Bon, et bien, voilà le chap suivant ! Remarquez un peu la rapidité -ahem- avec laquelle je publie, cette fois-ci ! Pour ceux qui attendaient avec impatience la suite -yen a, heiiin ?*O*-, vous pouvez remercier Alexe, charmante revieweuse qui a su trouver les mots xD
Allez, bonne lecture ;D
Chapitre 25 : Première neige, premières larmes
Par la fenêtre du dortoir, je regarde la neige qui tombe. La première neige. Noël arrive et avec lui, les vacances. Dans deux semaines, en fait. Je vais rentrer à la maison avec Théo. Et ça ne me fout pas le moral à zéro pour une fois. Théo a changé. Il est plus gentil avec moi. Moins blessant.
L'eau de la douche de Most cesse de couler. Je suis seule dans la Salle sur Demande qu'on a fait se changer en grande chambre reliée à une salle de bain. En fait, je n'y suis que pour que Most ne soit pas seule. Ça fait seulement deux jours qu'elle a été répartie à Serpentard et déjà elle en a vu des vertes et de pas mûres. Kamili et Pollitt l'ont coincée dans les toilettes alors qu'on n'était pas avec elle et elles l'ont recouverte de sang de crapaud. C'est dégueulasse, visqueux et ça pu. Most a traversé tout Poudlard ainsi.
Enfin, elle est venue nous retrouver dans notre Q.G. qu'on avait fait découvrir à elle, Andy et Huwiler. Elle était sale, on s'était moquée d'elle pendant toute la traversée du château mais elle n'avait pas l'air d'y porter importance. Elle avait l'air de s'en foutre complètement. Elle nous a raconté platement ce à quoi elle avait été victime et je l'ai convaincue d'aller se doucher tandis que Laura et Andy allaient s'expliquer avec les deux pestes. Huwiler est allée éparpiller les sous-vêtements de Kamili et de Pollitt sur la surface gelée du lac noir et je la vois d'ici jeter les vêtements avec désinvolture. J'imagine déjà la tête de ces deux garces quand elles s'apercevront que leurs dessous affriolants décorent la patinoire de Poudlard… Evidemment, Huwiler a bien pris la peine de prévenir Skeeter par hiboux pour qu'elle ne loupe pas l'évènement. Parfois, il faut avouer qu'elle sert cette pie.
Enfin, la porte de la salle de bain s'ouvre et je vois Most s'approcher. Elle s'assoit près de moi, près de la fenêtre et regarde aussi la neige tomber.
-Merci.
-nous remercie pas pour si peu, lui dis-je en lui souriant.
Elle tourne vers moi son regard vert d'eau et me dit :
-Ce n'est pas « si peu ». Le monde est terrible. Pas beaucoup de gens feraient ça pour moi. Tu ne me connais pas, Laura et Sara non plus, pourtant…
Elle détourne son regard qui s'embue et je ne m'étonne même pas qu'elle appelle Laura et Huwiler par leurs prénoms –enfin, Laura par son surnom, parfois j'oublis qu'elle s'appelle en fait Aurore.
-... pourtant, vous agissez comme les amis que j'ai perdus.
Je ne sais pas vraiment si je la considère réellement comme une amie mais je lui souris quand même. Après tout, je l'aime bien et même si je la connais depuis peu, elle est plutôt sympathique. Et puis, elle a tant perdu ; son école, son pays, ses amis… presque tout ce qui faisait sa vie. Je m'imagine un instant sans Poudlard qui m'a ouvert ses portes et m'a fait connaitre des choses ahurissantes et exaltantes, sans Laura qui m'a tout donné et sans le mauvais temps de l'Angleterre. Puis, j'imagine que si ça arrivait à Poudlard, je perdrais peut-être Théo, mon frère jumeau si insupportable mais que j'aime quand même énormément ; je pourrais perdre Huwiler qui même si je la détestais avant et, à présent une très bonne amie ; je pourrais perdre Holmes qui est vraiment la pire des garces et qui n'est jamais satisfaite mais avec qui j'ai passé de très bons moment ; je pourrai perdre Jérémy qui est adorable et qu'il n'y pas si longtemps m'exaspérait au plus haut point ; je pourrais perdre John, mon petit cousin, têtu, romantique et pitoyable qui ne m'a jamais oubliée et que j'adore.
Et je me surprends même à songer à Londubat, l'ami de Jérémy et de Théo, qui a toujours essayé de calmer le jeu et qui n'a jamais été vraiment mauvais avec moi alors que mon frère ne se gênait pas pour l'être. Et à Evans, Lily Evans. Cette préfète qu'on pourrait croire si frigide et coincée mais qui en fait a plus de points communs avec moi qu'on ne pourrait le croire et qui m'a bien amusée quand elle s'imbibait complètement d'alcool.
Et enfin, les Maraudeurs. Cette bande de garçons idiots et terriblement agaçants avec leur popularité et leur prétention de contrôler Poudlard. Lupin qui reste mon Maraudeur préféré, même s'il est un loup-garou et qu'il veut toujours faire le bien autour de lui. Pettigrow, qu'on se demande vraiment ce qu'il fait entouré de ces garçons si arrogants et qui est plutôt comique quand il s'y met. Potter qui est vraiment un cas et que j'aime bien, à bien y réfléchir. Il ne manque pas une occasion de me chercher des noises et d'essayer de me foutre en rogne mais il n'a jamais été blessant. C'était toujours pour m'énerver, pour me faire sortir de mes gonds mais jamais, il ne m'a fait vraiment de mal avec ses paroles. Et puis, il est drôle avec cette façon de draguer Evans sans même remarquer qu'elle est dingue de lui. Et évidemment, le meilleur pour la fin, Sirius Black. Vous ne me croiriez peut-être pas mais je détesterais le perdre même s'il est évident que je ne l'ai pas, à proprement parler. Et pourtant, je le déteste autant que je l'aime ; il est si mauvais avec moi mais en même temps, je ne sais pas, je… suis perdue.
En fait, je ne veux absolument pas que Voldemort touche à Poudlard !
-Ici, tu ne perdras jamais plus d'amis, Most, la rassurais-je.
-J'aimerai mieux que tu m'appelles Maddy, Tatiana.
Je la regarde, surprise. C'est vrai que j'ai toujours tendance à appeler les gens par leurs noms de famille. Même ceux que j'aime bien.
-Ok… Maddy.
-Et je te ferai le cadeau d'éviter « Titine », plaisante-t-elle.
-Ah, ça c'est pas de refus ! m'écriais-je.
xOxOxO
Quand Maddy et moi nous apprêtons à rentrer dans la Grande Salle, les portes de celle-ci s'ouvrent avec empressement sur Huwiler, Laura et Andy. A notre vue, ils se figent avant d'accourir vers nous. Laura agrippe mon bras et essaye de me faire reculer. Etonnée, je m'écrie :
-Mais qu'est-ce que tu fabriques ? J'ai envie de bouffer, moi !
-Allons aux cuisines ! s'exclame-t-elle. Comme ça, Andy et Maddy les découvriront !
-Ah oui et après on va croire que j'ai peur de me faire voir en publique ! m'indignais-je. Je préfère leur montrer que je me fous de…
-Titine ! me coupe Andy. On a vraiment envie d'aller aux cuisines, n'est-ce pas Maddy ?
Mais je ne suis ni idiote, ni aveugle et je vois bien le regard accentué qu'il lance à Maddy. Je comprends tout de suite qu'il y a un truc qui cloche et je me libère du bras de Laura qui me fait une mine de chien battu. Mais qu'est-ce qui leur prend ? Qu'est-ce qu'ils mijotent ?
-Huwiler ! Dis-moi ce qui se passe, lui demandais-je.
J'ai plus confiance en Huwiler pour me dire la vérité. Elle me regarde, peinée, et me dit :
-Il ne faut pas que t'ailles dans la Grande Salle, crois-nous.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Skeeter a affiché une photo de moi ridicule dans toute la salle ?
Andy échange un regard avec Huwiler puis, cette dernière dit :
-Pour une fois, Skeeter n'a rien à voir avec ça. Allons aux cuisines.
Mais je ne peux pas m'y résoudre. Je ne peux pas rester dans l'ignorance. Il faut que je sache. Après tout, qu'est-ce qu'il pourrait bien il y avoir de si terrible ? Si c'est un piège pour me foutre la honte, tendu par les Serpentard, bah tant pis, j'aurais une autre raison de me venger. Je m'avance donc vers les grandes portes closes et, après un dernier regard vers mes amis qui arborent des mines d'appréhension, j'ouvre la porte…
Et ne vois rien de bien spécial. Rien ne me tombe dessus, aucun sort ne fuse sur moi et aucune n'insulte ne m'est criée. J'hausse les épaules en souriant et… vois.
A la table des Gryffondor, Sirius et une fille s'embrasse langoureusement.
Mon estomac se retourne et mon cœur manque un battement. Mais je ne peux pas détourner les yeux de la scène, je suis comme hypnotisée. Plus rien n'a d'importance si ce n'est la main de cette fille qui passe dans les cheveux de Sirius, ses deux paires de lèvres qui dansent et leurs yeux clos. C'est comme si le temps s'était figé, comme si les secondes avaient cessé de s'écouler. Puis le premier éclat de rire retentit et d'autres suivent mais le baiser n'en finit pas néanmoins. Par contre, moi, je me réveille et j'ai juste le temps de voir le regard peiné de mon frère et compatissant d'Evans qui est à côté de lui, car je m'enfuis en courant.
Je passe sans m'arrêter devant mes amis qui étaient restés immobiles et continue mon chemin jusqu'à débouler dans le parc. Je poursuis ma course et m'effondre au bord du lac, dans la neige fraiche. Cette première neige qui continue de tomber. Et je me rends compte que les larmes dévalent mes joues.
Pourquoi ça ne m'avait jamais fait ça quand je voyais Laura embrasser Sirius ? Pourquoi je n'avais jamais eu aussi mal ? Surement parce que je n'étais pas encore vraiment amoureuse de lui, peut-être parce que c'était ma meilleure amie et que cette fille est une sombre inconnue. Car, je ne peux plus nier aimer Sirius, n'est-ce pas ? Désormais, je ne peux plus me cacher derrière une futile attirance, un simple fantasme et ça me détruit. Et c'est horrible, j'aurais voulu continuer de le détester. J'aurais voulu que ça ne me fasse rien qu'il en sert une autre dans ses bras, qu'il en embrasse une autre… qu'il en aime une autre. Mais le temps des rêves est fini, n'est-ce pas ? Il est surement temps de se réveiller.
Et la révélation de Laura me revient alors que mes pleurs redoublent, « Il m'a même dit qu'il y avait une autre fille… ». Alors c'était elle, cette autre fille. En fait, j'aurais préféré que ce soit Laura.
Une main se met alors à caresser mon dos et deux bras m'entourent et je plonge mon visage dans le cou de cette personne.
-Je t'avais dit que les cuisines étaient préférables, non ? Pourquoi tu ne m'écoutes jamais ? me chuchote Laura à mon oreille.
-C'est pas le moment, Laura, s'agace Huwiler que je devine être la propriétaire de la main.
Laura se met à caresser mes cheveux tandis qu'elle me chuchote :
-Je t'accorde cette fois, Titine. Mais c'est tout. Je ne veux plus jamais te voir pleurer après aujourd'hui.
-Ou on risque d'être très brutal avec la cause de tes pleurs, ajoute une autre voix qui me fait relever mes yeux toujours remplis de larmes.
Etonnée, je vois Théo qui est accroupi à mes côtés. Il me vole des bras de Laura pour m'emmener dans les siens. Et Laura ne marque aucune opposition.
-Ici, c'est un ami. J'aimerais mieux ne pas avoir à lui foutre une torgnole, tu comprends ?
Je sais que ma voix serait pitoyable et secouée de sanglots si je parle, donc je me tais et me contente de m'abandonner dans les bras de mon frère qui m'ont souvent semblée si lointains…
-Maintenant, c'est à mon tour d'agir en amie, Tatiana, déclare Maddy. J'espère être aussi bonne que toi, Laura et Sara.
En voyant son air perplexe et inquiet, je ne peux m'empêcher de rire à travers mes larmes. Elle me sourit, un peu soulagée.
-Oui, tu verras, tu l'auras ton prince charmant. Et rien que pour toi -on virera cette pétasse qui te vole ses bras et ses lèvres ! s'exclame Andy avec entrain.
Puis, il se met à genoux près de moi et mon frère, et me montre son poing droit. Théo a un mouvement de recul mais mon sourire le fait se détendre. Je vois où veut venir Andy avant même qu'il me dise :
-Fais-moi un check, ma vielle !
Je frappe son poing avec le mien comme il l'avait fait la première fois que l'on s'est parlé et il refait la même poignée de mains qui m'avait semblée si étrange.
-Allez, sèche tes larmes ou elles vont geler ! plaisante Laura en me collant une bise sur ma joue trempée de larmes.
xOxOxO
Et à peine dix minutes après être partie en courant, me revoilà devant les portes de la Grande Salle. Mais cette fois-ci, je sais ce que je vais y trouver et j'y suis préparée. Préparée à l'affronter et à ne pas me laisser détruire aussi facilement. C'est vrai que j'aurais pu aller aux cuisines avec Théo, Laura, Maddy, Andy et Huwiler mais je ne suis pas faible. Mon moment de faiblesse est passé et je ne compte pas me laisser faire ! Ce que dira Skeeter sur ma fuite ne me fait ni chaud, ni froid. Ce que diront les Serpentard sur mon attitude me laisse de marbre. Ce que diront les autres, je m'en fous encore plus.
Alors, j'ouvre les portes de la Grande Salle et je marque un simple temps d'arrêt pour toiser tous ceux qui mangent et qui me regardent, stupéfiés de me voir de retour. Ils ne savent toujours pas à qui ils ont affaire ?
Mon regard passe de Malefoy qui m'observe avec rage, à Parkinson qui n'en revient pas, puis à Holmes qui me dresse son pouce en signe de félicitation, à Jérémy qui tente un sourire que je lui retourne, à Potter qui éclate de rire en croisant mon regard, à Evans qui a l'air soulagé, à Lupin qui me sourit aussi… pour enfin tomber sur Sirius qui relève le menton avec mépris au contact de mes yeux. Je lui lance un regard hautain puis le dévie vers la fille aux cheveux châtains qui est assise à côté de lui. Cette fille qui l'embrassait. Je la connais de vue et peut assurer qu'elle est à Gryffondor mais je ne connais ni son nom, ni son prénom et encore moins sa réputation. Cependant, et malgré toute ma haine, je dois avouer qu'elle est belle. Bien plus belle que moi. Elle me sourit avec raillerie et je comprends tout de suite qu'elle me déteste autant que je la déteste.
Je détache mon regard d'elle et me rends d'un pas digne à ma table où Malefoy me lance :
-Alors, ça t'a fait tant d'effet de voir Black rouler une galoche à Qwerty ?
Alors, elle s'appelle Qwerty, cette fille. C'est un début. Je connais son nom de famille.
Mais avant que je n'aie pu m'assoir et lui répliquer, Théo l'avait poussé brutalement pour se mettre tout près de lui. Il attrape son col de chemise et lui dit, menaçant :
-Je m'en veux de pas encore t'avoir prévenu ; si tu cherches encore ma sœur, c'est moi que tu vas trouver. Et tu demanderas à Parkinson quel effet ça fait de me trouver, il te donnera tous les détails.
Ebahie, je le vois repousser sèchement Malefoy et m'indiquer la place à sa gauche pour que j'y prenne place. Autour de nous, des murmures d'admiration bourdonnent. Mon frère a son lot de fans, à ce que je vois. Ils doivent être étonnés de le voir assis pour la deuxième fois en si peu de temps à la table des Serpentard. Moi, je le suis, en tout cas.
Laura vient s'assoir à côté de moi tandis qu'Andy se place à sa gauche. Maddy et Huwiler s'assoient en face de nous.
-Tu fais quoi, Théo ? m'étonnais-je.
Je n'ai pas besoin de lui expliquer de quoi je veux parler et il me répond en riant :
-Je rattrape le temps perdu.
-Bah, c'est pas trop tôt ! s'enquit Laura.
-Oui mais tu étais toujours là pour l'aider, Dubois.
-Comme elle, elle a toujours été là pour moi, réplique-t-elle en me lançant un clin d'œil.
-Je me débrouille très bien, toute seule, quand même ! m'écriais-je, orgueilleuse.
Laura et Théo s'échange un regard puis ils disent d'une même voix :
-Mouais.
xOxOxO
Les deux semaines qui nous séparaient des vacances de Noël se sont écoulées plus que rapidement. Pendant ces deux semaines, je n'ai pas quitté ce qui semble être maintenant un groupe à part entière ; Huwiler, Laura, Andy et Maddy. On est un peu le groupe de Serpentard le plus méprisé avec Maddy et Andy qui sont des Sang-de-bourbe, Huwiler qui est toujours considérée comme la fille d'un traître, moi et Laura qui sommes détestées. Et puis, évidemment avec cette histoire avec Sirius. Enfin, bref, on est détestés. Mais chacun de nous s'en fout donc, ils peuvent bien tous perdre leur temps à nous cracher dans le dos.
Cependant, la majorité du temps, on a été accompagnés par d'autres personnes ; Théo, Londubat et Jérémy ; Holmes ; John. Même Evans qui est venue s'inquiéter de mon moral. Décidemment cette fille est un ange avec tout le monde. Sur le coup, je l'ai plutôt mal pris mais j'ai eu tort. Ça partait vraiment du meilleur des sentiments.
Bon, évidemment, ça a été une période de ma vie que je ne voudrais revivre pour rien au monde ! Si je compte bien, j'ai été victime de onze mauvais coups ; des lettres explosives ; des chocolats empoisonnés ; des sorts jetés dans le dos. Et on m'a insultée, cherchée et rabaissée tant que se présentait l'occasion. Enfin, elles sont terminées et c'est génial !
Je suis en train de faire mes valises pour retourner à la maison.
-Hey, Titine, j'ai une idée ! s'exclame Laura. Tu sais que Maddy et Andy ne peuvent pas rentrer chez eux, à cause de la menace que représente Voldy dans leur pays ?
-Bah oui, m'étonnais-je.
-Et qu'Huwiler va passer le pire Noël qui soit, si elle retourne chez elle ?
-Oui, je m'en doute.
Je la détaille, ne comprenant pas où elle veut en venir. Elle tire une tête malicieuse.
-Et si on se les partageait ?
-Hein ? m'enquis-je.
-Oh, Titine, faut tout le temps tout t'expliquer ! ronchonne-t-elle. Disons que Maddy et Huwiler viennent chez moi et Andy, chez toi. Comme ça tout le monde passe de bonnes vacances et on se retrouve pour Noël, chez toi !
Je trouve Laura vraiment gonflée. Allez, hop, elle décide qu'on va passer Noël chez moi –je vois déjà la tête de mon père quand je vais lui demander ça, il est encore moins social que moi ! En plus, il n'est pas d'une ouverture d'esprit spectaculaire et je ne sais pas comment il réagirait en présence d'Andy. Ce dernier a quand même un genre original avec son piercing dans le nez et ses cheveux pleins de gel… et si ce taré avoue son homosexualité à mon père –comme je le crois capable-, je ne préfère pas assister à la réaction de mon paternel.
-Et pourquoi ça doit être chez moi qu'Andy vient et qu'on passe Noël ? Ta maison est bien plus grande !
-Ma mère est trop vieux jeu pour Andy, elle risquerait de piquer des crises. Et puis, si on passe Noël à la maison, Barbara va encore se ramener et ça va me pourrir ma soirée. Alors que si c'est chez toi, elle ne viendra pas squatter, quand même ! Et si elle ose, tu la vires ! argumente-t-elle, fière d'elle.
Bah oui, c'est bien beau tout ça mais sa mère et Barbara sont peut-être soulantes… mais comparées à mon père, elles sont des anges ! Il est si peu social qu'il ne veut jamais que j'invite Laura même s'il l'aime beaucoup. C'est toujours ma mère qui le convainc. Alors là, si j'invite un mec qu'il ne connait pas, à l'apparence excentrique, ça m'étonnerait qu'il accepte. Au pire, je peux lui forcer la main et l'emmener directe à la maison comme c'est maman qui vient nous chercher tandis que lui, il reste à la maison. Il ne pourra pas renvoyer Andy quand il sera chez nous, surtout qu'il habite en Australie qui est en pleine guerre. Bon, je peux faire ça mais il va me trucider. Tant pis, j'ai l'habitude.
-Ok, je veux bien prendre Andy, mais si mon père me tue, t'auras ma mort sur la conscience ! déclarais-je avec un air tragique. Par contre, pour Noël…
-T'inquiète ! me coupe-t-elle. Dis rien à ton père, je m'en occupe !
Ok, je sens le plan pourri qui va faire que mon père va m'enfermer dans la cave jusqu'à la fin des vacances. J'adore Laura, elle pense vachement à moi…
xOxOxO
On quitte les diligences, Andy en premier. Laura jette un sale regard aux sombrals qui restent toujours aussi invisibles pour moi. J'agrippe mes deux grosses –et lourdes- valises. Je grogne une injure en les sentant peser sur mes bras. Je fais quelques pas et…
…et glisse sur une plaque de verglas que je n'avais pas vu. Je me ramasse donc en beauté et me défonce le coccyx en tombant brutalement sur les fesses. Bon sang, je déteste l'hiver et tout ce qui l'accompagne.
Mais évidemment comme une emmerde en emmène d'autres, voilà que, dans ma chute, mes valises se sont écrasées au sol –un peu de la même façon que moi – et se sont ouverte sous le choc, étalant mes affaires un peu partout autour de moi, dans la neige. Super, mes sous-vêtements sont à la vue de tous et mes habits vont être trempés. Le jackpot !
-Fait chier ! Saleté d'hiver à la con ! grinçais-je en tentant de me relever.
Mais je retombe sous les rires de Maddy, Andy, Huwiler et Laura qui ne bouge pas un pouce pour venir m'aider. Enfin, pour leur défense, je tiens à préciser qu'ils sont si pliés de rire que ça m'étonnerait qu'ils puissent faire la moindre chose à part de se tordre de rire.
Je grommelle et décide de rester à quatre pattes pour ne pas tenter Merlin qui, sadique comme il est, serait capable de me refaire m'étaler sur le sol froid. Au mois, comme je suis, je ne peux pas tomber plus bas. Bon, j'ai l'air d'une andouille et, de loin, je vois les autres se foutre de moi en me pointant du doigt. Mais je m'en fous. La honte, c'est presque une deuxième nature chez moi et je sais d'expérience que le ridicule ne tue pas… heureusement pour moi, d'ailleurs.
J'allais attraper une de mes soutifs quand une main me devança. Une main d'homme. Je pousse un soupir en reconnaissant les yeux noisette de Potter et son sourire espiègle.
-Sexy, Titine ! se moque-t-il.
Ce mec a pris les mauvaises habitudes de Laura. Enfin, il utilise ce surnom débile juste pour m'énerver. Mais je ne craquerai pas !
-T'as vu ça ? répliquais-je, ironique.
Je lui arrache mon sous-vêtement des mains et le lance dans une de mes valises. Il rit puis je vois Lupin s'accroupir près de moi pour m'aider à ramasser mes affaires. Celui-là, je vais finir par lui porter un culte ! A chaque fois que je me pète la honte en me ramassant ou un truc du genre et qu'il est dans les environs, il vient me porter secours. C'est chou pour un Maraudeur ! Potter se met lui aussi à nous aider et, bientôt, mes amis qui se sont calmés de leur fou-rire nous rejoignent.
Etrangement, maintenant que deux des Maraudeurs m'aident, les autres débiles qui se foutaient de moi, un peu plus loin, se sont éloignés. Evidemment !
Après quelques minutes, mes habits trempés ont retrouvés leur place dans mes valises et Lupin m'aide à me relever. Je me masse mon derrière en gémissant… je sens que je vais la sentir passer, cette chute !
-Black n'est pas là ? grince Laura, haineuse.
Oui, elle a oublié son habitude de l'appeler par son prénom depuis quelques temps déjà. En fait, depuis qu'elle est allée le voir pour s'expliquer avec lui. Après tout, avant que mes rêves douteux ne soient le sujet de toutes les conversations, elle était encore sa petite-amie. Et deux jours après, il sortait avec une autre, cette Qwerty. Pamela Qwerty, j'ai appris son prénom et qu'elle est en Septième-année à Gryffondor. Laura n'a pas apprécié qu'il sorte avec cette pimbêche alors qu'il n'y avait pas eu de rupture entre eux. Black lui a apparemment dit que si elle restait amie avec moi, il refusait de rester avec Laura. Laura l'a insulté de tous les noms et l'a giflé, d'après ce qu'elle m'a dit, et elle lui a dit que le chantage ça ne marchait avec elle. Depuis, elle le déteste encore plus qu'en début d'année. Elle m'a même dit qu'elle ne voulait plus que je pense à lui et que si jamais je sortais avec lui, elle nous tuerait tous les deux. Je l'ai rassurée en lui rappelant que j'étais justement la cause de cette soi-disant rupture et que c'était bien à cause de moi qu'il s'éloignait d'elle. Elle n'a pu qu'approuver.
Potter et Lupin s'échangent un regard étrange avant de le pointer sur moi. Quoi ?
-Non et justement, on voudrait en profiter pour te parler, Tatiana, m'apprend Lupin.
-Me parler de quoi ? m'étonnais-je.
-Bah allez-y ! dit Laura.
Encore un échange de regard et, cette fois-ci, c'est Potter qui déclare :
-C'est privé.
-Laisse-moi rire ! s'écrie Laura. Titine est ma meilleure amie, ce qui la regarde me regarde !
-Pas cette fois, Dubois, désolé. On veut lui parler seul à seul.
Laura allait s'énerver encore plus quand je lui pose une main sur l'épaule et lui dis :
-Allez dans le train. Je vous rejoins.
-Très bien ! Tu porteras tes saletés de valises et tu te casseras la gueule, dans ce cas-là, et ne compte pas sur nous pour t'aider ! s'enflamme Laura.
Puis, elle part, furibonde. Andy me colle une bise, Maddy me sourit et Huwiler jette un regard d'avertissement aux deux Maraudeurs. Puis les trois suivent Laura.
-C'est à propos de Sirius, annonce Lupin.
Je soupire. Il fallait s'y attendre. Je détourne le regard, sentant mon cœur s'emballer déjà. Rien qu'à l'entente de son prénom, la colère et la tristesse me submergent. Deux sentiments qui ne font pas bon ménage.
-Il nous tuerait s'il savait ce qu'on va te dire mais…, commence Potter mais il s'arrête.
Je retourne le regard vers lui et je croise le sien. Il me sourit puis, il reprend :
-Mais, même si t'es l'une des pires pestes de Serpentard, on t'aime bien. C'est bizarre à dire car encore au début de l'année, je ne pouvais pas te piffrer… faut dire tu nous en as bien fait baver avec Dubois. Cette année aussi, d'ailleurs, mais… on t'aime bien. On s'amuse bien quand t'es là à faire la chieuse et à nous envoyer des vannes, sans te lasser. Et puis, bien que tu fasses la Serpentard sadique –avec beaucoup de talents, faut le dire-, t'as un bon fond.
J'ouvre de grands yeux. Je n'en reviens pas. C'est bien James Potter qui me dit ça ? Il éclate de rire bruyamment, accompagné de Lupin.
-C'est vrai. Après tout, quand t'as appris pour…
-...ton petit problème de fourrure, complète Potter.
-... voilà, bah quand t'as appris pour ça, tu n'as rien dit à personne, avec Laura, achève Lupin en me souriant franchement. Et je ne saurais te dire comme je te suis reconnaissant. Tu as continué à te comporter de la même façon. Tu ne m'as pas traité avec dégoût, ni avec pitié. Non, tu as été la même.
-Même si vous nous avez fait chanter avec Pete' et Sirius, ajoute quand même Potter. Mais bon, vous êtes de vraies Serpentard…
Puis il éclate de rire à nouveau.
-J'y crois pas ! Je fais une déclaration d'amitié à une Serpentard ! s'exclame-t-il avec ironie.
Mon cœur manque un battement.
-D'amitié ? répétais-je, incrédule.
Il me sourit, malicieux, puis il vient et passe un bras autour de mes épaules. Je vois Lupin, en face de moi, qui me lance un clin d'œil.
-Et oui, ma vieille ! T'es devenue l'amie des Maraudeurs. C'est un honneur, crois-moi ! dit Potter en m'ébouriffant les cheveux de sa main de libre.
Je me mets à sourire. Un honneur ? Il est toujours aussi modeste ! Bizarrement, cette déclaration ne m'énerve, ni ne m'agace. Je les aime bien aussi… bon, jusqu'à aller dire que ce sont des amis… je reste perplexe.
-Donc, je devrais crier de joie comme une hystérique ? demandais-je.
-Un truc dans cet esprit-là, approuve-t-il.
-Bah continue de rêver !
Et encore une fois, il se marre. Ce mec ne fait que ça, c'est impressionnant.
-On s'égare, là, commente Lupin.
-Bien dit, mon pote ! s'écrie Potter.
Il me lâche l'épaule et se remet en face de moi pour prendre un air sérieux qui ne lui va pas du tout.
-Je crois que Sirius en pince pour toi, Titine ! déclare-t-il.
-Hein ? m'exclamais-je.
