Hello tout le monde! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts à lire la suite (presque la fin de mon premier tome, déjà).
N'hésitez pas à me laisser quelques reviews, je suis preneur de toute remarque! Bonne lecture.
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Chapitre vingt-cinq: Nuit noire
Toute personne présente à Hogwarts mit de côté l'éviction de Melbourne le temps que les entretiens de carrière se déroulent et les examens soient tenus. Hermione profita d'un samedi pour aller à Hogsmeade mettre au courant le Maître Indien qu'il ne verrait plus l'ex professeur de Défense. Elle avait songé que cela était nécessaire, la dernière conversation qu'ils avaient eue lors de la visite précédente lui ayant fait réaliser qu'il était attaché au jeune homme. Son jugement avait visé juste. Lorsqu'elle lui avait fait part de la situation, il était resté silencieux tout au long de son exposition des faits. Mal à l'aise, Hermione décida de le laisser tranquille. Elle était déjà au seuil de l'entrée, lorsqu'il l'interpella et la remercia. Elle lui sourit, avec tristesse, puis ses orbes chocolat restèrent figés sur le visage de son interlocuteur.
Une unique larme avait roulé sur la joue du vieil homme.
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Une scène d'une toute autre nature se déroulait dans la salle à la trappe du troisième étage où, exceptionnellement, tous les Slytherins du club clandestin s'étaient réunis, la pièce Etendue pour tous les accueillir de manière correcte. Comme une bonne partie des étudiants, ils avaient été ébranlés par la démission soudaine du professeur Melbourne, notamment parce que nul ne s'en était douté jusque là, le jeune homme s'étant débrouillé à passer à travers les mailles du filet depuis le début de l'année.
Cependant, les adolescents avaient vite cerné ce qui avait permis à Umbridge d'atteindre au final son but: quelques personnes mal intentionnées avaient répandu des rumeurs infondées et fausses à son encontre et, hélas, elles avaient été prises au sérieux par la Directrice.
- C'est Parkinson qui a tout manigancé, crachait Haris, qui ne cachait nullement sa colère et son dégoût profond qu'il nourrissait depuis qu'il avait vu débarquer la fille au faciès de bouledogue. Elle avait commencé à souffler cela à Umbridge en classe pendant une des inspections de Melbourne!
Tout finissait par se savoir chez les Serpents, tout geste, toute parole, toute personne.
- Mais c'est honteux, déplacé, i… ignoble, buttait Maïa, plus peinée que colère, ses épaules et ses lèvres tremblantes – jamais n'aurait-elle imaginé leur enseignant de Défense s'en prendre verbalement aux élèves, hormis ses coups de gueule, qui avaient eu le mérité d'être bien placés et nécessaires, cependant il ne leur avait jamais fait de pression de n'importe quelle nature, harcelés, insultés ou quoi que ce fusse de répréhensible pénalement parlant. C'est vraiment…
- Ignoble, oui, compléta Sertan, bien trop calme et maître de lui-même pour que son attitude paraisse normale.
Le jeune homme, lorsqu'il était en proie à ses propres émotions, était à contrario de ces dernières complètement apathique. Elles lui vampirisaient toute énergie. De plus, comme l'ambiance dans la salle était assez tendue et menaçait d'imploser à tout instant car tout le monde était assez énervé, il se contrôlait au mieux pour les calmer le cas échéant.
- Vous croyez qu'il sera emprisonné, demanda un élève de cinquième année, assez timide, peu à l'aise malgré tout dans cette foule sur tension.
- J'espère bien que non, cingla Haris. Cela serait totalement injuste! Il n'a rien fait!
- On se calme, on se calme, intima Sertan en levant les mains en signe d'apaisement. On n'y peut rien, on ne peut rien faire. Tout est entre les mains de la Justice.
- Ouais, ben, la Justice, si ta mémoire est bonne, est entre leurs mains, répliqua son ami avec brutalité. Et comment veux-tu qu'on se calme avec tout ce qui se passe depuis le début de l'année, hein?
Ils se faisaient face désormais et Haris poussa Sertan, ce que ce dernier n'apprécia nullement, lui renvoya sa bousculade. La goutte d'eau qui fit déborder le vase. Les deux septième années s'empoignèrent et commencèrent à se battre, toute la frustration, la colère, la pression, l'inquiétude les aveuglant et les guidant dans ces gestes désespérés. Exaspéré, Dhalim s'approcha d'eux et conjura un Bouclier entre eux deux, le sort les séparant et faillit les faire se renverser dans la manœuvre.
- Assez! Arrêtez de vous comporter comme des gamins! Sertan, au fond, Haris a raison, n'en déplaise à ton sens aigu pour la justice impartiale. Et toi, Haris, ça ne sert à rien que tu t'en prennes à la Terre entière! Malgré que tout semble aller contre Melbourne, sachez qu'il passera devant une vraie cour et que les lois se devront d'être respectée et – à défaut d'avoir un soutien de notre part, on ne peut rien faire au risque de nous compromettre aux yeux de tout le monde, il s'en sortira!
Sans pour autant être convaincus à cent pour cent, les deux bagarreurs cessèrent de se toiser et cédèrent.
La suite de leur réunion se termina dans un calme relatif et, avant que tout le monde ne quitte la salle, ils portèrent un toast fictif envers leur enseignant qui, qu'importe que le monde sorcier lui vouait une certaine haine, leur avait appris bien plus qu'ils ne l'auraient fait dans d'autres cas de figure – après tout, même leur Directeur avait concédé les progrès de tout un chacun dans cette discipline. C'était une manière indirecte de féliciter la pédagogie de son collègue.
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Melbourne avait élu domicile au Leaky Cauldron, faute de mieux, n'ayant pas eu le loisir de programmer son départ. Tom, le barman, n'avait posé aucune question. Il s'était limité à son taf: il lui avait ouvert la chambre au numéro neuf, l'avait aidé à monter toutes ses malles, et encaissé l'avance d'une semaine de logement. Le jeune homme passait le clair de son temps sur son lit, un livre posé sur ses jambes en tailleur. Il relisait l'oeuvre complète de Sir Arthur Conan Doyle. En de rares occasions, il allait à l'arrière-boutique pour se promener dans le Diagon Alley, le temps surtout pour acheter un exemplaire du Daily Prophet et un autre du Quibbler. Rien n'avait été publié concernant son renvoi, ce qui n'était pas plus mal. Il n'avait pas envie de subir une humiliation publique, en recevant par exemple des centaines de lettres de parents courroucés ou encore qu'une pétition circule pour qu'il subisse le Baiser du Dementor. Ces lectures étaient néanmoins utiles. Il notait ici et là des événements glissés comme mineurs mais qui montraient bien la montée en puissance de Voldemort et de ses fidèles Death Eaters. Puis, il rentrait toujours au bar insignifiant aux yeux des Muggles. Il n'avait par ailleurs toujours pas tenté de se balader dans la Londres côté monde sans pouvoirs. Il n'avait pas le coeur à suivre ce qu'il se passait dans son berceau natal. Major, le Premier Ministre actuel, ne semblait pas trop mal se débrouiller. De toute façon, le jeune homme ne pouvait pas avoir d'avis clair sur la situation des Britanniques depuis qu'il bossait non-stop dans son – ce – gouvernement. Il n'avait pas non plus osé franchir les limites de Hogsmeade pour regoûter aux plaisirs des infusions préparées par le Maître Indien. Se trouver à quelques encablures de Hogwarts aurait été d'un culot certain et d'une absurdité monstrueuse. A quoi bon se remuer le couteau dans la plaie?
Au cinquième jour, Tom monta dans sa chambre pour lui signaler que des volatiles avaient envahi sa cuisine avec des messages pour lui. Melbourne s'était levé de son lit, sourcils froncés, et suivi le barman jusque dans la pièce susnommée et nota le courrier qui l'attendait. Un hibou du Ministère, un Grand-Duc et l'aigle de Snape patientaient avec calme et pacifisme. Tous trois ne bougeaient pas, comme s'ils avaient été figés dans de la cire. Melbourne détacha les rouleaux de parchemin, donna des morceaux de lard que Tom lui avait fourni, et cajola le volatile de son ancien enseignant et collègue, car il semblait le moins farouche des trois. Il remercia ensuite le barman avant de s'enfermer de nouveau dans sa chambre. Là, il se rassit à son couchage et lut le contenu des lettres. La première émanait du Department of Magical Law Enforcement, lui indiquant le jour, l'heure et le lieu de son procès. Le second avait été rédigé par Dumbledore lui assurant qu'il avait été mis au courant de la situation par le Maître des Potions et qu'il serait présent à l'audition en qualité de témoin. Enfin, le Corbeau confirmait la présence de l'ex Directeur de Hogwarts et lui promettait qu'il ferait tout pour l'aider au procès, à se porter volontaire pour un contre-témoignage et pour amener en main propre la contre-enquête qu'il avait rédigée plusieurs mois plus tôt pour le décharger de ses accusations. A la fin de sa lecture, Melbourne ne ressentit aucun soulagement. Seul le vide semblait régner dans son esprit. Il reposa les parchemins et prit 'The Memoirs of Sherlock Holmes' pour poursuivre sa lecture de 'The Adventure of The Greek Interpreter'* . Il n'avait pas envie de se prendre la tête avec ce procès. Pas encore. Il regretta plus que tout de ne pas avoir anticipé les problèmes qu'il aurait eu en doublant Umbridge pour ce poste maudit de Défense…
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Harry, Hermione et Ron se demandaient qui prendrait le relais de Melbourne. La réponse leur fut donnée très vite. Leur Directrice leur adressa la parole, à la Grande Salle, dès le lendemain pour leur annoncer qu'elle prenait en charge le poste vacant et qu'il fallait de fait prendre rendez-vous avec elle à propos des examens et qu'elle assurerait les cours restants, pour toutes les autres classes. Bien entendu, les élèves devaient se référer au programme instauré par le Ministère au début de l'année scolaire. Donc, s'ils souhaitaient avoir de bonnes notes, il valait mieux pour eux qu'ils connaissent bien les tenants et aboutissants détaillés dans les livres rédigés par Slinkhard. Cela ne leur poserait pas de problème, si Melbourne avait bel et bien respecté son contrat tacite. Cette nouvelle assomma la majorité des étudiants. Comment pouvaient-ils rattraper une année complète en une semaine, tout au plus? En quoi était-ce pertinent de ne passer que des modules théoriques pour une telle matière? Quid de la pratique?
Ceux qui passaient les OWL et NEWT étaient les mieux lotis. Bien que les examinateurs travaillaient en collaboration avec le Ministère pour l'élaboration des sujets, ils restaient cependant un organisme indépendant. Ainsi, il y avait présence d'un OWL pratique de Défense contre les Forces du Mal. Les élèves purent s'en assurer, une fois que les examinateurs arrivèrent à Hogwarts et qu'ils aient à disposition l'emploi du temps des deux semaines d'examen. Harry se sentit soulagé: au moins, tous ceux qui avaient été membres de la DA pourraient obtenir de bonnes notes. Les autres s'en sortiraient également, car les cours de leur ancien professeur étaient axés sur la pratique, adossée à un volet de théorie malgré tout – et, après tout, ceux qui s'entraînaient dans leurs salles communes s'en tireraient tout aussi bien. De manière globale, les deux heures étaient divisées en équilibre entre les deux parties du cours; et lorsque ce n'était pas le cas, c'était en roulement d'une semaine sur l'autre. Melbourne n'avait pas tenu compte des dernières directives Ministérielles notamment par rapport à ce qui les attendait à la fin de l'année. Pourquoi un cours ne préparerait pas à l'examen final qui déterminerait leur carrière future? On se le demande…
L'arrivée des membres du jury d'examens avait impressionné les étudiants de cinquième année, davantage que les niveaux supérieurs – qui les avaient déjà vus, et que les niveaux inférieurs – car ils n'étaient pas encore concernés par la question. Ils étaient venus le dimanche soir, veille des premières épreuves et s'étaient installés à la table professorale.
Enfin, la grosse machine s'enclencha le lundi en débutant par la théorie et la pratique des Charmes.
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Dans le courant de la nuit, incapable de dormir parce que ça lui dévorait les neurones, Melbourne prit le temps de répondre à Dumbledore et Snape, éclairé à la lueur d'une bougie. C'était la moindre des choses, les deux hommes lui ayant fait part de leur souhait de l'aider.
La première lettre fut comme suit:
Monsieur,
Je vous remercie d'avoir pris le temps de vous tenir informé de ce qu'il advient de ma personne et pour l'aide que vous comptez m'apporter lors du procès. Néanmoins, je doute que l'impact de votre intervention soit effectif; car vous êtes autant indésirable que moi au sein du Ministère. J'espère cependant que personne ne tentera de vous arrêter à ce moment-là.
Je tenais, par la présente lettre, à vous remercier de m'avoir accordé votre confiance lors de cette année scolaire écourtée, en me laissant prendre place au sein de votre équipe pédagogique, malgré les circonstances de ma nomination au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal. A défaut de vous l'avoir dit en face, je me permets de le faire ici. Sachez que mes sentiments sont sincères. Cette opportunité m'a permis de goûter aux joies de la pratique d'un métier vers lequel je m'étais tourné quelques douze ans auparavant.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
William Melbourne
Il n'avait pas besoin d'en dire plus, et évoquer l'Ordre du Phénix aurait été une erreur telle qu'il se serait jeté du haut de la Tour d'Astronomie. N'importe qui pouvait intercepter le parchemin et le lire. Bon, la difficulté principale était que Melbourne ne savait pas où était le vénérable sorcier actuellement. Le hibou chargé de cette commission aura une dure mission à accomplir.
Ensuite, il passa à Snape. C'était assez inattendu que l'homme n'ait pas profité de l'occasion pour le ridiculiser ou l'enfoncer d'une manière comme d'une autre, car la situation dans laquelle était plongée le jeune homme était propice à ce genre d'attitude de la part du Maître de Potions. A croire qu'il pouvait se montrer un peu moins… Lui-même. Soit. Autant le mettre à profit. Sa réponse fut la suivante:
Monsieur,
Malgré ma surprise quant au soutien que vous me proposez pour tenter de me sortir de ce bourbier grouillant de Devil's Snares, je suis malgré tout reconnaissant à votre égard. Il semblerait que la vérité est un moteur qui vous motive pour démêler tout cela. Ce geste que vous faites à mon égard est, pour le moins, utile – car je doute que l'appui de Mr Dumbledore ait l'effet escompté, au vu de sa récente impopularité auprès du Ministère. Une aide supplémentaire ne serait pas superflue au vu de la situation.
Je ne vous cache pas que je ne crois pas trop au respect de la Justice, dernièrement fourvoyée pour satisfaire certaines personnes. Bien que je sois assez anxieux tel un enfant, je prépare avec minutie des solutions de secours. Je vais finir par enfin appliquer vos conseils qui se cachaient derrière vos remontrances.
Si jamais nous nous recroisons et que je suis lavé de toute accusation, je suis partant pour nettoyer les fonds de chaudrons de vos étudiants. Pas besoin que j'aie un diplôme de Certifié en Education Secondaire.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
William Melbourne
Le jeune homme relut ses lettres et les trouva d'un sentimentalisme puéril écoeurant, mais impossible de faire mieux à trois heures du matin et dans de telles circonstances. Avoir passé quelques années en tant qu'employé du Department of Magical Education lui avait insufflé ce sens de la lèche, apparemment. Ne pensant faire mieux et davantage, il roula les deux parchemins, descendit au rez-de-chaussée, accéda à la petite volière mise à disposition du bar pour engager deux chouettes effraies qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Il attacha chaque lettre avec soin et indiqua les destinataires à chacun des rapaces, les deux posées sur ses mains, et il remonta dans sa chambre pour leur permettre de prendre leur envol à partir de sa fenêtre. De là, il les observa jusqu'à ce qu'il ne les distingue plus dans l'obscurité. Au passage, il nota qu'il était en train de pleuvoir. La pluie était fine et discontinue. Un léger vent frais dirigeait les gouttes en biais, presque à l'horizontale, et Melbourne se vit très vite trempé par l'eau naturelle. Ceci ne le contraria nullement, mais lui fit du bien. Néanmoins, il décida de refermer la fenêtre assez tôt au risque d'inonder sa chambre. Il n'était pas enclin à payer une commission pour dégât des eaux.
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Harry s'assoupit pendant l'examen écrit d'Histoire de la Magie. C'était l'après-midi, le temps était beau et sec, il avait mal dormi la nuit précédente et il concluait deux semaines de travail intense et stressant. Lentement, ses rêves le plongèrent dans ces fameux couloirs du Department of Mysteries, un peu leur équivalent de la Zone cinquante-et-un Américaine Muggle. Très vite cependant, la simple visite de ces lieux tourna au cauchemar. Il parvint à la Salle des Prophéties et chercha ce qu'il pouvait bien lui attendre. Il entendit quelqu'un souffrir, comme si on le blessait. Ceci l'affola et il se mit à courir le long des rangées, atteignit la quatre-vingt-douzième, la longea pour se trouver pratiquement au bout de celle-ci. Une silhouette était à terre. Le coeur de Harry battait si fort qu'il avait la sensation d'être sur le point de le vomir. Enfin, il distingua la personne et là, son coeur se pinça. C'était Sirius. Blessé. Torturé.
L'adolescent était tombé de sa chaise et sa cicatrice lui brûlait, au point qu'il crut que son crâne allait se fendre en deux. Des mains le secouèrent vivement pour le réveiller. Les orbes au final ouverts, il saisit où il se trouvait. L'examinateur mit cela sur le compte du stress et de la pression, le mena hors de la Grande Salle et lui demanda au bout de quelques instants au jeune s'il voulait terminer l'épreuve, ce que Harry déclina. Il n'avait rien de plus à ajouter, puis cette matière avait eu un tel effet soporifique qu'il n'avait jamais réussi à rattraper toutes ses lacunes. Puis, il y avait plus urgent qu'un satané examen! Il dut patienter que l'heure soit écoulée pour parler à ses amis. Il ne s'attendait pas à devoir les convaincre que ce qu'il avait vu était réel et vital, Hermione arguant que cette vision était sûrement un piège d'où les leçons d'Occlumencie. Or, Harry finit par avoir gain de cause, partiellement dans un premier temps, et ils cherchèrent un moyen de communication pour s'assurer que Sirius était à Grimmauld Place. Le souci étant que tout le réseau de cheminées de Hogwarts était sous surveillance, à l'exception de celui d'Umbridge. Les trois adolescents durent monter un stratagème pour que Harry ait le champ libre le temps de sa discussion.
Malheureusement, la grenouille le prit sur le fait. Une révélation de taille désarçonna le brun: c'était elle qui avait envoyé les Dementors contre lui l'été précédant. De plus, elle fut tant prise dans son élan qu'elle souhaita lui faire subir le Sortilège Doloris. Par chance, Snape arriva à ce moment. Harry tenta le tout pour le tout pour lui signaler le problème de manière implicite. Impossible de savoir s'il avait compris, mais il partit malgré tout. Désabusé, l'adolescent se sentit bien seul et impuissant; et il ne savait comment se débarrasser de la bonne femme. Hermione fut sa salvatrice.
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Lorsque Snape sortit du bureau d'Umbridge, il informa qui de droit pour qu'une escouade de membres de l'Ordre du Phénix soit dépêchée sur place pour porter secours à Black. Puis, il alla à son bureau régler une dernière chose avant de n'aller au Ministère lui-même.
Une chouette effraie était arrivée plus tôt chez lui. Il avait mis quelques secondes avant de comprendre d'où elle venait, et cela l'intriguait. Entre Londres et ici, le vol ne durait pas longtemps. Il lui avait fallu autant de temps pour se souvenir que le Ministère contrôlait aussi les courriers. Il parut évident que sa lettre avait été lue mais ne relevait rien de compromettant. Il avait laissé le parchemin sur son bureau et le reprit pour le lire à nouveau. Ce Melbourne ne manquait pas de toupet. Enfin, bon, au moins ne refusait-il pas son aide. Enfin, il se demanda s'il était prudent et utile de prévenir son ex collègue de cette urgence dont Potter l'avait informé. Le connaissant, il savait qu'il foncerait tête baissée dans la gueule du loup, même si cela voulait dire prendre des risques de se faire emprisonner plus tôt que prévu, à l'instar de se frotter aux Death Eaters. Tant pis: en qualité de membre de l'Ordre, il se devait d'être mis au courant, comme n'importe qui; et nul doute qu'il aurait mal réagi s'il avait su qu'il avait été mis de côté par le libre arbitre de quelqu'un d'autre. Le Corbeau n'avait jamais apprécié les éclats de colère de Melbourne. Une aide supplémentaire ne serait pas superflue, surtout lorsqu'il s'agissait d'assurer les arrières du garçon.
Snape marmonna dans sa barbe. Ce que Potter pouvait être enquiquinant. Si seulement il l'avait écouté et avait été plus sérieux pour apprendre l'Occlumencie, ils n'en seraient pas là! Mais non! Encore une fois, Potter n'en avait fait qu'à sa tête. Il n'était de toute façon pas les capacités nécessaires pour assimiler de telles compétences… Le Corbeau tapa du poing sur la table. Par Merlin, ça sentait le traquenard à plein nez; or, l'adolescent y fonçait sans arrière-pensée… Le Maître de Potions soupira, arrangea ses sur-robes et sortit des cachots, profita de ne croiser personne et fila jusqu'aux limites du château pour Transplaner. A son tour d'entrer en action.
Il s'était déroulé plusieurs heures entre la vision et le moment où Harry, accompagné de Hermione, Ginny, Luna, Neville et Ron partirent pour Londres. L'angoisse du premier l'écrasait de plus en plus à mesure que le temps s'écoulait. Les six jeunes firent le voyage jusqu'au Ministère à dos de Thestral et foncèrent au Department of Mysteries. Cependant, personne n'avait prévu les obstacles qui étaient sur leur chemin pour accéder à la Salle des Prophéties. Harry y accédait aisément dans ses rêves. Puis, ce n'était pas si surprenant que cela: seuls les Unspeakables avaient connaissance de tout ce qu'il y avait dans cette partie de l'institution. Ron, ou même Hermione, n'aurait été d'aucune aide dans tous les cas.
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Les membres de l'Ordre du Phénix arrivèrent par petits groupes et se rejoignirent dans l'Atrium, devant les ascenseurs. Méfiants, ils jetaient des coups d'oeil autour d'eux, étonnés de voir les lieux aussi vides. C'était suspect. Moody Mad-Eye menait l'ensemble des hommes et femmes, en l'absence de Dumbledore. Parmi eux, Melbourne était présent. Ils ne prirent pas la peine de lui dire quoi que ce soit, car ils n'avaient pas le temps à tergiverser. Ils avaient six adolescents assez peu expérimentés des dangers dont ils faisaient face à retrouver dans ce dédale de Department. Seul l'ex-Auror à l'oeil magique se contenta d'un bref «c'est stupide, Melbourne, vraiment stupide», de sa voix rocailleuse. Puis, pour améliorer leur recherche, il divisa tout le monde pour étendre leurs forces au maximum.
Au fur et à mesure de leur progression, des bruits de combat leur parvinrent. Les personnes s'échangeaient de brefs regards, soucieux, les sourcils froncés, mais leur détermination n'en fut que renforcée, et ils continuèrent leur chemin.
Melbourne s'était détaché de son groupe à un moment donné, en bifurquant pour se trouver dans une pièce étroite, toute en longueur, où des étagères pleines de livres longeaient les murs. Le jeune homme ralentit le pas, baguette tenue fermement à la main, en garde. Il avançait avec précaution, dans un silence des plus parfaits. Il n'ouït que sa respiration, lente, profonde. Lors des combats, il coupait ses émotions, au travers de ses pratiques de l'Occlumencie et de la méditation. Avoir les lobes frontaux saturés par l'irrationnel pouvait provoquer des issues catastrophiques. Soudain, un bruit de porte qui claque lui parvint. Il s'arrêta, tendu, aux aguets. Il avait même cessé de respirer quelques secondes, son coeur battant la chamade. Un autre son, similaire au premier, se produisit. OK, au minimum, il allait voir sous peu deux personnes à son opposé. Il ferma les yeux, inspira longuement et expira avec davantage de lenteur.
Trois Death Eaters ouvrirent la porte face à lui. Merde. Ne pas paniquer. Ils s'arrêtèrent, surpris par sa présence. Ils se fixèrent tous. Cela ne dura que quelques secondes, sauf que ce fut comme s'il s'était déroulé plusieurs minutes. Puis, les premiers sortilèges fusèrent. Des livres tombèrent, brûlèrent, ou les deux à la fois. Les étagères furent bientôt détruites et s'écroulèrent dans un grand fracas et en morceaux.
La meilleure tactique à employer dans ce genre de piège était de forcer ses ennemis à t'affronter l'un après l'autre. Melbourne avait contribué à la destruction de la bibliothèque pour rendre la pièce plus étroite encore pour endiguer l'évolution de ses adversaires. De plus, même s'il était compétent, un trois contre un résultait toujours de la même façon. Néanmoins, il sembla qu'il y en ait au moins un qui avait saisi ce que le jeune homme faisait et il décida de réduire en cendres un maximum d'obstacles pour dégager le passage.
Melbourne ne se laissa pas habiter par la panique. Il visa le plafond avec sa baguette et hurla un Diffindo!. Des débris de pierres finirent par choir dans un nuage épais de fumée et il profita de cette diversion pour rebrousser chemin et fuir de toutes ses forces. Ses assaillants perdirent un temps inouï à se frayer une voie. L'ex professeur de Défense avait déjà eu le temps de rejoindre la grande salle où se trouvaient les différentes portes qui bougeaient dès que l'une d'entre elles avait été ouverte. Il nota que la plupart portaient des croix gravées par la magie. Il patienta tandis qu'elles tournaient et qu'une se fige devant lui. Là, il refit ce qu'il avait fait tantôt pour se poser, assembler ses esprits et il ouvrit la poignée.
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Lorsque Melbourne entra dans ce qui semblait être une place de théâtre où on aurait pu jouer une tragédie grecque comme à l'époque, il stoppa net, choqué par le spectacle dont il était désormais témoin. Le gros de la bataille se déroulait ici depuis plusieurs minutes. C'était un champ digne d'une guerre sans nom. Soudain, un cri le tira de sa torpeur et il dirigea son regard vers le centre de la scène en contre-bas. Il n'avait pas vu Sirius Black traverser le voile alors il ne saisit pas trop ce qu'il venait de se passer. Cependant, Harry hurlait, retenu par un Lupin dont le visage était tordu par la douleur, et Bellatrix Lestrange explosait d'un rire dément. Cette folle…
Le jeune homme n'eut pas le loisir de comprendre davantage car il dut éviter de justesse un jet de lumière verte, qui frôla son oreille gauche. Il se pencha en avant, faillit tomber, et pour devoir ne pas se retrouver face contre terre, décida de faire une roulade sur le côté et se releva. Il invoqua un Bouclier pour faire dévier le sortilège suivant qui lui était adressé et pour parvenir à discerner d'où ces attaques venaient. Son sang ne fit qu'un tour. C'était… lui. Aucun doute. Il l'avait reconnu à sa carrure. Calme-toi, William, contrôle tes émotions, se répéta-t-il en boucle. Le Death Eater lui lança d'autres sortilèges et cette fois-ci, le jeune homme répondit avec ses sorts et contre-sorts. Ses parents n'avaient pu faire le poids. Aujourd'hui, il avait les capacités pour leur rendre justice.
La différence de taille entre Melbourne et son adversaire était que le dernier était mû par la volonté de le tuer. C'était inscrit dans ses neurones, cela battait à ses tempes, oxygénait son sang. L'homme avait déjà occis par le passé, et il aimait cela. Avoir contrôle de vie et de mort sur autrui avait un effet jouissif, une montée d'adrénaline et d'endorphines qui se diffusent dans son organisme entier. Il se sentait tel un dieu terrien, un bras droit exécutant les ordres d'un seigneur dont il avait la plus grande admiration. C'était cela qui différenciait les deux duellistes. L'un était animé par une idéologie qu'on lui avait imposée et cela le rendait plus que dangereux. L'autre incarnait celles auxquelles il croyait et se battait, mais personne ne l'avait aidé à les lui implanter dans le crâne. A un moment donné, leurs sorts conjoints crépitèrent et se fracassèrent en divers faisceaux lumineux, dévièrent et ricochèrent là où ils le purent.
Soudain, une douleur fulgurante. Au flanc. Melbourne porta une main distraite dessus. C'était moite. Pas le temps de tergiverser dessus, son regard toujours fixé sur son ennemi. Entre-temps, son masque était tombé. Enfin, il avait devant lui le visage de l'assassin de ses parents. Une veine, de colère, palpita sur sa tempe. Une poussée d'adrénaline s'insuffla en lui, sans qu'il ne se laisse absorber par ses émotions pour autant. Difficile de les endiguer à mesure que le combat perdurait, cependant, il s'attelait à les enrayer au maximum où il risquerait de commettre une erreur qui pourrait lui être fatale. Son adversaire prenait peu à peu le dessus en plus. Il le coupait de plus en plus dans ses retranchements. D'un coup, le jeune homme sentit la pierre froide contre son dos. Le voilà acculé au mur. Fait comme un rat. De grosses gouttes de sueur ruisselaient de son front. Il n'allait pas tarder à faillir. Ses mains tremblaient légèrement. Sa gorge était sèche. Son coeur battait à tout rompre. Le souffle court, il esquiva une nouvelle attaque en la parant et la faisant dévier sur sa gauche, mais il sentait ses forces perdre de leur vélocité. La bataille allait à son issue, et cela lui faisait peur. Avec lenteur, il se glissait sur sa droite, toujours le dos collé au mur. Il cherchait la sortie, une sortie quelconque. Il ne pouvait pas faire autrement.
Puis, son assaillant fut distrait par des attaques venues de contre-bas. Le temps que son attention fut accaparée, une main saisit Melbourne par la bouche pour l'empêcher d'émettre le moindre son, et une autre, secondée par un bras puissant, l'enserra au torse et le tira en arrière.
- Surtout, ne résistez pas, souffla une voix à son oreille.
Son corps se détendit quelque peu à la reconnaissance de cette voix et il se laissa faire entièrement. Puis, l'étreinte se défit avec lenteur, lorsqu'il se trouva dans un couloir qui menait à la pièce où les portes tournaient. L'obscurité ambiante ne lui permettait pas de distinguer encore son sauveur, bien qu'il n'avait aucun doute quant à son identité. Cependant, désormais, son regard se faisait flou et la douleur jusque là mise en sourdine due à la blessure qu'il avait commençait à accaparer chacun de ses neurones, biaisant sa raison. Il ne savait pour combien de temps il allait pouvoir rester debout et conscient. Tant qu'il était pris dans le feu de l'action, ça irait, même si ses forces s'amoindrissaient au fil des minutes.
Ils passèrent les portes d'un pas preste, et sortirent du dédale du Department of Mysteries. Bientôt, ils retrouvèrent un semblant de lumière, un peu tamisée des couloirs usuels du Ministère. Melbourne s'affaissa d'un coup, mais la personne avec lui ne lui laissa pas le loisir de s'effondrer, le soutenant par les aisselles.
- Vous êtes blessé, Melbourne, murmura la voix, sur un ton de reproche.
Le concerné ricana, puis toussa. Et merde. C'était sérieux. L'homme jeta un œil aux dégâts, marmonna un juron et déchira un pan de la chemise du jeune homme pour improviser un garrot.
- Plaquez ça sur votre plaie de toutes vos forces. Et ne relâchez rien sous aucun prétexte.
Sa voix se tut d'un trait. Des pétales d'aconit se libérèrent de leur prison de tissu. Ce spectacle inattendu avait scellé ses lèvres.
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