Hum, hum, bien le bonjour gentes dames, damoiselles et damoiseaux !!

Tout d'abord nous vous souhaitons à tous et toutes une très bonne année 2010, plein de bonnes choses, du bonheur, de l'argent, de l'amour, du s***** euh pardon je m'égare ^_^

Nous sommes désolées de publier le nouveau chapitre si tard, mais tout ne se passe pas comme prévu, notre auteure Elisha est débordée donc du coup ça retarde tout, mais ne vous inquiétez pas on ne vous oublie pas, bien au contraire (pour preuve le prochain chapitre est déjà commencé hihihi) !

Donc voilà le chapitre 26 enfin, nous espérons qu'il vous plaira. Sur ce nous vous laissons à votre lecture.

A très vite (du moins le plus vite possible) pour un prochain chapitre. Bonne lecture à tous et toutes et encore BONNE ANNEE.


Chapitre 26 : Du rififi dans le désert, partie 3 : Prisonniers…

A peine arrivé en ville, Kohza sauta de son cheval et courut sur la grande place, devant l'hôtel de ville. Une foule impressionnante s'y était déjà rassemblée, attendant avec crainte ou impatience l'heure de l'exécution de leur maire.

Il traversa la foule, écoutant les réflexions de ses concitoyens.

- C'est une mauvaise idée…

- C'est exagéré…

- Il a toujours été un bon maire. Il faut peut-être lui laisser une nouvelle chance ?

Ces mêmes pensées tournaient et retournaient dans sa tête depuis qu'il avait revu Vivi. Retrouver dans ces circonstances son amie d'enfance c'était… inattendu, et troublant surtout. Il n'aurait pas pensé que ça déclencherait un tel maelstrom d'émotions en lui. Les souvenirs de leur amitié revenaient par vagues, et il était sur le point de se laisser submerger par la nostalgie. Ils s'étaient tous les deux éloignés ces dernières années, et sa disparition il y a plusieurs mois de cela n'avait rien arrangé. Il ne l'avait jamais oubliée mais s'était résolu à ne plus la revoir. Ils avaient des vies trop différentes.

Mais là, en se retrouvant face à elle, en voyant la détresse et l'incompréhension dans son regard, ses sentiments avaient rejailli en force. Et ce qu'elle lui avait dit l'avait complètement retourné, même s'il avait pris sur lui pour ne pas le montrer.

C'est vrai que c'était étrange, tout ça. Il connaissait Monty depuis toujours, et les vieux de la ville se souvenaient encore de l'ancien maire, un homme odieux et fat, et du changement qui s'était opéré à Py Town, dans leur quotidien, quand Le Cobra royal encore jeune homme avait pris les rênes de leur ville. Ca avait été comme le jour et la nuit. Ils avaient découvert la propriété, la sécurité, ils avaient appris à lire, ils étaient heureux. Oui, les années de mandat de Monty avaient lancé une ère de prospérité pour la ville et ses habitants.

Et l'homme en lui-même était un modèle de gentillesse et d'humanité. Il s'intéressait à tout le monde, sans distinction d'origine, de couleur de peau, de richesse. Combien d'hommes auraient accepté que leur fille chérie passe tout son temps avec le fils du jardinier au lieu de rester avec les autres enfants de notables de la ville ? Au contraire, Monty avait encouragé cette amitié. Il ne voulait pas que sa fille soit enfermée dans une cage dorée, il voulait qu'elle se confronte à la vie, aux gens. Et il avait toujours été bon, et respectueux, envers son père et lui. Oui, Le Cobra royal était assurément un homme bien.

Jusqu'à il y a quelques années en tout cas. Qu'est-ce qui avait pu changer pour qu'il commence à voler l'argent des contribuables ? Pour qu'il fasse disparaître les opposants ? Pour qu'il ruine ses concitoyens ? En fait, sil réfléchissait, tout avait commencé à l'arrivée de…

- Crocodile !

Kohza sursauta en entendant la clameur de la foule et leva les yeux. Sir Crocodile venait d'apparaître devant l'hôtel de ville, un sourire avenant sur le visage. Le jeune homme fronça les sourcils. Comme toujours depuis l'arrivée de cet homme dans le paysage quelques années auparavant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de la méfiance et de la gêne envers lui. Cet homme lui évoquait un serpent. Froid, visqueux, glissant… et mortellement dangereux.

Et pourtant, depuis que cette sombre histoire avait commencée, il avait dû admettre que Crocodile était l'homme providentiel pour eux, renflouant les caisses de la ville grâce à l'argent généré par son casino, s'opposant aux lourds impôts levés par le maire, assurant la sécurité de la ville avec ses hommes de confiance… Il avait été là au début de la crise, et il les avait tous soutenus, sans hésiter à s'opposer ouvertement à Monty. Et maintenant, alors qu'il aurait dû se réjouir de la déchéance du Cobra Royal, Crocodile exhortait la foule au calme.

- Les amis, lança-t-il d'une voix forte. Calmez-vous. Dans ce moment difficile pour nous tous, il faut garder notre sang-froid.

La foule cessa rapidement de scander son nom mais les regards restèrent braqués sur lui, pour son plus grand plaisir. Kohza surprit un mouvement près de lui et reconnut l'un des hommes de Crocodile se glisser dans la foule. En y regardant de plus près, il en vit d'autres qui se mêlaient aux citoyens. Le service d'ordre sans aucun doute. Il s'aperçut que Crocodile allait parler et se concentra sur lui.

- Il est encore temps de reculer, disait-il. Vous pouvez encore changer d'avis quant au sort qui doit être réservé au Cobra royal.

- Qu'on le pende haut et court ! cria quelqu'un.

Kohza sursauta. Il avait l'impression que c'était l'un des hommes qu'il avait vus se glisser dans la foule qui venait de crier.

- Ecoutez, intervint Crocodile. Bien sûr il a menti, volé, ruiné, et même tué…

La foule gronda à ces mots et l'homme se retint de sourire.

- Mais il a été votre maire pendant de longues années sans que vous ayez à vous plaindre de lui. Peut-être mérite-t-il une deuxième chance ? Ou du moins, un sort plus clément. N'oubliez pas qu'il a une fille, même si elle a disparu en emportant une bonne part de l'argent de la ville avec elle…

- Qu'on la pende elle aussi !

Kohza frémit et serra les poings. Si ces hommes apprenaient que Vivi était revenue en ville, c'en était fait d'elle. Pourquoi avait-il fallu qu'elle revienne ? Pourquoi n'était-elle pas restée avec ses nouveaux amis au lieu de venir semer le trouble dans son esprit comme ça ?

Le jeune homme n'écoutait plus désormais. Il sentait sa colère revenir, comme quand il l'avait entendue défendre son père devant la maison. Ils avaient des preuves de ses forfaits, Monty les avait tous trahis. De quel droit venait-elle leur faire la leçon ? Où était-elle pendant tout ce temps ? Si elle était restée tout ça ne serait peut-être pas arrivé, elle aurait peut-être pu contrôler les agissements de son père. Qui sait si ce n'était pas justement le départ de Vivi qui avait poussé cet homme à agir ainsi ?

Oui, il leur avait menti à tous, et pas seulement. Quand il repensait à la confiance qu'il avait placée dans cet homme, il sentait son sang bouillir dans ses veines. Il ne méritait plus de vivre, il devait payer pour ses crimes et pour ses mensonges. Et si Vivi essayait d'intervenir, elle devrait être punie elle aussi.

- Réfléchissez bien, répétait Crocodile à la foule. Peut-être qu'il…

- Qu'on le pende ! hurla soudain Kohza, indifférent aux regards qui se posaient sur lui. Il l'a mérité, il n'aurait jamais dû trahir notre confiance. Qu'il paye pour ses crimes !

Les hommes de Crocodile, dissimulés parmi les citoyens, reprirent en chœur ce cri et bientôt la foule, entraînée par la colère du jeune homme, cria sa colère. Une fois de plus Crocodile retint un sourire. Tout se passait à merveille, encore mieux qu'il l'avait prévu.

oOo

La porte de la cellule se referma brutalement devant Nami qui poussa un cri de rage. Luffy, lui, gisait contre le mur du fond, balancé là sans ménagement par les gardes du casino.

- Laissez-nous sortir ! criait la voleuse accrochée aux barreaux. Vous n'avez pas le droit de nous retenir ici…

- Na-Nami ?

La jeune femme se retourna et se précipita près du cow-boy qui commençait à émerger.

- Luffy est-ce que ça va ? J'avais peur que tu ne te réveilles plus jamais, murmura-t-elle en passant une main sur sa joue.

- J'ai la tête dure tu sais…

- A qui le dis-tu…

Nami soupira de soulagement et lui sourit. La situation n'était peut-être pas si désespérée finalement.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Luffy en tentant de s'asseoir.

- C'était un piège, répondit-elle d'un ton amer.

- Je croyais que c'était nous qui les piégions en leur faisant croire qu'on n'était que de simples joueurs ? Pour pouvoir infiltrer le casino et trouver des infos sur leur grand patron ?

- C'était le plan mais les piégeurs sont devenus les piégés. Leur salle VIP où ils nous emmenaient je suis sûre qu'elle n'existe même pas.

- C'est pas ici ?

- Crétin, tu vois bien qu'on est en cellule ! répliqua-t-elle en se retenant d'ajouter une nouvelle bosse sur son crâne déjà difforme.

- Ah c'est pour ça que je trouvais la déco un peu moyenne…

- Dès qu'on a passé les grandes portes les gardes se sont jetés sur nous. Tu en as amoché quelques uns mais ils étaient trop nombreux et ils t'ont assommé par derrière.

- Les lâches, gronda Luffy.

- Et voilà, ils nous ont jetés en cellule comme des malpropres.

- Mais où est…, commença le cow-boy avant de s'interrompre, livide. Mon chapeau !

Il se passa les mains sur la tête avant de regarder autour de lui en tâtonnant, paniqué.

- Mon chapeau ! Où il est ? Nami, ils ont pris mon chapeau !

- Calme-toi Luffy, ils te l'ont pris en t'amenant ici, je n'ai rien pu faire. Excuse-moi…

- C'est pas ta faute.

Le jeune homme se calma en voyant l'expression de son amie qui semblait vraiment s'en vouloir.

- Je le récupérerai, t'inquiète pas, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil qui la fit sourire. Bon c'est pas tout ça mais j'ai faim, moi. Y a pas un truc à bouffer ?

- Qu'est-ce que je t'ai dit tout à l'heure ? répondit Nami en soupirant.

- Euh… « J'avais peur que tu ne te réveilles plus jamais », répondit Luffy en imitant à merveille la voix de son amie.

- Quoi ? Non, pas ça, répliqua-t-elle en piquant un fard. Crétin, ajouta-t-elle en lui donnant un petit coup sur le crâne.

- Aieuh !

- Je t'ai dit qu'on était dans une prison. Pas au restaurant.

- Oui mais…

- Pas de mais.

- Mais tu l'as dit quand même ce que…

- Tais-toi.

- Mais…

- Chut ! le coupa-t-elle, quelqu'un vient.

Nami avait raison, le bruit de talons hauts claquant sur le sol se faisait entendre. La tension montait à mesure que ce son si caractéristique se rapprochait inexorablement. Un frisson parcourut l'échine de la jeune femme et elle serra la main de son compagnon, tendue.

- Ils sont là Miss All Sunday, dit une voix d'homme.

Miss All Sunday ? Est-ce que ce serait la femme dont Vivi leur avait parlé ? Les deux jeunes gens se rapprochèrent instinctivement l'un de l'autre en voyant entrer une femme. Grande, ses longs cheveux bruns tombant sur ses épaules, elle posa sur un eux des yeux très clairs et déroutants. Elle avait un regard étrange, blasé, presque sans âge, et Nami eut envie de reculer. Mais Luffy, lui, ne l'entendait pas ainsi.

- Hey toi ! cria-t-il en s'accrochant aux barreaux. Qui t'es ? Qu'est-ce que tu nous veux ?

- On m'appelle Miss All Sunday, répondit la femme en le regardant. Quant à ce que je vous veux… Et bien, c'est plutôt moi qui devrais vous poser la question. Qu'est- ce que vous êtes venus faire à Py Town ? D'habitude les criminels recherchés évitent de trop se faire remarquer…

- Les quoi ? demanda le jeune homme.

- Les criminels, répondit Nami. N'oublie pas que nos têtes sont mises à prix…

- Ah ouais c'est vrai.

« Mais comment on peut oublier ça ? » pensèrent les deux femmes en observant le cow-boy qui réfléchissait.

- On est venus pour botter le cul de Croco-machin, dit Luffy à la brune. Et pour aider Vivi et son père.

- Mais vous le savez déjà, intervint Nami en fixant la femme. C'est vous qui vous êtes battue contre Zoro à Speakhand.

- Exact, se contenta de répondre la brune.

- Est-ce que c'est toi qui as abattu le vieux pépé ? demanda soudain Luffy, sourcils froncés.

- Ca aussi c'est exact.

- Bien.

Miss All Sunday eut sa première vraie réaction. Elle fronça les sourcils et regarda le jeune homme, surprise.

- C'est tout ? Pas de cris, de menaces ?

- Non, se contenta de répondre Luffy, mortellement sérieux maintenant. On réglera ça quand je serai sorti. Je vengerai Niagaram.

- Igaram, murmura Nami en levant les yeux au ciel.

Miss All Sunday, elle, ne dit d'abord rien, se contentant de détailler ce jeune homme étrange. A première vu il semblait un peu idiot, pas bien menaçant, un gamin qui voulait jouer les adultes. Mais en un instant il s'était transformé. Il avait maintenant l'air dangereux, et elle était sûre qu'il pensait ce qu'il disait. Il l'intriguait. Elle attrapa quelque chose qui était accroché dans son dos.

- Mon chapeau ! s'écria Luffy en tendant le bras à travers les barreaux, inutilement.

- Je n'avais jamais vu un cow-boy se baladant avec un tel couvre-chef, dit Miss All Sunday en le tournant entre ses mains. Mais j'ai déjà entendu parler d'un homme, un grand tireur, qui avait un chapeau dans ce genre.

- C'est le sien, répondit Luffy en tendant toujours le bras, une grimace sur le visage. C'est mon trésor, rends-le moi !

- Ton trésor ? Ca ? Je pensais que c'était tes armes, ajouta-t-elle en montrant ses revolvers accrochés au mur, un peu plus loin.

- Mes colts ! Mon chapeau ! Rends-les moi je te dis ! explosa le jeune homme.

- Donne-moi une bonne raison.

Nami, étonnée, observait cette femme. Etrangement son regard s'était animé depuis qu'elle parlait avec Luffy, et elle semblait sincèrement intéressée par son ami. Le jeune homme, lui, s'était calmé et massait son bras douloureux.

- J'ai fait une promesse au propriétaire de ce chapeau.

- Une promesse ?

- Je vais aller à Rough Tell et participer au grand concours. Et je vais le gagner, et devenir le plus célèbre tireur de l'Ouest. Et alors je le retrouverai et je lui rendrai son chapeau.

- Tu as l'air sûr de toi…

- Oui.

Miss All Sunday était impressionnée par le cran et la détermination qu'elle lisait dans le regard de Luffy. Avait-elle déjà rencontré quelqu'un comme lui, aussi sûr de lui ? Elle n'en était pas sûre.

- C'est ton rêve, en fait.

- Voilà, répondit le jeune homme.

- Mais alors, qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, étonnée. Tu devrais être sur la route de Rough Tell, pas à moisir au fond d'une cellule.

- Je devais venir ici.

- Mais pourquoi ? insista la femme, perplexe. Pourquoi t'es-tu mêlé de cette histoire ? Tu aurais dû passer ton chemin et continuer, pour atteindre ton but. C'est ça qui est vraiment important. Quand on a un rêve, on doit être prêt à tout pour le réaliser, ajouta-t-elle, le regard absent. Là tu vas rater ta chance, ajouta-t-elle en se reprenant, tenant toujours le chapeau.

Luffy laissa passer quelques instants avant de répondre, organisant ses idées. Il lança un regard à Nami et vit qu'elle l'observait elle aussi, curieuse d'entendre sa réponse.

- Je suis là parce que… Il y a des choses plus importantes, expliqua-t-il enfin. Vivi est mon amie et elle avait besoin de mon aide. C'est tout. Si je ne l'avais pas aidée, je n'aurais pas pu apprécier ma victoire à Rough Tell.

Nami lui sourit alors que Miss All Sunday, pas convaincue, regardait son chapeau.

- Je vais sortir d'ici, dit soudain Luffy en s'accrochant aux barreaux. Je vais sauver mon amie et sa ville, et ensuite j'irai à Rough Tell pour gagner le concours. Fais-moi confiance.

La femme brune sourit en entendant ça et haussa les épaules avant de se retourner et de faire quelques pas vers la porte.

- On verra bien…

- Et toi ? demanda soudain le cow-boy. Pourquoi tu fais ça ?

La femme s'arrêta, surprise, et se retourna vers lui. C'était bien la première fois depuis très longtemps que quelqu'un lui posait cette question.

- Pourquoi tu es là ? insista le jeune homme. Pourquoi tu participes à tout ça ? T'as une bonne raison, toi ? Parce que si t'en as pas alors je comprends pas… Mais de toute façon, ajouta-t-il, pensif, je pense pas qu'il y ait quoique ce soit qui justifie ce que tu fais…

Miss All Sunday ne répondit pas, semblant réfléchir à ce qu'il venait de dire. Finalement, elle sourit, franchement, et avec un petit rire elle lui lança son chapeau qu'il récupéra avec joie.

- Qu'est-ce que vous aller faire de nous ? demanda soudain Nami alors que son ami replaçait son couvre-chef.

- Moi ? répondit la femme. Rien, c'est le patron qui décide. Il va vous livrer, ajouta-t-elle finalement. Nous avons fait prévenir l'armée que nous vous avions capturés, et ils envoient un bataillon, mené par le général Garp lui-même.

- Quoi ? s'écrièrent ensemble Nami et Luffy, très pâles.

- C'est pas vrai, se lamenta la jeune femme.

- On doit sortir d'ici ! cria Luffy en s'accrochant aux barreaux.

- Ca ne sera pas aussi simple, répondit Miss All Sunday en marchant jusqu'à la porte. Vous pouvez demander à votre voisin de cellule si vous ne me croyez pas. Soyez sages, ajouta-t-elle en sortant, au moins jusqu'à ce que je vous ramène votre ami au long nez.

La porte se referma alors que Nami et Luffy se retournaient. Pour la première fois ils prirent conscience qu'ils n'étaient pas seuls. Dans la cellule voisine, assis sur le sol, dans l'ombre, il y avait quelqu'un. Sa chemise était sale et couverte de sang séché, il avait un visage pâle, à la mâchoire carré, et des cheveux gris coupés très courts. Il cessa de regarder par la minuscule lucarne de sa cellule et posa les yeux sur les deux jeunes gens qui virent alors qu'il mâchouillait deux énormes cigares éteints.

- Vous auriez pas du feu ? demanda-t-il soudain.

oOo

Exécution : - 3 heures

oOo

- Aïe.

- …

- Aïe !

- …

- J'ai dit : Aïeuh !

- La ferme, Sanji ! protestèrent soudain ses amis, dans un bel ensemble.

Vivi se pinça l'arête du nez et soupira profondément, tentant d'appliquer les conseils avisés de Chopper à savoir : respirer par le ventre. Elle le regarda et se rendit compte qu'une veine enflait sur le front du petit renne et qu'il s'efforçait lui-même de mettre ses conseils en application. Sans succès apparemment…

Ils avançaient lentement depuis bientôt une heure, dans la pénombre, alors que le tunnel se rétrécissait inexorablement. Chopper, habitué aux grands espaces, se sentait de plus en plus mal et seul son désir d'aider son amie le poussait à continuer. Mais les jérémiades continuelles du cuisinier et les grognements rien moins que discrets de Zoro lui mettaient les nerfs à vif.

Ils suivaient tous Toto qui semblait s'orienter à merveille dans ce dédale de tunnels. C'était un vrai gruyère percé de multitudes de galeries plus ou moins larges, se terminant souvent en cul-de-sac. Vivi était heureuse que le vieil homme ait insisté pour les guider, jamais ils ne seraient sortis vivants de ce labyrinthe.

Perdue dans ses pensées elle ne vit pas que Toto s'était arrêté et se cogna soudain contre lui en grognant. Chopper, juste derrière elle, la percuta également et poussa un petit cri.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'alarma Sanji, toujours accroché au cou de Zoro.

- Ca va ? demanda le chasseur de primes.

- Oui, tout va bien, répondit Chopper.

- Bah ça va pas de crier comme ça si y a rien ! protesta Zoro.

- C'est Toto qui s'est arrêté sans prévenir, protesta le petit renne. Dites monsieur, ça va ?

Le vieil homme, essoufflé et une main sur la poitrine, regardait le sol.

- Toto ? insista Vivi en le prenant par le bras. Ca ne va pas ?

Voyant que le vieil homme ne répondait pas elle le força à s'asseoir et à s'appuyer contre la paroi pour que Chopper puisse l'examiner. Profitant de ce répit, Zoro laissa tomber Sanji sans ménagement, arrachant un cri de douleur au cuisinier.

- Rustre, grommela celui-ci en s'appuyant contre la paroi.

- Oh ça va, t'es pas en sucre…

- Je suis blessé je te rappelle !

- Bah t'avais qu'à rester au chariot comme on te l'avait dit, riposta le chasseur de primes.

- Taisez-vous ! ordonna Chopper. Je dois écouter son cœur.

Les deux jeunes hommes obéirent, continuant à se regarder en chiens de faïence, mais en silence. Vivi elle, regarda autour d'elle. Le tunnel semblait sans fin, c'était un véritable gouffre obscur qui s'ouvrait devant elle. Elle ne put s'empêcher de frémir en repensant aux pressentiments qui la hantaient depuis des semaines…

- Vivi ? appela Chopper, la tirant de ses pensées. Il est juste fatigué, il ne faut pas s'inquiéter.

- Pas s'inquiéter, grommela Sanji en boitillant jusqu'à eux. On est encore loin de la ville et si on doit faire des pauses comme ça, on n'est pas rendus.

- Ne vous en faites pas, murmura Toto, ça va aller je… Je vais y arriver.

- Sanji a raison, intervint le petit médecin. Il va falloir ralentir l'allure, vous êtes trop vieux pour ça.

Zoro, lui, n'écoutait pas cette conversation qui s'éternisait. Il étirait ses bras et son dos endoloris. Ce foutu cuisinier, même s'il semblait aussi épais qu'une allumette anorexique, pesait quand même son poids. Il en profitait pour observer la configuration des lieux. Ils s'étaient arrêtés à un croisement entre trois tunnels, tous aussi sombres les uns que les autres. Mais d'après ce qu'avait dit Toto, ils devaient aller tout droit pendant encore plusieurs kilomètres avant de bifurquer. Ca semblait simple mais ils étaient encore loin des jardins de l'hôtel de ville. Est-ce qu'ils arriveraient à temps ?

oOo

- Alors vous êtes un vrai militaire ?

Luffy, assis en tailleur sur le sol, regardait son voisin de cellule avec de grands yeux.

- Pourquoi tu en doutes ? demanda l'homme d'un air fatigué.

- Bah, déjà, vous avez pas de veste militaire, pas de médailles, d'épaulettes, de sabre, de…

- Je suis en cellule, crétin, tu pensais qu'ils allaient me laisser tout ça ?

- Et puis vous êtes mal coiffé et vous avez la barbe qui pousse n'importe comment, là, insista le cow-boy en désignant son visage.

- Mais qu'est-ce qu'il est…, commença le prisonnier en mordant furieusement dans ses cigares. Je suis là depuis un bon moment déjà, reprit-il finalement, et ils m'ont pas envoyé le barbier espèce d'ahuri. Il est toujours comme ça ? demanda-t-il ensuite à Nami qui souriait.

- Oh mais là ça va encore…

- Et dis, pourquoi tu gardes tes cigares éteints comme ça ? demanda Luffy.

- Ah… Cette salope brune me les a laissés mais m'a confisqué mes allumettes, répondit l'homme en serrant le poing. La torture suprême pour moi…

- Vous êtes qui au juste ?

L'homme plissa les yeux et observa Nami qui le fixait, sourcils froncés.

- Si vous n'étiez qu'un simple soldat vous ne seriez pas enfermé ici. J'en déduis que vous êtes quelqu'un d'important. Et vu ce qui se passe dans le coin en ce moment, je me doute que ça a un rapport avec la situation, ce Sir Crocodile et l'exécution du maire.

- On a oublié d'être bête à ce que je vois, répondit le prisonnier avec un sourire.

- Hein ? demanda Luffy, l'air de prendre un train en marche.

- C'est pas de toi que je parle, gamin… Je suis le colonel Smoker, ajouta-t-il finalement, je fais partie du 42ème régiment d'infanterie commandé par le général Garp…

- Ca va pas, Luffy ? s'inquiéta Nami en tapant dans le dos de son ami qui s'étouffait.

- J'ai été envoyé ici pour enquêter sur des disparitions et un possible détournement de fonds perpétrés par le maire en place, continua le colonel sans quitter le cow-boy des yeux.

- Et qu'est-ce qui s'est passé ?

- J'ai rapidement trouvé des preuves…

- Impliquant le maire ? le coupa Nami, soucieuse.

- Non. Impliquant Sir Crocodile.

- Ce sir-machin-truc, intervint Luffy, c'est M. O n'est-ce pas ?

- M. O ? Vous voulez dire… Le dirigeant de Baroque Works que l'armée recherche depuis des années mais qui nous file entre les doigts à chaque fois ? demanda Smoker, soudainement très intéressé.

- Oui, c'est bien lui.

- Vous en êtes sûrs ?

- Absolument, répondit Nami. Vivi, la fille du maire, et Igaram, son bras droit, ont réussi à infiltrer Baroque Works. Ils cherchaient des preuves pour confondre Crocodile, ils avaient bien compris que c'était une ordure qui cherchait à faire main basse sur Py Town.

- Vivi, la fille du maire ? Mais je croyais qu'elle n'avait que seize ans…

- Oui mais elle a un sacré caractère, répondit Luffy avec un grand sourire.

- C'est sûr, elle sait ce qu'elle veut et elle est très courageuse, rajouta Nami.

- Mais quel est le rapport avec vous ?

- Vivi est notre amie et quand elle nous a raconté ce qui se passait ici on a décidé de l'aider à sauver son père et sa ville.

Le colonel Smoker plissa les yeux et observa Luffy quelques instants.

- Bizarre… Première fois que je vois des criminels recherchés prendre autant de risques juste pour aider une amie…

- L'amitié c'est sacré.

- Ouais, je vois ça, commenta Smoker en haussant les épaules. Mais au final, ça n'aura pas servi à grand-chose. Vous êtes enfermés et vous ne pourrez rien faire, et en plus le général va arriver et vous mettre la main dessus. Vous aurez tout perdu.

- Et vous ? Qu'est-ce qui va vous arriver ?

- Hum… Je ne vais pas faire de vieux os à mon avis… Crocodile et cette pétasse brune me gardent pour me torturer à petit feu…

- Bah quand on va sortir on vous emmènera avec nous, le coupa Luffy en se levant.

- Sortir ?

L'homme eut un reniflement méprisant et observa le jeune homme qui inspectait les barreaux.

- Et tu comptes faire ça comment ? Tu vas limer les barreaux avec tes dents ?

- Luffy, non ! cria Nami. C'était de l'ironie.

- Je le sais, marmonna le cow-boy en la regardant de travers. Tu me prends pour qui ?

- Alors c'est quoi votre plan, les jeunes ? insista le colonel.

- Usopp, lança la jeune femme avec un sourire réjoui.

- Ah ouais, c'est vrai qu'il a réussi à échapper aux gardes, lui.

- Usopp ? C'est un ami à vous ?

- C'est un tireur d'élite, expliqua Luffy. Et un bon.

- Et il est malin, ajouta Nami.

- Et il ferait n'importe quoi pour ses amis.

- C'est vrai.

- Dommage qu'il soit si lâche, lança le cow-boy avant que Nami ne tousse pour couvrir sa voix.

- Alors vous en dites quoi ? demanda la rouquine au militaire. Vous êtes intéressé ?

- Vous pensez vraiment que votre ami peut vous faire sortir d'ici ? répondit Smoker, perplexe.

- Il est plein de ressources, dit la jeune femme en espérant que Luffy ne fasse pas de gaffe.

Elle s'inquiétait en vain, il n'écoutait plus du tout leur conversation et tentait de soulever les barreaux de leur cellule.

- Tu me proposes pas ça par pure générosité, hein ? « Le chat voleur de Log Town » ne fait rien gratuitement.

- Comment vous savez…, commença Nami avant de s'interrompre. Peu importe. Vous avez raison. En échange, vous oublierez que vous nous avez vus, Luffy et moi, et vous nous laisserez quitter la ville sans nous poser de problèmes.

- Tu m'en demandes beaucoup là, petite.

- C'est vous qui voyez. C'est soit ça, soit attendre la mort avec vos cigares éteints. Réfléchissez bien…

Nami et le militaire se fixaient intensément, cherchant à faire baisser les yeux de l'autre. Smoker finit par avoir un léger sourire, en partie caché par les cigares qu'il mâchouillait toujours.

- Et puis si vous sortez avec nous vous pourrez intervenir pour sauver le père de Vivi, dit soudain Luffy qui avait abandonné les barreaux.

- Le sauver ?

- Bah oui, il va être exécuté dans quelques heures.

- Quoi ?

Le colonel venait de se lever d'un bond, et de prendre le cow-boy par le devant de sa chemise.

- Mais qu'est-ce qui vous prend ? Vous êtes pas bien ?

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- Le maire a été accusé de votre meurtre, lui expliqua Nami en tentant de lui faire lâcher prise. Il a été retrouvé avec un couteau ensanglanté à la main, et votre veste couverte de sang. C'est un jury populaire qui l'a condamné et il va être exécuté aujourd'hui à seize heures !

Smoker lâcha enfin Luffy et serra les poings.

- C'est bon, les gosses, lança-t-il soudain. Faites-moi sortir d'ici à temps et je prouverai à tout le monde que Monty est innocent. Et je vous laisserai filer… peut-être, ajouta-t-il dans un murmure.

- Banco ! répondit le cow-boy en lui serrant la main.

- Bon alors…, commença Smoker. Et votre copain ? Il arrive quand ?

oOo

- Mrmpf ! Grmpf…

- Qu'est-ce qu'il dit chef ? demanda-t-on avec inquiétude.

- Comment veux-tu que je le sache, crétin, tu as ta main devant sa bouche…, répondit-on d'une voix fatiguée.

- Hein ? Ah ouais…

Usopp, les yeux bandés et au bord de l'asphyxie à cause de la main qui obstruait sa bouche et son nez, sentit soudain l'air emplir ses poumons de nouveau et…

- Gya ! hurla-t-il. Laissez-moi ! Au secours ! Au meurtre ! A l'assassin ! Je ne veux pas mourir ! Dites à Kaya que je l'ai…

- Remets ta main ! ordonna-t-on rapidement.

- Tout de suite chef, répondit-on en obéissant, au grand soulagement de tous.

Le reste de son cri se perdit dans le néant et Usopp gémit. Son crâne le lançait là où on l'avait frappé, et son corps qui avait été traîné sur le sol n'était plus qu'une immense douleur. Il entendait des voix et des sons autour de lui, mais ses yeux étaient bandés et il ne parvenait pas à reconnaître les bruits qu'il percevait.

Mais il se doutait bien de ce qui se passait. Qu'il avait été naïf en pensant avoir pu sortir ni vu ni connu du casino. Ils l'avaient laissé filer pour mieux l'attraper dehors, et maintenant ils allaient le torturer, lui faire subir les pires sévices pour le faire parler, lui arracher les ongles un à un, lui enfoncer des échardes entre les doigts, lui verser de l'huile bouillante dans les oreilles, lui…

- Non ! cria-t-il alors que le bandeau et la main devant sa bouche disparaissaient. Pas les ongles ! Pas les araignées dans mon pantalon ! Pas les échardes…

Il ouvrit lentement les yeux pour voir Baggy et les Sleepy Boys qui l'observaient avec curiosité.

- Euh…

- Chef pourquoi il crie ?

- Et pourquoi il parle d'araignées et d'ongles ?

- C'est une bonne question.

Usopp se calma un peu et observa les lieux. Ils se trouvaient dans la salle d'un bar miteux, fermé pour l'instant et pour cause. Il aperçut celui qui devait être le propriétaire des lieux, ficelé et bâillonné, dans un coin de la pièce. Les Sleepy boys étaient à peine visibles mais des bruits et des murmures étouffés prouvaient qu'ils étaient là, cachés dans l'obscurité. Cette faculté qu'ils avaient de se dissimuler partout, de disparaître ou d'apparaître en un éclair, comme sortis de nulle part, impressionnait vraiment le jeune homme.

Il porta ensuite son regard vers Baggy. Le clown était amaigri et semblait fatigué. On ne sentait plus son habituelle arrogance, on ne lisait plus que la lassitude dans ses yeux. Et à bien y regarder, ses hommes étaient dans le même état.

- Qu'est-ce que vous…, commença-t-il avant de s'interrompre, hésitant.

- Qu'est-ce qu'on te veut ?

- Non…

- Qu'est-ce qu'on fait là ? proposa encore Baggy.

- Non plus. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? demanda finalement le conteur en oubliant un instant sa peur et son inquiétude pour ses amis.

- Ah ça… C'est… une longue histoire…

Dans le canyon où Chapeau de paille et ses amis les avaient une fois de plus mis en déroute, Baggy et ses hommes pansaient lentement leurs plaies. Le clown surtout était en piteux état.

- Cette gamine, répéta-t-il une fois de plus en frissonnant. Elle était…

- Flippante ?

- Tarée ?

- Dangereuse ?

- Ouais, comme vous dites, répondit Baggy en observant les visages défaits et l'air apeuré de ses hommes.

Il soupira. Ils venaient de se faire battre par ces sales morveux, une fois de plus, mais le pire c'est que lui, le chef, le redouté Baggy, avait été terrassé par une enfant, une sale gamine cinglée. La honte entachait son nom désormais, il ne méritait plus d'être le chef des Sleepy boys, ni même d'être considéré comme un redoutable bandit. Il n'était plus qu'un vieux vagabond, un chien errant, un cloporte, un…

Il s'aperçut que ses hommes le regardaient avec inquiétude et se rendit compte qu'il avait parlé tout haut. Mais il s'en fichait, plus rien ne comptait à présent. Tout ce qu'il voulait c'était se rouler en boule dans un coin, se mettre une couverture sur la tête et dormir. Et s'il ne devait plus jamais se réveiller et bien… ça ne changerait plus rien.

- Ouh là, dit Usopp en lançant un regard furtif vers Baggy qui fixait le mur avec passion.

- Notre chef était en pleine dépression, dit l'un des hommes.

- Nous tentions en vain de lui rendre le sourire, mais rien n'y faisait. Ni nos bagarres, ni nos chants, ni nos démonstrations d'ombres chinoises…

- Hein ?

- Nos démonstrations de tir, se reprit le Sleepy Boys. Rien à faire. La situation était grave…

- Qu'est-ce que vous avez fait ? demanda alors le conteur avec curiosité.

- Une chance que nous ayons rencontré ce type roux pour lui prendre son chariot et ses chevaux, dit l'un des hommes qui marchait près du chariot.

- Ouais, mais normalement le chef aurait dû apprécier quand j'ai mis le feu au pantalon du type. Mais il n'a même pas réagi. Je perds la main, ajouta un autre dans un gémissement.

- Mais non, mais non.

- C'est pas ta faute, renchérit un autre. Ca vient pas de nous, c'est le chef qui déprime.

Ils jetèrent un regard dans le chariot. Baggy était couché en position fœtale sur le plancher, une couverture sur les épaules, serrant dans ses bras une peluche en forme de canard qu'ils avaient volée à leur victime. Le clown suçait son pouce et semblait la proie d'un terrible cauchemar. Il marmonnait « Chapeau de paille » sans s'arrêter depuis plus d'une heure maintenant.

- Ca va vraiment pas…

- Il faut qu'on trouve quelque chose pour lui remonter le moral.

- A moins de lui amener Chapeau de paille pieds et poings liés, je ne vois pas.

- Dites, le type roux avait ça sur lui, lança l'un des Sleepy Boys en montrant une affiche.

- C'était quoi cette affiche ? demanda Usopp, captivé.

L'un des Sleepy Boys la sortit de sa poche et la lui tendit. Elle représentait le casino de Sir Crocodile et annonçait un grand tournoi de Blackjack ouvert à tous.

- Le patron a toujours adoré les casinos, alors on s'est dit que ça lui ferait du bien. Et nous on avait prévu de plumer les spectateurs mine de rien pendant qu'il jouait.

- C'était un bon plan, approuva le conteur.

- Mais ça n'a pas tourné comme prévu…

- Mwahahahah ! Faites péter les cartes ! hurla Baggy.

Il avait retrouvé son énergie dès qu'ils étaient arrivés à Py Town. Il avait toujours aimé cette ville où l'argent coulait à flot et où les gens, pas méfiants, se laissaient plumer sans perdre leur sourire. A peine entré en ville, ils s'étaient tous précipités au grand casino, grimpant quatre à quatre les marches menant à l'entrée de la pyramide. Et ils avaient ouvert des yeux émerveillés en contemplant le luxe et la magnificence de l'endroit.

- C'est le paradis, murmura le clown d'une vois émue.

- On dirait Nami, marmonna Usopp. Qu'est-ce qui a raté ?

- Et bien… Le patron a… Comment dire ? commença l'un des Sleepy Boys.

- Il a triché, lança l'un de ses camarades avant de se prendre une claque derrière la tête.

- Je n'ai pas triché ! protesta Baggy. J'ai juste profité d'une occasion, saisi la perche que le destin me tendait…

- …

- Ouais j'ai triché, et alors, je suis un bandit, dit-il finalement en défiant Usopp de le contredire. Ca pose un problème ?

- Et donc…, reprit celui-ci, désireux de changer de sujet.

- Bah il s'est fait avoir…

- Cette femme, gronda le clown en serrant le poing.

Baggy allait ramasser une pile de jetons assez impressionnante, sous les regards admiratifs du public, lorsqu'un fouet avait claqué sur sa main, lui arrachant un cri de douleur.

- Pas de ça, Baggy le clown, lança Miss All Sunday avec un regard à vous glacer le sang.

- Quoi ? Qui ? Euh…, commença l'intéressé en se rendant compte qu'il était entouré de gardes.

Il jeta un regard autour de lui mais ne vit aucune de ses hommes. Ils n'étaient pas les as du camouflage pour rien…

- Nous n'aimons pas les tricheurs par ici, reprit la femme.

- Je n'ai pas triché ! glapit Baggy avant qu'un nouveau coup de fouet ne claque près de son œil, lui ôtant toute envie de protester.

- Et nous aimons encore moins les menteurs. Quelque chose à ajouter ?

- …, répondit Baggy en tentant d'empêcher ses jambes de trembler.

- Maintenant, reste à savoir ce que je vais faire de toi, dit la jeune femme brune en réfléchissant à haute voix. Je pourrais te livrer à l'armée ? Après tout tu es un criminel recherché…

- Non, s'il-vous-plaît, ils vont me renvoyer au pénitencier, pas ça…, gémit le clown en abandonnant le peu de fierté qui lui restait.

- Tu es pathétique, lui dit Miss All Sunday en posant sur lui un regard dégouté. De toute façon ça n'est pas à moi de décider.

Elle se retourna et Baggy leva les yeux, remarquant pour la première fois l'homme qui les observait du premier étage. Accoudé à la balustrade, vêtu de son éternel manteau et lissant ses cheveux gominés en arrière, Sir Crocodile eut un reniflement méprisant.

- Ce déchet ne vaut rien. Jetez-moi ça dehors.

Miss All Sunday acquiesça en silence et fit un signe aux gardes. Aussitôt Baggy se sentit soulevé du sol et il fut jeté hors du casino sous les regards méprisants des autres participants et des spectateurs.

- Ensuite nous avons trouvé refuge dans ce bar miteux…

Usopp tourna la tête en entendant le patron du bar protester derrière son bâillon, mais l'un des Sleepy Boys le calma d'un coup de pied bien placé.

- Et depuis nous ruminons notre vengeance, intervint Baggy en posant sur le conteur un regard trop brillant. Et c'est là que tu entres en scène.

- Moi ?

L'inquiétude lui serra à nouveau les entrailles et Usopp déglutit avec difficulté, avec l'impression que tout le sable du désert se trouvait désormais sur sa langue.

- Mais qu'est-ce que…

- On t'a kidnappé, expliqua l'un des Sleepy Boys, parce qu'on sait que Chapeau de paille et tes copains vont se mettre à ta recherche.

- Et vous voulez encore vous battre contre eux ? Vous n'avez pas encore compris qu'ils sont trop forts pour eux ?

- Euh… C'est pas ça l'idée, répondit prudemment l'un des hommes en regardant son chef qui devenait écarlate et serrait les dents tellement fort qu'il risquait de les briser.

- En fait…,reprit le Sleepy Boys, le plan c'est que…

- Que tes copain aillent botter le cul de cette salope brune et récupèrent mon blé ! hurla soudain Baggy, incapable de se retenir plus longtemps.

Son cri résonna longtemps dans la pièce vide, et un silence gêné suivit, personne n'osant prendre la parole. Finalement, Usopp toussota et se lança.

- Va y avoir un souci là….

oOo

- Toto vous êtes sûr que ça va aller ? demanda encore Vivi, inquiète de la pâleur de son ami.

- Oui jeune fille, ne t'en fais pas… On ne peut pas attendre plus longtemps sinon on arrivera trop tard.

La jeune fille et ses amis acquiescèrent en silence et tous se tournèrent vers le gouffre sombre qui s'ouvrait devant eux.

- Quand il faut y aller… Les gars vous êtes prêts ? Chopper ?

- Je vais faire de mon mieux, répondit le petit renne.

- Sanji ?

- Je n'attends que de combler tes…

- Zoro ?

Seul le silence lui répondit. Chopper et Sanji se regardèrent, n'osant pas se retourner, pris d'un terrible pressentiment.

- Zoro ? insista Vivi avant de se retourner vers son compagnon.

Ou du moins vers l'endroit où il se tenait moins de deux minutes plus tôt.

- Tiens ça faisait longtemps, commenta le cuisinier dépité.


Elisha-chan: Bon...

Les Mugiwaras: ...

Elisha-chan: Allez les gars, dites quelque chose...

Les Mugiwaras: ...

Elisha-chan: Méheu vous abusez c'est pas de ma faute à moi, je pense à vous mais j'ai plus le temps en ce moment et... enfin... les gars? Luffy? Sanji? Chopper... Dites quelque choooooose!!!

Tous en choeur: Quelque choooooose!!!

Elisha-chan: ... ??

Sanji: Oh Elisha, comment as-tu pu croire qu'on t'en voulait?

Zoro: Pis les filles vous nous manquez pas non plus faut pas croire on a une vie aussi...

Nami: Même TiteNana ne te manque pas Zoro?

Zoro: Quoi? Euh... nan mais en fait ce sont les verres qu'elle nous payait à chaque fin de chapitre qui me manquent c'est tout...

Luffy: Et d'ailleurs tu sais qu'elle nous payait aussi à manger TiteNana...

Elisha-chan: Ah ouais ok je vous vois venir, vous perdez pas le nord.

Les Mugiwaras: Jamais!

Elisha-chan: Donc en gros il faut que je vous paye le repas...

Zoro: Et la boisson!!

Elisha-chan: Vous savez quoi? Ce serait avec plaisir mais, comment dire, j'entends qu'on m'appelle, on a besoin de moi au boulot, ouh la ça sent l'urgence là, faut que j'y aille. A bientôt tout le monde!!

Les Mugiwaras: ...

Usopp: Je croyais pas ça possible mais...

Tous, sauf Nami: Elle est encore plus radine que Nami!