Chapitre XXVI : Eau et bière

Les jours passèrent dans une certaine monotonie. Poudlard avait retrouvé ses habitudes, les cours s'enchaînaient sans trop de problème, un certain train-train quotidien régnait dans le collège. Si les événements tragiques des dernières semaines avaient semé le trouble dans les esprits des sorciers et des élèves, tout redevenait à peu près normal, avec quelques douleurs en plus.

Un matin brumeux, une grande chouette des neiges, aussi blanche qu'Hedwige vint se poser sur le rebord de la fenêtre du bureau de la directrice. McGonagall eut l'air surprise de voir cet animal : elle n'attendait de réponse si vite. Elle fit entrer la chouette et prit la lettre attachée à sa patte. Vraisemblablement, l'oiseau attendait une réponse puisqu'il restait immobile sur le dossier d'un fauteuil, patientant pendant que Minerva déchiffrait avec fébrilité l'écriture serrée et arrondie. Un grand sourire finit par éclairer son visage. Tout en rédigeant avec célérité une réponse, elle poussa un grand soupir de soulagement. Tout semblait enfin s'arranger pour elle ces derniers jours. Elle plia rapidement le morceau de parchemin, appela doucement la chouette, lui attacha la missive à sa patte et l'oiseau s'envola bientôt pour d'autres cieux.

Satisfaite de la tournure des événements, elle s'adossa dans le large fauteuil et ferma un instant les yeux. Puis elle fit apparaître un bol de thé énorme et se plongea de nouveau dans une douce rêverie tandis que les volutes de fumée dansaient au-dessus du liquide odorant.

Quelques heures plus tard, McGonagall avait convoqué tous les professeurs. Une fois que tous se furent installés, elle prit la parole.

Comme vous le savez, j'ai dû reprendre la suite de notre regretté Albus. Cependant, les affaires du directeur étaient si nombreuses qu'il m'était difficile de tout assumer toute seule : la direction de l'école, les cours de métamorphoses et tout le reste. J'ai donc la joie de vous annoncer que j'ai trouvé un sorcier qui accepte de me remplacer au poste de professeur de métamorphose. Votre nouveau collègue arrivera demain ou dans quelques jours. J'espère que vous lui ferez bon accueil et que vous l'aiderez à trouver ses marques dans cet endroit qu'il ne connaît pas.

Hagrid prit la parole.

Pouvons-nous savoir de qui il s'agit, demanda-t-il. Le connaissons-nous ?

Minerva fit un grand sourire.

Je ne pense pas que vous le connaissiez, il n'est pas anglais, mais originaire d'Allemagne. Il se nomme Sigmund Kafka Würstkleiner.

Un murmure parcourut l'assemblée professorale, leur nouveau collègue leur était inconnu. Chacun était un peu curieux et avait hâte de le rencontrer. Seul Hagrid eut un grand sourire ; il semblait avoir déjà rencontré ce nouveau professeur.

Quelques questions, pourtant, fusèrent dans la salle, certains se demandant comment Minerva l'avait connu et quelles étaient ses compétences. La directrice s'empressa de les rassurer, le professeur Würstkleiner était un sorcier très compétent et doué, il était sorti premier de sa promotion dans le collège bavarois où il avait étudié. Il avait ensuite réalisé plusieurs études sur certains sortilèges métamorphoses d'objets en différents liquides. C'était, de plus, un ami à Dumbledore. La directrice avait déjà eu l'occasion de le rencontrer à quelques reprises, en compagnie d'Albus.

Ce fut le surlendemain qu'une nouvelle tête fit son entrée à Poudlard. Minerva avait été chercher le nouveau professeur à Pré-Au-Lard. Elle lui montra et lui fit visiter Poudlard avant de le présenter aux autres professeurs et aux élèves, pendant le repas du soir. Comme à son habitude, la Grande Salle était bondée et bruyante. Le plafond magique était parcouru par de gros nuages gris qui filaient avec allure, mais la grisaille était chassée par la multitude de bougies qui flottaient dans l'air. À la surprise des élèves, le repas ne fut pas servi immédiatement et un murmure enfla tel une énorme lame qui s'apprête à tout inonder. McGonagall réclama le silence qui régna aussitôt à toutes les tables.

Je tenais à vous informer que, désormais, je n'assumerai plus les cours de métamorphoses, commença Minerva.

Un grand brouhaha rugit soudain dans la salle. La directrice dut attendre quelques instants que le calme revienne pour qu'elle puisse continuer.

Le poste de directrice me demandant trop de temps, poursuivit-elle, j'ai décidé de m'y consacrer entièrement. Mais n'ayez crainte, j'ai toute confiance en mon remplaçant. Je vous demande donc d'accueillir votre nouveau professeur de métamorphose : Sigmund Kafka Würstkleiner.

Un homme d'une quarantaine d'années fit son entrée dans la salle. Il était assez grand, avait de longs cheveux blonds et une barbe très fournie et emmêlée. Son visage était rond et rubicond, les joues bouffies, un nez rouge pareil à une truffe. Ses yeux étaient bleus comme l'eau d'un glacier ; il portait un monocle à l'œil gauche. Ce qui étonna les élèves fut l'accoutrement de leur nouveau professeur : il ne portait pas de robe de sorcier, mais un bermuda en toile kaki. De longues chaussettes en laine grise lui montaient jusqu'aux genoux, tandis qu'il avait chaussé d'étranges sandalettes. Il avait une chemise blanche qui avait connu des jours meilleurs, elle cachait avec difficulté un ventre un peu trop proéminent ; une paire de bretelles vertes était à moitié dissimulée par un veston en laine vert tendre. Sa tête était affublée d'un étrange chapeau en feutre, lui aussi vert, qu'il avait orné de quelques plumes de faisan. Le professeur Würstkleiner fit un petit signe de la main à l'adresse des élèves et prit place à côté d'Hagrid. Les deux hommes se lancèrent dans une longue discussion.

À la table des Gryffondor, Harry se tourna vers Hermione.

- Tu savais que McGonagall allait arrêter d'enseigner la métamorphose ?

- Pas vraiment, lorsque nous avions parlé de mon sujet d'étude, elle avait émis l'hypothèse qu'elle puisse arrêter de donner des cours, mais quoiqu'il se passe, elle s'occuperait toujours mes recherches.

Harry et Hermione se turent et observèrent le nouveau professeur dont le visage avait pris une couleur rouge encore plus prononcée.

J'espère qu'il sera bien, lança Harry.

Oui, approuva Hermione. De toute façon, on verra bien, demain après-midi, nous avons approfondissement en métamorphoses …

Pour une fois, les Sixièmes Années étaient pressés d'avoir cours de métamorphose, chacun se demandait ce que donnerait ce nouveau professeur. Le couloir, devant la salle de cours, bruissait de murmures et une certaine fébrilité flottait dans l'air. La porte de la salle s'ouvrit, le visage rouge du nouveau professeur apparut, il fit signe aux élèves de rentrer et de prendre place. Les élèves posèrent devant eux leur baguette en attendant de voir ce qui allait se passer. Sur le bureau du professeur Würstkleiner étaient disposés de nombreux verres, certains pleins, d'autres vides. Le sorcier vint s'installer face aux élèves, il tripotait un peu nerveusement ses bretelles. Il regarda la salle attentive d'un regard franc, sourit puis prononça un peu discours.

Ach so, che vois que tout le monde est là. Gut, gut ! Nous zallons poufoir kommenzer ! Avant tout, che me prézente, che zuis le professeur Zigmund Kafka Würstkleiner. Che zuis z' allemand, komme vous poufez vous z'en douter. Che viens de Bavière où che travaillais zur différentes formules de métamorphoze. Ch'ezpère que cette année se pazzera bien. Avant de kommencer, che fais faire l'appel, che fvous demanderez zimplement de répondre prézent !

L'accent de professeur en fit sourire plus d'un, mais quelque chose dans les yeux glacés de l'Allemand empêchèrent les élèves de s'en moquer ouvertement.

Le sorcier au ventre rebondi appela les élèves uns par uns, sans faire aucune remarque lorsque le nom d'Harry fut lancé. Une fois l'appel terminé, il se leva et fit apparaître au centre de la pièce une petite table. Il vint y poser une grosse chope remplie d'eau claire ;

Pour ze premier kours, che fais zeulement voir ze ce que fvous zavez déjà faire. Fvotre direktrice m'a informé des kours qu'elle fvous z'aviez donné, mais che préfère voir par moi-même. Che fais fvous montrer en quoi fa konsisté fvotre exercice et ensuite fvous pazzerez un par un pour que che puizze fvous z'évaluer !

Le professeur Würstkleiner tapota de sa baguette la chope et murmura une incantation :

Bibinetranslatio

Aussitôt le liquide se transforma en une grosse bière bien mousseuse. Pour le plus grand étonnement des élèves, le professeur l'avala en une grosse gorgée, s'essuya du revers de la main la mousse qui était restée prisonnière de sa moustache et adressa un grand sourire aux jeunes sorciers quelque peu médusés.

Gut, gut, sehr gut ! Zette bière est fraiment très bonne ! Maintenant z'est à fvous de passer z'à la pratik. Kelk'un veut ze lancer ?

Comme à son habitude, Hermione leva le doigt à toute vitesse. Le professeur l'invita à venir la rejoindre.

Ja, Fraülein ! Z'est à fvous !

Hermione, toute rougissante, tapota sur le verre d'eau qui venait d'apparaître tout en lançant la formule magique. Il y eut un petit éclair éblouissant et l'eau se transforma en bière. Les yeux du professeur s'éclairèrent un peu plus, il tendit la main, se saisit du verre et avala son contenu d'un trait. L'air content, il remercia et félicita Hermione.

Sehr gut, Fraülein ! Z'est excellent, fvotre bière était sehr délicieuse ! Che crois que z'est de la Sturmbier, un délizieux breufache ! Fvous faites gagner cinq points à fvotre maison.

Les élèves passèrent tous chacun leur tour et la plupart furent chaleureusement félicités pour avoir transformé de l'eau en bière « abzolument fabuleuze » ; de nombreux points furent ainsi facilement gagné par les Maisons. Le cours s'acheva rapidement avec un gros devoir à faire pour la semaine prochaine. Les élèves devaient essayer de trouver et de créer une formule qui transforme un verre d'eau en trois litres de bière. Ils furent étonnés d'un tel devoir, mais le professeur leur paraissait si sympathique et extravagant qu'ils s'y prêtèrent de bonne grâce.

Harry et Hermione profitèrent de la fin du cours pour essayer de discuter avec Ron ; Hermione pensait que ce saugrenu professeur pourrait être le moyen de parler un peu avec leur ami. Mais Ron, même s'il ne repoussa pas Hermione, ne lui marmonna que quelques grognements en guise de réponse. Il ne regarda pas une seule fois Harry qui finit par abandonner, vexé.

Le gryffondor laissa donc Hermione et Ron en tête à tête et erra dans les couloirs. Il décida de prendre l'air. Le temps était froid et sec et il se dit que marcher un peu dans le parc pourrait lui changer les idées. Il se dirigea donc vers la porte quand il entendit un sifflement. Il se retourna et tomba nez à nez avec un énorme et vieux serpent. Les petits yeux verts du reptile fixèrent Harry pendant un instant qui lui parut interminable. Le serpent, au bout d'un moment, se redressa tel un cobra et siffla à l'encontre du sorcier.

C'est toi le jeune Potter, je présume …

Interloqué, Harry resta silencieux quelques secondes, puis, s'assurant que personne ne pouvait ni le voir ni l'entendre, il répondit à la bestiole en produisant d'étranges sifflements – même si beaucoup d'élèves savaient que Harry était Fourchelang, à cause de Lord Voldemort, il répugnait à parler le serpent.

Oui, c'est moi … Que veux-tu ? Et que fais-tu par ici ?

C'est tout ce que je voulais savoir, répondit le serpent avant de s'éloigner dans un furtif frottement.

Harry abandonna l'idée de le poursuivre ; si quelqu'un le surprenait à courir après un serpent, il risquait encore des histoires. Il continua donc sa route et arriva dehors.

Le parc était désert. Dans le ciel, de gros nuages s'entassaient au-dessus du lac. L'herbe était bien gelée, même si quelques rayons dorés du soleil perçaient les nuées grises, l'automne était bien avancé, l'hiver semblait prêt à bondir de derrière les montagnes déjà enneigées. Dans une semaine, ce serait Halloween ; les plus jeunes élèves étaient impatients de voir la Grande Salle décorée, ils avaient hâte de découvrir les tables chargées de mets pour le banquet. Harry, lui, n'en avait que faire. En repensant aux années précédentes, il se rendit compte que cette fête n'avait pas été si réussie que ça pour lui : lors de sa Première Année, un troll avait été emmené dans Poudlard et Harry, Hermione et Ron s'étaient battus contre lui, l'année suivante, ils l'avaient passée dans les cachots à fêter les cinq cents ans de la mort de Nick Quasi Sans Tête. La fête s'était mal terminée : en regagnant leur dortoir, Harry avait découvert Miss Teigne pétrifiée alors que la Chambre des Secrets venait juste d'avoir été rouverte. L'année d'après, la Grosse Dame qui gardait la salle commune des Gryffondor avait été attaquée : tout le monde vivait dans la peur de Sirius Black, à cette époque.

Harry secoua la tête, il refusait de penser à son parrain. Son parrain était mort en juin dernier par sa faute … Harry sentit soudain le poids de la culpabilité peser de nouveau sur ses épaules. Depuis qu'il était revenu à Poudlard, il avait un peu oublié cette douleur qui engourdissait son cœur, mais en cet instant, elle revint plus forte et plus douloureuse. Songeant dans le même temps à la mort de Molly Weasley, Harry ne put s'empêcher de penser qu'elle aussi avait été tuée de sa faute : après tout, pourquoi les Mangemorts avaient-ils attaqué King Cross, ce jour-là, le jour de la rentrée. Lord Voldemort devait être certain qu'il serait à la gare puisqu'il devait prendre le Poudlard Express pour gagner le collège. Mais ce que le jeune sorcier ne pouvait s'expliquer c'était pourquoi les Mangemorts avaient-ils attendu que le train se soit éloigné de la gare pour attaquer ? Si Harry avait été l'objectif principal, pourquoi ne pas attaquer avant le départ du train ? À moins qu'il n'ait pas été la cible … dans ce cas, qui avait été visé ? Les membres de l'Ordre qui escortait Harry ? Pour lui, cela ne changeait rien, il se sentait responsable de la mort de tous ces gens, sorciers et moldus. Le gryffondor était là, immobile face au lac, ne sentant pas la morsure glacée du vent. Il ne vit pas non plus l'immense montagne humaine qui s'avançait vers lui dans son dos. Il sursauta quand la grosse main d'Hagrid se posa sur son épaule.

Harry, s'exclama le géant. Que fais-tu ici par un froid pareil ? Viens donc dans ma cabane, cela fait longtemps que je ne t'ai vu …

Harry acquiesça et le suivit en silence. Il fut accueilli par Crockdur, le molosse d'Hagrid qui gratifia son maître et son invité de gros coups de langue bien baveux. Hagrid prépara du thé et pendant que l'eau chauffait, il sortit une boîte de ses légendaires gâteaux.

Tu sembles préoccupé, Harry. Quelque chose ne va pas ?

Je réfléchissais, Hagrid, je pensais aussi au passé …

Ce n'est pas très bon, Harry, de ressasser de mauvais souvenirs.

De mauvais souvenirs, mais comment …

Il suffit de t'observer, Harry, ce à quoi tu penses ne semble pas très réjouissant … J'ai raison, n'est-ce pas ?

Mais …

Laisse-moi deviner … Tu étais encore en train de penser à Sirius ?

Oui, répondit Harry dans un murmure.

Y penser jour et nuit ne le fera pas revenir, Harry. Il ne te sert à rien non plus de te sentir coupable de sa mort. Tu n'y es pour rien !

Mais c'est de ma faute ! Tout est de ma faute ! Si je n'avais pas été aussi bête pour tomber dans le piège, jamais Sirius ne serait venu à ma rescousse et il ne serait pas mort !

Allons, allons. Tu n'y es pour rien. Tout ceci n'est qu'un enchaînement malheureux de circonstances. Harry, ça ne te sert à rien de ressasser tout ça. Crois-tu vraiment que Sirius aurait aimé te voir comme ça, te morfondre et te lamenter ?

Non, reconnut le jeune garçon.

Hagrid se leva retirer la bouilloire du feu et servit le thé. Pendant un moment, personne ne parla ; chacun sirotait sa tasse de thé en silence. Seul Crockdur émettait de petits gémissements, réclamant quelques caresses de son maître. Voyant qu'Hagrid ne réagissait pas, il se tourna vers Harry qui lui tapota machinalement la tête. Le molosse grogna de plaisir. Soudain l'énorme chien noir se releva d'un bond et s'avança vers la porte en aboyant. Au même moment, quelques coups furent frappés. Hagrid alla ouvrir ; il ne fut guère étonné en voyant son visiteur, à l'inverse d'Harry. Sur le pas de la porte se tenait le professeur Würstkleiner.

Hagrid ! Guten Tag ! Che zuis zi kontent de te refoir ! tonna l'allemand.

Puis apercevant Harry, il ajouta :

Ach, che fois que tu as de la vizite ! Che fais te laizzer alors !

Non, Sigmund ! Viens, entre ! Laisse-moi te présenter Harry. Harry Potter !

J'ai déjà eu cours avec le professeur, répondit Harry d'une voix douce.

Ja, che me rappelle de fvous, Herr Potter : fvotre bière était excellente ! Une grosse chope de Kholbier. Sehr gut !

Le professeur de métamorphose éclata de rire, tandis qu'il s'asseyait près de la cheminée. Hagrid voulut lui servir une tasse de thé, mais il refusa, fit apparaître une énorme chope de bière.

Foyons ! Hagrid ! Tu zais bien que che ne bois que de la bière ! Zurtout pas de thé, komme fvous les z'anglais !

Tout en disant cela, il tapotait son ventre rebondi en riant.

Harry ne voulut pas déranger les deux hommes qui, visiblement, se connaissaient bien, il prétexta une montagne de devoirs, ce qui n'était pas faux et prit congé d'Hagrid et de son visiteur. Crockdur le gratifia d'un dernier coup de langue et Harry retrouva la froideur du soir. La nuit tombait sur Poudlard qui s'éclairait peu à peu. Il se dépêcha bien vite de regagner la chaleur de sa Salle Commune bruissante de murmures d'élèves qui discutaient ou travaillaient. Ni Hermione, ni Ron n'étaient là. Harry s'assied près d'une fenêtre et regarda dehors. Neville vint peu après le rejoindre, sans bruit, le garçon un peu pataud s'installa en face d'Harry et lui aussi regarda la nuit prendre possession des cieux et du parc glacé.