Courage! vous aimerez la suite, promis!


Chapitre 26

POV Bella

Je hurlai et je n'arrivai pas à m'arrêter. J'avais l'impression qu'on venait de m'arracher le cœur. Je voulais courir au milieu de ce brasier et mourir avec lui. Je ne voulais pas d'une vie sans lui.

Les bras d'Emmett me tenaient fermement et je n'avais d'autres choix que de rester, appuyée contre lui dans la prison de ses bras de marbre. Les larmes ruisselaient sur mes joues en un flot intarissable. Une part de moi refusait de croire à sa mort, ne voulait pas affronter la réalité. Nous étions à peine fiancés, moins de 24 heures, que déjà, tout s'effondrait et il n'y avait plus un seul espoir pour nous, pour lui, pour moi. Le grand corps était secoué de sanglots contre moi et je sentais bien que ma peine lui faisait encore plus de mal que ce qu'il ressentait déjà, mais je ne pouvais m'empêcher de hurler contre ce coup du sort. Ma vie n'avait plus aucun sens à présent, je voulais rejoindre Edward dans la mort.

Quand Alice avait eu sa vision dans la voiture, j'avais aussitôt senti que quelque chose n'allait pas mais aucune certitude puisqu'Alice ne voyait que du flou et du brouillard. Ce sentiment s'était intensifié et quand Carlisle nous avait appelées, j'avais commencé à avoir peur pour Edward. Quand nous sommes arrivées et qu'Edward et Emmett étaient toujours absents, Carlisle avait décidé de partir les chercher. Comme il était hors de question que je reste seule, Esmée m'avait pris sur son dos et nous avions foncé à travers bois. Aussitôt j'avais abaissé mes barrières mentales, sachant qu'Edward me préviendrait dès qu'il entendrait mes pensées. Cela n'avait pas tardé pour mon plus grand malheur. Son message était un adieu déchirant. Bella, mon amour ! Je t'aime, mais je suis condamné à mourir et nous serons à jamais séparés. Prend soin de toi, ma Bella. Sois heureuse ! Je t'attendrais quand le temps sera venu ! Et il avait aussitôt repris possession de ses pensées. Son message était plein d'amour et de détresse. Mais j'avais senti sa concentration et sa volonté de se battre jusqu'au bout et aussi la douleur de la première morsure. C'était pour cette raison qu'il avait interrompu notre contact. Il ne voulait pas que j'assiste à son massacre. Pourtant, c'était tout comme et quand nous fûmes arrivés sur les lieux de cette tragédie, il ne restait plus que cet immense brasier et Emmett qui sanglotait.

J'entendis quelqu'un s'approcher derrière nous et la voix de Carlisle, tremblante, rompit le silence :

« Il ne faut pas rester ici ! Venez ! »

Les autres gémissaient derrière nous. Je sentis les bras de Carlisle passaient autour de moi mais quand il voulut me soulever, Emmett me serra un peu plus fort. J'avais les yeux fermés et gémissais doucement. Lui avait réussi à s'arrêter de pleurer mais sa voix tremblait aussi fort que celle de Carlisle.

« Non ! J'ai promis à Edward de veiller sur elle. Je ne la lâcherais pas. »

Carlisle me lâcha :

« Alors viens, Emmett. Il faut la ramener ! »

Je rouvris les yeux pendant qu'Emmett se relevait doucement mais ne vis que du flou. Ma tête tambourinait et j'avais l'impression que ma poitrine était ouverte en deux. Je laissai le noir envahir mon esprit et sombrai dans l'inconscience.


POV Jasper

Toute cette souffrance me submergeait. Elle émanait de tous les coins de la maison. Celle d'Alice et de Bella était la pire. En plus de souffrir le martyr, Alice s'en voulait de ne pas avoir vu, de ne pas avoir prévu cette monstruosité. Elle se sentait tellement coupable que je commençai moi aussi à m'en vouloir de ne pas être allé chasser avec eux. A trois, nous aurions pu faire quelque chose. C'était faux évident mais je ne pensais faire autrement que de penser cela.

Quant à Bella, même inconsciente, la souffrance émanait d'elle de partout.

Nous étions rentrés à toute vitesse à la maison, sans dire un mot. Rosalie était allée se réfugier dans sa chambre et avait cassé tout ce qui lui était tombé sous la main en sanglotant. Esmée et Alice étaient dans la cuisine, accrochées l'une à l'autre comme on s'accroche à un radeau en pleine mer. Emmett avait posé Bella sur le canapé du salon et s'était assis par terre à côté d'elle en se tenant les mains, se balançant d'avant en arrière et gémissant. Il revivait sans cesse cette scène. C'était de la torture ! Carlisle, lui, était assis dans un fauteuil sans bouger. Une peine et un remord sans pareil. Assis sous les escaliers, je ne pouvais pas moi-même me concentrer sur ma propre douleur tant celle des autres m'assaillaient de toutes parts.

La nuit commençait à tomber quand Bella reprit conscience. Ce fut pire que tout. Sa douleur en dormant n'était rien comparée à celle qu'elle éprouvait éveillée. C'était pire que tous les autres réunis. Elle se mit à pleurer et à appeler Edward. Emmett, protecteur, la força à rester couchée sur le sofa. Elle se débattit tellement qu'il du la lâcher, de peur de lui faire mal. Elle sauta sur ses pieds et se mit à courir de pièces en pièces, personne ne l'arrêtait. Sa douleur, mêlée au désespoir, était sans fin. Un gouffre s'ouvrait en moi, j'arrivais à peine à penser. Nous l'entendîmes aller dans la chambre d'Edward. Elle hurla encore plus et quand je sentis où allait la pousser son désespoir, je courus la trouver. Elle essayait d'ouvrir les grandes baies vitrées mais elle était dans un tel état quel n'arrivait même pas à trouver la poignée. Je la poussai brutalement, l'envoyant voler jusqu'au lit. Les autres s'étaient regroupés à la porte de la chambre et nous regardaient, incapable d'intervenir.

Bella quitta le lit pour ouvrir les portes du dressing, elle se saisit des affaires d'Edward et jeta tout au sol. Puis s'effondra par terre, n'eut pas la force de se relever et plongea son visage dans une des chemises du défunt, continua de pleurer. Les cris avaient cessé mais sa peine ne faisait qu'augmenter. C'était insupportable ! Sans jeter un coup d'œil aux autres, j'ouvris les portes vitrées que je l'avais empêché d'ouvrir et sautai par là avant de me mettre à courir vers la forêt. Sans la regarder, sans les regarder, même pas Alice. Je ne pouvais plus supporter tout cela.

Je m'enfonçai dans les bois sans un regard en arrière.


POV Carlisle

J'assistai impuissant à cette scène. Bella, effondrée, souhaitant rejoindre Edward dans la mort.

Qu'avais-je fait ? Tout était de ma faute ! Si j'avais parlé de la vision d'Alice à Edward, on aurait sans doute pu éviter cela. Et à quoi ça rimait de tuer juste Edward ? C'était les Volturi, c'était certain, mais quels étaient leurs motifs ? Quelques soient leurs reproches nous aurions du tous en faire les frais et pas seulement Edward. Peut-être notre tour viendrait-il aussi ? Il fallait qu'on en discute.

Je pénétrai dans la pièce et allai enlacer les épaules de Bella pour la bercer doucement. Elle se laissa faire, gémissant tout doucement. Emmett vint se placer de façon à ce qu'elle soit entre nous deux. Esmée, Rosalie et Alice s'assirent en face de nous, tout près. Nous étions collés les uns contre les autres dans le dressing mais aucun ne s'en plaignit. Nous avions besoin de la présence des autres autour de nous pour nous dire que nous n'étions pas seuls. Je regardais Emmett, lui demandant du regard des explications sur ce qui s'était passé. Il ferma les yeux, se pinça le nez et désigna Bella d'un mouvement de tête. Je savais que ça allait faire mal, mais elle avait besoin d'entendre tout maintenant. Qu'elle puisse faire son deuil par la suite sans avoir à reparler obligatoirement de ce qui c'était passé et ainsi de raviver la douleur.

« Emmett. Dis-nous. »

Mon fils aîné inspira profondément et commença à parler d'une voix éteinte :

« Nous étions donc à la chasse et tout se passait bien. On venait de décider de rentrer quand on a entendu des bruits. On a vite deviné qu'il s'agissait de vampires et qu'ils étaient nombreux. On s'est trouvé rapidement encerclé. C'était des Volturi ! Apparemment, Edward ne lisait pas dans leur esprit. Je ne sais pas pourquoi. Il y avait Jane, c'est elle qui a annonçait à Edward qu'il allait mourir. Juste avant qu'elle ne s'en prenne à moi avec son pouvoir, il s'est passé quelque chose de très étrange. J'ai entendu les pensées d'Edward ! »

Bella poussa un gémissement. Je la regardais, puis regardais Emmett. Comment pouvait-il avoir lu les pensées d'Edward, c'était le don de ce dernier. Les autres me regardaient, tout aussi perplexes. Emmett continua :

« Je ne sais pas comment ça c'est produit mais il m'a dit qu'il voulait le punir pour un crime qu'il avait commis vingt ans plus tôt et que j'aurais la vie sauve. Que je devais veiller sur Bella et vous interdire de le venger. Puis je n'ai plus rien entendu et Jane m'a jeté à terre avec son pouvoir et obligé à regarder Edward… je ne pouvais rien faire. »

Il sanglotait à présent. Quelle était cette histoire de meurtre ? Alice renifla un grand coup et je la regardai :

« On vous en a jamais parlé avec Edward parce qu'on avait juré. Il y a une vingtaine d'années, il y avait une jeune vampire qui nous a attaqué pendant qu'on chassait. Enfin, elle M'a attaqué. Elle voulait me tuer, je n'ais jamais su pourquoi. Edward m'a défendu et lui a finalement donné la mort quand il a vu qu'elle n'abandonnerait jamais. Il voulait juste me protéger. On ne savait pas que c'était une Volturi. On ne savait rien d'elle à part qu'elle voulait ma peau. Il n'a pas eu le choix ! »

Je voyais bien qu'Alice était en train de me mentir. Tout du moins, elle ne me disait pas entièrement la vérité. Je voulais revenir sur la question mais plus tard, quelque chose d'autre me dérangeait et je l'exprimai à haute voix :

« Je ne comprends pas comment tu as pu lire dans ses pensées Emmett. »

C'était bête de s'accrocher à un détail si trivial mais j'en avais besoin pour ne pas perdre pied. Bella gémit de nouveau. Je me tournai vers elle :

« Bella ? »

Entre deux sanglots, elle m'apporta ma réponse :

« C'est une partie du pouvoir d'Edward. »

Nous la regardions, interloquées.

« Comment sais-tu cela ? Il n'en a jamais parlé, il… »

« Il ne veux pas utiliser cette partie de ce pouvoir mais il peut sans peine partager son pouvoir avec une personne de son choix. Cette personne est alors capable de lire dans ses pensées aussi clairement que lui. »

Elle sanglotait. Elle venait de parler de lui au présent. Elle n'était pas prête à accepter sa mort. Les autres non plus. Esmée se serrait contre moi en gémissant tout bas.

« Bella, comment peux-tu être aussi sûre de toi ? »

Elle leva la tête, déchirée.

« Peu avant le retour d'Edward, j'ai découvert pourquoi il ne pouvait lire dans mes pensées. J'ai une sorte de bulle qui protège mon esprit. Je me suis entraînée et je peux désormais la consolider, l'étendre à d'autres personnes, la faire disparaître ou même laisser glisser un pouvoir dessous pour qu'il puisse m'atteindre. C'est ce que j'ai fait avec Edward quand nous nous sommes retrouvés. En échange, il m'a offert la même chose en me partageant son pouvoir. Il ne l'avait jamais fait. C'est si intime qu'il refuse de le faire avec quelqu'un d'autre. Sauf avec Emmett quand il… »

Les larmes, qui s'étaient taries sur ses joues, se remirent à couler à flot. Je décidais d'en arrêter là. Elle recula contre le mur nous montrant son besoin de solitude. Nous nous levâmes tous. Alice partit en courant et claqua les portes de la maison en sortant. Elle s'en voulait autant que moi. Rosalie se posta dos aux fenêtres de la chambre d'Edward et se laissa glisser au sol. Emmett s'approcha :

« Rose ? »

« Va-t-en Emmett, je vais rester avec elle. M'assurer qu'elle ne fasse pas de bêtises. »

Rose avait dit cela d'une voie douce et je devinais toute sa peine. Emmett sortit et descendit au salon, Esmée s'assit à côté de lui dans le canapé et ils éclatèrent tous les deux en sanglots. On sonna à la porte. Je fus tenter un instant de me réfugier seul dans mon bureau pour laisser exprimer ma peine mais je devais y aller.

J'ouvris la porte sur… Renée. Je regardais son visage inquiet sans comprendre.

« Docteur Cullen, vous avez vu l'heure ? Je m'inquiète pour Bella et… »

Elle ne termina pas sa phrase, me regardant, alarmée par mon visage. Elle me poussa et entra dans la maison, puis dans le salon. Elle vit Esmée et Emmett serrés l'un contre l'autre, sanglotant. Au dessus de nous, les pleurs de Bella avaient repris. Elle me regarda sans comprendre. Je me laissais tomber dans un fauteuil, une main devant mes yeux et me mis à sangloter aussi.

« Edward est mort ! »