« Rencontre Facebook » PARTIE 26

Bonjour, vous allez bien ? Moi oui, même si j'ai déjà envie de retourner en vacances. T.T Je sens les examens blancs qui arrivent, ça doit être pour ça. x) Sinon, je sais que pas mal d'entre vous attendiez ce chapitre puisque dans le précédent, quelqu'un dit enfin à Akashi la réplique que vous attendiez toutes. Je ne m'éternise pas du coup, et je vous laisse avec ce chapitre où vous verrez la réaction d'Akashi. Voilà voilà, je réponds aux reviews et je vous offre enfin ce moment tant attendu. :p

Réponse aux reviews :

Kuroko-SenPaille : Aha, oui, tout le monde va vénérer Ogiwara maintenant !

Laura : Merci. Et pas de soucis, tu laisses une review quand tu veux ! ^^

Serpent d'ombre : Merci à toi ! Et pour ce qui est des sentiments d'Akashi, je te laisse lire ce chapitre pour voir si tu as raison.

Sazawen : Merci beaucoup ! :) Héhé, pour la lettre, tu découvriras tout ça plus tard, ça ne va pas venir tout de suite ! Et pour Kagami, ça viendra sous peu. Et je suis contente que tu aies aimé la conversation avec Ogiwara ! Et je trouvais qu'on l'associait beaucoup trop avec un caractère soumis et je trouvais ça dommage car c'est pas du tout l'impression que j'ai de lui, donc voilà voilà. ^^ J'espère que tu vas aimer ce chapitre !

Kara : Merci beaucoup pour ta review, vraiment ! Aha, contente que tu aies aimé le rendez-vous avec Ogiwara. Et pour ce qui est de Kagami, je te laisse imaginer ce que je compte faire… :3 Et pour Takao, autant le dire, je jubile à l'idée d'écrire cette partie, ça va être génial. x) Mais bon, ce ne sera pas pour tout de suite pour Takao, contrairement à Kagami qui débarque à nouveau très bientôt ! Et pour la lettre, je laisse encore le mystère planer héhé… Merci pour mes exams et bonne chance pour toi si tu as aussi peu de week-ends !

Coralicorne : Bob ? xD Aha, et bien voici la suite en tout cas !

Panzerie : Quelle sadique tu es. T.T Aha, la seule chose qui pourra m'empêcher d'écrire cette année, ce sont les examens alors prie plutôt pour mon intelligence. Et oui, Akashi est un idiot de l'amour. Je te laisse découvrir sa réaction dans ce chapitre !

BlueSey17 : Merci, je suis contente que tu aies aimé l'idée ! ^^ Et oui, le mystère de la lettre est toujours présent, et je ne compte pas en rester là. Et oui, Ogiwara est l'équivalent d'un Dieu maintenant. x)

Tsukyo-chan : Merci ! Et bien Kagami viendra après, tu verras comment j'amènerai ça. :3 Hm ? Je n'ai jamais mis de -chan à Akashi ? Tu as dû rêver aha.

Cindyline : Aha, sadique va ! Mais merci beaucoup. ^^

Guest : Et bien la voici !

Kisayu : Merci beaucoup pour ta review ! Et ne t'en fais pas aha, tu en postes une quand tu veux. ^^ Je suis vraiment contente que tu aies aimé ce chapitre, vu que j'ai beaucoup apprécié l'écrire. Aha, appelle-moi Erizu-sensei ! Mais je suis contente que l'intro de mon chapitre t'ait plu. J'aime bien commencer comme ça. :3 Nan mais dire qu'à la base mon majordome (oui c'est le mien aussi) ne devait pas faire partie des personnages autant mis à l'avant, et bien maintenant c'est raté. x) Il tient et va tenir encore dans le futur un rôle important. Pour ce qui est de Kagami, tu découvriras bientôt ce qu'ils se sont dit sur lui, etc etc. Bref, je ne spoil pas aha. Et je te conseille le thé au citron, c'est juste… Trop bon. Enfin, demande-moi un thé que je n'aime pas, ça ira plus vite que de dire ceux que j'aime ! Et oui, c'est vrai, mais pendant tout ce temps Kuroko était conscient de ses propres sentiments amoureux ! Mais je te laisse découvrir ce qu'il en est pour Akashi.

Bonne lecture !


Il avait l'impression d'être ce verre de cristal beaucoup trop beau. Un magnifique verre à vin, avec un pied finement taillé et un corps à couper le souffle. Il serait gravé car rien ne rendait plus beau que ça ce matériau digne des rois et des reines, et un léger style baroque ferait que des petites spirales, des fleurs sauvages et des traits créant de légères vagues orneraient ce verre. Mais comme toujours, on avait du mal à croire ce que l'on avait en face des yeux et il fallait toujours vérifier. Alors on mouillait le bout de son doigt et on le posait sur le rebord du verre. Et on tournait. Encore et encore. Aussi doucement que si l'on caresserait une plume mais aussi vite que si nous étions pressés. Et on continuerait, encore et encore, en s'accrochant sans vraiment le faire au pied de ce véritable bijou de marque. Et puis à force de persévérance, on pourrait enfin l'entendre. Oui, ce bruit si aiguë et perçant mais à la fois tellement délicat. Un bruit capable de toucher votre être, produit par le frottement du doigt contre le verre, et la magie du cristal. Et puis, après avoir retiré le doigt, le bruit serait toujours là. Il résonnerait inlassablement, se répercutant toujours avec fougue dans les oreilles de son auditoire. Il serait le souvenir infatigable de la mélodie précédente.

Akashi se sentait comme un verre de cristal que l'on aurait trop frotté. Que l'on aurait forcé à jouer une mélodie qu'il ne voulait pas entendre. Tout résonnait encore dans sa tête, et le souvenir de tout ça ne voulait pas s'en aller. Penser à autre chose ne servait à rien. Essayer de dormir ne ferait pas la différence. Lire ou jouer au shogi n'y changerait rien. Il était prisonnier des mains de son tortionnaire et ne pouvait qu'écouter ce sifflement puissant évocateur de ses souvenirs, encore et encore. Indéfiniment et jusqu'à ce qu'il en souffre.

Qui était Kuroko Tetsuya pour lui ? Toute sa discussion avec Ogiwara avait fait remonter cette question qui était pour lui l'équivalent d'une énigme presque insurmontable. Et pourtant, il adorait les défis. Mais celui-ci semblait comme hors de portée, beaucoup trop haut pour lui. Mais est-ce que dire que le bleuté était son inconnu était une réponse suffisante ? Apparemment, ce n'était pas le cas. Mais si Kuroko avait les mêmes paroles que lui à son sujet, alors cela voulait dire qu'il n'avait pas totalement faux ? Ils étaient tous les deux partis de rien. Ils ne se connaissaient pas et ne s'imaginaient même pas lier entre eux quelque chose au-delà d'une simple connaissance. Et encore, connaissance était un mot bien trop fort par rapport à ce qu'Akashi pensait à l'époque. Mais ils ne faisaient pas partis du même monde, de la même vie. Ils ne s'étaient avant jamais vus de manière réelle et le rouge avait eu du mal à se dire que cela pourrait changer. Comment imaginer que lorsqu'on commence à parler à un inconnu, nous finirons totalement dépendant de lui ? Et encore, le capitaine se demandait même s'il devait dans leur cas parler de véritable dépendance. Pourtant, c'était étrangement le mot qui correspondait le plus à la situation. Aussi idiot que cela puisse paraître, en réfléchissant à tout ça, ce mot lui était apparu comme une évidence enfouie au fond de lui-même.

Il avait appris à connaître l'autre garçon à travers un écran. Il s'était attaché à sa personnalité transparente mais pourtant très forte, sa volonté d'acier et ses arguments de garçon têtu qui ne baisse pas les bras. Même s'ils ne se parlaient qu'à travers un réseau social, il s'était accroché à cette présence. Il ne voulait qu'elle et avait instauré leurs nombreuses discussions comme un rituel. Quelque chose de programmé, d'automatique, mais pourtant de si spontané. Il s'était habitué à lui et ne pouvait plus s'en défaire. Il avait toujours pensé qu'une habitude était quelque chose de négatif et ennuyeux pour l'être humain. Qu'au final, l'habitude n'était qu'un vague synonyme du quotidien et que cela ne pouvait en être autrement. Que tout ça n'était qu'en fait l'incarnation de l'ennui, de la vie de tous les jours et les certains rituels que celle-ci enclenchait mécaniquement. Mais non. Il avait également appris à changer ses pensées là-dessus. Si Kuroko était son habitude, alors tout irait dans ce sens. Discuter avec lui était son quotidien ? Alors il n'avait jamais eu de meilleure vie que maintenant. Perdre son quotidien et ses habitudes que représentait Kuroko voulait aussi dire perdre ses repères. Tout était lié et dissocier ces deux faits lui donnait seulement un étrange mal de tête. Réfléchir sur tout ça n'était qu'un véritable casse-tête.

Pourquoi ? Parce que finalement, aussi court qu'avait été cette période de sa vie, il l'avait connu.

Se remémorer le match contre l'équipe d'Ogiwara n'était en soi pas un véritable problème mais se souvenir de ce qui s'en était suivi devenait tout de suite plus problématique. Ses mots, ses expressions, ses larmes… Se rappeler cette image du joueur fantôme lui tordait douloureusement les entrailles. Il se sentait tellement comprimé par cette image qu'il en avait envie de vomir. Il avait tellement de fois admiré le jeune homme souriant et si beau en photo de profil sur Facebook qu'il n'arrivait pas à se dire qu'il avait provoqué tout le contraire de ce qu'il aurait voulu voir en vrai. La douleur dans ses yeux, les lèvres fermement pressées l'une contre l'autre, ses joues mouillées qu'il aurait tant voulu caresser, en y repensant bien après… Il n'avait pas su lui donner de la joie, du bonheur. Il n'avait que provoquer de la tristesse et de la colère en lui et lui avait prouvé que le basket était une forme de souffrance à lui tout seul. Il avait montré seulement cet aspect au garçon qui n'avait pas la chance de pouvoir s'épanouir pleinement sur un terrain de basket. Il aurait pu lui montrer le plus beau de tous les spectacles, et pourtant…

Il avait gâché la magie de cet instant qui aurait dû être gravé dans sa mémoire; la première rencontre. Se souvenir ne serait-ce que de sa voix lui paraissait être une épreuve insurmontable.

Mais ce qui était venu après était sûrement tout aussi horrible. Voir peut-être pire, il s'en savait rien. Et il ne voulait même pas savoir si il aurait pu connaître une situation plus insupportable que celle-ci. Pendant une poignée de jours, il s'était fait ignorer. Pendant deux longues et interminables semaines, il avait été seul. Complètement et définitivement seul. Il était égoïste, oui, car ses amis avaient été là pour lui et avaient, à leur manière, été là pour lui. Mais il n'en avait rien eu à faire, parce qu'il n'avait pensé qu'à lui. Et il l'assumait pleinement. Kuroko avait réussi, en même temps de briser ses habitudes, à briser quelque chose en lui. Il s'était senti étrangement vide, comme si il lui manquait une partie de lui-même. Une présence dont il avait avidement besoin avait disparu et il avait été comme un simple puzzle auquel il manquerait une pièce crucial pour finir le chef d'œuvre. Il s'était senti comme un pinceau sans son peintre. Il avait eu le sentiment que plus jamais il ne toucherait une toile de sa vie, complètement délaissé et abandonné.

Pourquoi la situation lui avait-elle glissé des mains à ce point ? Comment avait-il fait pour ne pas réussir à gérer ce flot de problèmes croissants ? Ces deux questions étaient élémentaires pour lui. Pourquoi ? Parce qu'il n'en avait tout simplement pas la réponse. Mais si ça n'était que ça… La pire des questions résonnait encore en lui à l'heure actuelle, alors qu'il s'était depuis quelques temps maintenant réconcilié avec son inconnu. Quels étaient ces sentiments qui l'avaient envahis durant ces quelques jours d'ignorance de la part du bleu ? De la frustration, du manque, de la douleur… Il s'était senti incomplet et cela lui avait fait mal. Très mal. Une si grande douleur que la décrire lui paraissait presque impossible. Il n'avait pas eu envie de pleurer, pas une seule fois. Ses yeux étaient restés secs, avec toujours cette lueur qui signifiait qu'il était là, sans véritablement l'être. Il ne savait pas quand était la dernière fois qu'il avait pleuré. Peut-être à l'enterrement de sa mère, lorsqu'il était plus jeune. Et son père avait sûrement dû le réprimander pour ça et lui avait dit de ne jamais recommencer une telle action. Mais toujours étant que pleurer pour le cruel manque qu'il avait ressenti ne lui était pas apparu comme étant la solution. Et s'il devait se justifier par rapport à ça, il dirait qu'il avait tout simplement eu trop mal pour penser à pleurer. Le problème s'était tellement révélé être d'une importance capitale pour lui que faire quelque chose comme ça était le dernier de ses soucis. Il n'avait pas eu que ça à faire, c'était tout.

Pleurer était pour ceux qui avaient le temps de le faire et d'y penser. Ça n'avait été clairement pas son cas. Les larmes n'avaient pas le don de résoudre les choses ou encore de consoler la personne dont elles provenaient. Elles ne faisaient que nous enfoncer un peu plus dans notre malheur.

Mais qu'est-ce qu'il aurait fait si Kuroko n'était pas revenu ? Il n'aurait définitivement pas pu le forcer à lui reparler. Il se voyait mal aller à Tokyo, faire des recherches partout pour le retrouver et enfin pour arriver comme une fleur face à lui et lui dire de faire ce qu'il lui dirait. Ce sens marchait, oui. Après tout, il nierait les faits s'il disait qu'il n'aimait pas donner les ordres et avoir les pleins pouvoirs. Mais tout ne se passait pas comme ça. Jouer avec des personnes était quelque chose mais avec le cœur et la personnalité de Kuroko en était une autre. Alors si il avait voulu le rayer de sa vie, il n'aurait eu d'autres choix que de s'en accommoder. Il n'aurait pas pu se plaindre ou en être vexé, puisqu'il aurait été la seule et unique source de son propre malheur. Mais est-ce qu'il aurait pu reprendre son quotidien comme si de rien n'était ? Non. C'était même un non massif et fatal. Le bleuté était devenu son quotidien et il ne savait même plus quel était celui d'avant sa rencontre avec lui. Sûrement quelque chose de mécanique à souhait, de fade, sans véritable vie. Son père lui donnait des ordres et il donnait des ordres aux autres. Une chaîne de vie aussi simple qu'elle puisse être, et qui tournait, encore et encore sans jamais se fatiguer. On pouvait être lassé de son quotidien mais lui, il n'en avait rien à faire. Parce que c'était la vie et que rien ne changerait ça. Aussi banal et morne que cela puisse paraître.

Mais Kuroko avait su le faire renaître et lui faire découvrir la vie sous un autre angle et même le remercier ne serait pas assez fort pour lui faire part de toute sa reconnaissance.

« - Tout ce que je vois devant moi, c'est pas Akashi Seijuro ou n'importe qui d'autre. C'est juste un adolescent qui est amoureux mais qui ne comprend même pas ses propres sentiments et ce qu'ils veulent dire. »

Pourquoi est-ce qu'il était parti sans même expliquer ces mots ? Pourquoi lui avoir tourné le dos sans même se justifier là-dessus ? C'était des mots simples et faciles à comprendre, Akashi le savait. Il était loin d'être bête, tout cela très certainement alimenté par les nombreuses lectures qu'il avait faites au fil des années, et avait dès la première entente de cette réplique compris ses mots. Il avait voulu lui dire que devant lui, il ne voyait qu'un adolescent normal amoureux. Le simple fait qu'il ne le voyait que comme ça le dérangeait, oh que oui. Dire qu'il ne voyait pas Akashi Seijuro devant lui mais un simple adolescent était un véritable affrontement. Il était sûr qu'il avait voulu le provoquer et se jouer de lui. Mais peut-être que la suite était encore plus dérangeante pour lui.

Un adolescent qui est amoureux…

Il savait ce que c'était. Sa culture lui hurlait dans les oreilles ce qu'il avait pu en voir dans les films ou lire dans ses nombreux bouquins. Mais il avait voulu voir de ses propres yeux et confirmer tout ça. Alors, ce matin, il avait été sur internet. Ce qui s'était passé la veille était encore frais dans son esprit et ne cessait de résonner dans sa tête. Et il avait laissé ses doigts courir sur le clavier pour rechercher ce qu'il voulait se confirmer. C'était peut-être idiot pour les autres, et un grand nombre de personnes aurait envie de se moquer de lui, mais il s'en fichait. Il voulait être sûr de bien comprendre pour analyser les choses correctement. Alors il avait recherché la définition de ''amoureux'' sur internet. Et sans qu'il n'en soit véritablement étonné, tout c'était rapporté au sentiment de l'amour. Toutes les définitions disaient encore et toujours la même chose.

Qu'être amoureux était ressentir de l'amour envers quelqu'un.

Alors il avait levé les yeux au ciel et avait troqué dans la barre du moteur de recherche ''amoureux'' pour ''amour''. Un nombre juste énorme de liens s'étaient affichés sous ses yeux et avaient confirmé ses pensées muettes. L'amour était définitivement au cœur de tout et les hommes ne pouvaient penser qu'à ça. En quête de ce sentiment, comme si cela était vitale, tout autant que respirer. Mais la définition du mot amour s'était révélée beaucoup plus intéressante que ce qu'il avait imaginé. Mais, tout en s'en étant bien rendu compte, les battements de son cœur n'avaient cessé de frapper toujours plus fort dans sa poitrine, alors que les mots s'enchaînaient sous ses yeux.

La définition de l'amour, qu'il avait bien sûr vérifié sur bon nombre de sites, disait que c'était un sentiment profond venant du cœur qui était caractérisé par l'attachement et l'émotion que cela suscitait envers une personne.

Et Akashi ne savait pas si ce qui lui faisait le plus peur était cette définition en elle-même ou le fait qu'il avait totalement l'impression de se voir avec Kuroko à travers ces quelques mots. Il n'arrivait pas à y croire. Ça ne pouvait pas lui être arrivé à lui, Akashi Seijuro. Il s'était moqué de ce sentiment tellement de fois qu'il s'en pensait comme immunisé. Pourquoi lui ? Pourquoi Kuroko ? Pourquoi un homme ? Il voulait se dire que c'était une plaisanterie, certainement une blague de mauvais goût. Mais son corps s'était retrouvé complètement pétrifié devant son ordinateur et il n'avait pas su comment réagir. Alors tout ce qu'il avait pu lire et voir sur l'amour, ça lui arrivait aussi ? Il savait qu'il tenait beaucoup au bleuté, qu'il voulait lui parler tous les jours et même le voir et l'avoir à porté de main plutôt que d'interagir indéfiniment à travers un écran, mais est-ce que ces sentiments étaient vraiment de l'amour ?

Pourtant, imaginer le bleuté ne serait-ce qu'une seule seconde avec quelqu'un d'autre que lui le mettait dans une colère noire qu'il avait bien du mal à intérioriser.

Il n'était pas sûr de comprendre ce que cela impliquait et n'était pas vraiment sûr de savoir. Mais le simple fait de penser à reparler au bleuté après avoir fait toutes ces recherches et avoir été informé de toutes ces choses lui donnait mal au ventre. Est-ce qu'il devenait… Nerveux ? Non, c'était impossible. Cette simple pensée l'avait énervé et frustré comme jamais. Tout ce qu'il avait vu et lu tournait dans sa tête et créait un nœud qui plus le temps passait, plus il aurait de peine à défaire. Un nombre d'informations inquiétant pour lui commençait à s'insinuer dans son cerveau et commençait à lui faire comprendre certaines choses. Beaucoup de choses. Mais une sortait du lot plus que les autres. Et c'était de loin celle qui l'agaçait le plus, il en était certain. Est-ce que toutes les personnes l'entourant avaient été au courant de ça, sauf lui ?

Ses amis de la génération des miracles, son père, et peut-être l'auteur… Il pensait à la relation qu'entretenait Midorima avec Takao, et s'était dit que si lui aussi était amoureux, alors il avait dû remarquer que le rouge avait un comportement peut-être étrange. Son père et la discussion qu'ils avaient eu il y a un temps, quand il lui avait interdit de reparler au joueur fantôme. Avait-il réagi de manière si extrême parce que même lui avait cru comprendre la situation et les sentiments d'Akashi, avant même que ce dernier ne les réalise ? Et l'auteur… Il se rappelait parfaitement de ce qu'il lui avait dit. Mot pour mot.

« - Quand tu sauras que c'est cette personne qui a rendu ta vie plus belle, envoie-moi un message. »

Kuroko. À ce moment-là, il lui parlait de Kuroko. Cette personne qui lui rendait la vie plus belle, c'était bien lui. Il lui avait même donné son numéro, qu'il avait conservé soigneusement depuis tout ce temps sur son bureau, dans la perspective de sa réalisation. La réalisation de cette personne importante dans sa vie. Mais est-ce qu'il avait dit ça en pensant à de l'amour ? Est-ce qu'il l'avait sous-entendu ? Est-ce que l'amour était nécessaire à une personne rendant la vie de quelqu'un d'autre plus belle ?

Est-ce que tout le monde était au courant de tout ça et le lui avait caché ?! Comment est-ce qu'il pourrait savoir, au juste ? Il n'y connaissait rien et ne faisait que de le dire et se le répéter. C'était la seule chose, le seul sujet qu'il ne maîtrisait pas et personne ne l'aidait. Personne ne lui disait quoi que ce soit là-dessus et ils s'attendaient vraiment à ce qu'il le découvre tout seul ?

C'était en ce dimanche matin, le lendemain de son entrevue avec Ogiwara, l'ami d'enfance de Kuroko, que toutes ces pensées s'étaient déchaînées dans son esprit à une vitesse fulgurante. Il n'avait cessé de penser et de froncer des sourcils à aucun moment. Ce qui expliquait donc, au cours de cette après-midi bien avancée, la situation actuelle…

- Akashi-sama, vous me demandez là quelque chose de délicat.

- Tu ne peux pas me répondre ?

- Si, bien sûr, mais…

- Mais ?

- C'est long. Très long.

Le rouge soupira, une tension oppressante toujours présente sur ses épaules. Il était assis sur sa chaise de bureau, face à son ordinateur, et était sur la page de connexion à son compte facebook. Il avait seulement à taper son adresse mail et son mot de passe, mais pourtant…

- Akashi-sama, pourquoi me demandez-vous ça ?

La voix curieuse de Tsubaki lui fit tourner les yeux vers ce dernier, qu'il avait invité à s'asseoir sur son lit pour discuter. Le majordome ne s'était pas véritablement étonné à cette demande, après tout il trouvait son maître de plus en plus enclin à la conversation ces derniers temps, mais avait été septique quant au sujet de la discussion. Et ses doutes s'étaient montrés être fondés.

- J'ai quand même le droit de te poser une question, non ?

- Bien sûr. Mais je ne m'étais pas attendu à une de ce type…

- Je ne vois pas pourquoi. Les questions sur l'amour sont des questions de bases. Elles sont existentielles et méritent d'être éclaircies.

Il savait qu'il jouait un rôle actuellement. Il ne pensait pas du tout ce qu'il était en train de dire puisque si Ogiwara n'avait pas réveillé tous ces questionnements en lui, il se serait comme auparavant éperdument fichu de l'amour. Il trouvait ce sentiment un minimum intéressant pour ce qu'il pouvait engendrer, comme la manipulation par exemple, mais il n'avait jamais cherché à le comprendre ou l'associer à quelqu'un pour sa part. Mais après avoir lu des mots retraçant ce qu'était et représentait ce sentiment, il avait maintenant besoin de l'entendre. Et pour ça, il n'avait vu que son majordome. Même s'il savait depuis le début que ce ne serait pas aussi facile…

- Il y a toujours une raison qui se cache derrière une question.

- La culture personnelle existe aussi.

- Je suis certain que vous ne feriez pas rentrer le sujet de l'amour comme quelque chose de culturel et d'indispensable à savoir.

Touché. Akashi détourna le regard de l'homme et se mit à fixer son ordinateur, sa tête étant devenue la vraie balance du jugement. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il prendre le risque de parler à son majordome de sa situation ou devait-il détourner la conversation ? C'était un vrai casse-tête. Mais ce n'était pas une question de confiance. Il savait qu'il pouvait compter sur lui et que surtout, il ne dirait rien à son père qui était encore à l'heure actuelle dans la maison, ne quittant presque jamais son bureau au second étage. Mais cela n'empêchait que sa réaction, voir même ses paroles, l'inquiétaient. Il savait que c'était un homme compréhensif et à l'écoute. Quelqu'un qui ne jugeait pas les personnes quand il y était attaché. Et le rouge savait très bien qu'il en faisait parti. Mais est-ce que même avec ça, il pouvait se permettre de tout lui dire ?

Il en avait marre de réfléchir, et c'était ça, sa certitude. Il ne devait pas craindre la réaction de son majordome et tout lui dire. Après tout, il lui avait déjà parlé de Kuroko. Alors une révélation de plus ou de moins, ça n'allait pas changer grand-chose à la situation. Il pivota sa chaise de bureau dans la direction de l'adulte, prêt à en découdre.

- Je suis déjà tombé amoureux.

Il regarda son majordome, le visage fermé à toute émotion. Seuls ses yeux laissaient transparaître une légère pointe d'étonnement. Mais aussi une écoute profonde et totalement dévouée.

- C'était au lycée, donc autant vous dire que c'était il y a un moment, Akashi-sama. Même si j'ai maintenant vingt-huit ans, je me rappelle de tout en précision. Elle était dans ma classe, en première année de lycée, et je la regardais toujours de loin. J'étais jeune, timide, et elle était belle et traînait avec ses amies. Nous avions tous les deux nos groupes et nous ne nous parlions pas, bien que nous étions dans la même classe. Je l'admirais toujours de loin, et c'est ainsi que j'ai appris à la connaître.

Le rouge remarque un sourire discret fleurir sur les lèvres de Tsubaki, aussi discret qu'il pouvait être, mais qui n'échappa pas à sa vision tant il paraissait sincère.

- Je n'étais pas encore amoureux à ce moment-là, mais j'étais profondément intrigué par elle. Elle était très belle, oui, mais ce n'était qu'une toute partie de mon attention que je lui portais. Elle m'intéressait et je voulais lui parler, tout simplement. Ce n'était pas dans le but de la draguer malproprement comme tous les adolescents, aussi bien de mon époque que de la votre savent le faire, mais c'était juste une curiosité naturelle. Elle était simple, elle parlait bien et distinctement lors des exposés, même si elle rougissait par timidité, et avait un rire franc. Elle ne se forçait jamais et était entière, tout ce que je recherchais chez quelqu'un.

Dit de cette manière, Akashi pouvait le comprendre. Il avait choisi sa personne spéciale, tout comme lui avait choisi la sienne. Mais quelque chose le frappait, dans le récit de son majordome. Cette personne qui l'intriguait et dont il semblait déjà attaché, était simple et peut-être même tout à fait banale. Elle se glissait parmi la foule d'étudiants qu'il y avait mais pourtant, c'était elle qu'il avait choisi et c'était elle qui avait su capter son attention. Mais est-ce qu'il le voyait de cette manière ? Peut-être pas. Akashi voyait le joueur fantôme comme quelqu'un d'exceptionnel. Mais se dire que les autres le voyaient comme quelqu'un de banal auquel il ne fallait porter aucune attention lui donnait un étrange sentiment. De frustration, de colère, d'orgueil ? C'était flou et il n'en savait rien. Mais il apparaissait à ses yeux comme quelqu'un d'unique et se dire qu'il était le seul à voir les choses sous cette angle était grandement perturbant.

- Elle prenait toujours une pomme à la cantine.

Le rouge haussa un sourcil devant l'information, et encore plus en découvrant le sourire amusé de l'autre sur son visage. C'était apparemment un bon souvenir…

- Mais un jour, alors qu'elle passait remplir son plateau avec ses amies, il n'y en avait plus. Je me souviendrai toute ma vie de cette petite moue déçue qu'elle avait faite quand on lui avait dit qu'il n'y en avait plus du tout. Alors elle est allée s'asseoir avec ses copines. Sans pomme.

Akashi soupira.

- Je peux savoir ce qui est intéressant là-dedans ?

- Mon élan de courage peut-être.

- Nous sommes en train de parler de pommes…

Un petit rire s'échappa de sa gorge alors qu'il commençait à jouer avec une bague entourant son annulaire.

- Comme pour elle, c'était une habitude de manger une pomme le midi, je me suis levé de ma place et j'ai été lui poser ma pomme sur son plateau. Je lui ai souri, puis je suis retourné m'asseoir.

C'est un sourire amusé qui prit place sur les lèvres du rouge.

- Tu es tellement cliché, Tsubaki.

- Mais la preuve est que ce sont les gestes les plus simples qui sont les meilleurs. Quand je suis sorti, elle m'a rattrapé pour me remercier et mon débit de parole et ma spontanéité aidant, nous avons commencé à parler. Tout s'est vite enchaîné ensuite. On a commencé à se dire bonjour, à discuter à certaines pauses, à s'arrêter pour parler lorsque l'on se croisait dans un couloir… Les jours ont passé et tout s'est accéléré puisqu'en milieu d'année, je mangeais avec elle, je passais mes récréations avec elle, mes amis et les siens et chaque heure de cours que nous n'avions pas, nous les passions ensemble. On faisait beaucoup de sorties, nous avions visité beaucoup de lieux qu'elle voulait voir. Et c'est en vous disant tout ça que je me rends compte que je regrette.

- Tu regrettes ?

- Oui. Je regrette d'avoir mis autant de temps à réaliser que j'étais complètement amoureux d'elle.

Tout tombait sous le sens, après tout…

- Je ne sais pas comment tu as fait pour ne pas t'en rendre compte.

- J'étais jeune et idiot.

- Est-ce que tu veux dire que je suis aussi un idiot ?

Un sourire malin se glissa sur son visage, alors qu'il jetait un regard enfantin au garçon dont il s'occupait.

- Sans vouloir vous offenser, Akashi-sama, ne viendriez-vous pas de vous vendre ?

Dire cent fois qu'il était un idiot n'était pas assez pour le qualifier comme tel. Le rouge soupira, de toute façon, il avait déjà prévu de lui parler. Il venait juste de se faire prendre de court et il ne savait pas vraiment comment amener le problème, si tant est que cela en soit un. Mais tourner autour du pot ne lui ressemblait pas du tout.

- Je suis amoureux.

Réalisant son erreur, il sentit son corps chauffer d'une chaleur qu'il n'appréciait pas vraiment et se dépêcha de se corriger, les battements de son cœur s'affolant sous sa bêtise.

- Non, ce n'est pas ça. Je pense que je suis amoureux.

Son majordome le regarda, les yeux écarquillés, l'étonnement collé à sa peau. Enfin, si Akashi devait bien dire une chose là-dessus, c'était qu'il était authentique… Feindre l'indifférence n'était pas sa première qualité.

- Akashi-sama veut sortir avec quelqu'un ?

- Je n'ai jamais dit ça !

Soupirant encore une fois, il haussa des épaules en se retournant vers son ordinateur tout en simulant de faire quelque chose, alors qu'il ne faisait que taper sur quelques touches par-ci par-là dans le but de se distraire et d'oublier le regard perçant qui régnait sur lui comme une épée de Damoclès flottant au-dessus de sa tête, prête à s'abattre sur lui dès les premiers mots.

- Vous n'avez donc rien retenu de ce que je viens de vous dire ?

Il jeta un vague coup d'œil en coin à l'homme aux yeux chocolat, puis reporta son attention sur son écran.

- Que veux-tu dire ?

- Je viens de vous démontrer en toute beauté l'idiotie humaine dont j'ai fait preuve. Vous voyez où je veux en venir, n'est-ce pas ?

Sa main se figeant au-dessus de sa souris et son regard se perdant sur une zone indistincte de son bureau, l'information infiltra doucement son cerveau et il finit par percuter, lui mettant les idées aux claires. Il se laissa glisser mollement au fond de son siège de bureau, ses ongles griffant distraitement ses accoudoirs, et regarda par pur réflexe l'heure qu'affichait son ordinateur.

Est-ce qu'il était idiot ? Est-ce qu'il avait réellement eu besoin de Tsubaki pour lui faire passer tous ces messages-là ?

- Tu peux disposer.

Le bruit de ses draps très légèrement froissés se glissèrent jusqu'à ses oreilles, et il sut que son majordome avait directement suivi ses ordres. Ses pas rapides et sûr d'eux résonnant dans la grande chambre de manière sévère, son corps se décrispa quand il entendit la porte s'ouvrir, rien qu'à l'idée de pouvoir être seul avec lui-même.

- Tsubaki.

Il savait qu'il n'était qu'un idiot et qu'il jouait avec le feu. Et alors ? Si le feu brûlait, alors il savait qui serait son eau. Il avait compris maintenant et même si tout restait flou et qu'une grande zone d'ombre régnait sur une certaine question, il était sûr d'une chose. Il ne prenait peut-être pas la bonne décision mais il n'en avait rien à faire. Au diable son père, ses pensées en désordre et ses bonnes manières qu'on lui avait apprises. C'était depuis qu'il lui parlait qu'il avait décidé de jeter tout ça à la poubelle, et même si cette résolution était dur à tenir, il ferait tout coûte que coûte pour réussir à ne penser plus que par lui-même.

- C'est un garçon.

Il laissa quelques secondes passer, le temps que l'information monte véritablement au cerveau de l'homme se trouvant juste derrière lui, très certainement dans l'encadrement de la porte.

- C'est Kuroko Tetsuya. Maintenant tu peux disposer.

Et la porte se referma, laissant le silence qui planait être embarqué par Tsubaki, dont Akashi n'avait pas la moindre idée des pensées sur la situation.


« Kuroko Tetsuya

Je t'envoie l'analyse que j'avais promis pour ton retour, Akashi-kun. »

« Kuroko Tetsuya

''Tendre l'oreille n'est pas la meilleure des choses à faire. Mais après tout, ce simple geste est humain. Lorsque deux personnes parlent à côté de nous, nous ne pouvons rien faire d'autre qu'entendre ce qu'elles se disent, même si cela ne nous concerne pas. Ou que nous n'en avons tout simplement rien à faire. Se retrouver contre son casier à regarder les autres étudiants s'activer alors que deux lycéennes parlent activement à mes côtés ne fait pas exception à la règle. Mais avant même d'avoir une seule pensée sur ce que je viens d'entendre, l'une des deux jeunes filles sort précipitamment du bâtiment, les larmes prêtent à tout simplement quitter ses yeux, suivie rapidement par son amie. Mon premier réflexe ? Lever les yeux au ciel. Elle vient d'apprendre que le garçon qu'elle aime l'a trompé. Elle l'a appris, en discute avec son amie et partage ses doutes sur leur possible rupture. Possible rupture ? Cherchez l'erreur. Elle est partie en pleurant. Cherchez l'erreur. La tromperie a été qualifié dans notre culture comme étant un acte incompréhensible et cruel envers celui ou celle qui s'est fait tromper. Quelque chose qui n'est pas moral et respectueux. Donner les torts à la fille serait idiot. Mais peut-être que les donner au garçon le serait aussi. Accuser est plus facile que d'essayer de comprendre. On juge trop vite, on croit les rumeurs et seules les larmes permettent de faire éclater ce trop-plein de sentiments. Les larmes ? Idiotie. Pourquoi, que cela soit dans les films ou les livres, une femme pleurerait en apprenant qu'elle s'est fait tromper ? Est-ce que cela changera quelque chose ? Est-ce que cela fera vraiment oublier la douleur de cet acte ? Non. Quelle différence cela fera t-il ? Aujourd'hui, tromper est devenu autant à la mode qu'une paire de chaussures. Mais pourtant, certaines personnes oublient que le prix reste toujours aussi cher.''

J'ai beaucoup aimé cet extrait. Je l'ai trouvé très représentatif de ce qu'il peut se produire au jour d'aujourd'hui. Les tromperies, les réactions des gens face à ça… Mais ce n'est pas parce que j'ai aimé ce texte que je suis forcément d'accord avec lui. Pour moi, il est tout naturel de pleurer si la personne que l'on aime nous trompe. C'est une réaction qui veut beaucoup dire. Et même si les êtres humains ont tendance à pleurer pour un oui ou pour un non, cela peut être très significatif selon les situations. Évacuer le stress, la colère, la douleur… Il y a tout un tas de sentiments que le fait de pleurer peut réussir à amoindrir. Oui, ça ne guérit pas les blessures, mais ça soulage et permet de cicatriser. Je pense que faire un film ou un livre où une femme ne pleurerait pas lorsqu'elle se ferait tromper ne serait pas représentatif de la réalité. Nous avons beau nous dire que nous sommes indifférents, que la personne qui a fait une telle chose n'est pas pour nous et n'est pas quelqu'un de bien, cela ne changera rien; quand on est blessé et que notre cœur saigne, seule la transparence des larmes est là pour rappeler que la douleur créait un vide béant en nous. »

« Kuroko Tetsuya

Akashi-kun, tu es rentré ? »

« Kuroko Tetsuya

Je viens d'avoir Ogiwara-kun au téléphone, il m'a dit que tout s'était bien passé et que je n'avais pas de soucis à me faire. Alors pourquoi est-ce que tu n'es pas là ? »

« Kuroko Tetsuya

On est dimanche et tu n'es toujours pas connecté. J'espère qu'il ne t'est rien arrivé de grave. »

« Kuroko Tetsuya

Envoie-moi un message dès que tu es là. »

Serrant des dents à la lecture de tous les derniers messages, il laissa ses doigts se diriger vers son clavier alors que les rayons du soleil de fins de journées perçaient à travers la fenêtre et se répandaient dans toute sa chambre.

« Akashi Seijuro

Bonjour, Tetsuya. Comment vas-tu ? »

Le réponse se fit immédiate, accélérant les battements du cœur du rouge.

« Kuroko Tetsuya

Akashi-kun, tu es revenu. Je vais bien, et toi ? »

« Akashi Seijuro

Je ne suis jamais parti. Je vais bien également. »

« Kuroko Tetsuya

Tu ne devrais pas mentir, tu sais. »

« Akashi Seijuro

Je ne mens pas. J'avais simplement besoin de prendre du recul et de réfléchir. »

« Kuroko Tetsuya

Du recul par rapport à quoi ? »

Il soupira, s'étant parfaitement douté de cette question. Il ne pouvait de toute manière plus faire marche arrière et ne s'était jamais imaginé cacher quoi que ce soit au bleuté. Il savait de toute manière qu'il n'en serait pas capable. Il n'avait jamais rien su lui cacher, il finissait par tout découvrir, même à travers un écran. Il savait comprendre ses mots mieux que quiconque et y déceler ses émotions et pensées les plus profondes.

« Akashi Seijuro

Ton ami d'enfance m'a dit que j'étais amoureux de toi. »

Il savait déjà que ce message susciterait de l'étonnement chez le joueur fantôme et que, par conséquent, la réponse ne se ferait pas immédiate. Mais pourtant, et c'est ce qui créa une véritable interrogation chez lui, l'autre adolescent lui répondit presque instantanément.

« Kuroko Tetsuya

Ne retiens pas ce qu'il t'a dit, Akashi-kun. C'est un idiot. »

Il fronça des sourcils, ne s'attendant pas à ce genre de réponse.

« Akashi Seijuro

Je n'ai pas envie d'oublier. »

« Kuroko Tetsuya

Il a dû te dire ça pour plaisanter. »

« Akashi Seijuro

Il ne plaisantait pas. »

Qu'est-ce qu'il lui prenait, de réagir comme ça ? Il ne l'avait pas du tout prévu. Il ne penserait pas qu'un terrain pareil, alors que le véritable problème n'était même pas encore abordé, serait aussi glissant.

« Kuroko Tetsuya

Il ne t'a rien dit sur moi ? »

« Akashi Sejuro

Non. Que voulais-tu qu'il dise ? »

« Kuroko Tetsuya

Rien, Akashi-kun. Oublie, s'il-te-plaît. »

Son souffle se coupa soudainement, alors que ses mains devenaient moites. Parmi toutes les réflexions qu'il s'était faites, il avait sûrement oublié la plus importante…

Et si Kuroko n'était pas amoureux de lui ? Si le simple fait de penser l'aimer le dégoûtait ?

« Akashi Seijuro

Tetsuya, est-ce que tu es amoureux de moi ? »

Il était peut-être bête, idiot, toutes les insultes dégradantes possibles et inimaginables lui iraient, mais il avait besoin d'en avoir le cœur net. Poser la question d'une manière aussi brute et directe n'était peut-être pas la meilleure idée qu'il avait eu mais il ne voyait pas comment faire autrement. Et après tout, la réponse était simple, c'était oui, ou bien non. Mais pourtant, le bleuté avait déjà vu le message depuis une minute déjà et ce temps, qui paraissait bien trop long et stressant à Akashi était largement suffisant pour écrire une aussi courte réponse. Kuroko avait toujours été là, avec lui. Alors tout naturellement, il s'était enflammé et avait pensé tout au long de la journée à un ''nous'' qui n'existait peut-être pas. Il avait fait de ses sentiments les siens sans même être sûr et sans se baser sur des doutes fondés et clairs.

Il comprenait ce qu'était qu'aimer. Vouloir être avec cette personne tous les jours, toutes les heures et même toutes les minutes. Vouloir entendre sa voix, pouvoir regarder sa peau et retracer du bout des doigts les contours de son visage. Pouvoir découvrir ses défauts, ses qualités et ses atouts. Vouloir être là pour cette personne, l'écouter, partager, mais aussi se disputer pour encore mieux se retrouver. Il savait que l'amour c'était aussi s'embrasser, se toucher, se sourire tendrement. Il mentirait si il disait qu'il était prêt pour ça.

Il était complètement paniqué à l'intérieur de lui-même alors que de l'extérieur, il paraissait tout à fait calme et sûr de lui.

C'est donc exactement pour ça que ses doigts se posèrent à nouveau sur son clavier, et il se laissa porter par le son si habituel des touches résonnant dans sa chambre, et les pulsations de son cœur qui étaient beaucoup trop rapides pour qu'elles soient les siennes.

« Akashi Seijuro

J'essaie de me dire que c'est impossible et que je n'y crois tout simplement pas. Écoute-moi bien Tetsuya, je ne me répéterai pas. Je ne sais pas aimer correctement et je risque d'être le garçon le plus idiot que tu n'aies jamais connu. Mais je pense que je suis tombé amoureux, et qu'il n'y a pas d'autres choix pour que ce soit une personne autre que toi. »

Mais même une fois son message envoyé et une lourdeur assez pesante aillant quitté ses épaules, il ne pouvait empêcher son index de taper contre son bureau. Encore, encore et encore. Il ne pouvait pas se forcer à s'arrêter de stresser comme les jeunes filles qu'il avait de si nombreuses fois regardé de haut.

Mais attendre la réponse à un message que Kuroko venait de voir était très certainement la chose la plus insupportable qu'il ait à faire de toute sa vie.


C'est un petit pas pour Akashi mais un grand pas pour mon cœur fragile de fan d'AkaKuro ! Bon, j'arrête mon chapitre ici parce que why not, et je suis vraiment impatiente d'avoir vos avis dessus. On peut dire que je l'ai agencé en trois parties : les descriptions des sentiments d'Akashi, sa discussion avec son majordome et la petite discussion d'Akashi et Kuroko. Je voulais pas continuer la discussion entre les deux parce que je trouve que ça l'aurait pas fait, tout simplement. Mais dîtes-vous que la semaine prochaine, il y aura plus long niveau conversation !

Sinon, les questions de d'habitude, est-ce que le chapitre vous a plu ? Et l'analyse ? Quelle sera la réaction de Tsubaki ? Est-ce que son père va être au courant ? Et à lui, quelle sera sa réaction ? Que va dire Kuroko ? Bref, je vous laisse imaginer tout ça en attendant dimanche prochain héhé.

Encore merci à vous tous de laisser des reviews et de me lire ! N'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre.

Le vingt-septième chapitre la semaine prochaine…