Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.


Chapitre 25) Verdict

Neal battit des paupières, il était en train de perdre la partie, le juge semblait fermement décidé à ne pas prendre en compte ses arguments et le jugement s'orientait vers une issue que Neal refusait de tout son être. Ce qui se profilait à l'horizon de cette ébauche de procès, sa remise en liberté, avec au pire une peine dérisoire ou un sermon. Le cœur au bord des lèvres il décida de jouer son va tout, de laisser parler ses sentiments. Mais il ne voulait pas le faire devant témoins, surtout pas devant Peter. Il se tourna vers le juge, pour une demande qu'il aurait aimé ne pas avoir à faire, une demande qu'il se devait de faire à présent. Une demande qui le mettait au supplice, qui risquait de se voir opposer un refus, ce qui ne serait pas blâmable de la part du juge, il ne méritait aucune faveur. Il avait perdu tout droit à en recevoir. Il se prépara mentalement à un refus mais tenta tout de même le tout pour le tout. Il n'avait plus rien à perdre.

- Votre Honneur, pourriez vous m'accorder le droit de vous parler seul à seul ? implora-t-il. Je vous donne ma parole qu'il ne s'agit pas d'une ruse.

Le juge prit le temps de réfléchir mais se laissa convaincre par le visage tendu et livide de Neal. Quoi que veuille lui dire le jeune homme cela pouvait valoir le coup d'être entendu. C'était de toute manière son devoir de prendre sa décision en ayant tous les éléments en main. Il accepta sans poser de questions.

- Bien.

Sur la demande du juge la salle fut évacuée, Neal et le juge se retirèrent dans un petit bureau sans fenêtres qui jouxtait la salle. Peter fut le dernier à sortir et son expression contrariée augmenta la détresse de Neal. Il ne voulait pas contrarier Peter, seulement le protéger. June se retira, elle ne voulait pas rester plus longtemps, elle avait fait ce qu'elle pouvait, le retour de Neal chez elle lui suffirait comme preuve de sa réussite, en cas d'échec elle préférait être chez elle pour l'apprendre.

Peter se mit à faire les cent pas dans le couloir, il ne savait pas ce que Neal pouvait bien avoir à dire au juge en privé mais il se doutait que cela n'allait pas dans le sens des efforts qu'il avait fait, des efforts qu'avaient fournis Diana et Jones aussi. Il ne comprenait vraiment plus Neal, le manque de confiance en eux du jeune homme était presque blessant. Pensait il vraiment que Benjamin était en mesure de s'en prendre à eux sans qu'ils ne fassent rien maintenant qu'ils étaient prévenus ?

Le juge s'installa derrière le bureau et invita Neal à prendre place sur un siège. Le jeune homme s'assit avec lenteur. Un moment s'écoula sans qu'aucun d'eux ne parle. Neal avait la gorge trop nouée pour le faire.

- L'agent Burke ne semblait pas ravi. Fit remarquer le juge.

- Il a de très bonnes raisons de m'en vouloir. Répondit Neal. J'ai trahi sa confiance si souvent…

- Vous vous en voulez ?

- Oui.

Le juge prit note de la note d'indéniable sincérité que recelait la voix du jeune homme. Il croisa les mains sur son bureau et fixa Neal droit dans les yeux. Il vit le jeune homme se tendre, retenir brièvement son souffle mais résister à l'envie de détourner les yeux et soutenir son regard. Il songea que c'était un bon point pour lui. Tout n'était pas perdu pour l'ancien escroc, malgré ses erreurs il avait visiblement un bon fond. Il comprenait mieux pourquoi l'agent Burke luttait tant pour lui. Il ne voulait pourtant pas prendre de décision hâtive. Pas avant d'avoir tout entendu et bien réfléchi.

- Hmm… bien, de quoi vouliez vous me parler exactement ?

Neal prit une profonde inspiration et se lança. A sa grande honte sa voix tremblait lorsqu'il se mit à parler. Il pria pour que le juge ne s'en rende pas compte.

- Votre Honneur, je mérite vraiment de retourner en prison, vous savez ce que je suis, ce que j'ai fait… ces hommes qui ont témoigné, je les ai tous trahis et mis en danger sans même qu'ils ne s'en rendent compte… il est temps pour moi de payer pour cela. Leurs vies sont en danger par ma faute et la mienne ne vaudra jamais les leurs, alors, pour qu'ils n'aient plus rien à redouter vous devez me renvoyer en prison.

Le juge écouta attentivement et ne tarda pas à réagir.

- Monsieur Caffrey, votre avocat si vous l'aviez gardé assez longtemps, vous aurait sans doute expliqué que je suis de ceux qui mettent les points sur les i et les barres sur les t. J'ai donc étudié votre dossier de fond en comble avant de vous avoir en face de moi. Si j'en crois ce dossier, vous et l'agent Burke avez un taux de réussite assez exceptionnel. Je ne me trompe pas n'est-ce pas ?

Neal hocha la tête et tenta d'orienter la discussion en faveur de Peter et des autres agents.

- Ce sont d'excellents agents.

Le juge ne se laissa pas entraîner dans cette voie et reprit vers la direction qu'il voulait explorer.

- Vous ne niez donc pas être en partie responsable de ces résultats.

Neal biaisa de son mieux.

- Je ne nie pas avoir fait ce qu'il fallait pour rester libre.

Une fois encore le juge ne se laissa pas convaincre.

- D'après les dossiers vous avez fait plus que cela.

- Manipulations une fois encore.

Le juge hocha la tête, il commençait à cerner l'esprit du jeune homme en face de lui, la fatigue et l'angoisse devaient fortement diminuer ses talents, il semblait avoir beaucoup de mal à défendre sa position. A moins qu'inconsciemment il ne veuille pas vraiment être jugé coupable. Un peu de pitié traversa l'esprit du juge, il s'efforça d'en faire abstraction. Ce serait faire insulte au jeune homme que de le prendre en pitié, Neal Caffrey méritait mieux que cela.

- Monsieur Caffrey, êtes vous absolument certain que si vous vivez ils vont mourir ?

Neal songea que c'était là une très bonne question, une question qui ranimait ses craintes. Il y répondit en songeant à ce qu'il avait traversé ces derniers mois.

- Je suis certain que j'ai là dehors des ennemis décidés à les éliminer si je ne suis pas soit en prison soit entre leurs mains.

Le juge opina mais fronça les sourcils, encore peu convaincu par l'affirmation.

- Il me semblait pourtant que ces ennemis avaient été arrêtés.

- Pas tous, le principal responsable n'a pas été inquiété, rien ne le relie à toute cette affaire, il a su protéger ses arrières. C'est bien là le problème, il est toujours en liberté et rien ne permet de le relier à ce qu'il s'est passé. Il est donc libre de remonter une équipe.

Le juge comprenait l'origine de l'angoisse du jeune homme. Il savait qui était son ennemi mais ne pouvait rien prouver. Pourtant l'agent Burke lui avait précisé que bien que ne pouvant être inquiété l'homme était surveillé.

- N'est il pas sur surveillance ?

- Cela n'empêchera rien.

- Ne seriez vous pas en train de le surestimer ?

- Non votre Honneur.

- Vous avez bien dit qu'ils étaient d'excellents agents ?

- Oui votre Honneur.

- Pourtant vous les sous estimez face à cet ennemi.

Les épaules de Neal s'affaissèrent.

- Ils ne le connaissent pas comme moi je le connais.

- Vous l'avez côtoyé combien de temps ?

- En dehors de ces derniers mois ? Huit ans.

- Pensez vous que ce désir de vous détruire est comme une obsession chez lui ?

- Oui votre Honneur.

- Est-ce que vous avez également conscience que le fait d'aller en prison mettra votre vie en danger ?

- Oui. Mais comme je vous l'ai précisé ma vie ne vaut pas grand-chose.

- Permettez-moi d'en douter. D'autre part comment pouvez-vous être assuré qu'être en prison protégera vos amis ? Parce que ce sont vos amis.

- C'est ce qu'ils croyaient. Je le sais parce qu'il me l'a dit.

- A quel moment vous l'a-t-il dit ?

- Lorsque Peter, je veux dire l'agent Burke a retrouvé ma trace, puis quand il est venu me voir alors que j'étais hospitalisé. Il m'a mis le marché en mains, soit rester, soit faire en sorte d'être envoyé en prison. Dans le cas contraire il ferait exécuter ceux qui me seraient proches.

- Votre crainte va surtout vers l'agent Burke n'est ce pas ? Même si les autres comptent aussi…

- L'agent Burke m'a sorti de prison et m'a évité d'y retourner.

- Il y a donc un lien d'amitié noué entre vous ?

- Non !

- Je croyais que vous deviez être sincère. s'agaça le juge.

Neal baissa les yeux. Il n'avait plus rien de l'homme sur de lui qu'il affectait d'être depuis qu'ils étaient dans le bureau. Sa fatigue et sa faiblesse étaient nettement visibles, sa détresse aussi. Sa détermination faiblissait mais il s'y accrochait encore avec désespoir.

- Je n'aime pas évoquer ma relation avec l'agent Burke… murmura t'il.

- En quoi une relation d'amitié peut elle être dérangeante pour vous et l'agent Burke ?

- Elle n'a pas lieu d'être ! Je suis un criminel et lui l'agent chargé de veiller à ce que je reste sous contrôle… en se liant à moi il met sa carrière en danger. Répondit Neal d'un ton douloureux.

Il adressa un regard las et implorant au juge.

- Je vous en prie, j'ai déjà causé la mort de deux femmes que j'aimais, laissez moi sauver la vie des agents et de leur entourage.

- Vous parlez de la partenaire de votre père et de votre ex compagne ?

- Oui votre Honneur.

- Pour autant que je sache d'après les rapports d'enquête, rien ne vous relie directement à leurs morts, en quoi en êtes-vous responsable ?

- Je les ai exposées au danger.

- Kate Moreau était aussi connue des services de police que vous, quand à la partenaire de votre père sa mort est directement imputable aux services de protection des témoins qui ont failli à leur tache.

- Alors vous n'allez rien faire pour me permettre d'agir au mieux ?

- Je ne suis pas du tout convaincu qu'aller en prison vous permette d'agir au mieux monsieur Caffrey, cherchez encore, je suis certain que vous trouverez un bien meilleur moyen de protéger ceux qui vous sont chers. Bien, je pense que nous avons fait le tour de la question, il est temps pour moi de rendre mon verdict.

Neal hocha la tête, il ne pouvait rien faire d'autre sinon capituler et s'en remettre à la volonté du juge. Mais déjà il cherchait comme lui avait conseillé le magistrat, quel serait le meilleur moyen pour protéger ses proches. Il regagna la salle du tribunal à ses côtés, reprit place dans le box des accusés et attendit que les autres intervenants reviennent.

Peter entra en premier, le visage toujours aussi sombre et fermé. Il reprit place sur la chaise qu'il occupait un moment plus tôt et croisa à nouveau les bras, fixant Neal en silence.

Neal quand à lui ne parvenait pas à soutenir son regard. Lorsque le juge rendit son verdict, annonçant qu'il déclarait l'accusé non coupable, qu'il ne serait donc pas jugé et qu'en fonction des éléments dont il avait eu connaissance, il autorisait sa remise en liberté, sous la surveillance du FBI bien entendu, Neal n'écoutait plus vraiment, il était trop occupé à réfléchir à ce qu'il allait faire ensuite, à peser le pour et le contre.

Pour le bien de tous il devait prendre ses distances, s'éloigner de Peter et des autres, pour leur propre sécurité.

A suivre