Bonjour, bonsoir à toutes et à tous,
Je suis heureuse de poster la suite de cette « fanfiction détente ». En rentrant du travail, prendre un petit apéro avec Eaque n'est pas de refus… Ou un thé avec Albafica et Shion, enfin bref, prenez le personnage que vous préférez et faites-en ce que vous voulez.
Moi ici je les aime tous ^^
Dire que j'ai commencé l'écriture de cette histoire il y a presque deux ans. Que le temps passe vite. Un jour il y aura une fin, promis.
RaR :
Athena : merci pour ta review tout d'abord et pour ta constance :) Je n'ai toujours pas d'idée concernant cette fic mais on verra, j'ai des chapitres d'avance. Concernant Shun en fait dans mon esprit il n'est pas doté d'intention malveillante, il est comme qui dirait insouciant. C'est assez compliqué, je vois que je n'ai pas réussi à retranscrire ce que je voulais de lui. Ma foi tant pis. Sache qu'il ne veut pas faire de mal à Aphro, en fait il l'aime et aussi son nouveau petit ami. Minos et Albafica filent un mauvais coton, heureusement (pour moi) leurs amants respectifs n'ont encore rien vu :D
Merci pour tes encouragements, bisous !
Nao Sempai : merci aussi pour ta review :) Elle m'a fait sourire dans le bon sens du terme. Je suis heureuse si j'ai pu transmettre une tension pareille sur mon OTP. Il faut bien que la température augmente ;)
Ignis : merci pour ta review :) Il est temps de passer la seconde avec Minos et Albafica, ça fait 26 chapitres qu'on attend que ça. Enfin que moi je n'attends que ça. J'espère que la suite te plaira également ^^
Je vous souhaite une bonne lecture avec ce chapitre-ci.
Kyss fra Peri.
Chapitre 26
De nouvelles amitiés se créent pendant que d'autres se brisent
En cette veille de week-end du début du mois de janvier, Angelo se voit être de repos. Il ne quitte plus son nouvel ami Shura, rencontré au Nouvel An. Comment se fait-il qu'Aphrodite ne le leur ait pas présenté avant ? Pourquoi le cacher ? Ils s'entendent à merveille ces deux là, comme s'ils se connaissaient depuis une dizaine d'années.
Ce matin l'italien se prépare en sifflant dans la salle de bain. Mû l'examine en entrebâillant la porte. Angelo torse-nu réajuste sa coiffure. Depuis que Shura le conseille sur ses tenues et astuces pour la structurer, il applique ses conseils à la lettre. Ils sont pareils, masculins jusqu'au bout des ongles, méditerranéens au sang chaud. Peut être est-ce la raison de leur entente si parfaite ? Mû n'en sait rien, la seule chose qu'il constate c'est la gaieté qui irradie de son compagnon. Et c'est bien la seule chose qui compte.
D'autant plus que l'infirmier avoue que leur nouvel ami possède des qualités et non des moindres. Il est poli, courtois, fin dans ses propos. La seule ombre au tableau et qu'il aime les mêmes choses que son amant, c'est-à-dire le foot, les bières, l'humour caustique et les allusions douteuses. Dans ces coups de temps là, Mû se sent seul, bien seul. Mais bon, ce n'est pas un gros défaut en soit, il y survivra.
Il entre est se colle derrière le dos puissant, enroulant ses bras sur le ventre halé. Pose sa tête sur les trapèzes. Angelo est toujours bouillant, une vraie chaudière en ébullition.
— Tu vas faire quoi aujourd'hui ? demande le jeune infirmier.
— Je vais voir Shu'.
— Oh que c'est mimi, tu lui as donné un diminutif… Il t'appelle comment lui ?
— Te moque pas !
— Mais je n'oserais pas ! Vous vous entendez bien à ce que je vois.
— Oui, il est marrant. Un peu coincé parfois, c'est son attitude. En fait, il fait pince sans rire mais quand on le connaît mieux il adore rigoler. On va passer la journée ensemble. Ca ne te dérange pas ? Je rentre pour souper.
— Non vas-y. On pourrait l'inviter ce soir.
— Tu es sûr, ça ne te pose pas de problème ?
— Mais non enfin quelle question ? Invite-le. Par contre je ne ferai pas la cuisine, vous n'aurez qu'à acheter des trucs tout prêts.
— Je peux acheter des kebabs ou des américains ?
— Non c'est trop gras.
— Aller, j'en mange jamais !
— Oh mais tu es pire qu'un gosse. J'ai dis non, tu n'as qu'à prendre des pizzas pour ce soir. C'est plus digeste.
Angelo souffle et croise les bras sur ceux de Mû. Il doit surveiller son alimentation vu le métier qu'il exerce. Un surpoids n'est pas permis, il se doit d'entretenir son corps. C'est son outil de travail, sa machine de guerre. Aucun abus ne lui est autorisé, surtout sous le joug de son superviseur en titre…
D'ailleurs celui-ci se permet de lui toucher ses petites fesses musclées en disant sur un ton taquin.
— Je ne voudrais pas que tes petites fesses d'amour deviennent toutes graisseuses… Tu dois les préserver pour moi.
L'italien part dans un fou rire incontrôlable. Il se retourne, prend son compagnon par les épaules, effectue un quart de tour et le plaque contre le lavabo. Leurs nez se touchent.
— Il mio amore… Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
— A toi de me le dire…
— Je mangerais ce que je voudrais, y compris des américains et des hot-dogs ! lance Angelo d'un ton joueur.
— Et tu deviendrais flasque comme un flamby !
— Ah j'hallucine ! Tu me ferais des palpés-roulés…
— Tu rêves…
— Oui, tous les jours avec toi.
Il pose ses grandes mains sur les joues de Mû, ses doigts caressent à peine ces renflements, doucement. Comme si le jeune homme n'existait pas. Les deux hommes ferment leurs yeux en même temps pour savourer ce contact intime. Intime mais tellement familier, tellement sécurisant. Ils aiment se chercher, verbalement, physiquement pour mieux se retrouver. Leur couple est aussi solide que celui du grand frère Shion – sans l'ombre planante d'un éventuel rival qui pourrait surgir à tout instant.
Ils se détachent enfin, Angelo termine sa préparation.
De retour dans la cuisine le pompier retrouve son compagnon attablé une tasse de thé fumante, lisant un magasine de santé coude posé sur la table et main soutenant sa nuque.
— Tu vas faire quoi mio amore aujourd'hui ?
— Je vais trainer avec Alba et Eaque. Tu sais son voisin… Il adore le shopping apparemment. Moi pas trop mais bon on verra.
— Mais oui profite… Sauf… Ne crame pas la carte de crédit quoi.
— Angie… Pour qui tu me prends ? Je ne suis pas dépensier tu le sais bien. C'est plutôt toi et ta manie d'acheter des DVD et autres fourbis informatiques derniers cris…
— Pfff, tu dis n'importe quoi. Vous vous retrouvez où ?
— A onze heures chez Alba. On va aller manger en ville.
— Tu me raconteras ta journée. A ce soir.
Angelo se penche pour prendre dans un baiser passionnel son amour, puis déserte l'appartement.
Il retrouve Shura au salon des expositions Porte de Versailles pour visiter le salon de l'automobile qui se tient ce week-end précisément. Egoïstement, Angelo n'a pas souhaité inviter d'autres de ses amis pour profiter de sa journée avec l'espagnol. Il veut l'avoir rien que pour lui.
Ils se promènent parmi les allées de l'expo en commentant chaque modèle – et hôtesse par la même occasion – en grignotant des tas de cochonneries. Mû n'étant pas présent il peut s'en donner à cœur joie. Ils prennent des photos, visitent les stands et repartent avec des tas d'objets inutiles. Des objets publicitaires pour la plupart.
Ils aperçoivent Rhadamanthe en compagnie de Minos plus loin eux aussi admirant les beaux prototypes de quelques marques réputées. En effet, Valentine étant toujours souffrant et sous antalgique, il ne peut sortir de chez lui. C'est donc l'argenté qui accompagne son ami pour cette exposition. Etrangement Rhadamanthe ne s'extasie et ne s'intéresse qu'aux marques anglaises comme les Bentley, les Aston Martin et les Jaguar.
Sans plus de cérémoniale les quatre hommes se disent bonjour de loin par un signe de tête et passent leurs chemin. Heureusement que Kanon n'est pas là, sans ça il aurait sûrement coincé son beau gosse sur le capot d'un de ces bolides…
De son côté Mû retrouve Albafica ainsi qu'Eaque pour leur virée shopping. Les deux férus de fringues discourent des heures durant sur la dernière coupe de jeans à la mode. Kaporal ou Japan rags que choisir ? Cruel dilemme qui anime nos deux hommes. Mû pendant ce temps, s'ennuie un peu en contemplant le postérieur d'Eaque moulé dans un jeans à la coupe étroite. Il s'admire sous toutes les coutures en se contorsionnant pour voir le résultat sous l'œil critique d'Albafica.
— Ne prends pas celui-là, il te fais un gros boule, engage Albafica sans tact.
— Oh tu ne vas pas recommencer à me dire que j'ai de la cellulite je te préviens !
— Non je n'ai pas dit ça. Mais ce jeans ne te va pas point.
— Comment ça il ne me va pas ? Mû ? Tu en penses quoi toi ? J'ai un beau cul dedans ou pas ?
Il se poste devant le jeune homme pour lui faire admirer son derrière.
— Franchement Eaque ? Je n'en sais rien, pour moi tous ceux que tu as essayé avant se ressemblent. Je ne vois pas la différence, disserte Mû.
— Et toi Alba tu en penses quoi des autres ? s'inquiète Eaque.
— Je te l'ai dit, je préfère les Kaporal. Ils camouflent plus tes imperfections.
— Je ne suis pas d'accord ! C'est passé de mode ça, moi je me tourne vers d'autres marques. Je ne porterai pas de Kaporal !
Et c'est reparti pour un tour ! Les deux hommes s'envoient leurs arguments à la figure pour tenter de faire flancher l'autre et de vanter les mérites de leurs marques favorites. Mû doit supporter ces conversations élitistes auxquelles il ne comprend rien, mais absolument rien !
En fin d'après-midi le jeune homme à la crinière lavande rentre chez lui. Personne n'est encore là, il a le temps d'aller prendre une bonne douche réparatrice. D'avoir marché autant lui a provoqué des ampoules. Surtout un bourdonnement au niveau de ses oreilles, les piailleries des deux zigotos en sont la cause. A dix neuf heures approximativement Angelo rentre avec Shura, direct ils s'affalent dans le canapé.
— Tu veux une bière Shu' ?
— Oh ouais merci Angie.
L'italien lève son postérieur pour aller dans la cuisine tandis que Mû sort de la salle de bain. Il rit : ainsi il avait raison, son compagnon aussi se voit attribuer un surnom ridicule. Et après on fanfaronne en faisant les machos. Mais mort de rire !
— Salut Shura, tu vas bien ?
— Salut Mû, oui bien et toi ? Tu n'es pas venu avec nous aujourd'hui ?
— Bien merci. Non je n'aime pas tout ce qui est mécanique et carrosserie. Vous étiez mieux sans moi.
Angelo revient deux bières à la main avec un paquet de chips.
— C'est parce que t'y comprends rien mon cher, nargue t-il.
— Oui si ça te fais plaisir… Tu commences à manger des saloperies avant dîner ? Tu n'auras plus faim.
— Oh mais ce ne sont pas les premières qu'il mange…
L'italien donne un coup de coude dans les côtes de Shura pour divulguer une pareille information.
— Laisse Shura, je me doute qu'il a dû en profiter. Moi c'est pour ton bien que je dis ça. Tu ne viendras pas te plaindre quand lundi tu n'arriveras pas à faire la planche à la caserne. Et que tes collègues se moqueront de toi.
— Pourquoi tu voudrais que je le loupe ? demande l'italien.
— Parce qu'avec tout ce que tu engloutis depuis hier soir, tu vas être lourd et ballonné. Tu ne pourras plus décoller du sol. Ca risque d'être chouette lundi, moi je te le dis…
Angelo boude tandis que Shura rit. L'ambiance s'installe progressivement, comme promis le vaillant sauveteur a ramené pizzas et sandwiches américains. Tout pour bien faire. Ce n'est pas grave, son amant lui promet de le mettre à la diète le lendemain – qu'il en profite.
Le week-end s'annonce mal pour Kanon. Après son litige avec Valentine, Milo lui a demandé des comptes la semaine dernière. Il fallait bien y passer, et dieu seul sait que le jeune rebelle déteste devoir se justifier.
Début du flash back :
Samedi dernier Milo vint directement chez son petit ami en titre pour tirer cette affaire au clair, sans avertir le principal intéressé de sa venue. Mis au pied du mur, Kanon n'a pas pu fuir, il dût se coltiner les reproches de son petit-ami-temporaire.
Saga s'éclipsa sentant le danger ou plutôt les remous venir. Courageusement il se planqua dans sa chambre pour travailler.
Milo se tenait dressé fièrement de toute sa hauteur devant l'impudent qui le défiait du regard.
— Je peux savoir ce que tout ça signifie Kanon ? Pourquoi tu t'es foutu sur la gueule pour un mec qui n'est pas avec toi ? Ce Rhadabradante là de malheur ! Pourquoi tu t'es battu avec son mec ? Il ne t'a rien demandé ! Et ne dis pas le contraire, me prends pas pour une truite ! Je t'ai vu toute la soirée le chercher et jeter des regards sulfureux à l'autre !
— Mais tu te fais des idées Milo… Quand je suis descendu aux toilettes pour m'excuser c'est lui qui m'a agressé et insulté. Je n'allais pas me laisser faire sans rien dire !? Un pignouf m'insulte et je dois lui dire merci ? On aura tout vu ! Mais tout vu !
— Tu me prends vraiment pour un bleu, hein ? Tu crois quoi Kanon ? Que je suis qui moi ? Le premier clampin venu ? Tu crois que tu peux m'embobiner comme ça et me monter le cerveau à l'envers ? Franchement !
Milo s'approcha tout près de Kanon et l'agrippa par le col de son pull.
— Tu ne sais pas qui je suis en réalité… Parce que tu ne t'ais jamais donné la peine de faire attention à ce que j'aimais ou pas. Tu n'as pas pris la peine d'essayer de me connaître, moi et non mon corps ! On ne me jette pas comme un malpropre et on me mène encore moins en bateau. Avoue !
— Quoi mais quoi bordel !? Tu veux que j'avoue quoi ?
— Que tu as des vues sur ce machin là, cette montagne de muscle ! T'as envie de te le faire c'est ça ? Et moi je suis quoi dans l'histoire !? Le dindon de la farce ?
Kanon prit la main de Milo et la retira, puis le poussa pour se détacher de sa présence.
— Tu veux la vérité ? C'est ça ?
— Mais bien sûr quelle question débile !
— Je vais te la dire moi… Oui je le veux, oui j'ai flashé sur lui la première fois que je l'ai vu. Oui je t'ai dragué ce soir là pour le rendre jaloux et encore oui j'en ai rien à foutre de toi ! T'es content !?
Sans le voir venir, Kanon se reçut un magistral coup de poing dans l'œil droit. A son tour… Il pourra faire concurrence à Valentine, ils se complèteront les deux puisque leurs cocards sont placés sur un œil différent.
— Mais t'es dingue ma parole fais toi soigner !
— Tu m'utilises depuis le début, sale enflure ! J'y crois pas ! Je le savais ! Mais je le savais vingt dieu !
Kanon se tint le haut de sa pommette avec une de ses mains.
— Ne fais pas l'innocent va ! Tu le savais depuis le début que je n'étais pas attaché à toi. Je te l'ai dit parce que je ne suis pas un hypocrite. Mais à chaque fois que je parlais de séparation, toi tu insistais au contraire. Tu ne voulais pas entendre ce que j'avais à te dire !
— Parce qu'on ne me traite pas comme ça et tu vas t'en rendre compte bien avant l'heure va…
— Ah des menaces maintenant ? Non mais attends… Tu oses me menacer là ? Tu crois que j'ai peur de toi ? Vas-y tente quelque chose, moi je t'attends.
Milo partit furieux de l'entretien d'avec son ex-petit-ami-non-officiel. Avant qu'il ne franchisse le pas de la porte Kanon cria.
— Oh et inutile de te dire que c'est fini entre nous ! J'espère que t'as compris cette fois ?
La porte claqua et Milo s'envola.
S'en suivit un long sermon made in père Saga le saint prêcheur, sur l'attitude désobligeante de son frère. Qui se conclut sur une phrase pleine de philosophie de la part de ce dernier.
« Si tu tiens tant à lui, tape-toi le qu'on en parle plus ! »
La poésie version Kanon…
Fin du flash back
Dorénavant il se retrouve seul, comme son frère. Mais au moins l'avantage est qu'il ne sera plus obligé de faire semblant. Bien que Milo fût un habile amant – très endurant, très passionné, très doué – il pourra se consacrer à sa quête du Graal. A savoir l'harponnage d'un certain beau gosse à la masse musculaire impressionnante… Plus rien ne lui barrera la route.
En attendant vu qu'il n'a rien à faire, il fait des heures supplémentaires au restaurant. Aspros leur nouveau maître d'hôtel vient de se prendre le bec avec son énième client de la soirée. Bizarrement, Kanon reste indulgent avec lui. Il lui rappelle son comportement tout simplement, au lieu de le réprimander, le patron s'en amuse le regard plein de sollicitude. Il ne doute pas qu'Aspros se calmera un jour ou l'autre. Avant la fermeture du restaurant pour désertion de la clientèle, espérons-le.
Le pauvre Saga tourne en rond entre toutes les salles, il fait le lien entre tout le monde. Ses migraines reviendront à grands pas s'il ne se calme pas. Pourtant il peut compter sur son frère pour gérer mais non, impossible pour lui de déléguer la moindre tâche. Saga doit tout contrôler et ce en permanence. Il ne fait confiance à personne, alors ce soir comme tous les soirs il cavale de partout et occupe tous les postes à lui tout seul. Cela présente l'avantage de délester son esprit d'un poids mort : Mû. Au moins pendant qu'il court il ne pense pas à lui.
Ce début de semaine s'annonce très pénible pour Rune. En ce mardi quatorze janvier il n'a pas eu d'écho de la part de son patron sur sa non-venue de l'autre jour. Il se ronge les sangs en attendant des retombées. Retombées qu'il présume sanglantes…
Le stress s'empare de lui, il n'arrive plus à maîtriser ses gestes et ses attitudes. Bientôt la dépression va le gagner. Eaque, attentif au problème de son ami lui conseille d'aller voir le cousin d'Albafica pour apprendre à gérer et calmer ses angoisses. Couplé à des antidépresseurs, ce cocktail détonant devrait faire effet. Pour le moment son corps n'étant pas habitué aux molécules, une grande fatigue se fait ressentir. Réticent au départ, il s'est laissé convaincre. Que ne ferait-il pas pour faire plaisir à Eaque ? Rien. De plus, il n'a pas tort son ami, il faut évacuer toutes ces mauvaises énergies qui émanent de lui.
Rune a pris rendez-vous en urgence avec Aphrodite, via Albafica, via Eaque. Cette après-midi à seize heures il attend son tour dans la salle. Une dame ainsi qu'un monsieur patientent avec lui. Il regarde la pendule toutes les minutes, anxieux de cette entrevue. Comment se passe une séance de sophrologie ? Que va-t-il bien pouvoir y faire ce gugusse ? Ses pensées se figent quand Aphrodite ouvre la porte énergiquement pour faire sortir sa patiente. Son regard ciel plonge dans celui translucide de Rune.
— Au suivant, dit le praticien de sa voix douce.
Rune se lève hésitant. Oui c'est bien son tour, donc il avance jusque vers le jeune homme. Son assurance déborde même en ne faisant rien. Ils entrent. Aphrodite lui sourit pour le mettre en confiance, parce que c'est son métier, parce que c'est dans sa nature. De suite l'œil du professionnel scrute ce jeune homme sous toutes les coutures. Il s'assoit, invite l'autre à en faire de même et pose ses coudes sur la table. En quelques secondes son opinion est effectuée. Rune transpire l'anxiété à plein nez, tout dans sa posture l'indique. Ainsi que ses gestes saccadés et son regard fuyant. Pour note personnelle : Aphrodite ne garde aucun souvenir de cet individu lors de leurs soirées respectives. Il commence l'entretien.
— Bonjour monsieur Nielsen. Nous allons nous appeler par nos prénoms, ça sera plus facile. J'aime entretenir des relations approfondies avec mes patients. Je crois que nous allons passer de nombreuses heures tous les deux… Pour commencer vous m'avez été recommandé par Eaque en me spécifiant qu'il fallait que je vous prenne en urgence… Je vous écoute. Quel est votre souci majeur ?
L'assurance du sophrologue pourrait faire pâlir n'importe qui. Aucun doute, il maîtrise son sujet et son métier à la perfection. Il sait de quoi il parle, on se sent de suite à l'aise avec lui. Pourtant Rune a du mal à se laisser aller.
— Et bien c'est délicat… Je ne sais pas… Si je peux tout vous dire.
— Nous sommes là pour vous aidez à évacuer vos idées noires, et faire un travail sur vous-même. Si vous me cachez des choses importantes comment voulez-vous que je vous aide ? Je ne peux pas vous donner les clefs de la réussite si vous les refusez ? Allez-y. Tout ce qui est dit entre ces murs ne ressort pas.
— J'ai un souci à mon travail… Non mais c'est gênant.
Aphrodite garde un temps de silence, puis décrète.
— Bien je ne veux pas vous brusquer. Notre travail se base sur une relation de confiance. N'oubliez pas cela Rune, vous pouvez avoir confiance en moi. Donc si vous estimez que c'est trop tôt pour vous laissez aller je vous suis… Mais sachez qu'il faudra me parler à un moment donné. Bien, commençons cette séance, voulez-vous bien ?
— Oui.
Aphrodite débute son entretien par une discussion d'une dizaine de minutes, suivit de ses exercices de relaxation. Comme avec Saga. Il termine par un dernier entretien où il est question d'approfondir les émotions ressenties par Rune.
— Je vous donne deux séances par semaine. Le minimum syndical. Si toute fois il s'avérerait qu'il faille plus de séances, je m'accorde le droit d'y remédier. Bien je vous dit à bientôt.
Rune part de ce cabinet dubitatif. Cette première consultation ne lui a rien apporté, normal ce n'est que la première. Patience est mère de sureté, donc patientons.
Il s'empresse d'aller retrouver son ami – ex – fidèle à son théâtre pour lui faire part de ses impressions. Il ne le quitte plus d'une semelle au grand désespoir de Minos.
Minos est en proie à des idées noires. Il ne sait plus où il en est, la dernière fois que son atroce voisin est venu le trouver dans son appartement, ils se sont chauffés puis l'autre à décampé vite fait, bien fait en le laissant en plan.
A son déjeuner d'affaire avec des actionnaires importants de la boîte, Minos n'est pas à ce qu'il fait, il reste songeur ce qui ne lui ressemble pas. Alraune qui est là, prend le cours des choses en main. Effectue maintes courbettes, s'avise des banalités d'usage concernant la santé des hommes présents, leurs familles respectives. Pour être franc c'est lui qui mène la partie. Il voit bien l'air préoccupé de son ami, il en conclut qu'Alone lui impose trop de travail. Minos va craquer. Le regard perdu au loin, fixant un point de la salle de restaurant, il ne voit rien de ce qui se passe autour de lui. Tout s'embrouille dans sa tête : Eaque, Albafica, sa culpabilité, sa nouvelle envie, l'agacement envers son compagnon mais également l'amour qui lui porte. Minos n'aime pas ressentir milles choses en même temps, lui reste toujours droit dans ses pensées. Il les contrôle, ainsi que ses envies. Tout, il dirige tout mais là tout part à volo ! Pour la première fois de sa vie, sa vie justement lui échappe. Que va-t-il faire ? Va-t-il céder à la tentation ?
Précipitamment il se lève pour sortir, il a besoin de prendre l'air. En quittant la salle il croit apercevoir une chevelure topaze. Il se reprend une demi-seconde. Albafica est là ? Qu'est-ce qu'il vient faire ici ? Dans un établissement haut de gamme à l'heure du déjeuner ? Fausse alerte, ce n'est que la chevelure d'une jeune fille qui s'installe auprès de son fiancé sans doute. Décidément, la situation part en sucette si Minos commence à avoir des hallucinations.
De retour au sein de Heinstein Group la journée suit son cours. Alraune aide le plus qu'il le peut son ami en s'occupant et en le secondant sur ses dossiers. Alone le charge de plus en plus. Il faudrait pour bien faire atteindre directement ce Thanatos de malheur, le faire flancher, le mettre à terre. Comme ça les groupes Novapharma reprendraient leurs billes et les replaceraient chez eux… Comment faire ? Trouver une taupe qui s'infiltrerait dans sa société ? Trouver quelqu'un sur place déjà, sera la meilleure solution… Minos pourrait suivre pas à pas les étapes et les idées de son dirigeant, Mr Ellison. Il aurait une vue étendue sur l'intérieur de la fourmilière, il pourrait se rapprocher du « dragon » sans être vu… Oui, en voilà une bonne idée ! Ne reste plus qu'à dénicher cette taupe qui fera le sale travail à sa place.
Se frottant les mains, tout heureux de sa trouvaille, Minos se détend peu à peu. La fin de journée s'annonce sous les meilleurs auspices, au lieu de réprimander tous les employés qui croisent sa route, il ne se contente que d'humilier un seul en public vers la machine à café.
Valentine chez lui se morfond. Il souffre toujours de sa fracture, les antibiotiques l'assomment et ses bains de bouche à répétition le brûlent. De plus, son incapacité à mastiquer l'oblige à ne manger que des aliments liquides ou mixés comme de la purée ou de la viande hachée menu-menu – comme les personnes âgées. Il maudit de tout son être cet espèce d'enfoiré prénommé Kanon ! C'est à cause de lui s'il en est réduit à avaler de la bouillie pour chien et ne plus pouvoir faire des bisous graveleux à son mec ! Pour parfaire le tableau, il ne sait pas s'il pourra reprendre le travail, son premier rôle va lui passer sous le nez ! Encore à cause de ce sale Kanon de la mort !
Il tourne en rond chez lui, harcèle Rhadamanthe de messages et de coups de fils répétés, ses amis à tour de rôle. Tout le monde est mis à contribution dans son malheur. Si les gens ne savent pas que Valentine de Saxe est convalescent c'est qu'ils vivent sur une autre planète !
Orphée ainsi que Mime en bons amis-collègues compatissants sont venus prendre de ses nouvelles. Gentiment le metteur en scène a apporté des religieuses, seulement Valentine ne peut que les regarder de loin…
Au tour d'une tasse de café, les hommes discourent des dernières nouvelles concernant le théâtre.
— Je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, mais moi je trouve Eaque chiant comme la lune ! déblatère Orphée.
— Je ne te le fais pas dire… Il doit être jaloux de ton talent Orphée, tu sais si bien gérer le Myrmidon… Il voit bien qu'on peut se passer de lui. En rajoute Mime – petit fielleux en cet instant.
— Ne dites pas de saloperies sur Eaque ! C'est mon ami ! défend Valentine.
— Oh mais justement ma cocotte… C'est parce que vous êtes amis que tu obtiens bon nombre de privilèges… Parce que si tu étais traité au même tarif que les autres acteurs, on aurait pu organiser un casting, reprend Orphée vexé comme un pou.
— Tout à fait, amplifie Mime.
On ne peut pas discuter avec le directeur artistique, il est d'une mauvaise foi inqualifiable doublé d'un sens aigüe du drame. Et Valentine ne veut pas l'entendre partir dans ses délires d'artistes incompris.
Orphée se lève pour visiter l'appartement sans gêne, en commentant tout ce qu'il voit. Mime tend l'assiette de pâtisseries à son ami.
— Je ne peux pas en manger.
— Oh pardon j'avais zappé. Au moins l'avantage c'est que tu vas perdre quelques kilos… Et ça se passe comment avec ton chéri ?
Tac un fion.
— Bien pourquoi tu veux savoir quoi ?
— Oh rien mais… On dit que tu t'es battu avec un greluchon parce qu'il a couché avec ton homme. Et qu'il va te quitter pour son nouveau mec. Je m'inquiète pour toi c'est tout… En plus une bête comme lui doit demander tous pleins d'attentions, si tu vois ce que je veux dire… Ouh ça m'émoustille moi tout ça… Tu as de la chance tu sais d'avoir un homme comme ton blondinet.
En effet l'envie fait dire de bien vilaines choses, Mime en crève en ce moment.
— Les « on dit » ça comprend qui ? Toi et Orphée, les langues de vipère de la compagnie c'est ça ? Mime, au lieu de t'occuper des histoires de fesse de tes amis, essaie de gérer les tiennes, de fesses.
Valentine reprend un gâteau des mains de Mime qui s'apprêtait à l'engloutir.
— Oh et lâche-moi ça. Ca ne te ferait pas de mal de faire un régime. Peut être que tu trouverais un mec aussi classe que le mien… Quoi que… Tout bien réfléchi, non… Trouves-toi déjà un mec normal, ça sera bien.
Le comédien vient de le moucher en beauté, et de l'humilier bien comme il faut. Valentine retrouve sa splendeur d'antan. Dès que l'on touche à son Rhadou adoré il montre les dents et crache son venin. Mime tout penaud n'ose plus ouvrir la bouche. Cela fera des vacances à tout le monde, surtout au pauvre Eaque.
Orphée revient de son tour de propriétaire pour annoncer leur départ.
— Bon mon chou, on va te laisser tu dois te reposer. J'espère que tu seras rétabli pour le casting… Et oui, on va en faire passer un tout de même au cas où… Bon aller bisou-bisou !
Mime rajoute sur un ton hypocrite.
— Bisou-bisou.
Puis suit son pygmalion.
Valentine soupire en regardant les délicieuses pâtisseries. Il va en faire quoi ? Il ne va pas les jeter à la poubelle ? Il ne va pas les mixer ? Il range tout et commence sa vaisselle. Depuis qu'il est en arrêt maladie son appartement étincelle de milles feux. Normal, il passe son temps à faire le ménage. Il ne peut sortir dans la rue avec sa fronde ou même quand il l'enlève il est trop affaibli. Puis il n'arrive pas à articuler correctement, les gens se moqueraient de lui.
En attendant son petit ami qui doit passer dans la soirée, notre comédien se fait un sang d'encre en repensant aux paroles mesquines de ses « amis-collègues ». Comment ça Rhadamanthe aurait couché avec ce type ? Cela veut dire quoi exactement « il va te quitter pour son nouveau mec » ? Nouveau mec de quoi, non mais ça ne va pas ?
De nature anxieuse, pour le coup les suppositions de Mime le chamboulent un peu plus, il fait les cents pas en tenant fébrilement son téléphone en main. Une envie irrépressible d'être rassuré le submerge en ce moment. Non il ne faut pas succomber, résister, résister. Val prends sur toi et attend qu'il vienne. Pour ne pas flancher il pose son téléphone loin de lui, comme cela il est certain de ne pas harceler inutilement Rhadamanthe. Ce dernier tarde à venir, pour quelle raison encore ? Et là Valentine repart dans les méandres de son esprit sinueux pour se faire des scénarios catastrophes.
Et s'il est encore avec cette raclure de Kanon Costa ? S'ils sont en train de… De… Non ! C'est trop affreux pour y songer !
Valentine se ronge les ongles, ses dents ripent, sa mâchoire se bloque. Mais quel idiot ce n'est pas possible ! Il gémit en se tenant le maxillaire inférieur.
Au bout d'une heure de retard on cogne à sa porte. Le maître des lieux se lève pour aller ouvrir, sans un mot il va se rassoir sur son canapé en boudant. Avant même de faire un pas de plus, l'anglais souffle en levant les yeux au ciel. Il aurait mieux fait de rester à la maison tiens.
— Ca va Val ? Tu ne dis rien, cela ne te ressemble pas… Ta journée a été bonne ?
— Oh oui très bonne, j'ai eu droit à de magnifiques révélations te concernant ! cingle le rosé.
— Quoi encore ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
— Oh rien Rhadou rien ! Si ce n'est que je suis la risée du Myrmidon ! Voilà quoi c'est tout !
Rhadamanthe se rapproche en grognant, il n'aime pas être agressé sans raison. Et surtout en fin de journée. En début aussi. Puis en milieu, le jeune homme n'aime pas être pris à parti point. Sa patience a des limites qui sont très restreintes.
— Bon crache le morceau qu'on en parle plus, parce que si je dois te supporter tirer la tronche toute la soirée moi je te préviens je rentre chez moi !
— Oh oui la bonne excuse, hein !? Tu veux rentrer chez toi pour te vautrer sur ton serveur de pacotille c'est ça ? Il est mieux que moi ? Il te fait mieux l'amour !? Tu vas me quitter pour lui ? Il te su…
— Tais-toi !
Rhadamanthe vient d'élever la voix ce qui se rapproche assez d'un cyclone, voire du tonnerre, voire d'une tempête. Ce qui a pour effet de clouer le bec instantanément à Valounet.
— Mais tu crois parler à qui je te prie ? Et s'il te plait, inutile d'employer la vulgarité avec moi ça ne marche pas ! Je ne sais pas qui t'a mis ce genre d'idiotie en tête mais c'est faux totalement faux ! Tu n'as pas confiance en moi ?
Là Rhadamanthe devrait se taire… Puisque oui en effet, il a en quelque sorte trompé son amant en se laissant aller dans les bras de Kanon le briseur de ménage. En dissimulant cet épisode il vient s'assoir aux côtés de son petit ami. Sa raison vacille entre lui mettre une claque dans la tête pour le recadrer ou le réconforter… Seulement l'anglais n'a pas l'habitude de rassurer ses amants à tout bout de champ. N'étant pas insensible pour autant il pose sa main sur celle de Valentine et adoucit sa voix.
— Val écoute… Je ne sais pas ce qui te fais penser une chose pareille mais ne crois pas tout ce qu'on te dit. Tu es trop influençable, fais-toi ta propre opinion par toi-même. Pourquoi voudrais-tu que je te trompe ?
— Parce que ce Kanon tortille du cul quand il te voit ! Voilà pourquoi ! Il est très aguichant et provocant, il le fait exprès. Oh et ne me contredit pas, j'ai bien vu comment il se comportait à la soirée du Nouvel An ! Je ne suis pas totalement sot encore. Ne nie pas. Il te draguait ouvertement, après il s'est jeté sur moi dans les toilettes. Il m'a tabassé puis s'est vanté de t'avoir eu dans les toilettes de son propre restaurant… Dis… C'est vrai ? Vous vous êtes embrassés pendant que moi je t'attendais en salle ? Rhad… Ne me dis pas que c'est vrai !
Nier, tout raconter, mentir, dire la vérité, l'avocat ne sait pas quoi faire. Comment trouver la bonne solution en quelques secondes ? Comment préserver la fragilité de Valentine ? Sans réfléchir il répond du tac au tac.
— Oui c'est vrai on s'est embrassé dans les toilettes. Je ne sais pas comment on n'en est venu là…
— Rhad !
Valentine porte sa main devant sa bouche, les yeux humides il contemple le restant de son amour tâché par la sale bouche de ce restaurateur à la noix. Alors c'était donc vrai ? Tout ce fiel déversé en début d'après-midi par Mime était donc exact ! Son Rhada en sucre l'a trompé, lui l'homme le plus intègre qu'il connaisse. Jamais il n'aurait imaginé une telle chose possible. Rhadamanthe tente de s'expliquer.
— Je ne sais pas écoute. Je ne veux pas te mentir non plus mais Val… Désolé je ne peux pas me justifier et te donner une raison limpide. Cela ne l'est pas pour moi. Ne m'en veux pas, ça ne comptait pas. C'était sur le coup de l'emportement.
Le blond ressert la pression sur la main de son petit ami qui la retire, se lève pour aller se réfugier devant la fenêtre, dos à Rhadamanthe. Ce dernier veut le prendre dans ses bras dans un geste maladroit mais Valentine le repousse. Il se dégage des mains qui se posaient sur ses épaules.
— Va-t'en.
— Je te demande pardon ?
— Va-t'en j'ai dit. Je ne veux plus te voir pour ce soir. Tu me déçois. Vraiment. Je n'aurai jamais cru que tu étais capable de me mentir. Tu m'as trahi. Pars.
Sans se faire prier, le blond quitte les lieux en laissant Valentine effondré, en pleurs. Il se retenait comme il le pouvait mais maintenant qu'il se retrouve seul il peut se laisser aller. Devant sa fenêtre, il se recroqueville en serrant ses bras autour de sa poitrine puis il pleure. Longtemps. Ce qu'il redoutait depuis toujours est en train de se produire : le bonheur qu'il tenait entre ses mains s'envole, lui échappe et il ne sait pas quoi faire pour le garder. Il voudrait tant capturer son Rhadou pour toujours. Il pense à ce Kanon, que peut-il faire contre lui ? Contre son assurance ? Contre sa sauvagerie ? Sa détermination, sa beauté puissante ? Rien. Alors Valentine se contente de souffrir en silence, pour une fois il ne fera pas d'émule, pour une fois personne n'assistera à sa prestation. Il sera seul acteur et spectateur de sa vie qui fout le camp.
(suite...)
