DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient, merci de ne pas plagier !


« Madame la directrice, sauf votre respect…

-Ma réponse est toujours la même, Jafar, répliqua la jeune femme, je refuse de m'allier à cet être abject. »

Madame Poppins était debout dans son bureau, paupières closes devant la fenêtre. Les dernières semaines avaient été longues et compliquées, ce qui expliquait les cernes violacés qui marquaient ses yeux. Après avoir récupéré une respiration plus calme, elle observa attentivement l'extérieur de l'école : la fontaine, qui était maintenant éteinte à cause de la canicule, les grands arbres qui longeaient la route du gymnase, les bancs où s'entassaient habituellement des dizaines d'adolescents qui riaient tous ensemble… pendant les grandes vacances, cependant, l'endroit demeurait totalement désert, ce qui lui donnait un petit côté angoissant. Ou sans doute était-ce l'état d'esprit de la directrice qui rendait ceci angoissant.

« J'ai donné toute mon énergie et tout mon temps dans cette école, reprit-elle à l'intention de son adjoint. Et ce n'est pas Pitch Black qui me retirera tout ça. »


Voilà un mois qu'Harold était à Beurk. Juillet touchait à sa fin, et il n'en était qu'à la moitié de son séjour, mais celui-ci avait été rempli de surprises et de choses extraordinaires. Pourtant, lors de son arrivée, l'île n'avait pas vraiment emballé le jeune homme.

Après une longue traversée de plusieurs heures en mer, le port de l'île leur était enfin apparu. Le soleil n'arrivait pas à percer la couche de nuages sombres, et l'air sentait le sel et les embruns marins. Sur la plage, quelques enfants jouaient en courant après les vagues, tandis que deux vieux hommes pêchaient à la ligne, perchés sur les rochers.

« Cette île m'avait tant manquée, fit Stoïck en regardant par-dessus la rambarde. J'espère que tu ne t'y ennuieras pas trop.

-Ne t'en fais pas, papa. Je trouverai de quoi m'occuper. »

Pour une fois, son père avait échangé son costard cravate habituel pour un jean et une 'chemise de bucheron' comme il aimait l'appeler, ce qui lui donnait un petit air décontracté plutôt rare chez lui. Lorsque le bateau accosta, ils descendirent leurs valises jusqu'au pont, où ils furent accueillis par leur ami Gueulfor.

« Eh ben vous voilà enfin ! Aaah les citadins, jamais à l'heure ! s'exclama-t-il en les accueillant. Mais c'est pas vrai, c'est bien toi Harold ? En six mois tu as grandis d'au moins deux têtes ! Et c'est que t'aurais presque des muscles maintenant, jamais j'y aurais cru…

-Merci Gueulfor, ça me réchauffe le cœur d'entendre ça. Vraiment, je t'assure ! »

Stoïck serra son meilleur ami dans ses bras, avant de demander des nouvelles de 'tout le monde'. Harold ne savait pas qui désignait cette appellation, mais ne s'y intéressa pas pour le moment. Le voyage l'avait fatigué, et il n'avait qu'une seule envie, c'était de s'installer dans sa chambre et d'avoir une bonne nuit de sommeil.

Après avoir grimpé parmi les rues pavées du village de Beurk, ils arrivèrent enfin à la maison de Gueulfor, qui surplombait la baie. En regardant son père, Harold vit que ce dernier était ému. Même s'il ne savait pas encore tout du passé de sa famille, il savait que cette île avait beaucoup compté à ses yeux. En entrant dans la maison, Harold eut à son tour le souffle coupé :

« Et voilà ! La vieille maison de tes grands-parents ! » déclara Gueulfor en écartant les bras.

Bien sûr, Harold se souvenait de cette maison. Non pas pour l'avoir vue en vrai, mais pour l'avoir vue dans ses rêves il y a quelques mois de cela. Ou plutôt dans ses cauchemars. Cependant, il fit comme si tout était normal et observa autour de lui pour se familiariser avec ce nouvel environnement. Les lustres en bois de cerfs, les étagères croulant sous les vieux livres, les murs décorés de boucliers Vikings et de photos jaunies par le temps… la décoration et les meubles donnaient un aspect plutôt rustique à la maison, ce qui plut à Harold. Cela changeait de sa maison où tout était incontestablement moderne.

« Où est-ce que je dors ?

-Première porte à gauche en haut des marches, lui indiqua Gueulfor. N'oublie pas de descendre pour manger, j'ai fait des boulettes de viande ! »

Après s'être tapé la tête dans le plafond en grimpant les marches de l'escalier branlant, Harold arriva enfin dans sa chambre : il avait un petit lit, une armoire et un bureau en bois, et une fenêtre étroite donnant sur la place du village et sur la mer. Il vida ses affaires et voulut envoyer un message à ses amis pour les prévenir de son arrivée, mais remarqua que le réseau était totalement inexistant sur l'île.

Super, pensa-t-il en s'allongeant sur son lit. J'espère au moins avoir internet, dans ce trou paumé.

Mais bien entendu, comme tout coin perdu qui se respecte, la connexion internet y était totalement inexistante. C'est ainsi qu'Harold, après de délicieuses boulettes de viande et une longue nuit de sommeil, passa ses journées à aller à la pêche avec son père et Gueulfor. Stoïck devait recommencer à travailler la semaine d'après, ce qui lui laissait du temps en compagnie de son fils.

Même s'il était heureux de pouvoir profiter de la présence de son père, Harold n'était pas un grand fan de pêche à la ligne. Le soleil venait de disparaître derrière de gros nuages noirs tandis que le sable lui fouettait les jambes, poussé par les rafales de vent.

« On en a assez pour aujourd'hui ! cria Stoïck pour se faire entendre par-dessus le fracas des vagues. On devrait rentrer ! »

Ils remballèrent rapidement leurs affaires à travers les gouttes d'eau qui commençaient à tomber et remontèrent le sentier en courant. Lorsqu'ils franchirent le seuil de la maison, l'orage grondait derrière eux sous une pluie torrentielle.

« Eh ben, c'était moins une ! Je vais nous préparer un bon petit plat pour nous réchauffer, tient. »

Harold se déchaussa et aida Gueulfor à préparer le repas, bien que vider des poissons ne soit pas une activité très agréable. Il profita d'être seul avec lui pour lui poser quelques questions de façon discrète :

« Comme vous travaillez tous les deux demain, je me demandais s'il y avait des choses à visiter sur cette île. Des endroits importants, ce genre de choses.

-Toi, tu veux jouer au curieux ! remarqua Gueulfor en le regardant. Tu sais, il n'y a pas grand-chose sur Beurk. La plage, la grande forêt, les falaises, rien de particulier.

- Rien du tout ? fit Harold en soupirant. Tant pis, j'irai me promener en forêt alors. »

L'ami de son père tenta de le mettre en garde sur les dangers qu'elle pouvait contenir, mais Harold insista sur le fait qu'il était maintenant assez grand pour se débrouiller seul, surtout face à quelques renards et lapins. Le lendemain matin, il se leva de bonne heure et prépara son sac à dos, prêt à se promener toute la journée. Le village était encore endormi, même si le fracas du marteau retentissait déjà dans la forge de Gueulfor, près de la place du marché. Il grimpa dans les rues sinueuses tout en haut du village et quitta celui-ci, avant de se diriger vers les bois.

Depuis cet endroit, l'île semblait déjà beaucoup plus grande qu'elle n'en avait l'air depuis la plage. Les arbres s'étendaient à perte de vue, s'entassant de façon broussailleuse. Sur sa gauche, un pic de roche immense grimpait dans le ciel, s'étalant jusque dans la mer. En voyant la beauté de ces paysages, Harold se mit à penser qu'il aurait dû prendre un carnet et des crayons pour dessiner tout cela.

Les chaussures du jeune homme s'enfonçaient dans la boue tandis qu'il pénétrait dans la forêt. Le soleil se levait de plus en plus haut dans le ciel, et Harold était bien content d'être à l'abri sous le feuillage des arbres. En effet, celui-ci avait plutôt du mal à bronzer, malgré tous ses efforts. Il marcha plus d'une heure, évitant du mieux qu'il pouvait les ronces et orties qui s'attaquaient à ses chevilles, lorsqu'il arriva devant un spectacle inattendu :

« Waouh… »

Un arbre immense avait été totalement tordu, le tronc massif brisé en deux comme un vulgaire bout de bois. Les branches traînaient au sol, et dans la boue apparaissaient de grandes traces, comme si quelque chose de massif avait été traîné par terre avec force.

Ce ne peut être une voiture, réfléchit-il, la forêt est trop dense pour qu'elles passent, et on ne dirait pas des traces de roues…

Il décida de suivre le sillon creusé dans la boue, bien décidé à savoir d'où cela pouvait venir. Il arriva devant un talus qu'il descendit avec difficultés, s'aidant de quelques arbres pour ne pas tomber. Une fois en bas, il vit des traces bien différentes ancrées dans la terre :

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Elles ne ressemblaient à rien de connu : ce n'étaient ni les sabots d'un cerf, ni les pattes d'un sanglier. Les traces étaient arrondies, et la créature qui les avait déposées là semblait posséder plusieurs griffes bien aiguisées au bout de chaque patte. Seulement, les traces étaient incomplètes, comme si la bête qui les avait laissées voulait s'échapper de quelque chose. En voyant cela, Harold voulut faire demi-tour pour repartir à toute vitesse, lorsqu'il surprit un souffle rauque et puissant dans son dos.

Le garçon était tétanisé : qui sait quelle créature pouvait se trouver derrière lui ? Après avoir repris son souffle et s'être réprimandé intérieurement, il retrouva un semblant de courage, qu'il perdit au moment même où il se retourna.

Face à lui, tapi dans l'ombre des rochers, se trouvait l'animal le plus colossal et le plus effrayant qu'il ait jamais vu. Entièrement recouvert d'écailles d'un noir aussi sombre qu'une nuit sans lune, il était pourvu de deux ailes gigantesques, repliées à l'arrière de son dos. Sa queue fouettait l'air avec colère, tandis qu'il montrait les dents à l'intention du jeune homme, ses yeux verts fixés dans les siens. Ses pattes puissantes étaient ramenées contre son corps et tentaient tant bien que mal d'agripper quelque chose.

Malgré sa peur, Harold observa plus attentivement l'animal : il était emprisonné dans d'épaisses cordes qui lui compressaient les ailes et les pattes, lui empêchant ainsi tout mouvement.

Un dragon. Il y a un dragon en face de moi. Un. Dragon.

Le dragon en question se mit à rugir à son intention, ce qui fit sursauter et reculer Harold. Même emprisonné, il était tout à fait terrifiant. Celui-ci ne savait quoi faire. L'idée la plus judicieuse aurait été de courir vers le village pour trouver de l'aide. Seulement, en le voyant ainsi prisonnier, Harold eut un élan de pitié pour le reptile.

« Je ne peux pas faire ça, murmurait-il en faisant les cent pas. Je ne peux pas… aaah mais bon sang ! »

Harold se pinça fortement le bras pour s'assurer que tout ceci était bien réel, et faillit se mettre à pleurer en réalisant que cela l'était. Après mûre réflexion, le brun prit sans doute la pire décision qui soit, et sortit son couteau suisse de son sac dans le but de trancher les liens qui l'entravait.

Celui-ci s'avança vers le dragon, qui se mit à mugir et à s'agiter en voyant la lame s'approcher de ses écailles. Harold essaya de le rassurer à voix basse, comme s'il parlait à un petit animal. Or, l'animal était loin d'être petit, et encore moins rassuré. Il s'agenouilla, respira un grand coup et commença à entamer la corde pour la trancher. La première corde lâcha, libérant ainsi l'aile droite du dragon, qu'il commença à déployer sur le côté. Après un effort qui lui parut interminable, Harold réussit enfin à trancher la dernière corde et se précipita en arrière tandis que le dragon se relevait avec vélocité.

Lorsqu'il fut aplati au sol par la patte du fameux dragon, Harold se mit à crier et crut que son dernier instant était arrivé. Il ferma les yeux, évitant ainsi les dents meurtrières et le filet de bave qui lui coulait le long de la joue, et s'insulta intérieurement pour sa bêtise. Le dragon prit du recul et rugit de toutes ses forces vers Harold, avant de frapper le sol à quelques centimètres du visage de celui-ci. Après un dernier regard plein de défiance, le dragon déploya ses ailes et repartit à toute vitesse, s'enfuyant dans les fourrées.

Une fois à l'abri de tout danger, Harold resta allongé sur le sol pour reprendre son souffle et ses esprits. Ses mains tremblaient sans qu'il ne puisse rien y faire, et le mugissement du dragon retentissait encore à ses oreilles comme une mélodie macabre. Lorsqu'il se remit sur pied, ses jambes tremblaient encore de peur mais il jugea préférable de ne pas tarder à rentrer : ces bois cachaient apparemment bien des dangers, comme l'avait prévenu Gueulfor.

Le trajet du retour lui parut mille fois plus long que l'aller. Lorsqu'il vit le village devant ses yeux, il ne put s'empêcher d'exprimer son soulagement et se précipita vers la maison pour raconter tout cela à son père et à Gueulfor.

« Tu es enfin là, Harold ! On t'attendait pour man…

-Papa, Gueulfor, il faut absolument que je vous raconte ce que j'ai vu ! C'était… il était immense, et avec des ailes, et il m'a attaqué mais ensuite il est reparti et…

-Ohlala mais enfin calme-toi ! Tu parles encore plus vite que ton père après quelques shots. Qu'est-ce qui se passe ?

-Un dragon, lâcha-t-il de but en blanc. J'ai vu un dragon dans la forêt. »

A cet instant, Harold ne comprit pas vraiment la réaction de son père : il s'était attendu à ce qu'il se moque de lui, ou à ce qu'il ne comprenne pas, mais certainement pas à ce qu'il se mette en colère. Son visage s'était fermé brusquement, et Harold écouta attentivement ce qu'il avait à dire :

« Harold, que les choses soient bien claires, commença-t-il à voix basse, les dragons n'existent pas.

-Papa, je sais ce que j'ai vu ! Il était emprisonné dans un filet, avec de grandes ailes gigantesques et des écailles sombres et…

-J'en ai assez entendu. Je ne veux plus que tu retournes dans cette forêt, est-ce que c'est clair ? Ni cet après-midi, ni demain, ni jamais.

-Je croyais pourtant que les dragons n'existaient pas ? S'ils n'existent pas comme tu le dis, pourquoi n'aurais-je pas le droit d'aller en for…

-PARCE QUE C'EST AINSI ! »

Stoïck avait haussé le ton tandis qu'il s'était dressé par-dessus la table. Harold aurait voulu répliquer, mais le regard de son père suffit à l'en dissuader. Gueulfor semblait pensif, n'ayant rien dit depuis le début.

« Je n'ai pas faim. »

Harold quitta la cuisine et monta dans sa chambre, totalement dépité. Il n'aurait jamais dû en parler à son père, il aurait dû se douter que sa réaction ne serait pas celle escomptée. Seulement, Harold savait ce qu'il avait vu : une telle créature ne pouvait pas être un rêve, d'autant que la sensation de peur qu'il avait ressentie était encore bien présente en lui. Cependant, malgré la terreur que lui inspirait ce fameux dragon, il était intrigué et fasciné par celui-ci. Comment une telle créature pouvait-elle passer inaperçue sur cette île ?

Il passa le reste de la journée à dessiner ce dragon, en essayant de se remémorer chaque détail de celui-ci. Bien décidé à en apprendre plus, Harold se coucha le soir-même en prenant une décision : il retournerait dans la forêt pour voir ce dragon. Il aurait pu le tuer, et pourtant, il n'en avait rien fait. La créature n'était donc peut-être pas si dangereuse et féroce qu'elle en avait l'air ?

Le lendemain, après être parti en cachette en feignant d'aller à la pêche, il dû marcher un peu plus longtemps que la veille à travers les bois. Le dragon semblait s'être enfui, et Harold espérait qu'il n'était pas parti trop loin. Seulement, les traces au sol se suivaient, comme s'il n'avait pas réussi à prendre son envol. Il les suivit donc jusqu'à arriver au-dessus d'une crique formée par les falaises et entourée de pins. Au centre, un petit étang reflétait la lumière du soleil, mais aucune trace du fameux dragon.

Il n'y avait plus grand espoir. Déçu, Harold se rapprocha doucement du bord de la falaise, tout en faisant attention à ne pas glisser. Il voulut descendre son pied lorsqu'une masse noire passa devant lui, balayant l'air de ses grandes ailes déployées. Sous la force du vent, Harold tomba en arrière et se rattrapa de justesse à une branche basse.

« Il est là. »

Devant lui, le dragon semblait prêt à franchir le haut des falaises quand sa queue fouetta l'air dans tous les sens, lui faisant perdre sa trajectoire et le dirigeant directement dans l'eau. Celui-ci ressortit rapidement, hurlant sa fureur d'un souffle de flammes, avant de retenter une nouvelle fois de s'envoler.

« Qu'est-ce que tu attends pour t'envoler ? »

Harold remonta un peu pour trouver un endroit où observer sans être vu, et éventuellement assez stable pour ne pas tomber. Une fois allongé sur une large pierre plate, il sortit son carnet et son crayon, et ajouta quelques détails à son croquis de la veille : ses grandes oreilles, les ailerons qui se dressaient le long de son dos, mais également l'aileron gauche de sa queue qui avait été violemment arraché, ne laissant que quelques écailles ensanglantées.

« Tu ne peux plus voler… »

En voulant s'approcher un peu plus, Harold vit son crayon glisser de sa main et dévaler la falaise, tombant au sol avec délicatesse. Le jeune homme ne pensait pas que faire tomber un stylo pouvait être aussi bruyant, et pourtant à cet instant précis, il eut l'impression d'avoir fait tomber une pile d'assiettes. Le dragon releva sa grosse tête vers lui et le fixa longuement, d'une expression indéchiffrable entre peur, colère et méfiance.

En rentrant le soir-même, Harold réfléchit longuement à la question : certes, il s'agissait d'un prédateur dangereux, dont un coup de patte pourrait lui apporter un aller simple pour le Valhalla. Mais comment pouvait-il laisser une telle créature de côté sans même la connaître, l'aider ? Harold avait vu la peur dans ses yeux, une peur qui avait reflété la sienne. Ce dragon était autant doué de sentiments que n'importe quel être humain.

Lorsqu'il quitta la maison de Gueulfor le lendemain, il passa d'abord chercher quelques poissons dans la mer pour mettre son plan à exécution. Après une longue heure d'attente désespérée, Harold réussit enfin à mettre la main (ou plutôt l'hameçon) sur un gros merlan. Il le mit dans un seau, récupéra son sac et refit le trajet qu'il commençait maintenant à bien connaître. Une fois arrivé, il chercha du regard le fameux dragon, sans pouvoir le trouver.

Peut-être a-t-il réussi à s'échapper, finalement ?

Dépité, Harold descendit néanmoins à l'intérieur de la crique, bien décidé à en fouiller chaque recoin. Tandis qu'il avançait pas à pas, délicatement, une forte respiration se fit entendre derrière son dos. Le jeune brun respira profondément pour se donner du courage, et récupéra à main nue le poisson dégoulinant d'eau salée. Il se retourna lentement et le tendit devant lui, à quelques mètres seulement de la gueule du dragon.

Il était encore plus impressionnant de près : le soleil se réfractait sur ses écailles noires, tandis que ses pattes se posaient sur le sol d'un pas feutré. Sa peau se tendait par-dessus les muscles puissants alors qu'il s'avançait, lentement et précautionneusement. Il se méfiait d'Harold.

« Je ne vais pas te manger, tu sais. » lâcha-t-il d'une voix trop aigue pour paraître détendue. Mais toi par contre, il est possible que tu me dévores.

Le dragon s'avança, la gueule grande ouverte, lorsqu'Harold remarqua un détail :

« Mais… où sont passées tes dents ? se demanda-t-il en l'observant. Je sais que le poisson est mou, mais tu vas quand même avoir besoin de… »

Avant même qu'il n'ait eu le temps de dire le mot « croquer », une centaine de dents bien affutées sortirent des gencives de l'animal, qui se précipita sur le poisson pour le dévorer. Harold avait reculé pour ne pas perdre sa main avec, et nota cette nouvelle découverte dans sa tête :

« Tu as des dents rétractables… pourquoi pas ! Voyons voir ce que tu sais faire d'autre, euh… Krokmou ? »

En entendant ce nom, le dragon pencha la tête sur le côté avant de lâcher un petit cri rauque qu'Harold prit pour une approbation. Après s'être léché les babines, le dénommé Krokmou déglutit quelques morceaux de poisson avant de les pousser vers Harold pour qu'il en prenne un morceau. Le poisson cru n'était pas vraiment sa tasse de thé, et le poisson cru vomi par un dragon l'était encore moins.

Cependant, il n'avait pas vraiment d'autre choix s'il voulait s'attirer la confiance de ce dragon. Après s'être bouché le nez, il récupéra un petit morceau de chair et le goba, essayant tant bien que mal de ne pas vomir à son tour. Cela sembla suffisant à Krokmou, puisqu'il repartit dans la direction opposée en laissant Harold en vie.

Il recommença cette opération tous les jours : chaque matin, il partait pêcher pour garder une certaine couverture auprès de Gueulfor et de son père. Il ramenait la moitié de ses prises à la maison, et le reste revenait au fameux Krokmou, qui attendait maintenant avec impatience l'arrivée de son nouvel ami.

« Ola ! Doucement, mon grand, y'en aura assez pour toi, ne t'en fais pas. »

Krokmou s'était jeté sur le seau de poissons et se remplissait la panse, son ventre grognant de satisfaction. Lorsqu'il se redressa, il observa longuement Harold avec ses grands yeux avant de s'arrêter.

En voyant cela, Harold tenta quelque chose : il tendit sa main tout doucement en direction de la tête de Krokmou, dans l'espoir de pouvoir le toucher. Il avança un pied pour se rapprocher, quand le dragon se mit à grogner avant de faire demi-tour précipitamment, s'enfuyant de la présence du jeune homme.

« Manqué… »

Malheureusement, après une semaine de cette routine, Gueulfor bouleversa tous ses plans au cours du repas du soir :

« Tient Harold, j'avais quelque chose à te proposer… j'ai beaucoup de commandes à la forge en ce moment et comme je sais que tu aimes bien bricoler, ce serait gentil que tu me files un petit coup de main les matins !

-Oh, euh… d'accord, pas de soucis. »

Harold se replongea dans son assiette de légumes et de côte de mouton, réfléchissant à une solution. Il lui serait assez compliqué d'aller à la forge chaque matin tout en continuant à nourrir son dragon. Il devait trouver un moyen pour que celui-ci réapprenne à voler. Le problème était le suivant : Harold n'avait pas le pouvoir de faire repousser des membres, et encore moins un aileron de dragon.

Néanmoins, la solution commença à germer dans son esprit lorsqu'il se mit à travailler avec Gueulfor le lendemain matin. Il faisait une chaleur étouffante dans la forge, entre le gigantesque feu et le travail physique que cela impliquait. Harold devait porter des pièces de métal jusqu'à Gueulfor, récurer les cuves de refroidissement, marteler, faire et refaire, assembler les pièces… ses muscles commençaient à crier de douleur lorsqu'il vit ce qui pourrait l'aider : Gueulfor ayant perdu un bras et une jambe lors de circonstances assez curieuses, deux prothèses venaient remplacer ses membres manquant. Il les avait fabriqué lui-même, à base de bois, de cuir et de métal, ce qui lui donnait un air de vieux pirate de film.

L'après-midi, Harold se mit au travail : Krokmou se précipita vers lui pour récupérer son casse-croute habituel, tandis que le jeune homme alla s'asseoir sur une grosse pierre pour dessiner. S'il voulait aider son dragon, il allait devoir travailler dur mais dans le secret le plus total. Sur son papier, il dessina le corps de Krokmou et un début de croquis de la prothèse qu'il allait devoir construire. Concentré dans ses dessins, il ne sentit pas le reptile arriver derrière lui et observer ce qu'il faisait.

Il se retourna néanmoins lorsqu'il entendit un gigantesque craquement dans son dos. Krokmou, avec sa mâchoire puissante, venait de déraciner un tronc d'arbre, et s'amusait à tracer des traits dans le sol, sans doute pour imiter Harold.

« Ah… t'es vraiment un champion, mon grand. »

Lorsque le dragon termina enfin son œuvre, Harold crut y déceler la présence d'un visage, comme si Krokmou avait tenté de le représenter. Le jeune homme se rapprocha, un pas après l'autre, la main en avant. Comme toujours, Krokmou montra les dents et commença à grogner.

« Je ne te veux aucun mal, Krokmou. »

Harold ferma les yeux, s'attendant à perdre sa main, voire sa vie de façon imminente. Au lieu de cela, il sentit se poser délicatement la forme arrondie d'un crâne recouvert d'écailles. Il voulut se rapprocher davantage, mais Krokmou se retira et s'éloigna rapidement, ignorant son nouvel ami.

A partir de ce jour, il fut plus simple de rendre visite à Krokmou : maintenant que celui-ci acceptait le contact d'Harold, le jeune homme pouvait désormais prendre les mesures nécessaires à la réalisation de sa prothèse.

Dans la forge, Harold récupéra le matériel qui lui serait nécessaire, expliquant à Gueulfor qu'il construisait quelque chose pour son 'usage personnel'. N'étant pas du genre à poser des questions, l'ami de son père le laissa faire :

« Tant que tu continues à bien faire ton boulot, tu fais ce que tu veux ! expliqua-t-il tout en martelant une lame rougeoyante. Allez, va donc porter ça vers l'établi, ajouta-t-il en lui passant un seau de pièces en métal, et trie-les par taille s'il te plaît.

-Pas de soucis ! »

Harold agissait de façon plutôt serviable, histoire de ne pas attirer la curiosité de Gueulfor ou de son père. Fort heureusement, ce dernier passait ses journées à travailler, ce qui lui laissait le champ libre pour effectuer sa mission.

Lorsqu'il arriva pour la première fois avec son prototype, Harold apporta avec lui un seau encore plus rempli de poissons pour que Krokmou soit plus enclin à collaborer.

« Salut mon grand… bon appétit ! Surtout, ne fait pas attention à moi, vraiment. »

Il passa au-dessus de la queue du dragon et déploya sa nouvelle prothèse d'aileron juste à côté pour vérifier que la taille convenait. Le cuir tenait parfaitement et avait presque le même poids que la peau du dragon, ce qui serait parfait pour l'équilibre. Harold détacha les lanières et commença à les attacher autour de la queue de Krokmou pour fixer cette prothèse. Concentré dans sa tâche, il ne vit pas le dragon se bloquer net à ce contact.

En sentant cet aileron tout neuf, Krokmou fit la chose la plus évidente qui soit : il déploya ses ailes et commença à courir pour se donner de l'élan et prendre son envol. Cependant, Harold était toujours accroché à l'arrière, ballotant dans tous les sens, et s'accrochant avec force pour ne pas tomber. Après quelques cercles à basse altitude, Krokmou réussit à s'envoler et à quitter la crique. Harold ne put s'empêcher de crier de joie. Il avait enfin réussi !

Toutefois, la première difficulté survint assez rapidement : avec la force du vent, le cuir se replia sur lui-même contre Krokmou, ce qui ne lui laissait donc plus qu'un seul aileron de valable. Il se mit donc à partir sur le côté de façon incontrôlable. Harold, malgré la hauteur vertigineuse et une chute qui pourrait lui être fatale, prit son courage à deux mains pour repousser la tige de métal et tendre l'aileron en cuir, permettant ainsi à Krokmou de retrouver sa stabilité.

Perché dans les airs dans une posture aussi instable, Harold avait peur, mais la vue de ce spectacle majestueux lui coupait encore plus le souffle. Il volait ! Il était libre comme l'air. En-dessous de lui, l'eau de la mer reflétait la lumière du soleil, tandis que les arbres devenaient aussi petits que des brindilles. Après quelques minutes de vol qui semblèrent durer des heures, Krokmou revint vers leur endroit de départ, et se posa au sol pour permettre à Harold de descendre.

« C'était génial ! Ahah ! s'exclama-t-il en retombant par terre. Mon grand, tu es… prodigieux ! »

Sous l'adrénaline, Harold serra Krokmou dans ses bras, sentant les écailles brûlantes contre sa peau. Après avoir réalisé ce qu'il avait fait, il se recula précipitamment en espérant ne pas avoir déclenché la furie de l'animal. Cependant, celui-ci lui lécha le visage de sa langue râpeuse, laissant Harold tout dégoulinant de bave de dragon.

En rentrant le soir, il ressentit une euphorie toute neuve. En plus de la fierté d'avoir réussi à le faire voler, il sentait que lui et Krokmou étaient liés par bien plus que cela. Mais sa joie fut vite interrompue après avoir franchi le seuil de la maison :

« Harold ! Tu es rent… est-ce que ça va ?

-Bien sûr, pourquoi ? demanda-t-il, intrigué.

-Tu es recouvert de bleus, et tu saignes juste là et tu es… gluant ? »

Merde.

En effet, en regardant ses bras, il vit que les branches qu'il s'était pris durant son envol avaient laissées de gros hématomes ainsi que quelques griffures. La bave de Krokmou, quant à elle, recouvrait encore son t-shirt ainsi que son menton.

« Harold, est-ce que tu es retourné dans la forêt ? demanda Stoïck.

-Question rhétorique, s'écria Gueulfor. Harold, bonne chance pour t'en sortir ! »

Son meilleur ami lui jeta un regard assassin et Gueulfor leva ses mains en geste de défense, avant de retourner dans le salon. Lorsque Stoïck était énervé, mieux valait ne pas s'en mêler.

« Tu aurais pu mourir !

-Et pourtant, je suis bien là ! s'exclama Harold, énervé également. Il est gentil, et inoffensif.

-Harold, c'est un dragon ! renchérit son père. Les dragons ne sont pas inoffensifs, ce ne sont que des tueurs sanguinaires, féroces et violents !

-Alors tu avoues bien qu'ils existent ! Pourquoi avoir essayé de me le cacher, hein ? Krokmou ne me ferait jamais de mal ! Il était blessé et je l'ai aidé, jamais il ne me blesserait et je…

-ILS ONT TUE TA MÈRE, HAROLD ! »

Sa voix s'était brisée en disant cette phrase. Le jeune garçon se figea lorsque les mots prirent un sens, et alors il ne sut plus quoi dire. Gueulfor s'approcha doucement d'un air inquiet, et posa une main qui se voulait rassurante sur l'épaule de son ami. Stoïck respira un bon coup pour ne pas laisser ses larmes s'échapper, tandis que celles d'Harold dégoulinaient le long de ses joues, sans qu'il ne puisse les arrêter.

«Mais Krokmou est innocent, déclara Harold d'une voix franche. Maman n'aurait pas voulu… »

Il ne put finir cette phrase. Malgré tout ce qu'on lui avait raconté sur sa mère, Harold ne l'avait jamais connue, et ne pouvait pas savoir ce qu'elle aurait voulu ou non. Après être monté dans sa chambre en courant, il fouilla dans ses affaires jusqu'à retrouver la fameuse photo où il était avec elle. Celle-ci était coincée dans son portefeuille, jaunie par le temps, et portant la date écrite d'une fine écriture à l'arrière.

En voyant son sourire, ses longs cheveux bruns, son visage fin et magnifique, Harold ne put s'empêcher d'avoir de nouveau les larmes aux yeux. Comment une personne que l'on n'avait jamais connue pouvait-elle nous manquer autant? C'est pourtant ce qu'il ressentait… le manque, et la peine. Au fond, il en était certain : elle aurait approuvé ce qu'il avait fait pour Krokmou, quand bien même cela était dangereux.

Tout le monde dormait, et la nuit était enfin tombée sur l'île, ce qui permit à Harold de descendre les escaliers avec précaution et silence. Il avait revêtu un sweat assez chaud, ainsi qu'un jean pour s'éviter d'autres griffures sur les bras et les jambes. Il passa d'abord à la forge pour récupérer son prototype et le terminer. Il devait être rapide et discret : si son père ou Gueulfor le trouvaient là, il n'aurait plus aucun moyen de leur prouver qu'il avait raison, et serait sûrement confiné dans la maison jusqu'à la fin des vacances.

Il rajouta quelques attaches pour fixer les sangles, et resserra l'anneau qui était censé le retenir. Il avait conçu cette selle de façon à ce qu'il puisse déployer l'aileron tout en chevauchant Krokmou, bien assis sur son dos. Une fois son travail terminé, il la prit sur son dos et quitta la forge, tandis que le soleil apparaissait discrètement derrière l'horizon.

Lorsqu'il arriva devant Krokmou, il était exténué : porter une selle en cuir et en métal à travers une forêt après une nuit blanche n'était pas forcément la meilleure chose à faire, d'autant que son ventre était totalement vide.

« Non, mon grand, je suis désolé mais je n'ai rien pour toi… ne t'en fais pas, on va aller chercher à manger, d'accord ? fit Harold en lui caressant le haut de la tête. En attendant, j'ai besoin que tu me rendes un service. »

Cela fut plus compliqué que prévu : Krokmou semblait d'humeur joueuse, et refusait de rester en place pour qu'Harold lui sangle la selle sur le dos. Le dragon se méfiait de ce nouvel objet, et faisait donc crapahuter le jeune homme derrière lui tandis qu'il sautait dans tous les sens.

« KROKMOU, ARRETE-TOI ! »

Le dragon se retourna vers Harold et avança vers lui doucement, jusqu'à arriver à son niveau. Une fois devant lui, il se dressa sur ses pattes arrière et lui tomba dessus, sans doute pour l'embêter une énième fois.

« Oooh, allez gros patapouf, tu m'écrases ! Lève-toi et laisse… moi… faire ! »

Après s'être extirpé de sous le ventre de Krokmou, il était à bout de souffle et s'assit quelques secondes en tailleur sur le sol, totalement désespéré :

« Je n'y arriverai jamais… papa ne pourra jamais me faire confiance.

-Harold… »

De façon stupide, Harold crut que Krokmou avait parlé. Mais en se retournant, c'est bel et bien son père qu'il trouva en chair et en os face à lui. Celui-ci avait le regard tourné non pas vers son fils, mais vers la créature qui se trouvait derrière lui, avec un mélange de peur et d'appréhension.

« Harold, je t'en prie, écoute-moi.

-Non, écoute-moi plutôt, dit-il d'une voix forte en se relevant. Krokmou n'est pas dangereux, peu importe ce que tu penses. D'accord, maman est morte. Et sans même l'avoir connue, je pense à elle tout le temps, alors je n'ose imaginer ce que c'est pour toi. Mais lui n'y est pour rien ! Il est mon ami, papa. »

Comme pour prouver ses dires, Krokmou s'était rapproché de lui et avait glissé sa tête sous son bras, le poussant doucement avec un léger grognement. Harold lui frotta la tête avec affection, un sourire sur le visage.

« Il ne me ferait jamais de mal volontairement. »

Harold releva les yeux vers son père, prêt à voir sa réaction. Ce dernier semblait dépité, et incapable de savoir quoi faire. Il soupira, avant de lui dire :

« Ecoute, mon fils… je veux simplement que tu sois sain et sauf. Je ne veux pas te laisser faire de choses dangereuses, car te perdre serait… »

Il ne réussit pas à terminer sa phrase, mais cela était bien assez pour Harold. Celui-ci sourit à son père, qui esquissa également un sourire en retour.

Après une longue discussion père-fils, Harold insista pour que Stoïck se rapproche de Krokmou, même si celui-ci se méfiait encore un peu de ce nouvel arrivant. Cependant, le dragon redevint rapidement d'humeur joueuse, et se mit à sauter partout, grimpant même sur les épaules d'Harold qui tomba à la renverse sous le poids de la créature.

En effet, ces vacances ne se passaient pas comme prévues. Harold s'était fait un nouvel ami, et cet ami avait des écailles et deux ailes. Lorsqu'il écrivit ses cartes postales à l'intention de ses amis et d'Astrid, il ne révéla pas ce qu'il vivait ici à Beurk. Il préféra garder le secret, le temps de leur avouer de vive voix une fois rentré.

Grâce à l'aide de Gueulfor, qui rencontra Krokmou quelques jours après, Harold réussit à finaliser sa selle avec quelques petites améliorations pour la sécurité. Krokmou ne semblait toujours pas emballé face à tout ce bric à braque, mais Harold savait qu'il y arriverait. Il avait confiance en son dragon. Ces vacances étaient loin d'être terminées, et elles promettaient encore bien des surprises pour le jeune homme.


Et voilà !

Un chapitre un peu plus long que d'habitude, pour me faire pardonner de cette petite journée de retard. J'attendais de l'écrire depuis bien longtemps, alors j'espère qu'il vous a plu !

Je voudrais remercier tous les gens qui m'ont laissé des reviews, c'est-à-dire : Miss Homme Enceinte 2, Night Bloody, Angico, LeaPlume, lune21523, LouLohan, Valda1 et Lunazzura. Vous êtes vraiment adorables, merci pour la motivation que vous me donnez !

Je voudrais également remercier atlasjcrane et pour avoir suivi et/ou favorisé mon histoire. Ça me fait plaisir de voir des nouveaux !

Je vous dis à dimanche prochain pour le nouveau chapitre, et vous souhaite une bonne semaine !

-Delenya