Vive l'Espagne
-Besoin d'aide ?
Mira eut le réflexe que tout bon lutteur et/ou demi-dieu pourchassé sans relâche par diverses créatures se devait de posséder.
Elle saisit de la main posée sur son épaule et la tordit de manière à faire une clé de bras à son opposant. Puis, elle le poussa, le faisant tomber sur un genou.
Puis, elle se rendit compte de ce qu'elle faisait et le lâcha, horrifiée.
-Désolée ! Je suis vraiment désolée ! C'est… C'est un réflexe, je n'ai pas eu le temps de réfléchir !
Il se releva, se frottant le poignet en grimaçant, essayant de faire un sourire en même temps.
-Y a pas de mal. J'aurais dû me manifester avant.
-Désolée !
C'était un garçon de son âge environ. Il était grand et massif. Il semblait être d'origine hispanique. Il avait des cheveux très foncés et bouclés et des yeux bruns clairs.
-C'est pas grave. Tu semblais avoir besoin d'aide.
-Euh… oui… Je suis en voyage avec ma colonie de vacance.
-La Colonie des Sang-mêlés ?
Devant son regard surpris, il rit.
-C'est écrit sur ton t-shirt.
-Oh ! Oui… J'avais complètement zappé.
-Juste une question. Pourquoi Sang-mêlés ?
-Oh, le thème de notre Colonie est la mythologie gréco-romaine.
-Et ça marche comment ?
-On remplit un questionnaire sur place et on nous assigne un parent Olympien en rapport avec nos réponses. Puis, on nous met dans le bungalow de notre parent. Enfin, les bungalows c'est pour ceux qui choisissent la partie grecque. Ceux qui préfèrent les romains, c'est une toute autre organisation.
-Ouah. Et ton parent, c'est qui ?
-Poséidon.
-J'aurais juré Aphrodite.
Mira cilla. Il commençait à être lourd avec sa drague à la noix. Qu'il aille s'en trouver une, de filles d'Aphrodite. Elle se racla la gorge et continua :
-Donc, on est en voyage et avec mon ami, on doit acheter des boites de conserves. L'ennui c'est que je ne parle pas très bien espagnol. Et je me casse la tête depuis cinq bonne minutes pour essayer de demander de l'aide à la vendeuse.
-Laisse-moi faire.
Il se tourna vers la vendeuse et se mit à parler. Le visage de la femme s'éclaira et elle se rendit dans l'arrière boutique.
-Elle dit qu'ils vendent en gros, aussi.
-Oh, c'est ce qu'il me faut.
La dame revint, des cartons dans les bras.
-C'est suffisant ?
-Non. Tout le stock.
La femme écarquilla les yeux lorsque le garçon traduit.
-On devrait l'aider à les soulever.
-T'as raison. Ne bouge pas, j'y vais.
-Attends-moi !
-Je peux pas te laisser porter des cartons !
-Si, si, c'est la même chose que mes haltères !
-Tes… haltères ?
-Oui. Je suis la présidente du club de lutte du lycée !
-Ce qui explique le réflexe de tout à l'heure !
-Exact !
« Sans oublier les monstres qui me suivent partout, mais ça, t'as pas à le savoir, mon coco. »
Elle alla vers l'arrière boutique et se mit à soulever des cartons. Le garçon la suivit et fit de même.
-Au fait…
-… ?
-Je ne connais toujours pas ton prénom.
-Je m'appelle Mira, sourit-elle. Et toi ?
-Lorenzo.
Elle sourit encore et alla déposer les cartons devant la caisse. Lorenzo la regarda. Elle était jolie. Magnifique, même. Et en tant que collectionneur de copines, il comptait bien lui demander son numéro de téléphone. Un seul problème, elle avait parlé d'un ami.
Une fois tous les stocks chargés, elle paya et les empila sur plusieurs chariots et sortit, suivie de Lorenzo.
-Attends-moi ici. Hey, Nyssa !
Il la vit faire signe à une fille dans un pickup. Elle l'aida à mettre les cartons dans le véhicule et elle reprit les chariots. Ils firent le tour de quelques magasins où ils achetèrent encore des boites de conserves et de les donner à quelques uns de ses amis dans des pickups avant que Mira ne décrète qu'avec tout ça, ils devaient avoir assez de nourriture pour un bon mois. Surtout que son ami allait vider l'autre moitié de la ville.
-Allons quand même voir de ce côté.
Ils entrèrent dans un énorme supermarché.
-Dis ? L'ami, dont tu m'as parlé, c'est ton petit ami ?
Mira rougit furieusement.
-Eh bien…
-Mira ! Je t'ai cherchée partout ! T'étais où, tu…
Léo s'arrêta en plein dans sa phrase en voyant Lorenzo.
-Léo ! Je parlais justement de toi !
Elle suivit son regard et vit que les deux garçons se regardaient dans le blanc des yeux.
-Euh… Léo, je te présente…
-Lorenzo, salua froidement le fils d'Héphaïstos.
-Léo, répondit l'autre, sur le même ton.
-Vous… Vous vous connaissez ?
Les deux garçons semblèrent ne pas l'avoir entendue. Ils se scrutaient avec la même intensité.
-Euh… Je vous laisse entre vous, les garçons, déclara-t-elle en s'éclipsant.
-Qué estás haciendo aquí? (Qu'est-ce que tu fais là ?)
-Estoy en vacaciones. No está prohibido, creo. (Je suis en vacances. C'est pas interdit, je crois.)
-No, sólo eres la última persona que quiero ver, especialmente con Mira. (Non, c'est juste que tu es la dernière personne que je veux voir, surtout avec Mira.)
-Yo la ayudé, no como usted. (Je l'ai aidée, pas comme toi.)
-Ella no te necesita. (Elle n'a plus besoin de toi.)
-Usted dice eso, sino que la dejó sola. (Tu dis ça, mais tu l'as laissée seule.)
-Afortunadamente, el héroe la salvó. (Heureusement, le héro est venu la sauver.)
- Y ¿qué estás haciendo aquí? (Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?)
-Estoy en un viaje con mi colonia. Y tú estabas con mi amigo. (Je suis en voyage avec ma colonie. Et tu étais avec mon amie.)
-Qué, ¿estás celoso? Rit-il, ironique. ¿Es ella tu novia? (Quoi, t'es jaloux ? C'est ta petite copine ?)
-Ellas… (Elle…)
Léo se tut, incapable de répondre.
-Oh, no lo es, solo eres un loco natural, nade tu puede amar. Pero tu la amas. (Bien sûr, non. Tu es juste une erreur de la nature. Personne ne peut t'aimer. Mais tu l'aime.)
Léo ne réagit pas. Il était habitué, ça ne lui faisait rien. Mais c'était quand même un peu douloureux de savoir qu'il aimait Mira et que jamais elle ne lui rendrait cet amour.
-Ella es sola me amiga, no la amo. (C'est juste mon amie, je ne l'aime pas.)
-No la ames. Ella es muy hermosa para tu, tu solo seras una mancha para ella. Un insecto. (Ne l'aime pas. Elle est trop belle pour toi, tu es juste une tâche à côté d'elle. Un insecte.)
-Pero si, railla-t-il. Tu eres perfecto para ella. (Bien sûr. Tu es parfait à côté d'elle.)
-Talues… Pero si soy mejor que ti. Tu eres el diablo, y ella es un angel. (Peut-être… Mais de nous deux, je suis le meilleur. Tu es un démon, c'est un ange.)
Il ne put réprimer un sourire supérieur devant l'ignorance de Lorenzo.
-Ella tu puede mandar a tu tomba co solo ona patada. Ella es como una mucheca, pero es fuerte. (Elle pourrait t'envoyer dans ta tombe d'un seul coup de pied. Elle ressemble à une poupée, mais elle est forte.)
Lorenzo éclata de rire.
-Vraiment ? Un coup de pied ? Pour changer des midinettes qui se pavanent en gloussant…
-Touche-la. Et je te le ferais regretter.
-Toi ? T'es sérieux ? Tu veux te battre ?
-Si tu t'approche de Mira ? Ouais, je te flanquerais volontiers une raclée.
Lorenzo alla ajouter quelque chose, mais une voix les coupa.
-Lorenzo, je ne savais pas que ta mère était dans les parages.
Léo pâlit. Blanchit, même. Comme passé sous une douche à l'Eau de Javel. Surtout quand il entendit une autre voix, beaucoup moins douce que celle de sa Mira.
-Tu t'es fait un ami, mijo ?
-Non. C'est l'Autre.
Mira fronça les sourcils. Est-ce que ce gros tas venait juste d'appeler Léo « l'Autre » ? Elle allait lui mettre les points sur les i lorsque la mère de Lorenzo aperçu le visage de Léo. Ses yeux se mirent à lancer des éclairs. Elle marmonna quelques mots en espagnol.
-Tu es encore vivant, toi ? Demanda-t-elle sèchement.
-Malheureusement pour toi, oui.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-« Croiser Tìa Rosa » n'était pas dans ma liste de choses à faire. Définitivement pas.
Mira retint un hoquet. Tìa… Rosa ? La tante de Léo ? La sœur d'Esperanza Valdez ? L'horrible mégère qui avait abandonné son propre neveu après la mort de sa sœur ? Alors ça…
Une colère sourde monta en elle. Ravalant une réplique bien sentie, elle se composa un visage neutre.
-Bien sûr, j'aurais dû te placer en orphelinat. Aucune famille d'accueil n'aurait voulu de quelqu'un comme toi.
-Disons plutôt que je n'en voulais pas.
-Mijo, tu devrais retourner dans la voiture. Je ne voudrais pas que tu prennes le mauvais exemple sur… ça.
-Je reste. On ne sait jamais s'il devenait violent.
Petite goutte qui fait déborder le vase.
Elle entendit vaguement quelque chose exploser dehors, ainsi que les cris des passants.
-Pourriez-vous arrêter de parler de Léo comme s'il était un déchet ou un animal sauvage ?
Ce n'était pas une question. C'était un ordre. Lancé de sa voix la plus calme et glaciale. Avec sa posture la plus digne et rigide. En résumé, une reine de glace, aussi calme que la mer avant que la tempête de sa colère ne la déchaîne. Léo retint un soupir. Elle était tellement belle, tellement… parfaite.
-Mira…
-Non, ne dis rien ! C'est entre ta famille et moi, maintenant.
Elle regarda Rosa dans les yeux.
-On parie combien qu'Esperanza aurait désapprouvé ?
-Comment oses-tu parler de ma sœur ?
-J'ose parce que vous avez osé traiter son fils de cette manière. En tout cas, moi, je désapprouverais si ma propre sœur, ou mon frère dans ce cas, faisait comme si mon enfant était une ordure.
Rosa la regarda, les lèvres pincées.
-Vous n'êtes pas ma sœur, vous ne pouvez pas savoir ce qu'elle penserait…
-Je vous en prie, toutes les mères pensent comme ça !
Léo eut un rire amer.
-Si tu voyais ton expression, Tìa. Je sais exactement ce que tu es en train de te dire. Elle lui ressemble. Énormément.
Mira se figea. Il… Il venait de dire quoi, là ?
-Et en l'écoutant parler, tu te rappelle de comment elle, elle parlait. Sans détour, sans chichis, sans faux semblant. Et tu sais quoi ?
Il attira Mira contre lui.
-Esperanza Valdez n'est pas morte. Pas totalement. Parce qu'heureusement, il y a encore des personnes comme elle. Totalement ton opposé. Pas beaucoup, malheureusement. Mais l'une d'entre elle est ici, à côté de moi. Et c'est le plus important.
Lorenzo esquissa un pas.
-Tu vas pas rester avec ce… cette erreur, quand même ? Demanda-t-il avec son plus beau sourire.
Mira le regarda tellement méchamment qu'il sentit le froid sortir de ses yeux et le congeler sur place.
-Cette erreur, comme tu dis, c'est mon petit ami, alors surveille ta langue.
-Ton… quoi ?
Il regarda Léo, choqué.
-Ce truc ?
-Oui, ce truc. Et t'as aucune chance à côté de lui. Aller, viens, Léo. On a assez de conserves. Et puis, sans vouloir t'offenser, mais ta famille, j'en ai déjà ras la pastèque.
Elle noua son bras au sien et l'entraina, plantant là Tìa et Lorenzo.
-J'y crois pas, à cette mascarade, grommela ce dernier.
Pas loin de là, Mira grogna, l'ayant parfaitement entendu. Alors, elle se mit sur la pointe des pieds et embrassa Léo à la commissure des lèvres. Ils n'étaient pas aussi proche que lorsqu'ils étaient seuls, mais on aurait quand même dit un couple.
Alors, ils sortirent de l'épicerie. Une fontaine au milieu de la rue était brisée.
-T'as fait explosé une fontaine ? Demanda Léo, hébété.
Mira laissa échapper un grognement rageur.
-Ta tante et ton cousin sont simplement… odieux !
-Mira…
-Non mais ! De toute ma vie, jamais, tu m'entends, jamais je n'ai autant voulu étrangler quelqu'un.
-Mira…
-Et comment ils parlaient de toi ! C'était tout simplement inadmissible ! Tu vas sauver la peau de leurs culs et eux, ils te parlent sur ce ton !
-Mira !
Elle s'arrêta. Il avait un sourire sur le visage.
-Merci.
-Euh… de quoi… ?
-Tout. D'avoir pris ma défense, d'avoir dit tout ça, d'être allée jusqu'à lui faire croire que j'étais ton petit ami pour qu'il se sente con.
-Oh… ça c'est rien. Merci à toi.
-J'ai rien fait.
-Si.
Elle lui rendit son sourire.
-Tu as dit que je ressemblais à ta mère. Et c'est l'un des plus beaux compliments que tu puisses me faire.
Léo rougit.
-Si… Tu lui ressemble. Même mon père l'a dit.
Elle se serra un peu plus contre lui.
-Merci, Léo.
-J'ai juste dit la vérité.
Le bateau était en vue. A regret, Mira se dégagea doucement de Léo. Si Percy les voyait, il se ferait encore des idées.
-Je voudrais qu'un jour, quoi qu'on fasse, ton frère et ton père n'en fassent pas des tonnes, fit tristement le fils d'Héphaïstos à côté de lui.
-Je… Je le voudrais aussi, Léo…
Il soupira.
-J'ai eu peur.
-Q…Quoi ?
-J'aurais pas du croire ça, mais quand j'ai vu mon cousin… j'ai eu peur qu'il t'ait bernée avec ses belles paroles… Et qu'il te blesse à la fin de cette journée.
Mira le regarda, attendrie et troublée. Alors, se foutant majestueusement et demi-divinement de son frère, elle l'enlaça et enfouit son visage dans son cou. Discrètement, elle y déposa un baiser qui fit frissonner Léo.
-J'étais avec toi, en arrivant. Je repartirais avec toi. Et personne d'autre que toi.
-Eh vous deux ! Je peux parfaitement vous voir !
-Tu sais quoi, Percy ? Répondit Mira sans bouger. Je m'en fous !
-Allez, montez, on doit se remettre en route !
-Ah, oui… Athéna, Nico… Oui, on monte.
-On arrive tout de suite !
Elle monta à bord et contrôla les cartons.
-Tiens…, fit-elle, interrogative, en voyant un papier casé entre deux conserves dans l'un des cartons.
Elle s'en saisit.
-J'y crois pas, quel boulet ! Grommela-t-elle.
-C'est qui, Lorenzo ? Demanda Annabeth en passant par là.
-Chut ! Si Léo apprends que cet imbécile m'a laissé son numéro, je donne pas cher de sa peau. Je t'explique dans la chambre.
-Ok. HAZEEEL, PIIIIPS ! RENDEZ-VOUS D'URGENCE !
-Un peu plus discret, c'était possible ?
-Nan. Sinon, on aurait dû aller les chercher dans toute cette foule. Là, elles m'ont sûrement entendue.
-Sûrement…
-Comment ne pas entendre le timbre si parfait de cette chère Annabeth ?
-Il y a un problème ?
-Nan. Mira a juste le numéro de téléphone d'un gars nommé Lorenzo et elle ne veut pas que Léo le sache.
Elles se dirigèrent vers leur chambre et Mira la verrouilla à double tour.
-Avec Léo, on s'est séparés pour chercher des boites de conserves. La vendeuse parlait un peu anglais donc il m'a laissé dans le magasin et est allé dans celui d'à côté.
-Laisse-moi deviner : elle parlait pas tant que ça…
-Exact. Là, un gars a posé sa main sur mon épaule et m'a demandé si j'avais besoin d'aide.
-T'as réagi excessivement, je parie.
-J'lui ai tordu le bras. C'est pas le plus important. Lorenzo –c'est son prénom –a parlé avec elle. On a fait le tour des magasins. Ensuite, j'ai décidé d'entrer dans un dernier magasin et…
-Vous avez croisé Léo.
-Ouais. Ils se sont regardés dans le blanc des yeux et j'ai senti une énorme tension. Alors, je me suis éclipsée. Je regardais un peu dans les rayons quand une dame m'a accostée pour me demander si je n'avais pas vu son fils. Elle parlait en espagnol, alors, j'ai répondu en anglais que je ne parlais pas beaucoup. Elle a automatiquement changé de langue et elle m'a décrit son fils. C'était le gars qui m'avait aidée. Je suis retournée les voir. Léo avait pâli quand il l'a entendue demander à Lorenzo s'il s'était fait un ami. Et vous savez ce que ce crétin a eu le culot de répondre ?
-J'ai peur…
-Il a dit « Non. C'est l'Autre » ! Vous vous rendre compte ? L'Autre !
-A la fin, qui est ce Lorenzo.
-Son connard de cousin.
-Attends. Rembobine ? Son cousin ? Donc la femme…
-C'était sa salope de tante.
-Houlà…
Mira ne se retint plus et donna un violent coup de poing dans le mur.
-Heureusement, j'avais prévu une scène comme ça, chuchota Annabeth à Piper et Hazel. J'avais demandé à Léo de renforcer le bois du mur.
-Si vous aviez entendu comment ils parlaient de lui ! Fulmina Mira. Comme on parle d'un objet ! Pire, d'un animal !
-Mira…
-Non ! Je ne me calmerais pas ! Je n'accepterais pas que l'on parle de lui comme ça ! Vous vous rendez compte ? Il a été le seul à comprendre que moi aussi, j'avais besoin d'être réconfortée, que la disparition de mon frère m'affectait plus que je ne le laissais paraître ! Il a été le seul à me voir pleurer, à être assez perspicace pour remarquer que j'étais perdue ! Et c'est énervant de voir que les seules personnes qu'il lui reste ne voient pas à quel point c'est un garçon génial…
Elle se mit à tourner en rond comme un lion dans sa cage.
-Mira, on sait que ça te peine, mais les des fois, les gens sont aveugles.
-Ils l'ont traité d'erreur… ils ont dit des choses tellement horribles.
-Mira, c'est pour ça qu'il t'a. Pour le soutenir. En un sens, c'est toi, la seule personne qu'il lui reste.
Elle s'adossa à un mur et se laissa doucement tomber à terre.
-Il a dit… que je ressemblais à sa mère…
Il y eut un silence. Piper ne pouvait vraiment pas laisser passer ça. C'était plus fort qu'elle… Elle craqua :
-Tu sais ce qu'on dit ! Un homme voit toujours sa mère au travers de la femme qu'il aime !
-Piper !
-Eh ! Je reste une fille d'Aphrodite !
-Oh, j'avais remarqué…
-Alors, qu'est-ce que tu vas en faire ?
-C'est évidant !
Elle sortit un briquet de sa poche et l'alluma avant de bruler le numéro.
-Rappeler ce connard ? Quand mon nom ne sera plus Mirabelia Jackson !
-Ҫa c'est notre Mira ! Fidèle à son Léo jusqu'à la mort !
-Evidemme… NON C'EST PAS CE QUE J'AI DIT !
-Trop taaaard, chantonna Piper.
Elle ouvrit la porte et se mit à hurler :
-Miréo forever !
Puis, elle détala en continuant de crier.
-REVIENS ICI TOUT DE SUITE !
Mira se mit à courir derrière elle.
-Toujours la même ambiance sur ce bateau, soupira Annabeth.
-Comment vous faîtes ? Demanda Hazel.
-Faire quoi ?
-Être aussi… joyeux ! Vous plaisantez, vous riez, vous vous amusez, même si vous savez qu'on se dirige vers la plus dangereuses des guerres. Pour ma part… je suis terrorisée.
-C'est peut-être pour ça qu'on déconne. Parce qu'on sait que lorsqu'on reviendra, on ne sera plus jamais les mêmes. Les plus âgés d'entre nous n'ont même pas vingt ans. Mais ils vont peut être mourir. Nous aussi. C'est pour ça qu'on essaye de rassembler tous les couples. Imagine seulement que l'un des deux meurt. Quelques jours ensemble valent mieux que des mois, voire des années à se courir après dans l'espoir que l'autre fasse le premier pas. Si Travis venait à mourir, Katie serait effondrée. Mais elle rirait en se rappelant comment ils se sont embrassés. Elle sourirait en se remémorant leurs moments ensemble. Et elle remercierait n'importe quel dieu pour lui avoir permis de passer ces moments avec Travis. On est tous terrorisés. Mais le montrer ne servirait à rien à part décourager nos troupes.
Le discours d'Annabeth tournait en boucle dans sa tête. Hazel se rendit compte qu'elle n'avait pas passé tant de temps que ça avec Frank… Elle avait eu tellement peur qu'il lui arrive malheur qu'elle avait pris ses distances pour ne pas souffrir.
-Vas-y. Je dois m'entrainer avec Percy, l'encouragea Annabeth.
Hazel lui fit un sourire et s'envola presque par la porte. Annabeth retira son armure et au moment de se retourner, elle se cogna contre Percy.
-Hey, fit-il doucement.
-Salut, sourit-elle.
-On va s'entrainer ?
-Tu sais quoi ?
Elle s'approcha de lui, se mit sur la pointe des pieds et entoura son cou de ses bras.
-On pourrait… disons… reporter l'entrainement à plus tard… et rester ensemble.
-Ҫa me va.
Il se pencha et l'embrassa.
-Ҫa m'avait manqué…
-A moi aussi.
-JACKSON ! CHASE ! PAS SEULS DANS UNE CHAMBRE !
-On sort tout de suite, coach ! Répondit Annabeth.
-Je le déteste, ce vieux bouc, grommela Percy.
Annabeth s'esclaffa.
-Je suis sûre qu'il t'aime bien.
-Mais oui ! On va sur le pont ?
-Je t'y retrouve. J'ai juste… un truc à vérifier.
-Ok, ça marche.
Il sortit et Annabeth vérifia son calendrier. Elle soupira et sortit. Elle s'accouda à la balustrade. Quelqu'un arriva derrière elle.
-C'était sensé être son anniversaire, aujourd'hui, fit remarquer Mira en regardant l'horizon orangé.
-Il est mort avant.
-Ouais…
-J'avais le béguin pour lui, au début, tu sais ?
Mira rit doucement.
-On a toutes eu le béguin pour Luke. Il était mignon, et au fond, il était quelqu'un de bien.
-Toi aussi ?
-Crois-moi, je ne pouvais pas m'empêcher de craquer pour ce gars quand il venait me rendre visite. Il entrait dans ma cellule, et il me faisait ce sourire un peu coupable. Il savait que c'était de sa faute si j'étais coincée là-dedans. Et il s'en voulait un peu. Ce n'était pas mon premier amour. Juste… un béguin d'enfance.
-Je ne dirais rien à Léo, t'inquiète.
-Merci mais… comment t'as su que j'allais te demander de ne rien dire à Léo.
Annabeth eut un petit sourire avant d'ébouriffer les cheveux de Mira.
-Je te connais. T'es ma petite sœur, après tout.
-Aller, Percy t'attends.
-T'as raison. J'y vais.
Elle sourit en voyant son frère réceptionner Annabeth.
-Vous n'y pensez même pas ! Lâcha-t-elle à voix haute aux trois filles derrière elle tenant une poêle d'apparence solide.
-Roooooh !
-Pas de Miréo ou je ne sais comment elle nous a appelé. Dispersion !
La soirée se passa sans encombre.
-Où est Mira ? Demanda Léo en avalant.
-Avec Malcolm et Larry en salle de réunions. Ils programment une stratégie.
-Sur quoi ?
-Le sauvetage d'urgence de demain.
-Oh.
-Je vais les voir.
-Bonne idée, je viens aussi.
Percy et Léo se levèrent et se dirigèrent vers la salle de réunions.
-L'endroit sera sûrement protégé, entendirent-ils.
-Le meilleur moyen sera de poster des archers là où ils ne peuvent pas être vus. Les épéistes iront en première ligne pour combattre et entrer de force, proposa Malcolm.
-Non, il vaudrait mieux poster des pièges et les y attirer, le contredit Larry.
-Nan. Je suis à 101% sûre que des gardes seront postés à l'entrée, exposa Mira. Quelqu'un devra faire diversion, assommer les gardes et laisser les autres passer.
-Les archers !
-Les pièges !
-La diversion !
-Euh… les gars…
Ils se tournèrent tous vers Percy.
-QUOI ?!
-Et si on gardait vos trois stratégies et qu'on voyait sur place qu'est-ce qui correspondrait le mieux ?
Ils se regardèrent tous les trois.
-Ok pour moi.
-Ҫa marche.
-Pareil.
-Maintenant, allez manger. Il reste peut être encore de quoi vous remplir le bide.
Larry et Malcolm suivirent Percy.
-Tu viens, Mira ?
-Nan, je reste. Je dois encore figurer deux ou trois trucs.
-Tu es sûre ?
-Vas-y, Percy. Je n'ai pas si faim que ça de toute façon.
-Comme tu veux.
Il sortit. Léo n'avait pas bougé. Il entendit distinctement le ventre de Mira gargouiller. Elle rougit.
-Tu bosse trop.
-Si on veut sauver Nico, je suis obligée.
-Mira, je te connais. Je sais que tu as déjà programmé chaque petit point de ce sauvetage. Tu es en ce moment même en train de tout recalculer pour la millième fois, minimum.
Il lui retira son crayon des mains. Mira soupira. Elle tourna le dos à la carte et s'adossa contre la table, les bras croisés.
-Justement, tu me connais trop.
-Ce n'est pas une mauvaise chose.
-Je ne peux jamais rien te faire gober. Et c'est pas bon pour moi.
-Pour moi, ça l'est.
Elle sourit. Léo posa les mains sur la table de chaque côté de son corps.
-J'te déteste, Valdez.
-T'en es certaine ?
Mira posa la main sur l'avant bras du fils d'Héphaïstos et se rapprocha de lui.
-Non. Je ne peux pas te détester.
-Tant mieux.
Il enroula son bras autour d'elle et acheva de la coller contre lui.
-Parce que je ne pense pas pouvoir te détester non plus, chuchota-t-il à son oreille.
Le cœur de la générale s'emballa. Il se sentait battre. Leurs visages étaient de plus en plus proches. Le froid envahit Mira. Elle avait peur, tellement peur, comme cette nuit là sur le pont. Mais l'étreinte chaude et protectrice de Léo dissipa tout cela. Dans ses bras, elle n'avait plus peur.
Tout ceci cependant semblait tourner un peu trop cucul à la praline pour une certaine partie du corps de Mira. Eh, oui, son cher estomac se décida à les rappeler à l'ordre en grognant violemment.
Ils se séparèrent précipitamment.
-Saleté, grommela Mira.
Son ventre répondit par un gargouillis satisfait de ses actes.
-Tu… Tu devrais aller… le remplir.
-Ouais… Tu viens ?
-J'arrive.
Cependant, une série de bruits provenant de sa ceinture l'interrompit. Il se saisit de son talkie-walkie.
-Qu'est-ce qu'il y a, Festus ?
Ses yeux s'écarquillèrent à sa réponse.
-Je viens. Mira, on est sur un truc.
Mira hocha la tête et se précipita vers la salle de pilotage en compagnie de Léo.
-Regarde l'écran.
-Merde, alors…
Il y avait une série de feux en ligne droite espacés d'une trentaine de kilomètres sur le pays, organisés en spirale.
-C'est quoi, ce bordel ? Ton père a décidé de foutre le feu à l'Italie, ou quoi ?
-C'est pas ça, le plus intéressant. Regarde.
Il zooma un peu. Les feux avaient une forme étrange.
-On dirait…
-Une chouette, oui. Regarde, le dernier feu s'arrête à Rome.
-La Marque d'Athéna brule à travers Rome… Léo, essaye de déterminer l'endroit où le dernier feu est localisé.
-Déjà fait. Le GPS cherche.
-Localisation terminée. Colisée, Rome.
-Qu'est-ce que j'avais dit, à propos du fait que toutes nos batailles se dérouleront dans des sites historiques ?
-Je modifie les réglages du pilote automatique. On devrait se poser dans une forêt pas très loin.
Mira retira un drachme de sa bourse et alla dans la salle de réunion, là où Léo avait placé un dispositif ressemblant à la fontaine du bungalow Poséidon.
-Oh, déesse Iris, accepte mon offrande.
Elle lança sa pièce.
-Montre-moi Nico Di Angelo, Colisée à Rome.
Au début très sombre, Mira finit par distinguer Nico, très faible, assit contre le mur.
-Nico, chuchota-t-elle.
-Mi…ra ?
-Oui, c'est moi. On est en route, Nico. Tiens bon.
-Non… surtout pas…
-De quoi tu parles ? On vient et rien ne nous fera reculer !
-J'ai… entendu… parler d'un piège. Ne venez pas…
-On s'en fout ! On vient quand même !
-Mirabelia Jackson ?
-Dame Athéna ! Vous allez bien ?
-Ecoute-moi. J'ai ensorcelé le périmètre de manière à ce que personne ne puisse entrer ou sortir d'ici, sauf mes enfants. Quelqu'un devra désactiver le sortilège.
-Levez-le !
-Je ne suis pas assez forte. De plus, c'est pour empêcher les soldats de Gaïa d'entrer en plus grand nombre. Ce qui ne les retiendra pas de monter la garde en dehors du Colisée.
-Comment lever ce sortilège ?
-L'un de mes enfants devra entrer, se rendre au centre de l'arène et faire couler une goutte de son sang.
-Ok.
-Mira… les gardes approchent…
-Nico, Dame Athéna, tenez bon. On arrive.
-Veuillez insérer une autre pièce pour une minute supplémentaire…
La vidéo se coupa et Mira déroula sa carte. Avec l'aide de ses dents, elle retira le bouchon d'un marqueur et se dirigea, carte en main, vers la salle de pilotage.
-Re'ets h'i'ache shatché'hi'e, ordonna-t-elle à Léo.
-… Hein ?
Elle cracha le capuchon du marqueur et répéta :
-Remets l'image satellite !
Elle mit une croix à chaque endroit où l'un des feux s'était manifesté.
-Sacrée Athéna…, grommela-t-elle. C'était malin, de faire des feux en forme de chouette.
Elle se saisit du micro.
-Okay tout le monde ! Les choses sérieuses commencent ! Demain, c'est l'Italie. On atterrira près du Colisée. Les enfants d'Athéna, vous êtes la clé de la réussite de cette mission. Du moins, l'un d'entre vous.
Elle tapota son plastron pour vérifier qu'il était bien en place, toucha la garde de son épée et se prépara à rejoindre ses troupes.
-Tu es la générale parfaite, Mira, sourit Léo. Tu peux y aller.
Elle acquiesça et descendit. Faisant à présent face à une armée de demi-dieux, elle se racla la gorge pour faire cesser les discussions. Son geste eut l'effet escompté. Toutes les têtes se tournèrent vers elle.
-Dame Athéna –ou Minerve, comme vous voulez –et Nico sont au Colisée. Athéna a ensorcelé le périmètre. Seuls ses enfants pourront y entrer et défaire le sort en versant quelques gouttes du sang au milieu de l'arène. Un petit groupe ira.
-Un seul suffit ! Décréta Annabeth. J'irais.
-Non, Annabeth, c'est trop dangereux ! Tu es l'un des Sept, tu dois…
-Justement, c'est trop dangereux ! Je suis l'un des Sept, oui, mais je suis aussi Conseillère en Chef du bungalow. Je ne laisserais aucun de mes frères ou de mes sœurs se mettre en danger. C'est moi qui irais, et point barre.
-Euh… Ok. Will te fera une prise de sang avant d'y aller : tu perdras moins de temps.
-Et comment on va tromper les gardes ?
-On ira de nuit : je suis presque sûre qu'ils se relayent. On a déjà trois stratégies avec Malcolm et Larry.
-On devrait faire comme avec la guerre contre les titans.
-C'est-à-dire ?
-Endormir les mortels.
-Pas bête. Je vais en toucher un mot à Hypnos.
-Tonton 'Pnos, ricana quelqu'un.
-Okay, le prochain qui reparle de ça, ou de Thanatos, je m'en bas les couilles, j'le balance par-dessus bord.
-Et elle va le faire, prévint Léo à travers le haut parleur.
-Chut, Valdez, je parle !
-Chef, oui chef !
-Les mortels seront endormis au crépuscule. Sinon, toute la journée sera dévouée au tourisme.
-Yeees ! Shopping, les filles !
-Euuh… Drew… Je parlais de tourisme militaire.
-Ҫa veut dire shopping ou pas ?
-Non ! C'est la reconnaissance des lieux !
-Roooh, rabat-joie !
-Chiron, pourrions-nous faire passer ça pour un voyage scolaire ?
-Mon fauteuil roulant est toujours dans mes valises.
-Et vous, coach ? Partant pour redevenir prof ?
-Plus que partant, ma cocotte !
-Les nymphes ?
-Nous sommes toujours prêtes !
-Bien ! Je vais appeler Hypnos et Morphée.
Elle entra pour ce qui lui semblait la millième fois de la journée dans la salle de réunion et lança un drachme en demandant à parler à Hypnos.
-Oh ! Mais c'est ma p'tite Mira !
-Euuh… Bonjour, seigneur Thanatos. Seigneur Hypnos, salua-t-elle.
-Pas de ça entre nous… !
-Thanatos, laisse-la parler. Je t'écoute, Mira.
-L'an dernier, lors de la guerre contre les titans, la population de Manhattan avait été endormie.
-Oui, par Morphée.
-Serait-il possible que vous et lui refassiez la même chose ?
-Bien sûr ! Avec les habitants de Rome ?
-De toute l'Italie. C'est Gaïa, après tout.
-Heureusement qu'ils vont t'aider !
-Merci.
-Un moment précis en tête ?
-Le coucher du soleil sera parfait.
-Tu veux qu'ils fassent pareil avec la Grèce ?
-Si possible.
-T'inquiète pas pour ça ! Ces deux là se bougeront le popotin une heure avant que le soleil ne se couche !
-Merci pour ta dévotion, Thanatos. Je crois que la communication va bientôt se couper. A plus tard, Mira !
-Merci encore !
-Je te ferais des cookies, quand tu reviendras !
-Arrête, Thanatos, tu vas la faire flipper. Et depuis quand tu fais des cookies, toi ?
-Tout pour ma p'tite Mira !
-On dirait une femme, j'te jure.
Mira passa rapidement la main dans l'arc-en-ciel et il disparut. Son estomac grogna impatiemment.
Elle tourna les talons et courut presque vers le réfectoire. Elle soupira de bonheur en s'asseyant devant un plat de pâtes au fromage. Tout chaud, fumant, même, le fromage fondant délicatement…
Son estomac interrompu –une millième fois –ses pensées.
-Roh, ça va, toi, tais-toi, tu vas bientôt être plein ! S'exaspéra-t-elle.
-Euh… Tu parle seule ?
-Nan, à mon emmerdeur d'estomac.
-Lequel des quatre ?
-Tous ! Et oui, ils sont emmerdants ! Et rabat-joies !
Elle vit Léo cacher un sourire derrière un verre d'eau. En esquissant un, Mira lui fit un clin d'œil. Ils en auraient d'autres, des occasions.
-Et ça recommence, grommela Percy.
-Quoi ?
-Bah vous vous bouffez des yeux…
-Et nous on tient la chandelle.
-On ne se bouffe pas des yeux !
-Si, vous le faites !
-Et si ça continue, j'vais dégueuler devant tant de guimauve !
XXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXx
-Il n'y a qu'un seul garde, regardez, chuchota Annabeth derrière le buisson.
-Le plus facile, ce serait de faire diversion, ajouta Percy.
-Aboulez le fric, murmura Mira en tendant les deux mains, l'une à gauche, l'autre à droite, sans quitter des yeux le jeune homme qui montait la garde près du Colisée.
Larry et Malcolm grommelèrent en sortant tous deux une petite bourse.
-J'le connais, lui ! C'est l'fils de Midas ! Fit Léo.
-Comment il s'appelait, déjà ?
-Lityersès. Alias Lit'.
-La diversion, ce sera quoi ?
-Je crois que j'ai ma p'tite idée, répondit Piper, songeuse, les yeux rivés sur Mira.
Un petit sourire se glissa sur son visage.
-Non. Jamais. Tu peux toujours rêver. Et crever aussi, pendant que t'y es, riposta la générale en devinant ce qu'elle avait en tête.
-J'espère que tu es une bonne actrice !
La fille d'Aphrodite eut un sourire machiavélique et tira Mira par le bras. Elles disparurent derrière un rocher et les autres purent entendre des bruits de déchirure, et des protestations.
Lorsque Mira sortit de derrière l'arbre, ses cheveux étaient emmêlés et pleins de feuilles et de brindille, son visage était couvert de poussière, son t-shirt était en pièce, couvrant le strict minimum, son jean était parcouru de longues balafres et il lui manquait une chaussure.
-J'te déteste, Pip's…
-Ҫa va marcher !
-Le t-shirt, c'était nécessaire ? Ҫa cache rien !
-Ce gars, c'est p'têtre un guerrier, mais ça reste quand même un gars. Il va craquer. Surtout que t'as bien été gâtée par Mère Nature…
-Piper ! La coupa-t-elle, outrée.
-C'est quoi, le plan ? Demanda Percy, mécontent.
-Tu vas voir. Mira, c'est maintenant, ou jamais !
Elle soupira, la menaça pour la forme et agita quelques branches. Lityersès fut rapidement sur ses gardes. Tout ce qu'il vit, ce fut une jeune fille à l'air paniqué sortir du bois.
Elle semblait blessée et avait du mal à courir. Elle tomba directement dans ses bras. Il eut le reflexe d'entourer sa taille d'un bras.
-Aidez-moi, supplia-t-elle, le regard fou.
-Qui… Qui êtes-vous ?
-Je suis venue avec les demi-dieux jusqu'ici dans le seul but de rejoindre Gaïa lorsque mes compagnons auraient le dos tourné. Mais ils m'ont remarquée et ils me pourchassent. Pitié…
Elle semblait si menue, si délicate.
-Ne vous inquiétez pas. Quel est votre nom ?
-Mi… Megan.
-Je suis Lityersès.
-Li-Lityersès ? Comme le fils de Midas ?
-Lui-même.
-Oh, mes dieux… Je vous admire tant !
Elle posa la main sur le bras qui l'entourait.
-Comme vous êtes fort…
-J'vais lui buter sa gueule, à c'connard…, grogna dangereusement Léo, derrière le buisson avant de se faire retenir par Jason et Percy avant qu'il ne mette ses menaces à exécution.
-Vous n'avez pas peur ? Fit l'autre, un peu étonné. Je suis réputé pour être un guerrier sanguinaire. Je suis encore plus féroce qu'un animal sauvage.
Elle caressa l'une des nombreuses cicatrices sur son visage avant de poser sa main sur sa joue.
-Je trouve ça encore plus attirant…
Elle se mordit la lèvre inférieure et s'approcha de lui. Si le fils de Midas était étonné, il ne fit rien pour arrêter le processus. Ladite Megan l'avait hypnotisé avec ses si grands yeux bleus. Et puis, son t-shirt avait été réduit en lambeaux, et bien qu'étant un guerrier dangereux, il devenait faible en présence de femmes. Elle passa les bras autour de son cou, s'approcha encore, et…
Soudainement, il s'écroula. Mira, retira sa main de sa nuque, là où il lui avait suffit d'exercer une pression sur un point sensible pour qu'il ne s'endorme, avant de le ligoter et de le jeter plus loin. Elle retourna à sa cachette, et menaça Piper.
-Je te jure, j'aurais dû aller plus loin, c'est ton t-shirt que j'aurais porté au retour. Tu te serais débrouillée pour t'habiller.
Possessif, Léo retira son t-shirt de la colonie et le lui donna. Mira l'accepta, et retourna derrière l'arbre pour se changer.
-A toi de jouer, Puits de Sagesse, déclara Percy. Bonne chance.
Annabeth lui vola un dernier baiser et, vérifiant ses poches, elle s'assura que le tube contenant son sang s'y trouvait. Puis, elle traversa la barrière comme si elle n'avait jamais existé.
-Elle va revenir, ne t'inquiète pas, le rassura Mira en sortant de sa cachette et en posant une main sur son épaule. Après tout, c'est Annabeth.
xXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXx
Elle se réveilla sur le sol froid et dur. Qu'est-ce qui s'était passé, elle ne le savait pas. Se levant, elle s'étonna de se voir en un seul morceau. Elle constata la poussière jaune tout autour d'elle. Des bribes de combat lui revinrent en tête : elle s'était battue contre plusieurs monstres. Mais pas assez, cependant. Quelque chose clochait. Elle finit par trouver l'arène. Au milieu, il y avait un petit espace noir. Se rapprochant, elle vit que le sol était calciné. Une chouette. En levant la tête, elle remarqua qu'elle était au centre même du Colisée. Cherchant ses poches, elle ne retrouva pas la fiole. Elle avait dû tomber durant son combat. Tirant sa dague, elle s'entailla la main et laissa tomber quelques gouttes de sang sur la marque. Une explosion se fit entendre. La barrière disparaissait. Bientôt, plusieurs demi-dieux firent irruption, armes brandies.
-Il n'y a personne, dit Annabeth.
Mira attrapa Hazel et Lacy par la main.
-Les filles, on y va. Annabeth, tu viens ?
-J'arrive.
-Percy, si tu viens aider Dame Athéna, ça te fera gagner des points. Qui sait, peut-être qu'elle n'aura pas envie de t'étriper à chaque fois qu'elle te verra, dans le futur.
Grimaçant, il les suivit. Léo, Jason et Piper se joignirent à eux. Grâce au flair de Kitty, ils se dirigeaient sans crainte de se tromper vers les cachots.
-Où sont les autres enfants d'Héphaïstos ?
-Partis rapprocher l'Argo, répondit Léo.
Ils se retrouvèrent devant la porte des cachots et entrèrent. Mira se sentit très faible, d'un coup. Elle se concentra sur son énergie et sur celles de ses amis. Elle allait droit vers les deux flèches qui sortaient du sol.
-Léo, Piper, on aura besoin de vous deux.
-J'ai bien une tronçonneuse mais pas d'énergie.
-Jason, Percy, c'est là qu'on intervient. L'eau, surtout salée, et l'électricité n'ont jamais fait bon ménage. Avec un peu de chance, on arrivera à provoquer assez de courant.
Elle et Percy se placèrent de part et d'autre de Jason et posèrent une main sur chacune de ses épaules. Puis, le fils de Jupiter se saisit de la prise électrique et ils lâchèrent leur énergie. C'était assez effrayant. Ils étaient parcourus d'électricité. La machine se mit en marche. Après plusieurs minutes d'Enjôlement et de sciage, ils réussirent à ouvrir les deux cellules. Aussitôt les portes détruites, Lacy se précipita dans celle de Nico. Il était plus mince que lorsqu'il était parti et il semblait à la fille d'Aphrodite qu'il était plus pâle. Athéna, quand à elle, retrouva son apparence et son énergie aussitôt sortie.
-Eh, les gars, sourit faiblement le fils d'Hadès, dont la tête était posée sur les genoux de Lacy. Vous êtes… quand même venus… ?
-On n'allait pas te laisser ici, répondit Hazel, émue.
-Bien joué, demi-dieux. Grâce à vous, le réveil de Gaïa est retardé. Je vais retourner sur l'Olympe. Prenez soin de votre ami.
Ils détournèrent le regard pour ne pas se faire désintégrer par la forme véritable d'Athéna et ramenèrent Nico à la surface. Tous éclatèrent en clameurs enthousiastes. Il fut emmené dans une pièce qui avait été aménagé comme une infirmerie et chacun vaqua à différentes occupations.
Plus tard, alors que le ciel était d'un bleu foncé, mais que l'horizon était encore tinté d'un faible rose, Mira, les cheveux à nouveau en place et des vêtements neufs sur le dos, marchait dans l'arène. C'était fou ce que les romains construisaient bien. Annabeth, plus loin, était sur l'ordinateur de Dédale, prenant des notes et marmonnant quelque chose sur le génie du peuple de César. Soudain, quelqu'un lui agrippa le poignet et l'entraina dans une fosse au lion. Une main se posa sur sa bouche et elle se retrouva plaquée contre un mur. Elle alla se défendre lorsqu'une voix l'en dissuada :
-C'est moi.
Ouvrant les yeux, elle rencontra le regard hyperactif de Léo. L'atmosphère était presque irréelle. Ils étaient seulement illuminés par les torches que les demi-dieux avaient allumées lorsqu'ils s'étaient installés dans leur nouveau quartier général pour la nuit. Ils étaient très proches et Léo avait déjà commencé à déposer des baisers dans son cou.
-Tu es fou ? On pourrait nous voir ! Chuchota-t-elle, irritée de s'être fait surprendre.
-Personne ne vient par ici. Ils sont tous plus loin.
Il posa son front sur le sien et ferma les yeux.
-J'ai détesté ça, déclara-t-il soudainement.
-Détesté quoi ? Demanda la générale, étourdie par sa présence.
-Te voir draguer le fils de Midas.
-Léo, serais-tu jaloux ? Sourit-elle.
-Un peu, mentit-il.
-Un peu ?
-Ok, peut-être un peu plus que je ne veux bien laisser croire.
-Montre-moi à quel point, suggéra-t-elle avec un sourire mutin.
Il ne se fit pas prier pour s'emparer de ses lèvres. Mira entoura son cou de ses bras. La peur lui tordit encore les boyaux. Mais elle se sentait tellement bien, tellement à sa place, qu'elle ignora la terreur qu'elle éprouvait. Sur les torches, le feu se fit plus rougeoyant, mais il resta en place. Le fils d'Héphaïstos lui mordilla la lèvre inférieure et elle étouffa un gémissement. Sans qu'elle ne s'en rende compte, l'une de ses mains descendit et s'infiltra sous son t-shirt. Si elle n'en avait pas conscience, Léo, lui, l'avait bien remarqué, et eut un grognement sourd. Il la plaqua un peu plus contre lui, enivré par son odeur d'océan. Leurs langues s'engagèrent dans une danse endiablée. Ils étaient dans leur petite bulle rien qu'à eux. Mira en était tellement transportée que toute l'eau à proximité se troubla. Avant qu'elle ne s'en rende compte, ses jambes étaient nouées autour de sa taille. Les bras du mécano entourèrent plus solidement ses hanches. La température de son corps grimpa considérablement. Les défenses qu'ils avaient inconsciemment érigées autour de leurs pouvoirs après leur premier contact direct se détériorèrent. Le sang se mélangea à leur baiser. Sous la douleur, les mains de Mira se crispèrent, griffant Léo malencontreusement. Mais malgré cela, ils continuaient. La fille de Poséidon était comme désespérée. Elle sentait que quelque chose de terrible allait se passer, ce qui l'incitait à ne pas lâcher le fils d'Héphaïstos. Son fils d'Héphaïstos. Ils se séparèrent à regret, hors d'haleine et Léo la reposa par terre.
-Wow…, haleta Léo.
Elle enfouit simplement sa tête dans son cou. Lorsqu'elle se redressa, chacun put voir l'étendue des dégâts sur l'autre. Mira avait les lèvres couvertes de cloques, dont la plupart saignaient. Quand à Léo, sous la pression, les siennes étaient blessées, comme si elles avaient éclaté.
-Tu saignes.
-Toi aussi…
-Nos natures… elles sont opposées…
« Et pourtant… je t'aime tellement » pensa le fils du feu.
-On devrait aller à l'infirmerie.
-Pas tout de suite. Je veux… rester comme ça… encore un petit moment. Avant de retourner brusquement à la réalité.
Léo hocha la tête. N'ayant toujours pas lâché Mira, il l'attira un peu plus contre lui. Ils se contentèrent de rester l'un contre l'autre, sans bouger.
Mais aucun des deux n'avait remarqué qu'ils avaient été contactés par Message-Iris. Lorsque leurs deux amis étaient apparus sur l'arc-en-ciel, tellement proches qu'insérer une feuille de papier entre eux aurait été un exploit, s'embrassant comme si leur vie en dépendait, Piper, rouge comme une tomate aussi bien d'excitation que de gêne d'entrer ainsi dans la vie privée de Mira et Léo, avait passé la main dans la vidéo, l'interrompant. A côté d'elle, Jason avait les yeux aussi ronds que des billes.
-Ohmesdieux… ! Fit Piper si vite qu'il n'en comprit qu'une lettre sur trois.
-…Qu'est-ce qui vient de se passer, au juste ?
-Mira. Léo. S'embrassant.
Ils se regardèrent avant de détourner les yeux, rouges. Jason l'épia du coin de l'œil. Elle jouait distraitement avec l'une de ses tresses, les joues rosies. Après avoir vu ses deux amis dans un moment pareil, il ne pouvait plus réfléchir correctement. Il n'avait qu'un visage à la tête, celui de Piper. Il posa sa main sur l'une des siennes, l'arrêtant dans son activité. Il tourna le visage de son amie vers le siens et s'approcha.
-Qu'est-ce que tu fais, Jason ? Murmura-t-elle, soudainement à bout de souffle.
-Ce que je crève d'envie de faire depuis longtemps.
Il posa ses lèvres sur les siennes. Au début, elle ne répondit pas à son étreinte, trop choquée. Puis, elle lui sauta presque dessus, les fit tous les deux tomber par terre. Mais elle n'avait jamais été aussi heureuse de sa vie. Lorsqu'ils se séparèrent, Jason éclata de rire. Elle avait les cheveux dans tous les sens et le visage rouge de bonheur et du manque d'air. Posant sa main sur sa joue, il sourit.
-Ҫa fait un bout de temps que je voulais faire ça…
-Je me demande comment tu as fait pour attendre, alors, sourit la fille d'Aphrodite en déposant un baiser sur ses lèvres.
-C'était un enfer.
Piper eut un rire.
-Euuuh… Je peux savoir ce que vous faites par terre, vous deux ? Demanda une voix derrière eux.
Ils se retournèrent. Percy et Annabeth les regardaient, arborant un sourire amusé aux lèvres.
-Oh… Hum… On… Parlait ? Suggéra Piper.
-Prends-moi pour une imbécile, Piper, fit Annabeth en levant les yeux au ciel.
Ils les aidèrent à se relever. La fille d'Athéna prit son amie par le bras et réclama toute l'histoire. Quand à Jason et Percy, ils se tapèrent dans la main lorsque les filles eurent le dos tourné.
-On ne va pas tarder à manger, dit le fils de Poséidon. Où est Mira ?
Jason et Piper se regardèrent, alarmés.
-Euh… Je ne sais pas.
-Tiens, il y a une torche ici. Je vais essayer de créer un arc-en-ciel et l'appeler…
-Non !
Les trois autres têtes se tournèrent vers Piper.
-On va la chercher, Annabeth…
Elle lui lança un regard de « Je te raconte plus tard » et l'entraina avec elle. Elles se mirent au travail, les cherchant dans tout le Colisée.
-Les fosses aux lions ?
-Qu'est-ce qu'ils feraient là-bas ?
-C'est là où personne ne va, alors…
-Ouais… On y est juste allés pour allumer des torches.
Elles finirent par trouver Mira, assise dans un coin, les jambes repliés contre la poitrine et le visage enfoui dans les genoux.
-Mira… ?
Elle leva la tête.
-Qu'est-ce qui t'es encore arrivé ? S'exaspéra Annabeth en apercevant ses lèvres.
-Je ne préfère même pas raconter…
-On a essayé de les appeler, avec Jason. Ils étaient collés comme deux sangsues, en train de s'embrasser comme si leur vie en dépendait.
Les yeux gris orageux de la fille d'Athéna s'écarquillèrent. Elle comprenait mieux la réaction de Piper.
-Aller, suis-nous, Cervelle de Varech. On va soigner ça et on va manger.
-J'ai pas faim…
-Si, tu as faim.
-Après, on pourra débattre sur le pourquoi du comment.
-Quel pourquoi du comment ?
-Excuse-moi, mais t'as vu l'état de ses lèvres ?
-Léo a dû… chauffer un peu.
-Non… enfin, si… Mais…
-Tu nous raconteras plus tard. Pour l'instant, tu dois vraiment faire soigner tes blessures.
Elle semblait complètement abattue.
-Mira, quelque chose ne va pas ?
-Ҫa, c'est pas normal ! Elle vient d'avoir le baiser le plus sauvage de toute sa vie.
-C'est rien… Je suis toujours un peu démoralisée quand on se sépare.
Elles l'aidèrent à se lever et se dirigèrent vers l'infirmerie improvisée.
-Franchement, Léo… Je me demande comment tu t'es débrouillé ! Entendirent-elles Will pester.
-J'te l'ai dit ! P'tit incident avec une machine !
-Il faut vraiment être distrait pour tenir une machine explosive dans sa bouche.
-Chuis hyperactif, mon gars, je fais tellement de choses à la fois que j'ai pas le temps de réfléchir !
-J'ai fini.
Mira alla se retourner et partir, mais trop tard… Will l'avait aperçue.
-Besoin de quelque chose, Mira ?
-Oui, admit Annabeth en la retenant.
Léo passa près d'elles. Il se retourna vers Mira et lui fit un sourire complice avant de sortir. Mortifiée, Mira leva la tête. Les yeux de Will s'écarquillèrent.
-Quoi, toi aussi ?
-Comment ça, elle aussi ?
-C'était pareil avec Léo ! Sauf que Mira a les lèvres brûlées, et lui, on dirait qu'elles ont éclaté.
Il se rendit compte de ses mots, puis se mit à réfléchir.
-Oui, c'est ça, Léo, une machine, marmonna-t-il. Prends-moi pour un con.
Devant la mine de Mira, il soupira :
-Ne t'inquiète pas. Je ne dirais rien à Percy.
Devant son regard insistant, il soupira :
-Ni à Drew. Ou à aucune autre fille d'Aphrodite.
-Qu'est-ce que tu ne veux pas nous dire ? Fit une voix derrière un rideau.
La tête de Lacy suivit sa voix.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Je veille sur Nico.
-C'est moi qui ai demandé à Will de la laisser faire, intervint Mira en s'asseyant sur la chaise que Léo avait quittée.
-Hazel vient juste de partir, avertit Lacy.
Elle semblait moins pâle, beaucoup plus joviale, maintenant que Nico était hors de danger.
-On reviendra après le dîner, dit Annabeth à la place de Mira, qui ne pouvait pas parler.
Will avait déjà commencé à lui appliquer du nectar avec une boulle de coton.
-Ouah… Ҫa c'est d'la brûlure ou j'm'y connais pas, marmonna le fils d'Apollon.
-Comment ça a pu arriver ?
-Léo contrôle le feu. Mira, l'eau. Et qui dit eau, dit pression. Donc avec toute cette pression, les tissus de sa peau ont dû se rompre.
-Mais pourquoi juste cette fois ?
-Je me suis… relâchée, on va dire. J'ai un peu perdu le contrôle de mes pouvoirs et lui aussi, révéla la brûlée lorsque le médecin eut fini.
-Lacy, ça ne te dérange pas, si je te laisse avec Nico ? Je te fais confiance, le temps d'aller manger rapidement.
-Oui, ne t'inquiète pas.
-On vous ramène quelque chose à manger, les tourtereaux ?
-Nico, surtout. Je n'ai pas vraiment faim.
Mira, Piper, Annabeth et Will sortirent. Lacy remit en place l'une des mèches noires qui était en travers du visage du fils d'Hadès. Des cheveux incroyablement doux. Elle changea la serviette mouillée sur son front et retira le thermomètre de sa bouche. Sa fièvre avait baissé, et il approchait la température normale. Quelques instants plus tard, il gémit et ses paupières se mirent à bouger.
-Oh ma tête, grimaça-t-il en se redressant.
-Ne te lève pas tout de suite, tu risquerais de perdre ton équilibre et de tomber.
Il tourna la tête vers elle.
-Hazel est partie manger, continua-t-elle, plus intimidée.
Il ne disait toujours rien et continuait à la regarder.
-Elle ne devrait pas tarder à revenir.
-Lacy ? C'est… toi ?
Il ne l'avait pas reconnue. Elle avait retiré son appareil et elle semblait maintenant sortir d'une pub pour dentifrices. Ses cheveux étaient un peu plus longs. Elle avait un peu bronzé. Il l'avait toujours trouvée mignonne. Maintenant, il voyait pourquoi c'était une fille d'Aphrodite.
Mais d'un autre côté, elle semblait plus mince. Et aussi beaucoup plus mature. Des cernes sombres s'étalaient sous ses yeux. Elle avait l'air d'avoir elle aussi souffert.
-Oui… C'est moi.
Une étincelle brillait dans son regard. En regardant de plus près, il vit que c'était de l'espoir. Qu'espérait-elle, au juste ?
-Nico ! Tu es réveillé !
Il se reçut sa sœur dans les bras.
-Ha-Hazel ?
-Hey, mec ! Enfin sur pied ?
Percy lui administra un coup de poing affectif sur l'épaule.
-Il est encore dans son lit, Percy. Il ne peut donc pas être sur pied…
-C'est une expression, sœurette.
-C'est une expression stupide. Ravie de voir que tu vas mieux.
-Si tu appelle mieux avoir la tête en compote, alors oui, ça va.
Frank, sans s'en rendre compte, l'attira dans une étreinte à en briser les os.
-Heureux de te voir en un seul morceau, mec.
-Plus pour longtemps, fit Mira en riant.
-Rooh, ça va, je suis content de le voir en vie !
-On te taquine, Frank, on te taquine.
-J'espère que vous avez faim, les tourtereaux, parce qu'on vous a ramené un bon gros plat.
Nico et Lacy rougirent au terme.
-Et si tu peux pas bouger, Lacy te fera manger !
Nico fusilla Léo du regard. Loin de se démonter, le fils d'Héphaïstos eut un grand sourire.
-Bah quoi ? Aller, t'en meurs d'envie.
-Nico, ne le tue pas, j'ai encore besoin de lui pour la quête, soupira Mira.
-Après, je peux le tuer ?
-Ҫa reste toujours non, parce que le bungalow d'Héphaïstos a besoin d'un conseiller.
-Et puis je suis indispensable au monde !
Devant le regard des autres, il ajouta :
-Bon, p'têtre pas au monde. Mais quand même indispensable !
Izumi passa la tête par le rideau.
-Mira ? Appela-t-elle nerveusement. Je peux te parler une minute ?
-J'arrive.
Elles s'éloignèrent. Izumi marcha jusqu'à l'endroit où Léo et Mira s'étaient embrassés.
-C'est assez éloigné, et personne ne vient ici, expliqua la Nippone devant son regard.
La jeune asiatique fronça les sourcils.
-Il y a quelque chose de bizarre, dans cette fosse.
Elle toucha le mur où Léo et Mira étaient adossés.
-Il y a quelque chose qui s'est passé, ici…
-Euh… En quelque sorte.
-Je sens ton énergie. Elle est froide comme l'eau… Et une autre, plus chaude… comme le feu. Elles se sont mélangées, elles ont débordé et…
Devant les joues rouges de Mira, Izumi éclata de rire.
-Je savais bien qu'il y avait une
-Aherm… oui… Bon…
-Ce n'est pas de ça que je voulais te parler mais ça m'a frappé, lorsqu'on est arrivées. Il y a un truc de bizarre, dit-elle, son visage s'assombrissant.
Elle l'incita à parler.
-C'est Annabeth.
-Annabeth ?
-Oui… Elle est bizarre.
-Depuis quand ?
-Elle ne l'était pas, avant d'entrer dans le Colisée.
-Intéressant… Je dois voir Rachel… Et Octave, ajouta-t-elle avec une mine de dégoût.
-Elle ne s'en rend peut-être pas compte, mais une étrange énergie se dégage d'elle.
-Merci de me l'avoir dit.
-Je te tiens au courant si je ressens autre chose.
Mira se contenta de hocher la tête et d'aller à la recherche de l'Oracle et de l'Augure. Elle sortit du Colisée, et entra dans l'Argo. Elle vit une lumière allumée à l'étage des garçons. La chambre de son frère. Elle entra. C'était Léo. Il avait retiré son t-shirt et débouchait une bouteille de nectar.
-Léo ?
-Oh, salut, Mira.
-Qu'est-ce qui c'est passé ?
-Une histoire drôle, j'te ju…
-C'est moi ?
Devant sa mine, elle en conclut que oui.
-Assieds-toi.
Elle lui prit la bouteille des mains, prit des boules de coton et commença à appliquer le nectar sur ses blessures. Léo la regardait sans bouger.
-Voilà. Désolée…
-Pourquoi tu le serais ?
-Je t'ai griffé.
-C'est pas grave, Princesse.
Elle s'assit à ses côtés et se blottit contre lui. Ils restèrent un moment dans la même position avant que Mira ne sursaute.
-Tu ne saurais pas où Octave et Rachel se cachent ?
-Octave est dans sa chambre, au bout du couloir, probablement dans le noir et Rachel est en salle de réunion.
-Merci. Appelle Larry et Malcolm et dis leur de rejoindre Rachel en salle de réunion. Je vais chercher Octave et je vais les retrouver.
Elle embrassa Léo sur la joue et se précipita dehors comme si l'avenir du monde en dépendait.
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A l'infirmerie, c'était un peu plus tendu. Lacy et Nico étaient à nouveau seuls. Gênée, Lacy se racla la gorge et aida Nico à se redresser.
-Merci.
Elle tourna la tête vers lui, décidée à lui répondre avec assurance. Cependant, son audace fondit comme du beurre au soleil lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était un peu trop proche de lui. Ses yeux plongèrent dans l'abysse de ses pupilles et elle fut perdue un instant avant de détourner la tête, la chaleur affluant rapidement à son visage.
-Pas… Pas de problèmes…, bégaya-t-elle, rouge.
-Lacy ?
-O…Oui ?
-Pourquoi tu fais tout ça pour moi ?
Elle baissa les yeux.
-Ne te méprends pas, c'est gentil de ta part et je… j'apprécie tes intentions mais… personne n'a jamais fait quelque chose comme ça pour moi…
-C'est parce que tu ne les laisse pas faire. Il est temps que tu sortes de cette carapace que tu as forgé autour de toi.
-Tu ne sais rien de…
-Au contraire, je sais tout. J'ai aussi perdu ma sœur. J'étais plus proche de Silena que des autres. C'est elle qui m'a pris sous son aile, lorsque je suis arrivée.
-Ce… Ce n'était pas pareil.
-En quoi ? Silena et moi avions la même mère. Cela fait de nous des sœurs.
Nico ne trouva rien à dire. Il était bouche bée. Il remarqua une mèche de cheveux qui lui barrait le visage. Il avança la main et la remit doucement derrière son oreille. Sa main s'attarda sur sa joue.
-Je me sens bizarre tout à coup…, dit-il.
-C'est… C'est peut-être la fatigue ! Esquiva Lacy, toujours aussi écarlate.
-Non. Pas la fatigue. Définitivement pas, la contredit-il en la regardant directement dans les yeux.
Elle était tellement déboussolée qu'elle en resta immobile, la main de Nico toujours sur la joue.
-Alors, comment va mon patient ?
Ils sursautèrent tous les deux. Lacy posa le plateau sur les genoux de Nico et se leva.
-Je crois que je vais y aller. A plus, Will. Repose-toi bien, Nico.
Elle sortit en trombe. Elle s'assit dans les gradins et grogna de frustration. Qu'est-ce qui lui prenait ? Nico et elle étaient assez proches et elle s'enfuyait trois secondes plus tard, alors qu'elle rêvait d'un moment comme ça depuis qu'elle avait rencontré Nico Di Angelo.
Elle vit soudainement quelque chose d'assez bizarre. Annabeth marchait, seule, dans l'arène. Elle se dirigeait vers la salle aménagée pour les réunions dans leur nouveau QG. Elle tourna la tête vers Lacy. Ses yeux brillaient. Bien qu'elle soit assise assez loin, Lacy voyait parfaitement deux points argentés dirigés vers elle. Le temps qu'elle cligne des paupières, Annabeth avait déjà tourné la tête. En se contorsionnant, elle n'aperçut rien d'étrange émanant des pupilles de la fille d'Athéna.
Elle ferma les yeux un moment. Elle était probablement fatiguée. Oh, oui… Très fatiguée.
Et embrouillée. Un Nico trop proche d'elle faisait fondre son cerveau.
Une bonne nuit de sommeil l'aiderait peut-être.
Hey! Salut tout le monde! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH! (Evite les tomates et...) Qui a jeté ce cadre?!
Désolée pour le retard! Mais le chapitre est là! Merci à ceux qui ont posté des reviews, c'était sympa de votre part!
Tout d'abord, je m'excuse d'avance s'il y a des erreurs dans la traduction espagnole. L'espagnol parlé est celui d'Amérique Latine, vu qu'ils viennent de Houston, et mon amie (qui a fait la traduction, vu que je ne parle pas un mot d'espagnol) n'a pas fait une seconde vérification (je ne comprends pas vraiment son écriture) et je croise les doigts pour que ce soit correct.
Les questions de fin de chapitre:
-Qu'avez-vous pensé de la rencontre entre Léo et Lorenzo?
-Pourquoi Mira a-t-elle si peur lorsqu'elle est près de Léo?
-Qu'est-il arrivé dans le Colisée?
-Pourquoi Annabeth est-elle si étrange?
-Qu'est-ce qu'Izumi pressent?
-Comment avez-vous trouvé la scène Jasper? Et la Nico/Lacy?
-Que va-t-il se passer dans le prochain chapitre?
-Aurais-je des reviews :3?
