Bonjour ! Je vous envoie ce chapitre avec un peu de retard, désolée pour ça, mais j'ai attrapé un rhume plutôt corriace et je vous poste ceci depuis mon lit. Bref, j'espère que vous aimerez, merci beaucoup aux personnes qui me laissent des commentaires, c'est apprécié et constructif.
Bonne lecture !
26— Truly living
- Oh non… c'est vrai alors… s'exclama Rhodey lorsqu'il vit Loki et Fenrir sur la terrasse.
Tony fut très surpris par l'identité du visiteur et encore plus lorsque l'homme passa à côté de lui.
- De quoi est-ce que tu parles, mon pote? Demanda Tony en regardant l'autre homme.
Il n'avait pas parlé à Rhodey depuis un bout de temps, parce que certaines missions dans le moyen orient signifiaient qu'aucun appel ne puisse être passé.
- Que tu héberges Loki et son fils. Sérieusement mon pote, je m'en vais quelques semaines et toi tu me fais ça? As-tu besoin d'une nounou pour t'empêcher de faire des bêtises?
C'était clair : Tony n'était pas sûr de s'il devait être amusé par son vieil ami ou complètement effrayé. James avait toujours été capable de soutirer les deux émotions de lui en même temps, très – trop — souvent.
- Je te ferais savoir que Loki est en fait plutôt amusant à côtoyer et son fils est un architecte prodigieux.
Il sortit une bouteille de scotch, la montra à son ami et versa un peu de liquide dans deux verres lorsque Rhodey acquiesça à sa question silencieuse.
- Un prodige… amusant… Quand Steve m'a dit que tu devenais fou, je ne croyais pas vraiment qu'il était sérieux!
Tony fronça les sourcils tandis que son ami prenait une grande gorgée de l'alcool, ne savourant visiblement pas le liquide d'une grande valeur.
- Tu parles à Capitaine Étoiles (1)?
Ça n'aurait pas dû le surprendre en fait. Les deux étaient des militaires, ils avaient donc dû devenir amis en se fiant à leur amour pour leur pays.
- Steve et moi sortons de temps en temps, oui. Mais c'est surtout depuis que Pepper est partie, j'ai besoin de quelqu'un pour te tenir en laisse.
- Je doute que Steve ait ce genre de penchant… mais je suis d'accord pour le collier de cuir.
Sa répartie fut récompensée par un peu de scotch sortant par le nez de Rhodey.
- Mais sérieusement, tu reviens de mission et au lieu de m'en informer tu appelles Capsicle(2)? Ça le touchait quand même un peu…
- Je ne l'ai pas appelé en premier, c'est lui qui l'a fait. Au contraire de toi, il a regardé les rapports de missions et suivi les actualités pour savoir lorsque ce serait fini. Les nouvelles qu'il m'a rapportées de toi ont été assez choquantes pour que je me pointe en personne.
En fait, songea Tony, si lui et Steve n'étaient pas liés par leur patriotisme, ils l'étaient certainement par leur absence de vie sociale.
- Et bien, comme tu peux le voir, j'étais un peu préoccupé. Mais sérieusement, que prévois-tu de faire avec l'information que tu as maintenant confirmée de tes propres yeux, à propos de Loki qui réside sous mon toit? Je suis plutôt certain que Steve t'a aussi raconté ce qui arriverait si on essaie de l'arracher de mon immeuble bien sûr...
Il aurait confié sa vie à l'homme devant lui, mais son honneur et sa fidélité envers son pays interféraient parfois. Il n'était pas trop certain d'à quel point l'homme le supportait lorsqu'il était question de Loki.
- Tony, je fais confiance à ton jugement et je ne veux pas blesser un enfant innocent en l'arrachant à son père, mais es-tu absolument certain de ce que tu fais?
Et bien voilà, maintenant ça ressemblait davantage au bon vieux Rhodey, capable de l'écouter d'abord puis sa propre morale.
- Je suis plus que certains James, putain, tu aurais dû voir dans quel état il a atterri ici.
Ce n'était pas exactement ce qu'il avait prévu de dire, mais son ami sembla toutefois toujours aussi confiant et il savait par quelle merde était passé Tony durant sa vie. Il pouvait lui faire confiance et merde, il avait besoin d'en parler avec quelqu'un. Thor savait maintenant, et Frigga probablement, mais ce n'étaient pas tout à fait les personnes auxquelles il pouvait parler de tout ça. Il n'était même pas certain jusqu'à quel point ces deux-là savaient.
Il regarda longuement par la fenêtre, là où il pouvait voir Loki et Fenrir pratiquer la magie. Ils seraient occupés assez longtemps pour qu'il puisse parler à Rhodey.
- Viens avec moi, je crois que tu comprendras que ça doit rester entre nous deux bien sûr. Dit-il à son meilleur ami tandis qu'ils descendaient les escaliers vers le laboratoire.
Lorsque Rhodey hocha la tête, il demanda à Jarvis de lui montrer les scans du dieu lors de son apparition. Il fallut un instant à Rhodey pour comprendre les informations qui étaient présentées sur l'écran, mais ce fut apparent sur son visage lorsqu'il comprit la gravité de la situation. Tony le regardait attentivement tout en ignorant les images, préférant ne pas les voir à nouveau. De toute façon, elles étaient gravées à jamais dans sa mémoire.
- Jésus Christ, gémit Rhodey tandis qu'il lisait les notes sur chacune des blessures.
- Ce n'est pas la vraie justice James. C'est de la torture. L'homme sur mon toit n'est pas le même qui s'est tenu ici des années plus tôt. Sérieux, il m'a balancé par la fenêtre et a attaqué ma ville… et je ne peux même pas regarder ces putains d'images.
- Je comprends Tony. Est-ce que les autres savent? Ça pourrait les aider à accepter Loki.
- En fait, je te le dis en toute confidence, parce que putain j'ai besoin d'en parler, mais je doute que Loki veuille que quiconque sache par quoi il est passé. Aimerais-tu que les gens sachent que tu as été humilié des pires façons possibles?
Il comprenait le raisonnement de Rhodey, mais ce n'étaient pas des informations à balancer lorsqu'on voulait défendre quelqu'un. James ne dit rien pendant un instant, regardant simplement Tony comme s'il était une énigme plutôt passionnante.
- Non, tu te fous de moi!
L'homme fut secoué de rire et Tony se demanda s'il n'avait pas manqué un bout.
- Je savais que lorsque Pepper t'a quitté tu deviendrais fou, mais tomber en amour avec un dieu nordique n'était certainement dans les choses dont je me serais attendue!
En amour… avec un dieu. Putain, comment avait-il pu réaliser si vite ce que les autres ne s'étaient jamais imaginé en un mois!?
- Je suis désolé, il y a un instant tu voulais sortir le dieu de ma tour et maintenant tu es juste heureux à propos de tout ça?
Il était certain comme jamais de n'avoir jamais été si stupide. Il allait presque atteindre le point où il aurait besoin de rire comme un maniaque en voyant le bordel dans lequel il était réellement plongé. Il avait presque couché avec Loki, si proche qu'il avait dû se soulager seul plus souvent que lors de son adolescence; il avait passé du temps avec le fils dudit homme, rencontré au moins un parent et il n'avait toujours pas la moindre idée de si le dieu voulait être plus qu'un « ami avec avantages »?
- Tu ne le nies même pas? Mon pote, tu es complètement perdu! J'ai toujours su que tu étais un peu fou, mais jamais tu n'as été si zélé avec Pepper, et c'est un signe.
- Ça ne répond toujours pas à ma question : pourquoi es-tu si heureux? J'apprécierais que tu arrêtes de comparer Loki à mon ex, en passant.
Il avait déjà bu un verre, mais là il avait absolument besoin d'un autre scotch.
- Je ne suis pas vraiment d'accord avec tes choix, mais c'est un soulagement de voir que tu es encore capable d'être avec quelqu'un, en vraie relation je veux dire. Nous savons tous les deux que toi et Pepper ce n'était pas une vraie relation, elle était juste avec toi parce que ça fait longtemps que vous vous connaissiez.
Tony détesta l'avouer, mais James avait raison. Il laissa tomber sa tête contre son bureau.
- Seigneur, je n'ai même pas couché avec quelqu'un depuis trois mois maintenant. L'univers me déteste! Gémit-il, faisant rire encore plus Rhodey.
- Je crois que Dieu est le bon mot à utiliser et je crois que c'est une bonne chose. Pour une fois, je n'ai pas à me soucier des scandales que tu pourrais causer.
Ils retournèrent au séjour et Tony ignora le regard que son ami lui lança lorsqu'il vérifia automatiquement si Loki et son fils étaient toujours sur le toit.
- Je dois y aller mon pote, mais je suis content de voir que tu vas bien. Toi et Loki avez mon approbation, si ça peut signifier quelque chose pour toi.
Ça signifiait en fait beaucoup d'avoir son meilleur ami de son côté dans tout ce bordel, mais fidèle à leur vraie nature, ils n'ajoutèrent rien et Tony laissa Rhodey quitter l'immeuble.
- Je ne savais pas qu'il pouvait neiger autant sur Midgard, dit Loki en revenant à l'intérieur.
Lui et son fils avaient les joues rouges et de petits flocons dans leurs cheveux et sur leurs vêtements, qui fondaient rapidement dans l'air chaud de la tour.
- Tu devrais visiter Central Park après une bonne chute de neige. C'est en fait plutôt joli.
Ils regardèrent à l'extérieur lorsque Fenrir sortit jouer avec Prancer. Ces deux-là étaient définitivement inséparables, sans doute parce qu'ils étaient tous les deux des canins en fait… Tony avait été surpris lorsqu'il avait trouvé deux chiens dans son salon un jour, au lieu d'un seul. Apparemment, Fenrir pouvait rester petit lorsqu'il prenait sa vraie forme.
Tandis qu'il regardait les flocons de neige virevolter et recouvrir la ville d'un fin manteau blanc, Tony réalisa quelque chose. L'hiver arrivait. Hiver signifiait décembre et décembre signifiait Noël. Il n'avait pas célébré Noël depuis des années. En fait, pas vraiment. Il avait participé à des bals de charité, s'était soulé dans les bars et dormir avec la première personne venue n'était pas vraiment représentative de Noël. C'était déjà la fin de novembre et ce ne serait pas long avant que le grand sapin de Rockefeller Center soit installé. Est-ce que c'était trop tôt pour acheter un sapin pour l'immeuble? Pour une fois, il voulait célébrer Noël avec Loki et Fenrir, considérant que les deux n'avaient sans doute jamais eu de vacances amusantes dans leur vie entière.
- Allons à la patinoire, décida-t-il. Jarvis, assure-toi que la voiture soit en face de l'immeuble dans quelques minutes.
- Stark, qu'est-ce que tu es en train de mijoter? Si tu penses quitter la tour tu oublies quelque chose d'important.
- Quoi par exemple?
Il était déjà en train de préparer ses vêtements pour sortir, ne portant pas vraiment attention au dieu énervé.
- Je ne suis pas très apprécié. Aller en public pourrait causer une panique générale, ce que ton directeur n'apprécierait sans doute pas, je te l'assure.
- Je me souviens aussi que tu peux changer de forme et que personne ne connait Fenrir. Tout va bien aller. Par contre, tu vas devoir t'habiller chaudement…
/…/
Ce fut plutôt hilarant de voir Loki monter sur le bord de la patinoire avec un regard terrifié. Il avait changé de forme, mais pas drastiquement. Ses cheveux noirs étaient plus courts et étaient maintenant brun foncé, son visage était moins pointu et c'était ça. Les gens se souvenaient surtout du dieu comme d'un homme avec armure déblatérant des choses sur le fait de s'agenouiller par exemple. Ils ne regardaient même pas l'homme qui regardait avec peur l'étendue de glace. En fait, peut-être quelques hommes et femmes portèrent plus d'attention à Loki parce qu'il était sexy, ce qui n'allait pas vraiment à Tony, mais autrement tout allait bien. Il s'était lui-même habillé aussi banalement que possible, pour ne pas qu'on le reconnaisse comme étant Tony Stark. Les gens pouvaient être si aveugles parfois, mais ça lui allait.
Fenrir s'était laissé tomber sur la glace avec le même enthousiasme que toutes les autres choses et rapidement, il tournait autour de Tony et Loki. Il semblait également très amusé par son père. Prenant pitié du dieu nordique, le milliardaire décida d'apprendre à l'homme quelques mouvements de base. Ce fut assez embarrassant qu'un groupe de petites filles avec des diadèmes dépassent, et de loin, le dieu des mensonges. Tony était davantage inquiet que Loki ne décide d'étriper un de ces jeunes pour l'avoir humilié.
- Sérieusement, je croyais que tu étais habitué à la glace et au froid. Comment peux-tu ne pas savoir patiner? Plaisanta-t-il en rejoignant l'homme tout près de la bande.
- Je crois que vous êtes les seuls à trouver amusant d'essayer de garder l'équilibre sur une fine lame, sur de l'eau gelée, grogna Loki, clairement pas amusé par la situation.
- Allez cornes de bouc. Je vais te montrer comment ne pas être nul.
Loki tomba lorsque Tony prit une de ses mains pour l'éloigner de la bande. Même si Tony n'était pas une ballerine sur glace, il était capable de rester sur ses pieds et patiner de reculons. Il prit l'autre main de Loki pour le remettre sur pieds. Après tout, s'il restait près de la bande, il ne la lâcherait jamais.
- Bouge lentement d'accord? Fait des mouvements doux, essaie de garder ton équilibre.
Loki apprit rapidement, même s'il continuait de regarder ses pieds.
- OK, maintenant regarde mon visage. Est-ce que tu as déjà appris à danser? Suis-moi, ne pense pas à ce que tu dois faire.
Tony plongea son regard dans celui de Loki qui sembla un peu plus confiant sur la glace. Il parvint même à sourire à son fils lorsqu'il envoya des encouragements à son père. Tony regarda ses yeux, ils étaient presque transparents. Parfois ils étaient d'un bleu clair, et d'autre fois verts comme l'herbe dans le parc.
Sérieusement, bleu clair et vert gazon? Songea le génie. Il avait besoin d'être analysé parce que là, il ressemblait plus à une adolescente en chaleur qu'à un homme mature. Il tenta de se reconcentrer sur ses patins et garder Loki en équilibre. Lentement, il lui lâcha une main.
- Es-tu prêt à patiner seul? Demanda Tony en voyant Loki patiner plus aisément seul.
- Je crois…
Il ne put finir sa phrase parce que l'une des petites filles à couronne qui les avaient dépassés plus tôt les coupa pour rejoindre ses amies, faisant tomber Loki. Tony aurait dû laisser Loki les étriper finalement…
- Est-ce que ça va? demanda-t-il à Loki près de lui.
Un instant, le dieu sembla perdu et confus, mais il lui tendit finalement la main.
- Pourrais-tu m'aider s'il te plait?
Tout semblait bien aller, Tony et Fenrir avaient une bonne poigne sur le bras de Loki et le redressa une seconde avant qu'il ne rechute et les entraine avec lui sur la glace. Après le choc, Tony éclata de rire et Loki et son fils se joignirent rapidement au fou rire.
C'était ça, vivre pleinement, pensa-t-il tandis que les flocons tombaient doucement sur eux.
À suivre...
(1) Dans la version originale, la réplique était : « You talk to Captain Spangles? » Malgré toutes les tournures de phrases, je suis incapable de traduire cette réplique alors j'y ai été pour ce qui ressemblerait le plus à une insulte au vu du costume de Rogers : les étoiles américaines.
(2) Dans la VO : Capsicle. Je trouvais le jeu de mots très drôle et comme il peut aussi se lire en français, j'ai préféré le garder. [Contraction de Captain et Popsicle]
Alors ?
Prochain chapitre : Decorating the tree [Décorer l'arbre]
