Il y a plein de bla-bla d'auteur à la fin, mais ça concerne toujours le récit donc ce serait super que vous lisiez :-P
Au sujet du précédent chapitre : Dans un précédent chapitre, quand Remus parle avec Charlie, il dit qu'il a passé deux heures avec lui le jour de la mort de sa mère. A ce moment, j'avais prévu les événements différemment, d'où l'incohérence vu qu'il ne passe même pas une demi heure en sa compagnie. Cela sera modifié dans le chapitre lorsque je corrigerai chapitres.
°O°
Chapitre 26 : Pour moi
Remus s'éveilla dans un écrin de chaleur. Le dos lové contre le torse de son compagnon, il sentait son souffle tiède sur sa nuque. Le réveil indiquait neuf heures du soir. Cela le surprit comme il avait bien dormi la nuit précédente, mais les émotions cumulées de la journée avaient eu raison de lui.
Sirius en revanche avait du sommeil à rattraper. Loin de s'en sentir coupable, le châtain trouvait une certaine satisfaction à savoir qu'il n'avait pu dormir à cause de lui. Il n'avait pas à s'inquiéter de l'amour qu'il lui portait, avec tout ce qu'il disait et faisait, mais cela restait appréciable malgré tout.
Des lèvres sur sa peau lui indiquèrent le réveil de son amant. Le bras autour de ses hanches se déplaça, une main glissant de son ventre vers le haut de son torse en caresses paresseuses.
- On a largement le temps de remettre ça, remarqua le jeune Black d'une voix encore à demi endormi en se pressant contre son dos.
Remus répliqua par un rire à son ardeur et se tourna vers lui en le repoussant.
- Il y a une dernière chose dont je dois te parler. Ton père m'a proposé de devenir notre tuteur légal, à Eline et à moi.
Les mains aventureuses stoppèrent net leur progression et Sirius cligna plusieurs fois des yeux, se réveillant totalement.
- Tu me répètes ça, dit-il avec incrédulité.
- J'y ai longuement réfléchi, poursuivit Remus. Je pense qu'Eline a besoin de ça. Je ne savais pas trop quoi penser de ta mère au départ. Si elle ne faisait que... jouer, si je puis dire, avec Eline ou si elle pouvait réellement établir des liens profonds avec elle. A force de l'observer, j'ai su qu'elle saurait s'occuper de ma sœur comme il se doit. Je préfère ça à la voir placer dans une famille d'accueil dont j'ignore tout.
- Mais tu ne... commença à s'insurger Sirius.
- Quant à moi, je vais trouver un emploi et demander mon émancipation, termina le châtain.
Son amant l'observa un long moment avant de prendre la parole.
- Tu ne comptes même pas finir le lycée ?
- Suivant le temps qu'il me faudra pour trouver un travail, je pourrai bien ne pas finir cette année. En tout cas, je ne ferai pas ma terminale. Je désire réclamer la tutelle d'Eline dès ma majorité, et je dois pouvoir m'assumer financièrement pour obtenir ce droit.
- Je te comprends pas, souffla Sirius. Si mon paternel se sent aussi généreux, tu devrais le laisser assumer entièrement les charges financières. Que tu t'émancipes, je suis à cent pour cent avec toi, je ne pense pas que j'apprécierai que mon père soit ton tuteur, grimaça-t-il. Par contre, tu devrais au moins passer le bac, voir faire des études en soutirant de l'argent à mon vieux. T'aimes ça, non ? Les études. Tu continues à faire passer Eline avant toi.
Il s'était très largement renfrogné et arborait un air presque boudeur. Avant de s'endormir, il avait déjà prévu un second round, mais il en avait espéré un physique et non de nouvelles palabres.
- Je le fais pour elle, c'est vrai. Mais je le fais surtout pour moi, affirma Remus.
Une de ses mains vint frôler ses côtes et les bleus qui n'apparaissaient plus qu'en filigrane désormais. Sirius se sentit un peu coupable de ne pas avoir pensé à ses blessures lors de leurs ébats mais son ami semblait plus pensif que souffrant.
- Je ne... peux pas dépendre de quelqu'un, soupira-t-il. J'ai l'impression de m'être pris en charge depuis toujours. Il m'est impossible d'accepter la tutelle de qui que ce soit. J'aime les études, et je les reprendrai un jour, sans aucun doute, mais pour le moment... C'est justement parce que j'ai besoin d'être moi que je dois trouver un emploi. Un travail qui me permette de vivre comme je l'entends, et non de survivre. Ce n'est pas une erreur, je le sais. J'ai besoin de me retrouver. Et je ne pourrai le faire qu'en m'assumant totalement.
- Et tu comptes retourner au Paradis Rouge ?
Au ton de sa voix, il était clair que cette option n'était pas concevable pour Sirius. Mais Remus secoua la tête.
- Ce n'est pas envisageable. Il faut être majeur pour y travailler normalement. De plus, je ne voudrais pas compromettre mes chances d'avoir la garde d'Eline à cause d'un métier peu conventionnel.
- Bien. Tant que tu me gardes dans l'équation, ça me va, déclara Sirius après un instant de réflexion.
Il reprit le cours de ses caresses, bien décidé à ne plus s'interrompre.
- Je me suis toujours demandé ce qui t'avait attiré chez moi.
Sirius gronda dans le cou de Remus. Il était d'humeur un peu trop causante à son goût. Mais au moins cela ne l'empêchait-il pas de répondre à ses avances, aussi évasivement le fasse-t-il.
- Mmh... Tes faiblesses peut-être... répondit-il en s'appliquant à laisser une marque sur la peau de son compagnon.
Les caresses de Remus cessèrent et Sirius redressa la tête pour tomber sur ses yeux écarquillés de stupeur.
- Généralement, on me répond plutôt l'inverse, remarqua-t-il.
- Et bien, il s'agit de moi, non ? répliqua Sirius, non sans une certaine irritation.
Et voilà qu'il recommençait à parler des autres, en plein ébat amoureux en plus ! Ce type avait définitivement moins de sensibilité que lui, et c'était peu dire. Sa main droite glissa jusqu'au genou de son amant, remontant la cuisse en frôlant la ligne du muscle.
- Ok, disons que c'est pas le bon terme, reprit-il tout en appréciant l'accélération du rythme respiratoire de l'autre. Tu m'intriguais. Tu étais... je sais pas... complètement vide, l'air de porter un poids bien trop gros pour toi et de t'en être lassé. Et pourtant, cet aplomb dont tu as fait preuve devant Skeeter !
Il avait arrêté sa main à la jonction de l'aine et de la cuisse, caressant du pouce le pli sensible. Remus avait visiblement retrouvé toute sa vigueur et semblait combattre son désir de bouger les hanches pour écouter la suite. Sirius trouva l'idée intéressante... Il pouvait bien le torturer un peu pour le punir de son indélicatesse.
- Tu m'as résisté, poursuivit-il en faisant glisser ses doigts plus bas, l'autre main venant effleurer ses fesses tout aussi doucement. Je l'ai pris comme un défi à relever. Sauf qu'à un moment donné, en cours de route, à force de t'observer, je suis...
Remus ne le laissa pas terminer. Avec un sifflement de frustration, il attrapa la main de son amant pour la poser directement sur sa virilité tout en l'embrassant avec ferveur.
- Plus tard, déclara-t-il dans un souffle rauque et saccadé.
Sirius ne se le fit pas dire deux fois.
o
Le second réveil se fit peu après cinq heures du matin. Sirius semblait en assez grande forme pour remettre à nouveau leurs étreintes mais Remus le repoussa avec fermeté pour aller se doucher. On était lundi et les événements du week-end ne les exemptaient pas du lycée.
Alors qu'il finissait de s'habiller après avoir changé les draps, Sirius encore dans la salle de bain, un bruit à la porte le fit se retourner. Eline se trouvait à l'entrée de la chambre, l'air un peu anxieuse et n'osant visiblement pas s'approcher.
Remus eut un demi sourire. C'était nouveau. Jamais Eline ne s'était gênée en sa présence. Il y avait un côté triste à cette situation, mais aussi une grande victoire.
Il posa un genou à terre et ouvrit les bras, sa sœur se précipitant dans son étreinte dans la seconde, ses bras serrant son cou avec force.
- Je m'excuse de t'avoir laissé, dit-il en embrassant ses cheveux.
Elle le regarda, parut prête à répliquer quelque chose mais se retint.
- Je m'excuse d'avoir crié, répondit-elle en baissant la tête. Et j'ai menti. Je te déteste pas.
- Je n'en ai jamais douté Eline, lui assura-t-il. Et toi ? Tu sais que je t'aime, n'est-ce pas ?
- Tu... Tu m'en veux pas alors ?
Il lui donna un baiser sur le front et la serra plus fort contre lui. Elle n'osait pas lui reprocher ses propres torts. Qu'une enfant de son âge ait à faire de si grands efforts était injuste.
- Non Eline, je ne t'en veux pas. Ce n'est pas grave si tu cries après moi, tant que tu sais t'excuser après. C'est une leçon, n'est-ce pas ?
- On peut faire des erreurs mais on le dit, répéta Eline en écho à l'un des premiers préceptes que lui avait enseigné son frère.
- Il est bientôt temps que je t'apprenne ce qu'est « reconnaître », remarqua Remus.
La petite le regarda sans comprendre et il secoua la tête. Ce n'était pas le moment de lui apprendre les subtilités de la langue française.
- Eline, tu te souviens de la dame que tu as vu après la mort de papa ? Celle qui t'a fait faire des dessins.
Elle hocha la tête, curieuse de voir ce sujet abordé.
- Les dessins que tu as fait pour elle, est-ce que ce sont ceux que tu voulais dessiner ?
L'enfant fut déstabilisée par la question. Elle écarquilla les yeux, les plissa, fronça le nez et fit une petite moue d'excuse.
- J'ai fait comme avec papa, avoua-t-elle enfin.
- Tu as fait les dessins de maternelle, c'est ça ?
Il y avait pensé après la crise de sa sœur, qui lui avait fait prendre conscience qu'elle supportait plus qu'il ne le croyait. A ce qu'elle lui avait dit au sujet des nouveau dessins qu'elle faisait en cours, et de la peur que Francis les découvre. Il était aujourd'hui évident qu'elle avait la capacité de dissimuler ses angoisses dans ses dessins. Elle devait cette maturité à ce serment du secret que lui-même lui avait demandé de faire pour les protéger tous deux de leur père. Mais il était aujourd'hui important qu'elle se défasse de ces entraves et elle ne pouvait y arriver seule.
- Dans pas longtemps, tu vas voir une autre personne qui va aussi te demander de faire des dessins ou alors de parler de papa et de moi, déclara-t-il en la regardant droit dans les yeux. Mais cette fois, il faut que tu dessines vraiment ce que tu veux. Papa n'est plus là, il n'y a plus de risque. Aujourd'hui on doit tous les deux dire les choses aux services sociaux, d'accord ?
- Mais... Mais hier...
La voix de la fillette mourut, des larmes menaçant de tomber. Remus retint une grimace. La journée d'hier avait compliqué les choses et terrifié sa sœur plus que de raison, ça allait demander du temps avant qu'elle s'en remette.
- Hier, des gens ont aussi fait des erreurs, lui expliqua-t-elle. Les erreurs, ça arrive aux enfants et ça arrive aussi aux grandes personnes. Mais les grandes personnes ne savent pas toujours s'excuser.
Elle hocha la tête avec hésitation. Elle n'était pas convaincue, mais ça viendrait.
- Ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas la première fois, Eline. Tu peux faire semblant de dessiner quand tu commenceras. Et la fois suivante, et celle d'après. Et puis, quand tu te sentiras prête, tu dessineras pour de vrai devant cette personne. Elle sera patiente, tu verras, elle t'attendra.
Elle hésita à nouveau et saisit la chemise de son frère entre ses poings serrés.
- Mais maintenant, tu vas plus me laisser, hein ? On sera toujours ensemble ?
- Pas toujours, non !
C'était Sirius qui venait de lui répondre, avec une assurance et une fermeté qui ne plurent pas à l'enfant d'après l'expression de son visage.
- D'abord, c'est pas à toi que je demandais ! s'exclama-t-elle avec colère.
Sirius haussa un sourcil et lui adressa un sourire sardonique.
- Peut-être pas, mais c'est moi qui te réponds.
Il s'approcha et planta un baiser sur les lèvres de Remus avant que lui ou sa sœur puisse réagir.
- Maintenant ton frère est aussi à moi, asséna-t-il sous les yeux stupéfaits de la gamine. Et ne joue pas les étonnées, tu le sais très bien.
Il pointa le doigt sur elle et resta quelques secondes l'index à quelques millimètres de son nez, la jaugeant avec une telle intensité qu'elle n'osa pas répliquer.
- Toi... commença-t-il.
Remus esquissa l'ombre d'un mouvement mais se retint de l'interrompre.
- Tu seras toujours au milieu, soupira fortement le jeune Black avec exaspération.
Il se laissa tomber en tailleur à côté du frère et de la sœur, ne lâchant pas les yeux de la petite.
- S'il ne tenait qu'à moi, je le garderai tout à moi, ricana-t-il d'un ton provocateur.
- T'as pas le... commença l'enfant avec indignation.
- Mais ! la coupa-t-il. Malheureusement pour moi, c'est une option que ton frère refuse. Alors même si je voulais t'éloigner, je pourrai pas.
Un grand sourire victorieux apparut sur le visage de la fillette, mais Sirius n'avait pas fini.
- Maintenant, tous les deux, il va falloir qu'on apprenne quelque chose.
- Quoi ? demanda Eline avec méfiance.
- Le partage.
Il avait dit cela en tendant la main, et l'enfant la regarda sans comprendre.
- Quand on scelle un accord, on se sert la main, expliqua Sirius.
- « Sceller », ça veut dire que tu es d'accord avec ce qu'il a dit, compléta Remus en voyant que cela n'avançait guère sa sœur.
Elle n'était pas du tout d'accord avec cette idée, mais son frère ne semblait pas prêt de lui venir en aide et les options lui paraissaient limitées. Très lentement, récalcitrante, elle leva sa petite main.
- C'est important, Eline, la prévint son frère. Tu ne la sers que si tu es d'accord.
Son mouvement s'arrêta, elle fronça les sourcils puis attrapa le poignet de Sirius, ignorant la main.
- D'abord, c'est moi qui dit quand on selle !
Elle se leva, déposa un baiser sur la joue de son frère et sortit en courant.
- euh...
Sirius était resté la main tendue, incertain de ce qu'il venait de se passer, ce qui eut le don de faire rire Remus.
- Elle t'a serré le poignet, indiqua-t-il. Elle est têtue.
- On se demande de qui elle tient, se moqua Sirius.
Ils furent rapidement prêts et quittèrent le Val de la Garrigue malgré l'heure matinale, après que Remus eut promis cent fois à sa sœur de rentrer en soirée.
L'aube se déclinait en un vague halo grisâtre à l'horizon alors qu'ils descendaient la colline en direction de la mer, le ciel encore parsemé d'étoiles. Il faisait froid au point que leur respiration créait des petits nuages de vapeur à chacun de leur souffle, une température à ne pas s'éterniser dehors. Et pourtant, alors qu'ils arrivaient aux plages en même temps que le soleil dardait ses premiers rayons, quelqu'un faisait les cent pas sur le sable, courant de droite à gauche et sautant pour se tenir chaud.
- T'as tout d'un lapin punk sous exta, lança Sirius à la personne qui se retourna d'un bloc.
- Comme si tu connaissais les effet de l'exta ! répliqua James d'une voix grelottante.
Il courut vers eux et, sans ralentir, fonça sur Sirius pour le serrer dans ses bras avec un peu trop de force d'après le son étranglé que lâcha son meilleur ami. Il y avait certainement une part de vengeance dans cette tentative d'étouffement mais Remus se demanda à quel point il cherchait également à se réchauffer.
- Vivifiant ce matin, hein ? lança James d'une voix plus forte que nécessaire en lâchant enfin Sirius. Ça nous cryogénise et nous assure quelques minutes de vie supplémentaire. Quelle chance !
- Ce qu'il faut pas entendre ! Ça se voit que vous avez jamais vécu dans le nord.
Sirius regarda Stéphane avec surprise, puis Mélodie et Olivier qui l'accompagnaient.
- Je veux bien croire que vous ayez fini par trouver la fréquence de connexion qui nous relie, remarqua-t-il en se désignant ainsi que James. Mais ce que je n'arrive vraiment pas à comprendre, c'est comment vous faîtes pour toujours arriver ensemble alors que vous n'habitez pas le même quartier...
Mélodie ouvrit la bouche en un « oh » muet et leva une main maniérée devant sa bouche avec une petite moue coupable.
- Oups ! Je ne pensais pas qu'on serait grillé aussi tôt les garçons, minauda-t-elle.
Olivier et Stéphane haussèrent les épaules de concert avec fatalisme et se rapprochèrent d'elle en une étreinte intimiste.
- Heureusement que je peux compter sur ces deux-là pour m'apporter de la chaleur durant les longues nuits d'hiver, soupira Olivier avec reconnaissance.
Le trio, toujours enlacé, adressa d'immenses sourires niais à leurs amis.
- C'est triste à dire mais je crois qu'ils ont trop traîné avec nous, grimaça Sirius.
- Ouais ben tout le monde n'a pas de bouillotte humaine ou un thermostat interne nordiste, alors si on pouvait bouger jusqu'au lycée, ce serait super ! frissonna James.
Ils se dirigèrent vers l'établissement en taquinant leur ami sur sa frilosité et les moyens plus ou moins catholiques qu'il avait de se réchauffer. Aucune question ne fut posée. Ils avaient vu Remus et celui-ci avait retrouvé son entrain, il ne leur en fallait pas plus pour justifier d'avoir affronté le froid d'un matin d'hiver.
La matinée de cours demanda plus d'explications. D'abord envers Andromeda, qui les accueillit en giflant Sirius pour tout le stress qu'elle avait eu – car, avait-elle expliqué, il était hors de question de s'en prendre à Remus –, ensuite devant le professeur Hortense, après le cours de math. Il fallut l'heure entière à Remus et à l'homme pour discuter des conséquences de son choix d'arrêter les études, mais les arguments du garçon semblèrent assez convaincre Hortense pour qu'il ne cherche pas à s'y opposer fermement.
Enfin vint l'heure du déjeuner, avec l'éternel combat de Sirius contre ses « traîtres d'amis » qui l'empêchaient de s'accaparer Remus pour lui permettre de rejoindre Severus Rogue.
Ils se trouvèrent un coin désert au fond d'un couloir pour discuter à l'abri des oreilles indiscrètes et du froid. D'un air circonspect, Severus sortit de son sac le mot que Remus avait glissé dans sa boîte aux lettres la veille.
- « Je vais bien. On se voit demain. », cita le garçon. Tu maîtrises l'art de la concision avec brio. Je n'en dirai pas autant de ton talent à apaiser l'inquiétude.
- N'est-ce pas la vérité ? sourit Remus.
- J'en viendrai presque à plaindre ton ahuri de copain, soupira Severus. Enfin, à voir ton attitude de ce matin, je présume que tu as réglé certains soucis.
- Une bonne secousse de temps à autre ne fait vraiment pas de mal, confirma son ami. Il y a encore beaucoup à faire mais les plus gros abcès ont été crevés.
- Ne laisse pas les plus petits s'imposer.
Remus hocha la tête.
- Je ne crois pas t'avoir jamais remercié comme il se doit et c'est une honte de ma part. Merci d'être là, de m'écouter, de dire ce que tu as à dire. Tu m'as aidé à avancer, je n'aurai jamais été si loin si tu n'avais pas été là.
Rogue le regarda d'un air neutre et acquiesça.
- Énoncer l'évidence n'a guère d'attrait, dit-il, mais j'apprécie tes propos.
Un de leurs longs et habituels silences s'installa, Remus se perdant un temps dans la rumeur des conversations des étudiants en train de déjeuner.
- Je suis allé voir ma grand-mère, annonça-t-il.
Son camarade lui accorda toute son attention. Il avait été assez impliqué dans les recherches pour que ce sujet en particulier le concerne.
- Hier, après être passé chez toi, je me suis rendu à leur adresse. Le mari travaillait, elle était seule chez elle...
Remus leva la tête vers le plafond, perdu dans le souvenir de cette étrange rencontre.
- Quand elle m'a ouvert, sur le coup, elle souriait aimablement, comme on le fait par politesse devant un inconnu qui frappe à votre porte. Je n'ai rien trouvé à dire. J'aurai dû me présenter mais je n'ai pas pu, je ne faisais que me demander ce que je faisais là. Mais ça n'a pas duré... Il lui a à peine fallu quelques secondes pour qu'elle prenne une expression stupéfaite. Elle a dit mon nom, incertaine, et je n'ai pu que hocher la tête... Elle a fondu en larmes...
Son regard s'était fait vague et mélancolique. Severus n'arrivait pas à déterminer à quel point il était détaché de ce qu'il racontait.
- Elle m'a invité à déjeuner. Elle n'a pas arrêté de parler. Elle n'arrêtait pas de s'excuser aussi, pour son mari, pour Nadine, pour tout... Je... Je pensais que je lui en voudrai, comme j'en voulais à son mari, mais je n'ai pas pu. Il y avait cette vieille femme, là, devant moi, qui pleurait et qui riait, et j'ai juste pensé à quel point elle ressemblait à ce que devait être une grand-mère...
- Tu vas la revoir ?
- Oui, je pense. Et un jour, si elle le veut bien, Eline la verra aussi. C'est... C'est important je crois. Ça l'est pour moi en tout cas...
- L'essentiel est là.
- L'essentiel est là...
Ils finirent la pause de midi sans plus un mot.
o
Remus, Sirius et James séchèrent leur dernière heure de cours pour se rendre au Terrain. Ils n'étaient pas les seuls à avoir fait ce choix. Stéphane, Olivier et Mélodie n'avaient aucun cours de l'après-midi, mais Lily se trouvait déjà au skate-park quand ils y arrivèrent, ce qui avait dû lui faire manquer tous ses cours de l'après-midi.
Remus la laissa relater les événements de samedi dans le détail à ceux qui n'étaient pas présents. Il hésita un moment avant de se décider à raconter lui-même ce que le type des services sociaux lui avait dit lors de l'entretien.
- Cette enflure... gronda Sirius. Si je dois recroiser sa route, ce ne sera pas son nez que je viserai.
- Mais... est-ce que ça veut dire que tu vas devoir revoir cet homme ? s'inquiéta Mélodie.
- C'est tout de même étrange, nota Stéphane. Si on oublie le côté homophobe, les suppositions qu'il a faites ne sont pas illégitimes, mais que ça ait été dit de la sorte... Il doit y avoir un vice de procédure quelque part, non ?
Sirius, qui avait tourné un regard chargé d'éclairs sur son ami à l'évocation de la supposée légitimité des accusations qu'avait subis Remus, tourna des yeux victorieux vers son compagnon à la fin de son discours.
- Ça fait sens ! Ce fumier ne va pas s'en tirer à si bon compte !
- En fait de vice de procédure, il s'agirait plutôt d'excès de zèle...
Tous les regards se tournèrent vers Lily à cette réplique.
- Je sais ce qu'il s'est passé samedi. Lorsque j'ai quitté la pièce avec Eline, je ne suis pas partie directement, j'ai attendu qu'elle se calme un peu, ça m'a permis d'apprendre de quoi il retournait.
- Qui est cet homme ? demanda Remus.
- C'est un agent social en quelque sorte spécialisé dans les cas de viol sur mineurs, leur apprit-elle. Cela fait quelques années qu'il monte un dossier sur le sujet pour faire évoluer les prises en charge de ces cas particuliers. D'après ce que j'ai compris, il était en train de boucler son dossier mais il y a eu des complications, des témoins qui sont revenus sur leurs propos, des cas invalidées qui rendaient une partie de son travail caduque.
- Il a donc cherché de nouvelles affaires, grimaça Olivier.
- Exactement. Et en épluchant les dossiers, il est tombé sur le vôtre. Je ne sais pas si son jugement a été altéré ou autre mais il a clairement outrepassé ses droits et ses responsabilités dans cette affaire. Comme le dit Stéphane, il y a eu vice de procédure.
- Alors il n'y a qu'à porter plainte contre ce type ! s'exclama Sirius.
- Ce n'est pas aussi simple, remarqua lentement James en lançant un regard en biais à Remus.
- Pas aussi simple ? répéta Sirius, ulcéré. Il te faut quoi de plus ?
- Avec ce qui s'est passé, je devrais retrouver mon chargé de dossier initial, n'est-ce pas ? demanda Remus.
- Logiquement. Apparemment il cherchait déjà à récupérer ton dossier à l'instant où on lui a retiré. Je suppose que tu le retrouveras la prochaine fois.
- Cet homme a mal agi, c'est certain, remarqua Remus à Sirius qui allait protester. Mais que va-t-il advenir de son dossier si je porte plainte ? Ses méthodes sont à revoir et il va sûrement se faire sermonner par sa hiérarchie. J'espère que ça lui remettra les idées en place. Mais... Il œuvre contre des abominations, tout le monde ne peut pas en dire autant. Je lui en veux pour ses accusations fallacieuses mais je refuse d'être celui qui annulera tout son travail.
- Quoi ? s'exclama Sirius. Et si il recommence ?
Il chercha du renfort auprès des autres mais la moitié était avec Remus et les autres lui indiquèrent clairement qu'ils ignoraient quelle était la meilleure solution.
- Rha ! Et puis assez de ce demeuré, grogna-t-il. Du moment qu'il ne s'approche plus de vous, il peut bien aller se faire rôtir en enfer. On y va ?
Lily étant déjà prête, elle alla faire quelques figures en attendant que les garçons aient changé leurs roues pour adapter leurs rollers à la rampe.
- Tu le sens comment aujourd'hui ? demanda Sirius une fois qu'ils se furent redressés.
- Je ne le saurai qu'une fois au sommet, sourit doucement Remus.
Son amant hocha la tête et s'élança à la suite de James, lui laissant le temps de se préparer mentalement à remonter en piste.
Remus inspira profondément avant de poser le pied sur le half pipe. Comme d'habitude, il commença par évoluer lentement au centre, retrouvant les sensations depuis longtemps oubliées. Pour tout un chacun, il ne prêtait aucune attention à ses trois amis qui évoluaient sans difficulté autour de lui, mais il n'en était rien. De ses roues à ses pieds, remontant le long de ses jambes jusqu'à son épine dorsale pour se propager dans tout son corps, il ressentait la moindre vibration produite par le roulement des autres, leurs slides et les chocs qu'ils produisaient en se réceptionnant sur la rampe. Ces sensations le ramenaient dans un passé qui n'était pas si éloigné et son esprit n'était pas le seul à simuler les figures, ses muscles semblant n'avoir attendu que ça depuis tout ce temps.
Il prit de l'élan pour atterrir au sommet et se plaça au bord, observant la courbe de la descente puis la remontée. Son cœur battait la chamade. Sa vue se troubla, une odeur d'antiseptique agressa son odorat, et ce bip incessant...
Il ferma les yeux. Inspira une fois. Deux fois. Son rythme cardiaque se calma, sa vision redevint nette et il entendit, juste à côté de lui, la voix de Sirius qui l'appelait. Il se tourna vers lui pour le voir le regarder avec inquiétude. Il sourit et, prit d'une impulsion soudaine, sortit le portable qu'il avait dans la poche de sa veste. Un moment, il resta simplement à l'observer, songeant aux quatre années qui s'étaient écoulées, puis il regarda à nouveau Sirius, le téléphone... Il ouvrit le clapet, attrapa l'appareil à deux mains et le brisa en deux.
Il regarda les deux parties comme s'il n'y croyait pas vraiment puis les laissa tomber au sol en levant les yeux au ciel, prenant une lente et profonde inspiration.
Puis il s'élança.
oOo
Le Terrain grouillait littéralement de monde et avait été transfiguré pour la compétition. On avait installé des gradins de part et d'autre de la rampe principale et des stands de nourriture, d'associations et de vente d'accessoires se dressaient sur plus de la moitié de la piste de course – la dernière section permettant des courses amatrices.
L'été avait pris ses quartiers la dernière semaine d'avril et le soleil illuminait cette journée de mai. Une main en visière pour se protéger de la lumière, Remus regarda le ciel bleu avec un sourire. Le temps était aussi clément que quelques années plus tôt et il pouvait cette fois pleinement en profiter.
Deux bras vinrent l'enlacer par derrière pour le presser contre un corps chaud en sueur, des lèvres se perdant dans son cou.
- Si tu ne nous as pas regardé, ça mérite une vengeance, souffla Sirius avant de donner un léger cou de dents.
- Je n'en ai pas perdu une miette, assura Remus. Vous avez superbement accompli la figure.
Il restait encore un couple à passer pour l'inter-lycée mais le vainqueur était déjà officieusement déclaré. Les deux garçons avaient donné un spectacle bien trop supérieur au niveau lycéen pour qu'il en soit autrement, enchaînant les figures avec une rapidité et une dextérité impressionnantes. Sous les directives de Lily et Remus, ils étaient également parvenu à présenter avec brio la figure incomplète que Lily avait exécuté quelques années plus tôt.
- C'était pas si mal, reconnut la voix de Lily avec une certaine condescendance. Mais vous n'avez pas intérêt à vous reposer sur vos lauriers, parce que l'an prochain, Remus et moi allons vous montrer la réelle virtuosité de cette figure.
Sirius lui lança à peine un regard noir comme il était très occupé à redécouvrir pour la énième fois les courbes du cou de son compagnon.
La jeune fille et son ami avaient été les seuls de la compétition à concourir sous le nom de deux lycées différents. Leur présentation n'avait comporté aucun faux pas, mais ils s'étaient contentés d'un programme relativement simple. Remus avait mis plusieurs semaines après sa reprise de la rampe pour tenter des figures plus audacieuses, à cause de ses blessures, et il sortait à peine réellement de sa convalescence. Il était doué et avait retrouvé les réflexes qu'il n'avait jamais vraiment oublié, mais il faudrait encore quelques mois avant que son corps soit capable de suivre tous les mouvements que son esprit réclamait.
Lily en revanche avait présenté un programme de très haut niveau en individuel. Des pros avaient même tenté de la convaincre de passer professionnelle, mais cela ne l'intéressait pas pour le moment.
- Sirius, je te rappelle qu'on est en public et qu'il y a des enfants, grommela James.
Son meilleur ami cessa de laisser des marques sur la peau de Remus pour le regarder. Il avait passé une main sous le T-shirt du châtain sans effectivement se soucier du lieu où il se trouvait et se trouva avec cinq paires d'yeux réprobateurs qui lui étaient destinés. Il regarda son amant, qui lui adressa un sourire amusé, parfaitement stoïque, et s'éloigna un peu avec un soupir.
Remus avait rapidement compris que Sirius était quelqu'un de très tactile, mais il n'en avait pas immédiatement saisi l'ampleur. Heureusement, il ne lui avait pas fallu longtemps pour rester imperturbable dans ce genre de situation, ce qui suffisait généralement à le calmer.
Il se rappela avec amusement du jour où ils avaient été chercher les résultats du test VIH. En toute honnêteté, il s'était senti assez mal à l'aise lorsque le médecin qui leur avait annoncé que tout allait bien les avait félicité de leur responsabilité pour avoir fait ce test. Ils avaient eu des rapports non protégés peu avant et ne se sentait pas très fier de lui, même si le risque était minime(1). Sirius, évidemment, n'en avait pas fait grand cas.
Par contre, en sortant du cabinet de consultation, en plein milieu de la salle d'attente, il avait donné un très long et profond baiser à Remus, pris par surprise. Puis il avait offert un sourire goguenard à l'assistance médusée et avait entraîné son compagnon dehors, un bras entourant sa taille.
« On peut savoir ce qui t'a pris ? » s'était étonné Remus à retardement, une fois sortis sur le trottoir.
« Ils pensaient qu'on était juste potes, ça t'énerve pas qu'on se méprenne sur notre relation ? »
« Pas vraiment... »
« Ben moi si. »
Et il l'avait à nouveau embrassé, cette fois en pleine rue. Quelqu'un les avait invectivé en les traitant de tapettes, mais Sirius lui avait promis de l'écraser plus sûrement qu'une mouche et le regard qu'il lui avait lancé avait suffi à le faire fuir.
- James mon ami, tu es simplement jaloux de ne pas oser en faire autant avec Lily, nargua Sirius en collant malgré tout le corps de Remus contre le sien.
- La décence t'est juste un concept inconnu, grommela James en rougissant.
- Ou alors c'est toi qui as peur de te faire piquer Remus si tu ne le marques pas assez, suggéra Lily avec moquerie.
- Quoi qu'il en soit, intervint Stéphane, il est temps d'entraîner Sirius vers les stands de nourriture.
- Hein ?
Si les autres ne comprirent pas immédiatement, Olivier réagit rapidement et agrippa Sirius pour le détacher de Remus.
- Sans aucun doute, déclara-t-il. Tu étais à deux doigts de dévorer notre pauvre Remus, tu dois mourir de faim.
- Mais qu... commença Sirius.
- C'est qu'il faut reprendre des forces après tous ces efforts, confirma Mélodie en venant aider Olivier à écarter le jeune Black de son compagnon.
Avec un temps de retard, un éclair de compréhension traversa les yeux de James et Lily lorsqu'ils portèrent leur regard derrière le couple et ils vinrent prêter main forte à leurs amis. En réponse à l'air franchement perplexe de Remus, Stéphane se contenta de lui adresser un clin d'œil et de pointer quelque chose derrière lui avant de rejoindre les autres.
- Tu as une brigade de choc à ton service.
- Severus ! Je comprends mieux, s'amusa Remus en se retournant pour lui faire face. Tu es venu finalement.
- Ce n'est pas non plus comme si j'avais eu le choix... grommela-t-il.
Il semblait... gêné ? C'était une première. Remus ne se souvenait pas l'avoir jamais vu embarrassé depuis qu'il le connaissait.
- Viens, souffla-t-il. Plus vite ce sera fait, mieux ce sera.
De plus en plus intrigué, Remus suivit son ami jusqu'à la piste de course. Il s'approcha d'une personne en fauteuil roulant, posa sa main sur son épaule et lui dit quelque chose. Il s'agissait d'une jeune fille de leur âge, dont le visage s'illumina d'un immense sourire quand elle vit Remus. Elle se rapprocha et attrapa vivement sa main avec enthousiasme.
- Bonjour Remus ! Severus m'a tellement parlé de toi, j'avais hâte de te rencontrer ! Tu te rends compte qu'il ne voulait pas venir ici ? Je suis certaine que si je l'avais laissé faire, on ne se serait jamais rencontré.
Elle éclata de rire alors que Severus se tenait bien droit à côté d'elle, les lèvres pincées.
- Je m'appelle Lucile, se présenta-t-elle. Et puisque tu n'as quant à toi sûrement pas entendu parler de moi, sache que je suis la petite amie de ce grand misanthrope.
Malgré son choix de termes, elle avait prononcé ses derniers mots avec une grande douceur, le regard tourné vers Severus.
Remus resta figé un moment, stupéfait. Bien sûr, Severus lui avait avoué avoir quelqu'un qu'il aimait, mais comme ils n'en avaient jamais reparlé, il avait supposé qu'il s'agissait d'un amour à sens unique.
Lucile était une jeune fille très bavarde et volubile. Elle n'en voulait absolument pas à Severus de n'avoir jamais parlé d'elle alors qu'elle paraissait elle-même bien connaître Remus. Ils formaient un couple surprenant mais qui semblait se compléter plutôt bien.
- Nous nous sommes rencontrés ici même, lui expliqua-t-elle alors que Severus serrait de plus en plus les lèvres.
Il semblait extrêmement embarrassé de l'entendre raconter leur histoire en sa présence, mais il ne fit rien pour l'en empêcher.
- C'était lors de cette compétition amatrice qui a eu lieu il y a quatre ans. Juste après le passage du champion, nous avons discuté de cette fameuse figure. Qui aurait cru qu'il s'agissait d'une fille à cette époque ! rigola-t-elle. Mais je l'ai reconnu dès qu'elle est passée. Lily... Evans, c'est ça ?
Remus avait écarquillé les yeux, abasourdi. Il ne savait pas ce qui le surprenait le plus, entre le fait qu'ils se connaissent depuis si longtemps ou que ce soit cet événement en particulier qui les ait rapproché.
- De penser que tu la connais, cette ville est plus petite qu'il ne semble, s'amusa-t-elle.
Il fallut deux secondes à Remus pour comprendre qu'elle parlait de leur passage en duo.
- Je suis aussi surpris que vous vous soyez connus ce jour là, reconnut-il en regardant Severus.
Il se contenta de hausser un sourcil pour signifier que la coïncidence ne lui évoquait pas grand chose. Il n'était certes pas du genre à s'arrêter là-dessus.
- Le roller relie les gens, assura Lucile en souriant. Tu sais, je te suis vraiment reconnaissante d'avoir été auprès de Severus durant cette année.
La réflexion le prit au dépourvu.
- Ce serait plutôt à moi de dire ça, remarqua-t-il.
Elle secoua la tête et attrapa à nouveau sa main.
- Non, vraiment. Tu sais, j'ai eu... un très grave accident.
Severus se rapprocha pour reposer sa main sur l'épaule de la jeune fille. Remus remarqua qu'il s'était crispé à cette évocation.
- A la fin de mon année de seconde, j'ai été victime d'un accident de voiture. Je suis resté dans le coma pendant deux mois et, comme tu le vois, je suis toujours en convalescence. J'ai un an de plus que vous, nous attendions avec impatience l'entrée en seconde de Severus pour nous retrouver dans le même lycée.
Elle eut un petit rire.
- Enfin, j'étais plus démonstrative que toi, c'est certain, le taquina-t-elle. Cet accident... nous a fait un choc à tous les deux. Les médecins ne savaient vraiment pas si je sortirai du coma et je ne suis même pas encore sûre de pouvoir remarcher un jour. Severus venait toujours me voir à l'hôpital mais, au bout de quelques mois, on m'a transféré dans un centre plus adapté à ma situation qui se trouvait beaucoup plus loin. Severus continuait à venir me voir le week-end et durant les vacances mais il ne parlait jamais du lycée.
Son autre main était venue se poser sur celle de Severus et elle leva vers lui un regard d'affection tel qu'il ébranla Remus.
- Et puis un jour, il m'a dit que quelqu'un avait commencé à lui parler. Comment as-tu dit déjà ? s'amusa-t-elle. Un idiot qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Il lançait quelques phrases sur toi, parfois, alors j'ai fini par le harceler pour qu'il m'en raconte plus.
Elle serra les doigts de Remus de ses deux mains avec un sourire reconnaissant.
- Je suis vraiment heureuse que vous vous soyez rencontrés, insista-t-elle.
Cette fois, Remus ne protesta pas. Il comprit également pourquoi Severus ne les avait jamais présenté avant, il n'était simplement pas prêt à se révéler autant. Le simple fait d'avoir permis cette rencontre lui prouvait à quel point l'autre garçon pouvait lui faire confiance.
Beaucoup de ses questions eurent d'ailleurs des réponses au travers de cette histoire, comme le fait que Severus n'était jamais disponible durant les vacances ou encore la réelle angoisse qu'il avait à l'idée qu'il arrive quelque chose à Remus. Il avait déjà failli perdre quelqu'un, il connaissait ce sentiment et en comprenait les implications.
Ils discutèrent jusqu'à ce que Severus finisse par donner le signal du départ. Moment qui n'avait pas été choisi au hasard puisqu'il ne fallut pas dix secondes après qu'ils se soient éloignés pour que Sirius s'agrippe à Remus.
- Forcément, ça pouvait être que lui, grommela-t-il.
- Il est avec qui ? s'étonna James en étendant le cou pour essayer de voir la personne dans le fauteuil roulant.
- Va savoir, répondit Remus énigmatiquement.
- Ils vont annoncer les résultats pour les duos. Tu n'as même pas été voir les derniers à passer, ce n'est pas très poli, le réprimanda Mélodie.
- Mea culpa, se repentit Remus avec un sourire contrit.
- Et bien, allons voir ces messieurs dans leur instant de gloire, déclara Olivier en s'inclinant devant James et Sirius.
Des couples s'étaient inscrits sur le tard dans la compétition. Ils avaient été huit en tout et James et Sirius remportèrent effectivement haut la main le trophée. Lily et Remus finirent cinquième, ce qui surprit fortement le jeune homme, persuadé qu'ils se retrouveraient dans les deux derniers, et indigna Sirius.
- Ben pour moi, t'as la première place ! déclara Eline avec fougue en enlaçant son frère.
Elle était accompagnée de Denis, son camarade de classe, et de ses parents. Remus avait parlé avec Mme Santère du concours auquel il participait et cela l'avait tellement intéressé qu'elle avait proposé de s'occuper des petits pour la journée. Elle était venue avec son mari, qui gardait leur dernier né dans un porte-bébé ventral.
- C'est tellement impressionnant, remarqua Mme Santère. Je n'avais jamais assisté à ce genre de compétition et je dois dire que je trouve ça un peu effrayant.
- J'en ai fait dans ma jeunesse, intervint rêveusement son mari.
La femme se tourna vers lui avec de grands yeux.
- Tu ne m'en as jamais parlé ! le gronda-t-elle.
Il haussa les épaules avec un sourire d'excuse.
- C'était vraiment un loisir, je ne l'ai jamais fait à ce niveau, se justifia-t-il.
- Mon frère, c'est le meilleur ! annonça Eline à Denis avec fierté. Quand il ira beaucoup mieux, il va avoir toutes les premières places !
Elle regarda son frère avec des yeux brillants, toujours collé à lui. Denis l'observa, l'air un peu triste et boudeur, et se tourna d'un air décidé vers ses parents.
- Je peux avoir des rollers ?
Si sa mère sembla soudain un peu inquiète, son père eut l'air de l'homme le plus heureux sur Terre.
- Bien sûr. Je t'apprendrai à en faire !
Eline regarda Denis avec surprise, puis Lily, puis son frère.
- Et moi ?
- Vous pourriez apprendre ensemble, suggéra Remus.
- Oh oui !
Elle s'élança sur son petit camarade pour lui planter un bisou sur la joue.
- Ça va être super !
Les adultes et les jeunes gens éclatèrent de rire à son enthousiasme et au teint carmin qu'avait pris le garçon sous son sourire ravi.
- Si la petite peste se trouve un fiancé, j'aurai peut-être plus la paix, déclara Sirius à l'oreille de Remus tandis qu'Eline expliquait comment ils allaient devoir si prendre sous l'écoute attentive et subjuguée du petit Denis.
- De toute manière, ça va lui passer, remarqua Remus. La pédopsychologue a dit qu'elle ne poursuivrait sûrement pas les séances après ce mois-ci. Eline s'est vraiment ouvert à elle et elle se rapproche toujours plus de ta mère. Les choses évoluent bien.
- Et toi ? Tu quittes toujours le lycée après cette année ?
Remus avait fini par se laisser convaincre par M. Black d'au moins terminer son année de première avec l'excuse d'attendre que ses blessures soient totalement cicatrisées. Une concession qu'il n'avait faite qu'après avoir trouvé un emploi de caissier pour les week-end et les vacances.
Il profiterait de l'été pour trouver un studio et s'était déjà inscrit pour l'année suivante dans un CAP en contrat d'apprentissage électricité. Il comptait également suivre une formation parallèle en plomberie. Ce choix avait un peu surpris Sirius, mais Remus l'avait fait en considérant de nombreux points, dont les perspectives de salaire et d'emploi.
- Plus décidé que jamais, répondit-il en se laissant aller dos contre son torse. Tu sais, j'ai trouvé une formation par correspondance en journalisme qui a l'air très intéressante. Lorsque j'aurai fini mon apprentissage, je pense que je la ferai.
- En même temps que tu travailleras ? grimaça Sirius. Tu n'auras plus une seconde à toi. Tu devrais faire cette formation maintenant.
- Non, parce qu'elle ne m'assurera pas un emploi quand je l'aurai terminé, expliqua Remus.
- Toujours pour Eline, soupira son compagnon.
- Ne te l'ai-je pas déjà dit ? Pour elle, mais surtout pour moi. Je suis sincèrement heureux de pouvoir entrer dans la vie active et de m'assumer entièrement. Le conseil de famille a déjà donné son accord, à la fin du mois, je serai émancipé.
- Il va falloir fêter ça, dit Sirius en déposant un baiser sur sa tempe. Et peut-être autre chose...
Remus secoua la tête avec amusement.
- C'est toujours non. Tu ne vivras pas avec moi.
Sirius poussa un soupir de frustration.
- Savais bien que tu m'aimais pas, grogna-t-il.
- Ah, qu'est-ce que ce serait si je t'aimais, hein ? se moqua son amant. Cela étant, je n'interdis pas les visites.
- Je te défie de me faire décoller de chez toi les week-ends.
Remus croisa le regard de Lily, qui leva les yeux au ciel avec un sourire indulgent. Ah, ils n'étaient à nouveau pas très discrets, enlacés comme ils l'étaient. Il se rappela que les Santère ignoraient tout de leur relation, mais ils ne semblaient pas en faire grand cas et Mme Santère eut même l'air amusé lorsqu'elle remarqua leur position.
Il enveloppa les mains de Sirius, autour de sa taille, des siennes et balaya des yeux l'effervescence du Terrain. Le monde riait, bougeait, courait, roulait, vivait...
Il y a quelques mois, Remus en doutait fortement, mais maintenant il appartenait à ce monde. Il pouvait y penser, penser à lui. Il riait à en perdre haleine, bougeait à son propre rythme, courait sans avoir besoin de but, roulait comme son corps le lui réclamait depuis des années.
Enfin, il vivait.
FIN ( ! O.O)
(1) : Et ça les enfants, c'est pas bien, lol. Surtout que depuis peu, les résultats sont donnés le jour du test :-)
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Au sujet de Lucile (la copine de Severus) : Au début, j'avais l'intention de mettre Tara dans ce rôle, comme un clin d'œil. Mais c'était une idée qui m'était venue avant d'avoir autant avancé dans les maraudeurs. Maintenant, même en univers alternatif, j'avoue que je n'arrivais pas à leur faire avoir une autre relation que celle qu'ils ont dans « Il y a un début à tout », donc c'est un nouveau personnage :-)
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Pfiou ! Que de choses cachées dans cette fic, j'ai pas l'habitude ! Ca s'est vu, hein ? irf ! J'ferais mieux la prochaine fois !
Alors voilà, vu que c'est le dernier chapitre et que certaines choses n'ont pas été dites pour la simple raison que je n'ai jamais prévu de les révéler dans l'histoire même (et oui, dans la réalité, on ne sait pas toujours tout), n'hésitez pas à me poser toutes vos questions qui sont restées sans réponses ! De même si vous trouvez des incohérences (pour la majorité, ce sera sûrement une erreur de ma part, lol, mais vu que certaines sont volontaires, autant que les choses soient claires !).
Je précise que j'ai repris les reviews envoyées jusque maintenant pour répondre aux questions que vous avez posé dans les précédents chapitres et qui n'auraient pas trouvé de réponses dans le récit-même (ou dont la réponse peut être assez ambiguë ou trop implicite, lol). Le résultat se trouve après tout ce bla-bla.
Je mettrai les questions qui reviennent le plus, avec leur réponse évidemment, dans un « chapitre spécial ». It's interview time !
Normalement, il devrait y avoir un épilogue, mais j'hésite encore sur sa pertinence... Je vois très bien la raison pour laquelle je veux le faire mais je comprends aussi que ça puisse ne pas avoir trop d'intérêt pour vous... vous suivez ? ^^ Bref, suspeeeeeeeeeense !
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MERCI A VOUS !
Sur ce chapitre se termine donc « ne t'oublie pas », merci à tous pour l'avoir suivi !
J'ai appris beaucoup au travers de vos reviews et j'espère que je saurai en tirer tous les avantages dans mes prochains écrits :-)
Ce récit était un challenge pour ce qui est de la « diffusion d'information », j'ai toujours eu la fâcheuse tendance à balancer toutes les révélations d'un coup, ce qui avait tendance à alourdir l'histoire (cf "Le miroir de Parenze", où je me suis sacrément plantée à ce sujet :-S). Évidemment, ça reste encore un peu trop condensé dans « ne t'oublie pas », mais je suis quand même assez contente du résultat parce que je me rends compte que j'ai un peu progressé (très peu mais c'est déjà ça !)
Vos encouragements, vos critiques, m'ont permis de mettre à jour une grande partie de mes points forts et de mes points faibles (surtout, lol), je suis encore bien loin de la manière dont je souhaite écrire mais arrivée à la fin de ce récit, je sens que j'ai un tant soit peu évolué, et cela grâce à vous !
Encore merci du fond du cœur et n'oubliez pas que le bonheur de ceux qui vous sont chers passe aussi par le vôtre :-)
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FUTUR PROJET :
Et oui, il y en a un. Ce n'était pas prévu mais il a germé, pris racine et... voilà... bon, par contre, cette fois je vais essayer d'avoir plus de chapitres avant de poster !
Quoi que ce sera ? Toujours un RLSB (y'en a pas assez-euh!) mais cette fois dans l'univers de Poudlard ! Wouhou ! Je reste sur de l'alternatif cela étant.
Avec le postulat de base relativement commun, je m'en rends bien compte, du « et si Sirius avait été en accord avec les idéaux de sa famille et s'était retrouvé à Serpentard ? »
Ça se déroulera sur la septième année, avec Voldemort et tout et tout.
En espérant ne pas vous décevoir !
Ah oui... à préciser quand même... Contrairement à cette fic extrêmement sérieuse, j'ai prévu de faire la prochaine dans un mode beaucoup plus « fan service ». Attention (et désolée...) je n'entends pas par là qu'il y aura scènes de sexe sur scène de sexe (ça se saurait si je savais faire ça), plutôt du genre « la goutte coula sur son dos nu », si vous voyez le tableau ^.^
En tout cas, j'espère que vous aimerez mon Sirius Serpentard, dont je compte bien développer la philosophie, alors à tantôt !
oOo
IL Y A UN DEBUT A TOUT :
Non, ce n'est pas parce que je me lance dans un nouveau projet RLSB que j'abandonne les Maraudeurs. Même si j'ai plus grand monde qui suit, ce qui est plutôt logique, lol.
Après tout, j'ai écrit le tout dernier chapitre de la saga et j'ai bien l'intention de le poster. Pour une fois que je suis super fière d'un dernier chapitre ! (faut dire que c'est un « faux » dernier chapitre vu que ça ne termine pas réellement le récit...)
oOo
Questions/Réponses
Pourquoi en France ?
Déjà que je ne connais pas tout du système socio-judiciaire (ça se dit dans ce contexte ?) français, je n'allais pas risquer de me planter totalement en faisant se dérouler ce récit en Angleterre . Mes faibles connaissances concernant la France (plutôt logique vu que j'y vis), c'est dans ce pays que le récit se déroule (et non, ce n'est pas par nationalisme, lol)
Ah oui, je tenais à préciser une erreur que, il me semble, j'avais corrigé pour une autre raison. Si à une époque la DDASS s'occupait bel et bien de l'aide sociale à l'enfance, ce n'est plus le cas depuis 1983 ! Comme un certain nombre de personnes, j'ai encore cette idée préconçue :-/ Je voudrais pas dire de bêtises mais je crois que c'est le département qui gère ça... à prendre avec prudence. Bref, la DDASS est donc remplacée par « services sociaux », plus général et plus juste. Et puis de toute façon, la DDASS n'existe plus qu'en Ile-de-France depuis 2010, donc bon...
Pourquoi transposer sur HP un récit aussi éloigné de l'univers de Rowling ?
(bon, là je fais honteusement un copier-coller sur la réponse que j'avais faite à la question posée par une des revieweuse)
« A l'origine... était la vie! Non, c'est pas ça, j'vais essayer d'être un peu sérieuse quand même. A l'origine, donc, à l'état fœtal et même de la cellule-œuf, voir la pré-rencontre des gamètes, j'avais dans l'idée de faire une romance sur HP, puis je me suis dis que je la ferai sur un couple homo en "hommage" à deux de mes potes, mais... j'arrivais à rien! Autant j'arrive à lire des slashs, autant en écrire, j'arrivais pas à mettre ensemble Remus et Sirius ou Harry et Draco, alors j'ai laissé tomber l'idée (ou plutôt je l'ai sagement rangée jusqu'à utilisation possible ultérieure)
Et puis est venu un cours de "sciences de l'éducation" qui m'a remuée (comme dit en NdA je sais plus quand) et j'avais un concept de récit très net dans ma tête, sauf qu'en ce moment, en plus de ma fic HP sur les Maraudeurs, j'ai un récit personnel et je n'avais pas envie de me casser la tête à trouver des personnalités à mes persos, alors par fainéantise, je l'avoue, j'ai ressorti mon idée de slash toute belle toute prête : "J'ai les persos de HP à disposition, pourquoi aller chercher plus loin?" Et je me suis lancée. L'avantage principal était que je n'avais pas à m'étendre trop sur les relations entre persos puisque la majorité était déjà acquise pour les lecteurs, y'avait juste la situation avec Remus à repréciser. Sauf qu'en cours de route, prise dans ma fic UA, il semblerait que j'ai perdu la personnalité des personnages :-S Je voulais vraiment la garder (le seul qui me semblait changer considérablement, c'était Remus) et j'ai cru que j'y étais parvenue… et en fait non… lol
Alors certes, je ne nie pas que rester avec les persos de JKR (enfin juste les noms apparemment) aide à avoir plus de reviews (enfin j'en sais rien en fait...) mais c'est avant tout par paresse (mon plus grand péché... après la gourmandise :-P) que je l'ai faite en UA.
En tous cas je m'excuse de m'être autant éloignée des persos, ce n'était vraiment pas mon intention, mais vraisemblablement, mes mains n'en font qu'a leur tête (qui est la mienne, en fait...) quand elles écrivent. »
Bon, c'est les grandes lignes… -) Pour résumer : je suis une grosse feignasse qui ne perd pas une occasion de pas se fatiguer, mdr ! Même si j'estime avoir plus ou moins transposé certains événements phares de HP dans cet UA, force est de constater que je m'en suis sacrément éloigné au fil des chapitres, alors voilà, je suis désolée :-S °s'incline bien bas°
[Edit après une révélation (tadam !)] : En lisant des commentaires sur d'autres récits Remus/Sirius, je me suis rendu compte de quelque chose qui va me valoir un lynchage de la part des « vrais » fans de ce couple... Apparemment, chose qui ne m'est personnellement jamais venue à l'esprit, certains considèrent ce couple comme étant réel dans les livres de JKR, à comprendre que Sirius et Remus étaient effectivement dans une relation amoureuse dans l'univers des livres. Hem... Bon, je mets les points sur les i, et pardon pour les inconditionnels, je ne trouve pas ça DU TOUT plausible . Après, chacun voit ce qu'il veut, l'interprétation est libre. Là où je veux en venir, c'est que si j'ai fait un UA, c'est probablement aussi parce que je ne pourrai pas sérieusement penser à les mettre ensemble dans l'univers de JKR. J'ai tendance à vouloir rapprocher au plus mes récits de la réalité (entendons par là, dans un univers tel que celui de HP, la réalité inhérente aux livres), alors je suppose que je ne pouvais juste pas mettre Remus et Sirius ensemble dans le cadre de l'histoire. Cela étant, j'adore plus que tout lire des récits sur ce couple à Poudlard ou après... Je suis vraiment schizo... En même temps, si lire et écrire relevaient des mêmes sentiments, on écrirait comme on lit ^^ … … Pourquoi c'est pas le caaaaaaaaaaaaaas ? (pleure)
La manière dont Sirius parle à ses parents ne correspond pas vraiment à la classe sociale à laquelle il appartient, non ?
On m'a fait la très pertinente remarque que, en tant que « fils de bonne famille », même s'il se rebelle contre ses parents, Sirius devrait avoir un langage moins grossier vis-à-vis de sa famille. Pertinente parce que sa façon de parler est voulue. Bon, je suis pas sûre d'y être parvenue tout du long mais, dans la mesure du possible, je lui ai fait utiliser un langage assez… pas vraiment soutenu mais plus « recherché » que celui qu'on a généralement avec des potes à cet âge-là quand il est avec ses amis. A l'inverse, il s'adresse très vulgairement à sa famille, en toute conscience et plus volontairement que jamais. Comme si, en fait, son éducation ressortait quand il se laissait aller (donc avec James et Cie). Pour faire un énorme raccourci, on va dire qu'il fait sa crise d'adolescence, lol.
Combien de chapitres durera ta fic ?
Question récurrente s'il en est. Mais pourquoi la mettre à la fin du récit ? O.o Quand on me posait la question, la réponse était invariable : « euh… Bonne question… » Et pour qqs chanceux, je donnais une estimation. Pourquoi tant de mal à vous répondre clairement ? Mais grâce à vous, chers lecteurs ! « Ne t'oublie pas » ne devait pas excéder une dizaine de chapitres quand je l'ai commencée, mais grâce à vos commentaires, j'ai pu rajouter des éléments et des explications, des anecdotes, des petites séquences sans vraiment d'intérêt pour la trame principale mais qui ont servi à tisser la toile de fond. Bref ! VOUS avez fait de ce récit une loooooongue épopée (comme elle s'y croit, hé !), et je vous en suis reconnaissante, vous pouvez m'en croire. D'ailleurs, à ce titre, cette fic est autant la vôtre que la mienne. C'est cool, je peux vous mettre sur le dos toutes ses imperfections… :-P Ah, si seulement ça pouvait marcher comme ça, pour moi ! Mais ce n'est pas le cas, et si vous pouvez vous prévaloir de la plupart des quelques points positifs de ce récit, je suis entièrement responsable de ses défauts (et le reste des miettes de qualité qui restent :-P). Cruelle destinée que celle des auteurs qui ne peuvent partager leurs fautes…
Le personnage de Francis Lupin :
Bon, alors là, c'est quelque chose que je tiens à préciser une dernière fois, pour ceux qui auraient loupé les notes d'auteur : Francis Lupin N'ETAIT PAS alcoolique. Physiquement, il était bel homme et bien fait de sa personne. Lorsqu'il n'était pas chez lui, il ne traînait pas n'importe où, il travaillait la plupart du temps (il accumulait les petits boulots de réparation, maçonnerie et autres) et, quand ce n'était pas le cas, sortait avec des personnes qu'il connaissait sans vraiment les considérer comme ses amis ou des femmes avec lesquelles il ne restait jamais longtemps. Il n'a JAMAIS dépensé l'argent qu'il prenait dans la cagnotte familiale, utilisant toujours ce qu'il gagnait, mais en piquait pour rendre les choses plus difficiles pour Remus, lui faisant croire qu'il perdait l'argent dans des paris. Qui plus est, au sens strict du terme, Francis était assez intelligent et débrouillard. Même si ce n'est pas dit dans la séquence de « flash back » (parce que c'est du PdV de F. Lupin et qu'il n'en a rien à faire), ses résultats scolaires étaient vraiment bons malgré son agressivité, une des raisons qui a aidé à ce qu'il ne se fasse pas définitivement expulser, d'ailleurs.
Le personnage de Richard Hortense (professeur de maths) :
Certains d'entre vous ont été assez surpris de l'implication de ce professeur envers la situation de Remus (certains ont même trouvé ça louche, mauvaises langues ! -P) Mais cela existe, figurez-vous, des profs qui prennent à cœur les intérêts des élèves, surtout quand la situation l'exige à ce point. Ce n'est pas dit dans le récit (j'aurai pu, c'était même prévu, mais j'ai manqué le coche parce que je pensais l'avoir déjà fait... et en fait non:-S) mais, pour info non négligeable, il faut savoir qu'Hortense a été psychologue scolaire avant de passer le concours pour devenir prof, parce qu'il se s'est rendu compte qu'en restant à sa fonction première, il n'avait pas la réelle possibilité de repérer les élèves qui auraient eu besoin de ses services. Vous me direz, un psy qui devient prof de lettres, ok, mais de maths ? Mais l'un n'empêche pas l'autre. Il se trouve juste qu'il adorait cette matière étant lycéen et l'avait laissée de côté pour se consacrer à son idéal de métier (la psychologie), il est revenu à ses premiers amours en conciliant son rêve, dirons-nous, lol.
Pour en revenir au sujet, c'est vrai qu'en s'accordant avec l'univers de JKR, le rôle de prof conciliant serait plutôt revenu à Firenze. Le souci c'est que je l'ai mis en prof de philo (seul poste qui me semblait approprié pour lui), et tout un chacun sait qu'il n'y a pas beaucoup d'heures de philo au lycée (en section Scientifique, s'entend), il était donc plus logique que ce soit un prof qui le voit plus souvent qui réalise que Remus a un problème.
Pourquoi t'es aussi sadique avec Remus ?! (même si on adore ça...)
Ben parce qu'on adore ça justement, sadiques que nous sommes, LOL. Les hommes sont d'autant plus sexy qu'ils souffrent... Et je plaisante pas, pour ceux qui lisent des mangas ou regardent des animés, vous savez de quoi je veux parler ! Bon, plus sérieusement, je suis plus à l'aise dans ce genre de chapitre. Y'a qu'à voir les chapitres sur la famille Black dans « Il y a un début à tout » (fait sa pub au passage ;-P)... Je suis VRAIMENT sadique, je m'éclate jamais autant que quand j'écris des chapitres comme ça. Ce qui n'est pas très logique quand on y réfléchit car je suis quand même quelqu'un de foncièrement positive et optimiste, à la base... Mais bon, en toute objectivité, je crois que si j'écris de la sorte, c'est parce que ça m'intrigue à la fascination, les gens qui ne vivent que pour faire souffrir les autres. J'ai le vague espoir d'un jour pouvoir comprendre ça...
C'était quoi tout ce temps entre les chapitres 22 et 23 ? è.é
3 ans... Sûr que c'est long (et je ne parle même pas des Maraudeurs T.T) [et +2ans entre le 23 et le 24]. En plus de tout un tas de raisons socioprofessionnelles (ça sonne bien...), il y a un léger souci qui arrive systématiquement vers la fin d'un récit : le manque de surprise... Je veux dire pour l'auteur, pas pour le lecteur. Quand j'en suis au début ou au milieu, il existe encore un millier de possibilités sur la manière dont va se dérouler l'histoire : les persos qui pètent un câble, les situations qui dégénèrent et tout un tas de trucs que l'auteur ne garde pas en son contrôle. Mais arrivé à la fin... Ben toutes les grandes lignes se sont recoupées et je sais très exactement ce qui va arriver sur les derniers chapitres, du coup ça perd un peu de son intérêt au niveau de l'écriture et ça devient plus galère aussi, parce qu'on n'est plus dans l'instinct mais dans la logique. Du coup, les phrases viennent moins facilement qu'au début, on réfléchit trop ! Et puis... quelque part, après avoir mis tout ce temps, on n'a pas forcément envie de voir tout se finir. Même si on a des idées derrière pour d'autres récits. Je pense que c'est ce qui pousse certains auteurs (et moi aussi en l'occurrence), à faire des épilogues styles « X ans après ». Il m'est arrivé de trouver ça un peu ridicule sur certaines histoires mais en fait je fais pareil et c'est compréhensible, ça permet de terminer sans terminer, de laisser une brèche ouverte. Parmi ces auteurs, il y a aussi ceux qui ne terminent pas vraiment l'histoire, ils closent l'intrigue en elle-même mais le récit reste en suspens, laissant tout le monde trèèèèèèèèès frustré... Pardon lecteurs, moi aussi ça m'agace parfois, mais je comprends, on voudrait simplement que ça ne s'arrête jamais ^^ Et puis, hé !, si quelqu'un peut le comprendre, ce sont bien les lecteurs et/ou auteurs de fanfictions, c'est pour ÇA que les fanfictions existent !
(petit aparté : Pour les maraudeurs c'est différent, c'est juste que j'ai BEAUCOUP de mal à croire que j'ai pu écrire une cinquième année aussi minable T.T C'était expérimental mais bon... Rhââ ! Mais y'a des scènes que j'ai trooooooooop envie de vous faire découvrir dans cette 6ème année .)
