Bonjour à tous !
Je reviens, moi et mes grands sabots. Moi et mon chapitre 26. Après une fin de chapitre 25 qui vous a perturbé à ce que j'ai compris.
Moi et mon sadisme... Nous nous excusons ! :)
On a l'impression que je radote mais... Vos reviews me font tellement plaisir et tellement de bien ! C'est incroyable. MERCI un milliard de fois.
MuriFr : j'espère que la suite te plaira et que l'attente en valait la peine. Merci de ta review, ça me fait vraiment plaisir. Jessie943 : je suis désolée de ce sadisme, mais c'était nécessaire pour refléter le trou dans le coeur que Regina a du ressentir, il fallait que je vous le fasse ressentir également ;p.
OoO-RED-OoO : August n'allait certainement pas faire le poids contre mon équipe de choc David/Graham/Leroy ahah. J'ai fait exprès que Regina pose la question, parce que je pense qu'au fond d'elle, elle connaît pertinemment la réponse mais qu'elle refuse de l'admettre. Elle refuse de comprendre que c'est Emma qui est blessé et qui s'est fait à nouveau capturé par August. Elle ne veut pas y croire et c'est pour ça qu'elle pose la question. Regina va s'en vouloir, c'est sûr et certain, elle va se rendre compte de ses (nombreuses) erreurs. Pour le reste de tes spéculations, je te laisse voir si tu t'es trompée où non... Et je confirme : j'aime toujours tes reviews.
franchiulla : je ne pense pas que Regina soit capable de tuer August... Elle reste quelqu'un de foncièrement bon. alays 59 : merci mille fois pour ta review, j'espère ne pas t'avoir fait attendre trop longtemps et que tu seras encore là pour ce chapitre 26.
MommyVal : Une partenaire de sadisme ! J'ai fait passé le côté psychologique en premier étant donné qu'Emma est resté peu de temps consciente et que les gens autour d'elle ne savent pas comment elle va réagir. Mais le côté psychologique de sa captivité risque d'arriver un peu plus tard. Quant aux réactions de Regina... Elles arriveront et une explosion risque en effet d'avoir lieu ! En tout cas, merci pour ton avis sur ce chapitre, ça m'a permit d'être plus précise et de me donner quelques idées supplémentaires pour la suite de mon histoire, c'est vraiment top.
Regina lily Swan : J'ai coupé à ce moment exprès pour que mes lecteurs ressentent la même chose que Regina, le choc émotionnel, et visiblement mon sadisme à marcher ;p je m'en excuse. Merci de ta review en tout cas :). Guest2 : j'ai hésité à faire de David le tueur d'August mais je trouvais ça trop évident... En tout cas, la culpabilité de chacun va se réveiller un peu plus tard, c'est certain. Merci de ta fidélité en tout cas :). emma2016 : deuxième ou troisième chance ? Tout est relatif ! Merci de ta fidélité :). moithea : c'était volontaire que Regina ne participe par aux recherches, d'avoir été à ce point extérieur, de ne rien voir venir... Elle va cruellement s'en vouloir. Sygui : les blessures physiques sont peut être terminé mais les psychologiques risquent d'être encore bien ouverte... Les étapes sont encore nombreuses... :)
Allez c'est parti ! Chapitre 26, nous voila. On se retrouve en bas ?
Bonne lecture :)
CHAPITRE 26 : TOUT DOUCEMENT
« August Wood, Madame. »
Regina eut l'impression, à ce moment précis, de recevoir un coup de poing en plein dans son diaphragme, lui coupant toute respiration. Elle resta ainsi de trop nombreuses secondes, sans bouger, incapable de réaliser la confidence que venait de lui faire le Shérif. Les pièces du puzzle semblaient doucement se lier entre elles, mais de trop nombreuses zones d'ombres l'empêchaient de saisir complètement la portée de cette révélation. Pourquoi on ne lui avait rien dit ? Que diable s'était-il passé derrière son dos ? Et pour quelles raisons elle avait été tenue à l'écart de cette enquête ? Était-ce une demande expresse d'Emma ?
Il y avait ce corps inerte, cette jeune femme que David tenait à bout de bras, l'ambulance qui était partie aussitôt. Elle ne voulait pas y croire. Elle refusait de l'admettre. C'était inconcevable.
« La… La jeune femme… Était-ce… Était-ce… »
Elle n'arrivait pas à terminer sa phrase, incapable de prononcer son prénom, bien trop consciente de ce que cela pouvait signifier. Elle avait vu l'inquiétude dans les gestes de David, elle avait vu que la blonde qu'il avait allongée sur ce brancard ne bougeait plus, elle avait vu…
« Oui Madame… C'était Emma. »
A l'instant même ou Graham avait prononcé son nom, une larme s'échappa des yeux de la brune qui ne put se contrôler. Les tremblements qui agitaient son corps l'empêchèrent de rester stable et ses jambes ne supportèrent pas davantage le poids de son corps. Le Shérif la rattrapa au dernier moment, lui évitant de se briser les genoux sur le granite. L'homme, peu habitué aux démonstrations d'affection ne savait plus quelle attitude adopter avec sa supérieure qui ne semblait plus capable d'effectuer le moindre mouvement.
Ils étaient ainsi, accroupis au sol, les sanglots de la maire venant perturber le silence qui s'était installé. D'un geste maladroit, le shérif posa sa main sur le dos de Regina tentant de la réconforter comme il pouvait. Au bout de longues minutes, il lui releva le visage pour la regarder droit dans les yeux.
« On l'a retrouvée à temps. Elle est vivante… » précisa t-il dans un murmure qui se voulait rassurant.« Regina, vous devez vous reprendre, ces deux derniers mois ont été affreux pour elle et elle va avoir besoin de vous plus que n'importe qui. »
Elle le regarda alors profondément, essayant de se reconnecter à la vie qui l'entourait et essayant de prendre conscience de ce qu'il venait de lui avouer.
« Comment ça… Deux… Deux mois ? » souffla t-elle d'une petite voix, sentant le goût de ses larmes salées qui s'étaient échouées sur ses lèvres.
« Ce n'est pas à moi de vous dire ça… »
« Graham… »
« Elle nous a fait croire que son départ était volontaire… Elle a fait ça pour protéger les gens auxquels elle tenait. »
Et, telle une automate, la mairesse se releva les yeux vides de toute expression. Elle prit la direction de son manoir sans un mot supplémentaire pour son subordonné qui s'était relevé troublé. Graham n'avait aucune idée de ce qui venait de se passer dans l'esprit de Madame la maire, mais il la savait bouleversée par la situation.
Voilà deux heures que David était à l'hôpital, attendant désespérément des nouvelles du médecin sur l'état de santé d'Emma. Il l'avait tenue contre elle, encore vivante, il l'avait entendu murmurer son nom avant qu'elle ne plonge dans l'inconscience. Il lui avait tenu la main dans l'ambulance et avait eu du mal à la quitter lorsque les docteurs avaient souhaité l'examiner. Assis sur la chaise de la salle d'attente, il restait immobile. Il avait besoin de savoir que son amie allait bien avant d'agir et avant de prévenir tous ceux qui tenaient à elle. Sa responsabilité dans cette affaire était bien trop importante pour qu'il se permette d'échouer une seconde fois. Son petit garçon l'attendait, ses amis, sa famille également… Et Regina ?
David soupira. Il ne savait plus quoi penser de cette relation dans laquelle Emma s'était lancée corps et âme et pour laquelle elle avait sacrifié sa vie. Il avait vu la mairesse au bras d'un homme deux mois seulement après le départ de la blonde. D'après la lettre de celle-ci, il s'était passé quelque chose de grave entre elles et il était clair qu'il n'avait pas tous les éléments en main. Mais comment pouvait-il accepter son attitude ?
Et comme une réponse à sa question, il vit la brune apparaître au détour du couloir qui s'était arrêtée lorsque son regard s'était posé sur elle. Combien de temps restèrent-ils ainsi à se regarder ? Peut-être une éternité… Visiblement suffisante à apaiser la colère et la honte de chacun. D'un geste bref, David hocha doucement la tête pour lui signifier qu'elle avait sa place ici également. Regina baissa alors les yeux et souffla longuement, comme si elle avait retenu son souffle durant cet échange silencieux. D'un pas lent et particulièrement tremblant, elle s'avança près de lui avant de s'installer dans le siège à ses côtés, posant sa main sur l'accoudoir avant de croiser ses jambes et de baisser les yeux.
Ils n'échangèrent pas un mot sur la situation, tous les deux incapables de se prononcer tant les sentiments débordaient. La haine, la tristesse, la colère, la douleur, la rage, la honte, la peine… Alors, dans un geste se voulait réconfortant, David posa sa main sur celle de Regina et exerça une légère pression qui lui fit relever la tête. A nouveau, leurs regards s'ancrèrent l'un dans l'autre et semblèrent parler pour eux. Ils se pardonnaient du mal qu'ils avaient pu commettre et se soutenaient du mal qui allait arriver. Une larme tout aussi silencieuse s'échappa des yeux de Regina, puis une autre de ceux de David, leur faisant tous les deux baisser la tête.
Trois heures supplémentaires s'écoulèrent ainsi, sans que ni l'un ni l'autre n'échangent le moindre mot. Leurs mains étaient restées liées de nombreuses minutes avant de se séparer naturellement lorsque le téléphone de Nolan s'était mis à sonner. Il n'avait pas pris la peine de décrocher et s'était levé agacé, faisant les cents pas dans la trop petite salle d'attente. Après un long moment, il s'était de nouveau assis à sa place, perdu dans des pensées toutes plus sombres les unes que les autres.
« Monsieur Nolan ? Madame le maire ? »
Perdus dans leurs pensées, ils n'avaient même pas remarqué la porte battante s'ouvrir sur le Docteur Whale. Il avait pris une chaise non loin, l'approchant pour pouvoir s'asseoir en face d'eux.
« Comment va-t-elle ? » demanda-t-il d'une voix tremblante, craignant une réponse négative.
« Physiquement, elle survivra… » Regina et David se regardèrent alors vivement, une lumière d'espoir s'étant soudainement immiscée dans leurs yeux jusque là si ternes. « Mais moralement… La première fois que je l'ai reçue ici c'était déjà difficile mais là… Elle va avoir besoin de vous plus que tout. »
« Je ne l'abandonnerai plus jamais » répondit immédiatement David qui voulait reprendre sa place de grand frère et surtout, ne plus échouer à ce rôle.
Regina ne disait rien, se contentant d'écouter la conversation entre les deux hommes. Elle était partagée entre le soulagement de savoir Emma vivante, la colère de n'être au courant de rien et d'avoir été dans l'ignorance tout ce temps et la honte de ne plus savoir quelle attitude adopter.
« Elle est encore endormie… On a dû l'opérer pour multiples fractures, notamment aux jambes et sa convalescence risque d'être longue et douloureuse. Elle aura besoin de soins, de soutien et d'amour. »
Regina détourna le regard, perturbée par les derniers mots prononcés par le Docteur Whale. Emma ne l'aimait pas, elle le lui avait clairement fait comprendre le jour de son départ. Elle n'avait pas sa place ici et elle n'avait plus sa place dans sa vie.
Sur cette dernière constatation, la brune se leva brusquement prête à partir. Il s'était passé trop de choses, elles avaient toutes les deux beaucoup trop soufferts. La brune avait cette désagréable sensation de ne pas pouvoir retenir ses sentiments mais de savoir, au fond d'elle, qu'ils étaient destructeurs. Elle avait vécu des moments extraordinaires avec Emma mais aussi des moments douloureux qui la faisaient encore souffrir aujourd'hui.
David lui attrapa l'avant bras, l'empêchant de faire un geste supplémentaire. La mairesse était fatiguée de pleurer, fatiguée de ne jamais dormir des nuits entières tant sa relation avec Emma la hantait et fatiguée d'être malheureuse.
« Restez s'il vous plaît. Elle a besoin de vous. »
« Elle... Je ne suis pas celle qu'elle veut. »
« Regina… Ne partez pas. Pas maintenant. »
Les mots semblaient difficiles à prononcer, leurs gestes et leurs regards témoignaient pour eux. La situation était invivable. Pourtant, la jeune femme vint se rasseoir à côté de l'inspecteur Nolan attendant les prochaines nouvelles du docteur Whale. Apprendre à encaisser, indéfiniment. Il leur expliqua alors les opérations qu'il avait dû effectuer, les risques de séquelles physiques que la blonde pouvait avoir, l'ignorance sur son état de santé mentale et sur le moment de son réveil.
« Vous voulez aller la voir ? »
Avant même que Regina ne puisse décliner l'invitation, par crainte de ne pas réussir à tenir debout, David s'était à nouveau saisi de sa main pour qu'elle le suive et l'accompagne.
« Je n'y arriverai pas sans vous Regina. »
C'était se tromper que de croire qu'elle était assez forte pour survivre à ça. Elle avait déjà tenu miraculeusement ces deux derniers mois, avançant un pas après l'autre sans même comprendre comment. Pourtant, elle s'agrippa à lui, serrant sa prise avec force, prête à faillir.
Et ce fut le cas. A l'instant même ou le médecin poussa la porte de la chambre aseptisée, à l'instant même ou son regard se posa sur Emma, Regina sentit ses jambes se dérober sous elle. Elle s'accrocha de toutes ses forces à la main devenue tremblante de David pour ne pas tomber alors qu'elle étouffa un cri de l'autre, en la plaçant sur sa bouche.
Deux mois… Emma était physiquement atteinte par deux mois de torture. Elle avait ce bandage autour du crâne, deux grandes coupures sur son front et son œil gauche était bleu et gonflé. Ses lèvres, qu'elle avait tant aimé embrasser autrefois, étaient tuméfiées et un pansement épais trônait sur son nez. Sa jambe gauche était plâtrée alors que la droite portait une attelle tout comme, à nouveau, son poignet. Et c'était ce que Regina pouvait voir au premier coup d'œil, elle n'osait imaginer ce qui se cachait sous le drap : les blessures, les mutilations, les entailles et les ecchymoses.
Ils restèrent ainsi de longues secondes, presque sans respirer et sans bouger, à regarder Emma et prendre conscience des derniers mois qu'elle avait vécus. Lorsque le Docteur Whale quitta la pièce, David s'approcha alors d'Emma pour lui prendre la main.
« On est là Emma… C'est fini. Et on ne te laissera plus jamais, je te le promets. »
Cette façon de parler pour eux deux, cette promesse qu'il lui faisait mettait Regina mal à l'aise. Toujours au pied du lit, elle s'était finalement reculée pour s'asseoir sur l'accoudoir de la chaise présente. Son regard ne quittait pas le visage de la blonde qu'elle aurait voulu pouvoir soigner d'un simple coup de baguette magique. Elle n'arrivait pas à effacer de sa mémoire les mots qu'Emma lui avait dit avant de la quitter deux mois auparavant tout comme elle n'arrivait pas à arrêter de la regarder. Les sentiments qu'elle ressentait en ce moment étaient si contradictoires qu'elle en avait le vertige.
Les bips habituels du monitoring restaient monotones et la brune eut même l'impression que son propre rythme cardiaque s'était calqué sur ce bruit. Les heures défilaient dans un silence morbide, David et Regina n'arrivant pas à lâcher des yeux le corps d'Emma dont la cage thoracique se soulevait à une fréquence régulière.
« Ils attendent tous de ses nouvelles… Je peux vous laisser quelques minutes ? Je dois les prévenir… »
Elle acquiesça d'un rapide hochement de tête et se leva pour lui laisser la place de sortir de la pièce. Lorsqu'il referma la porte, Regina ne savait plus où se mettre, gênée par la situation. Emma lui avait certifié ne plus jamais vouloir la revoir… Pourquoi David avait tant insisté pour qu'elle reste ?
D'un pas mal assuré, la mairesse se dirigea aux côtés de la blonde, s'appuyant sur les remparts du lit. Elle resta ainsi de longues minutes, redécouvrant les traits de son ancienne compagne. Et, presque naturellement, elle avait approché sa main du visage d'Emma, effleurant du bout de ses doigts son front, ses pommettes et ses lèvres. Elle tremblait affreusement et n'arrivait pas à s'approcher suffisamment pour toucher la peau de la blonde. C'était bien trop.
Regina se recula alors, incapable de retenir ses larmes. Son dos rentra en contact avec la table qui se trouvait derrière elle. Surprise par le bruit qui venait de fracasser le silence ambiant, elle sursauta et ne put s'empêcher de fuir cette chambre.
« J'ai besoin d'encore quelques jours Ingrid, et après on lui dira tout je te le promets, je ne referai pas l'erreur deux fois. »
Regina s'arrêta aussitôt dans ses mouvements, prenant même soin de retenir la porte pour ne pas qu'elle claque.
« August a été arrêté et on l'a retrouvée à temps… Mais là, elle est toujours dans le coma et on ne sait pas comment elle va réagir à son réveil. »
L'homme fit une pause, visiblement interrompu dans son récit par la personne qu'il avait à l'autre bout du fil. Regina ne bougeait pas, écoutant plus que de raison l'homme qui lui tournait le dos et qui ne l'avait pas encore vue.
« Je sais Ingrid… Il l'aime, il l'attend depuis des années et il a besoin de la retrouver. Mais là c'est encore trop tôt. »
La brune se figea face aux dernières paroles de l'inspecteur Nolan. On lui cachait encore bien trop de choses provenant du passé d'Emma. Elle était fatiguée de se battre contre l'inconnu et fatiguée de voir que David leur avait menti, à elle et à Emma, depuis leur première rencontre. De qui diable pouvait-il parler avec la mère adoptive de la blonde ?
« Non, elle n'est pas au courant… Ce n'est pas à moi de lui dire Ingrid, et tu le sais, c'est à Emma. Dans sa lettre elle ne voulait pas que Regina soit au courant que… »
« STOP ! » complètement à bout, la brune avait hurlé tout en frappant sur le mur auquel elle s'était adossée. David s'était vivement retourné, abasourdi par l'apparition soudaine de la mairesse. « Stop ! Ça suffit ! Arrêtez de me mentir, je veux savoir ! »
« Ingrid, je dois te laisser… » et David raccrocha aussitôt, se rapprochant de la mairesse. « Ecoutez Regina je… »
« Non stop stop, stop ! » répéta-t-elle. « Si vous ne me dites pas immédiatement ce qui est arrivé à Emma je vous jure que je… que je… »
Elle avait le regard noir et les sourcils indécemment froncés, son doigt pointait maintenant sur la poitrine du jeune homme et le menaçait.
« August l'avait retrouvée. Il a menacé de s'en prendre à vous, aux personnes à qui elle tenait. Alors elle a préféré se sacrifier… Pour nous protéger. »
« Elle… Quoi ? »
« Je crois qu'il est temps que je vous donne quelque chose… Prenez cette lettre… » dit-il en sortant une feuille pliée en quatre de l'arrière de son jean. Il lui prit l'avant bras pour déposer au creux de sa main le papier déjà abîmé par ses nombreuses relectures. « Lisez là, à tête reposée. Ne vous en voulez pas, pour quoi que ce soit. Et revenez quand vous serez prête. »
Regina regarda longuement la lettre puis David avant de tourner les talons et quitter l'hôpital rapidement. Ses gestes la menèrent rapidement à la plage, ou elle s'installa sur son banc habituel. Elle avait posé la lettre sur ses genoux, peureuse de l'ouvrir et d'y découvrir la vérité…
« Emma, c'est moi… » elle détestait l'idée de lui parler alors qu'elle était dans cet état. Les médecins ne cessaient de répéter que les patients dans le coma entendaient lorsqu'on leur parlait. Elle aurait tout donner pour voir ses yeux verts, même si c'était pour une demi seconde. « S'il te plaît, je t'en supplie, réveille toi. Si tu m'entends, si tu sens que je suis là… Fais moi un signe, n'importe lequel… »
Regina fixa le visage de la blonde, priant intérieurement tous les dieux du monde pour que sa prière soit entendue. Elle espérait de toutes ses forces qu'un miracle se produise… La voir ouvrir ses yeux, la voir sourire, la voir vivante.
Rien. Emma n'avait pas esquissé le moindre mouvement, même son électrocardiogramme était resté platonique. La mairesse aurait tout donner pour qu'un quelconque miracle se produise. Après un long moment, elle soupira, posant son front contre la main de la blonde. Elle voulait sentir ses mains bouger. Et pour être même tout à fait honnête, elle voulait que les doigts d'Emma parcourent à nouveau sa peau, que ses lèvres l'embrassent et l'embrasent à nouveau, elle voulait aussi dormir près d'elle, la sentir respirer contre son cou… et l'aimer.
Elle resta ainsi, assise sur son fauteuil, la tête appuyée contre le lit de la blonde et sa main liée à la sienne qu'elle avait posé sous sa joue. C'était la toute première fois que Regina avait réussi à lui parler, la toute première fois qu'elle avait réussi à la toucher.
Douze jours. Voilà douze jours que David et Graham avaient retrouvé Emma à Mifflin Street dans un piteux état. Cette fois, les marques qu'avaient laissées August sur son corps peinaient à disparaître. Le docteur Whale s'inquiétait de ne pas voir d'amélioration notable sur l'état de santé de la blonde et n'arrivait pas à médicalement expliquer la raison pour laquelle elle ne se réveillait pas. Les infirmières allaient et venaient dans sa chambre, prenant soin de relever ses constantes et de refaire ses pansements chaque jour sur le corps inanimé, froid et presque cadavérique de la blonde.
Assise sur le banc qu'elle avait tant de fois rejoins ces derniers mois, face à la mer, là où tout avait commencé, elle avait mis de longues heures avant de réussir à lire la lettre que David lui avait transmise. Chaque mot, chaque révélation avait un peu plus brisé la brune qui sentait sa vie lui échapper complètement. Elle avait eu cette affreuse impression d'avoir vécu deux mois de mensonges et de trahison. Elle s'en voulait amèrement de s'être rapprochée de Robin, d'avoir eu toutes ces pensées négatives contre Emma, de l'avoir crue capable de partir sans se retourner, de ne pas l'avoir retenue, de ne pas avoir essayé de comprendre… Elle s'en voulait de l'état d'Emma. Tout était de sa faute.
Elle n'était pas revenue à l'hôpital durant plus de trois jours, incapable d'affronter la situation, incapable de regarder le corps abîmé de son ancienne compagne. La mairesse s'était enfermée chez elle, sans jamais en sortir. Elle avait rejoué les scènes de sa vie un million de fois, changeant leur histoire, les imaginant toutes les deux heureuses et peut-être même amoureuses… Mais la vie réelle s'en éloignait affreusement.
Le Shérif Humbert avait fini par venir chez elle, l'obligeant à lui ouvrir. Il l'avait sermonnée et secouée, l'obligeant à se reprendre et à aller voir Emma qui avait besoin d'elle. Il lui avait également amené le dossier de l'enquête sur la blonde et lui avait confié qu'à son réveil, son amie allait vraiment avoir besoin d'elle. Et il était parti aussi vite qu'il était venu… Le lendemain, Regina retournait déjà à l'hôpital.
David n'avait fait aucune remarque sur son absence de ces derniers jours. Finalement, ils parlaient peu et se relayaient pour veiller sur Emma. La mairesse s'installait dans le fauteuil présent dans la chambre sans dire un mot, et regardait son amie éternellement. Elle ne faisait rien d'autre que la regarder dormir. Elle se sentait incapable de bouger, de lui parler et de la toucher.
Neuf jours passèrent ainsi sans qu'aucune amélioration ne se manifeste. Ce jour là, Regina était arrivée en début d'après-midi, ayant convenu la veille avec David de se roulement. Elle avait frappé deux coups succincts sur la porte avant d'entrer en silence. L'homme s'était alors levé, un sourire peiné se dessinant sur le visage. Il caressa le front d'Emma dans un geste tendre avant de lui déposer un léger baiser sur la joue. Il semblait épuisé et à bout de force.
Quand il se retourna, Regina posa sa main sur son avant bras comme pour le soutenir. Ce geste fut celui de trop pour David, qui craqua complètement dans les bras de la brune.
« J'en peux plus… Elle doit se réveiller. Elle ne peut pas rester ainsi, il faut qu'elle se réveille. Regina je t'en supplie fais quelque chose. »
Resserrant ses bras autour du corps de David qui avait tout l'air d'un petit garçon de trois ans à cet instant précis, elle lui caressa le haut du dos pour lui redonner un peu de force et de courage. Lui, tentait de sécher ses trop nombreuses larmes retenues depuis des jours.
« Rentrez-vous reposer quelques jours auprès de votre femme et de vos enfants… Je veillerai sur elle, je vous le promets. »
C'était la première fois que Regina s'autorisait à parler alors qu'elle se trouvait dans la chambre de la blonde. David secoua négativement la tête pour lui signifier son refus.
« Je veux être là quand elle se réveillera… »
« Je vous appellerai immédiatement quand ce sera le cas. Vous avez besoin de repos et du soutien des personnes que vous aimez… Vous ne pouvez pas gérer ça tout seul. »
« Et vous ? » dit-il tout bas, encrant son regard dans celui de la mairesse.
« Je… Pour l'instant je tiens. »
« Vous l'aimez, n'est-ce pas… ? »
La brune baissa la tête, laissant la question sans réponse. C'était bien trop dur et inapproprié que de répondre à cette question de cette façon. David lui fit un sourire de respect, avant de la prendre une nouvelle fois dans ses bras, puis quitta la pièce sans un mot supplémentaire. La mairesse savait que l'homme n'allait pas écouter ses conseils et rentrer à l'hôtel ou il attendrait patiemment de revenir.
Regina s'appropria une nouvelle fois la chaise qui se trouvait là. Mais pour la première fois depuis le retour d'Emma, elle l'approcha un peu plus du lit pour se saisir de sa main.
« S'il te plaît, je t'en supplie, réveille toi. Si tu m'entends, si tu sens que je suis là… Fais moi un signe, n'importe lequel… »
Elle le lui avait demandé, elle l'avait suppliée de faire un geste, de se réveiller mais rien n'y faisait. Son regard resta figé sur le visage de la blonde, dans l'attente de la moindre réaction. Comme si le geste était naturel et habituel, elle caressa doucement l'avant bras de son ancienne compagne, la sensation sous ses doigts lui ayant affreusement manqué.
Les minutes défilèrent ainsi et Regina finit par s'endormir, épuisée par les dizaines d'heures de sommeil qui lui manquaient. Et le simple fait de sentir la main d'Emma dans la sienne sembla la rassurer puisque, malgré la position inconfortable, elle réussit à récupérer quelques précieux moments de sommeil.
Sa bouche était pâteuse et elle avait cette désagréable sensation d'avoir mal partout. Ses paupières lui paraissaient affreusement lourdes et elle avait du mal à respirer. Dans un effort qui lui parut surhumain, elle ouvrit doucement les yeux pour les refermer immédiatement à cause de la lumière qui vint lui brûler la rétine. Intriguée par la situation, elle répéta le geste plus doucement encore pour prendre le temps de s'habituer à ce qui l'entourait.
Immobile, Emma Swan venait d'ouvrir difficilement les yeux après douze longs jours de coma. Elle resta plusieurs longues minutes ainsi à fixer le plafond blanc, tentant désespérément de comprendre la situation dans laquelle elle était. Retrouver une à une les sensations qui lui avait été arrachées était un combat plus difficile qu'elle n'aurait pu le croire. La vue tout d'abord, qu'elle eut du mal à ajuster face à la lumière qui inondait la pièce dans laquelle elle se trouvait. L'odorat ensuite, il était certain qu'elle se trouvait dans un hôpital. Elle reconnaissait l'odeur caractéristique de ces endroits qu'elle avait appris à haïr. L'ouïe fut légèrement plus longue à revenir, mais après quelques minutes, il lui sembla reconnaître le son régulier d'un électrocardiogramme qui correspondait déjà à sa première constatation, à savoir celle d'être dans un hôpital. Puis le goût, elle sentait sa bouche sèche et elle ne rêvait que d'un grand verre d'eau froide.
Puis le toucher. Si tout son corps semblait n'être que douleur, elle aurait juré sentir le contraire sur sa main gauche. Non sans difficulté, elle pencha légèrement la tête pour voir ce ce qu'il y avait sur sa main. Et elle était là…
TBC...
