Bonsoir! Je sais que j'avais promis de finir cette fiction pour juin et qu'on est en juin mais je suis en vacances depuis seulement une semaine et je ne pensais pas que mes partiels allaient me demander autant d'implication et de temps. Du coup ce chapitre est le dernier que j'ai écris, et je pars au Danemark dans une semaine, donc je vais faire mon maximum mais je ne suis sûre de rien. J'espère en tout ça que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.
Chapitre XXVI
Hiroto observait Saga étirer minutieusement sa main depuis de longues minutes, sans qu'aucun d'entre eux ne parle, ce qui était plutôt fréquent depuis l'accident. Saga n'était pas sûr de ce qu'il pouvait dire sans que son ami s'inquiète, et Hiroto voyait bien que Saga était loin d'être dans l'humeur de leurs conversations habituelles.
Ils étaient seuls dans la salle de répétition et le châtain avait l'impression que quelque chose n'allait pas. C'était un peu différent de plus tôt dans la journée, quand il se sentait observé sans comprendre s'il rêvait ou non. Là... C'était comme s'il y avait quelque chose en suspens, une sorte de prémonition d'un évènement.
Il comprit qu'il avait raison quand Saga toussa pour s'éclaircir la gorge avant de prendre la parole d'un ton mal à l'aise. Le châtain avait déjà les yeux sur lui mais Saga regardait le sol en tordant ses mains.
« Qu'est-ce que tu veux me dire? »
Il le vit prendre encore une ou deux grandes inspirations avant de se lancer.
« J'ai décidé de rejoindre Keitoh. »
Hiroto écarquilla les yeux.
« Quoi? S'exclama-t-il. »
Saga releva la tête et compris son erreur en notant sa panique.
« Désolé, je me suis peut-être mal exprimé. Je vais aller le voir pendant quelques temps. »
Hiroto parut soulagé quelques secondes, mais bien vite son front se rida.
« Je sais que tu as envie de le voir et qu'il te manque, et tu lui manques aussi, c'est clair... Donc je comprends bien ton besoin. Par contre... qu'est-ce que ça va véritablement t'apporter? Sur le long terme, je veux dire. »
Saga soupira, d'un air un peu exaspéré.
« J'en sais trop rien, c'est pas évident. Si je reste ici de toute façon je vais exploser à un moment ou à un autre. Et j'évite de me dire que ce sera pire pour nous quand il faudra se séparer une nouvelle fois pour que je rentre au Japon. »
Il resta un instant silencieux, tournant ses pensées dans sa tête déjà soumise à la migraine.
« Mais d'un autre côté, je pense que ça pourrait nous aider tous les deux. Le sevrage direct est trop difficile, alors se voir un peu permettra sûrement de le vivre plus sereinement après. »
Hiroto n'avait pas entendu son ami faire preuve d'autant de réflexion et de maturité depuis longtemps, trop longtemps.
« Et soyons réalistes, il n'y a que le temps de vol qui est vraiment handicapant. Le prix de l'avion en lui-même, bah... Si on y réfléchit ça coûte plus cher à certains parents d'élever leur enfant à plein temps.
- Si tu penses que c'est le mieux à faire, je te suis. Tu as l'air d'y avoir bien réfléchi. »
Saga hocha la tête.
« En effet. Il fallait que je réagisse, je suppose. C'est encore douloureux, mais me dire que je vais le revoir rapidement m'aide beaucoup.
- Tu as une idée de quand tu veux y aller?
- Je serai tenté de partir maintenant, évidemment. Sauf que j'en ai encore pour un bon mois de rééducation et il vaudrait mieux que j'aille au bout si je ne veux pas avoir de mauvaise surprise plus tard.
- On dirait que tu en as déjà parlé avec ton médecin, remarqua Hiroto, très observateur. »
Saga eut la décence de rougir un peu.
« Ouais. Je ne voulais pas me faire de films.
- Tu as eu raison. Je suis fier de toi. »
Saga adressa un sourire fatigué au châtain.
« Tiens moi juste au courant, que je puisse m'organiser aussi.
- Tu veux venir? »
Hiroto haussa un sourcil, faussement ennuyé.
« Bien sûr, tu ne sais pas vivre sans moi.
- Que tu crois, répondit Saga d'un ton supérieur. Je n'ai plus besoin de toi maintenant.
- J'en reviens pas, il me fait le coup de la friendzone, s'exclama Hiroto. »
Il fut fier du rire qu'il arracha à son ami mais essayer de rester dans son rôle. Ça ressemblait définitivement à leurs anciennes conversations – si on pouvait appeler ces chamailleries ainsi.
« Pour les boulets dans ton genre, il n'y a que ça qui fonctionne. Il faut tout vous dire clairement, malheureusement pour vous. »
Hiroto frappa le - bon - bras de Saga, se satisfaisant de son grognement de protestation.
- Je serai toi, je ne parlerai pas de boulet, hm? Remarqua-t-il avec un coup d'œil suggestif en direction de la main de son ami qui lui décocha un regard des plus noirs. Plus sérieusement, continua-t-il. Je compte bien venir avec toi.
- Tu as intérêt de le mériter, alors, murmura Saga, avec tout de même un vague sourire aux lèvres. »
[...]
Uruha était nerveux et plus il pensait à ses raisons de l'être, plus il s'énervait contre lui-même parce que c'était quand même drôlement stupide.
Stresser parce qu'il allait passer une soirée entière avec Aoi, non mais franchement! Le pire, c'est qu'il savait qu'il serait sûrement moins stressé s'il devait passer la soirée en compagnie de Kazu. Avec tout ce que ça impliquait...
Et il était là, quasiment en train de se ronger les ongles comme une adolescente qui attendait son rencard. Il leva les yeux au ciel. L'image était suffisamment forte pour le distraire un instant, malheureusement pas assez pour l'empêcher de recommencer.
En plus Aoi était en retard.
A peine cette pensée eut-elle traversée son esprit qu'il se fustigea davantage. En retard? Il n'y avait jamais eu d'heures entre eux, tout se faisait à l'improviste et au dernier moment. Le fait qu'ils se soient donné une heure – presque un rendez-vous si on y pensait – était cruellement hors norme, et ça renforçait l'idée que les choses avaient changé.
Il l'entendit justement toquer à la porte et se morigéna pour ne pas bondir ouvrir. Il fallait qu'il se calme. Ses quelques inspirations profondes ne servirent à rien, il avait l'air à bout de souffle en ouvrant à son ami, comme si c'était lui qui venait de monter les trois étages à pieds.
Son ami lui fit un sourire naturel, si naturel qu'Uruha se demanda s'il était le seul à se sentir mal. Il le fit entrer néanmoins et le laissa poser ses affaires avant qu'ils ne se retrouvent tous les deux assis sur le canapé du salon avec des bières. C'était un samedi soir et ils avaient jugés qu'il valait mieux se voir d'abord dans un environnement familier – c'était Uruha qui avait proposé - plutôt que dans un bar où ils ne pourraient peut-être pas discuter aussi facilement.
Les deux premières heures ne furent guère animées. Ils ne savaient pas quoi se dire et Uruha était de toute façon trop mal à l'aise – à tel point qu'il se demanda s'il n'avait pas un problème – pour avoir une discussion normale. Ils regardèrent un épisode d'un drama historique plutôt captivant et quand Uruha se leva pour aller chercher de quoi manger dans la cuisine, Aoi le suivit naturellement. La bière aidant, les quelques mots qu'ils échangèrent ne furent plus si isolés, et le temps qu'ils reviennent dans le salon, la conversation ne connaissait plus de blancs.
Ils parlaient à voix curieusement basse, comme s'ils avaient peur que cette sorte de paix fragile explose à chaque instant. Uruha nota qu'il n'était pas le seul à stresser: Aoi était juste meilleur que lui pour le cacher. Ça se voyait surtout dans le léger tremblement de ses mains ou de la façon dont il touchait parfois sa poitrine, comme si son cœur lui faisait mal.
De retour sur le canapé, Uruha s'installa en tailleur pour voir son ami de profil. La télévision tournait toujours mais ils l'oublièrent, ne voulant pas lâcher la chaîne de mot qui défilait entre eux. C'était précieux.
« Au fait, tu te rappelles qu'il y a la soirée de la PSC bientôt? »
Uruha avait finalement décidé de prendre ses aises et était allongé sur le canapé avec ses jambes sur les genoux d'Aoi. Il fronça les sourcils en entendant sa question.
« On est déjà en décembre? Se murmura-t-il à lui-même. »
Il se retourna et l'évidence s'annonça sous la forme d'un calendrier accroché au mur.
« On est déjà en décembre, répéta-t-il avec un poil plus de conviction.
- Tu ne t'étais pas rendu compte que les températures avaient chuté ? »
Uruha leva les yeux au ciel. Comme si c'était le genre de chose auquel il prêtait attention... En tout cas, ça craignait un peu, qu'il ne se soit pas rendu compte que le temps passait à cette vitesse-là.
Tous les ans, durant la dernière semaine de décembre, une soirée était organisée dans les locaux de la PSC pour tous les artistes qui y travaillaient. Officiellement, c'était un moyen de resserrer les liens et de rester un groupe soudé, officieusement c'était surtout pour s'éclater avec ses amis et boire plus que de raison.
Et les GazettE n'étaient pas du genre à se faire prier pour y aller. De plus, étant entre artistes, il était extrêmement rare qu'ils soient importunés. Le plus souvent, si ça arrivait qu'il se fasse aborder, c'était par des musiciens de groupes récemment formés qui découvraient qu'ils signaient sous le même label. Pour ces nouveaux artistes, c'était souvent un choc! Et aux les anciens comme les GazettE, ça leur donnait l'occasion de se rappeler de leurs propres débuts, une décennie plus tôt. Etaient-ils déjà si vieux?
« Tu vas y aller j'espère? S'inquiéta Aoi.
- Bien sûr! Pourquoi je n'irai pas?
- Je ne sais pas, tu eu l'air de tomber des nues alors... »
Uruha jugea préférable de ne pas avouer les véritables raisons de son trouble. Il ne voulait pas prendre le risque de compromettre leur tentative de réconciliation.
« Oh, j'ai juste dû me reconnecter avec l'espace-temps, c'est tout. »
Aoi fit une grimace comique. Il n'y avait qu'Uruha pour dire un truc pareil.
« J'en profite tant que tu es reconnecté pour te poser d'autres questions alors. Tu comptes faire quoi pour la soirée de Noël? »
Le roux lui jeta un regard en coin pour essayer de déterminer s'il attendait une réponse spécifique, parce qu'en langage cryptico-romantique, cette question avait souvent des implications plus lourdes. Il espéra bien que non, puisqu'il n'y avait rien de romantique entre Aoi et lui. Il devait probablement se faire des films, son ami avait l'air parfaitement normal.
« J'sais pas trop, t'as une idée toi? Admis Uruha.
- Pas spécialement, c'est pour ça que je te demande.
- Personne n'est en couple dans le groupe, de toute façon? »
Aoi confirma d'un signe de tête.
« Donc on devrait pouvoir faire un truc à cinq, logiquement. Ça pourrait être sympa. Sauf si on considère qu'on se voit déjà toute l'année et qu'on pourrait faire une pause de temps en temps, remarqua Uruha avec un petit rire.
- Mouais, faut voir. »
Uruha nota que curieusement, Aoi n'était pas emballé par l'idée. Pourtant il avait dit ne pas avoir d'autres projets, n'est-ce pas?
« On en reparlera avec eux plus tard. C'est loin encore, Noël. »
Ils laissèrent tomber l'idée de discuter et se plongèrent dans un film d'action qu'Uruha se fit un plaisir de critiquer, dès que les actions des personnages, les décors ou le scénario lui semblaient saugrenus. Il entendait parfois Aoi soupirer, partagé entre l'amusement et l'exaspération.
A la fin du film, ils se rendirent compte qu'il était déjà deux heures du matin et Uruha proposa à Aoi de rester. Après quelques instants d'hésitation et de fausse politesse, il céda et aida son ami à ranger la vaisselle avant de le suivre dans sa chambre.
En s'endormant avec le souffle d'Aoi non loin de sa nuque, dans le calme de sa chambre, Uruha eut l'impression que tout était redevenu comme avant, enfin.
La partie avec Uru et Aoi ne sert pas à grand chose mais je la trouve importante dans la mesure où elle montre que reprendre une relation après des disputes est difficile.
Sinon, il y en a parmi vous qui étaient au concert de the GazettE vendredi 3 juin à Paris? Le Zénith n'était pas plein mais j'ai trouvé qu'il y avait une super ambiance. Même s'ils n'ont joué qu'une 1h30... Mais bon, c'était déjà super cool de le voir en vrai. Ruki avait des vêtement amples et un grand chapeau, on s'est demandé ce qui lui était passé par la tête, mais en tout cas il s'est bien éclaté à danser partout. Bref, je suis super contente de ce concert.
Merci d'avoir lu, à bientôt.
