Titre : Ni personne d'autre
Disclamer : Rien à moi, tout à JKR
Paring : HP/DM
Rating : M
Note : Bonjour tout le monde. Voilà le nouveau chapitre de la semaine. Je dois vous dire que j'ai été (et suis toujours) malade et que, par conséquent, je n'ai pas put écrire le prochain chapitre, donc je ne sais pas si je pourrais poster mardi prochain. Je vais essayer mais je ne promet rien.
Mais votre soutient me donne beaucoup de force pour essayer et je vous en remercie!
Merci à Querty pour sa correction et comme je dis toujours : tu as bien du courage avec moi.
Bonne lecture!
Chapitre 26:
Je positionnai correctement mon gosse sur son siège rehaussé - il avait les cheveux bien mouillés - et je pris ma paire de ciseaux. Un peu tremblotant, je pris une boucle de ses cheveux blonds foncés et la coupai d'un mouvement un peu brusque qui fit sursauter Gaby. Il pinçait ses lèvres et je voyais à sa tête qu'il mourrait d'envie de partir loin de moi et de mes ciseaux. Mon petit avait de plus en plus les cheveux indisciplinés de son père. De son autre père. Et je voyais se former des épis entre ses boucles, ce qui me plaisait moyennement. Mais, une fois les cheveux un peu plus courts, il retrouverait une coupe bien plus jolie et plus digne d'un Malfoy.
- Et voilà, fini !, m'exclamai-je enfin.
Immédiatement, Gabriel toucha ses cheveux comme pour vérifier qu'il en avait encore sur le crâne. Malheureusement, il garda les lèvres pincées. Je pris un miroir et lui montrai sa tête. Et il reprit enfin une expression faciale un peu plus normale, et me fit même un petit sourire rassuré. Et oui, sale peste, je sais couper des cheveux !
- La confiance règne, grognai-je.
- Ben, tu avais l'air... comme quand tu es constipé, s'expliqua mon fils, très sérieux.
Donc en fait, quand je me concentre on pourrait croire que j'ai des problèmes rectaux... Intéressant à savoir, vraiment, si vous voulez avoir un avis cash, demandez à votre gosse ce qu'il en pense, en principe ça ne rate jamais. Je fis lever mon fils de son siège et frottai ses cheveux avec une serviette sèche avant de les coiffer. Il partit mettre son uniforme d'école pendant que je rangeais mon bazar. Aujourd'hui, à l'école de mon gamin, il y avait une vente de chocolats pour financer une sortie à la capitale pour les enfants. On devait aller dans la rue avec l'enfant et faire la collecte. Deux Mornilles le chocolat. Alors comme c'est un peu limite, j'ai décidé de mettre toutes les chances de notre côté et rendre mon fils encore plus mignon qu'il ne l'est déjà.
Celui qui vendra le plus de chocolat aura une récompense et je me voyais bien féliciter le petit de l'avoir gagné. Et puis ça lui ferait, un bon souvenir. Enfin, je ne sais pas s'il retiendra cette journée, il est un peu jeune mais de toute façon moi, je retiendrai ce moment et je pourrai lui dire qu'il vendait les chocolats plus vite que la lumière !
- Papa, je suis prêt !
Il arriva dans le salon et attendit mon habituelle inspection. Après avoir vérifié que sa cravate était bien mise, je lui pris la main, mon sac où était rangée ma robe de sorcier et on partit vers son école. Et dire qu'on allait passer la matinée ensemble à vendre des chocolats... Finalement, être au chômage sert à quelque chose. Je pouvais passer plus de temps avec lui. Bien que mes finances commençaient à être dans le rouge... Il me fallait un boulot, et vite. Mais avant, je veux passer une journée de plus avec mon fils.
Arrivéeau passage entre mon quartier et le chemin de Traverse, je mis ma robe de sorcier sous le regard fasciné de mon fils qui adorait toujours me voir habillé ainsi. Je lui repris la main et on partit enfin dans notre monde. D'autres parents, comme moi, apportaient leur gosse à l'école, peu resteraient les accompagner pour la vente des chocolats. En chemin, on rencontra le meilleur ami de Gabriel. Immédiatement, mon fils me lâcha la main pour foncer sur le petit garçon qui avait aussi lâchéla main de sa mère pour réceptionner mon petit blond. Même Gidéon était habitué à la façon très spéciale de Gaby pour dire bonjour.
Les deux garçons se donnèrent la main et marchèrent devant nous en parlant avec excitation. La mère de Gidéon vint marcher à côté de moi. Elle était vraiment une belle femme, très douce, un peu la mère idéale que tousles enfant auraient aimer avoir. Elle participait, elle aussi, à la vente. Je me sentirai un peu moins seul maintenant. Je ne parlais pas aux autres mères, ni aux rares pères d'ailleurs. Mais c'est parce que je suis et je reste un sauvage asocial.
Arrivés à l'école, la maîtresse d'école de mon fils nous indiqua le chemin de la salle de réunion où nous devions aller avec nos enfants. Fier de lui, Gabriel me fit une visite rapide de sa salle de classe, et de son bureau. Il est très important de montrer le bureau. Le bureau était fondamental, sinon il écrirait par terre, ce qui ne le changerait pas de la maison de toute façon. Et que ça parle, et que ça parle... Gaby est un vrai moulin à paroles. Fichtre ! Comment on coupe le son, déjà ?
- Mais oui, mais oui... Tu as raison...
- Papa ! rouspéta mon fils devant mon ton condescendant, tu es méchant !
La maîtresse vint nous chercher avant que nous nous engagions dans une conversation père/fils complètement puérile et gênante en public. Dans la salle de réunion, Gabriel s'assit d'office sur mes genoux. Il regarda autour de lui et observa les parents de ses camarades de classe. A un moment donné, il se tourna vers moi et s'exclama avec un grand sourire :
- Tu as vu comment les autres papas, ils sont pas beaux à côté de toi !
Je collai ma main sur sa bouche pour le faire taire et soutins les regards noirs des fameux pères autour de moi. Merlin, que j'ai mal éduqué mon gosse... Dès qu'on rentre, je lui enseigne la discrétion. Pas besoin de faire entendre à tout le monde nos remarques, même si elles sont véridiques. Je lui chuchotai à l'oreille de se taire et fis un sourire d'excuse au morse qui servait de père à une pauvre petite fille. Bon, il est vrai que tout le monde ne peut pas être aussi beau que moi mais il ne faut pas les dénigrer. Après tout, ils ont réussi l'exploit de se reproduire...
Hou, que je suis méchant !
Hou, que je suis vilain !
Mais ça fait du bien !
- Bonjour à tous les parents présents, commença l'institutrice en haussant la voix face au brouhaha de la salle. Comme vous le savez, aujourd'hui est organisée une vente de chocolats pour financer une sortie scolaire. Et pour rendre la vente plus amusante, le gagnant aura un vélo tout neuf en guise de cadeau.
Au mot vélo, mon fils frétilla sur mes jambes comme un poisson hors de l'eau et me regarda par-dessus son épaule. Mais d'un regard méchant, qui pourrait être traduit par « Tu n'as pas intérêt à tout faire foirer ! ». C'est dans ces moments que je sens l'amour et le respect que mon fils me porte. La maîtresse nous appela par ordre alphabétique pour nous donner un stock de chocolats à vendre. Une femme avant moi sur la liste fit soupirer mon gamin qui se laissa retomber contre mon torse.
- Bah quoi, bébé ?
- C'est la maman de Maximilien.
- Tu es toujours pas réconcilié avec ce garçon ? C'est dommage, tu es d'ordinaire si social.
- C'est pas ça... même si je sais pas ce que ça veut dire. C'est juste qu'on va pas gagner.
- Bah, pourquoi ?
Gabriel soupira encore plus fort, comme si j'étais un crétin qui ne comprenait rien même si on lui expliquait six fois la même chose. Bon, j'aime mon gosse mais des fois, il pourrait arrêter d'être comme mon père ! On arrête le brassage des gènes et il ne garde que les miens... et bon un peu ceux de son autre père, juste histoire qu'on nous prenne pas pour des frères.
- Il a treize frères et sœurs... et il est tonton... tonton de grands ! Et moi j'ai que toi et tonton ! C'est trop nul !
Excuse-moi de ne pas avoir de frère, plus de parents et pas d'autres enfants ! En même temps, tu me diras, quand aurais-je pu les faire ? A dix-sept ans juste histoire de faire un record... Non mais attends, treize ? Treize gosses ? Mais comment c'est possible ? Cette femme est une machine en fait, ce n'est pas un être humain ! Non, parce que moi j'ai toujours pensé que sept était le grand maximum, celui qu'avait atteint les Weasley. Mais treize... c'est presque le double ! Et vu le tour de taille de l'usine à enfants, je pouvais un peu mieux me l'imaginer. C'est le genre de chose qui risque fort de me dégoûter d'avoir d'autres rapports sexuels dans ma vie.
- Ne t'en fais pas, j'ai un plan, lui chuchotai-je.
La maîtresse nous donna le top départ et les parents présents partirent avec leurs progénitures pendant qu'elle prenait en charge ceux dont les parents n'avaient pu être là. Gabriel me tenait la main si fort que je me disais que s'il avait plus de force, il me l'aurait cassée. Une fois dans la rue, les participants s'éparpillèrent chacun de leur côté. J'emportai mon enfant dans le centre ville où il y aurait sûrement plus de monde. Et là devant nous, la cible parfaite. Je m'agenouillai devant le gosse pour lui enseigner une leçon de vie.
- Écoute-moi bien, tu vois les deux vielles là-bas ?
Gabriel pencha sa tête sur le côté et observa les deux vielles dames qui étaient assises sur un banc en train de parler. Il hocha la tête et reporta son attention sur moi.
- Et bien, les veilles sont toujours plus sensibles au charme de l'enfance. Tu me leur fais ta bouille d'ange et tu leur vends les chocolats. Je compte sur toi ! Rends-moi fier.
Gabriel me sourit d'un air entendu. Je me relevai et nous avançâmes vers les vielles. Arrivés devant elles, je lâchai la main du petit qui avança encore de deux pas pour bien se mettre devant elles. Elles arrêtèrent de parler et le regardèrent attentivement.
- Bonjour, commença mon fils, les mains dans le dos, sa bouille la plus angélique possible. Je suis élève à l'école des Petits Mages. Nous organisons une vente de chocolats pour une sortie avec la classe. Ils ne coûtent que deux Mornilles, vous voulez bien m'en acheter ?
Il me jeta un petit regard par-dessus son épaule et je plissai des yeux.
- Ah oui, « s'il vous plaît ».
- Mais avec plaisir, mon cœur. Tu es trop mignon, s'exclama une des veilles en fouillant dans son sac. Je te prends une barre de chocolat.
- Merci beaucoup, Madame mamie.
- Madame mamie ?
- Oui, c'est parce que vous ressemblez beaucoup à ma mamie sur les photos.
- Sur les photos ?
- Euh oui, repris-je à sa place, ma mère est morte avant sa naissance, en fait. Il ne l'a jamais connu.
- Oh mon pauvre petit.
- J'imagine qu'elle devait être aussi jolie que vous, baratina mon gamin.
- Tu sais quoi ? Je vais te prendre trois barres de chocolats. Tu veux bien me faire un beau sourire ?
- Je vais prendre pareil, dit la deuxième.
Gabriel, qui avait baissé la tête, d'un air accablé, releva sa bouille et fit un sourire très triste. Mais quand la première vielle lui demanda un plus beau sourire, Gabriel ne se fit pas prier et lui montra ses petites quenottes. Les deux vielles poussèrent des « ooohhh » à l'unisson et en reprirent encore. En partant, Gabriel fit de grands signes de bras en disant bruyamment « Au revoir, Madame mamie » avant que nous tournions à l'angle d'une ruelle. Hors de vue des vielles, Gaby baissa la main et me fit un sourire de canaille. Je me plaçai devant lui, les bras croisés.
- Madame mamie ?
- Tu m'as dit d'être mignon.
- Tu es machiavélique.
- Si tu le dis. On cherche d'autres vielles ?
- Non mais quelle éducation !
- Là, c'est de ta faute. J'obéis seulement à mon papa ! Là ! Des vieux !
Gabriel montra du doigt un couple de vieux qui se promenaient en se tenant la main. Gabriel accourut pour aller les voir. Il leur sortit son petit discours en butant sur les mots, se concentrant à s'en faire plisser le front. Se qui fit absolument fondre la petite vielle qui fourra sa main dans les cheveux blonds de mon fils et acheta deux barres chocolatées. Finalement, la vente aux chocolats se transforma en une course effrénée pour trouver des vieux. Et même que Gabriel sortit le grand jeu devant des adolescentes en rougissant comme une pivoine ce qui fit craquer les jeunes filles. A la fin de la matinée, nous avions vendu près de trente chocolats et récolté donc soixante Mornilles.
Alors que Gabriel commençait à s'imaginer sur son vélo, roulant plus vite que les autres dans le parc, nous sommes tomber sur la femme-usine-à-enfants et son dernier marmot. Gabriel arrêta de parler pour ne rien dire et me prit la main pour aller vers le petit garçon et son extraterrestre de mère.
- Oh, bonjour monsieur Malfoy, me fit poliment la femme.
- Bonjour madame Laurenti.
- Salut Max !
- Salut Gaby, alors tu as bien vendu tes chocolats ?
- Ouais ! Et toi ?
- Oui. Maman, on a vendu combien, déjà ?
- Trente-neuf, mon chéri, répondit sa mère en lui souriant gentiment, entre les plis de graisse de son visage.
- Wahou... Et bien, nous, on en a vendu quarante-deux.
Le chiffre tiqua dans ma tête et je parvins à cesser de regarder le gros visage de cette femme qui me faisait face pour jeter un regard à mon gamin. A mon gamin menteur et vantard. Pour ne pas perdre la face sur le manque flagrant d'éducation et bonne conduite que j'avais oublié (de toute évidence) d'inculquer à mon fils, j'opinai de la tête.
- Quarante-deux ? s'étonna la femme. Bravo, tu es un vendeur né, mon petit. Si nous voulons une petite chance, nous devrions nous y mettre aussi! s'exclama-t-elle, en riant, comme si la petite compétition entre nos fils était amusante.
Elle devait être une mère très douce... ça donne envie. Je leur souhaitai bonne chance et pris mon fils à part. Je me mis à sa hauteur comme je le faisais toujours pour bien le regarder dans les yeux. Gabriel, pas bête, comprit qu'il avait fait une erreur. Il était bien trop orgueilleux pour son âge. Sale gosse ! Il me ressemble trop !
- Gabriel Severus Malfoy, vous avez honteusement menti !
- Mais papa !
- Il n'y a pas de « mais papa » qui tienne, tu as menti et tu me fais honte! Tu n'as pas pensé que les chocolats vendus seraient comptés, qu'elle verra que tu as menti et qu'il nous manque douze chocolats !
- Douze ? Autant ?
- Ben oui ! De trente pour aller à quarante-deux, il faut bien douze !
- Mais je sais pas moi ! Je viens juste d'apprendre à compter.
- Ce n'est pas une excuse. Bon... nous allons essayer de vendre encore les douze qui nous manque et si nous n'y arrivons pas, tu iras faire tes excuses à la dame. Et tu n'auras pas de vélo !
- Mais papa, je veux ce vélo !
- Il y a beaucoup de chose que je veux aussi. Mais malheureusement, il est temps que tu apprennes que la vie s'en fiche de ce que tu veux. Je t'achèterai un vélo quand j'aurai jugé que tu t'es assez fait pardonner. J'ai honte de toi ! Tu sais que je déteste les mensonges !
Je me relevai et pris sa main. Le petit baissa la tête et fit la moue. Il était vexé et déçu. Il tournait la tête dès que je voulais lui montrer des éventuels acheteur. Mais personne n'achèterait du chocolat à un sale gosse. Mais il faut bien lui apprendre des choses quand même, faire preuve d'un peu d'autorité.
- Draco ?
Tiens ? Mon cœur s'arrêta soudainement alors que mon fils leva la tête avant de sourire de toutes ses dents. Potter était devant nous. Gabriel lâcha ma main pour foncer dans ses bras tendus. Il le prit dans ses bras et le serra bien fort contre lui, respirant son odeur de bébé, frottant son dos avec sa grande main. Je pris une grande inspiration. Merlin qu'il me faisait de l'effet avec notre enfant dans les bras.
- Que faites-vous ici ? me demanda-t-il.
- On vend des chocolats pour l'école, répondis-je en essayant de me maîtriser.
- Oui, c'est pour une sortie avec ma classe ! J'en ai vendu... continua le petit mais il s'arrêta, ayant sûrement oublié le chiffre.
- Trente.
- Ah oui, trente. J'avais oublié. Mais j'ai fait une bêtise et papa est en colère contre moi.
- Tu as fait quoi ?
- J'ai menti en disant que j'avais déjà vendu quarante-deux chocolats. Il nous en manque douze pour me rattraper. Tu veux bien en prendre ?
- Tu perds pas le nord toi, répliqua Potter, en faisant la moue.
- Bon, allez, aboule le fric ! m'exclamai-je. On a que jusqu'à midi pour réparer la bêtise de Gabriel. Tu as de l'argent sur toi ? C'est seulement deux Mornilles.
- C'est si gentiment demandé !
Il posa mon fils à terre et fouilla dans ses poches pour sortir deux Gallions. Je n'en avais pas vu depuis tellement d'années que ça me paraissait étrange. Il continua à fouiller et se rendit compte qu'il n'avait que ces deux Gallions dans ses affaires. Trop pour douze malheureux chocolats. Finalement, il pris mon sac contenant dix-sept chocolats et me donna les pièces. Je pense qu'avec ça nous avons gagné la compétition. Bon, je trouverai toujours un moyen de punir Gabriel pour avoir menti. Potter resta en face de moi, me dévorant des yeux, me rendant fébrile. J'avais envie de me mordre les lèvres sous l'effet de son regard. Je m'éclaircis la gorge.
- Bon et bien, nous devons y aller. Tu nous a acheté tous nos chocolats.
- Je peux toujours venir dimanche prochain ?
- Bien sûr. Tu sais, Gabriel t'aime beaucoup. Il a hâte que tu viennes nous voir.
- J'en suis heureux.
- A dimanche prochain, alors.
- Bye.
Il prit son fils dans ses bras pour lui dire au revoir, sincèrement désireux de le garder contre son cœur. Gabriel lui donna un bisou sonore avant de descendre par terre et de me donner la main. Nous sommes partis, le regard de Potter planté sur nos nuques. Je sentais presque l'envie de cet homme de venir avec nous. Et j'en mourrais d'envie également.
oO-Oo
En marchant dans la rue, main dans la main avec mon fils, nous avons regardé les magasins autour de nous. La vente se finissait dans une heure et nous avions jamais vraiment fait de promenade dans le monde sorcier. Bien qu'il me semblait toujours étrange de voir ce monde si précieux pour moi devenir si étranger. Il y avait des gamins de dix ans dans les rues, habillés comme de parfaits Moldus, qui roulaient sur des skates. Ils bousculaient des passants qui rouspétaient devant de si jeunes enfants. Un homme de trente ans me dépassa avec un téléphone portable dernier cris collé à son oreille. Jamais je ne pourrai m'y habituer.
Mon monde était en train de perdre son charme. Le charme qui avait de mon enfance un souvenir féérique, où on montait encore en calèche pour se promener en ville. Où les femmes portaient de grands chapeaux pour faire élégant. De la fenêtre d'un des appartements du quartier s'élevait le son d'une chaine-Hifi. Une chanson Moldue. Avant, pour encore moins que ça, nous avions le Ministère au cul pour détournement de l'artisanat Moldu. Les temps on bien changé... Et moi avec.
Tiens, j'y pense, c'est bien dans le coin qu'il y a la boutique des jumeaux Weasley, non ? J'avais promis à Fred que je viendrai le voir si je passais dans le coin, et en effet je passais dans le coin. Gabriel tira sur ma main pour qu'on continue d'avancer et finalement je me décidai. Il adorera cet endroit. Je lui souris et l'emportai avec moi. Plus nous nous approchions du magasin des jumeaux, plus la rumeur des conversations se faisait forte. Le grand magasin se dressait sur une petite bute, ce qui le rendait bien visible. Elle possédait une façade des plus incroyables et des plus colorées qu'il m'ait été donné de voir. Autour du magasin, attirés par le succès de cette entreprise, des cafés et des restaurants s'étaient développés. Qui aurait pu croire que les enfants terribles des Weasley seraient un vecteur à l'expansion de l'activité de la ville ?
Les yeux de Gabriel brillaient même s'il me tenait encore plus fort la main. On avança. En poussant la porte, je me pris une araignée en plastique sur les cheveux ce qui me fit hurler de peur. Ce qui, comme un effet domino, fit hurler mon gosse dont j'avais lâché la main. Il n'y avait pas trop d'enfants pendant cette période scolaire. Seulement de 'grands enfants'. Je repris une respiration normale, donnais un coup de pied dans la chose immonde et repris la main de mon fils. Les adultes essayaient de ne pas rire mais je sentais bien que dès que je serais hors de leur vue...
-Oulah, ça c'était un hurlement ! s'exclama une voix bien connue qui sortit d'une pièce annexe.
Cette voix était celle de Fred qui montra sa tête rousse. Quand il me reconnut, son visage se fendit d'un grand sourire joyeux. Il était toujours bon de se sentir un peu apprécié quelque part. Il se précipita vers moi pour me faire une accolade. Je lâchai la main de Gaby pour la lui rendre du mieux que je pouvais. Je n'étais pas doué pour les démonstrations d'affections.
- Je n'arrive pas à croire que le grand Draco Malfoy soit dans mon humble entreprise ! Et voilà donc le petit monstre que tu as mis au monde ! Salut !, s'exclama-t-il en se penchant vers Gabriel qui se cacha derrière mes jambes. Tu n'as pas à avoir peur, j'ai arrêté de manger les petits monstres depuis longtemps maintenant.
- Je ne suis pas un petit monstre, répliqua courageusement mon fils, je suis un petit garçon.
- Hum... la différence est très mince mais tu as raison, tu es un petit garçon ! Dis-moi, tu veux voir quelque chose de super génial ?
Gabriel sortit son petit nez pointu de derrière ma cuisse pour observer Fred. Il était méfiant de nature. Habitude qu'il avait développé à mon contact. Après s'être mordillé la lèvre, il sortit de sa cachette en me demandant l'autorisation du regard. Je lui souris et le poussai doucement dans le dos. Fred lui prit la main d'office et l'emporta avec lui. Je les suivis car je savais que Gabriel n'aimait pas être sans moi dans un lieu inconnu. On partit dans l'arrière boutique, plus précisément dans l'atelier des jumeaux. Il y avait toute sorte de maquettes de projets et de jouets un peu partout. Un vrai paradis pour les enfants.
Fred souleva mon fils pour le poser sur la table de travail et lui donna une sorte de balle avec des petits trous dedans. Comme une passoire sphérique. Gabriel l'observa avec beaucoup d'attention et finalement, il dû toucher un bouton quelconque car des sortes de petites lumières bleues sortirent par les trous et entourèrent mon petit qui regardait émerveillé les petites lumières jouer autour de lui. Il essaya de les toucher et une lumière se posa sur sa main, gentiment. Gabriel sourit de toutes ses dents, complètement conquis.
- C'est une boîte à lucioles, m'expliqua Fred qui observait aussi Gabriel s'émerveiller. Je viens de l'inventer, je trouvais l'idée mignonne.
- C'est trop chou, lui répondis-je, sous le charme.
- Content que ça te plaise. Je suis dans ma période romantique. Je suis content que tu sois venu.
- J'ai pas eu le temps avant. Mais je suis content d'être venu. Où est Georges ?
- Il doit bientôt revenir de sa pause déjeuner. Viens on retourne dans la boutique. Tu viens, petit garçon ?
Gabriel sautilla sur sa table pour qu'on le fasse descendre. Je le pris et le posai par terre, il continuait à regarder les petites lumières danser autour de lui, la bouche ouverte. Il était adorable comme ça. Fred aussi regardait ce spectacle avec beaucoup de tendresse. Il passa derrière son comptoir pendant que je posais mon gosse dessus alors qu'il s'amusait à changer les couleurs de ses lumières.
- Alors que deviens-tu ? Un petit ami dans ta vie ? demanda-t-il.
- Hum... non, je n'ai personne dans ma vie pour le moment. Je me consacre à mon enfant. Et toi ?
- Je suis célibataire depuis peu. Je me suis fait larguer comme une chaussette mais ce n'est pas bien grave, je n'en étais pas amoureux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me suis faire jeter. Ce n'est pas bien de sortir avec une personne qu'on aime pas.
- Je le pense aussi.
- En tout cas, il est vraiment très bien réussi ton fils. Adorable.
- Il va en briser des cœurs plus tard.
- Et pas qu'un peu ! Avec d'aussi jolis yeux. Les mêmes que Harry.
- Ça te gênerait de parler un peu moins fort ? Il ne sait pas... chuchotai-je, en me penchant vers lui.
- Oh, pardon.
- Cette situation ne te gène pas ? Je veux dire, par rapport à ta sœur ?
- Ginny fait sa vie, je fais la mienne. J'en veux un peu à Harry comme un peu beaucoup de monde dans ma famille mais c'était avant leur mariage. Et Gaby n'est en rien fautif. Toi non plus d'ailleurs. Donc non, Harry reste mon grand copain ! Tant qu'il ne fait pas pleurer ma sœur. Ce qui risque d'arriver...
- Pourquoi tu dis ça ?
- Une intuition ! Ah, Georges arrive !
Je me retournai pour voir qu'en effet, quelqu'un arrivait par la porte d'entrée. Il tint la porte pour laisser passer une jeune fille à la peau noire et au cheveux ondulés. J'avais déjà vu ce visage quelque part mais impossible de m'en souvenir. Je restais donc là où j'étais, attendant de voir le visage du frère jumeau de Fred. En tout point pareil, sauf l'oreille qu'il avait en moins. Il sursauta quand il me vit et me fit le même sourire que son frère avant de se jeter sur moi sous le rire de la jeune femme. Je butai contre le comptoir quand je me pris le jeune homme dans le buste, me faisant mal. Je gémis et repoussai le jeune homme, ce qui le fit rire. M'embêter avait toujours été leur jeu préféré.
- Merlin ! Tu es devenu un joli morceau de viande, toi ! s'exclama Georges.
- C'est ce que je pensais ! répliqua son frère.
- Vous êtes pas croyables vous deux ! fit la jeune femme. Et on me présente pas ?
- Mais bien sûr. Draco, voici ma fiancée, Angelina, présenta Gorges, en faisant une révérence ratée.
- Tu es fiancé ?
- Oui, même moi ça m'étonne mais cette charmante jeune femme à bien voulu se passer la corde au cou avec moi ! Il faut donc que je la garde, sinon je ne l'aurai plus !
- Mais tu n'as pas peur avec cette chose ? demandai-je à la jeune femme.
- Un bon coup de matraque et il redevient normal, répliqua Angelina qui se fit huer par son fiancé qui avait posé une main sur son cœur. Et comme il a oublié de te présenter, quel est ton nom ?
- Mais tu le connais ! C'est Draco Malfoy !
- Malfoy ? Ouah, quel choc, tu as tellement changé. Je ne pense pas que tu te souviennes de moi mais je jouais dans l'équipe de Gryffondor. J'ai même été Capitaine, mais tu n'étais déjà plus là.
- Oui, ton visage me disais quelque chose. Tu était poursuiveuse ?
- Et oui. Les Attrapeurs n'ont pas l'habitude de regarder autre chose que le Vif d'Or et leur adversaire.
- En effet. Et voici mon fils, Gabriel.
- Trop mignon ! J'en veux un pareil !
- Pour les cheveux blonds, ça risque d'être problématique... marmonna Georges. Mais avec un peu de teinture...!
- Sauvage ! répliqua sa future femme.
Ils continuèrent à se chamailler avec bonne humeur. Cette jeune femme était manifestement parfaite pour Georges. Fred fit le tour du comptoir et s'y accouda à côté de moi. Il me donna une chocogrenouille, chose que je n'avais pas mangé depuis des années. Je le remercie, la pris mais je préférai la donner à mon fils qui me fit un grand sourire. Et le sourire de mon morpion est vraiment le plus important.
- Dis moi, tu es libre un de ces soirs ? me demanda Fred, alors qu'Angelina s'attaquait aux cheveux de son homme. Je t'invite à dîner.
- Oh, et bien... pourquoi pas.
- Cool ! Tu me donnes ton numéro ? A moins que tu préfères les hiboux ?
- Non le téléphone est préférable. Les hiboux sont assez rares dans un quartier moldu.
- Très bien. Pour le moment je ne peux pas, on lance de nouveaux produits sur le marché et ça nous prend tout notre temps mais quand ça sera fini, je t'appelle et on fixe un rendez-vous ?
- Avec plaisir.
Et en disant ça, je réalisai en même temps que dans peu de temps j'aurai enfin un rendez-vous galant. Le premier en presque six ans ! Il faut que j'appelle Théo ! Il faut que je trouve quoi me mettre ! Il me faut de nouveau sous-vêtements ! Merde, il faut que j'aille chez le coiffeur ! Et une baby-sitter ! Potter fera l'affaire ! Un rendez-vous ! Et dans ma tête, je faisais une danse de la victoire...
A suivre...
A la prochaine! byebye :)
