Chapitre 26 - ...la tempête

POV Bella

Ça faisait trois mois que j'étais partie. Je n'en revenais pas. Le temps passait vraiment plus vite que ce que je croyais. J'étais heureuse d'avoir vu mon père qui était encore à plusieurs milliers de kilomètres. Il m'avait aidé à ouvrir les yeux.

C'est avec une joie immense que j'avais réussi à communiquer avec Edward. Je ne pensais pas que c'eut été possible. Il semblait perdu, un peu comme moi. Pourquoi n'avais-je pas compris qu'il était manipulé plutôt. Le vampire au don d'entrave avait semé la discorde dans notre famille et maintenant, les Volturi s'apprêtaient à se rendre à Forks pour décimer les Cullen.

Si je n'avais pas croisé leur route, ils auraient pu continuer à vivre tranquillement sans craindre la mort. J'étais tout de même heureuse de voir Esmé et Rosalie. Elles étaient venues me chercher, j'étais importante pour elles. Je ne mis pas longtemps à trouver mon bonheur et me forçai à boire deux ours pour être rassasiée. Il allait falloir être rapide pour le retour.

Ma mère et ma sœur attendaient sagement mon retour sur une pierre au pied de la montagne qui avait été mon sanctuaire durant ces trois derniers mois. Je ne pus m'empêcher d'étreindre Esmé avant de parler.

-Je suis contente de vous voir.

-Nous aussi Bella. Je suis désolée de ce qu'il s'est passé la dernière fois. Tu sais Edward n'était pas lui même, j'en suis sûre.

-Moi aussi Maman, j'en suis sûre. Il semblerait que les Volturi aient de nouvelles recrues aux pouvoirs nocifs. L'un peut manipuler les vampires et l'autre peut annuler tout don.

-Comment sais-tu ça ?

-On va dire que j'ai eu une conversation avec une personne de mon passé. Je vous expliquerai dès que le souci Volturi sera réglé.

-Il est temps de partir les filles. Il semblerait que Tanya ait décidé de nous trahir.

-Pardon, tu peux répéter Rose !

-Tanya nous a trahis. Edward a surpris ses pensées.

-Elle connait son don. Pourquoi s'est-elle mise en danger ?

-Elle est persuadée qu'il n'entend plus rien à cause du don d'entrave. Elle a dit aux Volturi que tu étais là, enfin que tu vivais là et que tu étais partie avec nous pour une virée fille.

-J'aurais du la tuer quand j'avais l'occasion !

-Tu sais bien que tuer ne résout pas tout ma fille. Peut-être est-elle aussi sous l'emprise de ce vampire.

-On va dire que tu m'as convaincue ! Il faut qu'on se dépêche de rentrer. Je ne veux pas les louper.

-Ne t'inquiète pas. Ils sembleraient qu'ils nous attendent.

-Je pense que nous allons rire.

Je sentais à nouveau le voile rouge prendre place autour de moi mais tentai de le contenir pour le moment. J'adaptai ma vitesse aux filles. Elles étaient beaucoup moins rapides que moi mais je m'en moquais.

J'importai beaucoup pour elles. Elles avaient tenu à venir me chercher. J'avais la preuve que j'étais aimée et entourée. A moi de ne plus gâcher tout ça. Une fois à la frontière, je leur demandais de rester près de moi pour pouvoir les cacher. Mon bouclier avait une nouvelle saveur lorsque j'englobais ma famille.

-Surtout, ne vous inquiétez pas. Personne ne va nous voir, ni nous entendre, ni nous sentir. De l'extérieur, nous n'existons pas. Nous allons certainement rencontrer des gardes Volturi. Nous les ignorerons pour ne pas sonner l'alarme trop tôt.

Elles acquiescèrent rapidement avant de reprendre leur course à mes côtés. Nous croisâmes plusieurs gardes entourés de vampires qui m'étaient inconnus. On aurait dit qu'ils cherchaient des témoins pour éradiquer un des plus grands clans de notre monde.

Je me demande bien quel était le prétexte invoqué... certainement moi. J'étais une erreur de la nature à n'en pas douter. Nous avançâmes en silence jusqu'à l'Etat de Washington et je m'arrêtai rapidement pour que nous puissions préparer notre plan.

-Vous allez rentrer comme si de rien était et moi je vais vous suivre sous mon dôme. Je resterai à l'orée du bois. Dès que les Volturi arriveront, ils voudront que toute la famille sorte.

-Pourquoi en es-tu sûre ?

-Jamais ils ne rentreront dans la villa. Trop petit pour eux. Déjà qu'ils pensent vous faire l'honneur de venir vers vous...

-Ils ont un grain !

-Tout à fait d'accord avec toi Rose. Est-ce que le plan vous va ?

-Oui mais seras-tu à l'abri ?

-Je pense que oui. On ne connait pas l'étendue du don de l'antidote mais je connais leurs méthodes de combat. Si nous n'avons plus de don, eux non plus. Nous serons à armes égales. Ils n'ont pas l'habitude de se battre à la légale.

-Ok alors, on y va. Écoute moi bien ma fille, si ça tourne mal, je veux que tu partes. Ne les laisse pas te récupérer pour te faire du mal. Tu mérites de rester libre et nous nous battrons pour que tu puisses bénéficier de cette opportunité.

Je me mordis la langue pour m'empêcher de la contredire et me hâtai de l'étreindre.

-Merci Maman. Allez-y vite avant que la garde arrive. Je serais juste derrière. Je vous aime.

J'étais toujours dans les bras d'Esmé et Rosalie vint m'embrasser la joue. Elles se détournèrent rapidement et rentrèrent dans Forks bras dessus, bras dessous. En les regardant avancer, j'autorisai le voile rouge à prendre les commandes de ma haine et grimpai à un arbre pour les suivre.

Je fus horrifiée de découvrir que tous les vampires de Volterra étaient présents à Forks. Il y avait les trois frères avec leur garde personnelle. Renata était toujours attachée à Aro comme une puce sur un chien. Leurs capes étaient noires et se détachaient sans mal de leur environnement. Le code était simple, plus leurs vêtements étaient sombres, plus leur importance chez les Volturi étaient fortes.

Il y avait également les épouses dans ce groupe. En les voyants, j'eus la certitude de leur but. Ils ne venaient pas pour parler mais pour tuer. Les Cullen avaient dérobé le jouet du grand Aro Volturi.

Ensuite, je pus apercevoir toute la garde dans des dégradés de gris allant du plus sombre au plus clair pour les nouveaux nés. Pourquoi avaient-ils créé une armée pour venir tuer une famille de sept vampires ? C'était insensé ! Volterra devait être vide. Exactement le bon moment pour pénétrer la cité. Inconsciemment, j'espérai que le Comte Vlad se dirigeait vers l'Italie...

Les filles revinrent par la route l'air de rien et rentrèrent dans la villa rapidement. Pour ma part, je me postai dans l'arbre le plus proche de la maison pour pouvoir les rejoindre rapidement si nécessaire.

Comme lors d'un ballet parfaitement mené, le troupeau Volturi se présenta sur la pelouse entourant la villa à la seconde même où Esmé ferma la porte.

Aro avait toujours aimé la mise en scène. C'en était grotesque !

La musique de leurs pas stoppa lorsqu'ils formèrent le V des Volturi. La pointe de cette flèche était composée des trois frères avec leurs boucliers personnels et leurs épouses. Ils n'eurent pas longtemps à patienter car la porte d'entrée s'ouvrit sur la famille au complet. Ils étaient même accompagnés des Denali, enfin de presque tous. Tanya était absente des rangs, des deux côtés de l'affrontement à venir.

Carlisle stoppa son avancée à une dizaine de mètre d'Aro. Il était accompagné d'Esmé. A côté d'eux se trouvaient Eléazar et Carmen, main dans la main. Ils affichaient clairement leur soutien. Du côté de ma mère de Cœur se trouvait Alice et Jasper, puis Rosalie et Emmett. Edward se tenait en retrait avec le regard dans le vague. Avait-il réellement retrouvé le chemin de sa mémoire ?

Du côté de Carmen se trouvait Irina et Laurent puis Kate et Garret. J'étais agréablement surprise de les trouver là. Ils étaient réellement une famille. Je savais qu'ils m'incluaient dans l'équation mais j'avais besoin de me détacher tant que l'affrontement n'était pas fini, pour les protéger.

Il fallait maintenant que je sache si Edward m'entendait. Je ne lui avais pas encore pardonné son incartade, j'étais bien trop rancunière pour ça ! Mais la priorité était ailleurs à cet instant.

-Edward, m'entends-tu ?

Son regard hagard continuait à assassiner mon cœur meurtri.

-Edward. Il faut que je sache si tu m'entends.

-Oui je t'entends. Quand vas-tu revenir ?

-Surtout ne bouge pas mon ange. Je suis là.

-J'en suis content. Il va falloir que nous parlions je crois.

-J'en conviens mais nous avons un problème à régler avant. Tu te souviens de tout ?

-Non. Emmett m'a raconté mais je n'ai pas récupéré tous mes souvenirs, surtout ceux qui t'incluent.

-Je te promets de t'aider par la suite mon cœur. Je vais vous protéger. Aro va vouloir vous lire pour obtenir des informations à mon sujet. Je te rassure, il ne trouvera rien j'y veillerais.

Il passa nonchalamment une main dans ses cheveux et je ne pus empêcher un petit sourire d'apparaître sur mon visage. Peut-être n'avait-il pas tout oublié.

Carlisle s'avança de quelques pas en lâchant la main d'Esmé pour s'adresser au monstre italien. Edward vint presque instantanément remplacer son père auprès de ma mère de cœur.

-Bonjour mon vieil ami.

-Bonjour Carlisle.

-Pourquoi tant de rigueur ? Je suis surpris de vous voir tous ici.

-Tu sais très bien pourquoi nous sommes là. Où est-elle ?

-De qui parles-tu ?

-Tu le sais pertinemment, ne me prends pas pour un imbécile.

Aro était en train de s'énerver tout seul et j'étais heureuse de voir qu'aucun de mes alliés ne s'emportait.

-Je ne sais pas de quoi tu parles. Peut-être pourrais-tu m'expliquer...

-As-tu entendu parler de ma fille, Isabella ?

-Celle de la légende ? Bien sûr, tous les vampires la connaissent ! Pourquoi me parles-tu d'elle ? Tu es venu nous la présenter ?

Il était vraiment doué ! Je tentais tant bien que mal de refréner mes rires. Je ne m'étais pas autant amusée depuis un bon moment et décidai de laisser faire encore un peu... Tant qu'ils ne touchaient pas à ma famille.

-Je voudrais que tu arrêtes de me prendre pour un imbécile. Je sais de source sûre qu'elle vit ici avec vous. C'est même la compagne d'Edward.

Il était bien renseigné le rustre ! Tanya allait morfler comme tous les Volturi. Je fus surprise de voir Edward avancer lentement vers Aro en lui tendant la main. Il ne dit pas un mot et se contenta de son regard éteint.

Le monstre qui s'était proclamé "Père d'Isabella" attrapa la main en une fraction de seconde avec un sourire sadique. Bien qu'il ne se souvienne pas de moi, je m'acharnais à englober la mémoire d'Edward pour ne laisser filtrer que les infos ne me concernait pas.

D'un œil, je surveillais toute la garde et l'armée de nouveaux nés pour être sur de les contenir. Ils restaient figés dans l'attente du signe. J'avais déjà vu Caius le faire, il était si discret que personne de l'extérieur ne le voyait. Il inspirait une fois un tout petit peu plus longtemps, quasiment indétectable !

En découvrant les pensées d'Edward, Aro perdit de sa superbe. Peut-être venait-il de comprendre qu'utiliser son nouveau jouet n'était pas la meilleure des solutions. Il lui relâcha la main avec rage avant de la tendre à nouveau en direction du reste du groupe.

-Je veux entendre tout le monde pour vérifier.

De bonne grâce, chacun vint se présenter face à cette main décharnée. Au fur et à mesure des interrogatoires, je le vis carrer la mâchoire. Il n'arrivait pas à trouver d'informations sur moi et ça le mettait en colère. Et moi de mon côté, je jubilais de le voir dans cet état !

-As-tu trouvé l'information que tu cherchais Aro ?

-Non Carlisle. Il semblerait qu'on m'est mal renseigné.

Peut-être que tout allait s'arranger avant que la guerre des clans s'engage... J'étais trop idéaliste et je ne fus pas surprise de voir arriver deux nouveaux invités puants. Ils semblaient perdus mais avançaient sans ciller vers Aro. J'observai ma famille perdre son assurance en découvrant Jacob et Leah tendre la main à Aro. En les découvrant ici, je compris qu'eux aussi avaient été manipulés. Les italiens me faisaient horreur pour ne pas changer. Avant que je puisse faire quelque chose sur leur esprit lupin, Aro eut le temps de lire Jacob. Je le vis changer de visage en quelques millièmes de secondes.

-Merci à toi Jacob. Tu es un ennemi naturel mais tu m'as aidé. Quel dommage que je sois obligé de vous tuer également.

-Que se passe-t-il mon frère ?

Le ton faux employé par Caius ne laissait aucune marge quant à la suite des événements. Il voulait la guerre, il voulait lâcher la horde sur le clan Cullen - Denali.

-Il se passe qu'Isabella vit bien ici malgré tout ce que ce clan dit. Carlisle et Eléazar, vous me décevez au plus au point.

-Nous ne la sentons pas ici. Comment est-ce possible ?

-Je pense que son don a évolué. Elle peut se cacher. Mes frères, nous devons parler.

Voilà nous y étions. Les trois frères venaient de se réunir, laissant place aux jumeaux maléfiques. Sans réfléchir, je plaçai ma famille et nos amis sous mon bouclier. Je sentis plusieurs choses se produire sur le dôme.

Le goût salé du don de Jane arriva le premier. Il se concentra sur Edward. Il avait perdu son regard lointain. Il était de retour et offrait à la garde Volturi un sourire à la hauteur de la méchanceté de cette dernière. Elle poussa un cri strident avant de changer de cible pour essayer d'atteindre Carlisle sans succès.

Il y eut ensuite le goût sucré du don d'Alec. Il cherchait à les rendre insensibles au monde. Heureusement pour moi, le bouclier était résistant et rien n'atteignit ma famille.

Une nouveauté arriva ensuite avec un goût amer. Tel un citron, je sentis un nouveau don qui cherchait à pénétrer notre barrière de défense. Un coup d'œil au centre des gardes me permit de découvrir un vampire assez petit, presque un enfant. Il se concentrait en plaçant ses mains sur ses temps en fronçant les sourcils.

-Edward...

-Oui Bella.

-Qui est le vampire qui se tient la tête ?

-Riley ... Il ... C'est un jeune vampire. Il a été mordu il y a moins de dix ans.

-Quel est son don ?

-Il cherche à entraver nos esprits.

J'avais face à moi le vampire qui avait cherché à me séparer de mon amoureux. Il avait voulu me briser. Il allait payer, au même titre que tous les autres. Il avait choisi le mauvais camp.

Les Trois Frères continuaient leur mascarade en attendant que la garde réduise les forces de ma famille. D'où j'étais, je ne pouvais que m'amuser de voir leurs têtes. Ils étaient impuissants face à mon don et commençaient à s'agiter en craignant les représailles des Maîtres.

Au bout d'une bonne heure, Aro, Caius et Marcus se retournèrent en étant persuadés de découvrir une bande de zombie. Ils furent plus que surpris en découvrant notre clan alerte et mobile.

Je n'avais jamais vu mon "Père" dans un tel état de nerf. Personne ne lui avait jamais résisté. Pour une fois dans ma vie, j'étais plus puissante que lui. Il ne pourrait pas m'atteindre. D'un geste discret, il ordonna à ses troupes de cesser toute à action et avança de quelques pas. Tout le clan Cullen-Denali essaya de garder une posture détachée mais tous savaient pertinemment que j'étais là pour les protéger des attaques mentales.

-Isabella ! Je sais que tu es là. Viens tout de suite où je les tue tous.

Je me savais protégée mais je ne pus réprimer un frisson. Je détestai entendre mon prénom en entier, surtout venant de lui. Il se mit à rire comme un désaxé mental avant de continuer.

-ISABELLA ! Tu as deux secondes pour venir ici. Je commencerais par Edward.

Il avait déjà trop souffert de cette situation. Le voile rouge devint dense en un instant. C'est comme si toutes les couleurs avaient disparues. Tout était rouge dans des dégradés allant du rose au bordeaux foncé, proche du noir. Ma bouche débordait de venin et un grondement abominable vint prendre naissance au fond de ma gorge.

En un clignement d'œil, je me retrouvai entre les deux camps dans une position de défense. Mon bouclier était toujours en place et s'étendait vers l'arrière telle la cape d'un justicier.

Edward, s'il te plait, ne bouge pas. Je vais m'occuper d'eux.

Certains membres des Volturi, y compris Aro sursautèrent en me découvrant.

-Bonjour Père !

J'avais craché ce nom avec haine et il me répondit avec un sourire ressemblant plus à une grimace qu'autre chose.

-Bonjour Isabella ! L'immortalité te va à ravir.

-C'est pas grâce à toi !

-Tu as pris de biens vilaines habitudes dehors ! Tu as oublié que tu me dois le respect ! Qui a procédé à ta transformation finale ?

-Je ne te dois rien du tout du con ! Et sache que c'est la douleur et la solitude qui m'ont transformée.

Toute la garde se mit à gronder face à mon insulte et je vis Caius arriver à côté de son frère.

-Sale Bâtarde, tu n'as pas à nous parler comme ça ! Tu nous es inférieure, tu nous dois le respect.

-Oh mais laisse moi rire Tonton ! Je ne suis pas inférieure à vous. Je crois même avoir compris pourquoi vous m'avez fait souffrir durant toutes ces années.

-Ne cherche pas à réfléchir comme nous, tu n'y arriveras pas espèce de vermine.

-Va falloir renouveler le stock d'insulte Caius. Elles sont dépassées celles-là.

A cet instant, j'entendis la respiration de Caius augmenter et dans un même mouvement, toute trace de don disparut de mon bouclier et la garde se rua sur nous. Mon don semblait affaibli et je sentis mon bouclier se fissurer sous le regard d'un vampire aux cheveux gris. Je venais de découvrir qui était l'antidote et quel était réellement son pouvoir... Il annihilait tous les dons ou presque. Il ne semblait pas avoir la possibilité de choisir ses proies en sans le savoir rendait le combat plus équitable.

Edward se rendit compte du changement et vint s'installer à mes côtés en me tenant la main. Un coup d'œil vers l'arrière me confirma que chaque couple avait fait pareil. Nous étions prêts pour la plus grande bataille de notre monde.

Mon don sembla revenir à sa version d'origine. Je pouvais me protéger de toute attaque mentale mais n'arrivais plus à protéger ma famille. Je me retournai pour les prévenir dans un souffle. Des clins d'œil et des sourires me répondirent puis je me reconcentrai sur les attaques qui débutaient.

-Edward, t'en que tu restes près de moi, je peux te protéger.

Il frôla ma joue de ses doigts avant d'attraper un nouveau né pour le démembrer. Nous avancions tous deux entre nos ennemis avec un seul objectif. Tuer l'antidote pour être tranquille.

Renata tentait de le protéger avec son don mental. Elle n'était pas une guerrière et semblait terrifiée par mon approche.

-Bonjour Renata. Alors tu cherches toujours à protéger les mauvaises personnes ?

Elle ne me parla pas et ferma les yeux pour se concentrer. Edward approcha du vampire gris pendant que je m'approchai de l'Italienne. Le terrain sembla dégagé et j'en fus surprise. Avant de pouvoir poser plus de question, je sentis une nouvelle odeur inconnue mais si familière.

De nouveaux vampires venaient d'arriver et se chargeaient de maintenir les Volturi et l'armée à une distance respectable de moi.

Je ne demandai pas mon reste et sautai sur Renata tous crocs dehors.

-Adieu Renata !

Elle ne chercha même pas à se défendre et inclina sa tête pour me donner accès à son cou. Je la démembrais rapidement en regardant Edward qui se battait contre l'antidote. Il le ceintura et me regarda d'un regard sombre. Sans me hâter, je m'approchais d'eux et saisis la trachée du vampire pour lui enlever la tête.

Edward sortit son briquet pour mettre le feu aux deux cadavres puis vint m'embrasser le front avant de se retourner. Nous étions de nouveaux libres de nos mouvements et c'est avec horreur que je découvris que Jane s'en prenait à Esmé. Je remis en place mon bouclier pour protéger les miens.

Mon amoureux partit d'un côté pour venir en aide à Rosalie pendant que j'avançais vers Jane. Je jetai un coup d'œil vers les nouveaux arrivés qui s'inclinèrent pour me faire une révérence, comme dans mes rêves. Je leur fis un petit sourire avant de continuer mon chemin.

Je lui sautai dessus pour l'éloigner de ma mère et la maintins au sol en vérifiant qu'Esmé aille bien. Je sentis Alec et Riley derrière moi et les englobai sous mon bouclier afin qu'ils soient figés. Leur tour viendrait rapidement.

-Tu me dois quelques hurlements salope.

-Je vais te tuer sale bâtarde.

-Essaie toujours.

Je me relevai rapidement et débutai ma courses autour d'elle. Elle ne me voyait plus et hurlait en tentant de m'attraper, sans succés.

Je m'approchai d'elle souvent pour la mordre. Ma bouche débordait de venin et je m'appliquai à en introduire un maximum dans chaque blessure. Elle hurlait de douleur et de rage pendant que je rigolais de ses tentatives pitoyables pour m'attraper. Ce jeu me lassa rapidement et je la privai des ses membres un par un. J'entendis Aro crier à la perte de sa précieuse Jane mais n'y prêtai aucune attention. Son tour viendrait bientôt.

D'un coup de poing rageur, je décrochai sa tête de son tronc et la jetai dans le feu à proximité. Il était maintenant temps de m'occuper du deuxième jumeau maléfique et de Riley. Je les faisais s'entrechoquer entre eux dans un bruit de tonnerre. Leurs corps se fissuraient au gré de mes envies et le dernier coup les fit exploser en plusieurs morceaux que j'attrapais avec hâte pour les jeter dans le feu.

En faisait volte-face, je vis que ma famille était en difficulté. Les gardes et le restant de l'armée les encerclaient pendant que les trois monstres observaient la scène en ricanant. Je propulsais mon bouclier pour écarter le danger et courus pour les rejoindre.

Aro semblait choqué par mes capacités et une lueur d'intérêt plana dans ses yeux.

-Ne rêves pas Aro. Jamais je ne te servirais.

-Tu as tort. Je t'offrirais une place de choix à mes côtés.

-J'ai déjà tout ce qu'il me faut. Par contre, toi, tu n'as plus rien.

Je mis fin à la bataille en englobant tous les gardes et les nouveaux nés. Ils flottaient à une dizaine de mètres de sol. Ma famille m'avait rejoint et Edward se plaça derrière moi en me saisit la taille pendant que Rosalie et Esmé saisissaient mes mains en signe de soutien.

Je pris quelques instants pour ressentir chaque vampire présent sous mon contrôle. Un tel pouvoir était limite effrayant tant il était étendu. J'allais pouvoir éliminer toute menace et vivre tranquillement.

Je concentrais tout mon don sur eux et le film rouge apparut à nouveau. Ma haine supplanta le reste et grâce à ma volonté l'espace dans la bulle disparut. Tous y étaient à l'étroit, ils avaient compris que leur fin était proche.

Dans un grognement sinistre, je laissai mon bouclier les écraser. Je sentais chaque craquement, chaque os qui se brisait et chaque corps qui éclatait. Dans un bruit d'explosion, une pluie de débris se répandit sur nous et je rejetais une bonne cinquantaine de têtes dans le feu.

Aro profita de ce moment pour fuir le champ de bataille. Ses frères et les épouses firent exactement la même chose et j'avançai doucement à leur poursuite en laissant ma famille s'étreindre face à l'éradication de cette menace. Quelle belle représentation des Volturi !

-ARO ! TU N'ES QU'UN PLEUTRE ! VIENS TE BATTRE ESPECE DE VERMINE REPUGNIANTE.

Bien évidement, il ne me répondit pas mais je perçus un craquement avant de voir le maître italien revenir vers moi en volant. Caius et Marcus subirent la même aventure.

Les trois frères Volturi se retrouvèrent face à moi en position défensive sans comprendre ce qu'il venait de se passer. Soudain, une voix sortit des ténèbres sans se présenter.

-Este timpul pe care îl plătiți pentru toate atrocitățile cauzate ! (Il est grand temps que tu payes pour toutes les atrocités infligées !)

-Toi ? Non c'est impossible ! Tu es mort.

-Non Aro. Tu n'as pas bien regardé la dernière fois. Ta vanité t'aveuglait comme toujours. Tu étais tellement sûr de gagner que tu n'as pas vérifié. Heureusement pour toi.

-Je vais m'occuper de toi aujourd'hui !

-J'en doute Aro. Tu n'as plus personne pour se battre à ta place !

Nous avions devant nous le Comte Vladimir Țepeș. Je sentais facilement la crainte des Volturi et l'appréhension de ma famille. Il n'y a que les vermines italiennes qui le connaissaient réellement. Le comte donna quelques ordres à ses gardes avant de s'avancer vers moi avec un sourire énigmatique.

-Bună ziua Isabella. (Bonjour Isabella)

-Bună ziua Părinte. (Bonjour Père)

Je lui fis une brève réverence et il saisit ma main.

-Tu es venu finalement.

-Je te l'avais promis enfant. J'ai fait au plus vite.

-Pourquoi as-tu été aussi long ?

-Je devais m'assurer de certaines choses. Nous reparlerons de tout ça plus tard. Il faut en finir avec eux avant.

-Je m'en occupe Père.

Il s'avança en souriant et déposa un doux baiser sur mon front puis me contourna pour se placer entre Carlisle et Eleazar. Sans me retourner, j'avançai vers mon ancien bourreau.

Edward... Viens avec moi s'il te plait.

Il saisit ma main à la volée et avança à mes côtés vers les Votluri. Aro ressemblait plus à une statue qu'autre chose, Marcus était heureux dans finir et Caïus ressemblait à un taureau au rut. Il voulait m'attaquer mais se savait en infériorité. Les épouses étaient prostrées au sol et sanglotaient.

-Mesdames, levez-vous !

Elles me regardèrent d'un air ahuri mais ne bougèrent pas.

-Je ne le répéterai pas. Debout ! Montrez vous digne de votre rang ! Je vous ai connues plus hautaines dans ma jeunesse.

Elles étaient choquées qu'une hybride leur parle comme ça mais prirent la bonne décision de m'écouter.

-Parfait. Alors montrez moi que vous connaissez parfaitement les enseignements que vous m'aviez inculqué. Tu te rappeles Aro ?

Il s'avança la tête haute et me fixa avec rage. Il s'inclina brièvement avant de se mettre en position d'attaque. Il me sauta dessus sans attendre. Je saisis un de ses bras pour l'envoyer voler vers la rivière. Il se rattrapa tant bien que mal et griffa la terre pour freiner sa glissade.

En hurlant, il fondit à nouveau sur moi et je recommençai la même chose en l'envoyant vers la route. Il était pathétique et n'utilisait aucun de ses propres préceptes.

-Toutes ces années de tortures pour ça ! Tu es vraiment pitoyable. Et dire que j'ai eu peur de toi pendant si longtemps...

Il avait perdu de sa superbe. Sa toge noire était déchirée à plusieurs endroits, son costume était gris poussière et ses cheveux plus si droits et impeccable qu'avant. Il fonça à nouveau sur moi et je lui sautais dessus pour un corps à corps. Ses mains s'accrochaient à mes épaules tel un étau. Il avait une sacrée force et j'eus la désagréable sensation de sentir mes os craqués.

A ce son, il reprit contenance et ses yeux retrouvèrent leur éclat hautain. Il était si sûr de lui que c'en était pitoyable. A croire qu'être à la tête d'un royaume en laissant le petit personnel faire à votre place rendait inoffensif.

-Et tu espérais m'éradiquer avec ça ? Je suis plus forte que ça Aro.

Ma réplique le déstabilisa et j'en profitai pour lui asséner un coup de genou dans ses bijoux de famille. C'est bien la seule chose qui reste ultra sensible pour un vampire. Il grogna sous la douleur mais ne me lâcha pas. Ses doigts cherchaient à pénétrer ma peau.

Dans un rire sinistre, mes jambes entourèrent sa taille avec force pendant que mes mains se dirigèrent vers son visage. Je plaçais mes pouces sur ses yeux et mes index sur ses tempes. Mes autres doigts se placèrent naturellement sur ses joues et je le fixai d'un regard carnassier.

-Je te conseille de me lâcher tout de suite Aro. Sinon tu es mort.

-Vas te faire foutre salope !

-Oh... je suis choquée ! Je te croyais plus évoluer que ça ! J'irais certainement me faire foutre plus tard mais avant je dois te tuer. Tu as assez fait de mal sur cette terre.

Avec un plaisir non dissimulé, j'enfonçais lentement mes doigts dans le visage du vieux vampire. Plus il appuyait sur mes épaules, plus je le ceinturais et plus mes doigts plongeaient dans sa tête. Je m'approchai de lui pour lui murmurer la phrase que je rêvais de lui dire depuis plus de 80 ans.

-Le temps du purgatoire est terminé pour toi Aro. Ta place en enfer t'attend.

Je ne lui laissai pas le temps de répliquer et appuyai sur mes doigts pour exploser sa tête. Pour être sûre d'y arriver, j'additionnai mon bouclier à la force de gestes.

Quand il comprit que sa fin était arrivée, il hurla comme un porc qu'on égorge sous le regard médusé de ses frères. Carlisle détourna la tête quelques instants et Emmett se mit à frapper ses mains en me félicitant.

Dès que sa tête se disloqua, je fis une voltige arrière et observai le corps de mon ancien tyran s'écrouler au sol sans aucune grâce. Sulpicia hurla et se rua sur la dépouille de son mari.

-Tu n'es qu'une sale bâtarde ! Comment oses-tu faire du mal à la famille royale ?

-Ton statut t'est monté à la tête "Mère" !

-Je t'interdis de me tutoyer ! Personne ne le peut même pas mon fils Nathaniel.

-Oh si je le peux ! Tu n'es rien pour moi et je n'ai pas à te respecter. Tu ne vaux pas mieux que les autres.

D'un geste de la main, Je lui envoyai une boule d'énergie qui la propulsa contre un lui sautais dessus et lui arrachai la trachée. Edward suivait derrière et se chargeait de jeter les restes dans le feu.

Je reportais mon attention sur le restant des Volturi et aperçus Caïus et Athenadora se tenir la main. Ils me fixèrent avec dégoût puis dans un hurlement se ruèrent sur moi. Ils ne purent attendre leur cible car un mur de vampire me protégeait.

J'y aperçus Carlisle, Eléazar, Vlad, Edward, Emmett et un dernier vampire dont la morphologie ne m'était pas inconnue.

-Vous lui avez déjà fait trop de mal. Nous ne vous laisserons plus l'approcher.

La voix de mon père spirituel venait de claquer tel un fouet. Tel un seul homme, le groupe se jeta sur les deux vampires pour les dépecer rapidement.

Jasper était resté avec les filles Cullen pour leur assurer la sécurité. Je mourrais d'envie de me réfugier dans les bras de ma Mère mais il me restait une chose à faire. Sans me presser, je me dirigeais vers le dernier Volturi.

-Bonjour Marcus.

-Bonjour Isabella.

-Pourquoi n'as-tu jamais pris ma défense ? Tu sembles pourtant différents de tes frères ?

-Ne me cherches pas d'excuses enfant. J'ai été comme eux à ton arrivée. J'ai commencé à réfléchir à ce que nous avions fait quand tu es partie.

-Tu sais que je ne peux pas te laisser en vie...

-Je le sais. J'attends même ça avec impatiente. Ma vie a été trop longue et j'ai fait trop d'erreur. Je voudrais rejoindre ma Didyme maintenant. J'espère que tu pourras me pardonner un jour.

Je m'approchais de lui pour l'étreindre. Il posa ses bras sur mes épaules et sa tête contre mon front.

-Si seulement je pouvais ôter la marque qu'il t'a fait.

-Il me faudra apprendre à vivre avec maintenant.

Il embrassa mon front doucement puis releva la tête pour fixer le haut des arbres. J'avais accès à sa gorge et y déposai mes lèvres dans un ultime baiser puis ouvris la bouche pour le mordre rapidement. Sa mort devait être brève. Lui ne m'avait jamais fait souffrir physiquement.

Je laissai à mon amoureux le soin de mettre Marcus au feu et je me ruais dans les bras d'Esmé. Elle ne me parla pas mais me berça tendrement en posant ses lèvres sur mon front.

Le règne des Volturi venait de prendre fin mais malheureusement, je ne me sentais pas mieux.

-Veți avea nevoie de câțiva ani pentru a accepta copilul meu. (Il te faudra encore quelques années pour accepter mon enfant.)

Le Comte Vlad venait d'interrompre mes pensées morbides en se rapprochant de moi. Je restai blottie dans les bras d'Esmé et regardai discrètement ma famille reprendre vie. Les couples s'étreignaient plus ou moins subtilement et Edward se rapprocha aussi de moi sans lâcher mon regard.

-Et si nous allions tous s'asseoir pour discuter ? Proposa Carlisle.

Tous opinèrent pour rentrer dans la villa. Quant à lui, il se dirigea vers les deux loups toujours présents. Ils reprenaient peu à peu leurs esprits sans comprendre ce qu'il venait de se passer. J'en voulais encore trop à Jacob pour imaginer écouter la conversation, je choisis donc de rentrer et Esmé me suivit.

La garde du Comte stationna sur le perron et j'avançais vers la silhouette connue.

-Bonjour Stephan.

-Bonjour Princesse. Ravie de vous revoir.

-C'est réciproque. Vous devriez rentrer.

-Merci Princesse mais je me dois de rester ici pour surveiller le périmètre.

J'entrai dans la villa en tenant la main d'Esmé et fis face à tous. Il était temps de tout raconter.