Je m'excuse encore (décidément, je ne suis bonne qu'à ça…) pour ce nouveau retard. Mais je remercie toutes les personnes qui m'encouragent :D !

J'ai du mal à écrire en ce moment (problèmes personnels) et j'ai encore plein de choses à faire, mais je ne laisserai pas tomber cette fic, même si ça elle dure ;).

Et au secours, je ne peux plus mettre mes petits tirets qui séparent la pensée des dialogues TT devient VRAIMENT énervant avec ses restrictions de caractères.


-J'ai un problème.

Le blondasse est passé chez le coiffeur. Désormais elle a laissé tomber la raie au milieu anti-mode pour la frange anti-mode qui revient à la mode.

Elle avait un nouveau tailleur aussi, vert pâle. Mais avec un foulard rose, parce que sinon j'aurai pensé qu'elle avait été enlevé par des extra-terrestres.

-Ah oui ? C'est à quel sujet ?
-Duo.

Elle fit un énorme sourire et dans ses yeux clignotèrent plein de petites étoiles, si bien qu'elle ressemblait à un sapin de Noël.

Il lui manque plus que les boules.

-Ah bon ? Et… pourquoi ? Qu'est ce qu'il vous a dit qui vous a perturbé ?
-Rien, il n'a rien dit. C'est juste que…
-Que ?
-Que…

Que je m'emmerde quand je suis pas avec lui.

Que le voir de bonne humeur me met de bonne humeur.

Que le vanner sans que ça lui plaise me culpabilise.

Qu'il me vanne sans que ça me plaise… me plait pas. D'ailleurs ça m'a jamais plu de toute façon.

Mais ça me touche plus. Et je ne vois pas the fucking way comment il me fait ça.

-Qu'il m'énerve.
-Oui, mais encore ? Il vous énerve plus ? Il vous énerve… d'une différente façon ?

Il m'énerve à m'énerver alors que j'ai pas envie de m'énerver avec lui.

-Ou… il vous énerve parce qu'il y a quelque chose qu'il veut vous faire comprendre mais que vous ne trouvez pas ?
-Comment ça ?
-Il vous énerve… pourtant je me souviens que vous m'ayez dit il y'a quelques temps « ça va beaucoup mieux avec lui, maintenant il ne m'énerve plus ».
-Oui mais… ça m'énerve parce que quand il est chiant… il est blessant.
-Ah. Vous avez changé d'avis. Ce n'est pas lui qui vous énerve, mais « ça ». Donc ce n'est pas de sa faute.
-Bien sûr que non que ce n'est pas de sa faute !!
-Et selon vous, à qui est la faute ?

Il m'énerve parce qu'il me fait rendre compte que c'est de ma faute si je m'énerve.

-Parlez-moi de lui.
-Mais… qu'est ce que je dis ?
-Tout ce qui vous passe par la tête. Ne réfléchissez pas ! Dites des mots, simplement.

Des mots.

Des mots, à propos de quoi ?

-Il est…

Je ne sais vraiment pas quoi dire.

Pas parce qu'il n'y a rien à dire.

Mais parce qu'il y a plein de choses. Et je ne sais pas par où commencer, ce qu'elle attend comme description. Physique ou morale ?

-… bavard.

Peacecraft me regardait avec sourire moqueur aux lèvres.

-Laxiste avec ses employés. Trop impulsif. Il déteste ne pas avoir le dernier mot. Il fait trop vite confiance aux gens.

Elle hochait la tête, concentrée sur mes paroles.

-Hypocrite avec les gens « haut gradés ». Collant. Incapable de rester en place trente secondes. Veut toujours avoir raison. Parfois trop sûr de lui. Toujours à me contredire.

Elle rit à ma dernière phrase.

-Orgueilleux. Nombriliste. Gourmant.

Et là, elle leva un sourcil.

Oui, gourmant ! Il est gourmant !

-Se mêle de ce qui le regarde pas. Franc, des fois, trop. Perfectionniste. Déteste un boulot mal fait ou à moitié fait. Compliqué. Parfois difficile à cerner.

Elle ne disait toujours rien, prenait quelques notes de temps à autres.

-Curieux. Tout le temps de bonne humeur, mais faible quand il est contrarié. Pas rancunier. Pas tellement pessimiste. Il a un bon esprit d'analyse et de synthèse. Observateur. Volontaire.

Elle ne hochait plus la tête mais notait plus vite sur son calepin. Tellement vite que son écriture était vraiment moche.

-Il est aussi réceptif. Ouvert d'esprit. Social. Dynamique. Efficace. Altruiste. Il doit être sensible aussi, mais le cache. Et…

Elle releva la tête.

-… souriant.

Je ne la regardais plus, en fait je regardais à coté, un peu pensif. Mais je sais qu'à ce moment, elle aussi a sourit.

-Intelligent.

Je me l'imaginais entrain de me parler de sa vie, et me forcer à lui raconter la mienne.

Je voyais sa façon de bouger, complètement libre, complètement à l'aise dans ce qu'il fait.

-Je dois avouer qu'il a de bons goûts aussi.

Toujours élégant, même quand il porte un jean banal avec un sweat-shirt trop grand pour lui. Une fois j'étais allé le chercher chez lui et il n'était pas prêt. Il ne s'était pas aperçu que sa montre s'était arrêtée. Je l'ai vu donc avec des vêtements quelconques, et pourtant ça ne m'a pas choqué.

Elégant, et séduisant, même.

-Et… en fait, il n'est pas compliqué.

C'est simplement que c'est moi qui ais du mal à le comprendre des fois.

Parce que si on y réfléchit bien, il est plutôt facile à vivre. Juste que je m'empoigne trop facilement avec les gens, donc mon point de vue est différent.

Si je me mets à la place des autres, oui, Duo est vraiment quelqu'un de facile à vivre.

-Très bien. J'ai remarqué deux choses. La première c'est qu'à aucun moment vous n'avez dis qu'il était énervant. La deuxième, c'est que vous avez commencé par ses défauts. Mais vous avez fini par ses qualités, et même par vous contredire quant à un des défauts que vous avez cité.

J'ai pas vraiment fait attention à ça.

-Vous m'avez dis de ne pas réfléchir. C'est ce que j'ai fais.
-C'est très bien. Quand je vous ai demandé de le décrire au tout commencement quand vous vous êtes rencontré, vous n'arrêtiez pas de le critiquer. Je vois qu'il y a des progrès.
-Si vous le dites.
-Une question aussi, est ce que pour vous, être sensible est une qualité ou un défaut ?
-Je dirais que…

Sensible ? Et je l'ai dis à la fin ?

-En fait j'ai toujours eu horreur des gens sensibles, qui se plaignent pour un rien. Qui chougnent pour un rien. Mais lui… lui ne se plaint pas. Il ne me fait pas pitié. Il ne se prend pas pour l'être le plus malheureux du monde. Il… en fait je ne sait pas. Pour lui ce n'est pas un défaut. C'est tout ce que je sais.
-C'est une qualité alors.
-Non, ça ne peut pas être une qualité en général. Comment ça pourrait ?
-Ca pourrait, dans la mesure où ça vous attache à lui.

Ma dernière séance chez la blondasse m'a amené pour une fois à une autre conclusion que « je perds mon temps ».

C'est que oui, je trouve Duo une personne attachante.

« -Vous savez, quand une personne à qui on tient nous énerve, c'est encore plus blessant qu'une personne dont on n'a rien à faire. Parce que vous lui avez donné une partie de vous, de quoi vous faire mal quand il y a un accrochage. Vous souffrez autant qu'elle. Vous souffrez avec elle. »

La preuve : je l'ai supporté jusqu'à là et je continue.

Il est peut-être saoulant par moment, mais par d'autres il arrive à me redonner le moral quand j'ai une petite baisse. Il a même réussi à me faire rire.

Ce week-end je suis revenu chez WuFei et Hilde. Dans leur maison cette fois. Les morveuses avaient bougrement changé en une semaine. J'ai eu le droit à des nouvelles séances photos. Quelle joie.

WuFei avait reprit le travail, et j'étais arrivé avant lui le vendredi soir chez lui. Hilde m'avait accueillit avec… oh ! Original, avec un bébé dans les bras !

On a parlé de choses et d'autres alors qu'elle était en train d'essayer de la coucher, quand quelques temps plus tard c'est WuFei qui rentra.

-Pfiouuu… chu crevé. J'ai signé des dossiers, remplis des formulaires, téléphoné à des personnes aux Etats-Unis et je me suis baladé dans toute la boîte pour distribuer des tas de choses à pleins de gens. Salut Heero !
-Salut.
-Eh ben moi aussi je suis crevée ! J'ai allaité, allaité, allaité et… allaité !
-Elles ont eu faim souvent ?
-Ohla… toutes les heures, y'en avait une qui avait faim.
-Tu as pu te reposer ?
-Pense-tu. Le maximum de temps que j'avais de libre c'est vingt-cinq minutes. Il y en avait toujours une qui pleurait.

Ah les gosses. Des nids de soucis.

-Trois tatanes et ça pleure plus, sec.
-Heero… ce sont des bébés, pleurer est leur seul moyen de communication pour l'instant.

On fut interrompu par un drôle de bruit discontinu et assez désagréable et Hilde esquissa un petit sourire… fatigué.

Les belles cernes qu'elle a montre bien qu'elle prend son métier de maman au sérieux.

-Ca, ça veut dire « maman, j'ai faim ! »
-C'est une des gosses qui pleure ??
-Eh bien oui !
-C'est bizarre.
-Mais non. C'est toi qui est bizarre.
-Va te faire pomper ton énergie.

Hilde éclata de rire et voulu se lever mais WuFei lui fit signe de ne pas bouger et il alla chercher la fille qui braillait. Il arriva avec la chose sur l'épaule, une main soutenant le petit corps et l'autre main derrière la tête. Il la donna à Hilde qui l'accueilli chaleureusement malgré tout ce que ce bout lui faisait subir, elle et sa sœur, et machinalement Hilde lui fit prendre une position allongée sur le coté contre elle.

Le bébé cria au scandale encore un peu jusqu'à ce qu'il trouve le bout du sein de sa maman et s'en empare avidement avec sa bouche pour téter furieusement au début, et au fur et à mesure, avec plus de tranquillité.

Moi je les observe attentivement.

-Alors, morveuse numéro un, ils sont bons les anticorps de maman ?

Evidemment je n'eus pas de réponse. Bébé était fichtrement concentré sur sa prise. Elle a vraiment l'air d'aimer ça. Hilde, quant à elle, lutte contre le sommeil.

Je continue de m'adresser à… bah je sais pas qui c'est, elles sont identiques.

Les bébés, c'est comme les plantes. Pour qu'ils poussent, faut leur parler.

-Ca te plait, le sein. Tu sais que pendant que tu têtes, le corps de maman envoie un message à son utérus et il se rétracte, entraînant une forte douleur ? T'aime bien faire mal à maman, hein ?
-Heero… il est trop tôt pour la faire culpabiliser. Et puis… les femmes sont faites pour souffrir martyrisée par leur mari et leurs enfants ! C'est la nature !
-Tu vas leur donner le sein longtemps ?
-Les médecins disent minimum six mois si les mamans ont du lait. Mais je dois reprendre mon travail. Donc je vais allaiter quatre ou cinq mois. Je ne sais pas si je tiendrai le coup six mois, avec ces deux là. Le lait maternel se digère beaucoup trop vite, et elles ne dorment pas en même temps. J'ai beaucoup trop de mal à trouver du repos.
-C'est le début. Quand elles feront leurs nuits, ça ira mieux.
-Oui, mais c'est pas demain la veille. Elles n'ont même pas deux semaines. Ce que je regrette, c'est que le papa soit vraiment inutile au niveau de l'allaitement…

WuFei se révolta. Et je le comprends tout à fait. J'aurai réagis de la même manière face à cet affront.

-Eh ! Je fais plein d'autres choses !

Hilde fit un grand sourire.

Quelle garce. Rahlala. Je connais plein d'autres père qui ne font même pas la moitié de ce que fait Wu.

-Je te taquiiine mon amour.

Bref, nouveau week-end avec la famille qui s'est avéré moins divertissant que prévu (ben ouais, y'en avait que pour les filles. Moi j'étais l'invité, mais c'est limite si on me demandait pas de participer au changeage de couche. Et puis quoi encore ?? C'est déjà bien que je les prenne dans mes bras et que je me balade comme un con pendant trois heures dans l'appartement pour les faire digérer. J'accepte de me faire régurgiter dessus, avec la bavette, mais qu'on me demande pas plus. J'ai des crampes aux bras).

Au fait, vous vous rappelez de Kiki ?

Parce que moi je l'avais pratiquement oublié. Il a beaucoup changé depuis que les petites sont là. Il suit toujours sa maîtresse partout (et d'ailleurs quand elle marche elle regarde pas par terre. C'est un vrai miracle (ou NON-miracle selon les points de vues) qu'elle ne lui marche pas dessus.

Comme quoi la confiance règne entre les deux, mais franchement il est fou le clebs, ça serait moi je l'écraserais.

Bon. Ca serait pas par inadvertance en même temps…

Bref, il la suit partout mais il n'aboi plus. Il a été traumatisé. En fait je crois qu'il est trop con pour comprendre ce qu'il se passe. Il parait que quand WuFei et Hilde lui ont présenté les gamines (obligatoire selon le vétérinaire, pour éviter que le chien prenne les bébés pour des intrus), il a regardé, il a reniflé, et il a regardé ses maîtres avec des yeux « mais c'est quoi ce bordel ? C'est quoi ces trucs ? Qu'est ce que je dois en faire ? C'est un jouet ? Quand j'appuie dessus ça fait du bruit ? » « -OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN !! » « Ah, pas besoin d'appuyer dessus pour que ça fasse du bruit. C'est pas drôle. ».

Lundi, je travaillai encore jusqu'à tard pour rattraper ma demi-journée du vendredi que j'avais eu l'audace de prendre aussi. Duo n'avait pas vu d'objection que je parte vendredi midi, vu toutes les heures que je faisais en plus des autres. Mais pour me donner bonne conscience, je restai jusqu'à 21h ce soir, et j'ai l'intention d'en faire de même demain et après-demain.

Duo était resté lui aussi, avec son habitude de détester partir avant moi. C'était contre nature pour un directeur de partir avant ses employés, avait-il dit en plaisantant.

Ca ne m'avait pas énervé. J'ai pris l'habitude de ses moqueries en rapport à la hiérarchie. Il sait que rien ne peut m'agacer plus que ça, et c'est pour ça qu'il m'a apprit à me calmer un peu. Je sais, et il me l'a dit, que pour lui j'étais au même niveau que lui, et que si je n'étais pas misanthrope, j'avais toutes les capacités d'avoir un poste aussi haut que le sien.

Par ailleurs, il se dit moins doué que moi.

Mais je sais aussi qu'il est trop exigeant avec lui-même, qu'il n'aime pas qu'on le prenne pour un fainéant (ce qu'il est loin d'être) et qu'il a l'impression d'en être un quand il ne part pas le dernier de sa boîte. Que ce soit un employé ou non d'ailleurs.

-Heero, tu vas partir, oui ! J'ai faim, je veux rentrer !
-Tu peux y aller, rien ne t'en empêche.
-Si. Toi.

Et c'est marrant, mais maintenant quand il est irrité comme ça, ça ne me prend plus la tête. Au contraire, je trouve que ça lui va bien. Il ne boude pas proprement dit, il boude en sérieux sans que ça soit grave et c'est pas du tout agaçant.

J'ai même envie de le pousser un peu plus.

-Eh bien tu attends. Ah, non, j'ai quelque chose qui pourrait t'occuper.
-Je ne veux pas m'occuper, je veux rentrer.
-Je dois te montrer un début de contrat que j'ai rédigé. Tu me dis ce que t'en penses ?

Il fit une tête d'enterrement qui me fit esquisser un sourire et s'avança vers mon bureau d'un pas lassé.

-C'est sur ma clef usb qui est…

Je fouillai dans ma poche.

Elle doit bien être là dedans.

Ah. Oui.

-Qui est là. Je reviens, je dois aller chercher un dossier.

Je quittai mon siège et laissai Duo pour aller chercher ce que je voulais, qui se trouvait dans une pièce spéciale.

Quand je revins cinq minutes plus tard, je vis Duo, penché sur l'écran de mon ordinateur, dans une pose… UNE POSE. Souriant comme un débile et cliquant à intervalles régulière sur la souris.

-Duo, qu'est ce que tu fais ?

Il ne détacha pas les yeux de mon ordi pour autant, et son visage s'illumina de plus belle.

-Elles sont trooop mignonnes tes nièces… et toi avec. Ces photos sont trop craquantes.

HEIN ?? IL MATE LES PHOTOS TOP CONFIDENTIELLES CLASSEE SECRETE ET X PAR LE GOUVERNEMENT SUPREME MILITAIRE NIPPO-ETASUNIEN ??

Je m'élançai sur lui pour tenter de lui arracher la souris des mains et sauver ma dignité mais il la mit hors de ma portée.

-Arrête ! Laisse-moi, je veux voir la suite !
-Mais pourquoi tu fourres toujours ton nez partout sans demander la permission ??
-C'était sur ta clef usb ! J'ai voulu te demander mais t'étais pas là !
-Stop ! Lâche cette souris !

Et ça le fait rire !!

Mais il va lâcher la souris, oui ??

J'essayai de l'attraper, en chopant ses poignets et ses bras mais à chaque fois il sauvait la souris tout en regardant comme il pouvait l'écran.

Finalement, j'en avais marre de me « battre » comme ça avec lui, et je le capturai par la taille pour le tirer en arrière.

-Hey ! Pourquoi tu veux pas que je regarde ?
-Ces photos n'auraient pas du être prise.
-Oui mais elles c'est pas le cas, et elles sont bien !
-Lâche la souris.

Il se débattait, les yeux toujours fixé sur l'écran, alors que je l'enserrais plus fermement contre moi et que je l'emmenais vers l'arrière.

-Heerooooo ! T'as tord de le prendre comme ça ! Je vais pas me moquer ou je sais pas quoi !

La souris tomba par terre.

Et… moi qui ne SUPPORTE pas le contact physique avec les gens, je pris seulement conscience qu'il est… trop près. VRAIMENT trop près.

Je le lâche et il se retourne vers moi, abandonnant la souris et l'écran. Il avait reprit son sérieux.

-Pourquoi tu veux pas que je les regarde ?

Moi, je n'avais à aucun moment trouvé ça drôle. Je lui répondis d'une voix sèche.

-Parce que.
-C'est pas une réponse.

Il fronçait les sourcils maintenant.

-Je vois pas pourquoi tu fais tout ce cinéma parce que j'ai vu quelques photos avec toi dessus.
-Déjà, parce que tu ne m'as pas demandé.
-Ah, et si j'avais demandé, ça aurait changé quelque chose ?

Il soupira, déçu.

Et ça y'est… je me sens encore coupable.

Qu'est ce que c'est chiant.

Je ramassai la souris et la reposai à coté du clavier avec un regard sur la photo à laquelle il s'était arrêté. Je tenais une des filles de WuFei dans les bras, elle avait la tête posé sur mon épaule et était entrain de râler avec ses points serrés comme les bébés en colère. Sûrement parce qu'elle digérait et que c'était pas agréable.

Je poussai un GROS soupire et m'écartai un peu.

-Allez. Regarde-les en te disant bien que c'est la DERNIERE fois.

Son visage s'illumina et il prit place à coté de moi.

-Heero, t'es vraiment un…
-Un quoi ?

Nos regards se croisèrent et je pu lire dans le sien de l'amusement.

Et tout mon énervement retomba.

Je me fais vieux.

-Je sais pas, mais t'en es vraiment un.

Je roulai des yeux.

Et toi t'es vraiment un « … » aussi.

Il cliqua sur la photo suivante ou le même bébé faisait une grimace de mécontentement qui devrait normalement faire devenir les gens compatissant envers la gosse mais qui était en fait très hilarante parce qu'apparemment ses braillements étaient incompris et « c'est vraiment pas juste ».

Moi j'ai une tête bizarre dessus. On dirait que je suis aussi indigné qu'elle.

Duo éclata de rire.

-Tu avais dis que tu te moquais pas !
-Je me moque pas ! Mais cette photo est excellente. Vous faîtes vraiment la paire tous les deux.

La photo suivante me montrait cette fois sur le canapé, assis, avec l'autre gosse dans les bras (j'ai vu ça au changement de vêtement) qui elle, dormait paisiblement contre mon torse. Et je la regardais avec une expression pensive.

-Ooooh…

Duo, à voir sa tête, les yeux pétillants, était comme tous les gens émerveillés et complètement attendris par des photos de bébés.

Il est à fond sur les enfants. Je sais pas comment il fait.

-Vous êtes… adorable comme ça. La petite en train de dormir sur toi, toi, l'esprit ailleurs…

Il contemplait avec passion la photo.

Moi, je ne peux pas rester aussi longtemps sur une image, un tableau, ou une photo, comme ça. Mais lui, il détaillait chaque parcelle.

-Tu es très photogénique.
-Tu plaisantes ?? Je fais toujours des sales têtes.
-Non ! Je te jure, tu es bien !

La photo suivante était la même scène mais vu d'un autre angle, et plus lumineuse. Avec des couleurs plus jolies.

Duo avait une expression calme et énigmatique sur le visage. Paisible. Emu ?

Il restait ses yeux planté sur la photo, le doigt en suspension au dessus de la souris. Considérant avec beaucoup d'humilité l'écran.

Le silence nous entourait, et je n'osais pas le briser.

Je n'ose pas briser Duo dans sa réflexion.

Mais c'est lui qui, au bout d'un moment, parla d'un air grave.

-J'adore cette photo.

Ne pas faiblir. Ne PAS faiblir.

-Tu ne te rends pas compte à quel point tous les deux, vous êtes touchants. Et je ne parle pas que du bébé, Heero.

Et c'était la dernière photo. Il avait vu toutes les précédentes. Il ferma la fenêtre et se redressa face à moi en me rendant ma clef.

-Tiens. J'ai vu le contrat, c'est un bon commencement.

Je hochai la tête, évitant son regard pour je ne sais quelle raison, et éteignis l'ordinateur.

-J'espère que tu ne seras pas aussi papa poule que mon frère.

Je lui avais dis ça d'un air absent. Ca le fit rire légèrement.

-J'espère aussi. Mais je ne pense pas, il faut être sévère avec les enfants quelques fois.
-C'est tellement chiant les gosses…
-Dis pas ça… c'est pas vrai. Bon, c'est sûr quelques fois t'as envie de te frapper la tête contre un mur, mais ça procure de bons moments aussi.
-J'ai…
-Quoi ?
-J'ai peur de ne pas aimer les enfants de WuFei. C'est déjà parti pour.

Un blanc tomba d'un coup. Un blanc trop gênant.

Mais qu'est ce qui m'a pris de m'ouvrir comme ça ??

C'EST QUOI CETTE REVELATION INTIME ?

Comme si j'avais besoin d'un deuxième psy !!

-Et… ça me fait peur parce que c'est grave. C'est les enfants de mon frère. Mon frère. Ses enfants. Ma famille.

Mais les mots continuaient de sortir de ma bouche, sans que j'y pense.

Là, il n'y avait personne qui pouvait me juger.

Mon regard était baissé sur un point invisible.

Je me sens franchement con… et vide. Vide de sentiments.

Et pour la première fois, ça m'angoisse.

-Je ne sais pas aimer. Tu as raison quand des fois tu dis que je n'aime rien.

C'est affreux, de savoir qu'on est insensible. De ne pas ressentir les choses que tout le monde ressent.

On a l'impression d'être différent. Mis à part.

Alors je me replie sur moi-même, pour me protéger des autres.

Mais depuis peu, j'ai découvert que la solitude ne me guérissait plus.

Depuis que je connais Duo.

Je senti deux bras s'enrouler autour de mes épaules, par derrière, et m'enserrer doucement entre eux, contre un corps.

Ce contact n'était pas oppressant, comme je qualifie tous les contacts physiques à mon égard.

Je n'eus pas envie de me dégager, comme je l'aurai sûrement fais à un autre moment.

Ces bras étaient rassurants.

Duo me parla d'une voix qui avait baissé d'un ton.

-Mais si, tu sais aimer. Tu aimes ton frère ?
-A ma façon.
-Tu aimes Hilde ?
-Parfois elle est un peu lourde, mais…
-Mais sinon tu l'aimes bien.
-Hn.
-Et moi aussi tu m'aimes bien, sinon tu ne me laisserais pas regarder tes photos, tu ne sortirais pas avec le soir, et tu ne serais pas si familier avec moi.
-Hn...
-Non ?
-Si.
-Donc si, tu sais aimer.
-Mais mes nièces…
-Ca viendra. C'est parce que tu ne sais pas ce que c'est. Tu n'as pas vécus avec les enfants. Tu as grandis dans un monde d'adultes, de tension et de problèmes entre eux. Tes parents se sont divorcés et tu as été trimballé.
-Mais ça ne me faisait rien pourtant.
-C'est inconsciemment que ça t'as fais quelque chose.

Je me sens… perdu face à ce qu'il me dit.

Face à sa voix tendre, ses mots touchants. Ses bras bienveillants.

Perdu, mais marchant sur un chemin éclairé à mon passage et dont je ne voyais pas où il menait.

Mais à chaque pas, il était éclairé un peu plus loin.

-Et tu ne voulais pas que je vois ces photos avec tes nièces parce que tu ne voulais pas les voir toi-même. Tu as peur de te voir avec des enfants, de te voir bien avec des enfants. Et de ne pas savoir reproduire cette image. C'est ça ?
-Je ne sais pas… peut-être.
-Mais tu n'as pas besoin de la reproduire, parce que c'est toi. Tu ne peux pas imiter ton image, tu es ton image.

Ses bras glissèrent et il s'éloigna un peu de moi. Ca me donna une impression de froid, de perte.

Je me retournai, pour voir son visage, avoir un contact visuel à défaut d'un autre.

Pour le voir sourire. Un sourire chaud. Amical. Vraiment agréable.

Pour plonger dans ses yeux d'une couleur si étrange.

Une couleur que maintenant, je ne pourrai plus jamais oublier.

-Et quoi que tu en dises, même si cette image a des défauts, elle est très belle quand même. Tu ne t'en rends juste pas compte. Et tu as peur de la montrer telle qu'elle est.


Bon. Chapitre fait un peu à l'arrache. Je m'en suis pas trop mal sortie comparé à ce que je pensais :).

Désolée pour la mise en page, c'est pas ma faute, j'ai fais ce que j'ai pu é.è