Chapitre 23 – Who lives, who dies, who tells the story?
Je trouvai du réconfort entre mes parents. Mes bras entouraient la taille de maman, papa caressait mes cheveux. C'était agréable de les avoir de nouveau près de moi, et je fermai les yeux pour apprécier le moment.
Je voulais plus que tout oublier ces dernières heures. Je ressentais encore ce gigantesque trou dans mon cœur, me demandant si je pourrais un jour le reboucher.
- Veux-tu rentrer à la maison, ma Poupette ? me demanda maman.
Pendant un court instant, je redevins cette petite fille de Poufsouffle qui se faisait consoler par sa mère.
Mais, quand je rouvris les yeux, ce fut pour me replonger dans l'effervescence de la Grande Salle, où la joie était mêlée au deuil. Plus loin, Charlie réconfortait sa mère dévastée par le chagrin. Les Nullos, épuisés par la bataille, somnolaient. Rose était soutenue par Madame Chourave, aux joues inondées de larmes.
- Ma Poupette ? m'appela maman.
- Je ne peux pas. Je dois aller voir Mrs Tonks. Je dois lui dire que...
Ma phrase se perdit : annoncer les faits rendaient les choses plus dures.
- Je peux y aller si tu veux, proposa mon père.
Je secouai la tête : c'était à moi de le faire, même si c'était la chose éprouvante à faire...
Et je devais aussi récupérer mon petit garçon...
- Je passerais à la maison, promis-je.
Maman sembla déçue de me voir partir si vite, après tout ce temps où nous avions été séparés. Mais elle le comprit : j'avais maintenant ma propre famille.
Le corps endolori, je me levai.
Je rejoignis d'abord Charlie pour lui dire où je me rendais, et il hocha la tête d'un air absent.
- Je vais aller au Terrier, dit-il. Pour...
Je lui embrassai la joue. Je comprenais.
- Je te rejoindrais, avec Jamie.
- Jamie... répéta-t-il, comme s'éveillant d'un songe. Non, c'est moi qui viendrais vous voir. J'aimerais rentrer chez nous.
Le voir ainsi me brisa le cœur, et il me fut dur de le quitter dans cet état.
Je sortis de la Grande Salle au moment où les médicomages et les psychomages passaient les portes. Tous les blessés seraient transportés en urgence à Sainte Mangouste, les vivants seraient pris en charge pour évacuer tous leurs ressentis de cette terrible nuit.
Mes pensées accompagnèrent Orazio et Tom Morrow. Je me promis également d'aller les voir à l'hôpital le plus tôt possible...
La journée s'annonçait longue et mes paupières étaient déjà bien lourdes.
Je chassai mes envies de sommeil et transplanai.
oOo oOo oOo
Six heures sonnèrent au clocher de la petite église. Je remontai l'avenue et me dirigeai droit vers la maison des Tonks. À chacun de mes pas, l'angoisse me tordait le cœur : comment annoncer à une mère qu'elle ne reverrait plus jamais sa fille ?
Je passai les barrières magiques entourant la maison et sonnai. Je n'attendis pas longtemps : Andromeda Tonks ouvrit la porte, le visage rempli d'espoir.
Comme cela fut dur de lire la déception dans ses yeux !
J'entendis des pleurs dans la pièce du haut. J'ouvris la bouche, mais fus incapable de prononcer le moindre mot. Elle comprit cependant mon silence.
- Dora ? chuchota-t-elle.
- Je suis... tellement désolée, bredouillai-je en sentant les larmes me monter aux yeux.
Elle se retint à la porte et son visage se tordit en un chagrin infini. Je la soutins dans mes bras et nous glissâmes ensemble sur le sol, pleurant la perte de notre chère Nymphadora Tonks.
Elle avait tout perdu en quelques semaines : son mari, sa fille, son gendre. Les pleurs des enfants s'intensifièrent, et Mrs Tonks refit lentement surface.
Elle sécha ses larmes, caressa pensivement mon visage et je l'aidai à se relever. Sans un mot, elle me prit par la taille et nous montâmes ensemble les escaliers.
Un court instant, mon cœur trouva du réconfort quand je serrai Jamie contre moi, l'inondant de baiser.
- Je n'ai plus que lui, annonça Mrs Tonks en regardant Teddy agiter ses petits poings vers elle.
Elle me demanda alors de tout lui raconter. Et, même s'il m'était douloureux de revivre cette nuit tragique, je lui obéis.
- Où est-elle ? demanda-t-elle quand j'eus fini.
- À Poudlard. Près de... lui.
Je devinai ses pensées : elle voulait la voir.
- Je m'occuperais des enfants, lui proposai-je. Je serais chez mes parents. Allez-y.
- Merci Polly.
oOo oOo oOo
Je retrouvai ma chambre de jeune fille, aux couleurs de Poufsouffle. Maman accepta avec joie de s'occuper des petits tandis que je faisais un somme :
- Un quart d'heure, et je viens t'aider, dis-je en bâillant.
- Va dormir. Tu es épuisée.
À peine posai-je la tête sur mon oreiller que le sommeil me prit. J'eus un rêve agité : les bruits de la bataille résonnaient dans mes oreilles et je me retrouvais de nouveau à Poudlard, à courir après une fille aux cheveux rose.
La journée avait bien avancé quand je me réveillai en sursaut en criant un nom. Je repoussai mes draps trempés de sueur et me levai, un peu sonnée.
Je ne trouvai que maman, donnant le biberon à Teddy.
- Où est papa ? demandai-je.
- Il est allé prêter main-forte à Poudlard. Ils ont annoncé au moins cinquante morts dans les deux camps à la radio.
Elle me désigna le poste dans un coin de la cuisine.
- Ils ont dit autre chose ?
- Kingsley Shacklebolt a été désigné comme ministre temporaire. Les innocents d'Azkaban ont été relâchés il y a une heure. Et beaucoup de Mangemorts sont en fuite.
- Ont-ils parlé d'Ombrage ?
Ma mère ricana :
- Figures-toi qu'elle a essayé de mener sa propre Résistance au Ministère... Et quand ils ont réussi à l'arrêter, elle a prétendu avoir subi le sortilège de l'Impérium, et clame son innocence depuis !
- Foutue bonne femme, grommelai-je.
Maman ne releva pas. Je la regardai porter Teddy à son épaule pour l'aider à digérer et me le donna pour laver le biberon. Je m'amusai à lui caresser ses petits cheveux bleus électriques.
- C'est étrange, finit par dire maman, penchée au-dessus de l'évier. Pendant un an, nous avons vécu cachés dans la peur et des rafles. Et soudain, le soleil revient.
- Beaucoup de choses ont changé, tu sais, dis-je en passant un doigt sur les joues rebondies de Teddy. Grand-Père n'est plus, tout comme Tonks et Bony...
- Oh ma poupette... Tant qu'ils seront dans ton cœur, ils seront toujours présents.
J'essuyai mes larmes et hochai la tête. Teddy bailla et ferma ses petits yeux. Je le déposai en douceur dans le berceau, à côté de Jamie.
- Est-ce que Charlie est passé ? m'enquis-je.
- Non. Pourquoi ? Mais où vas tu ? s'alarma-t-elle en me voyant revêtir ma veste.
- Je dois passer à Sainte Mangouste prendre des nouvelles. Ensuite, j'irais au Terrier.
- Polly, reste à la maison, le temps que tout se calme. Il est inutile de courir partout !
- Pas encore. Peux-tu garder les enfants ? Je ferais vite.
Jamie s'agita quand je lui embrassai son front. « Bientôt », chuchotai-je.
Bientôt nous serons réunis, bientôt je ne le quitterais plus. Mais pas encore. Pour le moment, j'avais des milliers de choses à faire.
Réconforter les vivants. Soulager les blessés. Rendre hommage aux morts.
oOo oOo oOo
L'hôpital Saint Mangouste était débordé. Tous les guérisseurs et médicomages étaient sur le qui-vive, et l'accueil était saturé par des familles implorantes qui cherchaient à avoir des nouvelles de leurs proches.
La liste des victimes n'avait pas été encore établie : comment l'aurait-il fait ? C'était le désordre dans la Communauté Magique. Quelques Mangemorts tentaient de résister, le Ministère devait opérer à une transition qui ne se faisait pas dans la douceur (beaucoup d'employés déclarèrent avoir subi le sortilège de l'Imperium : qui croire ?) et beaucoup de sorciers étaient portés disparus.
Une sorcière poussa un cri : son fils unique n'était nulle part, ni sur la liste des morts ni sur celle des blessés.
- Où est-il ? Dites-le-moi ! implora-t-elle dans un sanglot hystérique.
Lorsque vint mon tour, je vis combien la pauvre jeune femme de l'accueil était au bord de l'épuisement.
- Je viens voir Orazio d'Aprile et Tom Morrow.
- Un instant, soupira-t-elle en parcourant une liasse de parchemins déjà chiffonnée. Ils ont été tous les deux transférés au quatrième étage, salle quarante-deux et quarante-quatre.
- Merci.
Je me rendis vers les ascenseurs bien bondés, mais silencieux. Beaucoup descendirent au même étage que le mien et se précipitèrent vers les chambres.
Je décidai de rendre d'abord visite à Orazio.
Je toquai à la porte et, sans attendre de réponse, entrai. Ils étaient six à partager la chambre, et seul Orazio était conscient. Un franc sourire se dessina sur ses lèvres quant il me vit, avant de me faire signe de faire le moins de bruit possible : Will avachi sur un siège à ses côtés, dormait, la tête soutenue par son poing.
Je pris la main de mon ami et m'installai sur son lit :
- Come va ? demandai-je avec mon plus bel accent.
- C'est officiel, il mondo est tombé sur la tête ! Depuis quand parles-tu italien ?
- Tu me vexes, Orazio ! J'y ai mis tout mon cœur. Comment te sens-tu ?
- C'est douloureux. Mais je survivrais.
Son drap recouvrait à moitié son torse dénudé : je devinais les horribles marques rougeâtres infligées par la magie noire.
- Mes parents sont en route pour l'Angleterre, me dit-il. Ils sont furioso de savoir que j'ai risqué ma vie pour une cause qui selon leur eux, ne me concernait pas.
- Tout est de ma faute...
- Ne t'excuse pas, Polly, tu n'y es pour rien ! Cent fois j'ai eu l'opportunité de rentrer à Firenze, et cent fois je ne l'ai pas fait. Et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde.
Fière de lui, je me penchai pour lui embrasser sa joue.
- Heureusement qu'il dort, ricana-t-il en me désignant Will d'un mouvement de la tête, sinon, tu en entendrais parler. Piccadilly lui a fait prendre une potion de sommeil.
- Que vous est-il arrivé ?
Orazio fronça les sourcils pour remettre ses idées en place.
- Quand tu es partie, les Mangemorts ont réussi à faire une percée. Avec Swann, on a défendu la position autant qu'on a pu, avant de faire une retraite... Mais on a été pris en tenaille : à deux contre dix, c'était un peu compliqué. Et comme les Mangemorts tenaient absolument à passer, et que moi et Will on bloquait le passage, ils ont utilisé les gros moyens pour nous déloger... Et je peux te certifier que l'utilisation de la Magie Noire est fortement déconseillée : qu'est-ce qu'ils m'ont mis dans la gueule !
Je fus épouvantée par son ton dégagé quand il me raconta ça, comme si se prendre des sortilèges était une chose fréquente chez lui.
- Ne t'en fais pas, je vais bien, finit-il par dire avec un sourire crispé.
Il me demanda des nouvelles des autres, et je dus lui avouer que j'en avais peu.
- Je dirais à Swann que tu es passée... Enfin s'il se réveille un jour... Quel flemmard !
Je lui embrassai son front enfiévré et sortis de la chambre pour me rendre à la suivante.
À mon grand regret, Tom Morrow n'était toujours pas réveillé.
Allongé sur son lit, il était pâle et semblait fragile. Qu'avait bien pu lui faire endurer Crowley pour le rendre ainsi ? J'arrangeai sa couverture, remis dans l'ordre dans sa chevelure... Soudain, le doute s'insinua en moi : et si...
Un guérisseur passa dans la chambre pour vérifier ses constances, et promena sa baguette au-dessus de lui. Devant mon air interrogateur, le sorcier haussa les épaules :
- Rien de nouveau. Son état est stationnaire.
- Il va se réveiller ?
Il secoua la tête : oui, non, peut-être.
- Vous êtes de sa famille ? demanda-t-il.
- Oui, dis-je sans réfléchir. Serait-il possible de me contacter s'il y a le moindre changement ? Je tiens à être là à son réveil.
Le guérisseur prit mes coordonnées et je le laissai prendre soin de Tom.
Il me restait encore une personne à voir.
Quelqu'un que je n'avais pas vu depuis de longs mois.
James Buchanan ne se retourna pas quand je posai ma main sur son épaule pour l'avertir de ma présence. Il avait énormément maigri, de profonds cernes lui creusaient les yeux et une épaisse barbe brune lui mangeait ses joues.
Je savais que les infirmières avaient fait ce qu'elles avaient pu pour s'occuper de lui malgré les rafles incessantes dont l'hôpital avait fait l'objet ces derniers mois – tant au niveau du personnel soignant que des patients. Il me faudrait les remercier pour leurs dévouements avant mon départ...
Je ne pouvais rester bien longtemps près de lui néanmoins, j'appréciai le calme et la sérénité de la chambre...
Que lui dire de toute façon ? Buchanan ne me comprenait plus.
Je lui avais fait une promesse autrefois : celle de le sauver des Détraqueurs.
Mais pourrais-je la tenir ?
oOo oOo oOo
Il était dur de concevoir le Terrier en deuil. Tous étaient abattus par la perte de leur fils et frère bien aimé, et je me sentis de trop dans cette famille brisée.
C'était sans compter sur la générosité légendaire de Molly, qui insista pour que je rentre.
La maison était plongée dans un étrange silence : je l'avais connue pleine de vies, de rires, de cris et d'explosions... Depuis la perte de son jumeau, Georges s'était enfermé dans un mutisme glaçant. Ginny s'était retirée dans sa chambre, épuisée. Percy eut un bref sourire de joie quand il me vit. J'étais contente de savoir qu'il était enfin de retour parmi les siens.
- Je suis tellement désolée pour votre perte, Molly, dis-je après qu'elle m'eut prise dans ses bras.
Elle s'essuya les yeux et hocha la tête.
- Comment va Jamie ? demanda-t-elle, la voix enrouée, pour changer de sujet. Tu ne l'as pas emmené avec toi ?
- Non... Il a le sens des priorités : d'abord le biberon, ensuite la sieste !
Cela eut le mérite de la faire rire, et elle me pria de le ramener au Terrier au plus vite, pour voir combien il avait grandi.
- La prochaine fois, lui promis-je. Charlie est là ?
- Tu l'as manqué de peu : il est parti à Poudlard avec Arthur et Bill pour aider. Rentreras-tu à Godric's Hollow avec lui ?
Je me mordis les lèvres : j'avais tellement à faire ! Et puis, je ne voulais pas laisser seule Mrs Tonks : je ne l'avais pas revue depuis ce matin, et je me faisais du souci pour elle.
Lorsque je fis part à Mrs Weasley de ma décision de retrouver la mère de Tonks, celle-ci soupira, peinée :
- Oh, Polly... Tu ne peux pas être derrière tout le monde, tu sais ! Tu dois penser à toi et à ta famille avant tout. Tu es une jeune maman, et ton rôle désormais est d'élever Jamie pour qu'il devienne à son tour un merveilleux sorcier. Va à Poudlard et ramène Charlie chez vous, avec le petit. Quant à Mrs Tonks, elle ne sera pas seule... Ne t'inquiète pas.
Elle avait raison... La fatigue m'ankylosait les muscles, la faim me tournait la tête, et un rien me faisait monter les larmes aux yeux.
- Va à Poudlard, tu y trouveras du réconfort. Et si tu vois Ron, dis-lui de revenir à la maison... Tout comme Harry et Hermione : ma porte leur sera toujours ouverte.
- Je le ferais.
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Des sauts de puce : voilà comment s'était déroulée ma journée...
Arrivée à ma destination finale, je manquai de tomber. J'avais atterri devant les grilles de l'école et j'eus un choc en les voyant coucher sur le sol, tordu.
Je m'avançai dans l'allée qui menait au château : autrefois fier et imposant, signe prometteur d'une vie d'insouciance, Poudlard était éventré. La cabane d'Hagrid était réduite en cendre, le hall d'entrée n'était plus qu'un amas de ruines, il ne restait plus grand-chose de la volière et des trous béants déchiraient les murs, exposant ses entrailles au dernier rayon du soleil et à la douceur du mois de mai.
Des sorciers s'étaient présentés spontanément pour réparer les dommages laissés par les Mangemorts durant cette terrible nuit.
Et, tandis que je traversais le parc en direction de l'entrée, je songeai que, bien des heures plus tôt, la Bataille faisait rage...
Je croisai le professeur McGonagall sur le chemin : à l'aide de sa baguette, elle réparait la grande porte de chêne menant à la Grande Salle. Elle m'accorda un sourire en me voyant et je la laissai terminer son œuvre.
Elle se tourna vers moi, un mince sourire sur ses lèvres.
- Des nouvelles ?
Ce ne devait pas être la première fois qu'elle posait cette question.
- Je suis allée rendre visite à mon ami Orazio, et William Swann était avec lui : ils ont l'air d'aller bien. Mais je reviens du Terrier...
Elle secoua la tête : elle avait compris.
- Ah, ces ceux-là, soupira-t-elle. On peut dire qu'ils m'ont fait tourner en bourrique. Pauvre Georges : c'est lui que je plains le plus. Perdre son jumeau, c'est une chose absolument... Excusez-moi, je peux vous aider ?
Je sursautai : quel changement de ton ! Elle regardait un point derrière moi, et je me retournai : une femme venait à notre rencontre, une plume à papote flottant près d'elle. Elle était outrageusement fardée et sa robe verte criarde était bien trop tape-à-l'œil.
- Ah ! Professeur McGonagall ! Et Miss... ?
- McBee.
- Enchantée ! Rita Skeeter. Merlin, Merlin ! Quelle horreur ! Notre cher Poudlard ravagé, un tas de ruines ! Quel est votre ressenti, mesdames ? Attristé ? Endeuillé ? En colère ?
Si les regards pouvaient tuer, celui de McGonagall aurait pulvérisé Skeeter : elle fulminait de rage.
- Espèce de vieille gargouille, comment osez-vous venir ici ? Après tout ce que vous avez écrit sur Dumbledore ?
- Ma chère Minerva, minauda Skeeter, je n'ai fait qu'annoncer les faits !
- Et le respect, ça vous dit quelque chose ?
- Mmh... J'ai l'impression d'avoir affaire à une pro-Dumbledore ! grimaça-t-elle.
- J'étais son amie ! Vous pensez quoi ? Que je lui crachais dans sa soupe tous les matins ?
Skeeter leva haut un sourcil. De mon côté, je suivais avec passion l'échange : j'étais prête à parier mille gallions sur la victoire totale de McGonagall...
- Savez-vous si notre cher Harry est ici ? Reprit la journaliste. Il a sauvé tout un monde, notre Communauté, et il est pourtant introuvable !
Ce fut la goutte de potion qui fit déborder le chaudron : McGonagall brandit sa baguette, ses narines frémissantes :
- Vous avez trois secondes pour tourner les talons et partir loin d'ici, déclara-t-elle.
- Ma chère Minerva, vous ne me faites pas peur, ricana l'autre.
- Moi, je serais vous, je ferais ce qu'elle demande, dis-je, l'air de rien. Je l'ai vu essayer de terrasser Vous-Savez-Qui, ce n'est pas rien...
Rita Skeeter flancha et son sourire perdit de sa superbe. Elle nous salua d'un petit mouvement de la tête et tourna les talons sans nous souhaiter le bonsoir.
- Oh, cette maudite bonne femme ! grommela McGonagall. J'aimerais lui enfoncer sa baguette dans... bref. Que puis-je faire pour vous, Miss McBee ?
- J'ai en fait une question un peu... déplacée, professeur. Qu'est devenu... Vous-Savez-Qui ?
- Nous l'avons incinéré et nous avons dispersé ses cendres. Il est absolument hors de question de laisser des fanatiques s'emparer de son cadavre afin d'en faire... je-ne-sais-quoi.
J'étais soulagée de le savoir. De surcroît, elle avait raison : inutile de faire de Celui-dont-le-nom-ne-serait-plus-jamais-prononcé un objet de culte.
- Et... ses Mangemorts ?
Son regard perçant me scruta, intriguée d'une telle question.
- Ils ont été mis dans une salle, à l'écart. Les familles peuvent les réclamer si elles le souhaitent... Mais je ne vois pas...
- Professeur, j'aimerais vérifier quelque chose, parmi les Mangemorts. Avec votre accord.
- De quoi donc ?
- On a retrouvé Tom Morrow mortellement blessé, expliquai-je. Je sais qu'il s'est battu contre Théophilius Crowley. Je veux m'assurer que Crowley est bel et bien mort.
Même si elle trouva ma demande étrange, elle me fit signe de la suivre. Ensemble, nous fîmes le chemin, en silence, à travers les couloirs de l'école. Les échos de la bataille ressurgissaient dans ma mémoire : ici, j'avais combattu à côté de Tonks, là j'avais retrouvé Swann et Orazio...
La salle ou avaient été entreposés les Mangemorts était une ancienne salle de classe désaffectée, aux fenêtres grandes ouvertes. Je passai entre les corps, effrayée de reconnaître certains visages que j'avais croisés quelques semaines auparavant au ministère et que j'avais côtoyés.
Je vis le corps de cette folle furieuse de Bellatrix Lestrange et de son mari, le visage d'oursin de Pius Ticknesse, la terreur dans le regard de McNair... Mon cœur battait un peu plus vite à chaque nouveau visage étudié : et si Crowley n'y figurait pas ? Et si...
J'étouffai un sanglot quand je le vis enfin. McGonagall se précipita à mes côtés :
- Que se passe-t-il ?
- Il est mort, dis-je soulagée. Je craignais tellement que... c'était un métamorphage, voyez-vous ? J'avais peur qu'il n'ait trouvé un moyen de s'échapper... il aurait été parfaitement capable de prendre la place de Tom...
- Oui, je le comprends. Rassurez-vous, il s'agit bien de lui. Allons, venez, dit-elle en me guidant versa la sortie. Inutile de rester ici. Le dîner va être servi à la Grande Salle, vous joindrez-vous à nous ?
- Avec grand plaisir, professeur.
- Vous savez, je ne suis techniquement plus votre professeur... Vous pouvez m'appeler Minerva si vous le souhaitez.
- Franchement professeur, je n'oserais jamais, répondis-je.
Une étrange atmosphère planait dans la Grande Salle. Les cours avaient été annulés et beaucoup d'élèves étaient déjà rentrés chez eux. À l'ancienne table des Gryffondors, je vis les têtes rousses des Weasley dévorer tout ce qu'ils leur tombaient sous la main. Harry et Hermione s'étaient joints à eux. Les regards des personnes présentes ne cessaient de se tourner vers eux, et il n'était pas compliqué de comprendre l'objet principal de leur conversation.
Ce fut tout naturellement que je me glissai à côté de Charlie qui m'accueillit avec un baiser sur la joue. Il me semblait être en meilleure forme que lorsque je l'avais quitté.
- Comment va notre garçon ? demanda-t-il.
- Bien. Il a hâte de rentrer à la maison – tout comme moi d'ailleurs.
Bill poussa vers moi un verre de jus de citrouille et une assiette de fish'n'chips. Je me rendis compte combien j'étais affamée et ne fis qu'une bouchée du repas.
Harry raconta aux Weasley son année passée à tenter de trouver un moyen de détruire l'ex-Seigneur des Ténèbres. En compagnie de ses amis, ils avaient traversé l'Angleterre de long en large, du Chemin de Traverse au Ministère en passant par Godric's Hollow.
- Mais comment as-tu réussi à simuler ta mort auprès de Tu-sais-qui ? demanda Arthur avec curiosité.
Nous tendîmes tous l'oreille : nous avions vu son cadavre dans les bras de Hagrid.
- C'est compliqué, dit-il, le nez baissé dans son verre.
Nous devions nous contenter de ça : il ne voulut pas dire un mot de plus.
D'un commun accord, personne ne parla non plus des disparus : c'était encore bien trop frais dans nos mémoires. Mon regard se porta plus d'une fois à la table des Poufsouffles, et le trou dans mon cœur s'élargit un peu plus en pensant à Tonks...
Elle et Bony auraient dû se tenir à nos côtés pour fêter notre victoire.
Je n'avais pas croisé Rose et m'en voulus de ne pas m'être tenue à ses côtés après une si terrible perte. Comme je cherchais son visage dans la Grande Salle, Charlie devina mes pensées et se pencha vers moi :
- Elle est à l'infirmerie. Pomfresh s'est occupée d'elle. Elle a fait une crise d'hystérie, m'expliqua-t-il.
J'avalai avec difficulté ma bouchée de frites.
- Et les Nullos ?
- Chez les Poufsouffles depuis ce midi, ils ont réquisitionné un dortoir pour dormir. Veux-tu que je t'accompagne à l'infirmerie ?
- Je veux bien. Et après, on rentre à la maison.
Il regarda son père, hésitant un court instant. Mais le manque de sommeil, le chagrin et le stress eurent raison de lui : il hocha la tête :
- Rentrons à la maison.
oOo oOo oOo
Cette pauvre Madame Pomfresh était débordée. Tous ses lits étaient occupés, mais elle fut heureuse de nous accueillir.
Une chance : Rose était réveillée, et mangeait sans appétit un potage au potiron. Elle me paraissait toute petite et fragile dans ce lit aux draps blancs, regardant d'un air triste le parc de Poudlard par la fenêtre.
Un éclair d'une joie timide scintilla au fond de ses yeux quand elle me vit, et, alors que je trouvai refuge dans ses bras, je lui demandai pardon.
- Pourquoi donc ? s'étonna-t-elle.
- De ne pas être venu plus tôt...
- Arrête de raconter des bêtises. Je suis contente de te voir.
Elle aperçut Charlie qui suivait notre échange un peu en retrait et lui fit signe de s'approcher. Je trouvai étrange la façon dont il la regardait : à la fois respectueux et admirateur.
- Je n'ai pas eu le temps de vous féliciter tous les deux pour la naissance de votre bébé, s'excusa-t-elle. Mais je promets de venir le voir très rapidement. Quel âge a-t-il ?
- Quatre mois et huit jours, dis-je, fièrement.
- As-tu des photos ?
Charlie fouilla dans les poches de son blouson et en sortit une photographie un peu écornée qu'il lui tendit. Rose la prit et étudia avec beaucoup d'attention Jamie, un léger sourire aux lèvres.
J'eus une pensée soudaine tandis qu'elle rendait la photo à son propriétaire : Bony était parti bien trop tôt, sans lui avoir donné la chance d'un enfant ou même d'un semblant de vie familiale...
Un sentiment de honte déferla brusquement en moi. Si elle s'en aperçut, Rose ne dit rien et tendit sa main vers moi. Elle m'obligea à m'asseoir, la mine soudain sérieuse.
- Je dois t'avouer quelque chose Polly. J'aurais dû le faire il y a longtemps, mais... Bony et moi ne sommes pas vraiment partis d'Angleterre.
- D'accord, réussis-je à dire.
D'un côté, je craignais ce qu'elle allait m'annoncer.
- Polly, je... c'était moi, l'Alouette.
Je jouai avec le drap de son lit, n'osant la regarder. Au fond, je l'avais toujours su... Qui d'autre avait pu remplir ce rôle ? J'étais juste déçue qu'elle ne m'ait pas assez fait confiance pour me le dire.
- Quelqu'un le savait ? demandai-je.
- Ton grand-père. Il a eu la gentillesse de nous héberger au Caisteal un temps, m'avoua-t-elle.
Je me tournai vers Charlie, qui n'avait pas prononcé un mot :
- Tu le savais ?
- Avec Will, on avait quelques soupçons, finit-il par admettre.
Les doigts de Rose pressèrent les miens.
- Tu m'en veux n'est-ce pas ?
Je haussai les épaules : j'étais mitigée.
- J'aurais aimé le savoir, c'est tout, répondis-je, un peu blessé dans mon orgueil.
- J'ai refusé de le faire parce que j'avais peur que tu nous renvoies de force à l'étranger.
- Et je l'aurais fait, bougonnai-je.
Elle sourit. Madame Pomfresh surgit alors et nous invita à partir : l'heure des visites était terminée.
- On se revoit bientôt, lui promis-je en me levant.
- Oui. À bientôt, Polly.
De nouveau, la lassitude se dessina sur son visage, et la culpabilité m'empoigna le cœur.
oOo oOo oOo
Qu'il était bon de rentrer à la maison ! Rien n'avait changé depuis notre départ – mis à part la poussière accumulée et le frigidaire désespérément vide.
Charlie posa Jamie dans son couffin et le recouvrit de sa couverture fétiche. Puis, il m'attira contre lui, m'entourant la taille de ses bras.
- Je ne sais pas pour toi, mais si je pose ma tête sur l'oreiller, je ne me réveillerais pas avant un bon bout de temps, m'avoua-t-il avec un soupir.
- On aurait dû proposer à Mrs Tonks de venir ici, murmurai-je en me mordillant les lèvres.
J'avais fini par la croiser au détour d'un couloir, comme une âme en peine. Du bout des lèvres, elle m'avait dit qu'elle passerait chez mes parents pour récupérer Teddy.
- Arrête de culpabiliser, gronda-t-il. Elle ne sera pas seule : elle a Teddy. Profitons-en, d'accord ? Demain est un autre jour et pour le moment je n'ai plus aucune pensée cohérente. Reprenons notre vie là où elle s'était arrêtée : toi, moi et Jamie. Ne te préoccupe pas du reste pour cette nuit. Alors, zou ! en pyjama et au lit.
- Tu crois que c'est facile ? grommelai-je. Je ne sais même pas si j'ai un pyjama propre. Je ne sais plus si j'ai fait une lessive avant de partir...
- Alors, on dormira nus comme des vers, et puis c'est tout.
Bras dessus, bras dessous, nous regagnâmes la chambre, emmenant Jamie avec nous. La journée avait été longue et le sommeil m'appelait de vive voix.
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Les jours suivants, la vie reprit son cours. C'était agréable d'être à nouveau une famille. Préparer le petit déjeuner, ranger la maison, s'occuper de Jamie et rire de ses grimaces, sentir la présence rassurante de Charlie près de moi... Il ne cessait de me toucher pour s'assurer que moi aussi, j'étais bien là, et que ce n'était pas un rêve.
Notre vie idyllique ne dura cependant pas : je reçus une première convocation de la part de Kingsley lui-même me demandant de venir témoigner contre Dolores Ombrage à son procès fixé au 1er juillet.
De ça, je m'en serais bien passé.
Ensuite, les funérailles des vingt-sept victimes furent annoncées. Poudlard, le Ministère et les familles s'accordèrent à dire qu'ils devaient reposer dans la Foret Interdite : ils étaient morts sur ces terres pour sauver Poudlard.
Une partie de moi refusait d'y aller pour ne pas affronter l'atroce vérité que je refusais d'admettre jour après jour. J'étais encore persuadée que Tonks passerait le seuil de ma porte en râlant après Remus.
Pour finir, la troisième nouvelle arriva par hibou, de la part d'un notaire basé à Édimbourg et adressé à mon seul nom. Les sourcils froncés, je décachetai l'enveloppe :
« Miss McBee,
Suite au décès de Mr Dougal McBee, votre grand-père, survenu en avril 1998, j'ai été mandaté de son vivant afin de procéder aux démarches et formalités incombant à sa succession.
Vous voudrez bien vous présentez au cabinet Burr & Hamilton & Laurens & Mulligan, situé 20 Hope Street à Édimbourg, à la date de votre convenance.
Avec toutes mes sincères condoléances,
Alexander Hamilton,
Notaire »
Je fus partagée entre les pleurs et la colère : jusqu'au bout mon grand-père n'avait pas lâché cette affaire de clan !
J'en parlais à Charlie, qui jouait à « dragon-qui-vole » avec Jamie. Il hésita avant de me répondre.
- C'était ton grand-père... malgré ses airs bourrus, il t'aimait bien. D'ailleurs, il a eu la gentillesse de nous donner cette maison non ?
- Tu marques un point, maugréai-je. Très bien, je vais y aller. Tu vas t'en sortir avec le petit ?
Il sourit :
- Évidemment ! Et je profiterais de ton absence pour lui apprendre à dire papa.
J'embrassai mes deux hommes, mis ma veste et rangeai le courrier dans ma poche.
- Souhaite-moi bon courage...
oOo oOo oOo
Je n'avais jamais mis les pieds à Édimbourg. C'était pourtant une charmante ville aux vieilles pierres grises, qui dominait des collines verdoyantes.
Je demandai à un passant la rue Hope Street, qu'il me désigna avec un fort accent écossais : à deux pâtés de maisons, je ne pouvais pas le rater.
Je détaillai chaque numéro de rue inscrit sur les frontons des portes, et dénichai le numéro vingt. Je me présentai à l'accueil, un peu intimidé :
- Bonjour, je... j'aimerais rencontrer Maître Hamilton.
- Et vous êtes ? demanda la moldue, affable.
- Polly McBee. Je n'ai pas de rendez-vous.
Elle me pria d'attendre le temps qu'elle informe le notaire de mon arrivée. Je pris place sur le canapé gris, un peu gauche, m'attendant presque à ce que le ciel me tombe sur la tête. Le téléphone sonna plusieurs fois, et j'écoutai sans entendre la conversation de la secrétaire.
L'attente ne fut pas longue : un homme d'une quarantaine d'années vint à ma rencontre, sautillant presque, et me serra la main avec beaucoup d'effusion.
- Ma chère, très chère, si chère Miss McBee ! J'avais peur que vous ne receviez pas mon courrier à temps. Venez, suivez-moi !
Il me guida à travers les couloirs de l'étude, le plancher craquant désagréablement sous nos pas. Je trouvai étrange que grand-père se soit tourné vers un notaire moldu pour ses affaires... Cela ne lui ressemblait pas. Mais cet Hamilton me paraissait toutefois étrange dans ses manières, comme venant d'un autre âge : ses cheveux longs tirés en arrière, sa barbichette soigneusement peignée, son ensemble vert émeraude, ses chaussures parfaitement vernies et ses yeux pétillants de malice.
Il me fit penser à Dumbledore, pour je ne savais quelle raison.
Il s'effaça pour me faire entrer dans son bureau, tout à fait banale au premier regard : une table sur laquelle étaient empilés des dossiers, des étagères pleines à craquer de livre sur le Droit, une banquette en cuir...
Mais, l'illusion s'effaça quand j'entrai : un hibou sommeillait dans un coin, une plume auto correctrice rayait un parchemin qui s'enroulait jusqu'au sol, et dans l'âtre pétillait d'un joyeux feu vert.
- Très ingénieux, félicitai-je quand je compris que Maître Hamilton était un sorcier.
Il me répondit d'une petite courbette et m'invita à m'asseoir.
- Les yeux des moldus ne voient que ce qu'ils veulent voir, m'apprit-il. Souhaitez-vous quelque chose à boire ?
Je ne refusai pas une tasse de thé et il agita sa baguette vers un service en porcelaine qui versa du breuvage fumant dans deux tasses, avant que l'une d'elles ne vienne se caler entre mes mains.
- Parlons affaire, voulez-vous ? proposa-t-il en faisant le tour de son bureau et fouillant dans ses papiers pour en sortir un épais grimoire.
Il chaussa une paire de lunettes noires et se pencha en avant.
- Alors... Boyd, Fraser, McAdams... Ah! McBee!
Il marmotta pour lui-même avant de retirer ses besicles et de m'observer franchement.
- Tout d'abord, je tiens à vous présent mes plus sincères condoléances pour la perte de votre grand-père. C'était un grand homme. Un peu bougon, mais avec un bon fond.
- Merci.
- Ensuite, et comme vous le savez déjà, il avait pris ses dispositions pour son testament avant de...
Il se tut, un peu chagriné.
- Je suis désolé. Je le connaissais bien, m'expliqua-t-il en toussant un peu.
Il fit tournoyer sa baguette vers l'une des étagères pour faire venir à lui un parchemin. Hypnotisé, je le suivis du regard, mal à l'aise. Avec mille précautions, Hamilton l'ouvrit, remit ses lunettes et lut d'une voix forte :
« Ceci est mon testament :
Je soussigné Dougal McBee, né le quatre janvier mille neuf cent vingt-deux à Caisteal Maethan, Écosse, et domicilié au Caisteal Maethan,
Lègue à Polly McBee, né le vingt-neuf février mille neuf cent soixante-treize à Sainte Mangouste, Londres, et domicilié à Godric's Hollow, Angleterre,
La totalité de mes biens en pleine propriété, comprenant :
- la fortune des McBee entreposée dans le coffre numéro deux cent trente et un à la banque de Gringotts,
- le domaine de Caisteal Maethan,
- la demeure située à Godric's Hollow.
De plus, je déclare la nommer chef du clan McBee, laird protecteur des terres ancestrales apparentées au Caisteal Maethan.
Fait le vingt et un janvier mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit à Édimbourg en un exemplaire,
Remis en main propre à Maître Alexander Hamilton.
Dougal McBee »
Un long silence suivit la lecture. Maître Hamilton attendit avec patience la moindre réaction de ma part. Une bûche craqua dans la cheminée, me faisait sursauter. Je finis par ouvrir la bouche :
- Y a-t-il un moyen de... refuser la succession ?
L'avoué paru peiné par mes propos. Il retira ses lunettes et les essuya avec soin.
- Mr McBee savait que vous diriez cela, Miss. Puis-je vous donner un conseil ?
- Fait...
- Si vous refusez la succession, tout l'héritage passera dans la poche du ministère de la Magie. Absolument tout : le contenu du coffre, le manoir... Votre grand-père vous a fait don de sa propriété de Godric's Hollow : vous serez obligé de la quitter. Ne faites pas l'erreur de refuser votre héritage au profit du Ministère. Surtout après tout ce que nous venons de subir.
Je me renfrognai. Je n'avais jamais voulu d'un tel héritage... J'avais toujours eu cette impression de spoiler mon cousin Domhnall, à qui toute cette fortune aurait dû revenir de plein droit.
- Cependant... poursuivit le notaire, l'ombre d'un sourire flottant sur ses lèvres, et si je puis le permettre... Si vous acceptez ces dispositions, tout vous reviendra et vous pourrez faire ce que vous voulez... Ouvrir un hôtel ou un casino au Caisteal par exemple, ou donner l'argent à une association d'aide à la libération des elfes...
Je dus admettre qu'il marquait un point (même si je refusais d'ouvrir un casino). Maître Hamilton comprit qu'il venait de gagner la partie :
- Alors ? Je peux sortir ma plume spéciale dédicace ? s'exclama-t-il d'un ton enjoué.
Lorsque que je rentrais à la maison, j'étais l'heureuse propriétaire de tout un clan. Rien que d'y penser, je me sentis prise de vertige.
Je savais que grand-père avait toujours voulu que ça se termine ainsi, mais je n'arrivais pas à me faire à l'idée que j'étais désormais un Laird protecteur.
- Alors ? tenta de plaisanter Charlie. Comment dois-je t'appeler désormais ? Votre Altesse ? Votre Sérénissime Majesté ?
- Ah, ah, très drôle, bougonnai-je en me laissant tomber sur le canapé. Je me demande encore pourquoi j'ai signé ce maudit papier. Dans quel pétrin me suis-je encore fourrée ?
Charlie se mit à rire et je lui lançai un regard mauvais :
- J'ai dit quelque chose de drôle ?
- Non, mais si tu grognes, et c'est bon signe : j'ai retrouvé ma Popo d'amour.
- Pardon ?
- Je voulais dire Sa Majesté ma Popo d'amour, rectifia-t-il.
- Tu mérites un bon coup de pied aux fesses, tu le sais ?
- Je suis aux ordres de Son Altesse.
Je levai les yeux au ciel, désespérée par sa bêtise.
- Où est Jamie ?
- À ton avis ?
- Parfait, tu vas pouvoir venir t'asseoir à côté de moi : maman a besoin d'un gros câlin.
- À vos ordres madame ! s'exclama-t-il dans une révérence ratée.
oOo oOo oOo
Quelques jours plus tard, la Communauté Magique fut invitée à se rendre à Poudlard pour participer aux funérailles de ceux qui étaient tombés lors de la Bataille.
Je n'arrivais pas à me décider sur ce que j'allais mettre : le noir était bien trop triste à mettre. Je finis par opter pour un ensemble classique pull – jean – basket et enroulai autour de mon cou l'écharpe des Poufsouffles.
Alors que je nouais cette dernière, les paroles de la voyante que j'avais croisé il y a bien longtemps sur le Chemin de Traverse me revinrent en mémoire :
« Trois Poufsouffles tu enterreras ».
Combien elle avait eu raison ! Il y avait eu ce pauvre Cédric Diggory, puis Tonks, puis Bonaparte... Trois amis, trois Poufsouffles dont je regrettais la disparition.
- Chérie ! Tu es prête ? m'appela Charlie.
- Oui, j'arrive ! répondis-je en essayant de reprendre contenance.
Ma mère avait proposé de garder Jamie à la maison pendant les funérailles, en arguant qu'une telle cérémonie ne convenait pas à un petit bébé. Elle en avait fait de même auprès de Teddy, ce dont Mrs Tonks l'avait remercié.
Une fois prête, je transplanai avec Charlie à Pré-au-Lard : déjà une foule d'anonymes convergeait vers le château. Sans lâcher ma main, Charlie m'entraîna à sa suite, et nous passâmes ensemble les hautes grilles de l'école enfin réparée.
Mes jambes flageolaient quand je pris conscience de la raison qui m'amenait ici... Je ne pouvais pas participer à cette cérémonie, je ne le voulais pas ! Charlie sentit ma réticence et me lança un regard désolé : lui non plus ne le souhaitait pas, mais il le fallait.
- Il faut leur dire adieu, murmura-t-il.
Il me tira doucement pour m'obliger à avancer.
Nous rejoignîmes sa famille : Mrs Weasley avait le visage enfoui dans un large mouchoir et tremblait, soutenue par Bill et Ron. Arthur fixait l'horizon, un peu hagard, se demandant ce qu'il faisait là. Seule Fleur m'accueillit avec un gentil sourire.
Mais, celui qui faisait le plus de peine à voir était Georges, brisé par le chagrin. Je savais qu'aucun mot ne lui apporterait du réconfort.
Par lâcheté, je me détournai des Weasley... Mais où que mon regard porte, ce n'était que tristesse et deuil. Mrs Tonks discutait avec le professeur Chourave affligée, les Nullos entouraient une Rose en larmes.
Charlie aperçut son meilleur ami dans la foule et les deux hommes se serrèrent mutuellement dans leurs bras, sans rien dire, heureux de se retrouver. À leurs côtés, Abby se tenait silencieuse, son éternel masque de froideur peint sur le visage. Orazio tentait de la dérider, mais ses regards glacials l'empêchèrent de continuer plus loin.
Mon ami semblait tanguer un peu sur ses jambes, mais était content de se tenir là.
Will, indécrottable, poussa un soupir en prenant entre le bout de ses doigts une mèche de ma chevelue :
- Tes magnifiques cheveux ! Quel drame !
- J'étais sûre que tu me dirais ça.
Swann sourit et me tapota la tête :
- C'est bon de t'entendre râler, Popo...
- Je suis aussi contente de te voir, Willy Willy...
McGonagall nous appela : il était tant de débuter la cérémonie.
Les familles se mirent en marche en rang serré jusqu'à la Forêt Interdite, mener conjointement par la directrice de Poudlard et le nouveau ministre de la magie, Kingsley.
C'était bon de savoir que la Communauté Magique était de nouveau entre de bonnes mains et que nous serions tous à nouveau soudés.
Ce fut précisément à cet instant que je décidai de ne pas témoigner au procès d'Ombrage. Le Magenmagot possédait assez de preuves accablantes contre elle pour l'envoyer moisir à Azkaban jusqu'à la fin de sa vie. Je ne voulais pas affronter cette affreuse bonne femme, j'avais d'autres dragons à fouetter.
Que la justice se débrouille.
Nous arrivâmes à une petite clairière, baignée de soleil. Sur quatre rangées parfaitement alignées, les tombes blanches couvraient les corps des disparus, et les noms y étaient déjà apposés.
Le sorcier qui procédait à la cérémonie était déjà présent, vêtu d'une longue robe noire et arborant une triste mine.
Nous formâmes tous un cercle autour de ces tombes, les visages baignés de larmes. Nul besoin de demander le silence qui se fit tout seul.
- C'est une bien triste journée que nous amène tous ici, commença le sorcier. Nos cœurs en deuil souffriront toujours la perte de ceux partis bien trop tôt, dans les affres d'une guerre qui nous a pourtant redonné à tous la liberté. Nous ne les oublierons jamais, car leur sacrifice n'aura pas été vain, même si l'injustice nous broie nos pensées : pourquoi eux ? Ils étaient jeunes, représentaient l'avenir de la sorcellerie ! Il n'y aura jamais de mots assez forts pour consoler notre chagrin... Mais n'oubliez pas que nos morts ne nous quittent jamais vraiment et que, où qu'ils soient, ils restent dans nos cœurs et dans nos mémoires à tout jamais.
Son discours était très émouvant et me fit du bien. Lorsqu'il nous invita à rendre un dernier hommage, je me séparai de Charlie qui rejoignit ses parents.
Je me rendis d'abord sur la tombe de mon amie, le cœur lourd.
Sur la pierre, quelques mots étaient inscrits :
NYMPHADORA LUPIN, NÉE TONKS
1973 – 1998
Fille, épouse, mère, amie
Tant aimée
Sa mère, que le chagrin terrassait, se tenait à côté de moi. Je sortis ma baguette et fis apparaître un bouquet de rose et de violette, ses couleurs préférées.
- Oh Tonks, murmurai-je, mes yeux mouillés de larmes. Je n'en reviens pas que tu ne sois plus avec nous. Et Teddy ! Tu ne seras pas là pour les anniversaires, les premiers pas, les genoux écorchés...
Un sanglot me prit la gorge et je ne pus rien dire d'autre. Mon regard se porta sur la tombe de Remus qui côtoyait celle de sa chère Dora : au moins, ils étaient ensemble au-delà de la mort...
Je me recueillis ensuite sur celle de Napoléon Bonaparte. Là aussi, ce n'était que pleurs. Pauvre Rose ! Si jeune et déjà veuve...
Les Nullos étaient impuissants à la consoler. Je reconnus aussi les parents de Bony, aux visages figés. J'étais tellement, tellement désolée pour eux !
Il avait été mon courageux Poufsouffle, mon fidèle gardien, mon ami... Je regrettai ne pas avoir été plus longtemps à ses côtés...
Si seulement on pouvait faire machine arrière !
Revenir à Poudlard, au temps des rires et de l'insouciance...
J'étouffai.
Je ne voulais pas rester ici, à contempler le trou béant qu'avait laissé la mort. Je tournai les talons et quittai la clairière, sentant la nausée me monter à la gorge.
Sans un bruit, je me mis à pleurer aussi. Le souffle me manqua. J'avais envie de hurler.
Ce n'était pas juste.
Rien n'était juste.
M'essuyant les yeux, je fis face à Poudlard. Ses hautes tours, ses serres, son terrain de Quidditch.
Tout ce qui avait fait ma jeunesse et mon innocence.
Ce temps-là était révolu.
Il était temps que je grandisse.
oOo oOo oOo
Le Caisteal Maethan avait été abandonné depuis bien des mois. Et désormais, j'en étais la propriétaire légale : deux salles à manger, quatorze chambres, sept salons, une immense cuisine, trois grands bureaux, une bibliothèque, un vaste parc...
Rêveuse, je contemplai le blason des McBee au-dessus de l'imposante cheminée de pierre : avais-je fait le bon choix ? Mon intuition me soufflait que oui, mais ma décision n'allait sans doute pas plaire à tout le monde...
- Polly, ils sont arrivés, m'avertit Charlie qui se tenait au pas de la porte.
Il n'avait rien dit lorsque nous avions passé les portes de l'imposante demeure et visiter chaque pièce. Regrettait-il ma décision ?
- Ai-je fait le bon choix ? lui demandai-je.
Nous en avions longuement parlé ensemble : « quoi que tu fasses, je serais avec toi », m'avait-il certifié.
Il m'embrassa longuement pour me donner du courage.
- Alors, allons-y.
J'avais demandé à mes parents de venir, ainsi qu'à ma tante Julilla et Domhnall. J'étais heureuse de les revoir, même si mon cousin sursautait à chaque bruit et qu'il se tordait sans cesse les mains.
Rose complétait l'assemblée, étonnée de se trouver là, ainsi que Maître Alexander Hamilton, qui représentait le droit : il me gratifia d'un petit sourire d'encouragement.
- Asseyez-vous, s'il vous plaît, demandai-je, un peu mal à l'aise de prendre place sur le siège qu'avait autrefois occupé mon grand-père. Très bien. Je vous remercie d'avoir fait le déplacement jusqu'ici. Ce ne sera pas très long. Maître ?
Hamilton sortit d'une de ses poches de sa robe un parchemin qu'il agita :
- Ceci est les dernières dispositions de feu Dougal McBee, laird de Caisteal Maethan. Selon ses volontés, sa petite fille, Polly ici présente, a accepté son testament, devenant ainsi l'héritière des biens.
J'entendis distinctement ma tante grogner. Je pris sur moi pour l'ignorer, même si son comportement me blessait.
- Merci, Maître. Pour commencer, je souhaite mettre les choses au clair : j'ai accepté cet héritage contre ma volonté. Je n'ai jamais voulu devenir laird et habiter ici ne me tente pas du tout. Je n'ai jamais compris les raisons qui ont poussé grand-père à me favoriser, mais c'est ainsi. À mes yeux, c'est toi, Domhnall, qui était le mieux placé : d'abord par la naissance, puisque tu es né avant moi et ensuite parce que tu as bien plus la tête sur les épaules.
Domhnall eut un léger sourire. Je poursuivis :
- En tant que nouveau laird, j'ai désormais en charge tout l'héritage. Et, comme me l'a si bien expliqué Maître Hamilton, je peux en faire ce que je veux.
Mes mains étaient moites et mon cœur battait la chamade. Pourvu que tous acceptent ma décision !
- Tout d'abord le contenu du coffre de la Banque Gringotts. Je l'ai vu de mes propres yeux : il s'agit d'une fortune considérable. J'en ai discuté avec Charlie et nous sommes tombés d'accord : nous ne voulons pas de ces monceaux de gallions. Nous sommes jeunes encore et nous voulons vivre notre vie par nos propres moyens, en gagnant notre salaire, même si cela signifie nous serrer la ceinture à la fin du mois. Et surtout, nous ne voulons pas qu'en grandissant, Jamie pense que tout lui est acquis. L'or sera donc divisé en trois parties : un tiers pour toi papa, un tiers pour ma tante, et le dernier pour... le quatrième point que j'énoncerais tout à l'heure.
Les deux concernés ouvrirent de grands yeux ébahis. Mon père essaya bien entendu de refuser l'offre, arguant qu'il me revenait de droit et que je pouvais en faire ce que je voulais.
- C'est justement ce que je suis en train de faire papa, soupirai-je, agacée. Donc, inutile de revenir dessus. Ensuite vient le titre de laird. Nous sommes d'accord pour dire qu'il ne s'agit que d'un titre honorifique. J'ai déjà énormément de mal à gérer une maison, alors je n'imagine même pas la gestion d'un clan ! Non, maman, tu sais que j'ai raison : je n'arrive même pas à trouver deux paires de chaussettes identiques... Donc, je désigne Domhnall pour être gérant des biens du Caisteal.
Ma tante Julilla fronça les sourcils, cherchant à savoir où était l'entourloupe.
- Ce qui nous amène au troisième point : la maison de Godric's Hollow. Il s'agissait d'une donation du vivant de grand-père et, avec votre accord, j'aimerais la garder pour moi et Charlie... Je sais qu'il s'agit de la maison de votre enfance, mais nous aimerions élever Jamie là-bas.
Papa consentit avec un sourire et ma tante haussa les épaules. Venait maintenant l'épineux problème du Caisteal.
- Pour finir, le domaine du Caisteal.
Chacun se redressa sur sa chaise, attentif.
- Je ne veux pas que ce soit le point de départ d'une scission dans notre famille. Ce qui est fait est fait, on ne reviendra pas dessus. Et, comme je l'ai déjà dit, je ne veux pas vivre ici. Mais j'aimerais faire du Caisteal... un orphelinat.
Un long silence accompagna mes paroles. Sous la table et à l'abri des regards, je cherchai et trouvai la main de Charlie.
- Un orphelinat ? répéta maman, un peu sceptique. C'est une noble cause, ma poupette, mais... enfin, c'est beaucoup de travail... Pourras-tu t'en occuper ?
- Non. Et c'est pour cette raison que je nommerais Rose Bonaparte directrice de l'institution, et Domhnall au poste d'administrateur. Un tiers de l'or de la banque vous sera alloué pour mettre en place cet orphelinat. Et je sais que vous deux ferez un excellent travail. Je vous fais entièrement confiance.
Rose ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois de suite, incapable de prononcer un mot. Mais je vis bien dans son regard combien elle était touchée par mon geste.
Je toussotai, ayant encore un point à faire valider :
- Et j'aimerais que l'orphelinat porte le nom de Nymphadora Lupin.
Cet orphelinat, c'était mon plus grand désir. Bien sûr, en le faisant, mes pensées allaient invariablement au petit Teddy, mais aussi à tous ces enfants qui avaient de la magie en eux, et qui pouvaient se sentir rejeté par leur famille, comme Harry Potter, par exemple.
Un havre de paix, en quelque sorte, pour les futurs petits sorciers.
- C'est un beau geste, concéda mon père. Très... Poufsouffle. Jul' ?
Il regarda sa sœur. Je savais que ma tante ne partageait pas mes projets. Et je ne pouvais l'en blâmer : toute sa vie, elle avait été rejetée par grand-père. Longtemps il lui en avait voulu sur la condition de cracmol de Domhnall.
- S'il te plaît, implorai-je à mi-voix. Ton opinion compte beaucoup pour moi...
Ma tante sentit tous les regards sur elle. Elle arrêta de tapoter la table du bout de ses doigts, et poussa un soupir :
- C'est d'accord.
Je la remerciai d'un sourire.
- Bien évidemment, des appartements privés seront mis à votre disposition, rajoutai-je à l'adresse de Rose et de Domhnall.
Charlie me glissa un petit clin d'œil : tout s'était bien passé...
oOo oOo oOo
Jamie était décidé à ne pas manger sa compote de citrouille : j'en avais plus sur mon tee-shirt que dans sa bouche.
Et d'en rire avec ça !
- Mon chaton, il faut manger ! Pour maman... Allez, fais-moi plaisir.
Il refusa, bredouillant dans son propre langage, tapant dans ses petites mains. Je plongeai la cuillère dans le petit pot, abandonnant la bataille.
- Très bien, plus de compote. Allez viens, on va débarbouiller cette petite bouche bien baveuse.
Nous passâmes dix minutes dans la salle de bain à faire des bulles ensemble avec ma baguette et le savon. Jamie riait aux éclats à chaque « pop ».
C'était un bel après-midi de juillet. J'étais seule à la maison avec mon petit garçon : Charlie était parti le matin même reprendre ses fonctions de dracologue à la Reserve de dragon du pays de galles.
Quelqu'un sonna à la porte.
- Qui ça peut bien être ? demandai-je à mon fils, étonné d'entendre un tel bruit.
Je le fis basculer sur ma hanche et nous allâmes ouvrir tous les deux.
Mon cœur fit un saut périlleux quand je vis Tom Morrow.
- Mais ! J'avais dit aux guérisseurs de me prévenir de votre réveil !
- Je les ai convaincus de ne pas le faire, dit-il avec un air coupable. Hé ! Salut bonhomme ! La dernière fois que je t'ai vu, tu te faisais gronder par ta maman à cause des hiboux trop fréquents qu'elle reçoit de Poudlard...
- Tom, grommelai-je.
- Pardon. Une habitude, s'excusa-t-il.
- Vous voulez entrer ?
- Avec plaisir !
Il entra timidement dans la maison. Ses yeux regardèrent partout, et j'étais sûre qu'il connaissait par cœur chaque emplacement de chaque objet présent.
- Je peux vous servir quelque chose ? Thé ? Jus de citrouille ? Coca ?
- Un coca avec grand plaisir.
Il me suivit dans la cuisine et parut amusé par les traces de compote qui garnissait la table. Je reposai Jamie sur sa chaise : il contempla d'un air curieux le visage de Tom.
Je trouvai dans le frigidaire une cannette de Coca Cola et versai le contenu dans un verre propre à l'effigie de Spiderman.
- Merci, dit Tom en portant le verre à ses lèvres.
- Comment allez-vous ?
- Oh Polly... Je crois qu'on peut se tutoyer maintenant, non ?
- D'accord. Alors ?
- Ça va mieux. Il m'arrive encore de faire des cauchemars, mais j'ai survécu.
- Que s'est-il passé ? J'ai... vu le corps de Crowley. J'avais peur qu'il ait trouvé un moyen de s'en sortir et...
- Non. Je l'ai tué.
Une ombre passa dans son regard. À quoi pensait-il ? À son ami, à son ennemi ? Je préférai ne pas insister.
- Tu es libre, finis-je par dire en posant ma main sur la sienne.
- Si on veut... Mais je ne suis pas venu ici pour parler de lui. Je voulais... te remercier. Pour ce que tu as fait... fera pour moi. Mais maintenant, il est temps pour toi de...
Il ne poursuivit pas sa phrase, la laissant en suspens. Je savais ce qu'il allait me proposer. Et pour la première fois, j'étais prête à l'écouter.
- Il est temps pour toi de devenir Retourneur de Temps Polly.
Salut les Poufsouffles!
A la base, je voulais découper ce chapitre en deux parties, mais, après relecture, je me suis dit: "allez, zou! j'envoie tel quel"! Beaucoup d'informations à prendre en compte certes, mais j'ai l'impression d'avoir tourner une sacrée page... D'ailleurs, et pour informations: il reste encore 2 chapitres et un épilogue!
Ainsi qu'une cession de bonus. Et c'est là où je me tourne vers vous. J'ai déjà les idées pour l'écriture pour trois bonus (sans trop dire de quoi il s'agit, parce que spoiler quoi). Mais il me manque un ou deux idées... alors si vous avez des idées de scène que vous auriez aimé lire, n'hésitez pas à me le faire faire partager par review! Je serais ravie de pouvoir les écrire et les poster!
Une bonne nouvelle a vous faire partager: il me reste encore une version papier du Tome 1 en ma possession! Un petit concours se profilera pour Noël, restez à l'écoute!
Une nouvelle fois mes remerciements vont pour vous, chers lecteurs, simplement de passage ou posteur de reviews! Ainsi qu'à ma chère Beta AppleCherry Pie et de son énorme feu vert avant chaque postage de chapitre...
Que dire d'autre... Ah oui! Le prochain chapitre sera posté le 18 décembre.
A très bientôt!
Votre Citrouille
