comprenant qu'il écourtait les souffrances du pauvre Mangemort, mais n'y fit pas attention.

Soudain, les intestins de Rowle se déroulèrent hors de son corps, devant ses yeux exorbités. Il n'était bien sûr pas normal qu'à ce stade, il soit toujours conscient. Le sort était prévu pour ne permettre aucun répit à la victime.

Par la suite, les reins de l'homme quittèrent eux aussi son corps, venant s'échouer à ses côtés.

Harry sentit son propre estomac se soulever. Des gouttes de sueur perlèrent de son front. C'était un cauchemar. Un terrible et horrifiant cauchemar dont il allait bientôt se réveiller.

N'est-ce-pas ?

« Dès qu'Harry en aura fini avec celui-là, amenez moi Tracey Davis. J'aimerai avoir une petite conversation avec elle », intervint finalement le Lord en direction de deux de ses Mangemorts qui acquiescèrent faiblement.

Harry n'avait pas cru que Lord Voldemort puisse agir encore plus cruellement ce soir-là. Le corps de Rowle s'effondra soudainement par terre, le sort cessant d'agir. Comme ultime geste, à la porte de la mort, le blond tourna la tête vers eux, les yeux suppliants, désespéré de n'avoir pas pu épargner son enfant.

Puis c'était fini. Il expira une toute dernière fois, s'étranglant à moitié avec le sang inondant sa bouche, et il mourut.

Harry, qui n'avait jamais baissé sa baguette tout au long de la torture, sentit son bras pendre mollement contre son corps. Il ne pouvait pas détourner les yeux du corps de Rowle qui gisait par terre, ses organes et ses os disposés autour de lui comme une sorte de sculpture macabre.

Il vit vaguement Voldemort parler avec son serpent et ne sut ce qu'il lui avait dit que quand Nagini fonça sur le corps ensanglanté et commença à s'en nourrir. Harry ne pouvait plus supporter de rester dans la salle. Se retournant, il prit son élan pour s'élancer vers la sortie. Il l'avait presqu'atteinte lorsque le Lord le retint par le bras.

« Harry », lui murmura-t-il, la voix si malsaine qu'elle redoubla l'envie de vomir du jeune homme. « Ne t'en vas pas si vite, mon cher. Tu vas manquer la meilleure partie. »

« Tu es un monstre, Tom. », chuchota Harry en regardant droit dans les si beaux yeux bleus de l'homme.

Ce dernier, en entendant le nom employé par le jeune homme, se figea et se retourna vers lui, les yeux écarquillés. Serrant son bras de toutes ses forces, l'homme prit sa mâchoire entre ses mains et la rapprocha de son visage.

« Qu'est ce que tu as dit ? », demanda-t-il d'une voix dangereuse.

« J'ai dit que tu étais un véritable monstre, et je le pense. », dit Harry, sans même se soucier des conséquences que pourraient avoir ses paroles.

« Non ! Il n'y avait pas que cela. Tu m'as appelé par un nom. », siffla le Seigneur, les dents serrées.

« Tom. C'est bien ton prénom, non ? », lança le jeune homme avec toute l'insolence qu'il était capable à ce moment-là, c'est-à-dire très peu.

Lord Voldemort le regarda un long moment, comme s'il tentait de déterminer comment Harry avait pu le savoir. Le jeune sorcier s'attendait à recevoir une malédiction, à souffrir, à mourir même. Ce qu'il n'attendait pas, par contre, c'est que Tom éclate de rire.

« Tu ne cesseras jamais de m'étonner, n'est-ce-pas, mon petit serpent ? », ronronna-t-il, presqu'avec affection. « Il faudra vraiment qu'on parle tous les deux, petit génie. J'ai terriblement hâte que tu me racontes comment cette information sensible est parvenue jusqu'à toi. »

« Va te faire… »

« Chut, chut, chut… », le coupa Voldemort en souriant de plus belle. « Ne gâche donc pas tout. Je veux que ton entrée soit la plus magnifique possible. Tu es magnifique en ce moment. »

Harry ne comprenait plus rien. Il sentit sa tête tourner, et ne put se défendre en sentant le Lord le traîner vers le groupe de Mangemorts agglutinés un peu plus loin et qui tentaient vainement d'entendre leur conversation. Le jeune homme se tint ensuite juste à côté du corps de Rowle. Harry devint cadavérique en entendant les bruits faits par Nagini alors qu'elle dévorait le corps de l'ancien Mangemort.

A vrai dire, Harry ignorait comment il tenait encore debout.

« Agenouille-toi, Harry », lui ordonna le Seigneur des Ténèbres alors qu'il s'asseyait de nouveau sur son trône.

L'heure précédente où le Lord lui avait rendu visite dans sa chambre et l'avait taquiné –presqu'avec insouciance, lui semblait bien loin désormais. Un énorme dégoût de soi envahit le jeune homme en se rappelant qu'il avait laissé un tel monstre le toucher de la sorte. Il se sentait comme une prostituée de luxe.

Défiant Tom du regard, Harry fléchit les jambes, se mettant sur ses genoux sans plier ne serait-ce qu'une seule seconde la tête. Bien sûr, il ne souhaitait pas finir comme Rowle, mais il n'allait pas se laisser faire pour autant. Il n'était pas un objet que l'on peut utiliser à sa guise !

« Tends ton bras. »

Ecarquillant les yeux, Harry offrit son bras tremblant à son maître qui le prit avec une délicatesse étonnante, le caressant légèrement du pouce alors qu'il prenait la parole.

« Harry est devenu en l'espace de quelques semaines l'un de mes plus fidèles adeptes. Son honnêteté et son obéissance n'ont d'égal que son intransigeance et sa sévérité. Comme vous le savez tous, ce jeune sorcier de 18 ans à peine a su se battre à mes côtés lors de l'attaque des Surhumains et a également été en mesure de désamorcer la bombe posée au Manoir Malfoy. Pour toutes ces raisons, j'ai décidé de lui offrir la place laissée vacante par la mort regrettable de ce cher Thorfinn. Bienvenue chez les Mangemorts, mon cher Harry. J'espère que tu te plairas parmi nous. »

D'un coup de baguette, le Lord modifia la couleur de sa marque qui prit aussitôt une teinte argentée.

« Pour célébrer l'ascension d'Harry à son nouveau statut, nous ferons une petite fête ce soir dans la salle de réception du QG. », annonça ensuite l'homme en tenant toujours son bras d'une poigne ferme. « Miliciens et Mangemorts sont bien entendu fortement encouragés à se joindre à la soirée, qui j'espère ne prendra pas la tournure plutôt inattendue du bal des Malfoy. Merci à vous d'avoir fait le déplacement, mes fidèles adeptes. Vous pouvez reprendre vos activités. Je vous souhaite à tous une excellente journée. »


La salle de réception du Seigneur des Ténèbres était encore plus somptueuse que celle des Malfoy. Grande, ou plutôt gigantesque, elle possédait des murs de couleur vert foncé aux multiples tracés argentés. Le sol était en fait un énorme miroir qui donnait rapidement le tournis aux invités qui le foulaient. Le buffet était gargantuesque, rempli de délicieux mets, plus délectables les uns que les autres. Une musique d'ambiance résonnait dans la pièce, accompagnant les conversations bruyantes des groupes de Mangemorts et de Miliciens qui s'y trouvaient.

Harry observait tout ce beau monde sans vraiment le voir. S'il avait été assez conscient pour faire preuve de bon sens, il se serait diagnostiqué lui-même en état de choc.

Ce qu'il avait fait, plus tôt dans la journée…C'était à peine digne d'un être humain. Lorsqu'il avait appris cette formule alors qu'il était encore à Poudlard, il l'avait fait juste pour le fun. Jamais, jamais dans tout l'ensemble de son existence il n'avait imaginé devoir s'en servir réellement un jour. Pour se consoler, le jeune homme se disait qu'il aurait pu tuer Rowle encore plus douloureusement, puisqu'il connaissait des sorts encore pires que l'Expulsare Vita Ossa Organa, et qu'il lui avait donc évité de la douleur supplémentaire, dans la mesure du possible.

Mais Harry le savait, rien ne pourrait jamais excuser ce qu'il avait fait le matin même. C'était de la torture gratuite, c'était tout ce qu'il abhorrait. De l'abus de pouvoir, de la cruauté, et, par-dessus tout, du sadisme à l'état pur. Rowle devait mourir, oui, c'était soi-disant un traître après tout et le Lord n'était pas connu pour son indulgence. Mais une séance de Doloris et un Avada Kedavra auraient suffi. Il n'y avait pas eu besoin de tant de mise en scène.

Harry avait parfois entendu des murmures sur le Seigneur des Ténèbres. On disait de lui qu'avant qu'il ne devienne chef du pays, il était encore plus sévère qu'il ne l'était actuellement. Toujours selon ces mêmes rumeurs, ses propres disciples n'étaient pas à l'abri de sa monstrueuse colère et on le peignait comme étant un peu fou, à l'époque. Par la suite, l'homme s'était calmé, probablement parce qu'il s'était senti intouchable et avait pensé qu'il ne rencontrerait plus jamais de problèmes avec des sorciers opposants à son régime.

Alors forcément, lorsque des rebelles inconnus se mettaient à le défier, le Lord avait disjoncté. Les génies étaient connus pour avoir très peu de quotient émotionnel. Le Seigneur des Ténèbres avait désormais trouvé une obsession dans les résistants, et il ne se calmerait pas tant qu'il n'aurait pas résolu le problème. S'il parvenait à stopper les opposants, il redeviendrait plus raisonnable.

Jusqu'à la prochaine fois, murmura une petite voix dans l'esprit du jeune homme.

Harry ne savait plus quoi penser de Tom, à présent. Il n'avait pas osé parler à son ami livre en rentrant chez lui se changer en début de soirée. Il n'avait pas su ce qu'il lui aurait dit, parce que, justement, il n'y avait rien à dire. Comment le jeune garçon pourrait-il justifier une telle cruauté ? Pour le jeune homme, qui avait pourtant le cœur assez bien accroché, ce n'était juste pas possible.

Harry n'était pas fait pour tuer, pour torturer, pour faire naître la peur. Il était fait pour gouverner, pour prendre des décisions, pour être puissant, mais il était trop…trop bon, pour réellement apprécier quelque chose dans la torture d'un autre être humain. Harry l'avait toujours su : il n'était juste pas fait pour être Mangemort.

Le jeune et récent Mangemort soupira. La situation devenait de plus en plus incontrôlable. Septembre et ses douces illusions lui paraissaient si loin désormais. Comment, diable, avait-il pu espérer que tout se passe sans accroc et selon le plan ? Le Seigneur des Ténèbres n'était pas un être que l'on pouvait contrôler et tromper aisément. Il payait cher d'avoir sous-estimé l'homme. Sur le coup, en septembre, il avait pensé que rejoindre la Milice pour approcher le Lord était la meilleure alternative.

Peut-être aurait-il dû juste se terrer dans un trou bien profond et y entrainer sa mère en attendant patiemment que quelqu'un vienne mettre fin au règne de Voldemort.

Intérieurement, Harry se moqua de lui-même. Comme si quiconque oserait défier ainsi un si puissant sorcier… Même les résistants ne pouvaient pas l'attaquer de front. Ils organisaient des petits coups tordus, tentaient de l'affaiblir en tuant ses plus proches disciples comme ils l'avaient fait au Manoir Malfoy. Parfois même ils parvenaient à recruter certains de ses plus insoupçonnables adeptes, concéda le garçon en accordant une pensée à celui qu'il avait pensé être son meilleur ami. Ils manipulaient les autres autour d'eux comme des pions sur un jeu d'échec, il en était d'ailleurs le premier touché, suivi de près par Rowle. Les résistants parvenaient à faire croire ce qu'ils voulaient au Lord, mais cela ne durerait pas éternellement.

Le Seigneur des Ténèbres finirait par se réveiller et il n'allait pas apprécier l'implication d'Harry avec l'opposition. C'était exactement pour cela qu'il ne devait jamais le découvrir.

Le jeune Mangemort se retrouvait devant deux choix désormais : soit il aidait Voldemort à vaincre les résistants et ainsi assurer la protection de sa mère si tant est que le Lord accepte de lui accorder son pardon. Soit il aidait les résistants à mettre fin à son règne et libérait définitivement sa mère de son joug. Tout en trahissant Tom et tous les autres Miliciens et Mangemorts.

Comment pouvait-il en vouloir à Draco alors qu'il pensait sérieusement à faire la même chose que lui ? Il était hypocrite. Draco l'avait vendu, oui, mais qui était-il par rapport à toute une nation ? Juste un meilleur ami cachotier dont le blond avait vite dû oublier l'existence. Draco avait été prêt à sacrifier ses propres parents. Cela en disait long sur l'intensité de sa loyauté.

Harry se sentait si vide qu'il eut envie de rentrer chez lui et de s'enterrer sous ses couettes pour ne plus jamais en ressortir.

Il l'aurait fait. S'il ne craignait pas tant les cauchemars qui suivraient irrémédiablement le meurtre de Rowle.

Merlin. Il était si fatigué de tout ça.

« Harry ? »

Relevant machinalement la tête, sachant déjà qui se trouvait devant lui, le jeune homme plongea ses yeux gris ternes dans ceux de son père.

Oui. Il était vraiment fatigué.

« Lucius. », le salua-t-il faiblement avant de baisser de nouveau son regard, le posant sur le verre de scotch qu'il serrait nerveusement de sa main droite.

Le blond vint s'appuyer à ses côtés contre le mur sur lequel Harry était adossé. Il semblait tout aussi épuisé que lui, si les profonds cernes sous ses yeux étaient une indication. Harry ne put résister bien longtemps à la tentation et tourna la tête pour voir ce que son père fixait avec autant d'acharnement.

Il fut surpris de constater qu'il s'agissait de sa femme.

« Narcissa est une femme vraiment merveilleuse », commenta le Mangemort plus âgé. « Elle est tout ce qu'un bon sang pur rechercherait chez une épouse. A la fois bienveillante mais ferme, compatissante sans être niaise, belle mais assez froide pour décourager de possibles prétendants de l'approcher, elle sait même gérer les affaires du Manoir quand je suis trop occupé pour m'en charger moi-même ! », s'exclama le blond avant de boire une gorgée de son propre verre. « C'est l'une des personnes que je respecte le plus sur cette terre. »

Harry sentait déjà la migraine pointer le bout de son nez alors qu'il soupirait légèrement.

« Mais… ? », dit-il afin de faciliter la tâche à son père.

« Mais nous ne sommes pas amoureux l'un de l'autre. », avoua le blond dans un murmure. « Oh, ne t'imagine pas que nous nous détestons ! », s'écria-t-il en voyant Harry froncer les sourcils. « Rien de tout ça. Narcissa et moi…Nous sommes plus des meilleurs amis que des amants. Mais je ne suis pas malheureux de cette situation. Je ne pense pas que ma chère femme le soit non plus. Nous nous contentons l'un de l'autre et je n'échangerais ma femme pour rien au monde. Je l'aime profondément, et si pas en tant qu'amant, en tant qu'ami ou protecteur. »

« Pourquoi me racontes-tu tout ça ? », demanda Harry, un peu surpris de voir Lucius s'ouvrir ainsi, lui qui était toujours si maître de ses émotions.

« Quand j'étais plus jeune », poursuivit Lucius, en se tournant vers son fils. « Je ne pensais pas que cet amour était suffisant pour que je sois pleinement heureux. J'étais arrogant, égoïste, je ne pensais qu'à moi et je me disais que j'avais bien le droit de trouver le vrai bonheur avec quelqu'un d'autre si, après tout, Narcissa n'était pas mon âme-sœur. Quand j'ai rencontré Antigone Potter, j'ai pensé avoir trouvé cette personne, après tant de recherches. »

Harry laissa échapper une profonde expiration. Ainsi le blond avait-il finalement réfléchi et trouvé de lui-même qui était sa mère. Il supposait que c'était normal. Lucius était un homme infidèle, oui, mais il n'était pas une telle ordure qu'il couchait avec une dizaine de femmes en même temps.

Enfin, il l'espérait sincèrement.

« Narcissa était enceinte d'un mois quand j'ai fait la connaissance de ta mère. Elle était une prisonnière d'honneur au QG, et semblait particulièrement chère aux yeux du Seigneur des Ténèbres. », se remémora Lucius. « Ce dernier, dans un rare élan de considération pour elle, m'avait chargé de la visiter régulièrement. Il pensait la garder ainsi saine d'esprit, et espérait que voir un jeune homme comme je l'étais à l'époque assez souvent la pousserait à lier une amitié avec moi. Il voulait nous encourager à nous rapprocher, afin de pouvoir mieux l'espionner par mon intermédiaire.

« Mais…quelque chose a retenu mon attention chez Antigone. Sa beauté, son intelligence, sa passion, toute cette colère refoulée… Je m'étais rarement senti aussi fasciné par quelqu'un. Sûrement à cause de l'enfermement, elle semblait également m'apprécier de plus en plus, et nous avons fini par coucher ensemble. Je n'en ai pas averti le Seigneur des Ténèbres. J'ai aimé tendrement Antigone, comme j'ai rarement aimé une femme auparavant. Et puis, un jour, elle a disparu. J'avais dû m'absenter une petite semaine pour une mission donnée par le Lord, et quand je suis revenu, elle s'était enfuie. J'ai participé aux équipes de recherche du Seigneur des Ténèbres, nous avons parcouru le pays entier pour la retrouver. Lorsque je le pouvais, j'effaçais les preuves qu'elle laissait derrière elle. Malgré sa fuite, je comprenais qu'elle désire partir et mon amour me criait de l'aider du mieux que je le pouvais.

« Et puis, un matin, tout était fini. Le Lord, froidement, nous a annoncé que son corps carbonisé avait été retrouvé dans une cachette dans le Sud de l'Angleterre. Je ne me souviens plus très bien de ce que j'ai fait par la suite. J'ai continué, je suppose, j'aillais être papa, je devais être présent pour Narcissa. Avec le temps, mes blessures se sont apaisées, et j'ai cessé de penser tout le temps à elle. J'ai compris qu'elle avait disparu, et que m'enfermer dans mes souvenirs passés ne me ferait aucun bien. A la suite de cet incident, je n'ai plus jamais entendu parler d'elle, mis à part quand son frère est mort un an plus tard, tué par le Lord. »

Les deux hommes restèrent silencieux un long moment. Harry avait déjà entendu cette histoire de la bouche de sa mère, mais il supposait qu'il était satisfait d'avoir également eu la version de son père. Ainsi n'était-il pas qu'une aventure d'un soir pour Lucius. L'homme avait véritablement eu de l'affection pour Antigone. Il n'était pas né d'une union totalement dépourvue de chaleur et d'amour.

Quelque part, cette information lui faisait plus de bien qu'il ne l'aurait imaginé. Il ne s'était pas rendu compte qu'être un bâtard lui pesait autant, auparavant.

« Comment as-tu compris ? », demanda-t-il finalement au bout d'un certain temps en regardant son père dans les yeux.

« S'il te plaît Harry ! », s'exclama le blond. « Aie un peu plus de considération pour moi. Je ne suis pas assez stupide pour ne pas te reconnaître en elle. De plus, je n'ai pas eu un harem tout de même, et la plupart des femmes que j'ai fréquentées étaient elles-même mariées. Il leur aurait été impossible de cacher une grossesse. »

« Je suppose que c'est logique. », commenta le brun d'un air stoïque en haussant les épaules.

« Dis-moi Harry », reprit le blond après quelques longues secondes. « Antigone…Elle n'est jamais morte, n'est-ce-pas ? »

« Non. », soupira Harry en vérifiant que personne ne devenait suspect autour d'eux.

Le charme de silence qu'il avait placé autour d'eux au début de leur conversation serait en effet assez malvenu s'il était remarqué.

« De qui s'agit-il ? »

« Eh bien, de ma mère. », répliqua Harry du tac au tac.

Lucius s'apprêtait à répondre, sûrement quelque chose d'assez peu sympathique si on pouvait se fier à son expression, mais le brun ne lui en laissa pas le temps.

« Elizabeth Parker. Tu sais, celle qui est censée s'occuper de retrouver le système anti-nés-moldus qu'elle a elle-même créé ? », ironisa le jeune Mangemort, désabusé.

« Elizabeth ? », s'étrangla Lucius, les yeux écarquillés. « Je ne peux pas le croire… Comment a-t-elle pu se cacher aussi longtemps sous les yeux même du Seigneur des Ténèbres ? »

« Ma mère est une femme brillante. », se contenta de répondre Harry, souhaitant garder une part de mystère en ne parlant pas de Johnny ni de la potion d'Ame qu'ils avaient concocté pour parfaire la couverture d'Antigone.

« Assurément. », acquiesça le blond, une part d'amertume dans sa voix.

Harry but une gorgée de son verre, imperturbable.

« Narcissa sait-elle qui je suis ? »

« Non. Je lui ai juste dit, pour Draco. Elle refuse d'admettre que notre petit garçon ait pu nous trahir ainsi. », déclara Lucius d'un air triste.

« Ca fait toujours plus mal quand il s'agit de proches. », commenta impassiblement le brun alors qu'il sentait ses yeux piquer légèrement.

« En effet. », répondit simplement Lucius, car après tout, il n'y avait rien de plus à dire.

«Vas-tu déshériter Draco ? », demanda Harry, au bout d'un petit moment.

« Non. Bien sûr que non, cela attirerait bien trop l'attention du Lord. Pour le moment, on fait comme si de rien n'était. Draco dort même au Manoir », s'esclaffa le blond d'un air désabusé. « J'ai installé des charmes de protection contre lui, et j'ai bloqué son accès aux salles privées des Malfoy. J'ai gelé son compte en banque, et prévenu discrètement ma famille proche de sa trahison afin qu'elle ne lui fournisse pas d'informations sensibles par inadvertance. C'est tout ce que je peux faire sans dénoncer mon fils. »

« Je comprends », acquiesça Harry. « Dis-moi », s'exclama-t-il ensuite comme dans un sursaut. « Tu n'as rien dit à Bellatrix, n'est-ce-pas ? »

Lucius éclata de rire, comme s'il venait de faire une blague particulièrement drôle.

« Non, évidemment ! Draco serait déjà mort, dans le cas contraire ! »

Harry ne nia pas cette affirmation et se contenta de se détendre avec soulagement. Le blond restait son frère, et Harry ne voulait pas qu'il meurt.

« Harry, concernant ce qu'il s'est passé tout à l'heure… », commença finalement le blond en posant son verre sur la table à côté d'eux.

« Je ne veux pas en parler. », le coupa Harry d'un ton tranchant. « Je n'ai pas la moindre envie d'aborder ce sujet avec toi. »

« Je comprends. », murmura Lucius. « Je comprends. »

Et, étrangement, le brun avait l'impression que c'était réellement le cas.

« Harry ? », l'interpella le blond alors qu'il s'apprêtait à partir.

« Oui ? », répondit Harry en levant la tête.

« Je ne parlerais jamais de notre relation au Seigneur des Ténèbres. », affirma-t-il. « Si je le pouvais, je te reconnaîtrais sans hésitation comme mon fils, tu en es conscient ? Si je ne dis rien à Narcissa, c'est pour ne pas lui ajouter du stress supplémentaire. Ne crois pas que j'aie honte de toi. »

« Je ne suis rien pour toi, Lucius. », répliqua Harry, fuyant les sentiments comme la peste. « J'ai la moitié de tes gènes, c'est tout. Tu n'es pas obligé d'agir en tant que père, ça fait tellement longtemps que je n'en ai plus besoin… Cependant », reprit le brun en voyant son père s'affaisser. « Je te remercie quand même de sacrifier ta loyauté au Lord pour moi. Je suis conscient de te demander beaucoup, alors qu'on se connaît à peine, et je te serais toujours éternellement reconnaissant pour tout ce que tu fais. J'avoue qu'il y a mille fois pire en matière de père, j'en sais quelque chose. »

« Que veux-tu dire ? », demanda immédiatement le blond en fronçant les sourcils.

« Rien d'important », bougonna le jeune Mangemort en faisant un signe dédaigneux de la main.

Lucius le fixa un bon moment, comme pour voir s'il allait craquer et tout lui avouer, mais le brun resta stoïque et son père dût bien s'avouer vaincu. Soupirant, le Seigneur Malfoy fit volte-face et s'apprêta à partir lorsqu'Harry le retint par la manche et se rapprocha de lui. Positionné dans le dos du blond, Harry lui chuchota doucement à l'oreille :

« Draco a de la chance de t'avoir. Tu es un bon père, Lucius. »

Puis décidant que trop de sentimentalisme tuait le sentimentalisme, le brun s'enfuit aussi discrètement que possible en direction du buffet, plantant son père dans le coin reculé de la salle où il restait figé, trop éberlué pour bouger.

Alors qu'il posait son verre sur la table et s'apprêtait à accoster un esclave pour qu'il lui en donne un nouveau, il sentit une main se poser sur son épaule. Sans comprendre d'où lui venaient de tels réflexes, il sortit sa baguette, la pointa sur son assaillant, mais n'attendit même pas qu'une malédiction lui vienne à l'esprit avant de projeter magiquement l'agresseur quelques mètres plus loin.

La personne qu'il venait d'attaquer alla s'écraser misérablement contre un couple de danseurs et peina à se redresser tant le choc avait été violent. Ses compagnons semblaient tétanisés. Harry eut alors la surprise de constater que devant lui se trouvaient Blaise Zabini, Daphné Greengrass, Pansy Parkinson, Crabbe et Goyle, et, n'oublions pas le meilleur pour la fin, son très cher demi-frère qui paraissait on ne peut plus mal à l'aise.

Théodore Nott Jr. était quant à lui l'ignorant qui avait essayé de le surprendre, probablement pour le ridiculiser et lui faire peur. Le brun le fusillait présentement du regard, mais Harry ne décela que de la peur sous la bravade que l'héritier Nott tentait péniblement de maintenir face au regard argenté de son ex-camarade de maison.

« Excuse-moi, Théo », s'écria Harry d'une voix fluette clairement exagérée. « Les réflexes ont la vie dure, tu comprends ? J'espère que tu n'as pas eu trop mal ? J'ai un bon coup de baguette, et parfois, elle n'en fait qu'à sa tête ! »

« N'essaie pas de me berner, Parker, », répliqua Nott, de la fumée sortant presque de ses oreilles. « Tu n'as rien lancé avec ta baguette. Tu viens de faire de la magie sans-baguette ! »

Harry eut un sourire mesquin qui sembla surprendre ses acolytes car ils eurent tous un mouvement de recul. Ce n'était pas le Harry Parker qu'ils connaissaient tous depuis leur plus tendre enfance. Celui-ci était assurément plus dangereux et plus apte que le médiocre sorcier que le jeune Mangemort avait longtemps feint d'être.

Harry sourit. Il ne se lasserait jamais de parler avec des gens qui l'avaient sous-estimé dans son ancienne vie. Il prenait toujours un malin plaisir à les torturer mentalement jusqu'à ce qu'ils implorent silencieusement le répit. C'était toujours la partie préférée du beau brun.

« Peut-être bien que oui, Nott. », répondit finalement le jeune homme avec un sourire en coin.

« C'est impossible », intervint Pansy de sa voix perchée. « Tu n'es pas assez puissant pour ne serait-ce qu'envisager de lancer un sort sans ta baguette ! »

« Tu veux parier ? Je peux tester sur toi, si tu n'y vois pas d'inconvénients. », répliqua Harry du tac au tac en arquant un sourcil parfait avant de prendre un petit four et de l'avaler avec autant de grâce que possible.

Pansy semblait prête à répliquer mais Zabini lui enserra le poignet pour lui faire signe de se taire.

« Il a raison. Il ne ment pas ! Le Seigneur des Ténèbres lui-même affirme que Parker est un sorcier immensément puissant. Il n'y a aucune raison de remettre en doute la parole du Lord », intervint le noir, son visage restant obstinément neutre mais chaleureux.

« Zabini, c'est ça ? », demanda Harry sans se départir de son joli sourire.

« Oui. Nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de nous côtoyer beaucoup, à Poudlard. », précisa Blaise en lui tendant la main.

En voilà un qui savait où étaient ses intérêts !, pensa Harry avec humour, tout en acceptant la poignée de main.

« En effet. A mon plus grand désarroi, bien entendu. »

« Bien entendu », répliqua Blaise avec un air rusé.

Daphné, qui pendait jusque là au bras du beau noir, sembla s'étouffer sous l'indignation.

« Blaise ! », s'exclama-t-elle. « Comment oses-tu toucher une vermine dans son genre ! C'est un Sang-de-Bourbe ! », protesta la jeune fille blonde avec véhémence.

« Sang-mêlé, en fait. », intervint Harry, comme il en avait l'habitude à Poudlard.

Décidemment, revoir ses petits camarades lui avait grandement manqué. Que sa vie était simple, à l'époque ! Ils étaient juste des gamins…

Comme au temps de Poudlard, tous l'ignorèrent allègrement.

« Et alors ? », demanda Blaise en arquant un sourcil parfaitement dessiné. « Le nouveau mari de ma mère est de sang-mêlé. », répliqua-t-il sèchement alors que Daphné était ainsi réduite au silence, ne voulant pas réduire ses chances d'épouser l'héritier de la puissante famille Zabini sous peu.

Théo, quant à lui, ne semblait pas avoir autant de scrupules et eut un rictus dédaigneux.

« Le nouveau mari de ta mère est un fils bâtard qu'un quelconque sang-pur a engendré en se déshonorant avec une née-moldue », affirma-t-il avec arrogance. « Ta mère se rend ridicule en se tenant à ses côtés. »

Harry observa, amusé, l'héritier Zabini se redresser de toute sa grandeur et plonger ses yeux bleus froids dans ceux de Nott qui recula prudemment d'un pas.

« Tout d'abord, Nott, tu n'as absolument aucun droit de juger des actions de ma mère qui, je le rappelle, est mille fois plus puissante et influente que l'est ton vieux père. », cingla-t-il d'un ton qui força l'admiration du jeune Harry. « Ensuite, je te ferais remarquer amicalement que ta paternité est elle-même fréquemment remise en cause dans les cercles de sang-pur. Mme Nott n'était-elle pas censée avoir eu les yeux bleus ? Deux parents aux yeux bleus ne peuvent pas avoir un enfant aux yeux marron, Nott, c'est impossible. »

Harry se tenait là, éberlué. Ainsi Théo n'était-il peut-être pas aussi pur qu'il se plaisait à le crier dans tous les couloirs à Poudlard ? Avec un amusement teinté de surprise, le brun observa le principal concerné rougir fortement sous les accusations de son camarade. Le grand Théodore Nott semblait gêné et mal à l'aise, quelque chose qui n'était pour ainsi dire jamais arrivé du vivant d'Harry.

« Comment oses-tu ? », murmura Théo, encore stupéfait que son ami ait osé le déshonorer ainsi devant un sang-mêlé.

« Je ne fais qu'énoncer une vérité bien connue, Théo. », déclara le noir d'un ton neutre. « Tu n'es pas un véritable Nott, et tu le sais. On murmure que le vieux Nott est stérile. »

Harry laissa échapper un petit rire amusé. Cette conversation lui plaisait véritablement de plus en plus. De même que Zabini. Le garçon était toujours resté plus ou moins à l'écart des autres Serpentard à Poudlard, et préférait de loin la compagnie studieuse des Serdaigle. Avec un peu de réflexion, le jeune Mangemort se rappela qu'il s'agissait du neveu de son ex-patron, Gordon. Comme le monde était petit !

« Qu'est-ce qui te fait rire, sale bâtard ? », cracha Théo en se détournant de Zabini pour se tourner vers lui. « Tu te crois meilleur que moi, maintenant ? Qu'importe toutes les odieuses rumeurs que répandent des sorciers jaloux au sujet de ma famille », grinça-t-il en jetant un coup d'œil à Blaise qui leva les yeux au ciel. « Toi, tu n'es rien par rapport à moi ! »

Harry haussa un sourcil, de plus en plus hilare.

« Tu crois ? Rappelle-moi, Théo, j'ai un trou de mémoire. Qui de nous deux est l'apprenti du Seigneur des Ténèbres ? Qui de nous deux est devenu un Mangemort en à peine quatre mois de Milice ? Qui de nous deux est le plus puissant ? Qui a su manipuler tout son entourage pour leur faire croire à sa faiblesse ? Dis-moi, lequel de nos deux avenirs semble le plus enviable ? », demanda-t-il en se rapprochant de Théo jusqu'à ce qu'on ne puisse plus passer une plume entre leurs deux corps sans effleurer l'un ou l'autre.

Théo resta figé un long moment, comme tétanisé. Derrière lui, Daphné et Pansy lui envoyaient des regards noirs, tandis que Zabini souriait joyeusement. Draco tentait de se faire oublier et ne se préoccupait aucunement de leur conversation.

« Tu n'étais rien », murmura finalement l'héritier Nott. « Rien. A peine une fourmi sous nos chaussures. Comment as-tu pu attirer ainsi l'attention du Seigneur des Ténèbres ? C'est impossible. »

« Oh, s'il te plaît, Théo, tout le monde sait bien qu'il a écarté les cuisses pour en arriver là où il est maintenant. », intervint Daphné avec un mépris palpable.

Harry sentit monter en lui une fureur qu'il ne put maîtriser totalement. Tendant sa main devant lui en direction de la blonde qui venait d'insulter ainsi son honneur, il la fixa un moment, ne comprenant pas comment ces idiots pouvaient encore le sous-estimer de cette manière. Peu importe, il possédait désormais bien des moyens pour leur faire comprendre que seule sa puissance et ses capacités l'avaient amené au rang de Mangemort.

D'un geste sec, il referma son poing qu'il commença à serrer fortement. Ses nervures devinrent blanches alors qu'il ne détournait pas le regard de l'héritière Greengrass qui commença à suffoquer. Ses yeux semblaient sortir de leurs orbites alors qu'elle ne détournait pas son regard de lui, regard où se mêlaient incompréhension et terreur.

La blonde tomba à genoux, et porta ses mains à sa gorge. Tous les invités cessèrent alors leurs précédentes activités et firent un cercle autour d'eux, excités par la nouvelle animation que le groupe d'ex-Serpentard représentait à leurs yeux. Il sentit leurs regards posés sur lui, certains admiratifs, d'autres teintés d'une crainte plutôt compréhensible.

Harry savait qu'il ne devrait pas perdre son sang-froid de cette manière. Qu'avoir tué une personne ce jour-là lui suffisait amplement, qu'il n'aurait même jamais dû attaquer Greengrass. Mais c'était plus fort que lui. L'insinuation qu'elle venait de faire…elle l'avait touché en plein cœur. Parce que parfois, Harry se demandait lui-même si elle n'était pas totalement fausse. Le Lord n'avait après tout jamais caché son intérêt pour le jeune homme. Peut-être cet intérêt avait-il été dès le début purement sexuel. Peut-être le Seigneur des Ténèbres ne l'avait-il pas pris pour apprenti pour ses incroyables talents sur le terrain, mais pour sa relative innocence au lit.

Et le jeune homme ne pouvait pas l'accepter. Depuis tout petit, il était en quête de reconnaissance, il désirait si fort qu'on reconnaisse ses talents…Si la seule raison pour laquelle il était arrivé à ce grade aujourd'hui était pour son physique avantageux, tous ses rêves s'effondraient misérablement. Cela voudrait dire qu'on s'était encore servi de lui. Qu'il n'avait encore été qu'un simple pion. Pas quelqu'un sur qui on pouvait compter ou à qui on donnerait des responsabilités. Juste un pion manipulé par Tom comme on se servirait d'une marionnette.

Harry voulait croire de toutes ses forces que ce n'était pas le cas.

Même s'il avait besoin de se rapprocher du Lord pour réaliser la mission pour laquelle il avait rejoint la Milice, il n'avait jamais voulu de ce type de rapprochement. Secrètement, il avait plutôt voulu en rejoignant le Lord devenir quelqu'un. Devenir sa propre personne. Il voulait le respect, il voulait qu'on le craigne.

Il était hors de question qu'une petite fille jalouse comme Daphné Greengrass ne vienne détruire tout ce pour quoi il s'était tant battu.

« Harry ! Parker ! Parker, arrête ! », cria une voix qui lui semblait lointaine juste à côté de lui. « Arrête, tu vas la tuer ! »

C'était justement l'idée, oui !

« Har-Parker, réfléchis, tu sais que ce n'est pas ce que tu veux réellement ! Désires-tu encore plus de sang sur les mains ? »

Qui se permettait ainsi de l'accuser de cette manière ? Personne n'en avait le droit ! Il faisait ce qu'il voulait ! S'il voulait que cette sale petite vermine de Greengrass paie pour ce qu'elle avait dit, c'était son choix, et personne parmi les Miliciens et Mangemorts présents ne viendrait lui dire le contraire !

« Harry ! Parker, regarde-moi ! Regarde-moi ! », s'écria la voix de la raison en se plantant en face de lui et en enserrant son visage de ses mains froides.

Le jeune Mangemort tenta vainement d'ignorer la voix, mais elle était bien trop forte et envahissante et il finit par détourner les yeux de la jeune fille pour voir qui espérait ainsi le raisonner.

Draco Malfoy se tenait devant lui, l'air soulagé.

Distraitement, le brun remarqua qu'en détournant son attention, Draco était parvenu à lui faire relâcher son emprise sur la jolie Daphné. Dommage. Il aurait tant voulu la voir agoniser un peu plus longtemps…

Secouant la tête pour évacuer ses pensées malsaines, le jeune homme observa son frère qui s'accrochait toujours à lui, comme pour être certain qu'il ne replongerait pas dans une crise de colère fulgurante. D'un geste sec, Harry se dégagea de sa poigne et recula d'un pas. Il laissa promener son regard aux alentours, envoyant un regard noir aux malheureux Miliciens qui étaient venus se délecter du spectacle. Ces derniers baissèrent la tête et s'éloignèrent légèrement afin de laisser un semblant d'intimité au groupe incriminé.

Harry n'était pas assez naïf pour croire qu'aucun d'entre eux n'avait laissé traîner un sort d'espionnage ici ou là, et une rapide inspection magique le lui confirma. Soupirant, le jeune homme décida de ne pas y toucher. Autant ne pas s'aliéner ses futurs collègues trop vite. Après tout, s'il devait bientôt leur donner des ordres, il allait devoir se faire aimer et respecter de ses troupes.

Son regard argenté se reposa ainsi sur son frère qui n'avait pas bougé et était resté debout devant lui, comme un prisonnier devant l'échafaud. Levant les yeux au ciel, le brun contourna le jeune Malfoy et s'approcha de ses chers ex-camarades, l'air plus puissant et plus menaçant que jamais.

« Si l'un de vous s'avise de m'insulter de nouveau de la sorte un jour ou l'autre, je m'assurerais que Malfoy ne soit pas là pour détourner mon attention afin que je puisse vous tuer tous un par un à petits feux, pour y prendre plus de plaisir. »,grinça le jeune Mangemort avant de faire demi-tour dans un mouvement de cape, abandonnant le groupe de misérables sang-purs trop éberlué pour penser à le suivre.

Seul Zabini souriait toujours, comme profondément amusé par la scène qui venait de se jouer et pas le moins du monde surpris.

Décidant de ne pas y réfléchir de trop afin de ne pas s'encombrer d'un nouveau mystère, Harry laissa de côté l'affaire Zabini. Désormais hors d'atteinte des charmes d'espionnage placés sur eux, le jeune Mangemort en profita pour s'échapper de la salle de réception qu'il jugea trop étouffante à son goût. Il parcourut le couloir adjacent à la salle et entra dans l'une des premières pièces qui se présentèrent à lui, laissant la porte entrouverte.

Il plaça les plus puissants sorts de silence qu'il connaissait, c'est-à-dire assez costauds, avant de rejoindre le mur d'en face et de s'y adosser, souhaitant presque le bâtiment n'ait pas été au sous-sol afin d'avoir le loisir de regarder par la fenêtre. La salle était apparemment un ancien bureau, puisqu'une vieille table et une chaise assortie s'y trouvaient abandonnés là, envahis par des toiles d'araignée plutôt suspectes.

Comme il l'avait prévu, la porte s'ouvrit quelques minutes plus tard pour laisser entrer l'héritier Malfoy qui prit le temps de la refermer derrière lui avant de lui faire face. Ils restèrent de longues secondes à s'observer de cette manière, se jaugeant mutuellement et se défiant de s'attaquer avant que le blond daigne avancer dans la lumière de la petite lampe jaune qui pendait mollement au plafond. Harry ne bougea pas mais esquissa un petit sourire entendu tout en massant sa marque douloureuse.

Lord Voldemort l'appelait. Eh bien, il attendrait.

« Je savais que tu viendrais. », lança le brun en avançant à son tour pour s'asseoir négligemment sur le bureau poussiéreux.

« Et je savais que tu savais que je viendrais. », répliqua le blond en l'observant scrupuleusement, comme pour juger du danger qu'il représentait.

« Ce n'est pas un piège. », lâcha le jeune Mangemort d'un ton détaché. « Personne ne sait que nous sommes ici. Parle. Tu as quelque chose à me dire ? »

« Comment… »

« Oh, s'il te plaît Draco, je te connais-pardon, connaissais, mieux que moi-même. Tu as ce drôle de tic nerveux avec tes sourcils quand tu es stressé. Si tu veux que je sois au courant de quelque chose, dis-le maintenant. Le Seigneur des Ténèbres vient de m'appeler. »

Draco s'assit sur la vieille chaise en face de lui, toujours sans le quitter du regard.

« J-j'ai appris que tu étais devenu Mangemort. », commença-t-il sans assurance en pointant sa Marque des Ténèbres cachée sous ses épaisses robes noires du menton.

« En effet. », répliqua froidement le brun tout en ne le regardant pas une seule seconde.

Malgré cela, il pouvait sentir les yeux de son frère le parcourir de haut en bas avec une insistance qui frôlait l'indécence.

« Grande avancée pour un sang-mêlé », commenta-t-il d'une voix neutre.

Interpellé, Harry tourna la tête et observa le blond sous toutes les coutures. Un bref instant, il avait cru que Draco avait été mis au courant de leur lien de parenté, mais tout ce qu'il pouvait déceler dans son regard était de la nervosité et de la peur, aucune colère ou surprise d'aucune sorte. Soulagé, le jeune homme eut un sourire ironique.

« J'ai à te remercier pour cela. », lança-t-il, goguenard.

Draco soupira profondément et porta une main sur sa nuque, gêné et semblant profondément épuisé.

« Je leur ai dit que tu saurais tout à l'instant même où j'aurais posé la bombe, que tu me démasquerais plus vite que ton ombre. Ils ne voulaient pas me croire. », déclara le blond avec un petit sourire sans humour. « Ils ont cependant été stupéfaits par ta performance, et ont finalement été convaincus de ton utilité. »

« Mon utilité ? », demanda Harry en arquant un sourcil.

« Oui, ton utilité. Les résistants, comme ils se font appeler, ont des relations un peu partout. », lui révéla son meilleur ami, l'air impassible. « Tu connais des tas de gens qui font partie de leur petit groupe, plus que tu ne l'imagines. Ils sont comme ça. Ils aiment les personnes utiles. », ironisa le jeune Milicien d'un air désabusé. « J'en suis encore à comprendre comment un groupe composé d'une majorité de Gryffondor peut être aussi doué en ruse et en stratégie. »

Harry resta un bon moment silencieux, son esprit surchauffant tant il tournait vite. Il était sûr que son frère cherchait à lui faire passer un message, un message important qu'il ne parvenait pas à décoder.

« Et qu'ont-ils prévu pour moi ? », demanda finalement le brun, décidant qu'il y réfléchirait un peu plus tard, alors qu'il serait seul.

« Je ne peux pas te le dire. Je suis chargé de t'emmener là-bas tout à l'heure, après la réception. », déclara l'héritier Malfoy d'une voix neutre.

« Une petite balade de minuit ? », lança Harry, le sarcasme suintant dans sa voix.

« On peut dire ça comme ça. », répliqua le blond avec un petit sourire sincère.

Alors que Draco se levait, sûrement pour sortir et rejoindre la réception de nouveau, Harry se leva rapidement et le retint par la manche.

« Pourquoi, Draco ? », chuchota-t-il d'un ton presqu'implorant. « Pourquoi m'as-tu vendu comme tu l'as fait ? Pourquoi as-tu rejoint ces résistants ? Que gagnes-tu dans l'affaire ? »

Son frère le fixa un moment, ses yeux le suppliant presque de comprendre, mais Harry n'y arrivait pas. Il ne comprenait pas les motivations du jeune Milicien et n'y parviendrait pas tant qu'il ne se serait pas expliqué.

« Draco ? »

« Je…je ne peux pas te le dire. »

« Ils ne le sauront pas. », argua Harry avec assurance. « Que me caches-tu ? »

Draco gigota, mal à l'aise.

« Dis-toi juste que…les choses ne sont jamais telles qu'elles semblent l'être. », murmura le blond avant de faire volte-face et de prendre rapidement la porte, ne lui laissant pas le loisir de répliquer.

Harry resta un moment planté là, ébahi, avant de se ressaisir et de rejoindre de nouveau la salle de réception après quelques minutes. Il ne faudrait pas qu'on s'imagine que Draco et lui avaient été ensemble.

Alors qu'il ouvrait les portes, le jeune homme vit le Seigneur des Ténèbres le fixer avec insistance, probablement furieux qu'il l'ait ignoré ostensiblement ces dernières minutes. D'un signe, il l'enjoignit à le rejoindre, ce que fit le jeune homme à contrecœur.

La soirée semblait bien loin d'être terminée.


Bonjour/ bonsoir à tous! J'espère que ce chapitre vous a plu, je l'espère fortement en tout cas! Je voulais vous dire un grand merci pour les 43 reviews laissées au chapitre 25 qui m'ont énormément rassurée. Je pensais sincèrement que ma fiction commençait à décliner puisque le nombre de review n'allait qu'en descendant depuis trois ou quatre chapitres -'''

En conséquence, pour remercier tous ceux m'ayant laissé une review, j'ai posté un chapitre deux fois plus long qu'à mon habitude, j'espère que vous n'avez pas été trop étouffés par la longueur de ce dernier ^^

Beaucoup de lecteurs m'ont dit que le nombre de reviews diminuait beaucoup en été avec les départs en vacances et tout ça...Malgré tout, j'espère que vous serez quand même nombreux à laisser un avis, car je compte poster beaucoup ces vacances ci. Si je n'ai pas beaucoup d'avis positifs, je risque de déprimer lol alors prenez moi en pitié *fais ses yeux de chien battu* :-D

Je me demandais aussi: la fic risque de durer encore un bon nombre de chapitre (rassurez vous, pas encore 50 tout de même!), alors je me posais la question. Trouvez vous qu'elle traine trop en longueur? Je sais que les longues fics ennuient parfois les lecteurs. Devrais-je la raccourcir et réduire l'intrigue? Ca ne me plait pas trop, puisque j'ai tout imaginé depuis le début, mais je ne voudrais pas que mes fidèles lecteurs décrochent...

En tout cas merci à vous pour être arrivés jusqu'au bout de ces 26 chapitres!

A très bientôt!